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Anna Katherine Emmerick, une grande visionnaire

Anna Katherine Emmerick était une simple fille de paysans de la Westphalie du XVIIIe siècle, une mystique et visionnaire extraordinaire longtemps ignorée du Vatican. Elle manifestait autant de signes surnaturels que Sainte Thérèse d’Avila, mais ne fut pas reconnue de suite. Il a fallu attendre plus de cent ans pour que Rome s’intéresse à elle et ouvre un procès en béatification en 1892. Finalement, Anna Katherine a été proclamée Bienheureuse le 3 octobre 2004, ce qui est un soulagement au vu des prouesses mystiques réalisées durant sa vie. Voyons cela plus en détail.

 

 

Biographie

 

Portrait d’Anne Katherine Emmerick réalisé par Gabriel von Max en 1885

 

Anna Katherine (ou Anne Catherine) Emmerick (ou Emmerich, Emerick, Emerik) est née le 8 septembre 1774 près de Coësfeld en Westphalie. Elle est la cinquième enfant de Bernard Emmerick et Anne Hillers qui auront en tout neuf enfants. La famille est modeste, Bernard Emmerick est un paysan.

Très tôt, Anna Katherine Emmerich ressentit le besoin de devenir moniale, mais son père s’y opposa et les couvents étaient tellement pauvres qu’ils n’acceptaient que les jeunes filles ayant des dots. Alors, Anna Katherine prit des cours d’orgue, pensant ainsi se faire accepter dans un couvent. Et pour payer les leçons de musique, elle réalisa des travaux de couture. Lorsqu’elle eut assez d’argent, elle quitta la maison familiale et s’installa chez son maître à musique.

Or, ce dernier, qui vivait avec sa fille Clara, était très pauvre et n’avait même pas de quoi se nourrir. Alors, Anna Katherine se mit à son service et dépensa ses économies pour les nourrir et quand elle n’eut plus d’argent, elle se retrouva, comme son maître, dans la plus grande détresse financière. Ces années furent très dures. En cachette de son père, sa mère lui apportait de la nourriture.

Au contact d’Anna Katherine, Clara, la fille du maître à musique, reçut la vocation religieuse. Et comme elle savait jouer de l’orgue, elle n’eut aucune difficulté à entrer dans un couvent. Mais son père exigea des sœurs qu’elles acceptent aussi Anna Katherine. Et c’est ainsi qu’Anna Katherine rejoignit le couvent des Augustines d’Agnetenberg à Dülmen.

C’est à la même époque que l’Allemagne passa sous la domination napoléonienne et que Bonaparte décida la dissolution de tous les monastères. Anna Katherine Emmerick fut jetée hors du couvent des Augustines. Durant son séjour au couvent, la jeune moniale avait eu des visions et avait reçu les stigmates. Mais personne ne le savait, car Anna Katherine cachait avec soin son état. Le fait d’être ainsi à la rue dans la petite ville de Dülmen lui fit perdre son anonymat et tous les prodiges qu’elle effectuait (visions, miracles, prédictions…) furent étalés au grand jour. De même que les stigmates. Et lorsque les habitants virent ses mains ensanglantées, ils prirent peur.

Elle fut victime de persécutions de la part des inquisiteurs religieux, des politiques, des médias et des médecins. Personne ne voulut la croire. Et ceux qui prétendaient l’admirer et qui se présentaient en tant qu’amis, la trahissaient. Les autorités françaises et allemandes la soumirent à des examens médicaux afin de prouver qu’elle entretenait ses blessures pour faire croire à des stigmates. Elle fut surveillée nuit et jour. Mais, très vite, on constata que Anna Katherine ne mentait pas, sans jamais l’avouer au grand public.

De plus en plus, on parlait d’Anna Katherine Emmerick à travers toute l’Allemagne. On disait que la jeune femme voyait le Christ, les saints, les prophètes de la Bible. Clemens Brentano, le leader du mouvement romantique allemand, lui rendit visite. Et pendant six ans, il prit des notes et retranscris les visions d’Anna Katherine en récits cohérents.

Grâce au travail de Clemens Brentano, nous disposons de précieux récits sur le Christ, la Vierge et de nombreux saints.

Anna Katherina était une jeune femme très discrète qui aurait préféré rester dans l’ombre et mener une existence normale. Un jour, alors qu’elle avait vu des malheurs s’abattre sur l’Église d’Espagne, elle demanda pourquoi on lui imposait ces horribles visions et de les raconter alors qu’elle n’y comprenait rien. Son ange gardien lui répondit : « Tu ne peux pas savoir combien d’âmes liront un jour cela et seront consolées, ranimées et incitées au bien. Il existe beaucoup de récits de grâces semblables accordées à d’autres, mais la plupart du temps, ils ne sont pas faits comme il faudrait. De plus, les anciennes choses sont devenues étrangères aux hommes de ce temps, et elles ont été discréditées par des inculpations téméraires : ce que tu peux raconter est suffisamment intelligible, et cela peut produire beaucoup de bien que tu ne peux pas apprécier. »

Ces paroles réconfortèrent Anna Katherine qui avait bien besoin de consolation. Lorsque Brentano publia le livre « Douloureuse Passion » comportant les visions de la jeune femme, il fut traîné dans la boue. Le livre fut cependant un succès de librairie. Et grâce à cette publicité, qui fit tant souffrir Anna Katherine Emmerick, la jeune femme avait déclenché, au cœur d’une Europe matérialiste et athée, un extraordinaire mouvement de conversion, qui ne s’est jamais arrêté depuis.

La jeune femme s’éteignit le 9 février 1824 à Dülmen en Allemagne.

 

 

Les stigmates

 

Détails des stigmates d’Anna Katherine dessinés de son vivant.

 

Pour rappel, les stigmates sont les marques miraculeuses des blessures du Christ. Ces marques ne s’infectent pas et de cicatrisent pas. Elles saignent en continuité. Padre Pio et beaucoup d’autres ont eu des stigmates. Les stigmates sont apparus sur le corps d’Anna Katherine Emmerich le 20 décembre 1812 lors d’une extase.

Le père Karl Erhard Schmöger (1819-1883) a compilé de nombreux témoignages sur les stigmates d’Anna Katherine dans le livre « Vie d’Anne Catherine Emmerich — Tome 1 ».

Voici des passages du livre dans lequel Anna Katherine parle de ses blessures : « Quand les plaies sont survenues, je n’en ai rien su c’est une autre personne qui les a d’abord remarquées et qui m’y fit faire attention en me disant : N’allez pas vous croire maintenant une Sainte-Catherine de Sienne, vous êtes encore bien loin de là. »

« Lorsque je reçus les signes extérieurs, je n’avais pour me servir qu’une petite fille qui ne pensait pas à laver le sang desséché. Moi-même, je ne l’ai pas remarqué et je ne l’ai pas lavé non plus. Voilà comme il est arrivé que l’abbé Lambert a remarqué avant moi-même les plaies des mains. La douleur ne pouvait pas m’y faire regarder, car elle existait déjà longtemps auparavant et les signes extérieurs n’y apportèrent aucun changement. (C’est pourquoi Anne Catherine avait coutume d’appeler marques la douleur ressentie depuis plusieurs années déjà aux endroits où se formèrent plus tard les plaies ; quant aux plaies visibles, elle les appelait les signes extérieurs.) En ce qui touche les douleurs à la tête, je les avais déjà environ quatre ans avant d’entrer au couvent. C’est comme si ma tête était tout entourée d’épines, ou plutôt comme si tous mes cheveux étaient des épines, en sorte que je ne pose jamais sans une vive souffrance la tête sur l’oreiller. Les souffrances causées par les autres plaies ne sont pas comme d’autres souffrances ; elles pénètrent jusqu’au cœur. Un attouchement ou une légère pression sur les croix de la poitrine ne me fait pas très grand mal à l’extérieur, mais bien à l’intérieur. C’est comme si toute la poitrine était enflammée. Quant au signe qui est au-dessus de l’estomac, j’y ai éprouvé la même douleur que si du feu était tombé dessus. »

À la question quand les signes sont apparus, Anna Katherine répondit : « Celui qui est sur l’estomac s’est montré le jour de saint Augustin ; la croix inférieure de la poitrine, environ six semaines après ; la croix supérieure de la poitrine, le jour de la fête de sainte Catherine ; les plaies des mains et des pieds à la dernière fête de Noël ; la plaie du côté, entre Noël et la nouvelle année. »

 

 

Ses voyages mystiques

 

La maison de naissance d’Anne Katherine Emmerick à Coesfeld-Flamschen.

 

Anna Katherine Emmerick disait à propos de ses voyages mystiques : « L’ange m’appelle et me mène en différents lieux. Je suis souvent en voyage avec lui. Il me conduit auprès de personnes que je connais ou que j’ai déjà vues une fois, et aussi près d’autres personnes qui me sont entièrement inconnues. Il me conduit même au-delà de la mer, mais cela est rapide comme la pensée, et alors je vais si loin, si loin !

C’est lui qui m’a conduit près de la reine de France (Marie-Antoinette) dans sa prison. Quand il vient à moi pour me faire faire quelque voyage, le plus souvent je vois d’abord une lueur ; puis sa forme lumineuse se dégage tout à coup de l’obscurité, comme lorsque dans la nuit ou ouvre une lanterne sourde. Quand nous voyageons, il fait nuit au-dessus de nous, mais une lueur plane sur la terre.

Nous voyageons à partir d’ici à travers des pays connus jusqu’à d’autres de plus en plus éloignés et j’ai le sentiment d’une immense distance.

Le voyage se fait tantôt sur des routes, tantôt à travers des plaines, des montagnes, des rivières et des mers. Je dois mesurer tout le chemin avec les pieds, souvent gravir avec effort des montagnes escarpées. Mes genoux sont alors fatigués et douloureux, mes pieds sont brûlants, je suis toujours pieds nus.

Mon guide marche quelquefois devant moi, quelquefois près de moi. Je ne le vois jamais remuer les pieds. Il est très silencieux, fait peu de mouvements, sinon qu’il accompagne ses courtes réponses d’un geste de la main ou d’une inclination de tête. Comme il est transparent et resplendissant ! Il est souvent grave et sérieux, souvent il se mêle à sa gravité quelque chose d’affectueux. Ses cheveux sont unis, flottants et brillants. Il a la tête découverte et porte une longue robe de prêtre avec un reflet blond […] » (Vie de la célèbre mystique tome 1 p88)

 

Anna Katherine a aussi assisté à l’épisode de la flagellation de Jésus. Ce témoignage est une preuve magnifique de ses voyages dans le temps et dans l’espace. Je vous le livre tel que la jeune femme l’a raconté : « Au milieu de ces événements lamentables, je me trouvais à Jérusalem, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre ; j’étais brisée, anéantie et presque mourante. Pendant qu’on flagellait mon Époux bien-aimé, j’étais assise en un endroit de la place, où aucun Juif n’osait venir de peur de se souiller. Pour moi, ce n’était pas ce que je craignais ; je désirais, au contraire, qu’une seule goutte de son sang jaillisse sur moi pour me purifier. J’étais si malade et tellement accablée de douleur, qu’il me semblait que j’allais mourir. Je ne pouvais pas secourir Jésus, je ne pouvais arrêter le cours des événements, et j’éprouvais pour mon Sauveur une compassion telle, que je tremblais, je gémissais à chaque coup qui lui était porté, et je m’étonnais fort qu’on ne me chassât pas. Bientôt j’entendis les railleries des bourreaux qui tressaient la couronne d’épines, et qui en essayaient les pointes en riant. J’étais tellement accablée de douleur et d’angoisse, que je ne pouvais plus ni pleurer ni me soutenir ; je voulais pourtant me traîner jusqu’à l’endroit où le Seigneur devait être couronné d’épines. » (Visions douloureuse Passion chapitre XXIII)

 

Anna Katherine faisait aussi des voyages au royaume des morts. Elle y était souvent conduite par son guide surnaturel afin d’assister les morts. Voici un témoignage d’une de ses expériences dans le royaume des morts : « Le 29 juin 1821, le Pèlerin enveloppa dans du papier des cheveux d’une femme décédée et de ses deux enfants dont l’un était mort sans baptême peu d’heures après sa naissance et l’autre à l’âge de deux mois, mais baptisé, puis il les attacha à la camisole de la malade sans qu’elle n’en sût rien […]

J’avais toujours une vision d’âmes en peine […] C’était une mère et deux enfants. La mère était à une grande profondeur. Je ne pus aller près d’elle […] Les enfants étaient dans un autre cercle ; je pus aller à eux. L’un d’eux était baptisé. Je pus m’entretenir avec lui […]

Quand je voulus aller à la mère, il me sembla que j’enfonçais, comme si j’eusse été trop lourde. J’essayai de l’assister de diverses manières, j’offris pour elle des prières et des souffrances, mais je ne pus arriver jusqu’à elle.

Mes regards plongèrent dans un sombre et vaste empire, dans un monde de brouillard où il y avait plusieurs cercles. L’état où sont ces âmes, les privations et les peines qu’elles subissent sont la suite nécessaire de leurs imperfections et de leurs transgressions sur la terre. Plusieurs sont en compagnie, d’autres sont seules. Les lieux dans lesquels elles se trouvent sont nébuleux et comme dans un brouillard […] il y règne un froid vif ou une chaleur étouffante […]

Les enfants étaient plus près du bord. Les non baptisés souffrent surtout de la liaison étroite avec le péché et l’impureté de leurs parents, les baptisés sont libres et purifiés.

On ne peut aider les âmes que par la grâce, la méditation, la prière, les bonnes œuvres, les mérites des saints, quelquefois par le fruit provenant de quelque chose de bon qui était dans ces âmes et qui s’est produit pendant leur vie.

L’idée la plus claire qu’on puisse se faire de cet état de choses est de se représenter sur la terre des établissements réglés selon la justice la plus parfaite pour la correction et l’amélioration des détenus, où toutes les punitions infligées et les satisfactions exigées correspondraient exactement aux délits […]

En ce monde on ne peut arriver aux maisons de correction que par des intermédiaires et des amis […] de même ceux qui sont renfermés dans de profonds cachots ne peuvent faire entendre leur voix que de loin, comme par un soupirail ou par-dessus un mur ; les choses se passent ainsi à certains égards dans l’autre monde. »

(Vie de la célèbre mystique tome 3 p50-51)

 

 

Ses visions

Anna Katherine Emmerick a eu des visions depuis son plus jeune âge et tout au long de sa vie. Des visions prophétiques qui font froid dans le dos et malheureusement non prises au sérieux et pas assez connues. Le père Schmoeger a compilé ces visions dans le livre « Vie d’Anne Catherine Emmerick — Tome 2. Et voici quelques extraits :

« Je vis différentes parties de la terre : mon guide me nomma l’Europe et me montrant un coin sablonneux, il me dit ces paroles remarquables :

— Voici la Prusse ennemie

Il me montra ensuite un point plus au nord, en disant :

— Voilà la Moscovie apportant avec elle bien des maux…

Les habitants étaient d’un orgueil inouï. Je vis qu’on armait et qu’on travaillait de tous les côtés. Tout était sombre et menaçant. Je vis là saint Basile et d’autres encore. Je vis sur le château aux toits étincelants, le Malin qui se tenait aux aguets. »

Dans cette prophétie, on reconnaît la cathédrale Sainte-Basile qui se trouve à Moscou, sur la plage Rouge. Et aujourd’hui, cette magnifique cathédrale est désaffectée, le monument est devenu un musée d’histoire… Anna Katherine Emmerick a vu Satan se délecter de la perte de cette basilique, de sa destruction. Il attend la conquête du Kremlin, sa destruction.

 

« Je vis que parmi les démons enchaînés par le Christ, lors de sa descente aux enfers, quelques-uns ont été déliés il n’y a pas longtemps et ont suscité cette secte. J’ai vu que d’autres seront relâchés de deux générations en deux générations. »

 

« … Enfin, le monde allait commencer ! Sous lui se levèrent des hommes porteurs de lumières. Et le siècle — ce siècle qui allait voir s’ouvrir l’an I des temps nouveaux — reçut le beau nom de Siècle des Lumières… »

 

« Elle vit, avec leurs terribles conséquences, les mesures que les propagateurs des lumières prenaient, partout où ils arrivaient au pouvoir et à l’influence, pour abolir le culte divin ainsi que toutes les pratiques et les exercices de piété, ou pour en faire quelque chose d’aussi vain que l’étaient les grands mots de “lumière”, de “charité”, d’“esprit”, sous lesquels ils cherchaient à cacher à eux-mêmes et aux autres le vide désolant de leurs entreprises ou Dieu n’était pour rien… »

 

« Mon guide me conduisit autour de toute la terre : il me fallut parcourir sans cesse d’immenses cavernes faites de ténèbres et où je vis une immense quantité de personnes errant de tous côtés et occupées à des œuvres ténébreuses. Il semblait que je parcourusse tous les points habités du globe, n’y voyant rien que le monde du vice. »

 

« Souvent je voyais de nouvelles troupes d’hommes tomber comme d’en haut dans cet aveuglement du vice. Je ne vis pas que rien s’améliorât… Il me fallut rentrer dans les ténèbres et considérer de nouveau la malice, l’aveuglement, la perversité, les pièges tendus, les passions vindicatives, l’orgueil, la fourberie, l’envie, l’avarice, la discorde, le meurtre, la luxure et l’horrible impiété des hommes, toutes choses qui pourtant ne leur étaient d’aucuns profit, mais les rendaient de plus en plus aveugles et misérables et les enfonçaient dans les ténèbres de plus en plus profondes. Souvent j’eus l’impression que des villes entières se trouvaient placées sur une croûte de terre très mince et couraient le risque de s’écrouler bientôt dans l’abîme. »

 

« Je vis ces hommes creuser eux-mêmes pour d’autres des fosses légèrement recouvertes : mais je ne vis pas de gens de bien dans ces ténèbres, ni aucun, par conséquent tomber dans les fosses. Je vis tous ces méchants comme de grands espaces ténébreux s’étendant de côté et d’autre ; je les voyais pêle-mêle comme dans la confusion tumultueuse d’une grande foire, formant divers groupes qui s’excitaient au mal et des masses qui se mêlaient les unes aux autres ; ils commettaient toutes sortes d’actes coupables et chaque péché en entraînait un autre. Souvent, il me semblait que je m’enfonçais plus profondément encore dans la nuit. Le chemin descendait une pente escarpée ; c’était quelque chose horriblement effrayant et qui s’étendait autour de la terre entière. Je vis des peuples de toutes les couleurs, portant les costumes les plus divers et tous plongés dans ces abominations. »

 

« Souvent je me réveillais pleine d’angoisse et de terreur ; je voyais la lune briller paisiblement à travers la fenêtre, et je priais Dieu en gémissant de ne plus me faire voir ces effrayantes images. Mais bientôt il me fallait redescendre dans ces terribles espaces ténébreux et voir les abominations qui s’y commettaient. Je me trouvai une fois dans une sphère de péché tellement horrible que je crus être dans l’enfer et que je me mis à crier et à gémir. Alors mon guide me dit :

— Je suis près de toi, et l’enfer ne peut pas être là où je suis.

Ce péché et toutes ces infamies crucifient à nouveau Jésus-Christ. Quelle est cette ville où se consomme la nouvelle passion ? Rome, vraisemblablement. De même que le Christ fut immolé à Jérusalem, la cité sainte de ce temps-là, ce ne peut être, parallèlement, que dans la nouvelle cité sainte là où est le siège de l’Église. »

 

« Il me sembla voir un lieu très étendu qui recevait davantage la clarté du jour. C’était comme l’image d’une ville appartenant à la partie du monde que nous habitons. Un horrible spectacle m’y fut montré. Je vis crucifier Notre Seigneur Jésus-Christ. Je frissonnais jusqu’à la moelle des os : car il n’y avait là que des hommes de notre époque. C’était un martyre du Seigneur bien plus affreux et bien plus cruel que celui qu’il eut à souffrir des juifs. »

Parle-t-elle de la destruction de l’Église ?

 

« Je vis là avec horreur un grand nombre de gens de ma connaissance, même de prêtres. Beaucoup de lignes et de ramifications partant des gens qui erraient dans les ténèbres aboutissaient à cet endroit. »

Partout dans le monde, l’Église est à l’agonie, bafouée par ses propres disciples, le peuple de l’Église est quasiment anéanti. Il subsiste encore quelques fidèles, mais ces derniers sont montrés du doigt, sont bafoués. Et en faisant cela, c’est Jésus lui-même que l’on insulte et que l’on opprime, c’est lui qui revit les souffrances de la Croix éternellement.

 

« Je vis une foule innombrable de malheureux opprimés, tourmentés et persécutés de nos jours en plusieurs lieux, et je vis toujours qu’on maltraitait par là Jésus-Christ en personne. Nous sommes à une époque déplorable où il n’y a plus de refuge contre le mal : un épais nuage de péché pèse sur le monde entier, et je vois des hommes faire les choses les plus abominables avec une tranquillité et une indifférence complètes.

Je vis tout cela dans plusieurs visions pendant que mon âme était conduite à travers divers pays sur toute la terre. »

Le péché a toujours existé, ce n’est pas nouveau. De tout temps, dans tous les peuples, il y eut des pêcheurs. La nouveauté d’aujourd’hui, c’est que le péché n’est plus vu comme tel. Tout est inversé. Celui qui commet l’adultère, celui qui vole, celui qui tue, celui qui s’enrichit en faisant travailler des enfants… est loué. Au contraire, celui qui est l’honnête, juste, bon, généreux est spolié. Ne dit-on pas que l’honnêteté ne paie pas ? Et c’est ainsi que nous obtenons notre monde, un monde insécuritaire où tout le monde essaie de gruger tout le monde, où le respect d’autrui n’existe plus, où l’on tue pour quelques euros, où l’on viole et surtout, où l’on n’est plus puni pour ces crimes !

 

« Je vis de nouveaux martyrs, non pas du temps présent (1820, année où Anne-Catherine a cette vision), mais du temps à venir. »

Cette vision peut être interprétée de cette manière : l’Église, née du sang du Christ mourra pour ressusciter du sang des derniers martyrs.

 

«  J’ai vu des gens de la secte secrète saper sans relâche la grande Église…

… Et j’ai vu près d’eux une horrible bête qui était montée de la mer. Elle avait une queue comme celle d’un poisson, des griffes comme celles d’un lion, et plusieurs têtes qui entouraient comme une couronne une tête plus grande. Sa gueule était large et rouge. Elle était tachetée comme un tigre et se montrait très familière avec les démolisseurs. Elle se couchait souvent au milieu d’eux pendant qu’ils travaillaient ; souvent aussi, ils allaient la trouver dans la caverne où elle se cachait quelquefois. »

Anna Katherine n’avait jamais lu l’Apocalypse, elle était illettrée. Pourtant, dans cette vision, elle décrit la bête de l’Apocalypse.

 

« Pendant ce temps, je vis ça et là, dans le monde entier, beaucoup de gens bons et pieux, surtout des ecclésiastiques, vexés, emprisonnés et opprimés, et j’eus le sentiment qu’ils deviendraient un jour des martyrs. Comme l’Église était déjà en grande partie démolie, si bien qu’il ne restait plus debout que le chœur avec l’autel, je vis ces démolisseurs pénétrer dans l’Église avec la bête. Quand la bête demeurait dans sa “caverne”, elle commandait de l’extérieur. Les ouvriers d’iniquité parmi lesquels de nombreux prêtres, se rendaient auprès d’elle, recevaient ses ordres et les exécutaient dans l’Église. Ainsi parvinrent-ils, patiemment à la détruire pierre à pierre.

Mais voici, l’enceinte étant tombée, que la Bête, elle-même va pouvoir pénétrer dans le sanctuaire. Or, quand le Mystère d’iniquité s’établit dans le sanctuaire, l’Écriture donne un nom à cette suprême profanation : la désolation de l’abomination réservée en son horrible plénitude aux jours de l’Antéchrist. Pénétrant dans l’Église avec la bête, les démolisseurs y trouvèrent une grande femme pleine de majesté. Il semblait qu’elle fut enceinte, car elle marchait lentement ; les ennemis furent saisis d’effroi à sa vue et la bête ne put plus faire un pas en avant. Elle allongea le cou vers la femme de l’air le plus furieux, comme si elle eut voulu la dévorer. Mais la femme se retourna et se prosterna la face contre terre. Je vis alors la Bête s’enfuir de nouveau vers la mer et les ennemis courir dans le plus grand désordre. »

Comment peut-on interpréter cette vision ? Qui est cette femme enceinte qui fait fuir la bête de l’Apocalypse ? Nous voyons que l’Église se détruit de l’intérieur et de l’extérieur, c’est-à-dire que ceux qui font partie de l’Église (prêtres, évêques…) ont pactisé avec la Bête et détruisent l’Église de l’intérieur pendant que d’autres, étrangers à l’Église, s’occupent de diffuser des idées de laïcité et de persécuter les derniers croyants. La femme qui met en fuite la Bête, la femme contre qui la Bête n’a aucun pouvoir est certainement la Vierge Marie. Ici, elle est enceinte des nouveaux membres de l’Église, ceux qui vont la remettre debout, ceux qui vont combattre la Bête afin que règne enfin la paix sur terre.

La Bête sait que Marie est sa plus terrible et redoutable ennemie. Mais elle sait aussi que Marie était amoindrie dans l’Église, tant elle a été spoliée comme son Fils. Mais au moment de s’installer dans le sanctuaire, d’asseoir son pouvoir, Marie fait son apparition. Elle est vulnérable, mais elle n’a pas peur. Sa foi la sauvera et lorsqu’elle se met à prier, la Bête la fuit.

 

« Je vis l’Église de saint Pierre et une énorme quantité d’hommes qui travaillaient à la renverser, mais j’en vis aussi d’autres qui y faisaient des réparations.

Des lignes de manœuvres occupées de ce double travail s’étendaient à travers le monde entier et je fus étonnée de l’ensemble avec lequel tout se faisait. Les démolisseurs détachaient de gros morceaux ; c’étaient particulièrement des sectaires en grand nombre et avec eux des apostats. Ces gens, en faisant leur travail de destruction, semblaient suivre certaines prescriptions et une certaine règle : ils portaient des tabliers blancs bordés d’un ruban bleu et garnis de poches, avec des truelles fichées dans la ceinture. Ils avaient d’ailleurs des vêtements de toute espèce ; il se trouvait parmi eux des hommes de distinction, grands et gros avec des uniformes et des croix (?), lesquels, toutefois ne mettaient pas eux-mêmes la main à l’ouvrage, mais marquaient sur les murs avec la truelle, les places où il fallait démolir. Je vis avec horreur qu’il y avait aussi parmi eux des prêtres catholiques.

Déjà toute la partie antérieure de l’église était abattue ; il n’y restait plus debout que le sanctuaire avec le saint Sacrement.

J’ai vu l’église de saint-pierre : elle était démolie, à l’exception du chœur et du maître-autel. »

 

« J’eus encore le tableau des démolisseurs s’attaquant à l’église de saint Pierre ; je vis encore comment, à la fin, Marie étendit son manteau au-dessus de l’église et comment les ennemis de Dieu furent chassés. »

 

« Mai 1823, j’ai eu de nouveau la vision de la secte secrète sapant de tous côtés l’église de saint Pierre. Ils travaillaient avec des instruments de toute espèce et couraient ça et là, emportant des pierres qu’ils en avaient détachées. Ils furent obligés de laisser l’autel, ils ne purent pas l’enlever. Je vis profaner et voler une image de Marie. »

 

« Je me plaignis au Pape et lui demandai comment il pouvait tolérer qu’il y eût tant de prêtres parmi les démolisseurs. Je vis à cette occasion pourquoi l’Église a été fondée à Rome ; c’est parce que c’est là le centre du monde et que tous les peuples s’y rattachent par quelques rapports.

Je vis aussi que Rome restera debout comme une île, comme un rocher au milieu de la mer, quand tout, autour d’elle, tombera en ruine. »

Les ruines dont se réfèrent cette vision ne sont pas matérielles, c’est-à-dire que l’on ne verra pas des bâtiments entiers s’écrouler. Ici, il est question d’un effondrement de toutes les lois naturelles et surnaturelles, civiles et religieuses sur lesquelles la civilisation chrétienne fut édifiée. Aujourd’hui, toutes ne sont pas renversées, mais toutes sont affaiblies, fracturées. Et lorsque tout s’effondrera, l’Église, figurée par le rocher romain, demeurera ferme devant le chaos et la dissolution du monde et se reconstruira sur cette base solide.

 

« Lorsque je vis les démolisseurs, je fus émerveillée de leur grande habileté. Ils avaient toutes sortes de machines ; tout se faisait suivant un plan ; rien ne s’écroulait de soi-même. Ils ne faisaient pas de bruit ; ils faisaient attention à tout ; ils avaient recours à des ruses de toute espèce, et les pierres semblaient souvent disparaître de leurs mains.

Quelques-uns d’entre eux rebâtissaient ; ils détruisaient ce qui est saint et grand et ce qu’ils édifiaient n’était que du vide, du creux, du superflu. Ils emportaient les pierres de l’autel et en faisaient un perron à l’entrée. »

Et c’est bien ce qu’il se passe aujourd’hui ! Dans l’ombre, avec ruse, on détruit l’Église. Tout cela est bien orchestré et fait avec un tel endoctrinement des masses que l’on ne voit rien.

 

« Je vis l’Église terrestre, c’est-à-dire la société des fidèles sur la terre, le troupeau du Christ dans son état de passage sur la terre, complètement obscurcie et désolée. Je vis les manquements et la décadence du sacerdoce, ainsi que leurs causes. Je vis les châtiments qui se préparent.

Les serviteurs de l’Église sont si lâches ! Ils ne font plus usage de la force qu’ils possèdent dans le sacerdoce.

Ah ! Si jamais les âmes réclament ce qui est leur dû par le clergé qui leur occasionne tant de pertes par son incurie et son indifférence, ce sera quelque chose de terrible !

Ils auront à rendre compte pour tout l’amour, toutes les consolations, toutes les exhortations, toutes les instructions touchant les devoirs de la religion, qu’ils ne nous donnent pas, pour toutes les bénédictions qu’ils ne distribuent pas, quoique la force de la main de Jésus soit sur eux, pour tout ce qu’ils omettent de faire à la ressemblance de Jésus.

Je vis des reliques jetées à l’aventure et d’autres choses du même genre. »

 

« J’ai eu une vision touchant les fautes innombrables des pasteurs et l’omission de tous leurs devoirs envers leur troupeau. Je vis beaucoup de bons et pieux évêques, mais ils étaient mous et faibles et le mauvais parti prenant souvent le dessus.

Tout cela m’a fait connaître que la récitation de la généalogie de Notre Seigneur devant le Saint Sacrement, à la Fête Dieu renferme un grand et profond mystère ; j’ai aussi connu par là, que de même que, parmi les ancêtres de Jésus-Christ, selon la chair, plusieurs ne furent pas des saints et furent même des pécheurs sans cesser d’être des degrés de l’échelle de Jacob, par lesquels Dieu descendit jusqu’à l’humanité, de même aussi les évêques indignes restent capables de consacrer le Saint Sacrement et de conférer la prêtrise avec tous les pouvoirs qui y sont attachés.

Je vis dans une ville, une réunion d’ecclésiastiques, de laïques et de femmes, lesquels étaient assis ensemble, faisant bonne chère et se livrant à des badinages frivoles, et au-dessus d’eux, un brouillard obscur qui aboutissait à une plaine plongée dans les ténèbres. Au milieu de ce brouillard, je vis Satan siéger sous une forme hideuse et, autour de lui, autant de compagnons qu’il y avait de personne dans la réunion qui était au-dessous. Tous ces mauvais esprits étaient continuellement en mouvement et occupés à pousser au mal cette réunion de personnes. Ils leur parlaient à l’oreille et agissaient sur eux de toutes les manières possibles. Ces gens étaient dans un état d’excitation sensuelle très dangereux et engagés dans des conversations folâtres et provocantes. Les ecclésiastiques étaient de ceux qui ont pour principe. »

 

« Comme il (Satan) parlait de son droit et que ce langage me surprenait beaucoup, je fus instruite que réellement il acquérait un droit positif quand une personne baptisée qui avait reçu par Jésus-Christ le pouvoir de le vaincre se livrait au contraire à lui par le péché librement et volontairement. »

 

« Je vis croître la tiédeur du clergé local, je vis un grand obscurcissement se faire. Alors la vision s’agrandit de tous côtés. Je vis partout les communautés catholiques opprimées, vexées, resserrées et privées de liberté. Je vis beaucoup d’églises fermées. Je vis de grandes misères se produire partout. Je vis des guerres et du sang versé. Je vis le peuple farouche, ignorant, intervenir avec violence. »

Ce qui est dit dans cette vision s’est déjà produit dans tout l’est de l’Europe où l’Église orthodoxe a été mise à mal, martyrisée, avilie et se poursuit dans les pays arabes où les chrétiens sont pourchassés, contraints à la conversion ou tués. Le martyre de l’Église commença donc par celle d’Orient avec la Révolution et se terminera en Occident.

 

« Je vis l’Église des apostats prendre de grands accroissements. Je vis les ténèbres qui en partaient se répandre alentour et je vis beaucoup de gens délaisser l’Église légitime et se diriger vers l’autre, disant :

— Là tout est plus beau plus naturel et mieux ordonné.

Je vis des choses déplorables : on jouait, on buvait, on bavardait, on faisait la cour aux femmes dans l’église, en un mot on y commettait toutes sortes d’abominations. Les prêtres laissaient tout faire et disaient la messe avec beaucoup d’irrévérence. J’en vis peu qui eussent encore de la piété et jugeassent sainement les choses. Tout cela m’affligea beaucoup.

Alors mon Époux céleste m’attacha par le milieu du corps comme lui-même avait été attaché à la colonne et il me dit :

— C’est ainsi que l’Église sera encore liée, c’est ainsi qu’elle sera étroitement serrée avant qu’elle puisse se relever.

Il (mon Époux céleste) me montra aussi dans des tableaux innombrables la déplorable conduite des chrétiens et des ecclésiastiques, dans des sphères de plus en plus vastes s’étendant à travers le monde entier et où mon pays était compris. C’était un tableau immense et indiciblement triste qu’il est impossible de décrire. Il me fut aussi montré qu’il n’y a presque plus de chrétiens dans l’ancien sens du mot. Cette vision m’a remplie de tristesse.

Je vis dans l’avenir la religion tombée très bas et se conservant seulement par endroits dans quelques chaumières et dans quelques familles que Dieu a protégées aussi des désastres de la guerre. »

 

 « 12 septembre 1820. Je vis bâtir une église étrange et au rebours de toutes les règles. Le chœur était divisé en trois parties, dont chacune était plus haute que l’autre de quelques degrés. Au-dessous était un sombre caveau plein de brouillard.

Sur la première partie, je vis traîner un siège. Sur la seconde un bassin plein d’eau. L’eau seule paraissait avoir quelque chose de sanctifié. Tous les sacrements ayant été rejetés ou profanés, seule demeurerait l’eau du baptême, en sorte que tous les “chrétiens”, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, pourraient entrer dans cette église. 

Tout dans cette église, était obscur, à contresens et sans vie : il n’y avait que dérision et que ruine. 

Toute l’Église sera-t-elle réduite à cette église ? Non Dieu merci ! L’Église authentique demeure.

Je vis dans le voisinage une autre église où régnait la clarté et qui était pourvue de toute espèce de grâces d’en haut. J’y vis les anges monter et descendre, j’y vis de la vie et de l’accroissement… »

 

« Et il apparut une nouvelle église dans laquelle ils se trouvèrent rassemblés. Cette église était ronde avec une coupole grise et tant de gens y affluaient que je ne comprenais pas comment l’édifice pouvait les contenir tous. C’était comme un peuple entier.

Cependant, elle (la nouvelle église) devenait de plus en plus sombre et noire (elle n’était au commencement que grise) et tout ce qui s’y faisait était comme une vapeur noire. Ces ténèbres se répandirent au-dehors et toute verdure se flétrit ; plusieurs paroisses des environs furent envahies par l’obscurité et la sécheresse et la prairie, à une grande distance, devint comme un sombre marécage.

Je vis alors plusieurs troupes de gens bien intentionnés courir vers un côté de la prairie où il y avait encore de la verdure et de la lumière. »

 

« Tout y est (dans cette fausse église) foncièrement mauvais ; c’est la communion des profanes. Je ne puis dire combien tout ce qu’ils font est abominable, pernicieux et vain. Ils veulent être un seul corps en quelque autre chose que le Seigneur.

Il s’est formé un corps, une communauté en dehors du corps de Jésus qui est l’Église : une fausse église sans rédempteur, dont le mystère est de n’avoir pas de mystère.

J’eus une vision où je vis les autres dans la fausse église, édifice carré, sans clocher, noir et sale, avec un comble élevé. Ils étaient en grande intimité avec l’esprit qui y règne. Cette église est pleine d’immondices, de vanités, de sottise et d’obscurité. Presque aucun d’eux ne connaît les ténèbres au milieu desquelles il travaille. Tout y est pur en apparence : ce n’est que du vide.

Elle est pleine d’orgueil et de présomption, et avec cela destructrice et conduisant au mal avec toute espèce de beaux dehors. Son danger est dans son innocence apparente.

Le plan est unique, mais que de voies concourent à son achèvement : ils font et veulent des choses différentes : en certains lieux leur action est inoffensive ; ailleurs ils travaillent à corrompre un petit nombre de gens savants, et ainsi tous viennent ensemble aboutir à un centre, à une chose mauvaise par son origine, à un travail et à une action en dehors de Jésus-Christ pour lequel seule toute vie est sanctifiée et hors duquel toute pensée et toute action restent l’empire de la mort et du démon. »

 

« Je vois les ennemis du Saint-Sacrement qui ferment les églises et empêchent qu’on l’adore, s’attirer un terrible châtiment. Je les vois malades et au lit de la mort sans prêtre et sans sacrement ».

 

 

Un corps incorruptible

À sa mort, le corps d’Anne Catherina Emmerich est resté un certain temps incorruptible. Le corps a été exhumé plusieurs fois et a été toujours trouvé intact ; ce phénomène n’est pas rare, beaucoup de saints présentent ou ont présenté cette grâce.

Anna Catherina Emmerich est morte le 9 février 1824 et a été enterrée le 13 février 1824. Durant trois jours, la sainte est restée sur son lit de mort et ne présentait aucun signe de pourrissement. Les joues étaient restées roses. Le 26 mars 1824, soit plus d’un mois après sa mort, le tombeau fut ouvert une première fois par le bourgmestre Moellmann en présence de plusieurs officiers de police, de deux fossoyeurs. Le corps fut retrouvé parfaitement intact, enveloppé dans un drap de lit, les joues encore roses, le visage détendu et souriant. Aucune trace d’un début de pourrissement du corps. Aucune mauvaise odeur ne s’échappait du corps. Les stigmates au niveau des pieds étaient intacts et saignaient. Ceux des mains n’ont pu être vus puisqu’elles étaient enveloppées dans le linceul.

Le tombeau fut rouvert le 6 octobre 1858 en présence de plusieurs personnes, dont le commissaire épiscopal Bernard Schweling et monsieur Cramer, le doyen de Dulmen. 

Le tombeau fut ouvert une troisième fois le 6 octobre 1858, ainsi que le rapporte la lettre suivante écrite à l’auteur par M. Krabbe, doyen du chapitre de Munster. Le bois du cercueil était pourri, disloqué, le corps était dans de la terre. Le corps présentait des signes de pourrissement. Il fut examiné par deux médecins. Normalement, il n’aurait pas dû y avoir la présence de chair sur les os après tant de temps passé sous terre.

On ne sait pas combien de temps le corps est resté intact sous terre. On ne sait pas à quel moment le corps a commencé à se décomposer, mais cela s’est passé après le 22 mars 1824.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Andromalius, le démon du désespoir

Andromalius est un démon issu des croyances de la goétie, une science occulte de l’invocation d’entités démoniaques. C’est un démon ambivalent qui punit les voleurs, les comploteurs et les pécheurs tout en inspirant les suicides et le désespoir à ses victimes.

Le « Lemegeton » le mentionne à la 72e et dernière position de sa liste de démons. Par contre, Jean Wier et Collin de Plancy ne parlent pas de ce démon, qui a une position hiérarchique importante au sein de l’Empire infernal.

En effet, Andromalius est comte et baron de l’Enfer et commande 36 légions.

Andromalius pousse les hommes à voler et à piller et du même coup, les punit. Il se délecte à faire souffrir les pécheurs et pousse les hommes au désespoir et au suicide.

Il apparaît sous la forme d’un homme tenant un grand serpent à la main, une vipère. Il aime aussi à dévoiler les accords secrets et les complots.

À prier : saint Côme et saint Damien, saint Dominique, sainte Gemma Galganie, sainte Maria Goretti.

 

Marie d’Ange

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Témoignage : je suis infirmière en psychiatrie

Dans notre monde où l’on ne croit plus aux pouvoirs de Satan, le psychiatre a remplacé l’exorciste. Dès qu’une personne souffre de maux psychiques, entend des voix, connaît des pulsions de violence, a des idées suicidaires… on l’envoie chez le psychiatre qui va lui administrer un traitement. Or, parfois, le traitement est inefficace et va aggraver les troubles de cette personne. Car, elle souffre de maux démoniaques qui peuvent être soulagés par un exorciste. Mais la science se refuse l’existence d’une entité capable d’influencer notre comportement, notre esprit. Ce témoignage, très fort, nous montre qu’il existe différents troubles démoniaques, que la possession démoniaque peut revêtir plusieurs visages.

 

 

Témoignage

Extrait du livre « Nouveaux récits d’un exorciste » de Dom Gabriele Amorth

« Je me sens poussée à vous écrire après avoir lu, dans un journal catholique connu, un article sur le démon. Il a certainement été écrit de bonne foi, mais je désire témoigner de ce qui m’est arrivé, qui est en opposition directe avec ce qu’affirme le prêtre dans l’article.

J’ai 54 ans. Je suis infirmière et depuis seize ans, j’exerce ma profession de manière ininterrompue dans un asile psychiatrique. Malgré mes défauts, j’ai toujours cru en Dieu, même si j’ai été peu pratiquante. Je n’ai pas approfondi ma foi, qui s’appuyait seulement sur l’éducation reçue durant mon enfance. C’est la raison pour laquelle, à un certain point, je n’ai pas mis les pieds dans une église, même si, de temps en temps, je priai à ma façon. Puis, j’ai aussi cessé de prier, je me sentais malheureuse, comme si je refusais un amour dont j’avais besoin.

Il y a sept ans, mes enfants étant désormais grands et “casés”, j’ai commencé à avoir plus de temps pour moi-même, et j’ai voulu approfondir mes rapports avec Dieu. Mais il m’a fallu faire un grand effort. Je me sentais comme liée, aride, fermée en moi-même, presque incapable de communiquer. J’ai eu peur. Il est arrivé à plusieurs de mes collègues de travail de subir des troubles au niveau de la santé mentale. J’ai eu peur qu’il m’arrive la même chose. En vain, l’aumônier de l’hôpital a-t-il essayé de m’aider. Je refusais tout. Tous les matins, je me réveillais pleine de haine contre tout et contre tous. Je sentais en moi une violence homicide de vieille date, mais toujours refoulée par mon éducation. J’éprouvais des rancœurs irraisonnées. J’aurais voulu hurler, alors que, au contraire, par suite d’une habitude d’autocontrôle, je paraissais calme et douce. Et pourtant, depuis l’adolescence, j’avais eu des idées de suicide, bien que toujours réprimées. Je vivais dans un état de continuelle angoisse.

La nuit, depuis de longues années, à intervalles réguliers, je faisais des rêves étranges. Par exemple, je voyais un homme au fond d’un tuyau vide. Je ne sais pas s’il s’agissait d’un rouleau de papier ou d’une canalisation d’égout. Je n’arrivais jamais à voir la tête de cet homme. Il me disait : “Tu seras mienne.” Arrivée à ce point de mon rêve, je hurlais terrorisée, mais en même temps j’avais le désir de le suivre. Mon mari me réveillait, conscient que je faisais un cauchemar. D’autres fois, quelqu’un mettait dans mes bras un petit enfant de neuf à dix mois. Je l’accueillais avec joie. Mais tout de suite, ce doux poids devenait comme du plomb. Je m’efforçais de l’empêcher de tomber de mes bras, mais dans mes efforts, je lui faisais du mal, je blessais ce petit être. Je me réveillais triste et je priais Dieu de me sauver de ces cauchemars ou de ces prémonitions.

En 1989, j’ai pu, par hasard (mais c’est le Seigneur qui avait tout disposé ainsi), parler avec un exorciste. J’ai essayé de lui expliquer ce que j’éprouvais et tant d’autres choses étranges, en même temps ma quasi-impossibilité de prier. Ce prêtre m’a dit que j’étais liée au démon et que je pouvais m’en libérer : il m’aiderait. C’était une chose merveilleuse — sans hurlements ni aucun geste spectaculaire — lorsqu’il me bénissait. Je dirais que tout s’est déroulé d’une manière très discrète, très délicate. Peu à peu, j’ai perdu tout sentiment de haine, tout désir de hurler ; je n’éprouvais plus de rancœur vis-à-vis de personne ni le désir de suicide ou de violence. Mes cauchemars ont disparu. C’est comme si tout le mal qui s’était accumulé en moi durant ma vie et qui voulait sortir avait entièrement disparu.

J’ai fidèlement repris la pratique religieuse et surtout je prie beaucoup. Et pourtant, je suis restée “marquée”. Le Malin ne me lâche pas et parfois il me malmène physiquement et psychiquement. Aux pires moments, je recours de nouveau à mon sauver, l’exorciste, qui me redonne la paix et m’amène à accepter ma souffrance en union à la Passion du Christ. J’accepte volontiers cette mission de souffrance, en faveur des personnes tourmentées par Satan. Je pris l’Esprit Saint de me guider et il me semble qu’il le fait. Voici comment.

On dit qu’un voleur reconnaît un autre voleur et qu’un menteur reconnaît un autre menteur. Il me semble que, moi, je reconnais ceux qui sont tourmentés par le démon, même si je m’avance avec une extrême prudence, par peur de me tromper. Cécilia était soignée depuis quinze ans comme malade mentale, mais elle avait des comportements atypiques. Je l’ai accompagnée plusieurs mois chez l’exorciste qui, après avoir étudié son cas, lui a fait une série d’exorcismes. Le fait est qu’elle est presque guérie. Le médecin en chef de notre hôpital reconnaît cette guérison, même s’il confesse honnêtement ne pas y comprendre grand-chose. Cécilia a conservé encore quelques habitudes d’avant. Elle doit se refaire psychologiquement. Mais le diagnostic inscrit sur sa fiche clinique est à mettre au panier. Elle et sa famille sont très satisfaites.

Même si ce fut après beaucoup d’hésitations, j’ai parlé à un prêtre-exorciste de deux patientes de mon service, Rachel et Silvia. Il ne les a jamais rencontrées, mais il a fait pour ces deux personnes des prières de délivrance à distance, c’est-à-dire sans qu’elles soient présentes. Ceci peut étonner, mais j’ai été surprise par les résultats : toutes les deux patientes ont été libérées de toute réaction de violence, au point de pouvoir quitter l’hôpital. Tous les médecins ont été étonnés de cette rapide guérison et ils en ont attribué les mérites à leurs traitements. Ils me font vraiment rire ! Il suffit de dire que Rachelle a admis, avant de sortir, que depuis un mois elle ne prenait plus aucun médicament, parce qu’elle crachait dans les toilettes toutes les pilules qu’on lui administrait. Est-il donc si difficile de reconnaître que Dieu peut guérir ?

C’est vrai, même l’exorciste n’accepte pas que je dise : “C’est vous qui m’avez guérie, qui avez guéri Rachelle et Silvia, qui avez guéri…” Il ne veut rien entendre. Il ne cesse de répéter que Dieu exauce celui qui prie avec fois. Voilà ce que j’aurais voulu dira à l’auteur de cet article. J’aurais voulu lui dire que, à mon humble avis, il existe différents degrés d’influence du démon. Je n’ai pas étudié ces choses, mais je les ai vues. J’aurais voulu dire qu’il faut des exorcistes vraiment compétents, spécialisés, et que la majeure partie des prêtres ne sait vraiment rien de ces choses. Je pense que cette réalité est aujourd’hui plus fréquente et donc plus importante qu’au temps où ils ont étudié au séminaire.

L’auteur de l’article qui m’a inspiré de vous écrire a peut-être raison de dire que les cas de possessions sont rares ; en disant le contraire, on ferait peut-être de la publicité au Malin. Mais dans cet article, il n’est pas dit qu’il existe un grand nombre de cas mineurs, non de possession, mais d’influence maléfique. Et lorsque l’auteur de l’article insiste pour qu’on s’adresse tout de suite au psychiatre, je voudrais lui dire, moi qui depuis seize ans travaille en psychiatrie : “Si on connaît un prêtre vraiment compétent, il est préférable de s’adresser d’abord à lui.”

Je prie et fais prier pour que les exorcistes reçoivent toutes les grâces nécessaires à leur tâche difficile. Et pour que l’Église se rende compte de cette nécessité et forme des exorcistes compétents. C’est une carence immense, évidente pour tous ceux qui travaillent dans ce secteur. »

 

 

Analyse

La possession démoniaque ne se résume pas au fait qu’une personne soit sous l’emprise continuelle d’un démon qui prend son corps et agit à travers lui. Les troubles démoniaques revêtent plusieurs formes. Certains souffrent de troubles démoniaques et ne le savent pas ! D’autres sentent que quelque chose ne va pas, que tout dans leur vie est voué à l’échec, qu’ils ne réussissent rien et qu’ils plongent dans la dépression. Ils parlent alors de malchance et s’en vont trouver un magicien, ce qui va empirer leur cas. Ou, ils pensent avoir une maladie mentale et s’en vont voir un médecin qui sera totalement impuissant.

L’infirmière qui a écrit ce témoignage a vécu de nombreuses années dans le trouble. Bien sûr, elle arrivait à se contrôler, ne se mettait pas en colère, mais sentait une haine profonde en elle. Un exorciste a su l’aider et lui donner la paix.

Elle nous parle aussi des patients qu’elle soigne dans son hôpital psychiatrique. Il est étonnant de voir que, lorsqu’un patient qui souffre de trouble atypique est souvent étiqueté schizophrène et enfermé. Alors qu’il a besoin d’un exorciste ! Et lorsqu’un prêtre arrive à soulager ces patients, les médecins préfèrent s’en prendre les mérites (un bon traitement) plutôt que de se dire qu’au-delà de la science, il existe autre chose que l’on ne peut comprendre.

Le démon agit en nous, autour de nous, continuellement, en nous tentant ou en nous faisant subir des maux. Parfois ces maux sont bénins, comme des cauchemars récurrents ou des pulsions de violence ou l’incapacité d’aimer ou le désir de s’isoler. Je dis bénin, ils ne le sont pas, mais c’est pour les différencier des autres maux plus graves qui sont les hallucinations, les persécutions, les pulsions de suicide ou de meurtres et la possession démoniaque proprement dite. Le monde moderne ne croit plus au démon, ce qui lui donne la possibilité d’agir à sa guise. Pire, il sait maintenant que l’on n’a plus les moyens de le combattre !

Lorsqu’une personne souffre de maux démoniaques, qui peuvent être physiques comme des maux d’estomac ou des maux de tête ou psychiques comme le fait d’entendre des voix, de se sentir angoissé, de ressentir un profond mal-être, son premier réflexe est d’aller voir un médecin ou un magicien.

Le médecin lui établira un diagnostic, essayera différents traitements, fera subir à son patient une batterie d’examen, sans jamais parvenir à le soulager totalement.

Le magicien, lui, remplacera ce mal par un autre mal et liera plus profondément la personne au démon.

À aucun moment, la personne souffrant de maux diaboliques n’aura l’idée d’aller voir un prêtre, car maintenant, avec l’enseignement de l’athéisme en masse et surtout avec le dénigrement croissant de la croyance chrétienne, on préférera se tourner vers la médecine ou la magie. C’est plus en vogue ! Et l’on ne fera que renforcer ce mal ! Le démon se frottera les mains et pourra renforcer son influence jusqu’à la possession démoniaque.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Androalphus, démon de l’ergotage

Androalphus ou Andrealphus est un puissant démon, marquis de l’Empire infernal, à la tête de 30 légions. Ce démon est le grand spécialiste de l’ergotage. En effet, il apprend habilement à contester à mal les propos, à chicaner pour des vétilles en oubliant l’essentiel du débat, de façon répétitive et lassante, à discuter dans le vide et à agacer les auditoires.

Androalphus est un démon issu des croyances de la goétie. Le Lemegeton le mentionne à la 65e position de sa liste de démons. Selon l’ouvrage, Androalphus est un puissant marquis qui apparaît sous la forme d’un paon en faisant beaucoup de bruit. Ce démon est capable d’enseigner la géométrie et de transformer un homme en oiseau.

La Pseudomonarchia daemonum le mentionne à la 55e position de sa liste de démons et lui attribue des caractéristiques similaires.

Collin de Plancy ajoute que ce démon, s’il transforme un homme en oiseau, c’est pour mieux le faire échapper à la justice.

Lorsqu’il apparaît sous la forme d’un paon, il prend une voix grave. Il surgit toujours avec un vacarme assourdissant. Androalphus aime aussi à causer des tempêtes et des naufrages et à faire échouer les expéditions.

A invoquer : saint Jérôme, sainte Rosalie, saint Bernard.

 

Marie d’Ange

 

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Luciférisme et satanisme, les différences

Dans un précédent article, j’avais évoqué la différence entre le luciférisme et le satanisme en la jugeant minime, en concluant que les courants sont identiques sur le fond, mais pas sur la forme. Et c’est justement de la forme que l’on va parler dans cet article.

Les différences

 

Symbole luciférien

Bizarrement (bizarrement, car les lucifériens et les satanistes ont de nombreux points communs et adorent une même entité qui est Satan/Lucifer), les lucifériens et les satanistes ne s’aiment pas beaucoup. Les uns comme les autres s’évertuent à nous dire qu’ils sont différents et que l’autre n’est pas dans la vérité. Quelle vérité ? Les autres se targuent d’adorer un être plus positif (Lucifer) que ne l’est Satan. Or, tout ceci est baliverne, puisque Satan et Lucifer sont une même et unique entité. Je ne cesse de le répéter ! Donc en adorant Satan on adore Lucifer et vice versa. Par conséquent, cette position est erronée, mais cela fait du bien aux lucifériens de se croire du bon côté, du côté des gentils.

Il faut vraiment fouiller dans les deux courants de pensée pour trouver quelques différences minimes que je vais tenter d’énumérer.

Les deux courants de pensée sont complémentaires et similaires. Mais, on note un caractère plus déviant chez les satanistes qui n’hésitent pas à faire des offrandes humaines ou à sacrifier des nouveau-nés sur l’autel consacré à Satan. Chez les lucifériens, les offrandes et les sacrifices existent, mais ils ne sont pas humains !

Dans le satanisme moderne ou Laveyen, Satan est reconnu comme étant une entité spirituelle, une force opposée au christianisme et donc à Jésus-Christ. Le satanisme moderne prône le culte de l’ego et est davantage une organisation anti-chrétienne qui parodie le culte chrétien. Le satanisme est un monothéisme dualiste lié au christianisme : croire au Diable c’est nécessairement croire en Dieu. Le luciférisme prétend procéder de cultes anciens et se base sur un panthéon très large, alors que le satanisme trouve sa substance dans une énergie de transgression, de blasphèmes et de profanation. Dans les deux courants, la magie et le culte sont omniprésents.

Le satanisme théiste est un courant philosophique qui mêle la science et les croyances religieuses, sans jamais toutefois y parvenir. Son argument principal est que la science s’est affranchie de la croyance en Dieu et qu’il est nécessaire que la religion arrive à s’affranchir de sa croyance en Dieu.

Le chamanisme regroupe toutes les personnes qui font de la magie en utilisant leurs mains, les plantes ou les éléments. Le chaman pratique donc la magie et pense qu’avant, les chamans étaient les représentants de Dieu sur terre, mais que le catholicisme leur a enlevé ce pouvoir. Alors, les chamans cherchèrent celui qui était l’ennemi de ce Dieu que l’on appelait Yavhé et ont trouvé Lucifer. Ils se sont alliés avec lui, puis à d’autres démons tels que Samaël, Hakael, Belial… Et c’est ainsi que la notion de Diablero est née. Puis les chamans se sont alliés à Satan. Et dans le chamanisme, la notion de bien ou de mal n’existe pas, car c’est l’homme qui fait qu’un acte est bien ou mauvais. Ainsi, il peut être considéré comme bien d’épouser une jeune fille de 10 ans dans certaines croyances ce qui est jugé très mal dans notre croyance.

La wicca luciférienne a fusionné la croyance luciférienne à celle de la wicca. Cette forme de wicca fait référence au « Livre d’Hénoch ». Ici, Lucifer est un dieu et Lilith, sa compagne, est une déesse. Lucifer est vu comme étant un ange déchu, un androgyne originel, mais jamais au diable (les wiccans ne reconnaissent pas l’existence du diable qu’ils considèrent comme une invention catholique). La figuration de Lucifer est très proche du mythe de Prométhée. Lucifer dispense la lumière de la connaissance. Quant à Lilith, elle est associée à la première femme d’Adam, à la lune noire ou à la déesse mère universelle. Parfois, elle est associée à Diane. Lilith est l’égale de Lucifer.

Le satanisme spirituel vénère les anges déchus, donc les démons dans leur ensemble et place Satan/Lucifer (ils ne font pas la distinction des deux) comme le chef de tous les démons. Les satanistes spirituels, appelés aussi luciféristes, croient en Satan et le considèrent comme Lucifer. Ils honorent Satan sans se soumettre à lui. Ils pratiquent des rituels dans le but d’obtenir une élévation spirituelle. Cette branche est très variable et chaque membre fait un peu ce qu’il lui plaît.

Le Lucifellisme est très peu connu en Europe, mais en expansion en Amérique du Sud. Le lucifellisme est une véritable religion. Sa croyance est que Lucifer est le seigneur de la Terre. Les adeptes du lucifellisme s’adonnent à une exploration systématique de leur inconscient et de leur subconscient dans le but d’obtenir une parfaite connaissance de lui-même. Cette religion n’adore aucune entité, mais observe quelques règles, comme la remise en question de tout ce qui nous entoure, sans exception, sans censure, comme l’abandon du matérialisme pour une vie plus spirituelle. Il n’y a aucune hiérarchie, aucun dogme précis, aucune certitude. Les groupes se retrouvent autour de pratiques occultes encadrées par des principes de base aux fondements flous.

 

 

 

Les similitudes

 

Pentagramme satanique. On y retrouve le symbole luciférien.

Les disciples de Lucifer et les disciples de Satan sont tous deux panthéistes (philosophie d’après laquelle tout ce qui existe est identifié à Dieu). Il n’y a donc aucune différence de ce côté-là. Le satanisme, dont le satanisme Laveyen, adore Satan qui est la personnification du Mal. Les lucifériens adorent Lucifer qui représente celui qui s’est rebellé à Dieu et apporte la connaissance à l’homme. Or, c’est Satan qui s’est rebellé à Dieu en apportant la connaissance à l’homme. Donc, les deux mouvements adorent une seule entité qu’ils appellent d’une manière différente.

Les satanistes et les lucifériens dénoncent le Dieu Créateur ou le Démiurge comme l’ennemi et le bourreau des hommes. Dieu est vu comme le Créateur de toute chose, mais surtout comme un Dieu intransigeant. Comme les satanistes, les lucifériens sont contestés et suscitent frayeurs et inquiétudes. De même, comme les satanistes, ils s’inscrivent dans un courant doctrinal déconsidéré tant par les croyants que par les athées ou agnostiques, courant qui est vu comme dangereux et mortifère. D’ailleurs, c’est le cas. Et comme les satanistes, les lucifériens ont mis en place des pratiques, des rituels, des messes noires, des cérémonies secrètes et marginales.

Dans les deux cas, il est aussi question d’argent, car pour faire partie d’un groupe satanique ou luciférien, il faut payer un droit d’entrée, ou encore la rédaction de sortilèges de protections sur des parchemins et régler des séances d’initiation ou de recherche du thème astral… Eh oui ! Dans les deux cas, l’argent est omniprésent ! Comme il s’agit de sectes plus ou moins organisées, il faut mettre la main au porte-monnaie afin d’enrichir le gourou qui est souvent un charlatan au risque de se ruiner ! Se ruiner pour pactiser avec le Diable ! C’est cher payer non ? Se ruiner pour avoir le droit de participer à une messe noire et risquer la possession démoniaque ! C’est cher payer non ? Se ruiner pour s’isoler, pour s’enfoncer dans la dépression, pour avoir l’illusion d’appartenir à un groupe, mais pour, en fin de compte, s’apercevoir que l’on a fait fuir sa famille et que l’on a plus d’amis ! C’est cher payer non ?

Bien sûr, le luciférien vous dira qu’il pratique une religion de tolérance, une religion qui libère de l’asservissement et de la servitude imposés par la religion chrétienne. Or, le sataniste vous dira exactement la même chose, en pire puisqu’il va ajouter qu’il est entré en guerre contre toute forme de chrétienté ou de religion.

 

On admettra que toutes les formes de satanisme ou de luciférisme sont identiques à quelques détails près. Sataniste ou luciférien, le but est identique : détruire le catholicisme, prôner la liberté absolue, s’affranchir des règles, être dans l’ego le tout rythmé par des séances occultes, parfois à caractère sexuel ou pédophile voire scatophile et j’en passe et bien sûr, pratiquer la magie. Satanisme ou luciférisme, deux pratiques similaires, deux croyances identiques, deux sectes dangereuses.

 

 

Marie d’Ange

 

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Andras, démon de la discorde

Andras ou Arias est un puissant démon, grand marquis aux enfers. Il a sous ses ordres 30 légions infernales. Les fonctions de ce démon sont d’élever les discordes, de faire naître les querelles et de pousser au meurtre.

Andras apparaît à la 54e position de la liste des 69 démons de la Pseudomonarchia daemonum de Jean Wier. De même, il apparaît à la 63e position de la liste des 72 démons du Lemegeton et de la Goétie.

Collin de Plancy ajoute que ce démon pousse ses victimes à tuer leurs ennemis.

Anubis et Nahema-Nephthys ajoutent qu’Andras est aussi spécialiste en rupture affective, qu’il brise les ménages.

Lorsqu’il apparaît, il prend la forme d’un ange, à tête de hibou et de chat-huant, chevauchant un loup noir et tenant un sabre à la main droite.

C’est un démon très puissant et dangereux qui s’exorcise difficilement. Si l’exorciste en face de lui n’est pas assez fort, Andras n’hésitera pas à le faire tuer par sa victime.

 

A invoquer : sainte Rosalie, sainte Rose de Lima, sainte Thérèse de Lisieux, saint Vincent.

 

Marie d’Ange

 

 

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Le luciférisme, satanisme ou philosophie ?

Il est très difficile de cerner ce qu’est le luciférisme, car le luciférisme est abstrait et il y a autant de courants lucifériques qu’il y a de lucifériens. En effet, le luciférisme ne connaît pas de dogmes, de choses imposées. Certains le considèrent comme une religion, d’autres comme une philosophie. Pour ma part, je considère le luciférisme comme une branche du satanisme, car je le rappelle, Lucifer et Satan sont une même et unique entité. Mais, j’ai voulu en savoir plus le sujet.



 

 

Définition du luciférisme

Statue « Le Génie du Mal » du belge Guillaume Geffs, installée en 1848 dan sla charte de la cathédrale Saint-Paul.

 

Le luciférisme est une notion abstraite, considérée tantôt comme une religion avec ses rites et croyances imposés, tantôt comme une philosophie, une façon de vivre, un peu comme le satanisme de LaVeyen. Pour d’autres encore, ce sera un mélange des deux.

Dans le luciférisme, Lucifer peut être considéré comme un Dieu, comme un égrégore, comme une religion, rien n’est imposé. C’est ce que l’on retrouve dans le satanisme LaVeyen qui se définit comme étant une philosophie prônant l’ego et l’adoration de Satan. Et comme Lucifer est Satan, les deux courants se rejoignent. Il est faux de dire que l’on adore Lucifer et non Satan puisqu’en adorant Lucifer on adore Satan. Les deux entités n’en font qu’une, Satan est Lucifer et Lucifer est Satan. Lucifer était le premier archange créé par Dieu, qui se rebella et qui fut chassé. En se rebellant, on l’appela l’Adversaire, donc Satan.

Le luciférien considère Lucifer comme « Le porteur de lumière », une image symbolique de la connaissance, de l’illumination et de l’indépendance. Et ils se trompent fortement… On sait que certaines branches du luciférisme sont assez noires et flirtent volontiers avec le satanisme. D’ailleurs, le luciférisme c’est du satanisme déguisé. Certaines branches s’adonnent à des rites extrêmes et utilisent des ossements humains, de la chair humaine, du sang humain durant leurs rituels.

Le luciférisme est un courant littéraire peu connu, obscur, qui, contrairement au satanisme classique et au satanisme LaVeyen, ne se base sur aucun texte de référence. Ainsi, le luciférien est libre de pratiquer sa croyance comme il l’entend. Le luciférisme est un courant de pensée diffus et imprécis qui introduit Lucifer comme un « ange » de lumière, un symbole de connaissance se rebellant contre l’autorité.

 

 

La naissance du Luciférisme

 

Symbole luciférien

 

Le luciférisme est né d’une tradition littéraire cherchant à s’affranchir des conventions d’une société perçue comme oppressante. Encore une fois, on rejoint la pensée du satanisme Laveyen et celle du satanisme classique qui prônent la liberté individuelle et le rejet de la société.

L’un des plus importants précurseurs du luciférisme est John Milton et son œuvre poétique « Le Paradis Perdu ». Cette œuvre raconte la tentation qui mena Ève à manger le fruit de l’arbre de la connaissance, ce qui a provoqué la chute de l’Homme. Dans cette histoire, Milton met en scène Satan et le place au rang de héros. « Le Paradis Perdu » dresse le portrait de Dieu justifiant ses actes. Le poème décrit aussi la création de l’univers, de la terre et de l’humanité et explique l’origine du péché, de la mort et du Mal Absolu c’est-à-dire de Satan. Il aborde aussi des idées politiques de tyrannie, de liberté et de justice. Milton donne ses idées théologiques sur la prédestination, le libre arbitre et le salut. Enfin, Milton a été très influencé par la Bible, en particulier la Genèse, le livre de Job, les psaumes, le Nouveau Testament. Son œuvre a inspiré le mouvement romantique du début du XIXe siècle.

Le mythe populaire du docteur Faust et son pacte avec le Diable (représenté par Méphistophélès) ont aussi influencé le luciférisme. Dans cette œuvre, le docteur Faust signe un pacte avec le Diable afin d’obtenir des secrets alchimiques, ésotériques ou magiques. Cette version donnera le ton au romantisme allemand qu’est Goethe.

William Blake (1757-1827, artiste peintre anglais, graveur et poète préromantique) est le dernier précurseur du luciférisme et c’est lui qui inaugurera l’époque des Romantiques. William Blake a écrit de nombreuses œuvres poétiques d’inspiration chrétienne, mais très éloignées du dogme de l’Église. William Blake a écrit de nombreux poèmes, mais c’est celui intitulé « Le Mariage du Ciel et de l’Enfer » qui aura une influence sur le luciférisme. Ce poème aborde la réconciliation entre le bien et le mal et ouvre la voie au thème de la rédemption de Satan. D’où Lucifer qui se morfond et qui veut se faire pardonner en faisant le bien. C’est une des notions primordiales chez les lucifériens : Lucifer, donc Satan, est un ange du bien et souhaite se faire pardonner. Nous savons que tout ceci n’est que pure ineptie.

Dans ce courant d’idée, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont vu naître des auteurs exprimant leurs sentiments, leurs souffrances à travers leurs écrits. Le plus souvent, il s’agissait d’amour porté à une femme qui ne peut ou ne veut répondre de façon favorable aux avances ou de leurs états d’âme en choisissant des thématiques religieuses. Certains de ces auteurs, citons Lord Byron, Percy Shelley ou Hölderlin, se sont sentis comme Prométhée cruellement condamné par Zeus à un tourment éternel parce qu’il a apporté le feu (la lumière) aux hommes ou comme Satan/Lucifer rejeté de tous, car ayant apporté la connaissance aux hommes dans l’épisode biblique de la pomme d’Ève. D’ailleurs cette confusion entre Prométhée et Satan/Lucifer s’opère naturellement au fil des œuvres de ces auteurs. « Frankenstein » ou « Le Prométhée moderne » de Mary Shelley paru en 1818 ou encore « Les Fleurs du mal » de Charles Baudelaire paru en 1857, des œuvres où l’on voit clairement une pensée apparaître, une pensée désignée comme le « satanisme prométhéen » et qui désigne une exaltation du mal au sens philosophique du mal. Dans mon livre « L’influence de Satan dans l’histoire de l’humanité », j’aurais pu parler de l’influence de Satan sur ces auteurs. Cependant, cette pensée tombera vite dans l’oubli, car elle apparaîtra trop intellectuelle à cause de l’effervescence des idées politiques qui étoufferont cette pensée, notamment par l’apparition du socialisme, du marxisme.

D’un point de vue littéraire, c’est Victor Hugo qui ira le plus loin dans le thème du luciférisme, notamment dans son œuvre « La Fin de Satan », un poème épique inachevé et publié de manière posthume en 1886. Dans cette épopée, Victor Hugo se pose la question de la rédemption finale du mal, incarné par la prise de la Bastille. L’œuvre donnera le point final de cette tradition littéraire abordant le thème du mal porteur de lumière, du mal prométhéen nécessaire à l’homme pour son épanouissement. Victor Hugo abordera cette thématique, mais d’une manière moins évidente, à travers le personnage de Jean Valjean dans « Les Misérables ».

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, le luciférisme ne s’exprimera quasiment plus à travers des œuvres littéraires ou philosophiques. Face à l’influence politique de la pensée socialiste et l’influence intellectuelle des loges maçonniques, le luciférisme n’arrive plus à s’exprimer en Europe ou aux États-Unis. En Russie, on le retrouve notamment dans les œuvres de Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Cependant, certains vont reprendre les idées romantiques et les adapter à un courant ésotérique naissant. C’est le cas, notamment, d’Aleister Crowley (1875-1947, écrivain, poète, occultiste, tarologue et astrologue anglais) connu aussi sous le nom de Maître Therion, Frater Perdurabo ou The Great Beast 666.

Cependant, le luciférisme a quasiment disparu à partir de la fondation de l’Église de Satan en 1966 par Anton Lavey. Ce qui est normal, puisque le satanisme Laveyen ressemble au luciférisme dans ses idées. La parution de la Bible Satanique, qui ressemble au « Livre de la Loi » de Crowley focalise l’attention des médias qui y voient la résurgence d’un satanisme médiéval. Le satanisme Laveyen a pour principe de renverser les symboles liturgiques chrétiens et de procéder à des parodies rituelles, des messes noires mêlant le sexe et la magie.

 

 

Lucifer ou Satan

 

Pendentif sceau de Lucifer

 

Le sataniste ou le luciférien dira que ce sont Satan et Lucifer qui permettent de faire la différenciation entre les deux courants. Or, Satan et Lucifer sont une même et unique entité. Par conséquent, le satanisme et le luciférisme sont une unique et même chose.

Le luciférien dira que Lucifer représente le nom angélique de Satan, ou que Satan est le nom démoniaque de Lucifer. Et je suis d’accord avec lui ! Donc, adorer Satan c’est adorer Lucifer et vice versa.

Le nom Lucifer n’apparaît pas dans la tradition hébraïque et dans l’Ancien Testament. Un seul passage se rapporte à un être ou un « astre brillant » associé au roi de Babylone et non à Satan. En revanche, Lucifer apparaît au début du christianisme et désigne Jésus-Christ lui-même. C’était une hérésie qui fut vite rétablie en associant Lucifer au Diable. Et le Diable, c’est Satan !

Virgile (70 av. J.-C/ 19 av.J.-C., poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l’empereur Auguste) associe Lucifer à la planète Vénus. Pour le poète, Lucifer est un dieu mineur annonciateur de l’aube. Ce n’est pas un personnage associé au diable biblique, mais un personnage de type prométhéen apportant un savoir, une connaissance à l’humain.

Et c’est de là que vient toute la difficulté d’étudier le luciférisme, puisque dans le satanisme, Satan est employé comme celui qui apporte la connaissance. On retrouve cette figure surtout chez les romantiques et leurs héritiers. Donc, on voit bien que le luciférisme est bien une branche du satanisme. C’est une forme de satanisme déguisé.

 

 

Les principes du Luciférisme

 

Pentagramme satanique. On y retrouve le symbole luciférien.

 

Il est très difficile de définir la démarche luciférienne et d’établir précisément ses principes. Notons, cependant, quelques thèmes récurrents :

  • La célébration de la connaissance et du savoir qui permettent une meilleure compréhension du monde. Ceci est symbolisé par l’image de la lumière repoussant les ténèbres.
  • L’affranchissement de l’homme des dogmes religieux définis par les autorités religieuses.
  • La solidarité entre les hommes face à l’esclavage ou à l’arbitraire. Le luciférisme implique une égalité absolue entre les hommes, qui collaborent vers un même but. Sur le plan politique, le luciférisme peut aller jusqu’à prôner un certain anarchisme, l’idée de désobéissance civile.

 

Le luciférien dira qu’il appelle à la réflexion et à la tolérance dans une démarche philosophique personnelle. Ce qui ne colle pas avec l’idée d’anarchisme et de désobéissance civile.

Le luciférisme est une notion floue que chaque luciférien peut interpréter à sa guise. Certains considèrent le luciférisme comme une religion et place Lucifer au rang de divinité qu’ils adorent comme un ange de lumière. Pour eux, Lucifer doit libérer les hommes de la servitude de son Créateur.

D’autres placent Lucifer comme roi des Enfers, dominant même Satan. Comme Satan et Lucifer sont une même et unique entité, l’un ne peut dominer l’autre. Cette pensée de Lucifer dominant Satan semble découler de la définition donnée par Collin de Plancy dans son « Dictionnaire Infernal ». En effet, Collin de Plancy nous dit : « Lucifer, nom de l’esprit qui préside à l’orient, selon l’opinion des magiciens. Lucifer était invoqué le lundi, dans un cercle au milieu duquel était son nom. Il se contentait d’une souris pour prix de ses complaisances. On le prend souvent pour le roi des enfers, et, selon quelques démonomanes, il est supérieur à Satan. On dit qu’il est parfois facétieux, et qu’un de ses tours est de retirer les balais sur lesquels les sorcières vont au sabbat et de leur en donner sur les épaules ; ce que les sorcières de Moira, en Suède, ont attesté en 1672. Les mêmes sorcières ont affirmé qu’elles avaient vu au sabbat le même Lucifer en habit gris, avec des bas bleus et des culottes rouges, ornées de rubans. Lucifer commande aux Européens et aux Asiatiques. Il apparaît sous la forme et la figure du plus bel enfant. Quand il est en colère, il a le visage enflammé, mais cependant rien de monstrueux. C’est, selon quelques démonographes, le grand justicier des enfers. »

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec la définition de Collin de Plancy et cela sur plusieurs points que j’ai évoqué précédemment.

D’autres encore parlent d’un luciférisme orthodoxe, qui est un mouvement différent du satanisme pur et dur, qui confond Lucifer et Satan. Dans ce mouvement, Satan est le souverain des enfers et l’adversaire de Dieu, et Lucifer est l’archange déchu qui fait figure de Prométhée. Ce courant tend à disparaître, ses adeptes se tournent vers la Wicca dans un courant qui joue sur la dualité Lucifer/Lilith. Juste pour l’information, ce courant regroupe très peu d’adeptes et a été la cible d’enquêtes parlementaires en France. Les adeptes de cette forme de Wicca reconnaissent Dieu comme étant le Créateur de toutes choses. Dieu règne dans le ciel, mais ils estiment que cette création est imparfaite et voit ce Dieu judéo-chrétien comme un tyran intransigeant qui dicte sa volonté sans laisser de liberté aux hommes. Satan est vu comme la puissance destructrice, l’adversaire de Dieu et celui qui règne aux enfers. Lucifer est le plus bel archange créé par Dieu, mais qui s’est rebellé contre son créateur. De ce fait, il vient aider les hommes à se libérer de l’oppression de Dieu en leur donnant la connaissance.

 

 

Je terminerai cet article en disant que satanisme ou luciférisme, pour moi, cela revient au même. Étant donné que Satan et Lucifer sont une même entité, adorer l’un c’est adorer l’autre. Le satanisme prône le rejet total et violent des traditions hébraïques, chrétiennes et islamiques, alors que le luciférisme veut se montrer plus doux en rejetant simplement ces dogmes et en dénonçant les dérives de ces religions. Mais au final, le résultat est le même, puisque les deux courants tendent vers un même but, qui est l’anéantissement de l’humanité. Encore une fois, le diable peut prendre plusieurs visages pour mieux nous manipuler et nous berner.

 

 

Marie d’Ange

 

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Anarazel, démon gardien des trésors souterrains

Ce démon est chargé, avec Gaziel et Fécor, de la garde des trésors souterrains qu’ils transportent d’un lieu à l’autre afin que les hommes ne les trouvent pas.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la Pseudomonarchia daemonum de Jean Wier. De même, il n’apparaît pas dans la liste des 72 démons décrits par le Lemegeton.



 

 

Collin de Plancy dans son « Dictionnaire Infernal » nous dit que ce démon, avec ses compagnons Gaziel et Fécor, ébranle les fondements des maisons, excite les tempêtes, sonne les cloques à minuit, fait paraître les spectres pour effrayer et inspirer la frayeur chez leurs victimes.

Ce démon est issu de la mythologie scandinave. D’après le mythe, Anaraziel a pour compagnon Fégor et Gaziel. Parfois, tous trois se lancent dans des danses endiablées, ce qui ébranle les maisons, déchaîne les ouragans et fait naître la terreur des hommes qui ne savent pas d’où provient le son des cloches et des cymbales dont les trois démons accompagnent leur petite fête.

Les trois compagnons de l’enfer n’ont pas de demeure fixe, car ils sont obligés de se déplacer souvent afin de transporter les trésors d’un endroit à un autre. Ils sont voués au célibat éternel afin qu’ils ne faillissent pas à leur mission. Le commerce des femmes leur est interdit.

Pour les sorciers, Anarazel est un démon intermédiaire énergétiseur. Le sorcier l’invoque pour protéger ses biens. Ce démon se conjure toujours avec ses deux compagnons. Certains sorciers les utilisent comme démons familiers.

Et comme je le dis souvent, il est très dangereux d’invoquer un démon. Il y a toujours un retour maléfique.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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La poupée hantée Mandy

Mandy ressemble à une poupée de porcelaine ordinaire. Il n’en est rien. Mandy a quelque chose en plus des autres poupées, quelque chose de surnaturel en elle qui la distingue des autres. Mandy est mignonne, mais dangereuse, comme l’affirme la pancarte du musée où elle est exposée : « si Mandy ressemble à une poupée ordinaire, elle est beaucoup plus que cela ». Découvrons l’histoire de Mandy, la poupée réputée hantée.




 

Mandy une poupée hantée

 

Mandy, la poupée hantée

 

Mandy est une poupée qui a été fabriquée dans une usine allemande entre 1910 et 1920. C’est une très jolie poupée de chiffon et de porcelaine, comme cela se faisait à l’époque. On ne sait pas qui a acheté la poupée à sa sortie d’usine. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle est réapparue en 1991 dans la province canadienne de Colombie-Britannique. En effet, cette année-là, sa propriétaire entre au musée Quesnel, et jette sur le bureau de la conservatrice du musée une poupée datant du début du XXe siècle, en disant qu’elle n’en voulait plus et repart sans donner plus d’explications. C’était la poupée Mandy. Le personnel du musée décide alors de la conserver et de l’exposer au public. En effet, la poupée est assez bien conservée. Son visage fait en porcelaine est fendu, ses vêtements sont sales, le tissu qui compose son corps est déchiré, mais Mandy reste jolie et surtout, elle semble inoffensive.

La femme qui a confié la poupée Mandy au musée Quesnel s’appelle Mereanda. Elle tenait la poupée de sa grand-mère. Lorsqu’elle est entrée au musée, elle semblait pressée de s’en débarrasser. Elle éprouvait même une aversion profonde pour cette poupée d’apparence inoffensive. Malgré le comportement étrange de la propriétaire, Ruth Stubbs, la conservatrice du musée, décide de garder Mandy.

 

 

Mandy au musée

 

 

Avant d’exposer la poupée au public, Ruth Stubbs doit s’assurer qu’elle n’est pas contagieuse ou porteuse d’une maladie. Suivant le protocole en vigueur, elle recouvre Mandy d’une bâche en plastique, la met dans une salle de travail. La poupée doit rester 48 heures dans cette bâche avant d’être analysée.

Dès l’arrivée de Mandy au musée, les employés et les visiteurs se sont sentis mal à l’aise en passant à côté d’elle. Certains furent même terrifiés en la regardant. Peut-être savaient-ils déjà que la poupée était hantée…

48 heures passent, Mandy est enlevée de sa bâche et analysée. Elle ne présente aucun danger. Ruth Stubbs décide alors de la placer sur une table, en face de la porte d’entrée du musée. En effet, Mandy n’a pas encore sa vitrine et en la plaçant ainsi, les visiteurs pourront la contempler dès leur arrivée. D’ailleurs, certains, dès les premiers jours, ont affirmé avoir vu la poupée cligner des yeux. D’autres ont affirmé que la poupée les avait suivis du regard.

 

 

Une poupée qui n’aime pas les photographies

 

Mandy à son arrivée au musée

 

Quelques jours plus tard, Ruth Stubbs invita un journaliste afin de photographier la nouvelle venue au musée, Mandy. Ce dernier arriva accompagné de sa petite amie et se met au travail. Mais la séance n’a pas été de tout repos. En effet, plusieurs incidents bizarres sont survenus alors que le journaliste tentait de photographier la poupée : lui et sa petite-amie ont été pris d’un malaise, la poupée aurait détourné la tête de l’objectif.

Tant bien que mal, le journaliste parvient à prendre quelques clichés. Mais au moment du développement, il remarque que les photos sont floues. En 20 ans de carrière, jamais ce genre de chose ne lui était arrivé ! Il souffle, part prendre un verre et lorsqu’il revient, il règne dans son laboratoire un désordre extrême, comme si un enfant s’était amusé, avait fait un caprice et avait renversé tous les stylos et crayons parterre. Est-ce la manifestation d’un Poltergeist ? En tout cas, cela n’a jamais pu être expliqué rationnellement.

Au musée Quesnel, les choses étranges se multiplient autour de la poupée Mandy. Le gardien du musée a rapporté avoir entendu des bruits étranges, comme des pas dans la pièce où se trouvait Mandy. Il a vérifié toutes les pièces du musée. Il n’y avait personne.

Des employés ont remarqué que depuis l’arrivée de Mandy au musée Quesnel, des repas disparaissaient mystérieusement du réfrigérateur et que ces repas étaient retrouvés dans des tiroirs ou des armoires.

Un employé a affirmé qu’une fois, alors qu’il dépoussiérait la table sur laquelle était posée Mandy et qu’il tenait la poupée dans une main, il l’a fait tomber. Lorsqu’il l’a ramassée, du sang coulait de la tête de Mandy.

Ruth Stubbs ne croit pas aux fantômes. Pourtant, devant les nombreux témoignages de phénomènes bizarres, elle décide de contacter un collègue conservateur à la retraite connu pour avoir un don de médium. Ce qu’il va révéler est très étonnant.

 

 

Les révélations de Mereanda

Aussitôt arrivé, le médium perçoit des ondes émanant de la poupée. Il la prend dans ses mains et sent des frissons glacés lui parcourir tout le corps. Alors, il recommande à Ruth Stubbs de prendre contact avec l’ancienne propriétaire de la poupée afin d’obtenir des informations sur Mandy.

Sans plus attendre, Ruth prend contact avec Mereanda et cette dernière lui fait d’étonnantes révélations. Elle confie qu’un jour, alors que Mandy se trouvait à la cave, il se produisait toujours d’étranges phénomènes à cet endroit. Il arrivait souvent que la nuit, Mereanda entende les pleurs d’un nouveau-né provenant du sous-sol et lorsqu’elle y descendait, elle ne trouvait jamais aucun enfant, mais les fenêtres de la cave étaient grandes ouvertes et il y avait une brise bizarre qui faisait flotter les rideaux. Depuis qu’elle a amené Mandy au musée, la maison est redevenue calme et il n’y a plus eu de phénomènes bizarres ni de pleurs d’enfant.

Ruth ne sait quoi penser de cette histoire. Elle ne veut pas se séparer de Mandy et pourtant, elle sent que quelque chose cloche avec cette poupée. Elle décide de la conserver dans une grande vitrine de verre, pensant ainsi l’isoler et l’empêcher de se manifester. Mais la poupée n’a pas apprécié être déplacée et le fait comprendre. En effet, dès le lendemain, un employé retrouve du papier déchiré dans sa boîte de verre. Et c’est après cet évènement que l’on considéra Mandy comme une poupée hantée.

On commence même à dresser son portrait. On pense qu’elle est hantée par l’âme d’une petite fille qui semble chercher de l’attention. On sait qu’elle aime beaucoup jouer avec les appareils électriques en les déréglant.

Un visiteur a rapporté, alors qu’il était en train de filmer la poupée, que la caméra s’est éteinte sans raison à plusieurs reprises. Il a cru que son appareil avait un problème. Mais, lorsqu’il filmait dans les autres pièces, la caméra fonctionnait normalement. C’était juste dans la pièce où se trouvait Mandy que la caméra faisait des siennes.

D’autres visiteurs rapportèrent avoir ressenti une sensation de profonde tristesse lorsqu’il se trouvait devant la cage en verre de Mandy, ou avoir observé un changement de posture de la poupée.

Pensant qu’elle se sentait seule dans sa vitrine, les employés lui ont offert une peluche, un petit mouton, afin de lui tenir compagnie. Le lendemain, ils retrouvèrent le jouet au pied de la vitrine alors que cette dernière était fermée.

 

Mandy avec son petit mouton en peluche

 

Malgré ces manifestations étranges qui peuvent faire peur, Mandy n’a jamais fait de mal à quelqu’un.

Des enquêteurs du paranormal se sont penchés sur son cas et pensent que Mandy est possédée par l’âme d’un innocent enfant. Peut-être même que la poupée appartenait à cet enfant et qu’au moment de sa mort, il a préféré s’y réfugier plutôt que de rejoindre la lumière. D’ailleurs, il existe une légende racontant l’histoire d’une petite fille qui se serait retrouvée enfermée dans une cave avec sa poupée. La fille serait morte et son esprit se serait retrouvé piégé à l’intérieur de la poupée pour une raison indéterminée. Des années plus tard, on entendit des sanglots émanant de ce sous-sol et lorsque l’on découvrit Mandy, elle pleurait des larmes de sang.

 

 

Encore aujourd’hui, la poupée Mandy continue à faire parler d’elle et à attirer de nombreux visiteurs au musée Quesnel, des curieux qui veulent assister à un phénomène étrange. Beaucoup ne verront rien et repartiront déçus de leur visite ; une poignée de personne continue d’affirmer avoir assisté à un phénomène étrange. La question que l’on doit se poser est la suivante : est-ce que la poupée est hantée ou est-ce un phénomène d’imagination collective ?

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Anamelech, l’oiseau de mauvais augure

Anamelech ou Anamalech est un démon obscur adoré des Assyriens. Il est le porteur des mauvaises nouvelles.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la Pseudomonarchia daemonum de Jean Wier. De même, il n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du Lemegeton.

Collin de Plancy dans le Dictionnaire Infernal nous dit que ce démon était adoré à Sepharvaïm, ville des Assyriens. Il est ce qu’on appelle « l’oiseau de mauvais augure ».




 

Lorsqu’il apparaît, il prend la forme d’une caille. Ce démon n’apparaît que pour annoncer les mauvaises nouvelles.

Son nom signifie, dans la langue assyrienne, le bon roi. Les Assyriens l’associaient à la lune et Adramelech au soleil. On le priait pour la conservation des troupeaux. Les habitants de Sepharvaïm brûlaient leurs enfants comme offrandes à Anamelech et à son homologue Adramélech, croyant que les deux divinités étaient responsables de leur santé et de celle de leur bétail.

Anamelech est aussi le démon impliqué dans la folie meurtrière qui a gagné Caïn contre son frère Abel. Il a été chargé par Satan de recruter l’âme de Caïn. Pour accomplir sa mission, Anamelech a envoyé à Caïn une vision dans laquelle il voit ses enfants souffrir dans la pauvreté et la famine, tandis que ceux de son frère Abel vivent dans l’opulence. Puis, ses enfants deviennent les esclaves des enfants de son frère. Caïn, déjà touché par la marque démoniaque, est ainsi poussé plus loin dans la rage et la dépravation de cette vision. Il entreprend d’agresser Abel et de le tuer.

Cependant, Anamelech n’a pas réussi à capturer l’âme de Caïn et à la livrer à Satan, ce qui a fortement déplu au roi de l’enfer. En effet, Caïn, puni par Dieu, est envoyé seul dans le monde où il se répand. En guise de punition, Satan a torturé Anamelech en le jetant dans un feu de lac et en le faisant brûler pendant sept jours sans interruption.

Une autre légende raconte que Anamelech aurait murmuré des secrets à des enfants dans leur sommeil et ces secrets parlaient de Satan qui avait pour dessein de corrompre leurs jeunes vies dans un avenir proche. Comme Anamelech a trahi Satan en dévoilant ses projets, ce dernier l’a puni en le jetant dans un feu de lac.

Enfin, Anamelech est considéré par de nombreux démonologues comme « l’oiseau de mauvais augure » qui apparaît pour annoncer une mauvaise nouvelle. Souvent, cette mauvaise nouvelle concerne la mort.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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François Palau, l’exorciste fondateur

À une époque où l’on ne croit plus à Satan, où les exorcistes disparaissent et les démoniaques envoyés auprès des psychiatres, un seul homme combattit cette absurdité en sauvant de nombreux malheureux des asiles psychiatriques. Cet homme, c’est François Palau, le fondateur de l’ordre des Frères du Carmel.

 




 

Biographie

François Palau né le 29 décembre 1811 à Aytona, Espagne. Septième enfant d’une famille modeste de neuf enfants, il reçoit le baptême le jour même de sa naissance.

Dès les études primaires, on le remarque pour son esprit vif et brillant. Son instituteur appuie son entrée au séminaire qu’il intègre à l’été 1828 à l’âge de 17 ans. Là, il suit des études de théologie et de philosophie pendant trois ans. En 1832, il quitte le séminaire en refusant une bourse d’études et entre chez les Carmes déchaux à Barcelone où il commence son noviciat le 14 novembre 1832. Ainsi, il prend le nom de François de Jésus-Marie-Joseph. Il est ordonné diacre le 22 février 1834. En 1836, il est ordonné prêtre et s’exile pendant de nombreuses années en France puis aux Baléares où il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra. Là, il peut donner libre cours à sa vocation carmélitaine en menant une vie de solitude et de contemplation. De retour en Catalogne, il prêche des missions populaires et mène une activité journalistique et littéraire.

Écrivain, journaliste, prédicateur, ermite, il fonde les Carmélites missionnaires et les Carmélites missionnaires thérésiennes inspirées de sainte Thérèse et de saint Jean d’Avila.

François Palau s’est toujours distingué par son amour mystique de l’Église.

Au début de l’année 1872, alors qu’il se dévoue auprès des malades atteints de typhus, il est terrassé par une congestion pulmonaire le 20 mars 1872 à Tarragone. Il sera béatifié par Jean-Paul II le 24 avril 1988 et sa fête liturgique est le 7 novembre, mais localement, il est fêté le 20 mars.

 

 

Les exils

Le 25 juillet 1835, des émeutes violentes éclatent à Barcelone. Le couvent où réside François Palau est assailli par une foule révolutionnaire anticléricale. François, ainsi que d’autres frères, réussit à fuir. Malgré ce climat de persécution, François Palau est ordonné prêtre le 2 avril 1836 et, après une brève période de missionnaire apostolique dans les diocèses catalans, il s’exile en France en 1840 dans le diocèse de Perpignan puis à Montauban. Durant ces années en France, le père Palau mène une vie d’oraison, de solitude et de pénitence. Il fait la rencontre de Juana Gracias qui deviendra sa principale collaboratrice dans la fondation de ses instituts carmélites.

Puis, en 1851, il décide de retourner en Espagne où il s’installe dans le diocèse de Barcelone. Là, il fonde l’École de la Vertu, qui est une catéchèse pour adultes donnée chaque dimanche. Mais cette école sera accusée d’être impliquée dans des grèves ouvrières, elle sera supprimée par les autorités militaires en mars 1854. Le père Palau est alors condamné à l’exil sur l’île d’Ibiza où il demeurera en résidence obligatoire jusqu’en 1860. Durant ces années, il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra et en profite pour écrire et prier.

Libéré en juillet 1860 par la reine Isabelle II qui l’innocente, il va alors déborder d’activités : prédications dans les grandes villes telles que Barcelone, Madrid, Palma…, missions populaires en Catalogne et aux Baléares. Et au milieu de toutes ces activités, il prend toujours du temps pour se retirer de temps en temps dans la grotte d’El Vedra pour prier.

 

 

François Palau l’exorciste

Nous savons qu’il y a plus de trois cents ans de cela, tous les diocèses catholiques avaient de nombreux exorcistes, des combattants de première ligne. Ils repoussaient le démon, délivraient les possédés… Puis, il y eut la réaction à la folie de la « chasse aux sorcières », l’influence du rationalisme, de l’illuminisme, du matérialisme athée, et les exorcistes disparurent presque complètement. Les démoniaques furent confiés à la médecine et à la psychiatrie, que l’on sait impuissantes face à des maux d’origine démoniaque.

Le père François Palau avait conscience de cette carence, il voyait bon nombre de démoniaques enfermés dans une extrême souffrance dans un asile psychiatrique, étiquetés fous, condamnés à être enfermés toute leur vie. Il essaya alors de trouver un remède. Et après sa libération par la reine Isabelle II, il se mit à recueillir toutes les personnes considérées comme folles dans une maison qu’on lui avait donnée. Là, il les exorcisait toutes, sans distinction, même si en réalité, il avait acquis une intuition spéciale, un charisme, pour comprendre la nature du mal qui rongeait ces personnes. Les possédés guérissaient et reprenaient une vie normale, les fous restaient tels quels, et il les envoyait auprès d’un médecin.

Le père Palau croyait fermement à l’influence maléfique du démon. Et son activité d’exorciste lui vaudra beaucoup de critiques et d’accusations, et cela même s’il a sauvé de nombreuses personnes qui purent retourner à une vie normale. Il développera ses positions dans son journal « El Ermitanon » et se rendra à Rome à deux reprises, notamment à l’époque du Concile Vatican I afin de présenter au pape ses positions sur l’exorcisme. Malgré cela, son activité est toujours jugée comme hasardeuse et François Palau est toujours critiqué. 

 

 

Le journaliste et le fondateur

Le père François Palau a écrit divers articles dans le journal « El Ancora » de Barcelone dans lesquels il décrit ses activités au sein de l’« École de la Vertu ». En 1868, il fonde « El Ermitano », un journal périodique dans lequel il traite de l’Église, de la liberté d’expression et de l’exorcisme. Ce journal fut édité de novembre 1868 à juin 1873.

Durant sa vie, François Palau fut, en plus d’être un grand exorciste, un fondateur. En effet, en 1860, il fonde la « Congrégation des Frères de la Charité », qui s’éteindra durant la guerre civile espagnole. Il a aussi fondé la « Congrégation des Carmélites Tertiaires de l’Ordre du Carmel » en 1861, congrégation qui se développera en deux instituts : les « Carmélites Missionnaires » et les « Carmélites Missionnaires Thérésiennes » qui ont pour vocation d’aider, de servir, d’assister les pauvres, les malades, les personnes qui souffrent mentalement, les enfants, les jeunes, les vieillards, les familles. Ces deux instituts existent encore de nos jours.

Une association destinée aux fidèles laïcs a été fondée en 1987, en lien avec le Carmel, du nom de « Carmel Missionnaire séculier » afin de vivre selon la spiritualité de François Palau. Aujourd’hui, elle compte environ 500 membres et est présente dans 12 pays.

 

 

François Palau croyait en l’existence du démon, croyait en son pouvoir d’agir sur les hommes, de les tenter, de les posséder. Il a été un grand exorciste, a délivré beaucoup de personnes, et pourtant, on se refusait de voir à l’évidence. Même devant l’évidence d’une guérison, les scientifiques et les athées l’ont critiqué. François Palau en a beaucoup souffert, mais il a continué sa mission jusqu’à sa mort, sans jamais baisser les bras.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Amon, la divinité suprême des Égyptiens

 

Amon ou Aamon est un grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a sous ses ordres 40 légions infernales.

Jean Wier place ce démon à la 5e position de sa liste des 69 démons que comprend la « Pseudomonarchia daemonum ». Le « Lemegeton et de la Goétie » le place en 7e position de sa liste comportant 72 démons.




 

Collin de Plancy nous en donne une description plus précise : « grand et puissant marquis de l’empire infernal. Il a la figure d’un loup, avec une queue de serpent ; il vomit de la flamme ; lorsqu’il prend la forme humaine, il n’a de l’homme que le corps ; sa tête ressemble à celle d’un hibou et son bec laisse voir des dents canines très effilées. C’est le plus solide des princes des démons. Il sait le passé, l’avenir, et réconcilie, quand il le veut, les amis brouillés. Il commande à quarante légions. Les Égyptiens voyaient dans Amon ou Amoun leur Dieu suprême ; ils le représentaient avec la peau bleue, sous une forme un peu humaine. »

D’après cette définition, Amon serait donc un puissant démon capable de faire le bien de temps en temps, puisqu’il peut réconcilier les amis. C’est quelque peu paradoxal, et s’il le fait, c’est qu’il a forcément à y gagner, car rien n’est gratuit pour un démon. Un démon ne connaît pas la compassion et encore moins l’amitié.

Collin de Plancy nous dit aussi que Amon est une ancienne divinité égyptienne.

 

Amon, divinité égyptienne

 

En effet, Amon est une divinité égyptienne démonisée qui était à l’origine le dieu de Thèbes. Plus tard, il fut identifié à Rê et nommé Amon-Rê.

 

Amon-Rê

 

Le nom Amon signifie « caché », car personne ne pouvait le voir. Selon d’anciennes croyances, Amon s’est créé lui-même à partir du Chaos primordial. Mais d’après la mythologie thébaine, Amon aurait été créé par Thot avec sa parèdre Amomet. L’épouse d’Amon était Mout, « la Mère » qui semble avoir été l’équivalent égyptien de l’archétype de la « Grand-mère » que l’on retrouve dans de très nombreuses mythologies. Amon et Mout ont eu un enfant, le dieu de lune, Khonsou.

 

 

Les Égyptiens attribuaient à Amon le disque, l’image du soleil, les cornes et le fléau. Ils le représentaient tantôt avec une tête de bélier, tantôt avec un visage humain, portant parfois des cornes de bélier. En général, Amon portait sur la tête une tiare de plumes ornée parfois du disque solaire. Ses animaux sacrés étaient l’oie et le bélier, d’où les plumes, la tête de bélier ou les cornes de bélier.

Jusqu’au Moyen Empire, Amon était le dieu local de Thèbes, dieu des vents et des bateliers. C’est d’ailleurs pour cela qu’on le représentait avec une couleur de peau bleue. Mais quand les Thébains eurent conquis toute l’Égypte, Amon devint une déité universelle et sous la XVIIIe Dynastie, fut même considéré comme le roi des dieux.

À partir de la XIXe Dynastie, Amon devint la représentation invisible du créateur, la source de toute vie dans le ciel, sur terre, et dans l’au-delà. En gros, il devint Dieu, le Créateur de toutes choses ! Et l’on commença à l’appeler Rê et à l’associer à Min pour devenir le dieu fécond et créateur.

Sous la XIIe Dynastie, on lui construisit un temple immense à Karnak. On peut encore y voir ses ruines colossales. Ce temple est la plus grande structure religieuse jamais construite par l’homme. D’autres temples furent érigés en son honneur. Certains furent détruits, d’autres sont à l’état de ruine, d’autres encore ont disparu.

Maintenant que l’on sait que Amon était une ancienne divinité égyptienne vénérée en tant que dieu créateur de tout, on comprend que Amon soit vraiment un puissant démon qui aime qu’on lui voue un culte.

Les sorciers Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le prince de ce Monde » nous disent que Amon, ou Aamon ou Hamon est un marquis très sévère, commandant 40 légions infernales, mais qu’il est lui-même soumis à Satanachia (grand général des Enfers, ministre des Armées. Il commande la grande Légion des Esprits). Les sorciers invoquent ce démon pour révéler l’avenir et le passé, ainsi que pour réconcilier des amis brouillés. En ce sens, ils sont d’accord avec Collin de Plancy. Mais, Nahema-Nephthys et Anubis ajoutent que même si Amon peut réconcilier des amis, autant il peut provoquer des querelles. De plus, ce démon pousse à la paresse, à la négligence, principalement dans le domaine des études. Lorsqu’il apparaît, il se montre sous la forme d’un loup à queue de serpent et vomit des flammes. Parfois, il peut apparaître sous les traits d’un homme à dents de chien ou à tête de hibou. C’est un démon dangereux et le mage qui l’invoque doit se méfier de lui. Bien sûr, et je ne cesse de le répéter, il est dangereux, voire mortel, d’invoquer un démon.

 

 

Marie d’Ange

 

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Rivière-La-Guerre, un hameau hanté

Rivière-La Guerre était un petit village situé sur la municipalité régionale du comté Haut-Saint-Laurent, à Montérégie, Québec. Un hameau fondé durant les années 1820 qui ne vécut qu’une trentaine d’années avant d’être abandonné par ses habitants à la fin des années 1850 à cause des inondations causées par la construction du canal de Beauharnois. Aujourd’hui, il ne reste que les ruines de l’église, du cimetière, du presbytère et du manoir de Rosenbank qui est toujours habité. Mais dans ce hameau déserté, on y trouve aussi des entités. Bienvenus, chers lecteurs, au village hanté de Rivière-La Guerre.




 

Un peu d’histoire

 

Le presbytère

 

Rivière-La Guerre se situe dans l’est du Canada, au Québec, à Montérégie. Fondé dans les années 1820, il a abrité 82 habitants en 1830 répartis de part et d’autre de la rivière La Guerre. Au total, 16 familles y ont habité. C’est au milieu des années 1820 que viennent s’installer les premiers colons écossais du village de Godmanchester, mieux connu sous le nom de Rivière-La Guerre. Une école fut construite et active de 1829 à 1846, ainsi que plusieurs magasins, dont un cordonnier. Il ne reste plus rien de ces bâtiments aujourd’hui.

En 1847, le village est découpé en 144 lots et en rues. Une douzaine de ces lots appartiennent à la Calvin Presbyterian Church. Des agrandissements étaient prévus, mais n’eurent jamais lieu. Ces travaux ne furent jamais achevés, car dès la fin des années 1850, le village est déserté à cause des inondations dues à la construction du canal de Beauharnois.

Aujourd’hui, il reste du village qu’une église en ruine, un presbytère décrépi, un cimetière à l’abandon, et un manoir, celui de Rosebank, qui est toujours habité. Ces vestiges peuvent se visiter et appartiennent à la municipalité de Saint-Anicet.

Rivière-La Guerre était davantage un hameau qu’un village qui n’a vécu qu’une petite trentaine d’années. À la fin des années 1850, il est pratiquement désert à cause des crues provoquées par la construction du premier canal de Beauharnois. De plus, le service de ravitaillement qui alimentait le village cessera ses activités à cause de la nouvelle génération de bateaux à vapeur, trop gros pour se frayer un chemin dans la rivière La Guerre.

 

 

Le Manoir Rosebank

Le seul bâtiment habité du village. Construit vers les années 1840, la bâtisse était la propriété de John MacDonald. Aujourd’hui, la famille Irving a racheté les lots et notamment le manoir en 1914 pour y vivre.

 

 

L’Église protestante

 

L’église protestante

 

L’église est à l’état de ruine. Elle abritait, jadis, un culte protestantisme. Le temps a fait son œuvre et a détruit la bâtisse en pierre. La façade est grandement endommagée, le toit est tombé et les murs s’effritent. Il est même dangereux de la visiter, tant les murs sont instables et menacent de s’écrouler à tout moment. La végétation s’est emparée de l’intérieur de l’église et a envahi les murs et le sol.

Les travaux de construction de l’église ont démarré en 1847 et la première pierre sera posée par John Leslie. De style gothique, des services religieux en anglais et en gaélique seront célébrés. Et c’est durant sa construction que le village commencera à se vider de ses habitants. Malgré tout, l’église assumera ses fonctions pendant 90 ans, jusqu’en 1941, date de ses derniers services.

 

 

Le cimetière

 

Le cimetière et les vestiges de l’église

 

Le cimetière attenant à l’église regroupe environ 80 sépultures. Le dernier enterrement dans ces lieux était celui de Harry Steward. C’était en 1948. Aujourd’hui, les tombes sont à l’état de ruine. Beaucoup sont tombées, celles qui restent encore debout menacent de s’effondrer.

 

 

Le presbytère

 

L’intérieur du presbytère

 

Le presbytère est situé de l’autre côté de la rivière La Guerre. Ce bâtiment en brique rouge est aussi à l’état d’abandon et de décrépitude. La structure est néanmoins en meilleur état que celle de l’église. Sa construction remonte probablement au milieu des années 1850 et sa vie aura été très courte, puisque dès 1857, plus aucun culte n’est fait de façon permanente dans le village. Le presbytère sera utilisé de façon sporadique, mais tombera rapidement dans l’oubli.

 

 

Un hameau hanté

 

L’intérieur d’une maison

 

Très vite, des rumeurs de hantise ont commencé à circuler à propos de Rivière-La Guerre. Un groupe de chasseurs de fantômes québécois, le APPA paranormal, est allé y faire quelques investigations. Et il n’est pas rentré bredouillé !

En effet, les chasseurs de fantômes ont capté une voix sortie d’outre-tombe, d’un présumé Gordon, à plusieurs reprises sur les appareils électroniques. Ce qui nous laisse penser que l’endroit est bien hanté.

Patrick Sabourin, fondateur de l’APPA Paranormal, n’oubliera pas de si tôt son aventure vécue dans une maison en ruine de Rivière-La Guerre, qu’il passa la nuit en compagnie de quatre membres de son équipe. Alors que le groupe enquêtait au sous-sol de cette maison, l’entité se faisant appeler Gordon s’est manifestée à deux reprises.

Le groupe était au sous-sol afin d’essayer de capter la voix d’une fillette dont le corps est supposé enterré dans la cave de la maison il y a plus de 100 ans de cela. Mais, en écoutant les sons captés dans cette cave, l’équipe de l’APPA Paranormal a entendu la voix d’un homme !

L’équipe s’est présentée à tour de rôle et a demandé s’il y avait quelqu’un dans la pièce. C’est alors que la voix de Gordon s’est fait entendre à deux reprises.

Et tout au long de cette longue nuit, l’équipe a été témoin de nombreuses manifestations paranormales. Deux enquêteurs ont été pris de malaises (étourdissements, pression au niveau de l’estomac, difficulté à respirer) et ont dû quitter les lieux. L’équipe a aussi très nettement entendu des bruits de pas provenant du deuxième étage, alors que la maison était déserte. Elle a cherché un éventuel visiteur sans jamais le trouver. Et alors que l’équipe visitait la maison, la porte de la pièce dans laquelle elle se situait s’est brusquement fermée en claquant. Cela ne pouvait pas être un courant d’air, puisqu’il n’y avait pas de vent cette nuit-là.

Puis, en arpentant les vestiges du vieux cimetière, les traqueurs de fantômes ont repéré le nom de Gordon sur l’une des pierres tombales. S’agirait-il du même Gordon entendu sur les appareils d’enregistrement ?

 

 

 

Le hameau de Rivière-La Guerre est-il hanté ? Tout laisse supposer à le croire. Mais, dans ce genre de situation, il faut toujours rester prudent. En effet, les faits peuvent être trompeurs et l’imagination fertile. Souvent, parce qu’un village est abandonné ou à l’état de ruine, on pense qu’il est hanté. Et souvent, ce n’est pas le cas… Affaire à suivre.

 

 

Marie d’Ange

 

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Sources : journaldemontreal.com, urbexplayground.com

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Amduscias, le démon mélomane

Amduscias apparaît à la 53e position de la « Pseudomonarchia daemonium » de Jean Wier et à la 67e position du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.




Colin de Plancy nous dit de ce démon : « grand-duc aux enfers. Il a la forme d’une licorne ; mais lorsqu’il est évoqué, il se montre sous une figure humaine. Il donne des concerts, si on les lui commande ; on entend alors, sans rien voir, le son des trompettes et des autres instruments de musique. Les arbres s’inclinent à sa voix. Il commande 29 légions. »

Donc, pour Colin de Plancy, l’un de mes démonologues de références, Amduscias serait un démon qui aime la musique. Je mets en scène ce démon dans l’épisode deux des « Purificateurs : Amytiville » où je le décris comme un démon puissant capable de posséder une jeune fille ; le son des trompettes précède toujours son arrivée. C’est un démon rusé, habile, qui aime qu’on le loue et qu’on l’adore. Dans cet épisode des Purificateurs, le prêtre-exorciste, Vincenzo, aura beaucoup de mal à le combattre. Pour en savoir plus sur la saga des Purificateurs, cliquez sur sur l’image.

Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » nous disent qu’Amduscias (orthographié aussi Amdusias ou ambdukias) est un démon qui aide dans les concerts ou aide à la composition musicale. Il favorise le musicien pour qu’il se fasse connaître et pour qu’il accède à la gloire. Les deux magiciens ajoutent que les arbres s’inclinent au son de la voix du démon et que le vent, lors de son passage, produit une musique dans les feuilles. Amduscias aime propager des idées erronées pour mieux perdre l’homme. C’est un grand menteur.

Amduscias, lorsqu’il apparaît, est soit nu avec une tête de licorne ou soit il se montre en licorne. Il est toujours entouré d’instruments de musique, surtout des trompettes, car il en joue lui-même.

Amduscias est le démon des musiciens en mal de reconnaissance. Il pactise volontiers avec eux afin de leur apporter la gloire. Mais, un pacte avec le démon n’est jamais anodin, car il conduit souvent à la folie, à la désolation et à la mort.

On pourrait se poser la question si dans l’affaire du Club des 27, ce n’est pas lui qui a pactisé avec tous ces artistes morts à l’âge de 27 ans (Amy Whinnehouse, Jim Morrison, Kurt Cobain…). On peut aussi se demander s’il n’a pas aidé à la propagation des musiques sataniques en propulsant au sommet de la gloire des groupes à tendance sataniques. D’ailleurs, je pense que ce démon a beaucoup contribué à élever au sommet de la gloire des chanteurs, musiciens du Club des 27 ainsi que des artistes, des groupes qui ont connu un succès fulgurant durant ces dernières décennies. Je fais référence, bien entendu, à certains groupes de rock (Beatles, Slayer, Led Zeppelin et j’en passe) et à certains chanteurs de rap ou dance ou RnB ou électro ou jazz. Certains de ces chanteurs pourraient avoir pactisé avec lui pour obtenir la gloire.

Amduscias est un démon issu des croyances de la goétie, qui, je le rappelle, est une science occulte de l’invocation des entités démoniaques.

Pour résumer, Amdusias ou Amduscias est un démon chef-d’orchestre, grand-duc de l’empire infernal. Il est invisible et pourtant audible, car il aime être accompagné du chant des trompettes et lorsqu’il est présent, on peut entendre des instruments à vent à cordes jouer une musique diabolique. Son premier hobby est de pactiser avec des musiciens afin de les propulser à la gloire. En échange, ces musiciens deviennent des damnés pour l’éternité.

Son deuxième passe-temps favori est de colporter les fausses idées, les théories ou postulats faux et de répandre les préjugés. Sa troisième passion est de tourmenter les esprits qu’il possède, en les poussant à bout, parfois jusqu’au suicide.

 

Marie d’Ange

 

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Ascot House, la demeure hantée de Toowoomba

Direction l’Australie pour visiter cette superbe bâtisse de quarante-trois pièces située à Toowoomba, dans la région de Queensland, une superbe bâtisse réputée hantée. En effet, un fantôme aurait décidé d’y loger en permanence.




 

La bâtisse que l’on va présenter dans cet article se trouve en Australie, dans la région du Queensland, dans la petite ville de Toowoomba. Construite dans les années 1870, c’est une grande maison de quarante-trois pièces. Autrefois le lieu de rendez-vous mondains de la haute-société, elle est aujourd’hui réputée hantée par un fantôme.

Ascot House a été abandonnée pendant plusieurs années et lorsque Lois Jackman décide de l’acheter en 1920, elle se trouve presque à l’état de ruine. Peu lui importe, elle compte la rénover, lui redonner sa gloire d’antan et y ouvrir un hôtel-restaurant, un lieu luxueux pour voyageurs fortunés. Sauf que cela ne va pas se passer comme elle l’avait prévu.

Ascot House, la maison hantée de Toowooba, Quennsland, Australie

La maison Ascot est délabrée, mais Lois Jackman y voit un potentiel énorme. Et la tâche pour restaurer cette bâtisse de quarante-trois pièces s’avère monumentale. D’autant plus que Lois Jackman va très vite se heurter à un habitant d’un genre particulier, un fantôme.

Ce fantôme se fait particulièrement fait sentir au moment où Lois Jackman décide de convertir des pièces de la maison Ascot en restaurant. L’entité n’est pas contente, et va montrer son mécontentement en faisant bouger des objets, en apparaissant pour faire fuir les clients. 

Au début, Lois Jackman entend des bruits bizarres. Elle cherche à savoir d’où ils proviennent, mais ne trouve aucune explication à ce phénomène. Elle décide alors de faire avec, de vivre avec ces perturbations et d’essayer de ne plus y faire attention.

Tant bien que mal, la jeune restauratrice ouvre son auberge. Un de ses premiers clients, un jeune étudiant, vient y passer plusieurs nuits. Et lors d’une de ces nuits, il dira avoir vu passer le fantôme d’une femme habillée en robe d’époque qui semblait avoir le coup cassé et la bouche ensanglantée comme si on l’avait frappée.

Ce fantôme commence à devenir gênant pour les affaires de Lois qui commence à entreprendre des recherches. En effet, de plus en plus de clients viennent se plaindre d’avoir été réveillés par un fantôme, ou d’avoir été tirés hors du lit par ce fantôme.

Lois Jackman trouve, dans de vieux registres, le nom d’une femme, Maggie Holberton Hume, qui se serait suicidée dans la demeure en 1891. Cette femme travaillait comme femme de ménage à la maison Ascot et aurait mis fin à ses jours en se pendant dans l’escalier principal. Pour l’enterrement, elle n’eut pas le droit à des funérailles religieuses, et son corps fut jeté dans une tombe anonyme au cimetière de Drayton. Des rumeurs ont prétendu que Maggie Hume attendait un enfant de son employeur, et que ne pouvant plus cacher son état, elle se serait donné la mort par désespoir.

La plupart des clients qui ont témoigné avoir vu le fantôme sont unanimes : l’entité est pacifique. Elle ne cherche pas à nuire, mais plutôt à obtenir la délivrance.

Est-ce que ce fantôme est réel ? N’est-il pas un fantasme des habitants de Toowoomba ? On pourrait le croire, surtout lorsque l’on sait que la plupart des histoires de ce genre sont issues d’un drame et de rumeurs qui viennent alimenter ce drame en bizarreries certaines. Ou encore, on pourrait croire que les habitants de Toowoomba ont trouvé un moyen d’attirer des touristes.

Mais pour Lois Jackman et ses employés, le fantôme de Maggie Holberton Hume est bien réel. Et si c’est le cas, il faudrait alors entrer en contact avec cette entité afin de la libérer.

 

 

Marie d’Ange

 

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Amaymon, l’un des quatre rois de l’enfer

Amaymon est l’un des quatre princes de l’enfer. Il gouverne la partie orientale et a pour lieutenant et Premier ministre sur son territoire Asmodée.

Ce démon n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier. Il n’apparaît pas aussi dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie » de Samuel Mathers.




 

Collin de Plancy dans le « Dictionnaire Infernal » dit qu’Amoymon ou Amaimon est l’un des quatre rois de l’enfer, dont il gouverne la partie orientale. On l’évoque le matin, de neuf heures à midi, et le soir de trois à six heures. Asmodée est son lieutenant et le premier prince de ses États.

Le démonologue ne nous éclaire pas plus sur ce démon.

Les sorciers Nahema-Nephthys et Anubis nous en donnent plus de précisions : Amoymon ou Amaymon ou Amaimon est roi et grand prince de la partie septentrionale des Enfers. C’est un démon très puissant. Asmodée lui est soumis. Amoymon commande le peuple des Gnomes par l’intermédiaire de cinq démons, Madael, Laaval, Bamulhac, Belem et Ramat.

Les sorciers conjurent ce démon lors de la constitution de Cercles Magiques afin qu’il garde la Porte du Nord. Certains le conjurent à titre individuel pour obtenir la réussite, à condition de pratiquer l’invocation le matin, de neuf heures à midi, ou la nuit, de trois heures à six heures. Amoymon peut aussi guérir toutes les maladies et, à ce titre, il a sous ses ordres de nombreux démons guérisseurs (attention, ce sont des paroles de sorciers à prendre avec une extrême prudence, car un démon guérisseur n’existe pas, tous font le mal et s’ils guérissent, c’est qu’ils ont créé la maladie ou qu’ils demandent autre chose en échange souvent en notre défaveur).

Lorsqu’il apparaît, Amoymon porte une couronne sur sa tête, est vêtu de noir et crache du feu lorsqu’il parle.

En démonologie, Amoymon ou Amaymon ou Amaimon est un prince de l’enfer, et selon certains grimoires, il est le seul à avoir le pouvoir sur Asmodée. On dit que ce démon a un souffle toxique et mortel. Ce qui peut être très dangereux pour l’exorciste, surtout si le démon lui demande de se tenir debout devant lui et de lui témoigner du respect. Amoymon aime tromper les exorcistes et jouer avec eux.

La Petite Clé de Salomon affirme que pour maîtriser Amoymon, l’exorciste ou le magicien doit être en possession d’un anneau argenté consacré et porté à l’annulaire comme une forme de protection contre le souffle toxique.

Selon le grimoire « Le livre de la magie sacrée d’Abramelin le mage » écrit par Abraham ben Siméon, Amoymon était l’un des huit sous-princes, décrit comme un diable égyptien que Abramelin a empêché de faire le mal depuis la troisième heure jusqu’à midi.

Certains démonologues pensent que Amoymon est l’un des fils de Lucifer, donc de Satan et aussi le plus faible de ses frères. Pour eux, Satan/Lucifer aurait trois fils, Amoymon, Abbadea et Asmadeus.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Alrunes et mandragores, deux créatures démoniaques

Les anciens Germains et Scandinaves croyaient aux divinités auxquelles ils vouaient des cultes. Dans ces divinités, il y avait les alrunes pour les Germains et les mandragores pour les Scandinaves, deux créatures identiques, de sortes de démons familiers que l’on priait, à qui l’on demandait des faveurs et qui prédisaient l’avenir. Découvrons ces deux créatures légendaires.




 

 

Les alrunes

 

Diderot et Alembert ont écrit à propos des alrunes qu’elles étaient, pour les anciens Germains, de petites figures de bois dont ils faisaient leurs Lares ou des divinités qui étaient chargées de prendre soin de la maison et des personnes.

La mythologie germanique parle de ces alrunes comme des créatures qui portaient soin aux familles. Les anciens Germains croyaient en cette créature divine et avaient chez eux deux petites statues en bois symbolisant les alrunes qu’ils priaient. Ces statuettes représentaient des sorcières, jamais des sorciers, et l’on disait que les alrunes tenaient la fortune des hommes dans leurs mains. Pour se faire bien voir des alrunes, on habillait ces statues proprement, on les couchait dans de petits coffres, on les lavait avec du vin et de l’eau, on leur donnait à manger et à boire de peur qu’elles ne se mettent à crier et qu’elles rendent pauvre la famille.

Ces statuettes représentant les alrunes étaient conservées dans un endroit secret et l’on allait souvent leur rendre hommage afin de ne pas souffrir d’infortune, de danger ou de maladie. Les alrunes pouvaient aussi prédire l’avenir par des mouvements de tête et même, quelquefois, en parlant. Encore aujourd’hui, cette superstition demeure au sein de la basse Allemagne, chez les Danois et chez les Suédois.

Mais, derrière tout mythe se cache une part de vérité. Si les anciens Germains vénéraient ces créatures qu’ils appelaient alrunes à travers des statuettes de bois, c’est qu’il y a eu un évènement, quelque chose qui s’est passé pour que le mythe se mette en place.

Dans les temps anciens, les démons et toutes les créatures magiques (fées, farfadets…) vivaient au milieu des hommes. Nous avons des témoignages édifiants de leur présence sur terre. Certains s’attachaient aux humains, certains leur rendaient des services. Avec l’arrivée de la science et surtout avec l’arrivée d’une pensée athée, ces créatures ont été obligées de se cacher. Elles sont toujours présentes, mais ne se font plus voir. C’est le cas notamment des démons, et, dans le cas qui nous intéresse, des alrunes et des mandragores.

L’alrune est une créature légendaire qui aurait vécu au sein des anciens Germains. Les alrunes sont en fait les mandragores des Scandinaves, car en allemand, alraune signifie mandragore. Ces êtres légendaires auraient tenu le destin des hommes en leur pouvoir et tous ceux qui possédaient une alrune, devaient lui prodiguer des soins, comme l’habiller, lui donner à manger, la laver… sinon, au lieu d’annoncer l’avenir, l’alrune se mettait à crier.

Au fil des siècles, les démonologues ont cherché à comprendre ce qu’était l’alrune et donc la mandragore. Et ils sont arrivés à la conclusion qu’elle était un démon succube capable de prendre toutes les formes possibles, mais incapables de changer de sexe. Les alrunes auraient même mis au monde, en forniquant avec des humains, à la lignée des Huns.

Les alrunes sont donc des démons succubes et les mères des Huns, mais aussi des statuettes fétiches que l’on appelait mandragores en Scandinavie.

 

 

La mandragore

 

Aujourd’hui, la mandragore représente une plante officinale voisine de la belladone. C’est une plante hallucinogène entourée de nombreuses légendes.

Le terme français de « mandragore » vient du latin mandragoras tiré lui-même du grec. L’étymologie du grec est obscure, pour certains, le terme grec « mandragoras » serait issu du nom de la mandragore en assyrien man. tar. ira, qui veut dire « la drogue de Namta ; Namta étant un démon pestilentiel provoquant des maladies, on comprend que l’origine ancienne de la mandragore est un démon.

Comme je l’ai dit plus haut, la mandragore est aussi une plante hallucinogène. Par sa composition chimique, c’est un puissant sédatif et narcotique, antispasmodique, hypnotique. Elle présente aussi des propriétés aphrodisiaques.

La plante possède des effets hallucinogènes remarquables. Ses principes actifs traversent aisément la peau et passent dans la circulation sanguine très vite. D’ailleurs, les sorcières du Moyen Âge s’enduisaient les muqueuses et les aisselles d’un onguent fabriqué à base de mandragore. C’est comme cela qu’elles entraient en transe. Les sorcières s’enduisaient le corps de cet onguent afin de s’envoler dans les airs, à cheval sur un balai ou une fourche, et partaient pour le sabbat.

Les accusations qui conduisaient les sorcières au bûcher comportaient deux composants : les maléfices et le pacte avec le Diable. Le procès s’ouvrait sur une plainte pour les maléfices répétés d’une jeteuse de sort qui était censée provoquer la mort de nouveau-nés, faire tomber la grêle sur les récoltes… l’accusation d’assistance au sabbat n’apparaissait que plus tard, lorsque les juges ecclésiastiques s’emparaient du dossier. Au Moyen Âge, on croyait au Diable et on avait tendance à tout diaboliser. On croyait que des femmes pactisaient avec lui dans le but de détruire l’Église et ces femmes étaient envoyées au bûcher. Heureusement que cela a cessé !

Aujourd’hui, on ne croit plus au Diable, ni aux sorcières, ni à la magie, ni aux miracles… De nos jours, on croit à l’argent ; sauf que l’argent appartient au démon, c’est son meilleur moyen d’attirer à lui le plus d’âmes possible.

Revenons aux sorcières. Ces femmes s’enduisaient d’onguent fabriqué à l’aide de mandragore. On sait que c’est une plante hallucinogène et l’on peut donc se dire que le sabbat était le seul produit de leur imagination, qu’il était le résultat de la prise de cette substance narcotique. Mais, de nombreuses études historiques, notamment les aveux des sorcières, ne permettent pas de conclure que toutes ces femmes étaient droguées. Il existe une poignée de témoignages de femmes avouant la prise de cet onguent, mais beaucoup n’en prenaient pas. Donc, le phénomène ne peut être généralisé, donc le sabbat reste encore aujourd’hui inexpliqué.

Dans l’antiquité, la mandragore était associée à des croyances de rituels magiques.

En occident, au Moyen Âge, il existait un rituel d’arrachage de la mandragore. Les collecteurs de la plante dégageaient les racines, les attachaient à des chiens et attiraient les animaux au loin. On pensait que la plante avait une telle puissance magique que si l’herboriste s’aventurait à la déraciner lui-même, il s’exposerait à une mort certaine. On pensait que la racine possédait une puissance divine et que, extraite, elle pouvait tuer.

Dans les écrits de Paracelse (1493 – 1541), on peut lire que pour se procurer la racine de mandragore, il fallait d’abord l’endormir à l’aide de rituels magiques, car celui qui l’arrachait sans précaution devenait fou en entendant les hurlements ou serait poursuivi par sa malédiction. Cette image de plante qui hurle rejoint cette de la statuette hurlante des anciens Germains.

Ces rituels magiques se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées, car on les disait fécondées par le sperme des pendus. C’est de là qu’elles tiraient leur vitalité. Les mandragores qui poussaient à côté des places de supplice ou des lieux de crémation étaient aussi très demandées, car elles se nourrissaient de la souffrance humaine.

(On voit ici clairement que la plante avait un côté obscur, noir, démoniaque, puisqu’elle poussait sur des lieux de souffrance et s’en nourrissait).

Des “prêtres” traçaient avec un poignard rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine. Le cérémonial était accompagné de prières et de litanies. Une jeune fille vierge se plaçait à côté de la plante pour lui tenir compagnie. Puis, on passait une corde autour de la racine et l’on attachait cette corde autour du cou d’un chien affamé que l’on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient alors au loin le chien pour qu’en tirant sur la corde, il arrache la plante.

À l’arrachage, la plante émettait un hurlement atroce, épouvantable, qui tuait l’animal et les hommes qui n’avaient pas pris soin de boucher leurs oreilles avec de la cire.

Une fois la plante déracinée, on la lavait, on la faisait macérer puis on la menait à maturation dans un linge propre. La racine prenait alors la forme d’un petit homme. On la choyait, car elle procurait à son possesseur prospérité, richesse et fécondité. Cette plante était vendue très cher, d’autant plus qu’elle avait forme humaine. D’où la ressemblance aux alrunes des anciens Germains qui prenaient soin de statuettes de bois.

La mandragore est aussi utilisée dans les rituels vaudous.

 

 

La mandragore ressemble aux petites statues de bois des anciens Germains. Elle est entourée de mystère et de fascination en raison de l’apparence plus ou moins anthropomorphe de sa racine et de nombreuses légendes courant à son sujet, comme au sujet des alrunes d’ailleurs. La mandragore est réputée pour son cri mortel lorsqu’on l’arrache du sol, tout comme l’alrune qui se met à crier lorsqu’on ne la soigne pas. Par contre, que ce soit la mandragore ou l’alrune, si l’on y prend soin, toutes deux procurent richesse, prospérité et fécondité à celui qui la possède. Et toutes deux sont des créatures démoniaques en ce sens qu’elles se nourrissent de la souffrance de l’homme, qu’elles lisent l’avenir, qu’elles peuvent faire le mal, mais aussi le bien avec des contreparties. En ce sens, elles ressemblent à des démons familiers.

 

 

Marie d’Ange

 

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Alrinach, le provocateur de catastrophes

Alrinach n’apparaît pas dans la liste des 69 démons de la « Pseudomonarchia daemonum » de Jean Wier ni dans la liste des 72 démons du « Lemegeton et de la Goétie ».




Voici la définition que nous donne Collin de Plancy dans le « Dictionnaire Infernal » : Alrinach, démon de l’Occident, que les démonographes font présider aux tempêtes, aux tremblements de terre, aux pluies, à la grêle… C’est souvent lui qui submerge les navires. Lorsqu’il se rend visible, il paraît sous les traits et les habits d’une femme.

Nahéma-Nephthys et Anubis, dans leur ouvrage « Le Prince de ce Monde » donnent à peu près la même définition que Collin de Plancy sur ce démon : il préside en Occident et provoque toutes sortes de catastrophes, comme les séismes, les naufrages, les tremblements de terre… Il apparaît sous les traits d’une belle femme richement vêtue.

Les deux sorciers ajoutent que l’on peut le conjurer pour apaiser les tempêtes ou protéger les navires contre le risque de tempête. Donc, Alrinach aurait donc le pouvoir d’apaiser les éléments naturels, ce qui est un peu contradictoire. D’un côté, Alrinach provoque des tempêtes, d’un autre il les calme. D’un côté, Alrinach provoque des naufrages, d’un autre il protège les navires. On voit bien que les paroles de sorciers ne peuvent pas être prises telles qu’elles, qu’elles doivent susciter la méfiance. De toute façon, il n’est jamais bon de conjurer un démon !

Mis à part cela, on ne sait pas grand-chose sur ce démon. On peut supposer qu’il était là et qu’il a provoqué le naufrage du Titanic, vu que l’on sait aujourd’hui que son naufrage est dû à plusieurs causes. Je développe l’histoire du Titanic dans le livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité » que je vous invite à lire.

 

Marie d’Ange

 

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Dom Giovanni Calabria, le prêtre des pauvres

Dom Giovanni Calabria (1873-1954), un prêtre qui a combattu toute sa vie la pauvreté, qui a fondé les congrégations des pauvres serviteurs de la Divine Providence et des pauvres servantes de la Divine Providence, congrégations reconnues par l’Église catholique, un saint homme béatifié le 17 avril 1988. Mais surtout un homme persécuté par le démon durant les dernières années de sa vie et qui n’a pas hésité à donner sa vie pour sauver celle du pape Pie XII.




 

La vie de dom Giovanni Calabria

 

Comme je l’ai dit en introduction, Dom Giovanni Calabria a vécu les dernières années de sa vie tourmenté par le démon. Il a subi des périodes de souffrance intense durant lesquelles le Seigneur a permis qu’il soit soumis à la possession diabolique. Le but de la purification et d’expiation en était évident.

Lors du procès pour sa canonisation, on présenta des documents officiels montrant comment ce saint prêtre s’est libéré lui-même, par sa foi, son humilité et ses prières, de Satan. Il n’a pas eu besoin d’exorcisme tant il croyait à Jésus-Christ. Et c’est cela qui est beau !

Giovanni Calabria est né à Vérone en 1873. Il était le septième et dernier enfant d’une famille très pauvre et très pieuse. À l’âge de 12 ans, il perd son père. Lui qui voulait entrer au séminaire et qui éprouvait déjà des difficultés à payer ses études, voyait dans cette perte l’anéantissement de tous ses espoirs. Mais la providence allait lui donner un petit coup de pouce. Et alors qu’il travaillait au champ pour aider sa mère, un prêtre le remarqua, remarqua sa valeur et le prépara en privé à reprendre sa formation. Ainsi, il put entrer au lycée. Il dut interrompre ses études pour faire son service militaire. À l’époque, en Italie, le service militaire durait deux ans. Deux années durant lesquelles Giovanni Calabria se fit remarquer par sa charité et son dévouement auprès de ses camarades.

Revenu du service militaire obligatoire, il reprit ses études et s’engagea dans de nombreuses œuvres pour venir au secours des orphelins et des pauvres. Le 11 août 1901, il est ordonné prêtre. En 1907, il bâtit la Maison des Bons Enfants à Vérone pour accueillir les adolescents isolés et abandonnés, puis plusieurs centres à travers toute l’Italie. Il s’occupa aussi des personnes âgées et des malades et créa, avec l’aide des petites sœurs de la Sainte Famille fondées par le bienheureux Joseph Nascimbeni, un établissement pour les accueillir, la Citadelle de la Charité, à Negrar, un petit village près de Vérone. Cet établissement est aujourd’hui un hôpital florissant que Jean-Paul II avait visité en 1988.

Giovanni Calabria se préoccupa aussi d’autres pays que celui qui l’avait vu naître. En 1934, il envoie quatre frères en Inde afin de secourir les parias, les démunis, les laissés-pour-compte. C’est ce groupe de quatre hommes, qui partageaient la même passion de charité envers les autres, qui fut la base de la Congrégation des pauvres serviteurs de la divine Providence. L’évêque de Vérone avait approuvé cette congrégation en 1932.

En 1940, il fonde la congrégation des Pauvres servantes de la divine Providence, la branche féminine de la première. Il voulait, comme il le disait : « montrer au monde que la divine Providence existe, que Dieu n’est pas un étranger, mais qu’il est Père. » Il aimait aussi à répéter les paroles évangéliques qui l’avaient frappé dès sa jeunesse : « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt 6,33).

Sa charité s’étendait à tous les domaines. Il aida des pauvres dans leurs études, il entretenait des relations fraternelles avec les protestants, les orthodoxes et les juifs. Il criait à qui voulait l’entendre que le monde ne pouvait être sauvé qu’en retournant au Christ et à son Évangile. Et je suis bien d’accord avec lui…

Très vite, il comprit le rôle indispensable des laïcs dans l’Église. C’est pourquoi il fonda, en 1944, la « Famille des Frères externes », un groupe composé de laïcs désireux de participer à la mission caritative du Père Calabria. Notez chers lecteurs, comme il est allé chercher les laïcs pour les intégrer à l’Église. Il ne les a pas repoussés, au contraire, il les a invités dans son œuvre.

 

 

 

La fin de vie

Sa fin de vie fut un véritable calvaire. Comme je l’ai dit plus haut, le démon le persécuta et il fut victime d’une possession démoniaque. Dieu permit qu’il soit une victime en union avec le Christ. Le but de cette possession démoniaque était de le purifier et d’élever son âme. Avec des prières et la foi, il réussit à vaincre le démon en lui. Giovanni Calabria a toujours accepté ses souffrances. Il souffrait pour les âmes perdues, il souffrait pour les pauvres, se condamnait lui-même pour sauver les autres, comme l’a fait le Christ sur la Croix.

Il avait perçu aussi que certains membres de l’Église s’étaient éloignés de leur mission. Alors, il lançait des appels passionnés, déchirants, à tous ces ecclésiastiques qui s’étaient perdus dans l’espoir d’un retour vigoureux à « l’postolica vivendi forma » (au genre de vie des apôtres).

Début décembre 1954, Giovanni Calabria était fatigué, épuisé par cette lutte acharnée avec le démon. Il sentait qu’il était proche de la mort. Il aurait pu se battre, mais il préféra donner sa vie pour le pape Pie XII, lui-même à l’agonie. Et contre toute attente, par miracle, le pape se rétablit et continua son ministère quatre ans, pendant que Giovanni Calabria perdit la vie, apaisé, confiant, sûr de rencontrer le Seigneur.

Il s’éteignit le 4 décembre 1954 et on le déclara aussitôt le Champion de la charité.

 

 

Giovanni Calabria avait eu une vie faite de charité, d’amour pour son prochain, une vie humble, irréprochable. Harcelé par le démon, il n’avait pas perdu la foi, mais a continué son combat contre la pauvreté. Et dans un geste charitable extrême, il a préféré mourir pour que vive le pape Pie XII. Que dire de plus sur cet homme remarquable qui a mérité son titre de saint ? Que dire de plus sinon qu’aujourd’hui, on aimerait voir plus d’hommes comme lui sur terre.

Sources : nouvel.evangelisation.free.fr

 

Marie d’Ange

 

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Alpiel, démon herboriste

Le démonologue Jean Wier ne cite pas le démon Alpier dans la liste des 69 démons répertoriés dans son ouvrage « Pseudomonarchia demonum ».

De même, Alpier n’apparaît pas dans la liste des 72 démons du « Legemeton et de la Goétie ».

Par contre, Collin de Plancy, dans son « Dictionnaire Infernal » cite ce démon. Il dit que : « Alpiel est un ange ou démon qui, selon le Talmud, a l’intendance des arbres fruitiers. »




 

Je rappelle que le Talmud, qui veut dire étude en hébreu, est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha, c’est-à-dire de la Loi. Il aborde, entre autres, le droit civil et matrimonial et traite de questions éthiques, de mythes, de médecine.

Dans le Talmud, Alpiel est un ange ou un démon issu des croyances judaïques. C’est lui qui s’occupe de l’intendance des arbres fruitiers.

Nahema-Nephthys et Anubis dans leur ouvrage « Le Prince de ce monde » mentionnent Alpiel comme un démon préposé aux arbres fruitiers et soumis à Dagon et à Oês. Dagon est une divinité agraire vénérée par les Philistins et les Phéniciens. C’est un démon de second ordre dans la hiérarchie infernale et est le Boulanger et le Grand Panetier de la Cour Infernale. Oês ou Oannês est une ancienne divinité mésopotamienne.

Donc Alpiel est soumis à ces deux démons de second ordre, ce qui fait de lui un démon de sous-ordre, proche même des démons que l’on appelle les familiers.

On n’en sait pas plus sur ce démon.

 

Marie d’Ange

 

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