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Amon, la divinité suprême des Égyptiens

 

Amon ou Aamon est un grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a sous ses ordres 40 légions infernales.

Jean Wier place ce démon à la 5e position de sa liste des 69 démons que comprend la « Pseudomonarchia daemonum ». Le « Lemegeton et de la Goétie » le place en 7e position de sa liste comportant 72 démons.




 

Collin de Plancy nous en donne une description plus précise : « grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a la figure d’un loup, avec une queue de serpent ; il vomit de la flamme ; lorsqu’il prend la forme humaine, il n’a de l’homme que le corps ; sa tête ressemble à celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents canines très effilées. C’est le plus solide des princes des démons. Il sait le passé, l’avenir, et réconcilie, quand il le veut, les amis brouillés. Il commande à quarante légions. Les Égyptiens voyaient dans Amon ou Amoun leur Dieu suprême ; ils le représentaient avec la peau bleue, sous une forme un peu humaine. »

D’après cette définition, Amon serait donc un puissant démon capable de faire le bien de temps en temps, puisqu’il peut réconcilier les amis. C’est quelque peu paradoxal, et s’il le fait, c’est qu’il a forcément à y gagner, car rien n’est gratuit pour un démon. Un démon ne connaît pas la compassion et encore moins l’amitié.

Collin de Plancy nous dit aussi que Amon est une ancienne divinité égyptienne.

 

Amon, divinité égyptienne

 

En effet, Amon est une divinité égyptienne démonisée qui était à l’origine le dieu de Thèbes. Plus tard, il fut identifié à Rê et nommé Amon-Rê.

 

Amon-Rê

 

Le nom Amon signifie « caché », car personne ne pouvait le voir. Selon d’anciennes croyances, Amon s’est créé lui-même à partir du Chaos primordial. Mais d’après la mythologie thébaine, Amon aurait été créé par Thot avec sa parèdre Amomet. L’épouse d’Amon était Mout, « la Mère » qui semble avoir été l’équivalent égyptien de l’archétype de la « Grand-mère » que l’on retrouve dans de très nombreuses mythologies. Amon et Mout ont eu un enfant, le dieu de lune, Khonsou.

 

 

Les Égyptiens attribuaient à Amon le disque, l’image du soleil, les cornes et le fléau. Ils le représentaient tantôt avec une tête de bélier, tantôt avec un visage humain, portant parfois des cornes de bélier. En général, Amon portait sur la tête une tiare de plumes ornée parfois du disque solaire. Ses animaux sacrés étaient l’oie et le bélier, d’où les plumes, la tête de bélier ou les cornes de bélier.

Jusqu’au Moyen Empire, Amon était le dieu local de Thèbes, dieu des vents et des bateliers. C’est d’ailleurs pour cela qu’on le représentait avec une couleur de peau bleue. Mais quand les Thébains eurent conquis toute l’Égypte, Amon devint une déité universelle et sous la XVIIIe Dynastie, fut même considéré comme le roi des dieux.

À partir de la XIXe Dynastie, Amon devint la représentation invisible du créateur, la source de toute vie dans le ciel, sur terre, et dans l’au-delà. En gros, il devint Dieu, le Créateur de toutes choses ! Et l’on commença à l’appeler Rê et à l’associer à Min pour devenir le dieu fécond et créateur.

Sous la XIIe Dynastie, on lui construisit un temple immense à Karnak. On peut encore y voir ses ruines colossales. Ce temple est la plus grande structure religieuse jamais construite par l’homme. D’autres temples furent érigés en son honneur. Certains furent détruits, d’autres sont à l’état de ruine, d’autres encore ont disparu.

Maintenant que l’on sait que Amon était une ancienne divinité égyptienne vénérée en tant que dieu créateur de tout, on comprend que Amon soit vraiment un puissant démon qui aime qu’on lui voue un culte.

Les sorciers Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le prince de ce Monde » nous disent que Amon, ou Aamon ou Hamon est un marquis très sévère, commandant 40 légions infernales, mais qu’il est lui-même soumis à Satanachia (grand général des Enfers, ministre des Armées. Il commande la grande Légion des Esprits). Les sorciers invoquent ce démon pour révéler l’avenir et le passé, ainsi que pour réconcilier des amis brouillés. En ce sens, ils sont d’accord avec Collin de Plancy. Mais, Nahema-Nephthys et Anubis ajoutent que même si Amon peut réconcilier des amis, autant il peut provoquer des querelles. De plus, ce démon pousse à la paresse, à la négligence, principalement dans le domaine des études. Lorsqu’il apparaît, il se montre sous la forme d’un loup à queue de serpent et vomit des flammes. Parfois, il peut apparaître sous les traits d’un homme à dents de chien ou à tête de hibou. C’est un démon dangereux et le mage qui l’invoque doit se méfier de lui. Bien sûr, et je ne cesse de le répéter, il est dangereux, voire mortel, d’invoquer un démon.

 

 

Marie d’Ange

 

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Dom Giovanni Calabria, le prêtre des pauvres

Dom Giovanni Calabria (1873-1954), un prêtre qui a combattu toute sa vie la pauvreté, qui a fondé les congrégations des pauvres serviteurs de la Divine Providence et des pauvres servantes de la Divine Providence, congrégations reconnues par l’Église catholique, un saint homme béatifié le 17 avril 1988. Mais surtout un homme persécuté par le démon durant les dernières années de sa vie et qui n’a pas hésité à donner sa vie pour sauver celle du pape Pie XII.




 

La vie de dom Giovanni Calabria

 

Comme je l’ai dit en introduction, Dom Giovanni Calabria a vécu les dernières années de sa vie tourmenté par le démon. Il a subi des périodes de souffrance intense durant lesquelles le Seigneur a permis qu’il soit soumis à la possession diabolique. Le but de la purification et d’expiation en était évident.

Lors du procès pour sa canonisation, on présenta des documents officiels montrant comment ce saint prêtre s’est libéré lui-même, par sa foi, son humilité et ses prières, de Satan. Il n’a pas eu besoin d’exorcisme tant il croyait à Jésus-Christ. Et c’est cela qui est beau !

Giovanni Calabria est né à Vérone en 1873. Il était le septième et dernier enfant d’une famille très pauvre et très pieuse. À l’âge de 12 ans, il perd son père. Lui qui voulait entrer au séminaire et qui éprouvait déjà des difficultés à payer ses études, voyait dans cette perte l’anéantissement de tous ses espoirs. Mais la providence allait lui donner un petit coup de pouce. Et alors qu’il travaillait au champ pour aider sa mère, un prêtre le remarqua, remarqua sa valeur et le prépara en privé à reprendre sa formation. Ainsi, il put entrer au lycée. Il dut interrompre ses études pour faire son service militaire. À l’époque, en Italie, le service militaire durait deux ans. Deux années durant lesquelles Giovanni Calabria se fit remarquer par sa charité et son dévouement auprès de ses camarades.

Revenu du service militaire obligatoire, il reprit ses études et s’engagea dans de nombreuses œuvres pour venir au secours des orphelins et des pauvres. Le 11 août 1901, il est ordonné prêtre. En 1907, il bâtit la Maison des Bons Enfants à Vérone pour accueillir les adolescents isolés et abandonnés, puis plusieurs centres à travers toute l’Italie. Il s’occupa aussi des personnes âgées et des malades et créa, avec l’aide des petites sœurs de la Sainte Famille fondées par le bienheureux Joseph Nascimbeni, un établissement pour les accueillir, la Citadelle de la Charité, à Negrar, un petit village près de Vérone. Cet établissement est aujourd’hui un hôpital florissant que Jean-Paul II avait visité en 1988.

Giovanni Calabria se préoccupa aussi d’autres pays que celui qui l’avait vu naître. En 1934, il envoie quatre frères en Inde afin de secourir les parias, les démunis, les laissés-pour-compte. C’est ce groupe de quatre hommes, qui partageaient la même passion de charité envers les autres, qui fut la base de la Congrégation des pauvres serviteurs de la divine Providence. L’évêque de Vérone avait approuvé cette congrégation en 1932.

En 1940, il fonde la congrégation des Pauvres servantes de la divine Providence, la branche féminine de la première. Il voulait, comme il le disait : « montrer au monde que la divine Providence existe, que Dieu n’est pas un étranger, mais qu’il est Père. » Il aimait aussi à répéter les paroles évangéliques qui l’avaient frappé dès sa jeunesse : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33).

Sa charité s’étendait à tous les domaines. Il aida des pauvres dans leurs études, il entretenait des relations fraternelles avec les protestants, les orthodoxes et les juifs. Il criait à qui voulait l’entendre que le monde ne pouvait être sauvé qu’en retournant au Christ et à son Évangile. Et je suis bien d’accord avec lui…

Très vite, il comprit le rôle indispensable des laïcs dans l’Église. C’est pourquoi il fonda, en 1944, la « Famille des Frères externes », un groupe composé de laïcs désireux de participer à la mission caritative du Père Calabria. Notez chers lecteurs, comme il est allé chercher les laïcs pour les intégrer à l’Église. Il ne les a pas repoussés, au contraire, il les a invités dans son œuvre.

 

 

 

La fin de vie

Sa fin de vie fut un véritable calvaire. Comme je l’ai dit plus haut, le démon le persécuta et il fut victime d’une possession démoniaque. Dieu permit qu’il soit une victime en union avec le Christ. Le but de cette possession démoniaque était de le purifier et d’élever son âme. Avec des prières et la foi, il réussit à vaincre le démon en lui. Giovanni Calabria a toujours accepté ses souffrances. Il souffrait pour les âmes perdues, il souffrait pour les pauvres, se condamnait lui-même pour sauver les autres, comme l’a fait le Christ sur la Croix.

Il avait perçu aussi que certains membres de l’Église s’étaient éloignés de leur mission. Alors, il lançait des appels passionnés, déchirants, à tous ces ecclésiastiques qui s’étaient perdus dans l’espoir d’un retour vigoureux à « l’postolica vivendi forma » (au genre de vie des apôtres).

Début décembre 1954, Giovanni Calabria était fatigué, épuisé par cette lutte acharnée avec le démon. Il sentait qu’il était proche de la mort. Il aurait pu se battre, mais il préféra donner sa vie pour le pape Pie XII, lui-même à l’agonie. Et contre toute attente, par miracle, le pape se rétablit et continua son ministère quatre ans, pendant que Giovanni Calabria perdit la vie, apaisé, confiant, sûr de rencontrer le Seigneur.

Il s’éteignit le 4 décembre 1954 et on le déclara aussitôt le Champion de la charité.

 

 

Giovanni Calabria avait eu une vie faite de charité, d’amour pour son prochain, une vie humble, irréprochable. Harcelé par le démon, il n’avait pas perdu la foi, mais a continué son combat contre la pauvreté. Et dans un geste charitable extrême, il a préféré mourir pour que vive le pape Pie XII. Que dire de plus sur cet homme remarquable qui a mérité son titre de saint ? Que dire de plus sinon qu’aujourd’hui, on aimerait voir plus d’hommes comme lui sur terre.

Sources : nouvel.evangelisation.free.fr

 

Marie d’Ange

 

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Alpiel, démon herboriste

Le démonologue Jean Wier ne cite pas le démon Alpier dans la liste des 69 démons répertoriés dans son ouvrage « Pseudomonarchia demonum ».

De même, Alpier n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du « Legemeton et de la Goétie ».

Par contre, Collin de Plancy, dans son « Dictionnaire Infernal » cite ce démon. Il dit que : « Alpiel est un ange ou démon qui, selon le Talmud, a l’intendance des arbres fruitiers. »




 

Je rappelle que le Talmud, qui veut dire étude en hébreu, est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha, c’est-à-dire de la Loi. Il aborde, entre autres, le droit civil et matrimonial et traite de questions éthiques, de mythes, de médecine.

Dans le Talmud, Alpiel est un ange ou un démon issu des croyances judaïques. C’est lui qui s’occupe de l’intendance des arbres fruitiers.

Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce monde » mentionnent Alpiel comme un démon préposé aux arbres fruitiers et soumis à Dagon et à Oês. Dagon est une divinité agraire vénérée par les Philistins et les Phéniciens. C’est un démon de second ordre dans la hiérarchie infernale et est le Boulanger et le Grand Panetier de la Cour Infernale. Oês ou Oannês est une ancienne divinité mésopotamienne.

Donc Alpiel est soumis à ces deux démons de second ordre, ce qui fait de lui un démon de sous-ordre, proche même des démons que l’on appelle les familiers.

On n’en sait pas plus sur ce démon.

 

Marie d’Ange

 

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Témoignage : un cas d’envoûtement

J’aime beaucoup les témoignages, car ils prouvent que le démon existe et qu’il peut nous nuire. Ce témoignage très humble, très émouvant est tiré du livre de Dom Gabriele Amorth « Nouveaux récits d’un exorcisme ». Je vous le partage afin de vous faire prendre conscience que le Mal Absolu frappe partout. Et en ces temps obscurs, il est bon de rappeler que nous n’avons qu’un seul ennemi, qui nous montre plusieurs visages.




 

Le témoignage

Extrait de livre « Nouveaux récits d’un exorciste » de Gabriele Amorth. Pour mémoire, Gabriele Amorth était exorciste à Rome.

« Madame Nadia appartenait à une famille traditionnelle catholique : prière quotidienne, messe le dimanche et les jours de fête, confession fréquente, communion une fois par semaine. Son mari, commerçant de haut niveau, partageait la foi et les pratiques de sa femme. Surmontant leur regret de n’avoir pu avoir d’enfants, ils se décidèrent à adopter une petite fille et un petit garçon qui leur furent confiés par le tribunal des mineurs.

Ce fut le début de jalousies de la part de membres proches de la famille, qui craignaient de ne plus recevoir d’aide financière et qui comptaient bien un jour hériter. Le frère de Nadia avait épousé une femme ayant de fortes tendances au spiritisme et à la sorcellerie.

En 1978, commencèrent pour Nadia des troubles de santé d’autant plus déroutants qu’auparavant elle jouissait d’une bonne santé. Organes particulièrement touchés : le cœur, le foie et la rate. Les traitements médicaux n’obtinrent ni guérison ni soulagement. Puis, commencèrent des difficultés pour prier, refus de l’Eucharistie, tentations de blasphémer contre le crucifix et la Vierge ; de véritables blocages qui l’empêchaient de participer à des célébrations religieuses et d’écouter des prédications.

Durant l’été 1988, Nadia dut se soumettre à une intervention chirurgicale : ablation de la vésicule. Cette intervention ne donna pas les résultats espérés et le médecin traitant conseilla une cure thermale. Là, Nadia eut des troubles violents pour lesquels elle eut recours au médecin du lieu. Après avoir bien écouté l’histoire des maux de la patiente et après l’avoir examinée, le médecin lui demanda si elle était croyante. À la réponse affirmative, il lui dit franchement : “Ce dont vous souffrez dépasse la science médicale ; je vous conseille de consulter un prêtre et, si vous voulez, je vous en indique un par loin d’ici, qui me semble répondre à votre cas.”

Le prêtre aida Nadia pour la prière, il l’encouragea à la lutte spirituelle à laquelle tout chrétien est appelé, et il prononça sur elle des prières de délivrance. Bien entendu, ces prières, dites à plusieurs reprises, provoquèrent de telles réactions qu’elles éveillèrent les soupçons du prêtre, qui donna le conseil suivant : “Vous avez besoin d’un prêtre-exorciste. Faites-en la demande à votre évêque et, si vous n’avez pas de chance, adressez-vous à un autre évêque.”

Les conjoints retournèrent chez eux et se renseignèrent aussitôt après de l’évêché, où on leur indiqua l’exorciste diocésain. Celui-ci les reçut chez lui le 16 août 1988. Après un examen approfondi, pour lequel trois rencontres furent nécessaires, le prêtre fit des prières de délivrance dans le but de briser les liens entre Nadia et les personnes qui lui faisaient du mal : une amie qui était jalouse des enfants que Nadia avait adoptés et qui voulait la faire passer pour folle ; la belle-sœur qui se vouait à la sorcellerie ; des employés de maison que les conjoints avaient engagés pour leur maison de campagne.

Cette maison de campagne était entourée d’un vaste terrain agricole et on y entendait des bruits étranges. On finit par apprendre que les précédents propriétaires étaient membres de sectes sataniques, ce qui faisait qu’ils participaient à des rites magiques et à des messes noires, qui avaient même lieu chez eux. On procéda à l’exorcisme de la maison et les objets qui paraissaient suspects furent exorcisés et brûlés. De cette manière, la paix revint dans cette maison, mais il restait toujours les blocages qui empêchaient Nadia d’aller à l’église, de communier, de prier, de lire la Parole de Dieu.

Après un nouveau discernement effectué avec la collaboration également d’un psychiatre qui aidait habituellement l’exorciste diocésain, le prêtre décida d’exorciser Nadia. Les premiers exorcismes ne donnèrent pas lieu à amélioration en ce qui concerne les blocages spirituels. Mais les réactions de la patiente démontrèrent avec encore plus de netteté l’absence de symptôme de pathologie psychiatrique, tandis que les réactions démoniaques ne cessaient d’augmenter, jusqu’à rendre Nadia furieuse, montrant toute la force de la possession dont elle était atteinte.

L’exorciste, suivant une méthode déjà éprouvée par lui, s’adressa aux différents démons pour rompre les liens occultes existant entre les personnes négatives et Nadia. Voici la formule utilisée par lui : “Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, par les mérites de la Très Sainte Vierge Marie, par l’intercession de saint Michel archange, des saints apôtres Pierre et Paul et de tous les saints, je romps tous liens occultes de magie noire (ou de sorcellerie, ou d’envoûtement…) entre Nadia et toi-même, esprit immonde (si le démon confessait son nom, le prêtre le prononçait) ; je lie tout pouvoir de cet esprit et je lui ordonne de quitter Nadia et de se jeter au pied de la croix de Jésus.”

Nadia réagissait fortement à l’invocation des noms de la Très Sainte Vierge et des saints Pierre et Paul, de saint Michel et des autres noms que le prêtre invoquait : Padre Pio, Jean Paul II, le Curé d’Ars…

De nombreux exorcistes ont l’habitude de se faire dire par les personnes qu’ils bénissent, quels sont les saints pour qui ils ont le plus de dévotion. Peu à peu, Nadia a retrouvé une plus grande facilité pour prier et communier. Il faut reconnaître que le fait que son mari priait avec elle, participait aux rencontres de prière et intervenait lorsqu’il se rendait compte que sa femme en avait besoin, l’a beaucoup aidée. Dans des cas semblables, il est très important que la personne atteinte soit soutenue par quelqu’un qui l’aide.

Continuant les exorcismes, le prêtre s’est servi toujours plus de prières d’intercession : psaumes, litanies, rosaire, prières de louange. Ce sont des prières qui font enrager le démon, au point de le pousser à chercher des compromis : “Tu pourrais te mettre d’accord avec moi…” En premier, ce sont les blasphèmes qui ont cessé. Seul l’exorciste continue d’être insulté. Mais un jour, le Malin propose : “Laisse-moi six personnes de la famille et je m’en irai !”, tout en désignant qui il veut. Après avoir prié l’Esprit Saint, l’exorciste a prié pour rompre tous les liens de magie noire, d’envoûtement, de sorcellerie, avec chacune des six personnes que le Malin voulait pour lui. Entre-temps, le démon devenait de plus en plus furieux. Lorsque le prêtre a ensuite consacré chacune de ces six personnes au Cœur Immaculé de Marie, le démon a hurlé comme un désespéré : “Si tu me les prends, qu’est-ce qui me reste ? Qu’est-ce que je vais devenir ?”

Au moment où nous écrivons (1992), Nadia n’est pas encore totalement guérie, mais presque ; les progrès sont constants. Notons certaines choses pouvant être utiles à d’autres. Nadia fait un grand usage, avec beaucoup de foi, de l’eau bénite, aussi bien pour faire le signe de la croix que pour la boire. Durant les exorcismes, elle est très sensible aux onctions d’huile. Elle a aussi reçu avec une grande dévotion l’onction des malades. Elle se confesse souvent, de même que son mari, et elle affirme que ce sacrement la fortifie beaucoup. Également les enfants adoptifs, de vingt et vingt-deux ans, ont bénéficié des effets de cette intense vie de prière. La présence de plusieurs démons est devenue manifeste, avec à leur tête Asmodée (nom biblique qui indique l’un des démons les plus forts.) Souvent, le prêtre a insisté sur la date de baptême de Nadia et obtenu de bons résultats. Lors d’un exorcisme, l’évêque lui-même est intervenu et a ensuite manifesté sa satisfaction aussi bien pour la façon dont les choses s’étaient déroulées que pour avoir pu participer. »

 

 

 

Les conclusions

L’histoire de Nadia se passe dans les années 80 jusqu’au début des années 90, mais est encore d’actualité aujourd’hui. Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ce témoignage ?

Notons que Nadia et son mari menaient une vie pieuse, tranquille ; le couple ne manquait de rien. Seule ombre à leur bonheur, il ne pouvait pas avoir d’enfants. Mais, ils ont réussi à en adopter deux. C’est à partir de là que les choses ont dégénéré. La famille de Nadia, jalouse, a utilisé la magie pour posséder Nadia, pour la détruire, pour détruire la famille et le couple. Mais Dieu veillait sur elle et l’a mise sur le chemin d’un médecin, puis d’un prêtre-exorciste qui a su la délivrer.

Voyez comment la jalousie peut faire des ravages. La jalousie mène à l’envie qui mène au démon. C’est une équation simple. Ajoutons, dans le témoignage de Nadia, une histoire d’argent et vous obtenez un cocktail explosif.

Quelques personnes de sa famille ont envoûté Nadia, car elles ne voulaient pas qu’elle ait des enfants, elles ne voulaient pas perdre un héritage, ne voulaient pas perdre leurs privilèges. C’est bien une idée diabolique que de vouloir détruire quelqu’un par jalousie et pour l’argent.

Aujourd’hui, l’argent est en train détruire notre monde, notre société. Derrière l’argent se cache Satan qui se dissimule sous plusieurs visages, banquiers, politiques, chefs d’entreprises, islamistes… L’argent se trouve au cœur de tout, l’argent donne le pouvoir, l’argent nous fait miroiter un bonheur facile, souvent illusoire.

C’est l’argent qui a failli détruire Nadia. Et heureusement qu’elle était croyante et qu’elle a pu se battre. C’est l’argent qui va détruire notre monde, qui va détruire l’humanité si nous ne nous réveillons pas. Nous n’avons qu’un seul ennemi, c’est Satan. C’est à lui qu’appartient l’argent. Nous devons nous débarrasser de cette idée de primauté de l’argent. L’argent entraîne la jalousie, l’envie, le meurtre, le suicide… l’argent ne donne jamais rien de bon. L’argent nous fait tomber dans le péché et nous entraîne dans la désolation. Nous le savons, mais nous fermons les yeux. Des gens se suicident par manque d’argent, d’autres se prostituent, d’autres vendent leurs âmes et sombrent dans l’alcool, dans la dépression, dans la folie. L’argent isole, l’argent rend paranoïaque, l’argent pousse à la perversion, à la cruauté.

Aujourd’hui encore, nous sommes soumis au pouvoir des banques et des grandes multinationales. Ce sont elles qui nous dirigent. Elles sont sans pitié, car l’argent ne connaît pas la pitié. Et pendant que l’on vend des armes à des fanatiques qui veulent nous tuer, les banques nous dépouillent. Est-ce normal ? Non ce n’est pas normal, et pourtant, on continue à vénérer l’argent. Arrêtons ce massacre au plus vite avant qu’il ne soit trop tard. Revenons à l’essentiel.

 

 

Marie d’Ange

 

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Alocer, démon savant

Grand-duc aux enfers, Alocer est un puissant démon qui enseigne les secrets de l’astronomie, de l’astrologie, des mathématiques, des arts libéraux. C’est pourquoi on le dit savant. Mais, Alocer reste un démon qui exacerbe l’orgueil et provoque les disputes. Faisons le tour de la description de ce démon très puissant.




 

Alocer est cité à la 64e position dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier ; il est aussi cité à la 52e position dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie ».

Collin de Plancy nous dit que ce démon est grand-duc aux enfers commandant 36 légions. Alocer se montre vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme, sous les traits d’un lion ; il a le teint enflammé, les yeux ardents ; il parle avec gravité ; il enseigne les secrets de l’astronomie et des arts libéraux.

Nahema-Nephthys et Anubis, dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » ajoute qu’Alocer enseigne, en plus de l’astronomie et des arts libéraux, la géométrie, les mathématiques et l’astrologie. Ces deux sorciers nous disent qu’Alocer aime provoquer l’orgueil, la grossièreté et les querelles.

Ils nous en donnent une représentation précise : chevalier à tête de lion avec des cornes de bouc, portant un heaume à tête de lion, aux yeux enflammés, parlant d’une voix grave, aux pieds en forme de pattes de rapace, chevauchant un immense cheval à patte d’oie.

Ils ajoutent qu’Alocer est aussi appelé Allaton ou Allocas ou Alloces et qu’on peut l’invoquer le lundi de préférence, mais que ce démon reste dangereux, car il s’irrite facilement, surtout si le magicien ou le sorcier lui pose des questions sur ce qu’il enseigne. Bien sûr, je défends quiconque de l’invoquer, car le faire c’est courir à sa perte.

Alocer est donc un démon issu des croyances de la goétie qui, je le rappelle, est une science occulte de l’invocation d’entités démoniaques dans lesquelles on assure qu’il rend heureux ceux qu’il protège. Cela reste encore à prouver et ce n’est pas moi qui vais l’invoquer pour le prouver ! Dans ces mêmes croyances, il est dit qu’il donne des démons familiers.

Alocer reste un démon dangereux, car même si les différentes croyances lui donnent des qualités comme enseigner les mathématiques, il provoque les querelles et exacerbe l’orgueil au point de rendre fou un homme.

 

Marie d’Ange

 

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Acham, le démon du jeudi

Acham est un démon peu connu. Partout, sur internet ou dans les livres de démonologie, on peut dire que c’est un démon que l’on conjure le jeudi. Sauf que ce portrait ne me suffisait pas et que j’ai réussi à en savoir un peu plus sur ce démon.




Acham n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier.

Ce démon n’apparaît pas non plus dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.

Par contre, Collin de Plancy le met dans sa liste de 333 démons. Le démonologue dit simplement qu’Acham est un démon que l’on conjure le jeudi. Conjurer veut dire que les sorciers peuvent l’appeler le jeudi.

Dans le livre ‟Grimorium Verum » de Joseph H. Peterson, Acham est nommé. L’auteur dit de ce démon qu’il préside le jeudi.

Dans le grimoire du pape Honorius, Acham est aussi le démon qui préside le jeudi.

Dans le livre ‟Le Prince de ce monde : Précis de démonologie occidentale et dictionnaire des démons » écrit par Anubis et Nahéma-Nephthys et publié aux éditions Jourdan, Acham est aussi appelé Silcharde.

Ce livre nous dit qu’Acham est le démon du jeudi et qu’il est lié à la planète Jupiter. Il nous dresse un portrait de ce démon que je vous donne :

  • Les fonctions magiques du démon :

Acham préside à tout travail de réussite, de gloire, de victoire et de renommée. Il donne de l’argent inattendu, donne la réussite sociale, facilite les issues heureuses des procès et des litiges officiels, calme les ennemis et peut faire le bien comme le mal.

Je précise que le livre écrit par Anubis et Nahéma-Nephthys est un livre de sorciers qui sert à invoquer des démons. Je ne le conseille pas. Sachez que si l’on invoque un démon, il y aura toujours un prix à payer. Si Acham vous donne la gloire ou de l’argent, il vous retira autre chose, et vous serez certainement malheureux. L’argent ne fait pas le bonheur.

  • Les fonctions de visualisations

Acham apparaît sous la forme d’un homme vêtu de bleu, armé d’une épée à la peau rouge et chevauchant un cerf. Il surgit aussi sous l’apparence d’une belle jeune femme à la peau rouge et couronnée de laurier. On le voit comme un roi couronné, vêtu de bleu et marchant avec orgueil, suivit d’un petit démon qui porte sa traîne et sa cape.

Tantôt apparaissant comme un roi, tantôt comme une reine, Acham serait-il un démon androgyne ? Je plaisante bien sûr, car il faut savoir que si son apparence diffère ainsi c’est pour mieux tromper les hommes. Il apparaît comme nous voulons qu’il apparaisse.

  • Ses fonctions magiques

Acham se conjure le jeudi et on lui fera offrande d’un morceau de pain. On l’invoque entre 3 h et 4 h du matin (heure solaire) ou à la 3e heure nocturne. Le démon comprend pourquoi on l’appelle, puisque le jeudi est le jour de Jupiter, dieu du tonnerre et de la foudre. Acham possède une conjuration spécifique. Il a le mérite de donner des résultats durables, bien que son action soit lente à démarrer.

Chers lecteurs, je ne vous donnerai pas la formule de conjuration, car vous savez déjà mon opinion sur ce sujet. Dans ce paragraphe, les auteurs nous disent que ce démon peut donner, mais que reçoit-il en échange ? Bref, il n’est pas bon d’appeler, de conjurer un démon. En plus, faut lui donner du pain ! Ce n’est pas risible ça ? Vous croyez vraiment qu’un démon se contente d’un morceau de pain ? Moi, personnellement, j’en doute.

Marie d’Ange

Et comme un peu de pub ne fait pas de mal, je vous invite à découvrir le livre ‟Les meilleurs dossiers Warren » écrit par votre servante. Vous y découvrirez des histoires d’invocation de démons qui ont très mal tourné.




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L’influence du démon dans l’histoire de l’Église

Le démon a beaucoup influencé l’histoire de l’Église, au point qu’il est arrivé à se faire oublier, au point que l’Église elle-même ne le combat plus, et pire que certains prêtres ne croient plus en lui. Ce qui a engendré beaucoup de catastrophes. Voyons cela en détail.




 

Pendant la vie du Christ

 

Nolde, Mise au tombeau, 1915

 

L’Évangile nous parle d’une manière claire et précise de la lutte de Jésus-Christ et du démon. La vie publique de Jésus commence avec la tentation au désert.

Durant sa vie sur terre, Jésus a délivré de nombreuses personnes possédées du démon. Il est le premier exorciste. Ce pouvoir qu’a Jésus de vaincre les démons, de les repousser, est fortement souligné dans les Évangiles et est reconnu par les démons eux-mêmes. Comme l’affirme Jean, le Christ est venu « pour détruire les œuvres de Satan » (Jean 3,8). Jésus dit lui-même être venu pour détruire le règne du démon et instaurer le Règne de dieu (Luc 11,20).

Le diable, « prince de ce monde » (Jean 14,30) comme l’appelle le Christ ou, « dieu de ce monde » (Corinthiens 4,4) comme l’appelle Jean, était le fort qui se sentait sûr de sa domination. Or, Jésus lui enleva sa domination. L’importance de ce fait, de cette victoire, est fondamentale pour comprendre l’œuvre de la Rédemption.

Jésus nous a donné un enseignement précis en ce qui concerne le démon. Il a mis en lumière l’action de Satan contre Dieu, il a libéré les possédés, faisant ainsi clairement la distinction entre la délivrance proprement dite et la guérison des malades.

Jésus a donné ce pouvoir aux Apôtres puis à tous ceux qui croient en lui, étendant ainsi largement le pouvoir de faire le bien et que seul un aveuglement contemporain ne comprend pas et tente de nier.

Les Apôtres ont continué à chasser le Malin après la Résurrection du Christ et ils en parlent dans les Évangiles : « Résistez à Satan et il vous fuira « (Jacques 4,7), « celui qui est issu de Dieu de pèche pas et Dieu le protège de façon à ce que le Malin ne le touche pas. » (Jean 5,18), « Notre bataille ne consiste pas à lutter contre les créatures faites de chair et de sang, mais contre les princes, les puissances, les dominateurs de ce monde obscur, contre les esprits malins des régions célestes. » (Éphésiens 6,12)

La Bible parle du démon plus de 1 000 fois et le Nouveau Testament compte 568 références au démon. Celui qui ne croit pas au démon ne comprend pas l’œuvre du Christ et trompe les fidèles. Les Apôtres ont réalisé des exorcismes et leurs successeurs, les évêques, y croient-ils ? Parfois j’en doute et c’est ce qui fait que le monde va mal aujourd’hui, car les seuls qui peuvent lutter contre le démon ne croient pas en lui.

 

 

 

Au cours des trois premiers siècles

 

Portrait de Tertulien

 

Lors de la construction de l’Église chrétienne, tous les chrétiens pouvaient exorciser, pouvaient exercer le pouvoir reçu du Christ et qu’ils ont toujours, pouvaient chasser le démon au nom du Christ.

Les exorcismes avaient une grande valeur apologétique, ce qui conduisait les païens possédés à s’adresser aux chrétiens pour obtenir la délivrance.

Tertullien et Justin confirment par des écrits l’efficacité avec laquelle les chrétiens délivraient du démon d’autres chrétiens ou des païens. À cette époque, on croyait en Satan et donc aux influences maléfiques et c’est cette croyance qui permettait d’être sauvé.

Le pape Paul VI nous dit que « Ce n’est pas étonnant alors, si notre société régresse du niveau d’une authentique humanité, au fur et à mesure qu’elle avance dans une pseudo-maturité morale, vers une indifférence, à un refus de voir la différence entre le bien et le mal. L’Écriture nous avertit durement que le monde (allant vers la décadence que nous observons) gît sous le pouvoir du Malin. » Et il a raison !

Ces réflexions prennent tout leur sens lorsque nous voyons le monde aujourd’hui qui est bien sous la domination de Satan. Avant, le pouvoir apologétique des exorcismes attirait les païens vers les chrétiens. Aujourd’hui, nous sommes dans la situation contraire : les chrétiens ne trouvent plus aucune compréhension ni aucune aide au sein de l’Église et ils s’adressent aux mages, à d’autres religions, aux sectes…

Revenons à la période qui nous intéresse. Irénée nous dit que l’invocation seule du nom de Jésus-Christ suffit à chasser Satan des hommes. Celsius nous dit que la force de l’exorcisme repose sur le nom de Jésus. Origène ajoute et affirme qu’au nom de Jésus, on peut chasser les démons des personnes, mais aussi des choses, des lieux, des animaux.

La pratique des exorcismes s’est développée, dans et depuis les premiers temps, dans deux directions différentes : la délivrance des possédés et le rite du baptême. Malheureusement, lors de la dernière réforme liturgique, et probablement pour ne pas effrayer les fidèles, l’exorcisme baptismal, surtout des petits enfants, a été réduit. Le baptême perd ainsi sa fonction d’exorcisme.

Les premiers chrétiens étaient convaincus que le paganisme était l’œuvre du démon. Ils y voyaient une contrefaçon de la vraie religion, contrefaçon opérée par le démon. D’où la nécessité de l’exorcisme sur chaque individu et sur le monde social, pour que la domination du démon passe à la domination de Dieu.

 

 

 

Du IIIe au VIe siècle

 

La religion cananéenne.

 

C’est une période de grandes évolutions pour l’Église et pour la pratique de l’exorcisme. De grands évènements historiques, comme les victoires de Constantin et de Théodore, peuvent faire penser que le paganisme a été détruit par le christianisme. Mais, les invasions barbares sont interprétées comme l’avènement d’un nouveau paganisme ayant aussi besoin d’être exorcisé. Ce fut le début de grandes figures, comme saint Martin de Tours, qui fut un grand exorciste et qui fit convertir beaucoup de barbares.

Le début du monachisme donna beaucoup d’élan à l’exorcisme. Les premiers moines, Antoine, Pacôme, Hilarion, se retirèrent dans le désert pour combattre le démon. Le but principal des premiers moines était de lutter contre le démon, de délivrer l’humanité de ses assauts. Ce sont des combattants de première ligne. Cette mentalité a été clairement exprimée dans les œuvres relatant l’activité des premiers moines. Je pense, notamment, au manuscrit « La Vie de saint Antoine » écrit par saint Athanase.

Une idée commençait alors à poindre : même si tous les chrétiens pouvaient chasser le démon, ceux qui se consacraient à la prière et au jeûne l’emportaient dans cette œuvre.

Aux environs de l’an 300, pendant la dernière persécution de Dioclétien, nous trouvons les témoignages étroitement liés de chrétiens héroïques et de la lutte contre le démon. À Rome, parmi les derniers martyrs, se distinguent Marcellin et Pierre. Pierre est le plus ancien exorciste martyrisé que nous connaissions. On pense que c’est lui qui distilla l’idée de moine-exorciste.

À la même époque, les faux exorcistes, les escrocs se multipliaient et il fallait s’en défendre. C’est ainsi que dans les premières dispositions canoniques dans l’Église occidentale, lors du Synode romain, le pape Sylvestre nomme les exorcistes dans les ordres mineurs. C’est aussi dû au droit romain qui veut tout régulariser. De cette façon, les exorcistes sont insérés dans le sacrement de l’Ordre. Par la suite, cette coutume sera abolie par l’Église anglicane, vers 1550, et par l’Église catholique, avec le Vatican II.

L’Église orientale s’oppose à la bureaucratisation de l’exorcisme, car elle le considère comme un charisme, une capacité qu’a chaque fidèle, homme ou femme, à repousser le démon. Cette règle s’applique aujourd’hui encore : l’exorciste est celui qui a le charisme.

C’est en 416 que le pape Innocent Ier a décrété que les exorcismes ne pouvaient être administrés qu’avec l’accord de l’évêché. En Orient, on a continué à utiliser la liberté charismatique, sans aucune règle particulière.

Il faut préciser qu’à travers l’instauration de la règle, l’Église n’a pas voulu limiter le pouvoir du croyant de se libérer du démon ou de libérer les autres du démon, ni de limiter le pouvoir qu’à l’Esprit saint de donner des charismes à qui bon lui semble (l’histoire de l’Église chrétienne est remplie de saints). Il n’a pas été question, non plus, de limiter le pouvoir donné par Jésus-Christ de chasser le démon en son nom. Mais, à partir de maintenant, il faudra parler de l’exorcisme comme d’un sacramental administré par les évêques et de prières de délivrance toutes les autres prières faites par des particuliers ou des groupes. Le but est certes identique, car l’on vise la délivrance.

 

 

 

Du VIe au XIIe siècle

 

Saint François et les diables, œuvre de Giotto.

 

Pendant cette longue période, que ce soit en Orient ou en Occident, la pratique de l’exorcisme est en plein essor. Les Églises regorgent d’exorcistes et ceux qui veulent le devenir, doivent être apprentis d’un exorciste confirmé afin de suivre une préparation adéquate.

Aujourd’hui, le prêtre qui vient d’être nommé exorciste reçoit qu’une seule instruction qui est celle de se débrouiller.

C’est une période caractérisée par une grande créativité au niveau des formules d’exorcisme. Ces formules sont encore récitées aujourd’hui et sont dans le Rituel de 1614.

Durant cette même époque, on note la résurgence du dualisme manichéen, à travers l’hérésie des cathares et des albigeois, qui sera dénoncée par le Synode de Prague de 560. Il est utile de noter ce fait, car cela expliquera un certain type d’exorcismes et surtout la persécution des hérétiques, qui s’intensifieront durant les siècles qui suivront.

Jusqu’au XIIe siècle, le peuple et les théologiens rejetteront la croyance aux sorcières et ne pensaient pas à persécuter les possédés, mais à les aider et à les sauver.

Les premières représentations de Satan naissent à cette époque là et avec elles, les premières représentations des exorcistes. La pratique de l’exorcisme faisait partie intégrante de la pastorale de l’Église, comme cela doit être, mais n’est pas de nos jours.

 

 

 

Du XII au XV siècle

 

Jeanne d’Arc présentée à son juge rouennais, l’évêque Pierre Cauchon.

 

C’est une période très triste pour l’Église et une période qui prépare à des temps encore plus tristes. Bien sûr, c’est durant cette période que l’on construit les plus belles cathédrales, que de grands papes théocratiques viennent au pouvoir. Mais, c’est aussi la période de la lutte contre les albigeois, le début des grandes hérésies, avec la contestation anticléricale et anti-ecclésiastique.

L’Europe est ravagée par des guerres sans fin. Le peuple a faim.

Et surtout, celles qui étaient appelées jusque-là « bonnes femmes, c’est-à-dire les femmes un peu fofolles, mais pour qui l’on avait de la compassion, deviennent des sorcières. Ces femmes avaient besoin d’être exorcisées, mais sont, au contraire, persécutées et brûlées sur le bûcher.

Souvenons-nous de Jeanne d’Arc qui a été considérée comme une sorcière pour des motifs politiques, Jeanne d’Arc, qui avait davantage besoin d’écoutes et d’un exorcisme que d’un bûcher. Cela nous montre bien l’écroulement de la justice, non seulement juridique, mais aussi pastorale.

Ceux qui dirigent les pays, les peuples, l’Église, ceux qui commandent, prennent des dispositions aux conséquences gravissimes, sans doute pensant, dans un premier temps, modérer les choses en les réglementant.

En 1252, le pape Innocent IV autorise la torture contre les hérétiques.

En 1326, Jean XXII autorise, pour la première fois de toute l’histoire de l’Église, l’inquisition contre les sorcières, signant ainsi le début de la folie meurtrière qui va s’abattre partout en Europe et ailleurs. Et cette folie est accompagnée de calamités naturelles qui vont engendrer encore plus de pauvreté parmi le peuple, encore plus de famine…

De 1340 à 1450, l’Europe entière est ravagée par la peste noire, une épidémie qui va décimer des peuples entiers dans de grandes souffrances et qui va engendrer l’écroulement des valeurs morales, luttes civiles, schismes au sein même de l’Église.

Et c’est de cette débâcle que surgit la manie de tout diaboliser, non pas une diabolisation qui conduit vers l’exorcisme et donc la délivrance, mais une diabolisation destructrice.

 

 

 

Du XVIe au XVIIe siècle

 

La chasse aux sorcières

 

Ce fut vraiment une période de pure folie, une période où les exorcismes ont laissé la place aux persécutions.

C’est une période très noire qu’il est indispensable de décrire pour comprendre notre époque actuelle. En décrivant cette période, nous apprenons beaucoup sur notre propre époque. Et je m’aperçois d’un fait bien établi qu’il est indispensable de retenir : là où l’on fait des exorcismes, il n’y a pas de persécutions, même si l’on est à la même période, avec la même mentalité, avec les mêmes problèmes. Là où le diable n’est pas combattu et chassé par des exorcismes, les hommes sont diabolisés et tués. Ce phénomène est particulièrement vrai pour notre époque et me préoccupe beaucoup pour notre société et l’Église.

Aujourd’hui, les hommes d’Église emploient moult ruses, injonctions, tentatives pour minimiser l’existence du démon et pour réduire son action, cela n’est pas bon. Quand je constate que l’on ne chasse plus le démon, mais au contraire, on essaye d’éliminer la pratique de l’exorcisme, je me dis que nous serons bientôt perdus. Car, ce n’est pas le diable qui va en pâtir, mais bien l’homme. Et il y a tellement de façons différentes de diaboliser l’humanité (Dachau, les goulags, les génocides, les nettoyages ethniques…). Cela me fait très peur, car l’on ne s’attaque pas au bon ennemi.

Revenons à l’époque qui nous intéresse. Donc, je disais qu’à cette époque déjà, on ressentait le besoin urgent de réformer les rituels d’exorcismes, mais personne n’a bougé. Comme aujourd’hui d’ailleurs, où la seule partie délaissée et non réformée après Vatican II reste le Rituel.

Alors comme les hommes d’Église ne se décidaient pas à se pencher sur la question, Charles V prit l’initiative de le faire. Il promulgua un édit “Ad Augusta” le 9 juillet 1548 dans lequel il ordonnait la réforme du Rituel. Mais le mal était trop profond et la chasse aux sorcières atteignit son comble dans les années 1560 à 1630.

Heureusement qu’il y a eu quelques éclaircies dans cette sombre période. Prenons le cas de Jeanne Fery (1559-1620), qui était une véritable sorcière liée au diable par un pacte à dénoncer à l’Inquisition et à brûler au bûcher selon les règles en vigueur à cette époque-là. Grâce au Ciel, elle trouva sur son chemin Louis de Berlaymont, archevêque de Cambrai, qui fit le nécessaire pour que Jeanne ne soit pas soumise à un procès et condamnée, mais exorcisée. Il fallut plus d’un an pour que Jeanne soit délivrée du démon. Après, elle vécut de manière exemplaire le restant de sa vie et entrant dans les Ordres. Ce qui montre bien que l’exorcisme est l’arme à adopter contre le Malin et non la persécution.

L’idée de la chasse aux sorcières se répandit surtout dans les pays protestants, là même où, au XVIIe siècle, des guerres de religion éclateront.

Ce que je tiens à souligner, c’est que là où l’on pratiquait encore des exorcismes, il n’y eut pas de persécutions. Par exemple, dans la Rome des Papes, on recense qu’un seul cas et dans l’Irlande catholique, les sorcières ne furent pas persécutées, mais sauvées.

Le jésuite Friedrich Spee publia en 1631 le livre “Cautio criminalis” dans lequel il dénonce la torture et la chasse aux sorcières. C’est le début de la résipiscence qui s’étendit dans le camp des protestants. Par contre, cela n’eut aucun effet sur le Concile de Trente qui se borna à considérer l’exorcisme comme un ordre mineur.

 

 

 

Du XVIIIe siècle à nos jours

 

Symbole des Illuminati

 

C’est la fin de la chasse aux sorcières, qui cessa d’une manière aussi absurde qu’elle avait commencée, d’un seul coup. Mais ce à quoi l’on se serait logiquement attendu n’advint pas : la persécution remplaça les exorcismes et non le contraire.

Par contre, là où l’on continuait à pratiquer les exorcismes, il n’y eut pas de persécution. Il aurait donc fallu remettre les exorcismes en vigueur. Mais cela ne se fit pas. Au contraire, la réaction aux excès du passé conduisit à un désintérêt total du diable et de son action, désintérêt qui subsiste encore aujourd’hui.

Le diable devint un symbole, un pantin, l’emblème de l’idée abstraite du mal. Et non plus un être, une entité qui agit en profondeur.

À ce changement brusque, qui s’est poursuivi pendant trois siècles, l’athéisme a fait son apparition. La culture laïque a été très présente dans les milieux ecclésiastiques, surtout dans les universités, entraînant de fortes répercussions sur les évêques et les prêtres. C’est alors toute la religiosité du peuple qui a subi un effondrement général. Et comme cela arrive toujours lorsque la foi diminue, on se jette sur la superstition.

La culture laïque s’est trouvée dominée par l’œuvre de démythification entreprise par les rationalistes incroyants, les partisans de l’illuminisme, les scientifiques, qui nieront en bloc tout le christianisme.

Et voilà comment l’on arrive, au XXe siècle, au matérialisme historique, à l’athéisme enseigné aux masses par le communisme, à la société de consommation du monde occidental. Et cette influence a été grande dans le monde ecclésiastique même. En effet, dans les séminaires et les universités pontificales, on ne parle presque plus du démon, encore moins des exorcismes. Et pourtant, cela est dans les Saintes Écritures. Et les théologiens et les biblistes qui nient l’existence de Satan sont toujours à la mode !

On ne peut nier qu’il y eut toujours quelques exorcistes, certains célèbres, qui sont toujours nommés par les évêques et l’existence du Rituel. Mais, on ne peut pas attendre grand-chose d’un épiscopat ayant le monopole sur la nomination des exorcistes qui, pour des raisons historiques, n’a jamais pratiqué d’exorcisme, ne connaît pas le Rituel et n’y croit plus.

 

 

Mes conclusions

J’ai dressé un rapide diaporama de l’histoire de l’Église catholique et je pense qu’il est bon d’en retenir quelques points. Si j’arrivais simplement à changer la mentalité d’un seul lecteur, alors je me dis que j’aurais tout gagné.

Tout d’abord, il faut se dire que les démons existent. Ce sont des esprits purs créés bon par Dieu, mais qui se sont pervertis. Ces démons exercent sur les hommes un pouvoir maléfique qui peut aller jusqu’à la possession. Le Christ nous a donné les moyens de chasser les démons, il a conféré ce pouvoir à ceux qui croient en lui. Ces points sont bien établis dans les Évangiles, donc, j’ai envie de dire que ceux qui ne croient pas au diable, sortent de la foi chrétienne.

La lutte contre le démon doit être menée par tous. C’est essentiel et c’est le fondement même de la vie. Il faut sans cesse le repousser, ne pas être tenté et vivre le plus humblement, le plus juste possible, envers soi et envers autrui. L’action ordinaire du démon est la tentation. Nous devons lutter contre les tentations issues de la chair, du monde, du démon.

L’exorciste doit être considéré comme un prêtre qui est missionné par l’Église dans le but de venir nous aider lorsque nous sommes en butte par rapport à l’action ordinaire du démon.

Aujourd’hui et après plus de trois siècles, nous assistons enfin à un lent réveil de cette réalité qu’est le diable. Nous assistons à une multiplication des demandes pressantes d’exorcisme de la part du peuple de Dieu, à l’augmentation des exorcismes, à une prise de conscience générale. Les demandes sont tellement nombreuses que le clergé peine à les satisfaire toutes.

Et, contre toute attente, cette reprise est due, pour une part, à la culture laïque. Eh oui ! Je m’explique : pendant longtemps, la culture laïque s’est empressée de jeter le discrédit sur toutes les réalités spirituelles. Et les grandes découvertes scientifiques n’ont fait que renforcer ce sentiment où tout pouvait s’expliquer par la science. Mais, on s’est aperçu que la science ne peut expliquer tout, qu’elle a ses limites et qu’elle peut causer du mal à l’humanité, comme la bombe atomique par exemple. Même les plus grands scientifiques, les plus intelligents disent aujourd’hui que la science a ses limites, qu’il y a des lois et des forces qui échappent à son contrôle.

Devant un cas inexplicable, devant un patient qui ne peut être soulagé par aucun traitement, de plus en plus de psychiatres se tournent et travaillent en collaboration avec des exorcistes et cela est une vraie avancée. Mais, il existe toujours des ecclésiastiques qui envoient tout le monde chez le psychiatre ! Je ne désespère pas que cette mentalité change.

Bien sûr, nous sommes loin de considérer l’exorcisme comme un service pastoral, qui s’intègre à la pastorale normale et auquel on consacre un personnel suffisant. Certains pensent que la présence d’un exorciste dans une pièce est nuisible, qu’il diabolise tout. Au contraire, puisque l’exorciste apaise, tranquillise, faire fuir les fausses peurs, apporte la paix. Et on l’a vu au cours de l’histoire : là où l’on pratiquait des exorcismes, on ne diabolisait pas et l’on ne tuait pas les gens.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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L’origine des démons

Le mot démon suscite l’effroi ou la fascination, tout dépend de quel côté l’on se place. Le mot démon fait peur et intrigue en même temps. Démon et diable se confondent en un même égrégore noir, image renforcée par les représentations de Bruegel l’Ancien et les évocations de Dante. Tout cela a véhiculé une image épouvantable et parfois grotesque des démons. D’où viennent les démons ? Le diable ? Je tenterai de répondre à ces questions dans ce billet.




 

Les démons ont toujours été présents

 

Détail d’un tableau de Bruegel l’Ancien « Les Proverbes Flamands ».

 

De tout temps, les démons ont toujours été associés à la désolation, à la folie, à la torture, à la luxure, au mensonge, à l’angoisse, à la mort… bref à tout ce qui est mal et malsain.

Ils véhiculent toute une panoplie de représentations : cornes, pieds de boucs, pieds fourchus, pentagrammes inversés… sans parler de leur odeur qui est souvent décrite comme pestilentielle et fétide.

Selon les théologiens, nous vivons dans un monde, notre monde terrestre, rempli d’esprits. Certains sont bons, d’autres sont mauvais. Les mauvais sont les démons. On les appelle aussi les entités négatives, car elles véhiculent des ondes négatives et pompent le positif qui est sur terre.

D’après les différentes croyances, et elles se rejoignent toutes sur ce sujet, les démons surgissent du bas astral et n’ont qu’un seul but, celui de torturer et humilier les hommes. Comme je l’ai souvent dit, il y a le mal humain et le mal absolu. Ce dernier est lié aux démons, car on ne sait pas trop pourquoi il frappe.

La plupart des démonologues pensent que les démons sont partout. Chaque homme en a 1000 à sa gauche et 2000 à sa droite. Parfois, ils se glissent même dans la nourriture. D’où la croyance qu’il faut toujours se signer ou remercier avant de manger pour ne pas avaler un démon et se retrouver possédé.

Voilà ce que nous dit Saint-Antoine, le père des moines, à propos des démons : « Nombreuse est leur troupe dans l’air qui nous entoure, ils ne sont pas loin de nous. »

Dans le Nouveau Testament, à l’Épître aux Éphésiens, Saint-Paul nous dit : « nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les Princes, contre les Puissances, contre les Dominateurs de ce monde des ténèbres, contre les Esprits mauvais répandus dans l’air. » Eph.6, 12

Les démons existeraient avant même la création de l’homme. À l’origine des anges, ils auraient été déchus et précipités en enfer suite à la rébellion de Lucifer, qui devint Satan l’Adversaire.

Depuis, ils n’auraient de cesse de faire souffrir les hommes pour faire souffrir le Créateur. C’est une lutte continuelle entre le bien et le mal. Et regardez notre monde, c’est exactement ce qui se passe. Sauf, que l’on parle beaucoup plus du mal et qu’on ne voit plus ceux qui font le bien, justement parce que nous croyons plus en rien.

 

 

 

Le nombre des démons

 

La hiérarchie infernale selon Collin de Plancy.

 

Je ne vais pas vous mentir, chers lecteurs, on ignore à combien s’élève le nombre des démons.

Jean Wier affirme qu’ils se divisent en 6666 légions et que chaque légion est composée de 6666 démons. Ce qui est une référence absolue au chiffre de la Bête qui est le 666. Donc, le nombre total de démons s’élèverait à environ 45 millions. Tous ces démons seraient supervisés par 72 princes, ducs, marquis et comtes.

Michel Psellus (1018-1078), écrivain et philosophe byzantin, auteur d’un traité sur la démonologie, nous dit que les démons se divisent en 6 grandes sections :

  • Les démons du feu qui habitent les régions.
  • Les démons de l’air qui habitent autour de nous. Ils ont le pouvoir d’exciter les orages.
  • Les démons des eaux, qui habitent la mer et causent les naufrages.
  • Les démons souterrains qui préparent les tremblements de terre et soufflent les volcans.
  • Les démons ténébreux, qui vivent loin du soleil et ne se montrent pas sur terre.
  • Les démons de la terre, qui se mêlent aux hommes et s’occupent de les tenter.

Cette vision, un peu minimaliste que je ne partage pas, montre que les  provoquent toutes les catastrophes naturelles. Et même si cette vision rejoint celle des cabalistes, je ne peux y adhérer. Les conditions climatiques, le réveil d’un volcan, un tremblement de terre… sont des causes naturelles engendrées par la pollution, par l’homme, par les conditions climatiques… mais certainement pas par des démons.

Certains démonologues pensent que les démons se multiplient entre eux. C’est pourquoi leur nombre ne cesse de croître. Et si l’on y regarde de plus près, on parle souvent d’un démon fils ou fille d’un autre démon, comme Acham qui serait la fille de Lilith.

Voilà ce que je pense. À l’origine, les démons étaient un certain nombre, tous anges déchus, donc inhumains. Au fil du temps, les démons se sont multipliés entre eux et ont donné naissance à d’autres démons. À cela, s’ajoutent les hommes qui sont devenus damnés, par un pacte ou autre. Je pense notamment à Néron et Hitler. Il faut garder en tête que les démons veulent grossir leur armée et donc recrutent des soldats parmi les hommes en les tentant ou en les possédant ou en les rendant mauvais. Ces âmes sont sans cesse tourmentées et doivent obéir à un démon inhumain. Dans le monde infernal, la compassion n’existe pas.

De plus, de nombreuses divinités ont été démonisées par la suite.

 

 

 

L’origine des démons

Combat entre le bien et le mal : l’archange Michaël terrassant l’Adversaire

 

Les démons sont aussi vieux que le monde.

Pour Jules Garinet (1797-1877), avocat à la cour royale de Paris, Conseiller de préfecture, historien et auteur de ‟Histoire de la magie en France » en 1830, les démons seraient tous fils d’Adam créés avec Lilith.

Dans la plupart des traditions, les démons auraient été créés par Dieu avant les hommes. Mais ils auraient été créés anges. Lucifer était le premier et le plus beau de ces anges. Son frère serait l’archange Mickaël. Lucifer se serait rebellé par orgueil, car Dieu plaçait les hommes à son niveau. Il serait devenu l’Adversaire, donc Satan et aurait été précipité du ciel entraînant avec lui toute sa milice.

Tous ces démons, Satan, Belzébuth, Bélial, Méphistophélès… seraient éternels et incarneraient le principe du mal, tandis que Dieu représente le principe du bien.

Manès (216-273 ou 176), théologien, écrivain et fondateur du manichéisme, pensait que Dieu aurait créé les 9 chœurs des anges. Ces milices célestes étaient pures et fidèles. Mais les anges ont été créés libres comme les hommes, et certains d’entre eux se laissèrent guider par l’orgueil. C’est donc à cause de ce libre arbitre que certains ont choisi de servir le mal plutôt que le bien.

Des manuscrits datant du IVe et conservés au Vatican rappellent cette vision. Saint Athanase, dans son livre ‟Vie de saint Antoine le Grand » partage aussi cette vision en disant que les démons n’ont pas été créés démons, puisque Dieu ne peut pas faire de mauvais. Donc c’est en s’éloignant de la lumière de Dieu qu’ils sont devenus démons. S’estimant aussi puissants que Dieu, ils entraînèrent dans leur révolte une partie de l’armée des anges.

Certains démonologues placent l’enfer, où habitent les démons, au fond de la terre, d’autres les fond habiter l’air. Swinden les loge même sur la Lune.

En tout cas, les démons se trouvent dans des lieux inférieurs, d’où ils peuvent sortir à leur guise pour venir sur terre et tenter les hommes. Les démons sont en enfer, mais aussi dans le cœur des hommes auxquels ils insufflent épreuves et tentations. Car l’homme est faible et corruptible et les démons haïssent l’homme, l’être tant aimé par Dieu.

Les démons habitent de préférence les lieux isolés et impurs, le désert, les ruines. Ils sont surtout à redouter la nuit. Ils s’attaquent aux bêtes comme aux hommes. Ils sont la cause des maladies physiques et des troubles psychiques. Ils font naître les passions désordonnées, provoquent la colère et attisent la jalousie.

Et la tentation est grande pour l’homme d’utiliser la puissance des démons pour obtenir des richesses, du pouvoir… Toutes les pratiques magiques sont dangereuses, funestes et vaines. Celui qui prétend faire appel à des puissances supérieures démoniaques prend un grand risque, car il n’est pas au pouvoir de l’homme de commander aux démons. Et il y a toujours un retour. Et toujours un prix à payer pour la prestation de services.

 

 

 

Les croyances

Le manuel d’exorcisme de l’Eglise.

 

Les chrétiens n’ont pas l’exclusivité du diable. L’Islam dit, par exemple, que lorsqu’on lit le Coran, il faut demander la protection d’Allah.

On dit aussi que les démons n’ont pas de pouvoir sur les croyants, ceux qui sont bons, car ces derniers sont protégés. Ils seront continuellement tentés, mais ils auront la capacité de les repousser.

Dans notre monde qui ne croit plus en rien, on comprend que les démons peuvent agir à leur guise.

D’ailleurs, je voudrais finir cet article par vous dire que notre monde va mal et que le diable frappe de plus en plus fort chaque jour. On le voit avec la pratique de l’exorcisme. Après une certaine mise en sommeil, cette pratique prend une grande ampleur.

Le grand rituel d’exorcisme doit être réalisé par un prêtre-exorciste, formé par l’Église, et consiste à expulser les démons. Le nombre de ces prêtres formés avait fortement diminué. Au début des années 1950, la France en comptait moins de 10.

En 1977, après les déclarations de Paul VI sur la présence des démons dans le monde, le nombre de prêtres-exorcistes était monté à 16 en France. Sous Jean-Paul II, ils étaient 82, soit un pour chaque diocèse voire plus. Le diocèse d’Ile-de-France en comptait 3. Ceci dans le but de répondre à toutes les demandes d’exorcisme. Chaque année, il y aurait plus de 1500 demandes d’exorcisme pour le seul diocèse d’Ile-de-France. Et ce chiffre est en constante augmentation. Je ne dis pas que chaque fois il s’agit de possédés, il y en a dans le tas des demandes, je veux simplement faire comprendre qu’il y a un malaise et que le mal est en train de gagner sur le bien.

Et vous voulez savoir pourquoi le diable est omniprésent aujourd’hui. Il détient l’argent, il a une prise énorme sur les hommes, sur tous les agissements, tout tourne autour de l’argent, de la consommation… Il a toujours agi ainsi, mais maintenant, on le laisse faire.

Au XIVe siècle, Satan était représenté comme le symbole de la révolte et de la liberté absolue. Beaucoup de personnes se sont tournées vers ces pensées. Le problème c’est qu’elles ne sont pas libres. Elles sont esclaves, esclaves de l’argent, esclaves de leur orgueil, esclaves de leur inhumanité. Et surtout, je ne pense pas qu’elles soient heureuses.

 

 

 

Chers lecteurs, j’aimerais vous ouvrir les yeux sur notre monde actuel, qui, si nous ne faisons rien, va s’effondrer. Il faut réagir. L’argent, le pouvoir, l’orgueil… n’ont jamais rien apporté de bon. Laissons l’argent où il est, contentons-nous de vivre. Il faut de l’argent pour vivre et pour élever sa famille, mais ne cherchons pas la richesse. Soyons respectueux de la nature et de notre prochain. Vivons heureux, entourés de nos amis et de notre famille. Ne haïssons pas notre voisin. Battons-nous pour de vraies valeurs. Battons-nous pour offrir un avenir meilleur à nos enfants. Soyons humbles, soyons ensemble.

Marie d’Ange

Pour aller plus loin


 




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La naissance du Mal

D’où viennent les démons ? Quelle est leur origine ? Que veulent-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Quel est leur but ? Autant de questions que je tenterai de répondre dans cet article consacré à l’origine des démons et leur nature.




Généralités

 

Le Pays de Cocagne, œuvre de Bruegel dans laquelle l’artiste souligne la dépendance de l’homme vis à vis de la nourriture.

 

Rien que le mot « démon », à lui seul, provoque la peur ou la fascination. Eh oui… il existe des personnes qui sont fascinées par le Mal, mais je ne parlerai pas de ces hommes stupides, même si cela me révolte, dans cet article.

Lorsque l’on parle de démons, on parle forcément du Diable. Les deux mots sont entourés d’un halo sombre. Et lorsque l’on représente un démon ou un diable (c’est pareil), les images sont souvent épouvantables et grotesques. Il n’y a qu’à voir les portraits que dresse Dante dans ses écrits ou les réalisations de Bruegel l’Ancien (peintre français né en 1525 et mort en 1569), pour s’en rendre compte.

Les diables et les démons sont toujours représentés avec des cornes, des pieds fourchus, sous forme d’animaux (le plus souvent un bouc). La panoplie du monde démoniaque contient des pentagrammes inversés, des croix inversées, le chiffre 666, les flammes…

On peut aussi remarquer que les diables et les démons évoquent, dans l’esprit du plus grand nombre d’entre nous, la folie, l’angoisse, la souffrance et la mort. Monstres, dragons, hybrides semi-humains, géants, nains… ils reflètent nos peurs et nos angoisses.

 

L’origine des démons

 

Saint Michel terrassant le démon, peinture de Raphaël.

 

La grande question est d’où viennent les démons. Plusieurs réponses ont été évoquées au fil du temps. Je vous en donne quelques-unes :

  • Pour Jules Garinet (1797-1830, avocat à la cour royale, conseiller de préfecture, littérateur, historien, auteur de ‟Histoire de la magie en France », livre paru en 1830, les démons seraient tous les fils d’Adam. Sa théorie veut qu’après avoir été chassé de l’Eden, Adam ait forniqué avec des succubes et que de ces unions soient nées d’abominables créatures.
  • Aben-Esra (rabbin andalou du XIIe siècle, auteur de « Sefer HaYashar », un ouvrage regroupant ses commentaires sur le Pentateuque, prétend que les démons auraient été créés anges bien avant l’homme par Dieu et précipités du Ciel par Saint-Michel. Donc, les démons auraient été créés bon par Dieu et seraient devenus mauvais. Il ajoute qu’on doit fixer cette chute au deuxième jour de la Création.
  • Ménassé Ben-Israël (1604-1657), rabbin kabbaliste, écrivain, imprimeur et éditeur, fondateur de la première maison de presse hébraïque en 1626, partage cette opinion. Il ajoute qu’après leur chute, Dieu plaça les démons dans les nuages et leur donna le pouvoir d’habiter l’air inférieur.
  • Origène (185-253, philosophe, théologicien, Père de l’exégèse biblique) soutient que les démons, tout comme les anges, sont beaucoup plus vieux que notre monde.
  • Manès (216-273 ou 276, théologicien, écrivain, fondateur du manichéisme) présente le diable comme un être éternel incarnant le principe du mal, tandis que Dieu représente le principe du bien.
  • Édouard Brasey (auteur du ‟Traité de démonologie) pense que Dieu aurait créé les 9 chœurs des anges. Ces anges étaient les milices célestes. Ils étaient purs et fidèles. Mais Dieu les créa libres et certains d’entre eux se laissèrent guider par l’orgueil. C’est donc à cause de ce libre arbitre que certains anges ont choisi de servir le mal plutôt que le bien. Dans des manuscrits datant du IVe siècle et écrits par les Pères de l’Église, cette théorie est reprise.
  • Saint Athanase dans son livre ‟Vie de saint Antoine le Grand » affirme que les démons n’ont pas été créés démons, puisque Dieu ne peut pas faire de mauvais. C’est donc en s’éloignant de la lumière de Dieu que ces anges sont devenus démons, en s’estimant plus puissants que Dieu, ils ont provoqué leur chute. À la tête de la révolte, il y avait Satan, le premier et le plus bel ange créé par Dieu.
  • Le père Gabriele Amorth, exorciste à Rome, nous disait que les démons ont été créés anges. Certains de ces anges n’ont pas compris le dessein de la Création. Ils ont cru être au centre de cette Création. Or, c’est Jésus qui est au centre de la création. Cela, ces anges déchus l’ont compris bien plus tard. Voulant être au centre de la Création, Satan et ceux qui l’ont suivi, se sont rebellés et ont été chassés du ciel.

 

Donc, si l’on reprend, les démons auraient été des anges. Gonflés d’orgueil, voulant être au centre de la Création, se seraient révoltés contre Dieu et auraient été précipités du Ciel par l’archange Michel. Dieu les aurait créés bien avant l’homme et les aurait créés bon en leur laissant le libre arbitre. Satan, rempli d’orgueil, se serait révolté et aurait entraîné les autres anges dans sa chute, faisant de toute cette milice rebelle, des anges déchus.

Pour ma part, je partage cette théorie.

Au XIXe siècle, Satan est représenté comme le symbole de la révolte et de la liberté absolue. Les hommes ne veulent plus vivre selon des règles établies. À la fin du siècle, une hostilité vis-à-vis de la franc-maçonnerie leur fait assimiler cette dernière à une contre Église satanique par les chrétiens.

 

Où sont les démons

 

Représentation de l’enfer par Bruegel l’Ancien.

 

La tradition chrétienne place l’enfer, l’habitation des démons, au fond de la terre, alors que Saint Paul les fait habiter l’air. Certains les relèguent dans la lune, d’autres dans les étoiles.

Pour ma part, les démons se trouvent dans les lieux inférieurs, d’où ils peuvent sortir à leur guise pour venir sur terre tenter les hommes. Satan est à l’origine du péché originel et les démons sont à l’origine des péchés.

Les démons sont en enfer, mais aussi dans le cœur des hommes auxquels ils insufflent des tentations et des épreuves.

Nous vivons dans un monde rempli d’esprits et de démons, que nous ne pouvons voir, sauf si nous possédons le don de les voir. Ces créatures venues du bas astral s’amusent à nous torturer et nous humilient sans cesse. Ces démons sont partout autour de nous.

D’après Saint-Antoine, le Père des moines, chacun a 1000 démons à sa gauche et 2000 à sa droite. Ils habitent de préférence les lieux isolés et impurs, le désert, les ruines. Ils sont surtout à redouter la nuit. Ils s’attaquent aux bêtes comme aux hommes.

Ces démons se glissent partout et nous tentent continuellement. Ils font en sorte que l’on s’éloigne de Dieu. Ils nous montrent que l’argent et le pouvoir, c’est ce que l’on doit idolâtrer. Et c’est pourquoi notre monde va aussi mal. Nous vivons dans un monde où l’argent et le pouvoir sont idolâtrés. Certains n’hésitent pas à tuer pour de l’argent, d’autres veulent s’enrichir à tout prix, quitte à tuer et à rendre malades des milliers de personnes, d’autres encore vendent du poison, de la drogue pour s’enrichir. Tous ces gens sont des antichrists, c’est-à-dire des destructeurs de l’humanité.

Les démons sont la cause des maladies physiques et des troubles psychiques, ils font naître des passions désordonnées, détruisent l’harmonie familiale et le couple, provoquent la colère et attisent la jalousie.

Toutes les pratiques magiques sont dangereuses, funestes et vaines. Tous ceux qui prétendent faire appel aux démons pour obtenir la richesse ou la gloire, pour obtenir du pouvoir… prennent un énorme risque, car les démons n’obéissent pas à l’homme et il y a toujours un prix un payer.

 

Le nombre des démons

 

Représentation de Satan

 

On ignore à combien s’élève le nombre des démons.

Jean Wier (démonologue du XIVe siècle) nous dit que les démons se divisent en 6666 légions, chaque légion est composée de 6666 démons. Donc le nombre total de démons serait de 45 millions. Ces démons seraient supervisés par 72 princes, ducs, marquis et comtes.

J’ai dressé la hiérarchie infernale et la liste complète des principaux démons (333) dans de précédents articles.

Certains disent que les démons se multiplient entre eux et c’est pourquoi leur nombre ne cesse de croître.

Selon Michel Psellos (1018-1078, écrivain, philosophe byzantin, auteur d’un traité sur la démonologie), les démons se divisent en 6 grandes sections :

  • Les démons du feu qui habitent les régions chaudes,
  • Les démons de l’air qui habitent autour de nous et ont le pouvoir d’exciter les orages,
  • Les démons de la terre qui se mêlent aux hommes et s’occupent de les tenter,
  • Les démons des eaux, qui habitent les océans et les mers et qui provoquent les naufrages,
  • Les démons souterrains qui préparent les tremblements de terre et soufflent les volcans,
  • Les démons ténébreux qui vivent loin du soleil. Ceux-là se montrent très peu sur terre.

Cette classification rejoint celle des cabalistes.

Pour ma part, je ne rejoins pas cette thèse. Je pense que les démons sont autour de nous. Leur nombre ne cesse de croître, mais pas parce qu’ils se multiplient entre eux, mais parce qu’ils recrutent des hommes afin de grossir leur armée pour le combat final de l’Apocalypse. Ces hommes recrutés sont des damnés auxquels les démons donnent des pouvoirs. Ils viennent grossir les rangs de l’armée infernale.

En effet, en tentant les hommes, ils recrutent d’autres âmes qui viendront grossir leur armée. Tous les hommes cupides, violents, méchants, égoïstes, qui se sont laissés aller à la luxure, à la course au pouvoir, à la course à l’argent… viendront grossir les rangs de l’armée démoniaque. Attention toutefois, ils ne seront pas heureux en enfer, bien au contraire, car ils connaîtront des tourments éternels.

Quant à l’enfer, un jour le père Amorth était en train d’exorciser une personne, lorsqu’il dit au démon de retourner en enfer, l’endroit qu’avait créé Dieu pour lui. Le démon s’était mis à rire et a répliqué que Dieu n’a pas créé l’enfer, ce sont les anges déchus qui l’ont créé. Dieu n’en aurait jamais eu l’idée ! D’après cette anecdote, on peut penser que l’enfer a été créé par les démons, à leur image et que c’est un lieu de perdition où les âmes sont torturées à l’infini.

 

La nature des démons

 

Gravure de Jésus-Christ

 

Par nature, le démon cherchera la perte de l’humanité. Il cherchera à éloigner l’homme de Dieu pour recruter des âmes et grossir son armée.

Selon Colin de Plancy, les démons n’ont pas pouvoir de nuire à l’homme, sauf si Dieu le leur donne. C’est pour punir les hommes, les éprouver ou les couronner que Dieu donne ce pouvoir. Dieu peut aussi régler le pouvoir du démon afin qu’il n’en use pas à volonté. Les méchants, les mauvais sont les esclaves du diable. Tout le monde est rempli de démons qui rôdent autour de nous à la recherche d’une nouvelle âme à damner.

Gabriele Amorth disait : « Les démons nous font tout le mal qu’ils peuvent nous faire, car c’est Dieu qui décide ». En effet, un homme ne peut être possédé, sauf si Dieu le décide. Par contre, nous avons notre libre arbitre et si nous décidons de faire le mal, alors Dieu laisse faire et laisse les démons nous torturer.

Mais le plus grand mal de notre société actuelle, c’est qu’il y a peu de personnes qui croient que le diable les tente, qui leur dresse des pièges. Si l’on y croyait, on agirait autrement. On arrêterait de vouer un culte à l’argent et au pouvoir, car l’argent appartient à Satan et qu’il engrange des malheurs (guerre, esclavagisme, meurtres…) On arrêterait aussi à s’adonner à la magie, aux cultes sataniques, au spiritisme… Et surtout, on demanderait le pardon et l’humanité se porterait bien mieux. Dieu pardonne tout le monde, encore faut-il le demander et le vouloir.

Les démons ne peuvent tourmenter les âmes qui vivent dans l’esprit de Jésus-Christ, car c’est lui le plus grand des exorcistes.

 

Pour conclure, je dirai que dans notre monde actuel, régi par l’argent et le pouvoir, les démons se régalent. Regardez autour de vous, lisez les faits divers. Vous ne sentez pas ce malaise croissant ? Plus personne ne fait confiance en personne, tout le monde essaie de tromper l’autre. On tue pour l’argent, on se prostitue, on meurt pour l’argent. Celui qui a l’argent a le pouvoir sur le monde. Nous vivons dans un monde où Satan est le tout-puissant. Il faut réagir, il faut une conscience générale. Mais je sais d’avance que personne ne m’écoutera. On préférera acheter le dernier iPhone sorti plutôt que d’aider son prochain. On préférera tabasser une petite vieille pour 20 euros plutôt que de l’aider à traverser la route. On préférera faire bosser de pauvres gens pour une misère, plutôt que de se priver de ses jets et de son caviar. Vous trouvez cela normal ? Moi pas. Et que dire de ces jeunes de banlieue qui se pavanent dans des voitures allemandes et qui sont idolâtrés alors qu’ils vendent de la mort ? Et de ces personnes qui tuent au nom d’un dieu, qui font le malheur de familles entières. Mais vous avez raison, autant fermer les yeux sur tout cela et continuer à vivre dans le monde de Satan. Cela s’appelle l’indifférence et l’indifférence finira par tous nous tuer.

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin


 




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Satan et l’histoire de l’humanité




Il bon de se plonger dans l’histoire pour comprendre certains faits évidents. En étudiant l’histoire de l’humanité tout entière, on peut s’apercevoir que le diable y tient une place prépondérante. De tout temps, dans tous les peuples, toutes les civilisations, la notion du bien et du mal est présente. Avant même la venue de Jésus, on pratiquait des rituels de délivrance pour ceux touchés par le mal. Les preuves de l’existence d’un Mal Absolu, du diable, sont légion. Retraçons le parcours de Satan, du Diable, dans l’histoire de l’humanité afin d’y voir son influence sur les hommes et de donner un début d’explication sur le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui, un monde régi par le Mal Absolu.

 

Les origines de l’homme

 

Adam, Eve et le Serpent dans le Jardin d’Eden

 

Si nous ouvrons la Bible au livre de la Genèse qui rapporte la création de l’Homme, on fait mention du serpent Tentateur qui va tenter Ève dans le jardin d’Éden. Ce serpent Tentateur on ne lui donne pas encore de nom précis,  mais l’on devine qu’il s’agit du diable. Le nom de Satan ne figure pas dans cette scène biblique, mais le diable, le serpent Tentateur, celui qui a précipité Adam et Ève hors du jardin d’Éden, est lui bien présent. Et il a joué un rôle essentiel dans l’histoire de ces deux premiers humains. En tentant Ève, en faisant naître en elle le péché de gourmandise et le péché de luxure, il est arrivé à la faire désobéir au seul commandement imposé par le Créateur.

Plus tard, ce même serpent Tentateur poussera Caïn, le fils aîné d’Adam et Ève, à tuer son frère Abel, devenant ainsi le premier meurtrier de l’humanité. Ce meurtre aux sources de l’humanité porte une symbolique très forte. D’après le récit biblique, Caïn est paysan et son frère Abel est berger. Les deux frères apportent chacun une offrande à Dieu ; Caïn offre des fruits de la terre, tandis qu’Abel offre les premiers-nés de son troupeau de montons. Dieu préfère l’offrande d’Abel, mais il perçoit la colère et la tristesse de Caïn. Il lui commande de dominer le péché qui le ronge. Mais Caïn, jaloux, ne peut dominer sa rage. C’est ainsi qu’il tue Abel et est condamné à errer sur la terre.

Dans la tradition chrétienne, Abel est une victime de haute valeur symbolique, le juste persécuté. Caïn, par son meurtre, révèle la haine qui habite le cœur de l’homme, il est le mauvais qui hait le juste. En ce sens, il est « possédé » du démon, car c’est le démon qui a fait naître la jalousie dans son cœur et qui l’a poussé à commettre ce meurtre. Mais Caïn n’a pas su résister à la tentation et le diable a gagné. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui : le juste est persécuté par la haine des mauvais.

Penchons-nous sur ce verset du « Livre d’Isaïe » (XIV, 12n15) :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! Toi qui disais dans ton cœur : « J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées… Je serai l’égal du Très haut !… » Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. »

Origène (185 – 253, le Père de l’exégèse biblique et l’un des Pères de l’Église), considère, dans son ouvrage « De principiis », que ce passage atteste que Lucifer, l’Astre du matin, est tombé dans l’Abîme (les enfers) après avoir voulu être l’égal de Dieu. Cette déchéance lui a valu de devenir Satan, l’Adversaire, l’Accusateur, le Tentateur… donc le Diable.

Tertulien (150 – 220, théologien, écrivain), Saint Cyprien (200  – 258, évêque de Carthage, Père de l’Église), Saint Ambroise (340 – 397, évêque de Milan, l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident) et d’autres encore ont accrédité cette thèse. Ainsi, Lucifer, avant archange céleste, est devenu Satan, le Diable, après sa chute. On peut aussi noter que le Diable n’est entré dans la théologie et donc dans la Genèse que postérieurement aux premiers textes à proprement parler chrétiens (les Évangiles) sur la base de l’interprétation d’un texte hébraïque).

Les théologiens modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la Chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme ; c’est pourquoi je pense comme eux : Lucifer et Satan sont une seule et unique entité. J’explique ce point de vue dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables » que je vous invite à lire.

Bien sûr, d’autres théologiens n’ont vu dans le texte d’Isaïe que la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. Pour ces auteurs, il n’y a aucune référence au Diable dans ces écrits.

Par la suite, l’existence du Diable est clairement attestée par les Évangiles où l’on peut lire de nombreux passages de Jésus chassant le démon devant lui ; d’ailleurs, Jésus est le premier exorciste. Il nous a légué le pouvoir de chasser le démon devant nous, de lui résister et par sa mort sur la Croix, il a vaincu Satan.

Je ne vais pas entrer dans les détails de cette histoire, car je pense que nous la connaissons, même si, aujourd’hui, de nombreux prêtres nient l’existence du Diable. C’est une pure hérésie. Et en faisant cela, ils ne tiennent pas compte des Évangiles qui sont très explicites à ce sujet.

Le Moyen-Âge et le triomphe du Diable

 

La Chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour le ‘Paradis perdu » de John Milton

 

Jusqu’au Moyen-Âge, les chrétiens ont chassé le démon et respectaient les Évangiles. Le Moyen-Âge marque une période très noire de l’histoire de l’Église.

Le diable marque un grand triomphe sur les hommes au Moyen-Âge. C’est à cette époque que son existence est posée par un dogme de la foi catholique et que son existence est érigée au rang de Vérité révélée, ce qui va engendrer une diabolisation de tout. On verra alors le Diable dans tout, il sera partout et les gens seront persécutés au lieu d’être exorcisés ou guidés.

Ce dogme posé affirme que Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable, après sa déchéance. Ce dogme intervient à une période particulièrement obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes, épidémies, guerres, massacres, famines…, catastrophes qui sont d’ailleurs souvent présentées comme l’œuvre du Diable.

C’est à ce moment que la théologie va se diviser en une théodicée, avec l’étude de Dieu d’un côté et l’étude du Diable, la démonologie, de l’autre côté. Ce qui va empirer la situation, puisque l’on ne peut étudier le Diable sans comprendre l’œuvre de Dieu et vice versa.

Au temps des grandes réformes de Luther, au moment où le monde laïque est en pleine crise religieuse, les grandes confessions se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. C’est ainsi que protestants comme catholiques se mettent à surenchérir sur le Diable et à définir de plus en plus nettement le démon comme étant capable d’intervenir à peu près dans tous les actes de l’existence. En faisant cela, ils valorisent les pouvoirs de Satan et notamment la sorcellerie. Et c’est comme cela que nous sommes arrivés à l’époque monstrueuse de la chasse aux sorcières. C’est tout simplement la transcription de fantasme à propos d’une secte démoniaque, de groupes d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne pour vouer un culte à Satan, que l’on appelle le Sabbat afin de faire le plus de mal possible autour d’eux. L’idée même d’exorciser, d’aider son prochain a disparu. Seule l’idée de persécuter celui que l’on croit être un sorcier est vivace.

On peut alors dire que le Diable a triomphé, puisqu’il a réussi déstabiliser l’Église, à la pousser à commettre des actes abjects, inhumains, contraires aux Évangiles. Et cette manie de tout diaboliser a conduit à l’athéisme en masse. Là encore, c’est le Diable qui triomphe, car aujourd’hui, au lieu de le repousser, on ne croit plus en lui et ce faisant, on lui laisse toute la possibilité d’agir à sa guise. Dans ce monde où l’on ne croit plus en rien, nous n’avons plus les armes pour nous défendre contre lui. Pire encore, nous nous complaisons à l’écouter sans le savoir et nous faisons le mal autour de nous.

Satan, le démon aux multiples noms

 

Représentation du dieu Pan

 

Le démon a été représenté de façon précise à partir du XIe siècle. C’est à cette époque que l’on se met à le dessiner sur des fresques et qu’on le représente avec une tête de bouc, sabots, mauvaise odeur, toison velue… Cette image a été inspirée de celle du dieu Pan.

Il faut préciser que les chrétiens n’ont pas l’exclusivité du Diable. En effet, il existe aussi dans les autres religions. Ainsi, il est Mâra qui tenta le Bouddha, Belzébuth (Baal Zebub) chez les Philistins, Ham Shatan chez les Hébreux, Ahriman, le dieu du Mal chez les Perses, Iblis, celui qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

C’est pourquoi l’on peut dire que Satan est le Diable et que ce dernier possède plusieurs noms.

Des traits communs caractérisent tous ces diables. Tous symbolisent ou personnifient le Mal Absolu. Esprit ou ange déchu, opposé à la divinité, le Diable est un être nocturne, de feu, qui règne en Enfer. Il vient sur Terre pour tenter les hommes, pour les éloigner du bien et parfois pour s’emparer de leur corps (la possession démoniaque). D’ailleurs, les termes employés pour qualifier le Diable révèlent clairement ce qu’il personnifie : le Séducteur, le Tentateur, le Menteur, le Malfaisant, le Malin, l’Accusateur, l’Adversaire, l’Ennemi, le Prince des Ténèbres… et enfin, la Bête de l’Apocalypse.

Selon les pays ou les provinces, le Diable est aussi appelé la Bête, le Grand Nègre, le Cavalier noir, Magistelus, l’Homme noir, l’Autre, le Grippi, le Harpi, le Grand Bicquiou, Cornic, l’Homme aux ongles de fer, l’Homme roux, le Gars aux pieds de cheval, le Peû, Chouse, Cheuchevieille, Georgon, Vieux Pôl, Ricouquet, Bigette, le Joli Garçon, Compère Misloret…

L’exorcisme

 

 

La démonologie présente Satan comme le chef des anges rebelles vaincus par les anges fidèles conduits par l’archange Michel, ils ont été chassés du Ciel et condamnés à l’Enfer. Mais, ces anges déchus gardent la capacité de revenir sur Terre afin de nuire à l’homme en les portant au mal par la tentation.

L’exorcisme est le moyen de repousser le Diable, de libérer l’Homme de sa persécution. L’exorcisme est un rite liturgique, des prières qui font appel à sa foi personnelle en Jésus-Christ afin de repousser le démon.

Au XXIe siècle, il n’existe pas de prêtres-exorcistes en Allemagne, car l’épiscopat allemand a décidé de ne pas en nommer. Ainsi, en Allemagne, on ne repousse pas le démon, on préfère une stratégie plus pastorale qui consiste à annoncer Jésus-Christ plutôt que de s’occuper du Diable. Au Portugal, c’est pareil, il n’y a aucun prêtre-exorciste, mais pour des raisons différentes. Je pense qu’il y a eu trop d’abus et que l’épiscopat portugais est frileux à nommer des prêtres-exorcistes.

En France, chaque diocèse a un prêtre-exorciste. Le nombre d’exorciste en France a beaucoup augmenté ces derniers temps afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses. Ces prêtres reçoivent indifféremment des chrétiens, des croyants d’autres religions, des athées… En ce sens, ils respectent les Saintes Écritures qui sont formelles sur ce point : il faut aider son prochain, peu importe sa croyance ou sa nationalité.

Les premiers chrétiens ont beaucoup exorcisé autour d’eux, afin de sauver leur semblable et les païens des griffes du démon. L’exorcisme était un acte de pure charité et tous ceux qui croyaient et invoquaient Jésus-Christ pouvaient exorciser.

Si les premiers papes se sont peu engagés sur cette doctrine, le courant s’est inversé avec Jean III au VIe siècle avec le Concile de Braga qui a condamné ceux qui refusaient de croire aux démons. Plus tard, le Concile de Latran IV (1215) et le Concile de Trente ont seulement confirmé que le démon a entraîné et entraîne l’homme à pécher.

Plus proche de nous, au XXe siècle, Paul VI a défini le Diable comme un être purement spirituel à l’orgueil qui incite l’homme à se vouloir semblable à Dieu, sa pire ruse consistant à faire croire qu’il n’existe pas. Et cela est bien vrai ! Aujourd’hui, on ne croit plus au diable et donc, on ne dispose plus d’outils pour lutter contre lui. Ainsi, il peut agir à sa guise et entraîner l’humanité dans la désolation, avec les guerres, les massacres, les péchés en masse, les personnes qui s’enrichissent, l’argent au centre de tout, la prostitution, la luxure…

La démonologie établit que, dans la Bible, les anges sont les messagers et les ministres de Dieu et que dès leur création, puisqu’ils ont été créés libres, ils eurent le choix entre le bien et le mal. Parmi ces anges, certains choisirent le mal en s’éloignant de Dieu ou en voulant être son égal. Satan, Belzébuth, Asmodée, Bélial… sont des anges déchus, des anges des ténèbres.

Parmi les anges qui restèrent fidèles à Dieu, citons Michel, qui vainquit Lucifer, donc Satan, Raphaël qui protégea le jeune Tobie d’Asmodée et Gabriel qui annonça à Marie qu’elle sera la mère du fils de Dieu.

Les démonologues, en étudiant les récits bibliques, vont établir la preuve que le Diable apparaît dans de nombreux passages.

De nombreux théologiens nient l’existence du démon et interprète Satan comme un mythe ou un symbole du mal en général. À ces messieurs, j’aimerais simplement leur dire de relire l’enseignement du Catéchisme de l’Église Catholique, de relire les Évangiles. D’ailleurs, la première prière chrétienne, le « Notre Père » ne dit-elle pas à la fin « mais délivre-nous du mal » ? Par mal, entendez Satan, le Malin et non le mal en général.

Le pape Paul VI nous dit à propos du Diable :

« Satan est un agent pervers et de perversion… ce n’est pas seulement un démon, mais une terrible pluralité. Donc, Satan est une personne, et même une pluralité de personnes ; il comprend tous les anges qui, ayant refusé d’obéir à Dieu, sont devenus des démons, c’est-à-dire des rebelles et maudits. À l’appui de cette doctrine de l’Église, il est opportun de rechercher dans la Bible quelques passages d’où émerge que l’existence de Satan est clairement révélée dans l’Écriture ; en outre, on peut comprendre que parler du démon signifie parler indirectement du Christ, puisque la Bible affirme que Jésus est le Sauveur venu nous libérer du pouvoir du Malin. Satan est libre, intelligent et doté d’esprit d’initiative.

Chers amis, je terminerai cet article en vous disant que les démons sont tout autour de nous, ils nous tentent sans cesse, ils nous poussent à commettre le mal, à la jalousie, à l’orgueil… Nous sommes libres de l’écouter ou de le refuser. À nous de faire le bon choix, même si, à notre époque, il est plus facile de faire le bien que le mal, même si l’on tire beaucoup plus de bonheur en faisant le bien que le mal. Cela, de nombreuses personnes ne l’ont pas encore compris ; peut-être le comprendront-elles un jour…

 

Marie d’Ange

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Léviathan, le monstre du chaos




Tour à tour monstre du chaos primitif, monstre marin, terrifiant démon, Grand Amiral de l’enfer, grand menteur, poisson immense… Léviathan est l’un des démons qui ont fait couler beaucoup d’encre. Léviathan est aussi l’un des 7 démons des péchés capitaux. Son terrain de chasse : l’envie. Beaucoup de mythes et de légendes gravitent autour de ce démon féroce. Un petit tour d’horizon s’impose.

 

 

Léviathan pour les démonologues

Pour Johannes Wierus (grand démonologue de la Renaissance, défenseur des sorcières et précurseur de la psychiatrie. On lui doit le manuscrit « Pseudomonarchia daemonum » où il dresse une liste hiérarchisée des démons), Léviathan est un Grand Amiral de l’enfer et aussi un grand menteur. Léviathan apprend aux hommes à mentir et à s’imposer en société. Et lorsqu’il possède un homme, il se montre tenace, coriace et est très difficile à exorciser. Léviathan est le démon qui se cache derrière celui qui commet le péché de l’envie.

À l’origine, Léviathan était le dragon céleste qui avale la Lune et le Soleil et qui provoque les éclipses.

Il est cité dans la Bible au Livre de Job

Au Moyen-âge, on représentait Léviathan sous la forme d’une gueule ouverte qui avale les âmes. Ainsi, il personnifiait l’entrée des Enfers. Souvent, on le dessinait sous la forme d’un gigantesque serpent des mers.

Ce démon préside aux déplacements, aux voyages, aux déménagements et à l’instabilité. Il aurait enseigné 70 langues différentes. D’ailleurs, les sorciers l’invoquent pour les apprendre. Léviathan enseigne aussi le mensonge, la duperie et la tromperie.

Lorsqu’il apparaît, il le fait sous la forme d’un immense poisson mesurant plus de 10 km de long ! Entre ses nageoires repose l’axe centre qui supporte la Terre. Il peut aussi prendre la forme d’un énorme serpent ou d’un dragon aquatique crachant du feu.

 

Léviathan chez les chrétiens

La Bible parle de Léviathan comme d’un monstre marin. Le nom même de Léviathan évoque le monstre du chaos primitif des Phéniciens. Il est souvent identifié à la Bête de l’Apocalypse.

Dans le livre de Job, c’est un monstre colossal, un dragon ou un serpent, qui peut provoquer des cataclysmes et anéantir le monde. D’ailleurs, on retrouve cette forme dans la mythologie nordique où Léviathan prend le nom de Ragnarök, fils du dieu Loki, et est un serpent gigantesque.

 

Léviathan chez les juifs

La Torah fait mention d’un poisson immense et monstrueux, capable d’avaler une baleine entière et qui serait destiné au repas du Messie.

Les rabbins l’estiment androgyne, dont la forme mâle serait Samaël et la forme femelle Lilith. Il sera servi, toujours d’après la tradition rabbinique, comme nourriture, avec Béhémot, au banquet des Bienheureux, car l’Éternel a mis de côté cette créature gigantesque pour nourrir les survivants de la fin du monde.

 

La célébrité de Léviathan

Au fil des siècles, le nom de Léviathan a été repris pour désigner quelque chose de colossal et de monstrueux. Par exemple, Thomas Hobbes dans son livre « Léviathan », prend cette bête pour désigner l’État. Il dit que la Démocratie est une association tacite entre citoyens gouvernés par des forces sociales.

Victor Hugo dans « Les Misérables » décrit les égouts de Paris sous le nom de l’intestin de Léviathan.

Julien Green, dans son roman « Léviathan » publié en 1929, représente par Léviathan le « mal » caché dans ces personnages.

Dans « Atlantide », le long-métrage de Disney, Léviathan est le gardien de la cité engloutie. Ce monstre est en fait un gigantesque robot.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Beaucoup d’auteurs se sont inspirés de l’image de ce monstre dans leurs histoires. Mais pas seulement, puisqu’on le retrouve dans les jeux vidéo (Final Fantasy, Tales of Monkey Island, The Legend of Zelda, Gears of War…), où il incarne, le plus souvent, un monstre marin.

Léviathan est aussi le nom d’un album du groupe Mastodon, le nom d’un ex-lutteur de la WWE, le nom d’un gigantesque télescope…

 

Que représente Léviathan ?

À travers son image, Léviathan représente plusieurs symboles :

  • Chez les croyants, il est celui que l’on ne doit pas bousculer. Et si l’on provoque la colère de Dieu, il peut, alors, abattre le chaos sur terre grâce à la force destructrice du Léviathan. Dans cette symbolique où Dieu contrôle la mer et les monstres, la mer est notre inconscient et les monstres sont les forces destructrices qui le remplissent. Et pour les contrôler, il faut l’aide de Dieu.
  • Chez Thomas Hobbes, le Léviathan est un monstre obscur (le gouvernement) qui prétend nous protéger en sacrifiant notre liberté et en nous imposant des lois.
  • Le Léviathan est aussi la bête qui, lorsqu’elle bouge, provoque les vagues, voire les Tsunamis. C’est l’image que l’on donne à quelqu’un de puissant qui a le pouvoir de vie ou de mort, ou du grand chef d’entreprise qui, s’il prend les mauvaises décisions, met au chômage ses employés.

 

Monstre marin évoqué dans la Bible, démon du péché de l’envie, Grand Amiral de l’enfer… Léviathan désigne, de nos jours, un monstre, une force colossale, capable de provoquer un cataclysme, au sens figuré comme au sens propre. C’est lui qui peut engendrer la fin du monde, qui peut bousculer la géographie rien qu’en bougeant. Mais, pour moi, Léviathan est avant tout un démon puissant, qui ne cherche que la destruction.

 

Marie d’Ange

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Belzébuth, le Seigneur des Mouches

Craint et parfois adoré, Belzébuth est un puissant démon, faisant partie des 7 Princes des Enfers et de ce fait, le démon de la Gourmandise, au sens de la gloutonnerie. C’est lui qui tente et qui fait en sorte que l’on ne résiste à rien, quitte à perdre notre âme. Belzébuth est le premier en pouvoir et en crime après Satan. C’est aussi le fondateur de l’Ordre des Mouches et prend donc le titre de Seigneur des Mouches.

 

 

 

Belzébuth dans les écrits

 

 

En latin, Belzébuth, signifie « Seigneur de tout ce qui vole ». Il est aussi connu sous le nom de Baalzebub, Bel, Baalzébuth, Béelzébub, Bael… Il est souvent confondu avec Baal, le Dieu des Philistins et des Phéniciens, nom d’ailleurs qui veut dire  » maître « .

Belzébuth (ou Baalzebuth, ou Baalzeboul ou Belzebut) était une divinité d’Eqrôn qui rendait des oracles. Son nom est cité dans les Évangiles de Saint Luc et Saint Matthieu. Belzébuth est le démon le plus puissant après Satan dont il veut prendre la place, au même titre que Méphistophélès. Il préside à la fondation des sectes diverses, des hérésies, des cultes païens, des mythologies et des polythéismes. Il combat Dieu sur son propre terrain, c’est-à-dire sur le terrain des religions. Il falsifie les dogmes, dénature les rites ainsi que les liturgies et provoque les schismes.

Belzébuth est toujours présent aux messes noires, puisque c’est lui qui les a inspirées. Il propage aussi les épidémies, détruit les récoltes. Enfin, il a une alliance avec Astaroth (démon, grand trésorier et chevalier de l’Ordre des Mouches ».

Belzébuth commande 666 légions infernales. Son pouvoir est tous les crimes enfantés par l’idolâtrie et la gourmandise. Il tente les hommes à en vouloir toujours plus et encore plus, jusqu’à sombrer dans la folie la plus profonde.

Collin de Plancy ajoute que Belzébuth était la divinité adorée des peuples de Chanaan qui le représentaient sous la figure d’une mouche. Le roi Ochozias le consulta pour une maladie qui l’inquiétait et le prophète Élisée le réprimanda. On attribuait à Belzébuth le pouvoir de délivrer les hommes des mouches qui ruinent les moissons.

Beaucoup de démonologues le considèrent comme le souverain du ténébreux empire, comme Milton par exemple. Or il n’en est rien.

Le sorcier Anubis, dans « Le prince de ce monde » nous rappelle que Belzébuth est second en enfer, même si l’on dit qu’il a reversé Satan et a pris sa place. C’est le démonologue Jean Wier qui affirme qu’il y a eu un coup d’État de la Cour infernale qui renversa la vieille Cour de Satan au profit de la nouvelle Cour de Belzébuth. Satan serait donc « dans l’opposition » et serait devenu l’adversaire (décidément, il ne peut y couper ! C’est son étymologie !) d’une hiérarchie nouvelle, ce qui allait, contre toute attente, permettre aux satanistes d’exorciser et désenvoûter en son nom. C’est aussi simple que cela ! On nous fait croire que Belzébuth est devenu le premier dans la hiérarchie infernale afin de l’invoquer pour contrer Satan ! N’y voyez-vous pas une forme de manipulation ?

 

 

Son apparence

 

 

Belzébuth peut se matérialiser sous de nombreuses apparences. Tantôt sous les traits d’un homme ensanglanté, le corps envahi de mouches, tantôt sous les traits d’un homme gigantesque au visage bouffi et aux yeux de braise, avec des cornes de bouc et portant une couronne de fer. Sa peau est alors de couleur noire et couverte de longs poils de la tête aux pieds. Il a des ailes de chauve-souris, des pattes d’oie et une queue de lion. Tantôt, il peut surgir sous une forme animale, celle d’un bœuf par exemple (c’est ainsi qu’il est apparu à Faust), d’un serpent, d’un veau énorme, d’un bouc, d’un léopard… Tantôt, il prend l’apparence d’une belle jeune femme. Tantôt celle d’un dragon rouge à sept têtes et dix cornes, un peu comme la Bête de l’Apocalypse. Enfin, il aime apparaître sous la forme d’une grosse mouche bourdonnante et agaçante.

Lorsqu’il est en colère, ce qui arrive très souvent, il vomit des flammes et hurle comme un loup. Parfois, il est accompagné d’un âne que certains prennent pour Astaroth.

Autant dire que son apparence n’est pas ragoûtante. Pour séduire les hommes, il lui arrive de prendre l’aspect d’un bel homme ou d’une magnifique femme. En effet, il est capable de changer de sexe et d’apparence comme il le désire.

 

 

Belzébuth et Satan

 

 

Belzébuth est le numéro 2 des Enfers. Il est le lieutenant de Satan, l’un des 7 princes des Enfers avec Mammon, Azazel, Asmodée, Belphégor, Dispater et Méphistophélès. Ces démons ne doivent pas être confondus avec les 7 démons des 7 péchés capitaux, même si l’on en retrouve certains.

Il a pour rival Méphistophélès, qui, tout comme lui, veut s’emparer du trône. Satan se méfie de lui, car il est plus discret et plus vil que Méphistophélès et surtout, il est plus puissant.

Mais Satan le garde à ses côtés et garde aussi Méphistophélès, qui est son bras droit, car se battre contre eux serait une guerre sans fin. Le Mal contre le Mal, cela apporterait la destruction du Mal.

Belzébuth n’a qu’un dessein, celui de construire une armée puissante pour appuyer son autorité et être prêt pour le jugement final.

 

La grande puissance de ces démons, c’est avant tout de faire naître le doute. Donc je terminerai cet article par une citation de René Barjavel « Mais si le Diable parle parfois, Dieu se tait toujours. Il faut trouver les réponses seul. »

 

 

Marie d’Ange

 

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La possession démoniaque

La possession démoniaque est connue et racontée depuis la nuit des temps. Dans toutes les religions du monde, on parle d’êtres maléfiques qui tyrannisent des humains et les poussent à commettre des actes contre leur volonté. De nos jours, encore beaucoup de personnes sont envahies ou persécutées par un démon. D’ailleurs, de nombreux médiums et autres charlatans peu scrupuleux n’hésitent pas à se faire de l’argent sur ces pauvres victimes. Est-ce que la possession démoniaque existe réellement ou relève-t-elle simplement de la psychiatrie ?

 

 

Qu’est-ce que la possession démoniaque

 

La possession démoniaque est le phénomène par lequel un démon envahit notre corps et notre esprit afin d’en prendre le contrôle. L’exorcisme est la pratique qui vise à expulser le démon hors du corps de la victime et à la libérer de l’emprise démoniaque. Trois étapes précèdent la possession démoniaque :

L’infestation : le démon se manifeste en créant un phénomène de hantise. C’est ainsi que l’on croie qu’une habitation est hantée, alors que le démon vise une ou plusieurs personnes.

L’obsession : le démon va insuffler des idées démoniaques à sa victime. Ses idées vont tourner à l’obsession. La victime se referme, s’isole de ses proches. Lors de cette phase, le démon peut aussi se matérialiser et brutaliser sa victime.

La vexation : le démon va se manifester de plus en plus et toucher le psychique de sa victime. La victime va entendre des voix, va voir des silhouettes se matérialiser devant elle. Parfois, elle peut entrer en crise, se faire du mal ou faire du mal à ses proches.

La possession démoniaque : c’est le stade ultime. Le démon a pris le contrôle du corps de sa victime.

Les victimes du démon sont nombreuses et la plupart ne le savent même pas. Certains subissent des souffrances physiques qui sont d’ordre démoniaque et qui ne peuvent être soulagées par la médecine. Elles sont au stade de l’infestation, de l’obsession ou de la vexation démoniaque.

Pour posséder un être humain, le démon doit l’affaiblir, c’est-à-dire qu’il doit s’attaquer à lui. La plupart du temps, il se montre à lui, lui fait sévir des sévices, grogne ou parle à côté de lui, tape dans les murs…

Les symptômes de la personne possédée sont :

  • Des phénomènes de Poltergeist, c’est-à-dire que des bruits de coups sont audibles par d’autres personnes.
  • Des phénomènes de télékinésie : des déplacements d’objets.
  • Une glossolalie : la victime est capable de parler une langue étrangère, souvent une langue morte comme le latin, inconnue d’elle.
  • Une psychokinèse : la victime fait preuve d’une force physique anormale.
  • Des phénomènes de voyance : la victime arrive à prédire l’avenir et parvient à révéler des secrets cachés. Attention, Satan ou le démon n’a pas le pouvoir de la connaissance du futur, mais par sa nature angélique, il peut avoir une connaissance conjoncturelle beaucoup plus grande que la nôtre. Le démon peut lire nos émotions et ressentir nos peurs.
  • Des phénomènes de lévitation : la victime arrive à léviter dans les airs ou à grimper aux murs.
  • Et le plus important, la victime ressent une aversion totale envers tous les objets religieux et l’eau bénite. Elle se met à blasphémer et à crier des injures, surtout envers le Christ ou la Vierge Marie.

La personne possédée parle seule et présente des zones d’anesthésies sur le corps, ce qui peut aussi faire penser à un début de lèpre.

Parfois, une victime ne présente aucun de ces symptômes, tout simplement parce que le démon, en grand menteur qu’il est, se cache. Un démon ne veut pas être découvert. Ces symptômes n’apparaissent que lors d’un exorcisme, car l’exorcisme va le forcer à se montrer. Le Rituel joue ainsi un rôle de diagnostic.

C’est pourquoi les possédés ont souvent des comportements normaux. Beaucoup d’entre eux ont une vie normale et continuent de travailler. Ils gèrent les crises plus ou moins bien. Car la possession démoniaque se fait sous forme de crises où la victime entre dans une espèce de transe, se contorsionne, vocifère, hurle… puis se calme et reprend le contrôle de son corps. Après une crise, en général, elle ne se souvient de rien. Eh oui, on est loin de la petite Regan dans le film l’Exorciste de William Friedkin qui vomissait des jets verdâtres ou qui tournait sa tête à 360°.

Ces crises sont très douloureuses. Le démon peut aussi insuffler des idées suicidaires à sa victime ou la pousser au meurtre. Il peut aussi lui faire subir toutes sortes de maux physiques qui ne pourront être soulagés par la médecine. Enfin, il peut détruire tout ce que sa victime construit et lui faire subir des échecs à répétition. Ainsi, la victime est incapable de garder un travail à long terme, est incapable de réussir des examens, est incapable de construire une relation durable, est incapable d’être heureuse.

Le démon isolera sa victime, fera fuir ses proches, l’emportera dans la désolation. Parfois, la victime peut s’adresser à un médecin. Elle sera diagnostiquée schizophrène ou dépressive. Prendra des médicaments, suivra un traitement, sans obtenir ne serait-ce qu’un minime soulagement.

Dans notre monde où l’on ne croit plus en rien, où l’athéisme est enseigné en masse, il est très difficile d’aider et de soulager les victimes de Satan. Les exorcistes les envoient voir un psychiatre ou pire, un sorcier marabout. L’entourage de la victime y voit une folie et est incapable de l’aider. La personne est ainsi seule devant ses souffrances.

 

 

La possession démoniaque et la religion

 

Comme je le disais plus haut, dans toutes les religions et cultures on parle de démons, de présences malfaisantes, d’esprits malins doués de raison, d’entités qui cherchent à tenter les hommes et à les affaiblir. On retrouve des rituels d’exorcisme dans le chamanisme caucasien, dans les rituels africains ou encore dans les pratiques vaudoues. Dans l’Islam, on ne parle pas de démon ou de Satan, mais de djinns qui viennent tourmenter les musulmans. Dans la culture japonaise, on parle de Yasha et chez les hindous on préfère le terme de Souras, Dévas, Asouras, Daityas ou encore Dâvanas.

Dans la religion chrétienne, le terme de démon prend le sens d’ange déchu.

 

 

La possession démoniaque et l’Église

 

Tout d’abord, il faut dire que l’Église affirme l’existence des démons et leur capacité à tourmenter et à posséder les hommes ainsi que des objets. Et cela pour une raison très simple. Satan était un ange puissant qui s’est révolté contre Dieu et qui a été renvoyé du Paradis. Mais il n’a de cesse de se venger de Dieu. Et pour cela, il veut attirer les hommes, la créature préférée de Dieu, dans son monde de désolation et de souffrance. D’ailleurs dans le « Notre-Père », nous notons la phrase : « Dieu, délivre-nous du Mal », le Mal représente Satan, celui qui s’est opposé à lui. Satan hait l’homme et considère la race humaine comme une race bien inférieure à lui qui possède une nature angélique. Habituellement, Dieu ne consent pas à ce qu’un démon prenne possession d’un humain. Mais il arrive que Satan, à force de persévérance et de tentations, arrive à affaiblir l’âme de sa victime et le force ainsi à se détourner de Dieu. Alors, Satan peut le posséder.

La religion catholique distingue quatre formes principales de possession démoniaque :

  • La victime est en état de grâce et consent à la possession. C’est un cas très rare, mais qui a déjà existé. Dieu consent à la présence d’un démon dans le corps d’une victime afin que celle-ci puisse affermir son désir d’aimer Dieu et renoncer au péché. En général, il s’agit d’une personne très pieuse. Au XIXe siècle, le père Surin a été victime de cette forme de possession alors qu’il réalisait un exorcisme. Il arrive, aussi, que le démon s’en prenne avec acharnement à des personnes très pieuses à cause du bien qu’ils répandent autour d’eaux. Cela a été le cas pour le saint curé d’Ars, le Padre Pio ou encore le pape Jean-Paul II. Ces derniers avaient l’habitude de se battre physiquement contre les démons durant des nuits entières.
  • La victime est en état de grâce et ne consent pas à la possession. C’est le cas le plus courant. Le démon va s’attaquer à une personne très pieuse pour atteindre plus facilement Dieu. Cela peut aussi se produire lors de la cérémonie du baptême par négligence ou présomption.
  • La victime n’est pas en état de grâce et ne consent pas à la possession. C’est le cas d’une possession démoniaque sur une victime qui ne croit pas en Dieu et qui s’est enraciné dans le péché. C’est une proie facile pour le démon qui va prendre le contrôle de son âme et le forcer à commettre des actes violents et de graves péchés. En général, la victime sombre dans la schizophrénie ou la dépression et finit par se suicider. C’est une manière pour Satan de recruter des âmes pour parfaire son armée.

La victime n’est pas en état de grâce et consent à la possession. Ici, il s’agit d’un pacte réalisé avec le démon. Le possédé devient son complice et reçoit des dons obscurs. En échange, il répand le mal autour de lui. Toutefois, le démon ne devient pas ami avec celui qui pactise avec lui, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains sorciers. Le démon ne connaît pas l’amitié et n’a que des victimes. Il utilisera le pactisé jusqu’à le faire sombrer dans la folie, car pour lui, la race humaine est une race largement inférieure à sa nature angélique et qu’il méprise par-dessus tout, car est la préférée de Dieu.

Donc, pour l’Église, Satan s’attaque à tout le monde. Tout le monde subit ses tentations.  Les pécheurs et les athées sont des proies faciles pour le démon, car peut facilement posséder une victime qui doute, qui commet des actes atroces et le forcer à continuer dans cette direction.

 

 

L’exorcisme 

 

L’exorcisme est un rituel par lequel une âme possédée sera délivrée au nom du Christ. On reste dans l’Église catholique qui forme des prêtres-exorcismes . Enfin, former est un bien grand mot, puisqu’en fait, l’Église ne fait que nommer des exorcistes et leur donne pour seul conseil de se débrouiller.

Le rituel de l’exorcisme est vieux de plus de 400 ans et a été rédigé par le pape Paul IX. Il a été récemment mis au goût du jour afin d’intégrer les progrès de la médecine et surtout de la psychiatrie. Il s’agit d’un document rédigé en latin qui contient des prières et des formules.

L’exorcisme est une célébration liturgique (c’est d’ailleurs celle-ci que s’inspirent beaucoup de films parlant de possession). Le rituel est très impressionnant. Le prêtre asperge la victime d’eau bénite, présente un crucifix, récite des prières, impose ses mains et dit une formule impérative en s’adressant directement au démon. Il le somme de dire son nom et de quitter le corps de sa victime. En effet, dès que le démon se sera identifié, il deviendra vulnérable. Pour être délivrée du Mal, la personne doit le demander et le vouloir. Les prières de libération récitées par une personne qui n’est pas exorciste (puisque ce terme est réservé aux prêtres) sont aussi très fortes. Ces prières ressemblent beaucoup au Rituel et peuvent être administrées par tous ceux qui croient en Jésus-Christ.

Je rappelle que Jésus-Christ était le premier exorciste. Il a légué ce pouvoir à ses apôtres puis à tous ceux qui croient en lui. Bien sûr, on ne s’improvise pas chasseurs de démons. Il faut être fort et surtout n’avoir aucune faiblesse, car le démon s’en servira. Donc, il est très dangereux d’affronter un démon. C’est pourquoi cette tâche est réservée aux exorcistes.

Avant, les exorcismes étaient pratiqués à tout va, dès qu’une personne présentait quelques symptômes douteux. Mais depuis les progrès de la psychiatrie, le prêtre-exorciste doit être sûr qu’il s’agit d’une personne possédée et non d’une personne relevant de la psychiatrie.

Cependant, le Rituel, qui est une succession de prières et de psaumes, ne peut faire aucun mal à une personne malade. Au contraire, cela peut l’aider à se raccrocher à quelque chose et à demander sa guérison, à y croire et donc à avoir la force de combattre sa maladie. De plus, l’exorcisme joue aussi le rôle de diagnostic. Je m’explique : l’Église, avant d’accepter une demande d’exorcisme, procédera à une enquête. Or, le démon ne se montre que s’il est forcé et l’exorcisme le force à se montrer. Donc, un exorcisme devrait être réalisé devant un doute et lui seul prouvera que la victime est réellement possédée ou si elle relève de la psychiatrie.

 

 

La psychiatrie et la possession

 

Une crise de possession est semblable à une crise d’hystérie au sens de Charcot ou à des phénomènes de spasmophilie, de transe ou encore à des phénomènes de rebirth (méthode de développement personnel qui consiste à modifier la perception de son corps et de ses émotions par des exercices de respiration).

Par exemple, on sait maintenant que la lèpre peut engendrer des zones d’anesthésie sur certaines parties du corps. Avant les malades qui souffraient de lèpre étaient considérés comme possédés.

On trouve les mêmes symptômes qu’une personne possédée chez ceux souffrant de mélancolie, de schizophrénie d’encéphalite, d’intoxication… En effet, ces personnes parlent souvent seules ou changent leur voix ou encore peuvent se contorsionner. Certaines drogues ou la consommation d’alcool peuvent pousser certains sujets à se croire possédés par un démon.

Dans le syndrome de personnalité multiple, le malade peut passer très rapidement d’une personnalité à l’autre. Les personnalités s’opposent, ne parlent pas de la même façon, n’ont pas les mêmes idées, ont des QI différents. Et lorsque l’état du patient devient critique, une personnalité peut le pousser à l’automutilation, à commettre des actes d’agression, à le pousser à la toxicologie ou encore au suicide. De même, la schizophrénie, qui est une maladie mentale dans laquelle le patient perçoit une réalité différente, peut aussi aboutir au sentiment d’être possédé. Le patient est victime d’hallucinations auditives, olfactives ou visuelles et peut se mettre à délirer, à commettre des actes de violence envers les autres et envers lui… Certains malades mentaux développent même une force surhumaine.

C’est pourquoi il est très difficile de dissocier la possession démoniaque d’une maladie mentale. Seul l’exorcisme peut ôter le doute.

 

 

L’exorcisme du pape Jean Paul II

 

Pour montrer que la possession démoniaque est une réalité, voici une histoire qui n’est pas banale.

Cette histoire met en scène le pape Jean Paul II et une pauvre jeune femme de 22 ans. Celui-ci a été raconté par le photographe personnel du pape. En fait, alors que Saint-Père était sur sa papamobile, il entendit les cris d’une jeune fille. Il fit arrêter la voiture et se rapprocha de celle qui hurlait. Cette dernière était maintenue par six hommes tant sa force était incroyable. Elle vociférait, se contorsionnait, hurlait, blasphémait…  Lorsque la jeune fille vit le Saint-Père, elle se mit à hurler de plus belle et le pape se mit à prier. Le visage de la jeune femme n’avait plus rien d’humain. Le Saint-Père s’est approché d’elle, a fait le signe de croix et a prié en latin, ce qui n’a fait qu’augmenter les contorsions et les cris de la jeune femme qui l’injuria dans une langue étrangère.  Mais plus le pape priait, plus elle se calmait. Ses cris devenaient des lamentations. Alors le Saint-Père a apposé ses mains sur sa tête et un grand cri se fit entendre. Puis il la bénit. La jeune femme s’affaissa, devint toute molle puis releva la tête et regarda le Saint-Père. Son visage était redevenu normal. Jean-Paul II la bénit une dernière fois avant de remonter dans sa voiture. La jeune femme était délivrée du Mal. Ce qui frappa le plus la foule, était l’humilité du pape  et sa simplicité.

Que l’on soit croyant ou pas, la possession démoniaque est une réalité. Beaucoup de personnes, et de plus en plus, souffrent d’obsession, de vexation ou de possession démoniaque. Ces personnes ne trouvent plus d’aider auprès de l’Église, ou rarement. Car il existe des prêtres-exorcistes en France, mais ces derniers sont submergés de demandes. Du coup, ces personnes se tournent vers des charlatans, des sorciers… qui vont leur demander de l’argent. Sachez-le, un homme qui se prétend exorciste et qui vous demande de l’argent pour vous délivrer, n’est pas un exorciste. Le monde va mal, le monde est sous la domination de Satan.

 

 

 

Marie d’Ange

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Pazuzu, le démon célèbre

Pazuzu est une divinité infernale très ancienne, devenu célèbre malgré lui à cause du film l’Exorciste sorti dans les années 1970. Par la suite, il a été présent dans les suites de l’Exorciste et dans d’autres œuvres cinématographiques. Ensuite, son image a été utilisée dans des BD, des jeux vidéo et certains artistes n’hésitent pas à lui dédier une chanson ou à le faire apparaître dans des clips. Mais qui est ce démon qui nous a fait tant trembler dans l’Exorciste ?

 

 

La légende

Statuette de Pazuzu, époque néo-assyrienne, Musée du Louvres.

Au début, avant l’existence de l’homme sur la Terre, Pazuzu était un ange. Lors de la révolte menée par Lucifer contre le Paradis, Pazuzu devint l’un de ses 14 principaux lieutenants. Lors de sa défaite, il fut, au même titre que les autres, rejeté du Paradis. Revenu des enfers, il rejoignit les rangs des dieux vénérés par les Sumériens, les Assyriens et les autres peuples de la Mésopotamie antique. Souvent, il se manifestait sous sa forme hybride. Il fut vénéré comme dieu des vents, des tempêtes et des épidémies. Suivant ses humeurs, Pazuzu pouvait apporter la pluie utile aux agriculteurs comme la maladie. Souvent, il s’interposait à la démone Lamashtu pour l’empêcher d’emporter les nouveau-nés.

Ceci est ce que les écrits bibliques nous disent de Pazuzu.

 

Fonction

La tête et les griffes de Pazuzu sur la « Plaque de Lamashtu », Musée du Louvres

Pazuzu est une divinité secondaire de la Mésopotamie du 1er millénaire av. J.-C., fils de Hanpa (ou Hampa ou Hanbu, Roi des mauvais esprits de l’air). Il était considéré comme le Roi des démons du vent. Démon d’origine assyrienne, il habite les montagnes. Il déferle les vents du sud-ouest, apportant sécheresse et famine en saisons sèches et inondations en saisons humides. Il apporte les maladies et propage les épidémies (notamment la Malaria) et les fièvres.

Mais Pazuzu est d’une nature ambivalente. Il peut faire le bien, notamment en chassant la démone Lamashtu, son épouse. En effet, celle-ci, stérile, vole les nouveau-nés et provoque des avortements. Pour s’en protéger, on invoquait Pazuzu grâce à des incantations et des amulettes. Les femmes enceintes se protégeaient de Lamashtu en portant un pendentif du démon. De plus, on invoquait Pazuzu pour se protéger des vents de l’ouest pestilentiels dont on dit qu’il pouvait briser les ailes.

Pazuzu peut donc faire usage de ses pouvoirs d’une manière dévastatrice ou bien avec bienveillance pour libérer les victimes de son épouse. On peut donc le qualifier de « génie » ou de « démon ».

 

Sa description et son aspect

Pazuzu est un être hybride. Il est représenté sur diverses statuettes ou amulettes. Sa tête est grossièrement humaine, avec une bouche canine ou féline faisant ressortir de grandes dents. Ses yeux sont extrêmement globuleux. Son corps est généralement humain, avec un long tronc semblable à celui d’un chien. Il est recouvert d’écailles comme un serpent. Ses mains sont des pattes terminées par des griffes. Ses pieds sont des serres de rapace. Sa queue est une queue de scorpion. Dans ses représentations, son pénis, se terminant par une tête de serpent, est souvent en érection. Il dispose de deux paires d’ailes, ce qui est courant pour les divinités de cette époque. Sa main droite est levée vers le ciel et la main gauche est baissée vers la terre, signifiant la vie et la mort, la création et la destruction. Son aspect est souvent menaçant.

Plusieurs éléments physiques ne sont pas sans rappeler ceux de la divinité protectrice Bès.

 

Les objets le représentant

La statuette de Pazuzu derrière le père Merrin, photographie tirée du film l’Exorciste

Il existe plus de 75 objets datés du 1er millénaire av. J.-C. découverts sur différents sites archéologiques, notamment en Assyrie, à Babylone et en Palestine.

Beaucoup de ces objets sont des amulettes ou des pendentifs qui étaient disposés dans des maisons ou sur le corps des personnes à protéger.

Le plus fameux des objets est une statuette assyrienne en bronze de 15 cm de haut. Cette statuette est exposée au Musée du Louvre. Elle date du VIIIe – VIIe siècle av. J.-C.. Le démon est représenté en entier. Il y a une inscription où il est noté : «  Je suis Pazuzu, fils de Hanpa, le Roi des mauvais esprits de l’air qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c’est moi ! » On voit d’ailleurs cette statuette dans le film l’Exorciste, au moment de l’exorcisme de Regan, pratiquement à la fin du film ou au début lorsque le père Merrin voit se battre les deux chiens.

Une plaque de bronze, exposée elle aussi au Louvre, montre Pazuzu et Lamashtu dans une scène d’exorcisme. Le démon apparaît menaçant et chasse la démone pour la ramener aux enfers.

Enfin, il  a été retrouvé plusieurs textes exorcisto-médicinaux (il faut dire qu’à cette époque, le surnaturel et l’exorcisme ne se distinguaient pas de la médecine). Dans ces textes, il est expliqué comment se débarrasser d’une maladie à l’aide de Pazuzu.

 

Pazuzu dans l’Exorcisme et ses suites

Apparition du démon Pazuzu dans le film l’Exorciste.

Le film L’Exorcisme a rendu le démon célèbre aux États-Unis, en Europe et ailleurs. Connaissant les fonctions de Pazuzu et sa nature ambivalente, beaucoup diront que le scénariste commet un véritable contresens. Que, dans le film, la personnalité du démon est revisitée et sa nature originelle n’est pas évoquée. Seul son aspect terrifiant est utilisé pour faire ressortir l’intrigue. Et pour nous effrayer bien sûr !

Personnellement, je ne suis pas tout à fait d’accord avec ces critiques. Il est vrai que le scénario ne mentionne à aucun moment la vraie nature du démon. Mais si l’on regarde de plus près, Pazuzu prend possession de Regan et ensuite du Père Karras par vengeance. Ici Pazuzu n’est que colère.

Dans le premier film, il veut se venger du Père Merrin et cela on le comprend plus tard. L’explication viendra quelques années après, avec le film « L’exorcisme : Le Commencement ». Ici, le Père Merrin est un jeune prêtre qui cherche sa foi. Au même moment, des archéologues découvrent une Église souterraine. Les fouilles réalisées vont libérer le démon en sommeil. Celui-ci va répandre la maladie et va rendre les gens fous en les incitant à se battre entre eux. Le Père Merrin sera contraint de le combattre. Il exorcise la jeune médecin possédée par Pazuzu. Depuis, le démon ne cherchera qu’à se venger. C’est pour cela qu’il possède la jeune Regan, même si sa nature n’est pas de posséder un être humain. Il veut un autre combat.

D’ailleurs, quelques scènes du film font référence au combat du prêtre et du démon. Lorsque le Père Merrin arrive dans la maison pour commencer l’exorcisme, un gros plan nous montre les yeux du démon. On comprend qu’il attend ce combat.

Le 2e volet de la saga, « L’exorcisme : l’hérétique », le réalisateur a voulu mettre en avant la vraie personnalité du démon. Puisqu’il est réputé répandre la Malaria, le démon est transformé en sauterelles. C’est un peu tordu, puisque normalement, la maladie se propage à cause des moustiques. Moustiques-sauterelles, le pas est vite sauté non ?

Dans le 3e volet, Pazuzu est dans le corps de père Karras. Il n’a qu’un dessein : celui de se venger de ce prêtre qui l’a enfermé dans un corps à moitié mort. Et il se vengera.

Donc dire que le scénario ne tient pas compte de la réelle personnalité de Pazuzu est faux. Il ne faut pas oublier que Pazuzu est un démon. Comme tout démon, c’est un être malin. Humilié par ses défaites, il devient un esprit démoniaque vengeur.

 

Pazuzu au cinéma

Outre  la saga « L’Exorciste », Pazuzu apparaît dans d’autres films :

  • « Ma vie est un enfer » (1991) de Josiane Balasko. C’est Luis Rego qui joue le rôle de Pazuzu.
  • La statuette de Pazuzu apparaît plusieurs fois dans le film « Wishmaster » (1997) réalisé par Robert Kurtzman.
  • La même statuette apparaît aussi dans le film « Legend » (1985) de Ridley Scott.

 

Pazuzu en dessin animé

  • Futurama : le démon apparaît sous la forme d’une gargouille dans l’épisode 9 saison 4 intitulé « Un sacré coup de jeune ».
  • Dans la série « Neighbors from Hell », Pazuzu est le démon familier de la famille Hellmans. Dans ce dessin animé, il peut prendre possession des humains.

 

Pazuzu en BD

Pazuzu apparaît dans beaucoup de BD. Je n’en citerai que deux.

  • Dans les comics Marvel, le démon fait quelques apparitions.
  • Il apparaît dans le « Démon de la tour Eiffel ».

 

Pazuzu dans les jeux vidéo

Là encore, le démon est un personnage de nombreux jeux vidéo. La liste est longue. Je ne donnerai que les plus connus.

  • Pazuzu apparaît sous la forme d’une statuette dans le jeu « Louvre : L’Ultime Malédiction ». Dans ce jeu, il est une des quatre clavicules de Satan, artéfacts censés provoquer l’Apocalypse sur la Terre.
  • Est présent dans Shin Megami Tensei : Devil Survivor.
  • Est le boss du jeu Mystic Ouest Legend. C’est l’aigle que l’on rencontre dans la tour Pazuzu. Son pouvoir est le Crystal Vent qui déclenche  des rafales dévastatrices.

 

Pazuzu en musique

Les Converses du groupe Gorillaz
  • Le groupe Gorillaz chante les louanges du démon et le fait même apparaître dans certains de leurs clips, comme dans le titre « Rock it ». Pazuzu est sur la pochette de la compilation du groupe « D-sides » ainsi que sur un modèle de la collection Gorillaz des Converses Chuck Taylo All Star.
  • Le groupe Behemoth a nommé une chanson Pazuzu, titre qui est dans l’album « The Apostasy ».

 

Donc Pazuzu est un démon désormais célèbre. Et cette célébrité est très dangereuses. Car, le dessiner, le chanter, le faire jouer dans un film, cela ne fait que l’appeler ! Et l’appeler, c’est le louer. Le louer, c’est être sa victime. D’autant plus qu’à cause de cette célébrité, il existe des statuettes de Pazuzu en vente partout dans le monde que les fans de « L’Exorciste » s’arrache. Et avoir une représentation d’un démon chez soi, c’est lui appartenir.

 

 

Marie d’Ange