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Anarazel, démon gardien des trésors souterrains

Ce démon est chargé, avec Gaziel et Fécor, de la garde des trésors souterrains qu’ils transportent d’un lieu à l’autre afin que les hommes ne les trouvent pas.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la Pseudomonarchia daemonum de Jean Wier. De même, il n’apparaît pas dans la liste des 72 démons décrits par le Lemegeton.



 

 

Collin de Plancy dans son « Dictionnaire Infernal » nous dit que ce démon, avec ses compagnons Gaziel et Fécor, ébranle les fondements des maisons, excite les tempêtes, sonne les cloques à minuit, fait paraître les spectres pour effrayer et inspirer la frayeur chez leurs victimes.

Ce démon est issu de la mythologie scandinave. D’après le mythe, Anaraziel a pour compagnon Fégor et Gaziel. Parfois, tous trois se lancent dans des danses endiablées, ce qui ébranle les maisons, déchaîne les ouragans et fait naître la terreur des hommes qui ne savent pas d’où provient le son des cloches et des cymbales dont les trois démons accompagnent leur petite fête.

Les trois compagnons de l’enfer n’ont pas de demeure fixe, car ils sont obligés de se déplacer souvent afin de transporter les trésors d’un endroit à un autre. Ils sont voués au célibat éternel afin qu’ils ne faillissent pas à leur mission. Le commerce des femmes leur est interdit.

Pour les sorciers, Anarazel est un démon intermédiaire énergétiseur. Le sorcier l’invoque pour protéger ses biens. Ce démon se conjure toujours avec ses deux compagnons. Certains sorciers les utilisent comme démons familiers.

Et comme je le dis souvent, il est très dangereux d’invoquer un démon. Il y a toujours un retour maléfique.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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La poupée hantée Mandy

Mandy ressemble à une poupée de porcelaine ordinaire. Il n’en est rien. Mandy a quelque chose en plus des autres poupées, quelque chose de surnaturel en elle qui la distingue des autres. Mandy est mignonne, mais dangereuse, comme l’affirme la pancarte du musée où elle est exposée : « si Mandy ressemble à une poupée ordinaire, elle est beaucoup plus que cela ». Découvrons l’histoire de Mandy, la poupée réputée hantée.




 

Mandy une poupée hantée

 

Mandy, la poupée hantée

 

Mandy est une poupée qui a été fabriquée dans une usine allemande entre 1910 et 1920. C’est une très jolie poupée de chiffon et de porcelaine, comme cela se faisait à l’époque. On ne sait pas qui a acheté la poupée à sa sortie d’usine. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle est réapparue en 1991 dans la province canadienne de Colombie-Britannique. En effet, cette année-là, sa propriétaire entre au musée Quesnel, et jette sur le bureau de la conservatrice du musée une poupée datant du début du XXe siècle, en disant qu’elle n’en voulait plus et repart sans donner plus d’explications. C’était la poupée Mandy. Le personnel du musée décide alors de la conserver et de l’exposer au public. En effet, la poupée est assez bien conservée. Son visage fait en porcelaine est fendu, ses vêtements sont sales, le tissu qui compose son corps est déchiré, mais Mandy reste jolie et surtout, elle semble inoffensive.

La femme qui a confié la poupée Mandy au musée Quesnel s’appelle Mereanda. Elle tenait la poupée de sa grand-mère. Lorsqu’elle est entrée au musée, elle semblait pressée de s’en débarrasser. Elle éprouvait même une aversion profonde pour cette poupée d’apparence inoffensive. Malgré le comportement étrange de la propriétaire, Ruth Stubbs, la conservatrice du musée, décide de garder Mandy.

 

 

Mandy au musée

 

 

Avant d’exposer la poupée au public, Ruth Stubbs doit s’assurer qu’elle n’est pas contagieuse ou porteuse d’une maladie. Suivant le protocole en vigueur, elle recouvre Mandy d’une bâche en plastique, la met dans une salle de travail. La poupée doit rester 48 heures dans cette bâche avant d’être analysée.

Dès l’arrivée de Mandy au musée, les employés et les visiteurs se sont sentis mal à l’aise en passant à côté d’elle. Certains furent même terrifiés en la regardant. Peut-être savaient-ils déjà que la poupée était hantée…

48 heures passent, Mandy est enlevée de sa bâche et analysée. Elle ne présente aucun danger. Ruth Stubbs décide alors de la placer sur une table, en face de la porte d’entrée du musée. En effet, Mandy n’a pas encore sa vitrine et en la plaçant ainsi, les visiteurs pourront la contempler dès leur arrivée. D’ailleurs, certains, dès les premiers jours, ont affirmé avoir vu la poupée cligner des yeux. D’autres ont affirmé que la poupée les avait suivis du regard.

 

 

Une poupée qui n’aime pas les photographies

 

Mandy à son arrivée au musée

 

Quelques jours plus tard, Ruth Stubbs invita un journaliste afin de photographier la nouvelle venue au musée, Mandy. Ce dernier arriva accompagné de sa petite amie et se met au travail. Mais la séance n’a pas été de tout repos. En effet, plusieurs incidents bizarres sont survenus alors que le journaliste tentait de photographier la poupée : lui et sa petite-amie ont été pris d’un malaise, la poupée aurait détourné la tête de l’objectif.

Tant bien que mal, le journaliste parvient à prendre quelques clichés. Mais au moment du développement, il remarque que les photos sont floues. En 20 ans de carrière, jamais ce genre de chose ne lui était arrivé ! Il souffle, part prendre un verre et lorsqu’il revient, il règne dans son laboratoire un désordre extrême, comme si un enfant s’était amusé, avait fait un caprice et avait renversé tous les stylos et crayons parterre. Est-ce la manifestation d’un Poltergeist ? En tout cas, cela n’a jamais pu être expliqué rationnellement.

Au musée Quesnel, les choses étranges se multiplient autour de la poupée Mandy. Le gardien du musée a rapporté avoir entendu des bruits étranges, comme des pas dans la pièce où se trouvait Mandy. Il a vérifié toutes les pièces du musée. Il n’y avait personne.

Des employés ont remarqué que depuis l’arrivée de Mandy au musée Quesnel, des repas disparaissaient mystérieusement du réfrigérateur et que ces repas étaient retrouvés dans des tiroirs ou des armoires.

Un employé a affirmé qu’une fois, alors qu’il dépoussiérait la table sur laquelle était posée Mandy et qu’il tenait la poupée dans une main, il l’a fait tomber. Lorsqu’il l’a ramassée, du sang coulait de la tête de Mandy.

Ruth Stubbs ne croit pas aux fantômes. Pourtant, devant les nombreux témoignages de phénomènes bizarres, elle décide de contacter un collègue conservateur à la retraite connu pour avoir un don de médium. Ce qu’il va révéler est très étonnant.

 

 

Les révélations de Mereanda

Aussitôt arrivé, le médium perçoit des ondes émanant de la poupée. Il la prend dans ses mains et sent des frissons glacés lui parcourir tout le corps. Alors, il recommande à Ruth Stubbs de prendre contact avec l’ancienne propriétaire de la poupée afin d’obtenir des informations sur Mandy.

Sans plus attendre, Ruth prend contact avec Mereanda et cette dernière lui fait d’étonnantes révélations. Elle confie qu’un jour, alors que Mandy se trouvait à la cave, il se produisait toujours d’étranges phénomènes à cet endroit. Il arrivait souvent que la nuit, Mereanda entende les pleurs d’un nouveau-né provenant du sous-sol et lorsqu’elle y descendait, elle ne trouvait jamais aucun enfant, mais les fenêtres de la cave étaient grandes ouvertes et il y avait une brise bizarre qui faisait flotter les rideaux. Depuis qu’elle a amené Mandy au musée, la maison est redevenue calme et il n’y a plus eu de phénomènes bizarres ni de pleurs d’enfant.

Ruth ne sait quoi penser de cette histoire. Elle ne veut pas se séparer de Mandy et pourtant, elle sent que quelque chose cloche avec cette poupée. Elle décide de la conserver dans une grande vitrine de verre, pensant ainsi l’isoler et l’empêcher de se manifester. Mais la poupée n’a pas apprécié être déplacée et le fait comprendre. En effet, dès le lendemain, un employé retrouve du papier déchiré dans sa boîte de verre. Et c’est après cet évènement que l’on considéra Mandy comme une poupée hantée.

On commence même à dresser son portrait. On pense qu’elle est hantée par l’âme d’une petite fille qui semble chercher de l’attention. On sait qu’elle aime beaucoup jouer avec les appareils électriques en les déréglant.

Un visiteur a rapporté, alors qu’il était en train de filmer la poupée, que la caméra s’est éteinte sans raison à plusieurs reprises. Il a cru que son appareil avait un problème. Mais, lorsqu’il filmait dans les autres pièces, la caméra fonctionnait normalement. C’était juste dans la pièce où se trouvait Mandy que la caméra faisait des siennes.

D’autres visiteurs rapportèrent avoir ressenti une sensation de profonde tristesse lorsqu’il se trouvait devant la cage en verre de Mandy, ou avoir observé un changement de posture de la poupée.

Pensant qu’elle se sentait seule dans sa vitrine, les employés lui ont offert une peluche, un petit mouton, afin de lui tenir compagnie. Le lendemain, ils retrouvèrent le jouet au pied de la vitrine alors que cette dernière était fermée.

 

Mandy avec son petit mouton en peluche

 

Malgré ces manifestations étranges qui peuvent faire peur, Mandy n’a jamais fait de mal à quelqu’un.

Des enquêteurs du paranormal se sont penchés sur son cas et pensent que Mandy est possédée par l’âme d’un innocent enfant. Peut-être même que la poupée appartenait à cet enfant et qu’au moment de sa mort, il a préféré s’y réfugier plutôt que de rejoindre la lumière. D’ailleurs, il existe une légende racontant l’histoire d’une petite fille qui se serait retrouvée enfermée dans une cave avec sa poupée. La fille serait morte et son esprit se serait retrouvé piégé à l’intérieur de la poupée pour une raison indéterminée. Des années plus tard, on entendit des sanglots émanant de ce sous-sol et lorsque l’on découvrit Mandy, elle pleurait des larmes de sang.

 

 

Encore aujourd’hui, la poupée Mandy continue à faire parler d’elle et à attirer de nombreux visiteurs au musée Quesnel, des curieux qui veulent assister à un phénomène étrange. Beaucoup ne verront rien et repartiront déçus de leur visite ; une poignée de personne continue d’affirmer avoir assisté à un phénomène étrange. La question que l’on doit se poser est la suivante : est-ce que la poupée est hantée ou est-ce un phénomène d’imagination collective ?

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Anamelech, l’oiseau de mauvais augure

Anamelech ou Anamalech est un démon obscur adoré des Assyriens. Il est le porteur des mauvaises nouvelles.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la Pseudomonarchia daemonum de Jean Wier. De même, il n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du Lemegeton.

Collin de Plancy dans le Dictionnaire Infernal nous dit que ce démon était adoré à Sepharvaïm, ville des Assyriens. Il est ce qu’on appelle « l’oiseau de mauvais augure ».




 

Lorsqu’il apparaît, il prend la forme d’une caille. Ce démon n’apparaît que pour annoncer les mauvaises nouvelles.

Son nom signifie, dans la langue assyrienne, le bon roi. Les Assyriens l’associaient à la lune et Adramelech au soleil. On le priait pour la conservation des troupeaux. Les habitants de Sepharvaïm brûlaient leurs enfants comme offrandes à Anamelech et à son homologue Adramélech, croyant que les deux divinités étaient responsables de leur santé et de celle de leur bétail.

Anamelech est aussi le démon impliqué dans la folie meurtrière qui a gagné Caïn contre son frère Abel. Il a été chargé par Satan de recruter l’âme de Caïn. Pour accomplir sa mission, Anamelech a envoyé à Caïn une vision dans laquelle il voit ses enfants souffrir dans la pauvreté et la famine, tandis que ceux de son frère Abel vivent dans l’opulence. Puis, ses enfants deviennent les esclaves des enfants de son frère. Caïn, déjà touché par la marque démoniaque, est ainsi poussé plus loin dans la rage et la dépravation de cette vision. Il entreprend d’agresser Abel et de le tuer.

Cependant, Anamelech n’a pas réussi à capturer l’âme de Caïn et à la livrer à Satan, ce qui a fortement déplu au roi de l’enfer. En effet, Caïn, puni par Dieu, est envoyé seul dans le monde où il se répand. En guise de punition, Satan a torturé Anamelech en le jetant dans un feu de lac et en le faisant brûler pendant sept jours sans interruption.

Une autre légende raconte que Anamelech aurait murmuré des secrets à des enfants dans leur sommeil et ces secrets parlaient de Satan qui avait pour dessein de corrompre leurs jeunes vies dans un avenir proche. Comme Anamelech a trahi Satan en dévoilant ses projets, ce dernier l’a puni en le jetant dans un feu de lac.

Enfin, Anamelech est considéré par de nombreux démonologues comme « l’oiseau de mauvais augure » qui apparaît pour annoncer une mauvaise nouvelle. Souvent, cette mauvaise nouvelle concerne la mort.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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François Palau, l’exorciste fondateur

À une époque où l’on ne croit plus à Satan, où les exorcistes disparaissent et les démoniaques envoyés auprès des psychiatres, un seul homme combattit cette absurdité en sauvant de nombreux malheureux des asiles psychiatriques. Cet homme, c’est François Palau, le fondateur de l’ordre des Frères du Carmel.

 




 

Biographie

François Palau né le 29 décembre 1811 à Aytona, Espagne. Septième enfant d’une famille modeste de neuf enfants, il reçoit le baptême le jour même de sa naissance.

Dès les études primaires, on le remarque pour son esprit vif et brillant. Son instituteur appuie son entrée au séminaire qu’il intègre à l’été 1828 à l’âge de 17 ans. Là, il suit des études de théologie et de philosophie pendant trois ans. En 1832, il quitte le séminaire en refusant une bourse d’études et entre chez les Carmes déchaux à Barcelone où il commence son noviciat le 14 novembre 1832. Ainsi, il prend le nom de François de Jésus-Marie-Joseph. Il est ordonné diacre le 22 février 1834. En 1836, il est ordonné prêtre et s’exile pendant de nombreuses années en France puis aux Baléares où il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra. Là, il peut donner libre cours à sa vocation carmélitaine en menant une vie de solitude et de contemplation. De retour en Catalogne, il prêche des missions populaires et mène une activité journalistique et littéraire.

Écrivain, journaliste, prédicateur, ermite, il fonde les Carmélites missionnaires et les Carmélites missionnaires thérésiennes inspirées de sainte Thérèse et de saint Jean d’Avila.

François Palau s’est toujours distingué par son amour mystique de l’Église.

Au début de l’année 1872, alors qu’il se dévoue auprès des malades atteints de typhus, il est terrassé par une congestion pulmonaire le 20 mars 1872 à Tarragone. Il sera béatifié par Jean-Paul II le 24 avril 1988 et sa fête liturgique est le 7 novembre, mais localement, il est fêté le 20 mars.

 

 

Les exils

Le 25 juillet 1835, des émeutes violentes éclatent à Barcelone. Le couvent où réside François Palau est assailli par une foule révolutionnaire anticléricale. François, ainsi que d’autres frères, réussit à fuir. Malgré ce climat de persécution, François Palau est ordonné prêtre le 2 avril 1836 et, après une brève période de missionnaire apostolique dans les diocèses catalans, il s’exile en France en 1840 dans le diocèse de Perpignan puis à Montauban. Durant ces années en France, le père Palau mène une vie d’oraison, de solitude et de pénitence. Il fait la rencontre de Juana Gracias qui deviendra sa principale collaboratrice dans la fondation de ses instituts carmélites.

Puis, en 1851, il décide de retourner en Espagne où il s’installe dans le diocèse de Barcelone. Là, il fonde l’École de la Vertu, qui est une catéchèse pour adultes donnée chaque dimanche. Mais cette école sera accusée d’être impliquée dans des grèves ouvrières, elle sera supprimée par les autorités militaires en mars 1854. Le père Palau est alors condamné à l’exil sur l’île d’Ibiza où il demeurera en résidence obligatoire jusqu’en 1860. Durant ces années, il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra et en profite pour écrire et prier.

Libéré en juillet 1860 par la reine Isabelle II qui l’innocente, il va alors déborder d’activités : prédications dans les grandes villes telles que Barcelone, Madrid, Palma…, missions populaires en Catalogne et aux Baléares. Et au milieu de toutes ces activités, il prend toujours du temps pour se retirer de temps en temps dans la grotte d’El Vedra pour prier.

 

 

François Palau l’exorciste

Nous savons qu’il y a plus de trois cents ans de cela, tous les diocèses catholiques avaient de nombreux exorcistes, des combattants de première ligne. Ils repoussaient le démon, délivraient les possédés… Puis, il y eut la réaction à la folie de la « chasse aux sorcières », l’influence du rationalisme, de l’illuminisme, du matérialisme athée, et les exorcistes disparurent presque complètement. Les démoniaques furent confiés à la médecine et à la psychiatrie, que l’on sait impuissantes face à des maux d’origine démoniaque.

Le père François Palau avait conscience de cette carence, il voyait bon nombre de démoniaques enfermés dans une extrême souffrance dans un asile psychiatrique, étiquetés fous, condamnés à être enfermés toute leur vie. Il essaya alors de trouver un remède. Et après sa libération par la reine Isabelle II, il se mit à recueillir toutes les personnes considérées comme folles dans une maison qu’on lui avait donnée. Là, il les exorcisait toutes, sans distinction, même si en réalité, il avait acquis une intuition spéciale, un charisme, pour comprendre la nature du mal qui rongeait ces personnes. Les possédés guérissaient et reprenaient une vie normale, les fous restaient tels quels, et il les envoyait auprès d’un médecin.

Le père Palau croyait fermement à l’influence maléfique du démon. Et son activité d’exorciste lui vaudra beaucoup de critiques et d’accusations, et cela même s’il a sauvé de nombreuses personnes qui purent retourner à une vie normale. Il développera ses positions dans son journal « El Ermitanon » et se rendra à Rome à deux reprises, notamment à l’époque du Concile Vatican I afin de présenter au pape ses positions sur l’exorcisme. Malgré cela, son activité est toujours jugée comme hasardeuse et François Palau est toujours critiqué. 

 

 

Le journaliste et le fondateur

Le père François Palau a écrit divers articles dans le journal « El Ancora » de Barcelone dans lesquels il décrit ses activités au sein de l’« École de la Vertu ». En 1868, il fonde « El Ermitano », un journal périodique dans lequel il traite de l’Église, de la liberté d’expression et de l’exorcisme. Ce journal fut édité de novembre 1868 à juin 1873.

Durant sa vie, François Palau fut, en plus d’être un grand exorciste, un fondateur. En effet, en 1860, il fonde la « Congrégation des Frères de la Charité », qui s’éteindra durant la guerre civile espagnole. Il a aussi fondé la « Congrégation des Carmélites Tertiaires de l’Ordre du Carmel » en 1861, congrégation qui se développera en deux instituts : les « Carmélites Missionnaires » et les « Carmélites Missionnaires Thérésiennes » qui ont pour vocation d’aider, de servir, d’assister les pauvres, les malades, les personnes qui souffrent mentalement, les enfants, les jeunes, les vieillards, les familles. Ces deux instituts existent encore de nos jours.

Une association destinée aux fidèles laïcs a été fondée en 1987, en lien avec le Carmel, du nom de « Carmel Missionnaire séculier » afin de vivre selon la spiritualité de François Palau. Aujourd’hui, elle compte environ 500 membres et est présente dans 12 pays.

 

 

François Palau croyait en l’existence du démon, croyait en son pouvoir d’agir sur les hommes, de les tenter, de les posséder. Il a été un grand exorciste, a délivré beaucoup de personnes, et pourtant, on se refusait de voir à l’évidence. Même devant l’évidence d’une guérison, les scientifiques et les athées l’ont critiqué. François Palau en a beaucoup souffert, mais il a continué sa mission jusqu’à sa mort, sans jamais baisser les bras.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Amon, la divinité suprême des Égyptiens

 

Amon ou Aamon est un grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a sous ses ordres 40 légions infernales.

Jean Wier place ce démon à la 5e position de sa liste des 69 démons que comprend la « Pseudomonarchia daemonum ». Le « Lemegeton et de la Goétie » le place en 7e position de sa liste comportant 72 démons.




 

Collin de Plancy nous en donne une description plus précise : « grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a la figure d’un loup, avec une queue de serpent ; il vomit de la flamme ; lorsqu’il prend la forme humaine, il n’a de l’homme que le corps ; sa tête ressemble à celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents canines très effilées. C’est le plus solide des princes des démons. Il sait le passé, l’avenir, et réconcilie, quand il le veut, les amis brouillés. Il commande à quarante légions. Les Égyptiens voyaient dans Amon ou Amoun leur Dieu suprême ; ils le représentaient avec la peau bleue, sous une forme un peu humaine. »

D’après cette définition, Amon serait donc un puissant démon capable de faire le bien de temps en temps, puisqu’il peut réconcilier les amis. C’est quelque peu paradoxal, et s’il le fait, c’est qu’il a forcément à y gagner, car rien n’est gratuit pour un démon. Un démon ne connaît pas la compassion et encore moins l’amitié.

Collin de Plancy nous dit aussi que Amon est une ancienne divinité égyptienne.

 

Amon, divinité égyptienne

 

En effet, Amon est une divinité égyptienne démonisée qui était à l’origine le dieu de Thèbes. Plus tard, il fut identifié à Rê et nommé Amon-Rê.

 

Amon-Rê

 

Le nom Amon signifie « caché », car personne ne pouvait le voir. Selon d’anciennes croyances, Amon s’est créé lui-même à partir du Chaos primordial. Mais d’après la mythologie thébaine, Amon aurait été créé par Thot avec sa parèdre Amomet. L’épouse d’Amon était Mout, « la Mère » qui semble avoir été l’équivalent égyptien de l’archétype de la « Grand-mère » que l’on retrouve dans de très nombreuses mythologies. Amon et Mout ont eu un enfant, le dieu de lune, Khonsou.

 

 

Les Égyptiens attribuaient à Amon le disque, l’image du soleil, les cornes et le fléau. Ils le représentaient tantôt avec une tête de bélier, tantôt avec un visage humain, portant parfois des cornes de bélier. En général, Amon portait sur la tête une tiare de plumes ornée parfois du disque solaire. Ses animaux sacrés étaient l’oie et le bélier, d’où les plumes, la tête de bélier ou les cornes de bélier.

Jusqu’au Moyen Empire, Amon était le dieu local de Thèbes, dieu des vents et des bateliers. C’est d’ailleurs pour cela qu’on le représentait avec une couleur de peau bleue. Mais quand les Thébains eurent conquis toute l’Égypte, Amon devint une déité universelle et sous la XVIIIe Dynastie, fut même considéré comme le roi des dieux.

À partir de la XIXe Dynastie, Amon devint la représentation invisible du créateur, la source de toute vie dans le ciel, sur terre, et dans l’au-delà. En gros, il devint Dieu, le Créateur de toutes choses ! Et l’on commença à l’appeler Rê et à l’associer à Min pour devenir le dieu fécond et créateur.

Sous la XIIe Dynastie, on lui construisit un temple immense à Karnak. On peut encore y voir ses ruines colossales. Ce temple est la plus grande structure religieuse jamais construite par l’homme. D’autres temples furent érigés en son honneur. Certains furent détruits, d’autres sont à l’état de ruine, d’autres encore ont disparu.

Maintenant que l’on sait que Amon était une ancienne divinité égyptienne vénérée en tant que dieu créateur de tout, on comprend que Amon soit vraiment un puissant démon qui aime qu’on lui voue un culte.

Les sorciers Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le prince de ce Monde » nous disent que Amon, ou Aamon ou Hamon est un marquis très sévère, commandant 40 légions infernales, mais qu’il est lui-même soumis à Satanachia (grand général des Enfers, ministre des Armées. Il commande la grande Légion des Esprits). Les sorciers invoquent ce démon pour révéler l’avenir et le passé, ainsi que pour réconcilier des amis brouillés. En ce sens, ils sont d’accord avec Collin de Plancy. Mais, Nahema-Nephthys et Anubis ajoutent que même si Amon peut réconcilier des amis, autant il peut provoquer des querelles. De plus, ce démon pousse à la paresse, à la négligence, principalement dans le domaine des études. Lorsqu’il apparaît, il se montre sous la forme d’un loup à queue de serpent et vomit des flammes. Parfois, il peut apparaître sous les traits d’un homme à dents de chien ou à tête de hibou. C’est un démon dangereux et le mage qui l’invoque doit se méfier de lui. Bien sûr, et je ne cesse de le répéter, il est dangereux, voire mortel, d’invoquer un démon.

 

 

Marie d’Ange

 

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Rivière-La-Guerre, un hameau hanté

Rivière-La Guerre était un petit village situé sur la municipalité régionale du comté Haut-Saint-Laurent, à Montérégie, Québec. Un hameau fondé durant les années 1820 qui ne vécut qu’une trentaine d’années avant d’être abandonné par ses habitants à la fin des années 1850 à cause des inondations causées par la construction du canal de Beauharnois. Aujourd’hui, il ne reste que les ruines de l’église, du cimetière, du presbytère et du manoir de Rosenbank qui est toujours habité. Mais dans ce hameau déserté, on y trouve aussi des entités. Bienvenus, chers lecteurs, au village hanté de Rivière-La Guerre.




 

Un peu d’histoire

 

Le presbytère

 

Rivière-La Guerre se situe dans l’est du Canada, au Québec, à Montérégie. Fondé dans les années 1820, il a abrité 82 habitants en 1830 répartis de part et d’autre de la rivière La Guerre. Au total, 16 familles y ont habité. C’est au milieu des années 1820 que viennent s’installer les premiers colons écossais du village de Godmanchester, mieux connu sous le nom de Rivière-La Guerre. Une école fut construite et active de 1829 à 1846, ainsi que plusieurs magasins, dont un cordonnier. Il ne reste plus rien de ces bâtiments aujourd’hui.

En 1847, le village est découpé en 144 lots et en rues. Une douzaine de ces lots appartiennent à la Calvin Presbyterian Church. Des agrandissements étaient prévus, mais n’eurent jamais lieu. Ces travaux ne furent jamais achevés, car dès la fin des années 1850, le village est déserté à cause des inondations dues à la construction du canal de Beauharnois.

Aujourd’hui, il reste du village qu’une église en ruine, un presbytère décrépi, un cimetière à l’abandon, et un manoir, celui de Rosebank, qui est toujours habité. Ces vestiges peuvent se visiter et appartiennent à la municipalité de Saint-Anicet.

Rivière-La Guerre était davantage un hameau qu’un village qui n’a vécu qu’une petite trentaine d’années. À la fin des années 1850, il est pratiquement désert à cause des crues provoquées par la construction du premier canal de Beauharnois. De plus, le service de ravitaillement qui alimentait le village cessera ses activités à cause de la nouvelle génération de bateaux à vapeur, trop gros pour se frayer un chemin dans la rivière La Guerre.

 

 

Le Manoir Rosebank

Le seul bâtiment habité du village. Construit vers les années 1840, la bâtisse était la propriété de John MacDonald. Aujourd’hui, la famille Irving a racheté les lots et notamment le manoir en 1914 pour y vivre.

 

 

L’Église protestante

 

L’église protestante

 

L’église est à l’état de ruine. Elle abritait, jadis, un culte protestantisme. Le temps a fait son œuvre et a détruit la bâtisse en pierre. La façade est grandement endommagée, le toit est tombé et les murs s’effritent. Il est même dangereux de la visiter, tant les murs sont instables et menacent de s’écrouler à tout moment. La végétation s’est emparée de l’intérieur de l’église et a envahi les murs et le sol.

Les travaux de construction de l’église ont démarré en 1847 et la première pierre sera posée par John Leslie. De style gothique, des services religieux en anglais et en gaélique seront célébrés. Et c’est durant sa construction que le village commencera à se vider de ses habitants. Malgré tout, l’église assumera ses fonctions pendant 90 ans, jusqu’en 1941, date de ses derniers services.

 

 

Le cimetière

 

Le cimetière et les vestiges de l’église

 

Le cimetière attenant à l’église regroupe environ 80 sépultures. Le dernier enterrement dans ces lieux était celui de Harry Steward. C’était en 1948. Aujourd’hui, les tombes sont à l’état de ruine. Beaucoup sont tombées, celles qui restent encore debout menacent de s’effondrer.

 

 

Le presbytère

 

L’intérieur du presbytère

 

Le presbytère est situé de l’autre côté de la rivière La Guerre. Ce bâtiment en brique rouge est aussi à l’état d’abandon et de décrépitude. La structure est néanmoins en meilleur état que celle de l’église. Sa construction remonte probablement au milieu des années 1850 et sa vie aura été très courte, puisque dès 1857, plus aucun culte n’est fait de façon permanente dans le village. Le presbytère sera utilisé de façon sporadique, mais tombera rapidement dans l’oubli.

 

 

Un hameau hanté

 

L’intérieur d’une maison

 

Très vite, des rumeurs de hantise ont commencé à circuler à propos de Rivière-La Guerre. Un groupe de chasseurs de fantômes québécois, le APPA paranormal, est allé y faire quelques investigations. Et il n’est pas rentré bredouillé !

En effet, les chasseurs de fantômes ont capté une voix sortie d’outre-tombe, d’un présumé Gordon, à plusieurs reprises sur les appareils électroniques. Ce qui nous laisse penser que l’endroit est bien hanté.

Patrick Sabourin, fondateur de l’APPA Paranormal, n’oubliera pas de si tôt son aventure vécue dans une maison en ruine de Rivière-La Guerre, qu’il passa la nuit en compagnie de quatre membres de son équipe. Alors que le groupe enquêtait au sous-sol de cette maison, l’entité se faisant appeler Gordon s’est manifestée à deux reprises.

Le groupe était au sous-sol afin d’essayer de capter la voix d’une fillette dont le corps est supposé enterré dans la cave de la maison il y a plus de 100 ans de cela. Mais, en écoutant les sons captés dans cette cave, l’équipe de l’APPA Paranormal a entendu la voix d’un homme !

L’équipe s’est présentée à tour de rôle et a demandé s’il y avait quelqu’un dans la pièce. C’est alors que la voix de Gordon s’est fait entendre à deux reprises.

Et tout au long de cette longue nuit, l’équipe a été témoin de nombreuses manifestations paranormales. Deux enquêteurs ont été pris de malaises (étourdissements, pression au niveau de l’estomac, difficulté à respirer) et ont dû quitter les lieux. L’équipe a aussi très nettement entendu des bruits de pas provenant du deuxième étage, alors que la maison était déserte. Elle a cherché un éventuel visiteur sans jamais le trouver. Et alors que l’équipe visitait la maison, la porte de la pièce dans laquelle elle se situait s’est brusquement fermée en claquant. Cela ne pouvait pas être un courant d’air, puisqu’il n’y avait pas de vent cette nuit-là.

Puis, en arpentant les vestiges du vieux cimetière, les traqueurs de fantômes ont repéré le nom de Gordon sur l’une des pierres tombales. S’agirait-il du même Gordon entendu sur les appareils d’enregistrement ?

 

 

 

Le hameau de Rivière-La Guerre est-il hanté ? Tout laisse supposer à le croire. Mais, dans ce genre de situation, il faut toujours rester prudent. En effet, les faits peuvent être trompeurs et l’imagination fertile. Souvent, parce qu’un village est abandonné ou à l’état de ruine, on pense qu’il est hanté. Et souvent, ce n’est pas le cas… Affaire à suivre.

 

 

Marie d’Ange

 

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Sources : journaldemontreal.com, urbexplayground.com

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Amduscias, le démon mélomane

Amduscias apparaît à la 53e position de la « Pseudomonarchia daemonium » de Jean Wier et à la 67e position du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.




Colin de Plancy nous dit de ce démon : « grand-duc aux enfers. Il a la forme d’une licorne ; mais lorsqu’il est évoqué, il se montre sous une figure humaine. Il donne des concerts, si on les lui commande ; on entend alors, sans rien voir, le son des trompettes et des autres instruments de musique. Les arbres s’inclinent à sa voix. Il commande 29 légions. »

Donc, pour Colin de Plancy, l’un de mes démonologues de références, Amduscias serait un démon qui aime la musique. Je mets en scène ce démon dans l’épisode deux des « Purificateurs : Amytiville » où je le décris comme un démon puissant capable de posséder une jeune fille ; le son des trompettes précède toujours son arrivée. C’est un démon rusé, habile, qui aime qu’on le loue et qu’on l’adore. Dans cet épisode des Purificateurs, le prêtre-exorciste, Vincenzo, aura beaucoup de mal à le combattre. Pour en savoir plus sur la saga des Purificateurs, cliquez sur sur l’image.

Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » nous disent qu’Amduscias (orthographié aussi Amdusias ou ambdukias) est un démon qui aide dans les concerts ou aide à la composition musicale. Il favorise le musicien pour qu’il se fasse connaître et pour qu’il accède à la gloire. Les deux magiciens ajoutent que les arbres s’inclinent au son de la voix du démon et que le vent, lors de son passage, produit une musique dans les feuilles. Amduscias aime propager des idées erronées pour mieux perdre l’homme. C’est un grand menteur.

Amduscias, lorsqu’il apparaît, est soit nu avec une tête de licorne ou soit il se montre en licorne. Il est toujours entouré d’instruments de musique, surtout des trompettes, car il en joue lui-même.

Amduscias est le démon des musiciens en mal de reconnaissance. Il pactise volontiers avec eux afin de leur apporter la gloire. Mais, un pacte avec le démon n’est jamais anodin, car il conduit souvent à la folie, à la désolation et à la mort.

On pourrait se poser la question si dans l’affaire du Club des 27, ce n’est pas lui qui a pactisé avec tous ces artistes morts à l’âge de 27 ans (Amy Whinnehouse, Jim Morrison, Kurt Cobain…). On peut aussi se demander s’il n’a pas aidé à la propagation des musiques sataniques en propulsant au sommet de la gloire des groupes à tendance sataniques. D’ailleurs, je pense que ce démon a beaucoup contribué à élever au sommet de la gloire des chanteurs, musiciens du Club des 27 ainsi que des artistes, des groupes qui ont connu un succès fulgurant durant ces dernières décennies. Je fais référence, bien entendu, à certains groupes de rock (Beatles, Slayer, Led Zeppelin et j’en passe) et à certains chanteurs de rap ou dance ou RnB ou électro ou jazz. Certains de ces chanteurs pourraient avoir pactisé avec lui pour obtenir la gloire.

Amduscias est un démon issu des croyances de la goétie, qui, je le rappelle, est une science occulte de l’invocation des entités démoniaques.

Pour résumer, Amdusias ou Amduscias est un démon chef-d’orchestre, grand-duc de l’empire infernal. Il est invisible et pourtant audible, car il aime être accompagné du chant des trompettes et lorsqu’il est présent, on peut entendre des instruments à vent à cordes jouer une musique diabolique. Son premier hobby est de pactiser avec des musiciens afin de les propulser à la gloire. En échange, ces musiciens deviennent des damnés pour l’éternité.

Son deuxième passe-temps favori est de colporter les fausses idées, les théories ou postulats faux et de répandre les préjugés. Sa troisième passion est de tourmenter les esprits qu’il possède, en les poussant à bout, parfois jusqu’au suicide.

 

Marie d’Ange

 

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Ascot House, la demeure hantée de Toowoomba

Direction l’Australie pour visiter cette superbe bâtisse de quarante-trois pièces située à Toowoomba, dans la région de Queensland, une superbe bâtisse réputée hantée. En effet, un fantôme aurait décidé d’y loger en permanence.




 

La bâtisse que l’on va présenter dans cet article se trouve en Australie, dans la région du Queensland, dans la petite ville de Toowoomba. Construite dans les années 1870, c’est une grande maison de quarante-trois pièces. Autrefois le lieu de rendez-vous mondains de la haute-société, elle est aujourd’hui réputée hantée par un fantôme.

Ascot House a été abandonnée pendant plusieurs années et lorsque Lois Jackman décide de l’acheter en 1920, elle se trouve presque à l’état de ruine. Peu lui importe, elle compte la rénover, lui redonner sa gloire d’antan et y ouvrir un hôtel-restaurant, un lieu luxueux pour voyageurs fortunés. Sauf que cela ne va pas se passer comme elle l’avait prévu.

Ascot House, la maison hantée de Toowooba, Quennsland, Australie

La maison Ascot est délabrée, mais Lois Jackman y voit un potentiel énorme. Et la tâche pour restaurer cette bâtisse de quarante-trois pièces s’avère monumentale. D’autant plus que Lois Jackman va très vite se heurter à un habitant d’un genre particulier, un fantôme.

Ce fantôme se fait particulièrement fait sentir au moment où Lois Jackman décide de convertir des pièces de la maison Ascot en restaurant. L’entité n’est pas contente, et va montrer son mécontentement en faisant bouger des objets, en apparaissant pour faire fuir les clients. 

Au début, Lois Jackman entend des bruits bizarres. Elle cherche à savoir d’où ils proviennent, mais ne trouve aucune explication à ce phénomène. Elle décide alors de faire avec, de vivre avec ces perturbations et d’essayer de ne plus y faire attention.

Tant bien que mal, la jeune restauratrice ouvre son auberge. Un de ses premiers clients, un jeune étudiant, vient y passer plusieurs nuits. Et lors d’une de ces nuits, il dira avoir vu passer le fantôme d’une femme habillée en robe d’époque qui semblait avoir le coup cassé et la bouche ensanglantée comme si on l’avait frappée.

Ce fantôme commence à devenir gênant pour les affaires de Lois qui commence à entreprendre des recherches. En effet, de plus en plus de clients viennent se plaindre d’avoir été réveillés par un fantôme, ou d’avoir été tirés hors du lit par ce fantôme.

Lois Jackman trouve, dans de vieux registres, le nom d’une femme, Maggie Holberton Hume, qui se serait suicidée dans la demeure en 1891. Cette femme travaillait comme femme de ménage à la maison Ascot et aurait mis fin à ses jours en se pendant dans l’escalier principal. Pour l’enterrement, elle n’eut pas le droit à des funérailles religieuses, et son corps fut jeté dans une tombe anonyme au cimetière de Drayton. Des rumeurs ont prétendu que Maggie Hume attendait un enfant de son employeur, et que ne pouvant plus cacher son état, elle se serait donné la mort par désespoir.

La plupart des clients qui ont témoigné avoir vu le fantôme sont unanimes : l’entité est pacifique. Elle ne cherche pas à nuire, mais plutôt à obtenir la délivrance.

Est-ce que ce fantôme est réel ? N’est-il pas un fantasme des habitants de Toowoomba ? On pourrait le croire, surtout lorsque l’on sait que la plupart des histoires de ce genre sont issues d’un drame et de rumeurs qui viennent alimenter ce drame en bizarreries certaines. Ou encore, on pourrait croire que les habitants de Toowoomba ont trouvé un moyen d’attirer des touristes.

Mais pour Lois Jackman et ses employés, le fantôme de Maggie Holberton Hume est bien réel. Et si c’est le cas, il faudrait alors entrer en contact avec cette entité afin de la libérer.

 

 

Marie d’Ange

 

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Amaymon, l’un des quatre rois de l’enfer

Amaymon est l’un des quatre princes de l’enfer. Il gouverne la partie orientale et a pour lieutenant et Premier ministre sur son territoire Asmodée.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier. Il n’apparaît pas aussi dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.




 

Collin de Plancy dans le « Dictionnaire Infernal » dit qu’Amoymon ou Amaimon est l’un des quatre rois de l’enfer, dont il gouverne la partie orientale. On l’évoque le matin, de neuf heures à midi, et le soir de trois à six heures. Asmodée est son lieutenant et le premier prince de ses États.

Le démonologue ne nous éclaire pas plus sur ce démon.

Les sorciers Nahema-Nephthys et Anubis nous en donnent plus de précisions : Amoymon ou Amaymon ou Amaimon est roi et grand prince de la partie septentrionale des Enfers. C’est un démon très puissant. Asmodée lui est soumis. Amoymon commande le peuple des Gnomes par l’intermédiaire de cinq démons, Madael, Laaval, Bamulhac, Belem et Ramat.

Les sorciers conjurent ce démon lors de la constitution de Cercles Magiques afin qu’il garde la Porte du Nord. Certains le conjurent à titre individuel pour obtenir la réussite, à condition de pratiquer l’invocation le matin, de neuf heures à midi, ou la nuit, de trois heures à six heures. Amoymon peut aussi guérir toutes les maladies et, à ce titre, il a sous ses ordres de nombreux démons guérisseurs (attention, ce sont des paroles de sorciers à prendre avec une extrême prudence, car un démon guérisseur n’existe pas, tous font le mal et s’ils guérissent, c’est qu’ils ont créé la maladie ou qu’ils demandent autre chose en échange souvent en notre défaveur).

Lorsqu’il apparaît, Amoymon porte une couronne sur sa tête, est vêtu de noir et crache du feu lorsqu’il parle.

En démonologie, Amoymon ou Amaymon ou Amaimon est un prince de l’enfer, et selon certains grimoires, il est le seul à avoir le pouvoir sur Asmodée. On dit que ce démon a un souffle toxique et mortel. Ce qui peut être très dangereux pour l’exorciste, surtout si le démon lui demande de se tenir debout devant lui et de lui témoigner du respect. Amoymon aime tromper les exorcistes et jouer avec eux.

La Petite Clé de Salomon affirme que pour maîtriser Amoymon, l’exorciste ou le magicien doit être en possession d’un anneau argenté consacré et porté à l’annulaire comme une forme de protection contre le souffle toxique.

Selon le grimoire « Le livre de la magie sacrée d’Abramelin le mage » écrit par Abraham ben Siméon, Amoymon était l’un des huit sous-princes, décrit comme un diable égyptien que Abramelin a empêché de faire le mal depuis la troisième heure jusqu’à midi.

Certains démonologues pensent que Amoymon est l’un des fils de Lucifer, donc de Satan et aussi le plus faible de ses frères. Pour eux, Satan/Lucifer aurait trois fils, Amoymon, Abbadea et Asmadeus.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Alrunes et mandragores, deux créatures démoniaques

Les anciens Germains et Scandinaves croyaient aux divinités auxquelles ils vouaient des cultes. Dans ces divinités, il y avait les alrunes pour les Germains et les mandragores pour les Scandinaves, deux créatures identiques, de sortes de démons familiers que l’on priait, à qui l’on demandait des faveurs et qui prédisaient l’avenir. Découvrons ces deux créatures légendaires.




 

 

Les alrunes

 

Diderot et Alembert ont écrit à propos des alrunes qu’elles étaient, pour les anciens Germains, de petites figures de bois dont ils faisaient leurs Lares ou des divinités qui étaient chargées de prendre soin de la maison et des personnes.

La mythologie germanique parle de ces alrunes comme des créatures qui portaient soin aux familles. Les anciens Germains croyaient en cette créature divine et avaient chez eux deux petites statues en bois symbolisant les alrunes qu’ils priaient. Ces statuettes représentaient des sorcières, jamais des sorciers, et l’on disait que les alrunes tenaient la fortune des hommes dans leurs mains. Pour se faire bien voir des alrunes, on habillait ces statues proprement, on les couchait dans de petits coffres, on les lavait avec du vin et de l’eau, on leur donnait à manger et à boire de peur qu’elles ne se mettent à crier et qu’elles rendent pauvre la famille.

Ces statuettes représentant les alrunes étaient conservées dans un endroit secret et l’on allait souvent leur rendre hommage afin de ne pas souffrir d’infortune, de danger ou de maladie. Les alrunes pouvaient aussi prédire l’avenir par des mouvements de tête et même, quelquefois, en parlant. Encore aujourd’hui, cette superstition demeure au sein de la basse Allemagne, chez les Danois et chez les Suédois.

Mais, derrière tout mythe se cache une part de vérité. Si les anciens Germains vénéraient ces créatures qu’ils appelaient alrunes à travers des statuettes de bois, c’est qu’il y a eu un évènement, quelque chose qui s’est passé pour que le mythe se mette en place.

Dans les temps anciens, les démons et toutes les créatures magiques (fées, farfadets…) vivaient au milieu des hommes. Nous avons des témoignages édifiants de leur présence sur terre. Certains s’attachaient aux humains, certains leur rendaient des services. Avec l’arrivée de la science et surtout avec l’arrivée d’une pensée athée, ces créatures ont été obligées de se cacher. Elles sont toujours présentes, mais ne se font plus voir. C’est le cas notamment des démons, et, dans le cas qui nous intéresse, des alrunes et des mandragores.

L’alrune est une créature légendaire qui aurait vécu au sein des anciens Germains. Les alrunes sont en fait les mandragores des Scandinaves, car en allemand, alraune signifie mandragore. Ces êtres légendaires auraient tenu le destin des hommes en leur pouvoir et tous ceux qui possédaient une alrune, devaient lui prodiguer des soins, comme l’habiller, lui donner à manger, la laver… sinon, au lieu d’annoncer l’avenir, l’alrune se mettait à crier.

Au fil des siècles, les démonologues ont cherché à comprendre ce qu’était l’alrune et donc la mandragore. Et ils sont arrivés à la conclusion qu’elle était un démon succube capable de prendre toutes les formes possibles, mais incapables de changer de sexe. Les alrunes auraient même mis au monde, en forniquant avec des humains, à la lignée des Huns.

Les alrunes sont donc des démons succubes et les mères des Huns, mais aussi des statuettes fétiches que l’on appelait mandragores en Scandinavie.

 

 

La mandragore

 

Aujourd’hui, la mandragore représente une plante officinale voisine de la belladone. C’est une plante hallucinogène entourée de nombreuses légendes.

Le terme français de « mandragore » vient du latin mandragoras tiré lui-même du grec. L’étymologie du grec est obscure, pour certains, le terme grec « mandragoras » serait issu du nom de la mandragore en assyrien man. tar. ira, qui veut dire « la drogue de Namta ; Namta étant un démon pestilentiel provoquant des maladies, on comprend que l’origine ancienne de la mandragore est un démon.

Comme je l’ai dit plus haut, la mandragore est aussi une plante hallucinogène. Par sa composition chimique, c’est un puissant sédatif et narcotique, antispasmodique, hypnotique. Elle présente aussi des propriétés aphrodisiaques.

La plante possède des effets hallucinogènes remarquables. Ses principes actifs traversent aisément la peau et passent dans la circulation sanguine très vite. D’ailleurs, les sorcières du Moyen Âge s’enduisaient les muqueuses et les aisselles d’un onguent fabriqué à base de mandragore. C’est comme cela qu’elles entraient en transe. Les sorcières s’enduisaient le corps de cet onguent afin de s’envoler dans les airs, à cheval sur un balai ou une fourche, et partaient pour le sabbat.

Les accusations qui conduisaient les sorcières au bûcher comportaient deux composants : les maléfices et le pacte avec le Diable. Le procès s’ouvrait sur une plainte pour les maléfices répétés d’une jeteuse de sort qui était censée provoquer la mort de nouveau-nés, faire tomber la grêle sur les récoltes… l’accusation d’assistance au sabbat n’apparaissait que plus tard, lorsque les juges ecclésiastiques s’emparaient du dossier. Au Moyen Âge, on croyait au Diable et on avait tendance à tout diaboliser. On croyait que des femmes pactisaient avec lui dans le but de détruire l’Église et ces femmes étaient envoyées au bûcher. Heureusement que cela a cessé !

Aujourd’hui, on ne croit plus au Diable, ni aux sorcières, ni à la magie, ni aux miracles… De nos jours, on croit à l’argent ; sauf que l’argent appartient au démon, c’est son meilleur moyen d’attirer à lui le plus d’âmes possible.

Revenons aux sorcières. Ces femmes s’enduisaient d’onguent fabriqué à l’aide de mandragore. On sait que c’est une plante hallucinogène et l’on peut donc se dire que le sabbat était le seul produit de leur imagination, qu’il était le résultat de la prise de cette substance narcotique. Mais, de nombreuses études historiques, notamment les aveux des sorcières, ne permettent pas de conclure que toutes ces femmes étaient droguées. Il existe une poignée de témoignages de femmes avouant la prise de cet onguent, mais beaucoup n’en prenaient pas. Donc, le phénomène ne peut être généralisé, donc le sabbat reste encore aujourd’hui inexpliqué.

Dans l’antiquité, la mandragore était associée à des croyances de rituels magiques.

En occident, au Moyen Âge, il existait un rituel d’arrachage de la mandragore. Les collecteurs de la plante dégageaient les racines, les attachaient à des chiens et attiraient les animaux au loin. On pensait que la plante avait une telle puissance magique que si l’herboriste s’aventurait à la déraciner lui-même, il s’exposerait à une mort certaine. On pensait que la racine possédait une puissance divine et que, extraite, elle pouvait tuer.

Dans les écrits de Paracelse (1493 – 1541), on peut lire que pour se procurer la racine de mandragore, il fallait d’abord l’endormir à l’aide de rituels magiques, car celui qui l’arrachait sans précaution devenait fou en entendant les hurlements ou serait poursuivi par sa malédiction. Cette image de plante qui hurle rejoint cette de la statuette hurlante des anciens Germains.

Ces rituels magiques se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées, car on les disait fécondées par le sperme des pendus. C’est de là qu’elles tiraient leur vitalité. Les mandragores qui poussaient à côté des places de supplice ou des lieux de crémation étaient aussi très demandées, car elles se nourrissaient de la souffrance humaine.

(On voit ici clairement que la plante avait un côté obscur, noir, démoniaque, puisqu’elle poussait sur des lieux de souffrance et s’en nourrissait).

Des “prêtres” traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine. Le cérémonial était accompagné de prières et de litanies. Une jeune fille vierge se plaçait à côté de la plante pour lui tenir compagnie. Puis, on passait une corde autour de la racine et l’on attachait cette corde autour du cou d’un chien affamé que l’on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu’en tirant sur la corde, il arrache la plante.

À l’arrachage, la plante émettait un hurlement atroce, épouvantable, qui tuait l’animal et les hommes qui n’avaient pas pris soin de boucher leurs oreilles avec de la cire.

Une fois la plante déracinée, on la lavait, on la faisait macérer puis on la menait à maturation dans un linge propre. La racine prenait alors la forme d’un petit homme. On la choyait, car elle procurait à son possesseur prospérité, richesse et fécondité. Cette plante était vendue très cher, d’autant plus qu’elle avait forme humaine. D’où la ressemblance aux alrunes des anciens Germains qui prenaient soin de statuettes de bois.

La mandragore est aussi utilisée dans les rituels vaudous.

 

 

La mandragore ressemble aux petites statues de bois des anciens Germains. Elle est entourée de mystère et de fascination en raison de l’apparence plus ou moins anthropomorphe de sa racine et de nombreuses légendes courant à son sujet, comme au sujet des alrunes d’ailleurs. La mandragore est réputée pour son cri mortel lorsqu’on l’arrache du sol, tout comme l’alrune qui se met à crier lorsqu’on ne la soigne pas. Par contre, que ce soit la mandragore ou l’alrune, si l’on y prend soin, toutes deux procurent richesse, prospérité et fécondité à celui qui la possède. Et toutes deux sont des créatures démoniaques en ce sens qu’elles se nourrissent de la souffrance de l’homme, qu’elles lisent l’avenir, qu’elles peuvent faire le mal, mais aussi le bien avec des contreparties. En ce sens, elles ressemblent à des démons familiers.

 

 

Marie d’Ange

 

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Alrinach, le provocateur de catastrophes

Alrinach n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier ni dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie ».




Voici la définition que nous donne Collin de Plancy dans le « Dictionnaire Infernal » : Alrinach, démon de l’Occident, que les démonographes font présider aux tempêtes, aux tremblements de terre, aux pluies, à la grêle… C’est souvent lui qui submerge les navires. Lorsqu’il se rend visible, il paraît sous les traits et les habits d’une femme.

Nahéma-Nephthys et Anubis, dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » donnent à peu près la même définition que Collin de Plancy sur ce démon : il préside en Occident et provoque toutes sortes de catastrophes, comme les séismes, les naufrages, les tremblements de terre… Il apparaît sous les traits d’une belle femme richement vêtue.

Les deux sorciers ajoutent que l’on peut le conjurer pour apaiser les tempêtes ou protéger les navires contre le risque de tempête. Donc, Alrinach aurait donc le pouvoir d’apaiser les éléments naturels, ce qui est un peu contradictoire. D’un côté, Alrinach provoque des tempêtes, d’un autre il les calme. D’un côté, Alrinach provoque des naufrages, d’un autre il protège les navires. On voit bien que les paroles de sorciers ne peuvent pas être prises telles qu’elles, qu’elles doivent susciter la méfiance. De toute façon, il n’est jamais bon de conjurer un démon !

Mis à part cela, on ne sait pas grand-chose sur ce démon. On peut supposer qu’il était là et qu’il a provoqué le naufrage du Titanic, vu que l’on sait aujourd’hui que son naufrage est dû à plusieurs causes. Je développe l’histoire du Titanic dans le livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité » que je vous invite à lire.

 

Marie d’Ange

 

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Dom Giovanni Calabria, le prêtre des pauvres

Dom Giovanni Calabria (1873-1954), un prêtre qui a combattu toute sa vie la pauvreté, qui a fondé les congrégations des pauvres serviteurs de la Divine Providence et des pauvres servantes de la Divine Providence, congrégations reconnues par l’Église catholique, un saint homme béatifié le 17 avril 1988. Mais surtout un homme persécuté par le démon durant les dernières années de sa vie et qui n’a pas hésité à donner sa vie pour sauver celle du pape Pie XII.




 

La vie de dom Giovanni Calabria

 

Comme je l’ai dit en introduction, Dom Giovanni Calabria a vécu les dernières années de sa vie tourmenté par le démon. Il a subi des périodes de souffrance intense durant lesquelles le Seigneur a permis qu’il soit soumis à la possession diabolique. Le but de la purification et d’expiation en était évident.

Lors du procès pour sa canonisation, on présenta des documents officiels montrant comment ce saint prêtre s’est libéré lui-même, par sa foi, son humilité et ses prières, de Satan. Il n’a pas eu besoin d’exorcisme tant il croyait à Jésus-Christ. Et c’est cela qui est beau !

Giovanni Calabria est né à Vérone en 1873. Il était le septième et dernier enfant d’une famille très pauvre et très pieuse. À l’âge de 12 ans, il perd son père. Lui qui voulait entrer au séminaire et qui éprouvait déjà des difficultés à payer ses études, voyait dans cette perte l’anéantissement de tous ses espoirs. Mais la providence allait lui donner un petit coup de pouce. Et alors qu’il travaillait au champ pour aider sa mère, un prêtre le remarqua, remarqua sa valeur et le prépara en privé à reprendre sa formation. Ainsi, il put entrer au lycée. Il dut interrompre ses études pour faire son service militaire. À l’époque, en Italie, le service militaire durait deux ans. Deux années durant lesquelles Giovanni Calabria se fit remarquer par sa charité et son dévouement auprès de ses camarades.

Revenu du service militaire obligatoire, il reprit ses études et s’engagea dans de nombreuses œuvres pour venir au secours des orphelins et des pauvres. Le 11 août 1901, il est ordonné prêtre. En 1907, il bâtit la Maison des Bons Enfants à Vérone pour accueillir les adolescents isolés et abandonnés, puis plusieurs centres à travers toute l’Italie. Il s’occupa aussi des personnes âgées et des malades et créa, avec l’aide des petites sœurs de la Sainte Famille fondées par le bienheureux Joseph Nascimbeni, un établissement pour les accueillir, la Citadelle de la Charité, à Negrar, un petit village près de Vérone. Cet établissement est aujourd’hui un hôpital florissant que Jean-Paul II avait visité en 1988.

Giovanni Calabria se préoccupa aussi d’autres pays que celui qui l’avait vu naître. En 1934, il envoie quatre frères en Inde afin de secourir les parias, les démunis, les laissés-pour-compte. C’est ce groupe de quatre hommes, qui partageaient la même passion de charité envers les autres, qui fut la base de la Congrégation des pauvres serviteurs de la divine Providence. L’évêque de Vérone avait approuvé cette congrégation en 1932.

En 1940, il fonde la congrégation des Pauvres servantes de la divine Providence, la branche féminine de la première. Il voulait, comme il le disait : « montrer au monde que la divine Providence existe, que Dieu n’est pas un étranger, mais qu’il est Père. » Il aimait aussi à répéter les paroles évangéliques qui l’avaient frappé dès sa jeunesse : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33).

Sa charité s’étendait à tous les domaines. Il aida des pauvres dans leurs études, il entretenait des relations fraternelles avec les protestants, les orthodoxes et les juifs. Il criait à qui voulait l’entendre que le monde ne pouvait être sauvé qu’en retournant au Christ et à son Évangile. Et je suis bien d’accord avec lui…

Très vite, il comprit le rôle indispensable des laïcs dans l’Église. C’est pourquoi il fonda, en 1944, la « Famille des Frères externes », un groupe composé de laïcs désireux de participer à la mission caritative du Père Calabria. Notez chers lecteurs, comme il est allé chercher les laïcs pour les intégrer à l’Église. Il ne les a pas repoussés, au contraire, il les a invités dans son œuvre.

 

 

 

La fin de vie

Sa fin de vie fut un véritable calvaire. Comme je l’ai dit plus haut, le démon le persécuta et il fut victime d’une possession démoniaque. Dieu permit qu’il soit une victime en union avec le Christ. Le but de cette possession démoniaque était de le purifier et d’élever son âme. Avec des prières et la foi, il réussit à vaincre le démon en lui. Giovanni Calabria a toujours accepté ses souffrances. Il souffrait pour les âmes perdues, il souffrait pour les pauvres, se condamnait lui-même pour sauver les autres, comme l’a fait le Christ sur la Croix.

Il avait perçu aussi que certains membres de l’Église s’étaient éloignés de leur mission. Alors, il lançait des appels passionnés, déchirants, à tous ces ecclésiastiques qui s’étaient perdus dans l’espoir d’un retour vigoureux à « l’postolica vivendi forma » (au genre de vie des apôtres).

Début décembre 1954, Giovanni Calabria était fatigué, épuisé par cette lutte acharnée avec le démon. Il sentait qu’il était proche de la mort. Il aurait pu se battre, mais il préféra donner sa vie pour le pape Pie XII, lui-même à l’agonie. Et contre toute attente, par miracle, le pape se rétablit et continua son ministère quatre ans, pendant que Giovanni Calabria perdit la vie, apaisé, confiant, sûr de rencontrer le Seigneur.

Il s’éteignit le 4 décembre 1954 et on le déclara aussitôt le Champion de la charité.

 

 

Giovanni Calabria avait eu une vie faite de charité, d’amour pour son prochain, une vie humble, irréprochable. Harcelé par le démon, il n’avait pas perdu la foi, mais a continué son combat contre la pauvreté. Et dans un geste charitable extrême, il a préféré mourir pour que vive le pape Pie XII. Que dire de plus sur cet homme remarquable qui a mérité son titre de saint ? Que dire de plus sinon qu’aujourd’hui, on aimerait voir plus d’hommes comme lui sur terre.

Sources : nouvel.evangelisation.free.fr

 

Marie d’Ange

 

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Alpiel, démon herboriste

Le démonologue Jean Wier ne cite pas le démon Alpier dans la liste des 69 démons répertoriés dans son ouvrage « Pseudomonarchia demonum ».

De même, Alpier n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du « Legemeton et de la Goétie ».

Par contre, Collin de Plancy, dans son « Dictionnaire Infernal » cite ce démon. Il dit que : « Alpiel est un ange ou démon qui, selon le Talmud, a l’intendance des arbres fruitiers. »




 

Je rappelle que le Talmud, qui veut dire étude en hébreu, est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha, c’est-à-dire de la Loi. Il aborde, entre autres, le droit civil et matrimonial et traite de questions éthiques, de mythes, de médecine.

Dans le Talmud, Alpiel est un ange ou un démon issu des croyances judaïques. C’est lui qui s’occupe de l’intendance des arbres fruitiers.

Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce monde » mentionnent Alpiel comme un démon préposé aux arbres fruitiers et soumis à Dagon et à Oês. Dagon est une divinité agraire vénérée par les Philistins et les Phéniciens. C’est un démon de second ordre dans la hiérarchie infernale et est le Boulanger et le Grand Panetier de la Cour Infernale. Oês ou Oannês est une ancienne divinité mésopotamienne.

Donc Alpiel est soumis à ces deux démons de second ordre, ce qui fait de lui un démon de sous-ordre, proche même des démons que l’on appelle les familiers.

On n’en sait pas plus sur ce démon.

 

Marie d’Ange

 

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Témoignage : un cas d’envoûtement

J’aime beaucoup les témoignages, car ils prouvent que le démon existe et qu’il peut nous nuire. Ce témoignage très humble, très émouvant est tiré du livre de Dom Gabriele Amorth « Nouveaux récits d’un exorcisme ». Je vous le partage afin de vous faire prendre conscience que le Mal Absolu frappe partout. Et en ces temps obscurs, il est bon de rappeler que nous n’avons qu’un seul ennemi, qui nous montre plusieurs visages.




 

Le témoignage

Extrait de livre « Nouveaux récits d’un exorciste » de Gabriele Amorth. Pour mémoire, Gabriele Amorth était exorciste à Rome.

« Madame Nadia appartenait à une famille traditionnelle catholique : prière quotidienne, messe le dimanche et les jours de fête, confession fréquente, communion une fois par semaine. Son mari, commerçant de haut niveau, partageait la foi et les pratiques de sa femme. Surmontant leur regret de n’avoir pu avoir d’enfants, ils se décidèrent à adopter une petite fille et un petit garçon qui leur furent confiés par le tribunal des mineurs.

Ce fut le début de jalousies de la part de membres proches de la famille, qui craignaient de ne plus recevoir d’aide financière et qui comptaient bien un jour hériter. Le frère de Nadia avait épousé une femme ayant de fortes tendances au spiritisme et à la sorcellerie.

En 1978, commencèrent pour Nadia des troubles de santé d’autant plus déroutants qu’auparavant elle jouissait d’une bonne santé. Organes particulièrement touchés : le cœur, le foie et la rate. Les traitements médicaux n’obtinrent ni guérison ni soulagement. Puis, commencèrent des difficultés pour prier, refus de l’Eucharistie, tentations de blasphémer contre le crucifix et la Vierge ; de véritables blocages qui l’empêchaient de participer à des célébrations religieuses et d’écouter des prédications.

Durant l’été 1988, Nadia dut se soumettre à une intervention chirurgicale : ablation de la vésicule. Cette intervention ne donna pas les résultats espérés et le médecin traitant conseilla une cure thermale. Là, Nadia eut des troubles violents pour lesquels elle eut recours au médecin du lieu. Après avoir bien écouté l’histoire des maux de la patiente et après l’avoir examinée, le médecin lui demanda si elle était croyante. À la réponse affirmative, il lui dit franchement : “Ce dont vous souffrez dépasse la science médicale ; je vous conseille de consulter un prêtre et, si vous voulez, je vous en indique un par loin d’ici, qui me semble répondre à votre cas.”

Le prêtre aida Nadia pour la prière, il l’encouragea à la lutte spirituelle à laquelle tout chrétien est appelé, et il prononça sur elle des prières de délivrance. Bien entendu, ces prières, dites à plusieurs reprises, provoquèrent de telles réactions qu’elles éveillèrent les soupçons du prêtre, qui donna le conseil suivant : “Vous avez besoin d’un prêtre-exorciste. Faites-en la demande à votre évêque et, si vous n’avez pas de chance, adressez-vous à un autre évêque.”

Les conjoints retournèrent chez eux et se renseignèrent aussitôt après de l’évêché, où on leur indiqua l’exorciste diocésain. Celui-ci les reçut chez lui le 16 août 1988. Après un examen approfondi, pour lequel trois rencontres furent nécessaires, le prêtre fit des prières de délivrance dans le but de briser les liens entre Nadia et les personnes qui lui faisaient du mal : une amie qui était jalouse des enfants que Nadia avait adoptés et qui voulait la faire passer pour folle ; la belle-sœur qui se vouait à la sorcellerie ; des employés de maison que les conjoints avaient engagés pour leur maison de campagne.

Cette maison de campagne était entourée d’un vaste terrain agricole et on y entendait des bruits étranges. On finit par apprendre que les précédents propriétaires étaient membres de sectes sataniques, ce qui faisait qu’ils participaient à des rites magiques et à des messes noires, qui avaient même lieu chez eux. On procéda à l’exorcisme de la maison et les objets qui paraissaient suspects furent exorcisés et brûlés. De cette manière, la paix revint dans cette maison, mais il restait toujours les blocages qui empêchaient Nadia d’aller à l’église, de communier, de prier, de lire la Parole de Dieu.

Après un nouveau discernement effectué avec la collaboration également d’un psychiatre qui aidait habituellement l’exorciste diocésain, le prêtre décida d’exorciser Nadia. Les premiers exorcismes ne donnèrent pas lieu à amélioration en ce qui concerne les blocages spirituels. Mais les réactions de la patiente démontrèrent avec encore plus de netteté l’absence de symptôme de pathologie psychiatrique, tandis que les réactions démoniaques ne cessaient d’augmenter, jusqu’à rendre Nadia furieuse, montrant toute la force de la possession dont elle était atteinte.

L’exorciste, suivant une méthode déjà éprouvée par lui, s’adressa aux différents démons pour rompre les liens occultes existant entre les personnes négatives et Nadia. Voici la formule utilisée par lui : “Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, par les mérites de la Très Sainte Vierge Marie, par l’intercession de saint Michel archange, des saints apôtres Pierre et Paul et de tous les saints, je romps tous liens occultes de magie noire (ou de sorcellerie, ou d’envoûtement…) entre Nadia et toi-même, esprit immonde (si le démon confessait son nom, le prêtre le prononçait) ; je lie tout pouvoir de cet esprit et je lui ordonne de quitter Nadia et de se jeter au pied de la croix de Jésus.”

Nadia réagissait fortement à l’invocation des noms de la Très Sainte Vierge et des saints Pierre et Paul, de saint Michel et des autres noms que le prêtre invoquait : Padre Pio, Jean Paul II, le Curé d’Ars…

De nombreux exorcistes ont l’habitude de se faire dire par les personnes qu’ils bénissent, quels sont les saints pour qui ils ont le plus de dévotion. Peu à peu, Nadia a retrouvé une plus grande facilité pour prier et communier. Il faut reconnaître que le fait que son mari priait avec elle, participait aux rencontres de prière et intervenait lorsqu’il se rendait compte que sa femme en avait besoin, l’a beaucoup aidée. Dans des cas semblables, il est très important que la personne atteinte soit soutenue par quelqu’un qui l’aide.

Continuant les exorcismes, le prêtre s’est servi toujours plus de prières d’intercession : psaumes, litanies, rosaire, prières de louange. Ce sont des prières qui font enrager le démon, au point de le pousser à chercher des compromis : “Tu pourrais te mettre d’accord avec moi…” En premier, ce sont les blasphèmes qui ont cessé. Seul l’exorciste continue d’être insulté. Mais un jour, le Malin propose : “Laisse-moi six personnes de la famille et je m’en irai !”, tout en désignant qui il veut. Après avoir prié l’Esprit Saint, l’exorciste a prié pour rompre tous les liens de magie noire, d’envoûtement, de sorcellerie, avec chacune des six personnes que le Malin voulait pour lui. Entre-temps, le démon devenait de plus en plus furieux. Lorsque le prêtre a ensuite consacré chacune de ces six personnes au Cœur Immaculé de Marie, le démon a hurlé comme un désespéré : “Si tu me les prends, qu’est-ce qui me reste ? Qu’est-ce que je vais devenir ?”

Au moment où nous écrivons (1992), Nadia n’est pas encore totalement guérie, mais presque ; les progrès sont constants. Notons certaines choses pouvant être utiles à d’autres. Nadia fait un grand usage, avec beaucoup de foi, de l’eau bénite, aussi bien pour faire le signe de la croix que pour la boire. Durant les exorcismes, elle est très sensible aux onctions d’huile. Elle a aussi reçu avec une grande dévotion l’onction des malades. Elle se confesse souvent, de même que son mari, et elle affirme que ce sacrement la fortifie beaucoup. Également les enfants adoptifs, de vingt et vingt-deux ans, ont bénéficié des effets de cette intense vie de prière. La présence de plusieurs démons est devenue manifeste, avec à leur tête Asmodée (nom biblique qui indique l’un des démons les plus forts.) Souvent, le prêtre a insisté sur la date de baptême de Nadia et obtenu de bons résultats. Lors d’un exorcisme, l’évêque lui-même est intervenu et a ensuite manifesté sa satisfaction aussi bien pour la façon dont les choses s’étaient déroulées que pour avoir pu participer. »

 

 

 

Les conclusions

L’histoire de Nadia se passe dans les années 80 jusqu’au début des années 90, mais est encore d’actualité aujourd’hui. Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ce témoignage ?

Notons que Nadia et son mari menaient une vie pieuse, tranquille ; le couple ne manquait de rien. Seule ombre à leur bonheur, il ne pouvait pas avoir d’enfants. Mais, ils ont réussi à en adopter deux. C’est à partir de là que les choses ont dégénéré. La famille de Nadia, jalouse, a utilisé la magie pour posséder Nadia, pour la détruire, pour détruire la famille et le couple. Mais Dieu veillait sur elle et l’a mise sur le chemin d’un médecin, puis d’un prêtre-exorciste qui a su la délivrer.

Voyez comment la jalousie peut faire des ravages. La jalousie mène à l’envie qui mène au démon. C’est une équation simple. Ajoutons, dans le témoignage de Nadia, une histoire d’argent et vous obtenez un cocktail explosif.

Quelques personnes de sa famille ont envoûté Nadia, car elles ne voulaient pas qu’elle ait des enfants, elles ne voulaient pas perdre un héritage, ne voulaient pas perdre leurs privilèges. C’est bien une idée diabolique que de vouloir détruire quelqu’un par jalousie et pour l’argent.

Aujourd’hui, l’argent est en train détruire notre monde, notre société. Derrière l’argent se cache Satan qui se dissimule sous plusieurs visages, banquiers, politiques, chefs d’entreprises, islamistes… L’argent se trouve au cœur de tout, l’argent donne le pouvoir, l’argent nous fait miroiter un bonheur facile, souvent illusoire.

C’est l’argent qui a failli détruire Nadia. Et heureusement qu’elle était croyante et qu’elle a pu se battre. C’est l’argent qui va détruire notre monde, qui va détruire l’humanité si nous ne nous réveillons pas. Nous n’avons qu’un seul ennemi, c’est Satan. C’est à lui qu’appartient l’argent. Nous devons nous débarrasser de cette idée de primauté de l’argent. L’argent entraîne la jalousie, l’envie, le meurtre, le suicide… l’argent ne donne jamais rien de bon. L’argent nous fait tomber dans le péché et nous entraîne dans la désolation. Nous le savons, mais nous fermons les yeux. Des gens se suicident par manque d’argent, d’autres se prostituent, d’autres vendent leurs âmes et sombrent dans l’alcool, dans la dépression, dans la folie. L’argent isole, l’argent rend paranoïaque, l’argent pousse à la perversion, à la cruauté.

Aujourd’hui encore, nous sommes soumis au pouvoir des banques et des grandes multinationales. Ce sont elles qui nous dirigent. Elles sont sans pitié, car l’argent ne connaît pas la pitié. Et pendant que l’on vend des armes à des fanatiques qui veulent nous tuer, les banques nous dépouillent. Est-ce normal ? Non ce n’est pas normal, et pourtant, on continue à vénérer l’argent. Arrêtons ce massacre au plus vite avant qu’il ne soit trop tard. Revenons à l’essentiel.

 

 

Marie d’Ange

 

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Alocer, démon savant

Grand-duc aux enfers, Alocer est un puissant démon qui enseigne les secrets de l’astronomie, de l’astrologie, des mathématiques, des arts libéraux. C’est pourquoi on le dit savant. Mais, Alocer reste un démon qui exacerbe l’orgueil et provoque les disputes. Faisons le tour de la description de ce démon très puissant.




 

Alocer est cité à la 64e position dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier ; il est aussi cité à la 52e position dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie ».

Collin de Plancy nous dit que ce démon est grand-duc aux enfers commandant 36 légions. Alocer se montre vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme, sous les traits d’un lion ; il a le teint enflammé, les yeux ardents ; il parle avec gravité ; il enseigne les secrets de l’astronomie et des arts libéraux.

Nahema-Nephthys et Anubis, dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » ajoute qu’Alocer enseigne, en plus de l’astronomie et des arts libéraux, la géométrie, les mathématiques et l’astrologie. Ces deux sorciers nous disent qu’Alocer aime provoquer l’orgueil, la grossièreté et les querelles.

Ils nous en donnent une représentation précise : chevalier à tête de lion avec des cornes de bouc, portant un heaume à tête de lion, aux yeux enflammés, parlant d’une voix grave, aux pieds en forme de pattes de rapace, chevauchant un immense cheval à patte d’oie.

Ils ajoutent qu’Alocer est aussi appelé Allaton ou Allocas ou Alloces et qu’on peut l’invoquer le lundi de préférence, mais que ce démon reste dangereux, car il s’irrite facilement, surtout si le magicien ou le sorcier lui pose des questions sur ce qu’il enseigne. Bien sûr, je défends quiconque de l’invoquer, car le faire c’est courir à sa perte.

Alocer est donc un démon issu des croyances de la goétie qui, je le rappelle, est une science occulte de l’invocation d’entités démoniaques dans lesquelles on assure qu’il rend heureux ceux qu’il protège. Cela reste encore à prouver et ce n’est pas moi qui vais l’invoquer pour le prouver ! Dans ces mêmes croyances, il est dit qu’il donne des démons familiers.

Alocer reste un démon dangereux, car même si les différentes croyances lui donnent des qualités comme enseigner les mathématiques, il provoque les querelles et exacerbe l’orgueil au point de rendre fou un homme.

 

Marie d’Ange

 

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Le miracle des corps incorruptibles

Tout corps qui meurt se décompose. C’est le cycle de la vie, c’est la nature. Mais, il arrive que l’on assiste à des miracles, que l’on découvre des corps non décomposés qui sentent bon un parfum de fleur, des corps ensevelis depuis de nombreuses années, mais qui demeurent encore intacts. C’est ce que l’on appelle le phénomène des corps incorruptibles et le plus souvent, cela concerne des hommes ou des femmes profondément pieux. Quel est ce miracle ? Comment cela est-il possible ?




 

Définition et explication

 

Sarcophage de bronze renfermant le corps incorrompu de Bernadette Soubyrous au couvent de saint Gildart de Nevas

 

À la mort biologique d’un corps, les cellules qui le composent explosent. Le corps se liquéfie et se putréfie. Ce processus est relativement rapide. Du méthane s’échappe du corps ainsi que des odeurs nauséabondes. Enfin, les chairs se détachent des os et pourrissent. Après plusieurs années sous terre, il ne reste quasiment plus rien des chairs. Seuls subsistent les os qui disparaîtront eux aussi avec le temps. Ce phénomène naturel est bien compris et étudié par les médecins et spécialistes. Ce processus concerne tous les êtres vivants dotés de chairs et de sang, hommes et animaux.

Pourtant, il arrive que parfois l’on tombe sur un corps qui n’est pas décomposé. C’est ce que l’on appelle le phénomène du corps incorruptible. Les spécialistes n’ont jamais pu l’expliquer, ils n’ont jamais réussi à comprendre comment un cadavre peut demeurer intact au bout de nombreuses années passé sous terre, qu’il soit même parfumé, car certains corps dégagent un parfum floral. Les spécialistes ont étudié beaucoup de cas de corps incorruptibles, sans jamais pouvoir donner une explication à ce phénomène. Peut-être parce qu’il s’agit tout simplement d’un miracle.

Voici quelques exemples de corps incorruptibles :

Saint Nazaire de Milan, mort en martyr en 70, découvert incorrompu en 396, soit plus de trois cents ans après sa mort. Sur son cadavre, il y avait encore des traces de sang frais.

Saints Marcellin et Pierre, martyrs, morts tous deux vers 295, découverts incorrompus vers 800, soit plus de 500 ans après leur mort. Les dépouilles saignaient encore.

Sainte Werburg de Mercie, abbesse de Trentham morte en 703. En 708, son frère Cenred, roi de Mercie, décide de déplacer le corps de sa sœur dans l’église de Handbury. On retrouve son corps miraculeusement intact. Considérée comme un signe de la faveur divine, sa tombe est devenue un objet de vénération et un lieu de pèlerinage.

Sainte Rose de Viterbo, morte en 1252. Son corps exhalait un parfum agréable de fleurs. Il est exhumé à Santa Maria et ramené dans son pays natal de Viterbo. Durant de nombreuses années, le corps est demeuré intact et a fait l’objet de pèlerinages. En 1357, la chapelle où était conservé son corps brûla. Le corps changea seulement de couleur et les flammes ne le brûlèrent pas.

Sainte Zita, morte en 1272, le cercueil contenant le corps a été ouvert en 1446, 1581 et 1652 et a été, chaque fois, jugé intact. Aujourd’hui, la peau du cadavre est devenue sombre et sèche, mais le corps reste encore entier.

Bienheureux James de Blanconibus, un dominicain mort en 1301. Son corps est conservé dans l’église de Bebagna en Italie et à part son pied gauche volé comme relique, l’ensemble du corps est resté incorruptible, en particulier le visage et les mains.

Sainte Roseline de Villeneuve, une moniale chartreuse morte en 1329. Son corps était encore frais et souple en 1334, ainsi qu’en 1614, 1644, 1657 et 1835. En 1929, les yeux semblaient toujours frais, mais le corps un peu desséché et noirci. En 1951, le corps présentait quelques traces de moisissures.

Bienheureuse Angeline de Marsciano, moniale franciscaine morte en 1435. Son corps est retrouvé incorrompu et souple en 1492 et reste toujours incorrompu, mais desséché et noirci en 1991.

Sainte Thérèse de Jésus d’Avila, réformatrice du Carmel, morte en 1582. Corps incorrompu, très odorant, souple, exhalant une huile parfumée en 1583, soit 8 mois après sa mort. Mêmes constatations en 1585, 1586, 1592 puis l’émission du baume odorant a cessé et repris en 1760. Corps toujours intact en 1982.

Vénérable Catherine du Christ Balmeseda y san Martin, carmélite morte en 1594. Cadavre parfaitement souple et incorrompu en 1597, exhalant une odeur suave et distillant une substance huileuse. Même état en 1655. Toujours incorrompu et flexible en 1927. En 1981, le cadavre a commencé à se raidir et à noircir, mais demeure toujours intact. Cette préservation est considérée comme dépassant les lois de la nature parce qu’il n’y a eu ni saponification ni momification.

Saint Bernardin Realino, prêtre jésuite mort en 1616. Son corps paraissait un peu desséché, mais intact en 1624. On détacha les chairs du squelette et on les plaça dans des vases de cristal. En 1711, lors de la translation des restes, les chairs encore intactes baignaient dans du sang frais.

Bienheureuse Virginie Centurione, fondatrice des Filles de Notre-Dame au Calvaire, morte en 1651. Son corps est retrouvé parfaitement intact, souple et flexible en 1801, puis en 1803. On pouvait le mouvoir et le laver. Demeure toujours intact et raidi en 1910.

Vénérable Cécile Nobili, clarisse morte en 1655. Corps intact et souple en 1665, toujours intact, mais desséché en 1712, 1825 et lors de l’ultime reconnaissance canonique en 1946.

Sainte Rose Philippine Duchesne, religieuse de la Société du Sacré-Cœur, morte en 1852. Son corps toujours intact repose dans la chapelle de l’Académie Périer à Saint-Charles dans le Missouri.

Sainte Bernadette de Soubirous, religieuse de Saint-Gildard de Nevers morte en 1879. Son corps reste aujourd’hui encore parfaitement intact, le visage était légèrement assombri en 1909.

Bienheureuse Marie de Jésus Deluil Martiny, fondatrice de la Congrégation des Filles du Cœur de Jésus, morte en 1884. Son corps toujours incorrompu est conservé dans une châsse de verre dans la Basilique du Sacré-Cœur à Berchem.

Sainte Françoise de Salles, sœur-oblate de saint François de Sales, morte en 1914. Le 11 avril 1961, son corps a été transféré à Troyes, où elle a été enterrée dans la crypte de Saint-Gilles dans la maison mère. À la surprise générale, le corps était entièrement conservé.

Bienheureuse Mère Maria Alvarado de San José, fondatrice de la congrégation des Augustins Récollets, morte en 1940. Lors de l’exhumation de son corps en 1994, le cadavre a été retrouvé intact au milieu du cercueil. L’humidité du sous-sol avait totalement détruit le bois ainsi que son habit religieux, mais n’avait pas abîmé le corps. La croix de bois était en parfait état et les feuilles du bouquet de lys étaient encore vertes.

Bienheureux Alfred Ildephonse Schuster, archevêque de Milan et cardinal, mort en 1954. Le corps a été retrouvé parfaitement incorrompu en 1985 lors de l’exhumation canonique.

 

Je pourrai multiplier ainsi les exemples tant il y en a ! Mais je pense que l’on a bien compris que l’on se trouve devant des miracles que la science, malgré ses connaissances actuelles, ne peut expliquer. La Bible parle de ces phénomènes de corps incorrompus.

 

 

 

Ce que nous dit la Bible

 

Corps intact de Soeur Marie de Jésus, au couvent de Santa Catalina de Siena.

 

Plusieurs passages de la Bible nous parlent de ce miracle des corps incorrompus. Citons quelques extraits.

 

Corinthiens 15 ; 39-42

Toute chair n’est pas la même chair ; autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons.

Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais l’éclat des corps célestes est d’une autre nature que celui des corps terrestres ;

autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile.

Ainsi en est-il pour la résurrection des morts. Semé dans la corruption, le corps ressuscite, incorruptible ;

 

Corinthiens 15 ; 51-54

Voici un mystère que je vous révèle : Nous ne nous endormirons pas tous, mais tous nous serons changés,

en un instant, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette, car la trompette retentira et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés.

Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité.

Lors que ce corps corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : « La mort a été engloutie pour la victoire »

 

ACTES 13, 35

C’est pourquoi il dit encore ailleurs : Tu ne permettras pas que ton Saint voie la décomposition.

 

Des paroles fortes qui nous montrent que les corps incorruptibles ressemblent bien à des miracles !

 

 

 

L’avis d’un spécialiste

 

Corps de Padre Pio conservé

 

Hubert Larcher (1921-2008), docteur en médecine et licencié en philosophie, était un chercheur en parapsychologie et l’un des fondateurs de la Société de Thanatologie en 1966. Il s’est penché sur les cas des corps incorruptibles.

Dans sa soutenance de doctorat en 1951 à propos de « l’introduction à l’étude de l’adaptation à la mort fonctionnelle », il commença à évoquer les corps découverts incorruptibles. Dans son ouvrage, « Le sang peut-il vaincre la mort », réédité en 1990 sous le titre « La mémoire du soleil, aux frontières de la mort », il fait une étude approfondie de ce phénomène.

La Revue Métapsychique de Mars-Avril 1954 relate une communication très surprenante de Hubert Larcher sur ces cas extraordinaires de corps incorrompus. Dans cet article, il revient sur trois cas d’incorruption de la chair, dont celui de sainte Thérèse d’Avila de Ahumada, inhumée en 1515 avec un corps intact exhalant des odeurs de lys, de jasmin et de violette. En 1598, on avait érigé un monument de pierre sur l’emplacement de la sépulture primitive, et le corps fut déposé dans une châsse splendide offerte par la duchesse d’Albe. On grave sur la tombe cette inscription : « Sous ce marbre repose, non sa cendre, mais sa chair flexible, incorruptible dont le parfum très suave est le signe merveilleux de sa gloire ».

Sainte Thérèse d’Avila de Ahumada fut exhumée onze fois entre 1515 et 1952 afin de constater son état de conservation. Chaque fois, on déclara que le temps n’avait pas d’emprise sur son corps. Beaucoup témoignèrent que l’odeur déjà remarquée à plusieurs reprises durant sa vie, plus pénétrante durant sa dernière maladie, le devint encore davantage à sa mort et après sa mort, si bien que les religieuses durent laisser la nuit entière la porte et la fenêtre ouvertes malgré la saison. Le lys, le jasmin, la violette semblaient avoir uni leurs odeurs dans un parfum incomparable. On se souvient des parfums que Padre Pio répandait autour de lui, de la même manière que sainte Thérèse d’Avila de Ahumada l’avait fait durant sa vie et après sa mort. On appelle ce charisme l’osmogénésie.

Lorsque le corps de la sainte fut transporté pour l’enterrement, la foule remarqua le parfum merveilleux qui émanait de Thérèse. Le corps fut déposé sans être embaumé dans un cercueil de bois puis descendu dans une fosse très profonde. Le cercueil fut recouvert de pierres, de chaux, de terre humide et d’une pierre sépulcrale. Neuf mois après les obsèques, le parfum de Thérèse émanait encore de terre.

Le 1er janvier 1586, les religieuses ouvrirent la châsse et découvrirent un corps entier, intact, toujours parfumé. Les os étaient joints, les nerfs liés les uns aux autres. La chair demeurait souple, tendre, flexible. On aurait dit que Thérèse dormait. On transféra le corps dans une somptueuse châsse offerte par la duchesse d’Albe. Les religieuses d’Alba conservèrent un bras comme relique. Et malgré les nombreuses exhumations, les enquêtes, on ne put expliquer l’incorruptibilité du corps du Thérèse.

Encore un autre cas intéressant étudié par Hubert Larcher, celui de saint Youssef Makhlouf. Ce moine qui vivait en ermite au monastère de Saint-Maron à Anaya au Liban est mort le 24 décembre 1898. On enterra le corps dans une tombe touchant l’église et on le recouvrit d’une pierre en marbre perméable à l’eau de pluie. La sépulture étant située plus bas que le niveau du sol, l’eau y pénétrait lors des pluies violentes qui s’abattaient sur la région.

La nuit suivant l’enterrement, des phénomènes lumineux visibles à plus de 100 mètres à la ronde se manifestèrent au-dessus de la tombe et cela pendant 45 nuits. La tombe fut ouverte le 15 avril 1899 et l’on découvrit le corps du père Charbel flottant dans la boue. On le lava, on le débarrassa des moisissures et l’on découvrit avec stupeur qu’il était intact. Les membres étaient toujours flexibles, la peau avait gardé sa fraîcheur et la trace de la chaîne de fer, dont l’ermite s’entourait les hanches, était encore visible. Lorsque l’on essuya la moisissure sur son visage, du sang se mit à couler. Les vêtements du mort furent changés, et le corps transporté à l’intérieur d’un cercueil vitré, placé dans un oratoire. Le cadavre continua à saigner.

En 1900, afin d’assécher le corps, on l’exposa sur la terrasse de l’église pendant six mois. Cela ne servit à rien, car il continua à saigner pendant 27 ans. Pendant toutes ces années, un liquide composé de sang et d’eau continua à suinter hors du cadavre !

Les autorités médicales se dirent, en voyant ce phénomène, qu’il fallait revoir la définition de la mort légale qui reposait sur un arrêt absolu du cœur et de la respiration. On se posa la question si l’organisme pouvait rester vivant dans un milieu ambiant et avoir encore une activité psychique et instinctive. On ne trouva pas la réponse.

Le cas de sainte Roseline de Villeneuve est tout aussi surprenant. Roseline s’est éteinte le 17 janvier 1329 à l’âge de 66 ans. Son corps était visible dans la chapelle de Sainte-Roseline-des-Arcs-sur-Argens dans le Var et durant 558, il a gardé toute sa souplesse. Chose bizarre, les yeux de Roseline avaient gardé tout leur éclat bien après le pourrissement du corps, et cela pendant 679 ans.  

Le 3 septembre 1951, Hubert Larcher a étudié le corps de la sainte. Il déclara que seul l’œil gauche était en voie de destruction par des moisissures et que le corps présentait des moisissures sur le bord cubital de la main droite. Le corps était relativement bien conservé, mais cela était peut-être dû aux nombreuses interventions des embaumeurs pour lutter contre la présence d’insectes. En effet, en 1894, le docteur Pietro Neri avait restauré le corps à l’aide de cire d’abeille qu’il teinta de noir. En 1929, lorsque le docteur Paul Sabatier examina le corps, il affirma qu’il présentait une dessiccation relative, une couleur ébène, mais que les yeux étaient restés identiques.

Est-ce un miracle ? On sait que lors de la mort de la sainte, pendant plusieurs jours, des fidèles défilèrent devant sa dépouille. On nota plusieurs cas de guérisons spontanées. Le corps exhalait un délicieux parfum de rose.

 

 

 

Pouvons-nous croire aux miracles ? Les miracles existent, c’est certain. Ils se déroulent tous les jours, autour de nous, mais nous n’y faisons pas attention. Nous sommes conditionnés à voir le mal et pas le bien. Ouvrons nos yeux, ouvrons nos cœurs, soyons attentifs à l’appel du Seigneur. Bien sûr, il faut parler du mal, du démon, mais il faut aussi parler du bien, des anges.

 

Marie d’Ange

 

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Alastor, le démon bourreau

Souvent confondu avec l’Ange Exterminateur ou Azazel, Alastor est l’exécuteur suprême des sentences de Satan. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est appelé le bourreau.




 

Alastor n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier. De même, ce démon n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie ».

Collin de Plancy, dans son fabuleux « Dictionnaire Infernal » nous en donne une définition assez précise : « Démon sévère, exécuteur suprême des sentences du monarque infernal. Il fait les fonctions de Némésis. Zoroastre l’appelle le bourreau ; Origène dit que c’est le même qu’Azazel ; d’autres le confondent avec l’ange exterminateur. Les anciens appelaient les génies malfaisants alastores, et Plutarque dit que Cicéron, par haine contre Auguste, avait eu le projet de se tuer après du foyer de ce prince pour devenir son alastor. »

Nahéma — Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » nous parlent aussi d’Alastor. Pour eux, il est, comme le pensait déjà à l’époque Collin de Plancy, le démon exécuteur et le bourreau des sentences de la Cour Infernale.

Ils ajoutent que ce démon peut être conjuré par un mage dans le but de faire exécuter une sentence, de mort par exemple, ou une punition que le mage a décidé d’infliger. Ce qui me paraît bizarre, c’est que normalement, les démons ne peuvent tuer, cela leur est interdit par Dieu. Ils peuvent pousser au suicide, mais pas tuer.

Lorsqu’il apparaît, Alastor se montre sous les traits d’un homme laid, complètement nu et à l’air fou, portant deux petites cornes. Il a de grandes oreilles pointues, des dents de requins et tient une épée à la main droite et un fouet à la main gauche.

Alastor est un démon dangereux, sévère, qui exécute les sentences de Satan avec un réel plaisir. Il tourmente les esprits.

Alastor est un démon dangereux, serviteur et bourreau des verdicts du roi des enfers. On dit de lui qu’il était le démon de l’inquisition et que les inquisiteurs qui étaient sous son emprise devenaient des fous sanguinaires.

Alastor est issu de la mythologie grecque et romain, il est même un démon très connu de cette mythologie et représente le génie du mal de la maison.

Le mot « alastor » signifie vengeur. Dans la mythologie grecque, Alastor est associé aux péchés qui se donnent de génération en génération. Dans la mythologie romaine, ce démon représente le génie maléfique de la maison, celui qui attire les résidents à commettre des péchés. Il est donc souvent associé aux querelles familiales.

Alastor est aussi lié à la vengeance. Il agit aussi contre les successeurs si celui qui a péché meurt avant de recevoir sa sentence.

Dans la mythologie romaine, Alastor était à l’origine un mortel, fils de Neleus, roi de Pylos. Il est devenu démon après que Hercule l’ait tué.

En démonologie chrétienne, Alastor est connu comme étant le bourreau de Satan.

Alastor est donc un démon cruel, un bourreau qui se plaît à torturer les pécheurs. Il exécute sans broncher les ordres de Satan et fait naître l’esprit de vengeance dans la tête de ceux qui sont soumis à lui. Il n’est pas bon de le conjurer, car Alastor n’aime que la mort.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




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Château Gaillard, une forteresse médiévale hantée

Direction la Normandie pour enquêter sur une légende très effrayante, celle de l’esprit de Marguerite de Bourgogne qui hanterait la forteresse de Gaillard, un complexe médiéval aujourd’hui à l’état de ruine. C’est une investigation particulière dans un lieu chargé d’histoire, d’évènements tragiques. La légende raconte que Marguerite de Bourgogne, fille de Philippe le Bel, morte dans des conditions mystérieuses, reviendrait hanter l’endroit. Des témoins l’auraient aperçue déambulant à travers les ruines du château. Quand est-il réellement ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir.




 

Un peu d’histoire

 

Vue aérienne du château Gaillard

 

Le Château Gaillard est une forteresse médiévale construite au XIIe siècle par Richard Cœur de Lion sur une falaise. Située au cœur du Vexin normand, elle domine toute la vallée de la Seine.

Dans les années 1060, les rois de France et les rois d’Angleterre, alors ducs de Normandie, se livraient bataille pour conquérir des terres. En 1189, Richard Ier, duc de Normandie, surnommé Richard Cœur de Lion, arrive sur le trône d’Angleterre succédant à son père Henri II Plantagenêt. Le roi Philippe Auguste, roi de France, jusque-là allié de Richard, s’éloigne de lui. Ce dernier veut dominer la Normandie appartenant au duc de Normandie, donc à Richard. Durant l’hiver 1190, les deux rois se rendent ensemble en Terre sainte. Philippe Auguste rentrera plus tôt que Richard Cœur-de-Lion et profite de l’absence de ce dernier pour entamer la conquête de la Normandie.

Dès son retour, le roi d’Angleterre se bat avec force pour récupérer la frontière orientale de son duché de Normandie. Après sa victoire face à l’armée du Capétien à Fréteval près de Vendôme, il conclut un traité avec Philippe Auguste en 1196. Richard concède plusieurs terres à son rival, notamment Gaillon et Vernon. Mais la frontière orientale du duché est fragile. Pour la renforcer, Richard construit le château Gaillard qui aura pour but de barrer la route de la Seine lors des prochaines offensives des Français. Pour l’emplacement de cette forteresse, il choisit le site d’Andelys.

Mais ce choix pose un double problème : d’une part, Andelys appartient à l’archevêque de Rouen, Gautier de Coutances et d’autre part, d’après le traité signé en 1196, Richard n’a pas le droit de fortifier cet endroit. Le roi d’Angleterre va passer outre le traité, outre les protestations de Gautier de Coutances, à qui il offre en compensation plusieurs terres ducales, dont le port de Dieppe, et décide de bâtir la forteresse de Gaillard.

Les travaux démarrent. Le bastion est construit sur un éperon rocheux qui domine la Seine d’environ 90 mètres. Les travaux s’achèvent en moins de deux ans en 1198. Tout en pierre, il se distingue par la complexité de son plan. Cette forteresse ne ressemble à aucune autre construite jusqu’à maintenant. En effet, le château Gaillard s’organise en multiples volumes, emboîtés ou presque indépendants les uns des autres. L’objectif était de multiplier les obstacles afin d’épuiser l’assaillant. Il y avait le donjon situé au milieu d’une haute cour. C’est la partie la mieux conservée et l’un des éléments les plus originaux jamais créés. Le donjon est construit comme une tour circulaire sur les trois quarts, doté d’un angle au sud-est et renforcé par un éperon et des contreforts en forme de pyramides inversées. Le donjon comptait trois niveaux. On y entrait par le premier étage au nord-ouest via un long escalier de pierre aujourd’hui disparu. Cette tour avait surtout un caractère résidentiel plus que défensif.

La haute cour qui abrite le donjon est entourée d’une enceinte (chemise) et d’un fossé externe. Cette haute cour se compose d’une grande salle (aula), d’un four à pain et d’une armurerie. Des celliers avaient été creusés dans la roche du fossé, au pied de la chemise, permettant le ravitaillement d’une garnison pendant deux ans. Cette cour, de forme ellipsoïdale, est assez bien conservée et très bien conçue pour résister aux gros projectiles. Côté falaise, on trouve un mur plat, peu épais, avec des fenêtres, qui se fond avec le donjon.

La basse-cour englobe la haute cour et le donjon. Elle est entourée d’un fossé sec équipé d’obstacles, surmonté d’un rempart polygonal et de tours. Il ne reste pas grand-chose de la basse cour ni de ses tours. À l’intérieur s’y trouvaient une chapelle et des bâtiments domestiques.

En avant de la basse cour se trouvait un ouvrage défensif de forme polygonale pourvu de flanquements circulaires. C’est une partie quasiment indépendante du château reliée à lui par un pont mobile enjambant le fossé. Il servait d’entrée au château.

Un puits de 120 mètres de profondeur a été creusé dans le sol calcaire de la basse cour et des citernes, situées dans la haute cour, permettaient de stocker l’eau.

Après la mort de Richard en avril 1199, son jeune frère Jean sans Terre lui succède sur le trône ducal. Philippe Auguste en profite pour reprendre la conquête du duché de Normandie. Après le traité du Goulet, un traité de paix signé le 22 mai 1200, le roi de France conserve ses dernières terres gagnées, notamment le Vexin normand. Mais, il n’a toujours pas le château Gaillard. En 1202, Philippe Auguste rompt cette paix et reprend l’offensive en août 1203. Il s’empare de l’île d’Andelys, de son fort, du bourg de la Couture. Les Anglo-Normands abandonnent le château de Vaudreuil et Philippe Auguste pénètre à l’intérieur du château de Radepont. Il ne reste plus que le château de Gaillard à soumettre. Cela n’est plus si important, puisque la France possède, à présent, la Normandie. Mais le château Gaillard est en fait le symbole de la puissance de Richard Cœur de Lion que Philippe Auguste veut abattre.

Dans cette bataille pour la prise du château, beaucoup de paysans, qui habitaient La Couture et qui avaient trouvé refuge dans le château, moururent de froid et de faim lors du siège. Tattegrain représenta toutes ces pauvres âmes dans son tableau « Les Bouches inutiles » peint en 1894. De pauvres gens qui ne purent s’enfuir, qui périrent d’une façon atroce, des femmes, des enfants, de vieillards qui moururent d’une façon abominable !

Je vais passer rapidement sur l’histoire de la prise de ce château. Sachez simplement que beaucoup de personnes y perdirent la vie. Je préfère m’attarder sur la réputation du château après sa prise par les Français.

 

 

 

Un château maudit

 

Un cachot du château Gaillard

 

Le château Gaillard devient donc la propriété du roi Auguste Philippe et de ses successeurs. On dit souvent que les âmes tourmentées reviennent sur le lieu de leurs souffrances. Et dans ce château, beaucoup ont trouvé la mort d’une façon atroce ou mystérieuse. Toutes les forteresses médiévales ont connu des guerres et quasiment toutes sont imprégnées d’un passé douloureux. Le château Gaillard n’est pas en reste et a connu des histoires tragiques, des morts violentes…

En 1314, deux des trois belles-filles de Philippe IV dit Philippe le Bel (1268-1314) furent enfermées à Château Gaillard après l’affaire de la tour de Nesle. Il y avait Marguerite de Bourgogne, soupçonnée d’adultère, mariée à Louis de France, l’héritier du trône, le futur Louis X dit le Hutin et Blanche, l’épouse de Charles de France, le troisième fils de Philippe le Bel, futur Charles IV le Bel. Marguerite de Bourgogne mourut dans sa prison tandis que la deuxième fut autorisée à se retirer au couvent de Maubuisson. La vie des femmes n’était pas simple à cette époque. Et certaines régions du monde sont restés cloitrés dans cette époque obscure en ce qui concerne les droits de la femme… mais cela est un autre sujet.

Aujourd’hui, plusieurs témoins affirment avoir vu le fantôme de Marguerite de Bourgogne, sorte de dame blanche, déambulant dans les ruines du château. Avant d’en parler, j’aimerais souligner une chose : cette forteresse, comme toutes les forteresses médiévales et les lieux qui ont vécu des atrocités, est réputée aujourd’hui hantée à cause de toute cette barbarie vécue en son sein. Le château Gaillard a vécu la guerre de Cent Ans, des guerres de religion et donc beaucoup de personnes y sont mortes dans des conditions atroces. Que de souffrances ! Que d’agonies !

C’est à cause de cela que le château a acquis sa réputation de lieu maudit. On ne peut qu’être maudit lorsque des millions de personnes trouvent la mort au même endroit ! Forcément, durant ces guerres atroces et barbares, le Diable était au milieu des combattants, des paysans. Le Diable en a profité pour recruter des âmes ! Et ces âmes damnées reviennent pour hanter les lieux, pour essayer de trouver la paix, pour se libérer de l’enfer ou tout simplement parce que le démon les y oblige. Là où il y a un fantôme, il y a forcément un démon. Ce fantôme peut être tenu prisonnier par un démon ou peut être une âme damnée. Et dans de tels lieux, il est tout à fait normal d’y trouver des âmes tourmentées et des damnés !

Ceci étant dit, penchons-nous sur l’histoire de Marguerite de Bourgogne, le fantôme qui hanterait la forteresse Gaillard.

 

 

 

Un château hanté

 

Représentation romantique de Marguerite de Bourgogne, gravure du XIXe siècle.

 

Marguerite de Bourgogne est née en 1290 et morte le 30 avril 1315 à Château Gaillard. Elle avait 25 ans au moment de sa mort.

Marguerite de Bourgogne était une princesse de la première branche bourguignonne de la dynastie capétienne. Elle était la fille de Robert II, duc de Bourgogne et d’Agnès de France et donc, par sa mère, petite-fille de Louis IX dit Saint Louis. Elle était aussi la sœur de Hugues V de Bourgogne, d’Eudes IV de Bourgogne et de Jeanne de Bourgogne, reine de France, épouse de Philippe VI de France.

Le 23 septembre 1305, Marguerite de Bourgogne épouse Louis Ier (1286-1316), roi de Navarre et futur roi de France surnommé Louis X dit le Hutin, lui-même fils du roi Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne 1ere. De ce mariage, elle donnera naissance à une fille, Jeanne II de Navarre (1311-1349).

Marguerite de Bourgogne est devenue tristement célèbre après la sulfureuse affaire d’adultère de la tour de Nesle. Au début de l’année 1314, Philippe IV le Bel, roi de France, fait arrêter ses trois belles-filles, Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation d’Isabelle de France, reine consort d’Angleterre. Les trois femmes sont prises en flagrant délit d’adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d’Aunay. C’est un véritable scandale qui restera gravé dans l’histoire sous le nom de l’affaire de la tour de Nesle.

Les chevaliers sont torturés et avouent leurs relations avec les princesses, des relations qui duraient depuis trois ans. Ils sont écorchés vifs, châtrés et décapités et leurs dépouilles furent suspendues à un gibet. On ne rigolait pas dans le temps avec l’adultère !

Quant à Marguerite, elle est jugée coupable, tondue, accoutrée d’une robe grossière et enfermée au château Gaillard.

Revenons sur le destin tragique de Marguerite de Bourgogne et sur les évènements qui l’ont conduite à la mort. En 1220, le prévôt de Paris, Philippe Hamelin, fait élever une grosse tour ronde de 25 mètres de haut et de diamètre. C’est la Tour Hamelin. Cette tour est complétée par une porte fortifiée et de deux autres tours. En 1270, Jean II de Nesle construit un hôtel à proximité de la tour Hamelin qui devient, ainsi, la Tour de Nesle, l’endroit où Marguerite fut retrouvée dans les bras des deux chevaliers.

En 1308, Armaury VI, comte de Monfort et propriétaire de l’Hôtel Nesle, vend le bâtiment au roi Philippe IV dit le Bel. Afin d’en faciliter l’accès, ce dernier construit, en 1313, un pont qui va remplacer la piste qui longe la rivière. Cet ancien chemin devient le premier quai de Paris, aujourd’hui appelé le quai des Augustins et le quai Conti.

L’Hôtel Nesle sera habité par des membres de la famille royale, dont les trois fils de Philippe le Bel, Louis, Philippe et Charles et leurs épouses respectives Marguerite, Jeanne et Blanche.

D’après les historiens, ce serait Mahaut d’Artois, dite Mathilde d’Artois, mère de Blanche et de Jeanne qui aurait attiré l’attention d’Isabelle, reine d’Angleterre et fille de Philippe le Bel sur les orgies qui se passaient à l’Hôtel Nesle. Mahaut d’Artois veut se venger de Marguerite, l’écarter du trône afin d’y faire monter l’une de ses filles. Ainsi, elle complote avec ses filles contre Marguerite et répand une rumeur d’adultère. Jeanne et Blanche ont pour mission de séduire des chevaliers et de les mettre dans le lit de Marguerite. Isabelle, lors de son passage en France en avril 1314, est témoin de cet adultère. Elle le dénonce auprès de son frère, le roi Philippe le Bel, qui fait arrêter tous les acteurs de ce drame, dont les chevaliers Philippe et Gautier d’Aunay pris sur le fait.

Le procès conclut immédiatement à l’adultère. Jeanne est reconnue complice. Marguerite et Blanche sont tondues et dépouillées de tous leurs ornements royaux et emprisonnées. Les chevaliers sont écorchés vifs, châtrés, décapités et pendus au gibet public, ce qui se veut une peine exemplaire pour ceux qui ont trahi la confiance de leurs souverains.

Marguerite de Bourgogne est envoyée au château Gaillard. On sait que Marguerite avait épousé, en 1305, Louis X, dit le Hutin, dans un mariage arrangé. Louis X est le fils aîné de Philippe le Bel. Et donc, Marguerite est destinée à devenir reine de France. De cette union naît une fille, Jeanne II, le 28 janvier 1311. Cette enfant n’est pas la première de Louis X qui a une fille illégitime avec une lingère du palais, née l’année même de son mariage. Marguerite était-elle au courant ? Peut-être est-ce le motif de son adultère ? Peut-être est-elle délaissée par son époux qui ne voit en elle que la génitrice des héritiers du trône ?

On sait qu’à peine un an après son mariage, Marguerite avait succombé aux avances d’un amant qui a su lui donner l’amour et le plaisir qu’elle recherchait. On sait que Marguerite n’était pas heureuse dans son mariage. Et lorsqu’elle fut découverte, lorsque ses adultères firent scandale, elle fut envoyée, le 19 avril 1314, à la forteresse du château Gaillard. Le mariage avec Louis X a duré à peine trois ans !

Le convoi qui transporte Marguerite jusqu’au château est lent et fait une halte au château de Vernon pour une nuit, l’endroit même où eurent lieu les noces ! Arrivée à la forteresse Gaillard, Marguerite est conduite au cachot. Plusieurs hypothèses circulent quant à l’emplacement exact de ce cachot. En effet, Marguerite de Bourgogne aurait logé dans une pièce du premier étage de la tour ou dans un souterrain creusé au pied du donjon de la première enceinte, sous les logis du gouverneur du château. Aujourd’hui, on peut descendre l’escalier qui conduit à une grande salle, une sorte de crypte. Une autre théorie évoque la détention de Marguerite dans une pièce du donjon, en hauteur, exposée au froid et au vent. Cette thèse accrédite celle de la mort naturelle de la Reine de Navarre, des suites d’une maladie pulmonaire. Sauf que, une rumeur circule sur le fait que c’est Louis X qui aurait fait assassiné sa femme, donc son épouse, afin de pouvoir s’unir avec Clémence de Hongrie. Et l’on peut supposer, vu son rang, que Marguerite fut relativement bien traitée.

Pendant plus d’un an, captive, Marguerite se consacrera à ses repas, aux prières, à sa repentance, aux promenades dans le château

Le 29 novembre 1314, Philippe le Bel décède d’un étrange mal que certains attribuent à des prophéties, une malédiction lancée par Jacques de Molay ou l’accomplissement du cinquième sceau de l’apocalypse qui précède la venue de l’antichrist… Louis X lui succède sur le trône et donc, Marguerite, même condamnée, devient ainsi la reine de France. Ce qui n’arrange pas les affaires du nouveau souverain qui veut un héritier mâle.

Selon les lois de l’époque, l’adultère n’est pas un motif suffisant de dissolution d’un mariage et seule une décision papale peut rompre ce lien. Mais, depuis la mort de Clément V, les cardinaux sont réunis en conclave à Avignon et ne parviennent pas à élire un successeur. Louis X est pressé, d’autant plus que Charles de Valois, frère de Philippe le Bel et donc son oncle, lui propose en mariage sa nièce, Clémence de Hongrie qu’il a fait venir de Naples. Et le temps passe, et toujours pas de pape élu ! Clémence de Hongrie est sur le point d’arriver en France. Louis X met alors en place un plan machiavélique pour assassiner la reine de France. Il donne ordre aux geôliers d’étrangler Marguerite. Ceci est une rumeur, car rien n’a pu être prouvé. C’est pourquoi on parle aujourd’hui de la légende de Marguerite étranglée dans sa cellule le 30 avril 1315. 

Même la mort de la reine au Château Gaillard est contestée, d’autant plus qu’il n’existe aucune preuve officielle de son enterrement et que de récentes fouilles archéologiques n’ont pas permis de révéler la tombe de Marguerite. Où se trouve la dépouille de la reine ?

Marguerite de Bourgogne serait inhumée à Vernon, dans la chapelle du couvent des Cordeliers. Cette hypothèse tient la route, d’autant plus que la logique voudrait qu’une reine, même en disgrâce, ait le droit d’être enterrée dans un couvent ou une abbaye. Mais alors, pourquoi son fantôme hanterait-il le château Gaillard ?

La sépulture de Marguerite ne se trouve pas à la forteresse Gaillard, n’a pas été encore mise à jour dans la chapelle du couvent des Cordeliers ou à proximité. D’où une autre hypothèse : le corps de la reine aurait été transféré dans le château de son enfance, à Couches, en Saône-et-Loire. Mais alors, son fantôme devrait hanter ce château et non celui de Gaillard !

Dans son ouvrage consacré au château de Couches, l’abbé Jean Berthollet écrit que Marguerite fut prise sous la protection de sa cousine Marie de Beaufremont, dame de couches et transférée au château de Couches, prisonnière libre et que Marguerite mourut en 1333 à l’âge de 43 ans.

On peut alors supposer que Louis X, devenu roi de France, a manigancé toute cette histoire. Il a fait croire au décès de son épouse afin de se libérer des liens du mariage et que donc, Marguerite était complice de cette supercherie.              Jean Berthollet avait trouvé des preuves de la mort de Marguerite à Couches dans les archives du diocèse d’Autun. Ce dernier est décédé brutalement d’une crise cardiaque sans jamais avoir pu confier ces preuves écrites à quelqu’un. D’ailleurs ces preuves n’ont jamais été retrouvées. On raconte même qu’un ami de la famille Cayot, les propriétaires actuels du château de Couches, serait lui aussi décédé d’une manière subite après s’être renseigné sur la légende de Marguerite. Il n’existe donc aucune preuve écrite sur le décès et l’enterrement de Marguerite et tous ceux qui les ont recherchées sont morts brutalement. Malédiction ? Je ne le pense pas. Je crois surtout qu’il s’agit d’un complot bien gardé et que quelqu’un ne veut pas qu’un lourd secret soit découvert.

D’ailleurs, je trouve bizarre que la famille Montaigu ait rebaptisé le château des Couches qui s’appelle aujourd’hui le château de Marguerite de Bourgogne. Pourquoi ? Peut-être parce que Marguerite y a passé son enfance. Ou peut-être parce que les Montaigu avaient la certitude que Marguerite était morte dans ce château.

Et si je me réfère à ce qui vient de se dire, la grande question est : pourquoi le fantôme de Marguerite hanterait-il le château Gaillard puisqu’elle n’y est pas morte ?

Des témoins, des chercheurs de fantômes affirment avoir vu le fantôme de Marguerite rôder sur les ruines de la forteresse Gaillard. Ils ont même collecté des preuves. Il y a des vidéos sur internet attestant de ces évènements paranormaux. Ces gens qui sont allés enquêter sur le lieu des vestiges de la forteresse médiévale de Gaillard affirment avoir entendu des cris d’agonies. Que doit-on penser de tout cela ?

Je répondrai à cette question par une phrase très simple : parfois une légende cache quelque chose d’encore plus légendaire. Je m’explique : je ne pense pas que le fantôme de Marguerite rôde à Gaillard. Je crois que cette ancienne reine de France repose en paix dans un tombeau, dans un lieu tenu secret. Je pense que toute cette légende s’est écrit autour d’une machination du roi Louis X qui aurait caché son épouse, fait croire à sa mort pour pouvoir épouser Clémence de Hongrie. Marguerite aurait donc coulé des jours heureux au château de Couches.

Mais alors, qui serait le fantôme qui hanterait le château Gaillard ? Je suppose que ce fantôme est une énième ruse d’un démon pour nous faire croire que les fantômes existent. Ou ce fantôme serait une âme damnée qui se fait passer pour Marguerite. Les démons et les damnés aiment se montrer tels que nous voulons qu’ils se montrent, c’est-à-dire en fantômes, en défunts, en proches récemment disparus… Et c’est exactement ce qu’il se passe au château de Gaillard. Toute la souffrance vécue durant les guerres successives, tous les morts… ont appelé un démon sur les lieux, qui s’est délecté en pervertissant des âmes et en retenant prisonnier des âmes saintes. Ceci pour vous montrer, chers lecteurs, qu’un fantôme cache souvent un démon, qu’un phénomène de hantise est souvent un acte démoniaque et qu’il n’est pas bon de jouer à l’apprenti chasseur de fantômes au risque d’y perdre la raison et son âme.

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Satan et Lucifer dans l’histoire de l’humanité

J’adore l’histoire et avec la sortie du livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité », je n’ai pas résisté à écrire cet article qui retrace l’histoire de Lucifer et Satan dans l’histoire de l’humanité. Comment étaient perçues ces entités ? Comment cette perception a-t-elle évolué au fil du temps ?




 

Un bref rappel

 

LLucifer et Satan, un seul même être.

 

Dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables », j’expliquais que Lucifer et Satan étaient un seul démon. Revenons sur cette définition : dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges créés, le premier. Il était le chef de la milice céleste et détenait la connaissance. D’où son surnom d’ange des lumières. Mais, Lucifer se révolta contre son Créateur, car il voulait être au centre de la Création. Il n’avait pas saisi que Jésus-Christ était au centre de cette Création. Il le comprendra plus tard, lorsque Jésus-Christ le terrassera sur la Croix.

Lucifer entraîna dans sa révolte d’autres anges et archanges. L’archange Michel combattit contre lui et le chassa du paradis. Lucifer, vaincu, se réfugia aux enfers avec toute sa horde d’anges déchus. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie en hébreu, l’adversaire. Donc, Satan est l’adversaire de Dieu. Avant Lucifer, ange rayonnant, aujourd’hui Satan l’adversaire. Lucifer est, par conséquent, le nom angélique de Satan et Satan le nom démoniaque de Lucifer.

Satan est le diable et a on lui a attribué beaucoup de noms et surnom, comme le Malin, le prince du mensonge, le Mal Absolu, le Serpent, le Grand Séducteur, le Roi des Enfers, le Tentateur, le Maître des Enfers… Parfois même, on l’a confondu avec Léviathan, Asmodée, Bélial, Belzébuth…

On trouve beaucoup d’occurrences du diable et de Satan dans la Bible, mais le nom de Lucifer n’apparaît pas dans les Saintes-Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion.

Je me permets de vous donner quelques définitions bibliques du Diable :

 

Ézéchiel 28, 13-18

« Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d’onyx, de jaspe, de saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé.

Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi.

Par la grandeur de ton commerce, tu as été rempli de violence, et tu as péché ; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois. Par la multitude de tes iniquités, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore. »

Dans ce passage du Premier Testament, on comprend que l’on parle de Lucifer, celui qui a été couvert de diamants, le protecteur, mais qui, à cause de son orgueil, s’est rebellé, devenant l’adversaire et a été jeté en enfer.

 

Apocalypse 12, 7 – 9

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

Quel merveilleux passage ! Ici, on nous décrit le combat de l’archange Michel contre Satan. Remarquez que l’on nomme Satan « le dragon » et que ce dernier est précipité sur terre.

 

 

 

Que dit la Bible

 

Le combat entre le bien et le mal est avant tout un combat spirituel.

 

Dans l’Ancien Testament, le mot « satan » ne désigne pas une personne définie, mais plutôt quelqu’un qui se pose en adversaire de quelqu’un d’autre. Le satan désigne aussi celui qui exerce au tribunal le rôle d’accusateur, comme nous pouvons le constater dans ce psaume où un homme faussement accusé demande à Dieu de punir ceux qui lui ont causé du tort : « Tel soit, de par le Seigneur, le salaire de mes accusateurs (mes satans) qui profèrent le mal contre moi. […] Qu’ils soient vêtus d’infamie, ceux qui m’accusent, enveloppés de leur honte comme d’un manteau ! » (Ps 109,20 .29).

Il faut attendre le livre de Job et le livre de Zacharie pour que Satan apparaisse comme un être surnaturel doté de pouvoirs. D’ailleurs, il est intéressant de constater que le Premier Testament fait preuve de beaucoup de sobriété dans la présentation de Satan, afin d’éviter de tomber dans les pièges d’un dualisme qui existait chez les peuples environnants. Ce dualisme consisterait à faire de Satan un être divin, égal à Dieu et représentant les forces du mal. Or, on préfère parler de Satan comme d’un ange de la cour céleste qui joue le rôle de l’accusateur dans les tribunaux. Il serait donc Lucifer œuvrant pour faire respecter la justice sur terre. Mais, on distingue déjà dans le livre de Job une volonté hostile contre l’homme et sa justice et l’on remarque que Satan s’oppose à Dieu : « il ne croit pas à l’amour désintéressé » (Jb 1,9) ; « sans être un “tentateur”, il s’attend à ce que Job succombe ; secrètement, il le désire, et l’on sent qu’il s’en réjouirait » (col. 1196).

La Bible pose la question de l’origine du mal dans le livre de la Genèse. Depuis que l’homme existe, le mal existe. Il prend des formes très diversifiées. Dans la Genèse, le mal apparaît sous la forme d’un serpent tentateur, dont l’habileté et la connaissance dépassent celles de l’être humain. Plus tard, ce serpent prendra le nom du diable, celui qui, selon le mot grec diabolos, « se jette en travers du chemin que l’homme parcourt sur terre » (Sg 2,23). Le diable séduit l’être humain, l’incite à renier Dieu, le tente, l’éloigne de la lumière de Dieu. Ainsi, le diable se comporte comme un adversaire de Dieu qui a pour but de noircir les âmes des hommes.

Le salut consiste à libérer les êtres humains de cette emprise diabolique, par la prière, la repentance, la piété… Et ce fut le dessein de Jésus-Christ : libérer les hommes de l’emprise de Satan. En effet, les Évangiles présentent la vie publique de Jésus, qui commence par la tentation dans le désert, comme un combat contre Satan. Dans le désert, Jésus affronte son Adversaire face à face et le terrasse. Puis, Il le combat dans la vie des êtres humains, en montrant comment le chasser des démoniaques (ceux qui sont possédés), mais aussi en redonnant la foi aux pécheurs et à tous ceux qui s’opposent à Lui. Jésus-Christ a changé l’histoire de l’humanité d’une manière extraordinaire ! Cette lutte acharnée entre le Christ et Satan sera à son paroxysme au moment de la Passion où le Christ vaincra les péchés du monde et la mort par la seule force de l’amour et de l’obéissance à la volonté de Dieu. Jésus-Christ a vaincu Satan au pied de la Croix. Il a sauvé l’humanité et nous a délivré un message formidable, qui est celui de chasser le démon en son nom. C’est ce que réalisent les exorcistes et c’est ce que chacun devrait faire pour ne pas être tenter par le démon, pour ne pas subir ses assauts.

Les hommes sont confrontés tous les jours à Satan l’Adversaire qui tentera toujours et sans relâche d’arracher la semence de la Parole dans le cœur des hommes. Satan demande à l’homme de renier sa condition de Fils de Dieu, comme il l’a fait avec Jésus dans le désert. Jésus-Christ nous a montré comment le repousser. À nous d’invoquer son nom pour avoir la force de le combattre. La seule arme que nous avons contre Satan, comme nous l’a enseigné Jésus, est l’amour de Dieu et de son prochain.

 

 

 

L’histoire de Satan et de Lucifer

 

Illustration de Gustave Doré

 

Les premiers chrétiens, dont les apôtres, ont propagé la Parole du Christ. Pendant les premiers siècles du christianisme, les chrétiens appelaient Jésus Lucifer, c’est-à-dire le porteur de lumière. Et en ce sens, ils avaient raison, Jésus apportait la lumière divine, mais il ne pouvait pas être Lucifer, puisque Lucifer est le premier archange créé par Dieu et celui qui s’est rebellé devenant ainsi l’Adversaire.

Ce n’est qu’à partir du Moyen-Âge, que Lucifer désignera un démon.

On a vu, dans le livre de la Genèse, que Satan est appelé le Serpent ou le Tentateur. Les noms Satan et Lucifer n’apparaissent à aucun moment.

Dans le livre d’Isaïe, on trouve ce passage :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! … Toi qui disais dans ton cœur :

“J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées…

Je serai l’égal du Très-Haut ! …»

Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. » (Is 14, 12 – 15)

Origène fut le premier à considérer que ce passage parle de Lucifer (l’Astre du matin) et de sa chute dans les profondeurs de l’abîme par orgueil, pour avoir voulu être l’égal de Dieu. Et c’est cette déchéance qui a permis à Lucifer de devenir Satan, l’Accusateur, le Serpent, le Tentateur, le Malin… donc le Diable.

Tertulien, saint Cyprien, saint Ambroise (les premiers grands exorcistes) ont approuvé ce point de vue. Ainsi, le Diable est entré dans la théologie et donc dans la Genèse après les premiers textes chrétiens, c’est-à-dire les Évangiles, en se basant d’un texte hébraïque.

Les commentateurs des textes bibliques modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme. D’autres exégètes ont vu dans ce texte la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. À chacun donc sa traduction. Pour ma part, j’adhère à la première.

Les premiers chrétiens étaient des exorcistes et chassaient le démon devant eux comme Jésus-Christ leur avait enseigné. Puis, l’Église a nommé les prêtres-exorcistes réglementant ainsi les exorcismes. Le diable était chassé. Il n’y avait pas de diabolisation. Les païens demandaient de l’aide aux chrétiens qui se montraient charitables. Il n’y avait pas de persécution.

Mais, Satan, à force de tentations, a réussi le prodige de renverser la situation. Cela s’est mis en place doucement au Moyen-Âge pour arriver à nos jours à ne plus croire au diable, à l’athéisme en masse… Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui demandent de l’aide aux païens (mages, sorciers…) et non l’inverse, car ils ne trouvent plus de réconfort auprès de l’Église.

Le véritable triomphe du Diable est intervenu au Moyen-Âge. C’est à cette époque qu’est posé le dogme de son existence. Son existence est érigée au rang de la Vérité révélée. Ce dogme de la foi catholique affirme que suite à sa déchéance, Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable.

Ce dogme intervient à une période particulièrement trouble, obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes (épidémies, famines, guerres, massacres, mouvements climatiques). Ces catastrophes sont souvent présentées comme l’œuvre du Diable. C’est aussi à la même période que l’on commence à tout diaboliser et que l’on voit le Diable partout. Mais on ne diabolise pas dans le but de délivrer, mais plutôt pour persécuter, comme ce fut le cas pour l’inquisition.

Puis, la théologie va se diviser en une théodicée, avec d’un côté, l’étude de Dieu et de l’autre côté, la démonologie avec l’étude du Diable. Je pense que cela fut une grosse erreur, puisque l’un ne va pas sans l’autre et vice versa. Il faut une grande connaissance dans les textes bibliques pour comprendre la démonologie, comme il faut une connaissance en démonologie pour comprendre les textes bibliques et chasser le démon.

Petit à petit, les mentalités vont évoluer et devenir laïques. Pendant les réformes luthériennes, le monde, déjà devenu laïc, est en pleine crise religieuse. Les grandes confessions (catholiques, protestantes…) se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Les protestants et les catholiques jouent à enchérir le Diable et définissent de plus en plus nettement le démon comme un être capable d’intervenir dans tous les actes de l’existence. Ils en font trop. Ils valorisent même l’idée, apparue à la fin du Moyen-Âge, de la sorcellerie. Les démonologues se mettent à dresser des portraits horribles sur ces femmes qui s’adonnent à Satan lors d’orgies interminables, de longues copulations avec des boucs… Le Sabbat est décrit précisément comme un culte tenu secret où se réunissent des adeptes du démon pour faire le plus de mal possible autour d’eux. C’est la transcription de fantasmes à propos d’une secte démoniaque, d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne et qui se réunissent dans des lieux secrets pour pratiquer un culte particulier, le SABBAT, et pour faire le plus de mal possible autour d’eux. Et c’est ainsi que l’on arrive aux épisodes des chasses aux sorcières… À force de tout diaboliser, on trouve le Diable partout ! Satan a donc réussi son pari de diffuser une idée de haine dans le monde, de plonger l’humanité dans la folie, de faire perpétrer des massacres violents. Il a toujours été présent tout au long de l’histoire de l’humanité. On peut sentir très nettement sa présence au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors du génocide du Rwanda… c’est-à-dire dès qu’il y a une augmentation des péchés en masse.

Les premières représentations du démon sont apparues au XIe siècle, avec les premières représentations des exorcistes. Pour le dessiner, on a utilisé l’image de Pan, une ancienne divinité païenne. Ainsi, le Diable a pris l’apparence d’un bouc, avec tout son attirail, les sabots, les cornes, la mauvaise odeur…

On pourrait croire que les chrétiens ont l’exclusivité du Diable. Il n’en est rien. Le Diable n’est pas une spécialité chrétienne. Il existe dans les autres religions sous différents noms. Il est Mâra qui tenta Bouddha, il est Belzébuth ou Baalzebub chez les Philistins, il est Ham Shatan chez les Hébreux, il est Ahriman, la divinité du Mal chez les Perses, il est Iblis qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, il est Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

En fait, le Diable est tout cela à la fois. C’est toujours le même ! Il s’adapte aux croyances, aux mentalités et c’est ainsi qu’il arrive à s’immiscer dans l’histoire de l’humanité et à provoquer des guerres, des catastrophes, à faire naître la haine… D’ailleurs, on peut s’apercevoir que tous ces diables ont des traits communs : ils symbolisent ou personnifient tous le mal, ils s’opposent tous à Dieu ou à une autre divinité. D’ailleurs, les termes que l’on emploie pour le personnifier sont clairs. Satan est le séducteur, le tentateur, le menteur, le malfaisant, le mauvais, le malin, l’accusateur, l’adversaire, l’ennemi… C’est lui la Bête de l’Apocalypse. C’est lui notre seul ennemi, celui qui peut prendre plusieurs visages pour mieux nous tromper.

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin




 

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Akouam, le démon géant

Nous ne savons pas grand-chose sur ce démon, mis à part qu’il apparaît dans la mythologie persane et qu’il est géant. Je pense qu’il est intéressant de se pencher sur les croyances persanes qui entourent cette divinité.




Akouam n’est pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier.

AKouam n’est pas dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la goétie » de Samuel Mathers.

Par contre, Collin de Plancy, dans son « Dictionnaire Infernal » le cite en ces termes : « démon géant, qui, dans les traditions persanes, lutta longtemps contre Roustam, et fut enfin, malgré sa masse énorme, tué par ce héros. Roustam est en Perse un personnage que l’on ne peut comparer qu’à Roland chez nous. »

Nahema-Nephthys et Anubis ne mentionnent pas ce démon dans leur ouvrage « Le Prince de ce monde ».

Comme on peut le constater, on n’a pas grand-chose sur ce démon. Par contre, il serait intéressant d’en savoir un peu plus sur Roustam, ce Perse qui aurait terrassé Akouam.

Statue représentant Rostam

Dans la mythologie persane, on trouve un héros répondant au nom de Rostam. C’est le fameux Roustam cité par Collin de Plancy. Rostam, fils de Zal et de Rudaba, était présenté comme le plus vaillant des héros iraniens.

Selon la légende, Rostam ne put naître correctement et son père, Zal, fit appel au Simurgh (Phénix), qui mit au monde l’enfant en pratiquant une césarienne. Ainsi, Rostam a donné son nom à cette technique médicale et dès lors, la césarienne est appelée « Rostaminé «  (à la manière de Rostam) en farsi.

Dans le Shâh Nâmeh (ou Chah nameh ou encore Shâhnâmeh ou Livre des rois en persan est un poème épique retraçant l’histoire de l’Iran depuis la création du monde jusqu’à l’arrivée de l’Islam, poème écrit par Ferdowsi), Rostam est un grand champion qui intervient dans de nombreuses histoires. C’est même l’un des personnages les plus aboutis du Shâh Nâmeh.

Et c’est dans ce livre que l’on trouve l’histoire où Rostam combat le dēw (qui signifie démon en persan). Ce démon est nommé Akvan et serait le même que Akouam. Il est représenté en un magnifique zèbre très puissant qui ravage les hordes de chevaux de Perse.

Quand le roi eut vent de ce problème, il réalisa que ce zèbre était un démon et qu’il fallait une ruse ahrimanique pour le vaincre. Il confia cette tâche à Rostam qui bien sûr, terrassa la bête.

Akvan, en perse, signifie esprit mauvais. C’est une divinité persane qui possède de grands pouvoirs et qui est dotée d’une grande force physique. Akouam est décrit comme ayant des crocs et des cornes, portant une jupe courte traditionnelle qui cache partiellement son sexe. Ses pieds sont dotés d’ongles semblables à des griffes.

Une caractéristique spécifique à Akvan ou Akouam est qu’il fait toujours le contraire de ce qu’on lui demande. Si l’on connaît cette caractéristique, on peut l’utiliser contre lui.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin