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La poupée hantée Mandy

Mandy ressemble à une poupée de porcelaine ordinaire. Il n’en est rien. Mandy a quelque chose en plus des autres poupées, quelque chose de surnaturel en elle qui la distingue des autres. Mandy est mignonne, mais dangereuse, comme l’affirme la pancarte du musée où elle est exposée : « si Mandy ressemble à une poupée ordinaire, elle est beaucoup plus que cela ». Découvrons l’histoire de Mandy, la poupée réputée hantée.




 

Mandy une poupée hantée

 

Mandy, la poupée hantée

 

Mandy est une poupée qui a été fabriquée dans une usine allemande entre 1910 et 1920. C’est une très jolie poupée de chiffon et de porcelaine, comme cela se faisait à l’époque. On ne sait pas qui a acheté la poupée à sa sortie d’usine. Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle est réapparue en 1991 dans la province canadienne de Colombie-Britannique. En effet, cette année-là, sa propriétaire entre au musée Quesnel, et jette sur le bureau de la conservatrice du musée une poupée datant du début du XXe siècle, en disant qu’elle n’en voulait plus et repart sans donner plus d’explications. C’était la poupée Mandy. Le personnel du musée décide alors de la conserver et de l’exposer au public. En effet, la poupée est assez bien conservée. Son visage fait en porcelaine est fendu, ses vêtements sont sales, le tissu qui compose son corps est déchiré, mais Mandy reste jolie et surtout, elle semble inoffensive.

La femme qui a confié la poupée Mandy au musée Quesnel s’appelle Mereanda. Elle tenait la poupée de sa grand-mère. Lorsqu’elle est entrée au musée, elle semblait pressée de s’en débarrasser. Elle éprouvait même une aversion profonde pour cette poupée d’apparence inoffensive. Malgré le comportement étrange de la propriétaire, Ruth Stubbs, la conservatrice du musée, décide de garder Mandy.

 

 

Mandy au musée

 

 

Avant d’exposer la poupée au public, Ruth Stubbs doit s’assurer qu’elle n’est pas contagieuse ou porteuse d’une maladie. Suivant le protocole en vigueur, elle recouvre Mandy d’une bâche en plastique, la met dans une salle de travail. La poupée doit rester 48 heures dans cette bâche avant d’être analysée.

Dès l’arrivée de Mandy au musée, les employés et les visiteurs se sont sentis mal à l’aise en passant à côté d’elle. Certains furent même terrifiés en la regardant. Peut-être savaient-ils déjà que la poupée était hantée…

48 heures passent, Mandy est enlevée de sa bâche et analysée. Elle ne présente aucun danger. Ruth Stubbs décide alors de la placer sur une table, en face de la porte d’entrée du musée. En effet, Mandy n’a pas encore sa vitrine et en la plaçant ainsi, les visiteurs pourront la contempler dès leur arrivée. D’ailleurs, certains, dès les premiers jours, ont affirmé avoir vu la poupée cligner des yeux. D’autres ont affirmé que la poupée les avait suivis du regard.

 

 

Une poupée qui n’aime pas les photographies

 

Mandy à son arrivée au musée

 

Quelques jours plus tard, Ruth Stubbs invita un journaliste afin de photographier la nouvelle venue au musée, Mandy. Ce dernier arriva accompagné de sa petite amie et se met au travail. Mais la séance n’a pas été de tout repos. En effet, plusieurs incidents bizarres sont survenus alors que le journaliste tentait de photographier la poupée : lui et sa petite-amie ont été pris d’un malaise, la poupée aurait détourné la tête de l’objectif.

Tant bien que mal, le journaliste parvient à prendre quelques clichés. Mais au moment du développement, il remarque que les photos sont floues. En 20 ans de carrière, jamais ce genre de chose ne lui était arrivé ! Il souffle, part prendre un verre et lorsqu’il revient, il règne dans son laboratoire un désordre extrême, comme si un enfant s’était amusé, avait fait un caprice et avait renversé tous les stylos et crayons parterre. Est-ce la manifestation d’un Poltergeist ? En tout cas, cela n’a jamais pu être expliqué rationnellement.

Au musée Quesnel, les choses étranges se multiplient autour de la poupée Mandy. Le gardien du musée a rapporté avoir entendu des bruits étranges, comme des pas dans la pièce où se trouvait Mandy. Il a vérifié toutes les pièces du musée. Il n’y avait personne.

Des employés ont remarqué que depuis l’arrivée de Mandy au musée Quesnel, des repas disparaissaient mystérieusement du réfrigérateur et que ces repas étaient retrouvés dans des tiroirs ou des armoires.

Un employé a affirmé qu’une fois, alors qu’il dépoussiérait la table sur laquelle était posée Mandy et qu’il tenait la poupée dans une main, il l’a fait tomber. Lorsqu’il l’a ramassée, du sang coulait de la tête de Mandy.

Ruth Stubbs ne croit pas aux fantômes. Pourtant, devant les nombreux témoignages de phénomènes bizarres, elle décide de contacter un collègue conservateur à la retraite connu pour avoir un don de médium. Ce qu’il va révéler est très étonnant.

 

 

Les révélations de Mereanda

Aussitôt arrivé, le médium perçoit des ondes émanant de la poupée. Il la prend dans ses mains et sent des frissons glacés lui parcourir tout le corps. Alors, il recommande à Ruth Stubbs de prendre contact avec l’ancienne propriétaire de la poupée afin d’obtenir des informations sur Mandy.

Sans plus attendre, Ruth prend contact avec Mereanda et cette dernière lui fait d’étonnantes révélations. Elle confie qu’un jour, alors que Mandy se trouvait à la cave, il se produisait toujours d’étranges phénomènes à cet endroit. Il arrivait souvent que la nuit, Mereanda entende les pleurs d’un nouveau-né provenant du sous-sol et lorsqu’elle y descendait, elle ne trouvait jamais aucun enfant, mais les fenêtres de la cave étaient grandes ouvertes et il y avait une brise bizarre qui faisait flotter les rideaux. Depuis qu’elle a amené Mandy au musée, la maison est redevenue calme et il n’y a plus eu de phénomènes bizarres ni de pleurs d’enfant.

Ruth ne sait quoi penser de cette histoire. Elle ne veut pas se séparer de Mandy et pourtant, elle sent que quelque chose cloche avec cette poupée. Elle décide de la conserver dans une grande vitrine de verre, pensant ainsi l’isoler et l’empêcher de se manifester. Mais la poupée n’a pas apprécié être déplacée et le fait comprendre. En effet, dès le lendemain, un employé retrouve du papier déchiré dans sa boîte de verre. Et c’est après cet évènement que l’on considéra Mandy comme une poupée hantée.

On commence même à dresser son portrait. On pense qu’elle est hantée par l’âme d’une petite fille qui semble chercher de l’attention. On sait qu’elle aime beaucoup jouer avec les appareils électriques en les déréglant.

Un visiteur a rapporté, alors qu’il était en train de filmer la poupée, que la caméra s’est éteinte sans raison à plusieurs reprises. Il a cru que son appareil avait un problème. Mais, lorsqu’il filmait dans les autres pièces, la caméra fonctionnait normalement. C’était juste dans la pièce où se trouvait Mandy que la caméra faisait des siennes.

D’autres visiteurs rapportèrent avoir ressenti une sensation de profonde tristesse lorsqu’il se trouvait devant la cage en verre de Mandy, ou avoir observé un changement de posture de la poupée.

Pensant qu’elle se sentait seule dans sa vitrine, les employés lui ont offert une peluche, un petit mouton, afin de lui tenir compagnie. Le lendemain, ils retrouvèrent le jouet au pied de la vitrine alors que cette dernière était fermée.

 

Mandy avec son petit mouton en peluche

 

Malgré ces manifestations étranges qui peuvent faire peur, Mandy n’a jamais fait de mal à quelqu’un.

Des enquêteurs du paranormal se sont penchés sur son cas et pensent que Mandy est possédée par l’âme d’un innocent enfant. Peut-être même que la poupée appartenait à cet enfant et qu’au moment de sa mort, il a préféré s’y réfugier plutôt que de rejoindre la lumière. D’ailleurs, il existe une légende racontant l’histoire d’une petite fille qui se serait retrouvée enfermée dans une cave avec sa poupée. La fille serait morte et son esprit se serait retrouvé piégé à l’intérieur de la poupée pour une raison indéterminée. Des années plus tard, on entendit des sanglots émanant de ce sous-sol et lorsque l’on découvrit Mandy, elle pleurait des larmes de sang.

 

 

Encore aujourd’hui, la poupée Mandy continue à faire parler d’elle et à attirer de nombreux visiteurs au musée Quesnel, des curieux qui veulent assister à un phénomène étrange. Beaucoup ne verront rien et repartiront déçus de leur visite ; une poignée de personne continue d’affirmer avoir assisté à un phénomène étrange. La question que l’on doit se poser est la suivante : est-ce que la poupée est hantée ou est-ce un phénomène d’imagination collective ?

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin


 




 

 

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Dossier Warren : l’affaire Harper

L’affaire Harper est une histoire issue des enquêtes d’Ed et Lorraine Warren qui a été largement documentée et médiatisée. On dit même que ce fut l’une des enquêtes les plus traumatisantes vécues par les Warren. Ce dossier a d’ailleurs inspiré le film Conjuring 2 : le cas Enfield. Mais la réalité des faits, l’histoire vécue en Angleterre, dans la banlieue nord de Londres, par la famille Harper est de loin beaucoup plus terrifiante que le film, car pour la famille Harper, ce n’était pas du cinéma et des effets spéciaux.




 

Présentation

 

La famille Harper

 

Commençons par présenter la famille Harper, une famille londonienne vivant à Enfield, le quartier nord de Londres. Une famille pauvre composée d’une mère divorcée, Peggy Harper élevant seule ses quatre enfants, Margaret 13 ans, Janet 11 ans, Johnny 10 ans et Billy 7 ans.

La maison est vieille et tombe en lambeau. Pourtant, la famille Harper y vit tranquillement en supportant les difficultés financières qu’engendre leur situation. C’est en août 1977 que la vie de la famille va basculer dans l’horreur de l’enfer.

En effet, la maison devient subitement le lieu de manifestations paranormales d’une rare intensité. On en recensera plus de 1500. Certains seront filmés, d’autres seront vus par plusieurs témoins et d’autres enfin seront enregistrés sur bandes sonores.

Ces évènements paranormaux se manifestent par des objets renversés, des meubles qui se soulèvent et se déplacent seuls, des draps de lits soulevés, des bruits, des voix fantomatiques, des aboiements de chiens, des apparitions d’objets semblant traverser les murs, des départs spontanés de feux surtout localisés dans les tiroirs des commodes, des objets déformés…

Mais surtout, Janet Harper, 11 ans, qui présente des signes évidents de possession diabolique se traduisant par des crises violentes, des lévitations, des grognements, des changements de voix…

Ces faits ont été constatés par une trentaine de témoins, dont des policiers, des journalistes… et surtout ont été suivis et répertoriés par deux enquêteurs de la SPR, Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair. Et personne n’a pu expliquer rationnellement les phénomènes. La plupart des phénomènes semblent ne pouvoir avoir été provoqués artificiellement. Des voix et des bruits étranges sont enregistrés et analysés, des scènes bizarres (comme un meuble lévitant dans les airs) sont photographiées.

Au point qu’Ed et Lorraine Warren sont appelés pour enquêter sur ce cas vraiment bizarre.

L’explication la plus plausible semble être que la petite Janet, qui est au centre des manifestations, les provoquerait ou même les engendrerait. Un enquêteur notera que les photographies faites au moment où Janet semble être expulsée de son lit par une force invisible, si elles sont juxtaposées montrent qu’il ne s’agit qu’en fait d’un saut ordinaire.

Janet est déclarée schizophrène et fait un séjour à l’hôpital fin juillet 1978. Au même moment, les manifestations cessent.

Une histoire troublante, une histoire qu’il convient de développer pour essayer de la comprendre, d’autant plus que d’après les dires des voisins, les manifestations ont subitement cessé, aussi subitement qu’elles étaient arrivées.

Ce cas, largement médiatisé, a inspiré une minisérie télévisée britannique de trois épisodes « The Enfield Haunting » en 2015 et Conjuring 2 : le cas Enfield, réalisé par James Wan et projeté sur grand écran en 2016. D’ailleurs, dans ce film, on peut entendre de vrais enregistrements de l’époque, ainsi que voir de vraies photographies. Bien que le film semble assez ressemblant à l’histoire vécue par les Harper, cela reste une fiction. Car dans la réalité, la famille Harper a vécu un véritable cauchemar. Notons que dans le film réalisé par James Wan, la famille Harper prend le nom de Hodgson.

 

 

 

Les débuts

 

Billy, Janet et Margaret

 

Nous sommes donc en 1977. Peggy Harper élève seule ses quatre enfants dans une maison délabrée située au 284 Green Street, dans la banlieue nord de Londres. La famille connaît des difficultés financières, mais est unie.

Le premier évènement bizarre a eu lieu le 31 août 1977, vers 21 heures : un long crissement étrange qui semble provenir du plancher de la chambre que partage Margareth et Janet. Les enfants sont terrifiés. Dans son lit, Peggy entend aussi ce bruit bizarre. Elle se lève et se rend dans la chambre. Lorsqu’elle allume, les enfants semblent très excités. Peggy est en colère, la nuit dernière Janet et Margareth l’avaient réveillée en prétextant que leurs lits bougeaient seuls et aujourd’hui, ils prétextent que ce bruit viendrait du plancher. Peggy leur ordonne de dormir. Elle éteint la lumière et au moment où elle veut refermer la porte de la chambre, elle un sent comme un frottement sur le plancher et tout à coup, quelqu’un d’invisible donne quatre coups sur le mur. Et la commode commence à glisser lentement sur le parquet, s’éloignant du mur en oscillant. Peggy replace la commode à sa place initiale, mais le meuble recommence à glisser vers la porte. Les enfants sont terrifiés. Peggy tente à nouveau de le remettre à sa place, mais la commode semble peser une tonne. Elle est comme fixée au plancher.

Peggy a peur. Elle ordonne aux enfants de descendre au salon. Après réflexion, elle décide de fuir chez ses amis et voisins, Vic et Peggy Nottingham afin de leur demander de l’aide.

Les deux amis l’écoutent avec inquiétude pensant que la jeune femme, à force d’avoir des ennuis financiers, est en train de craquer nerveusement. Néanmoins, ils acceptent de venir avec elle inspecter la maison.

Et alors qu’ils sont en train de fouiller la maison à la recherche d’un éventuel cambrioleur, des bruits commencent à résonner dans les murs. En les écoutant attentivement, ils ont l’impression que quelqu’un est prisonnier dans les murs et essaye désespérément d’en sortir.

Vic Nottingham décide d’appeler la police. Deux agents arrivent sur place et alors qu’ils visitent la maison, quatre coups s’élèvent des murs et l’un des fauteuils de la salle à manger se met à glisser lentement sur le sol. Les policiers sont perplexes. Ils examinent le fauteuil et estiment qu’il s’est déplacé seul de plus d’un mètre.

Les deux agents prennent congé en expliquant que ce qu’il se passe dans cette maison n’est pas de leur ressort et qu’il faudrait appeler l’Église.

Après le départ des policiers, Peggy installe des lits de fortune dans le salon et toute la famille dort ensemble dans cette pièce. Le reste de la nuit s’écoule sans manifestations. Ce n’est qu’au petit matin qu’elles reprennent avec plus d’intensité : les petites briques du jeu de Lego de Billy s’envolent vers le plafond, rebondissent contre les murs et s’écrasent sur le plancher, comme projetées par une force invisible.

Terrifiée, la mère de famille court chercher les voisins qui la suivent. À peine ont-ils franchi le seuil de la maison, que deux billes tirées de la cuisine les frôlent et s’écrasent contre le mur. Ces deux billes sont brûlantes.

Le dimanche 4 septembre, suivant le conseil de son voisin, Peggy se décide à téléphoner au Daily Mirror afin de leur expliquer le problème. Elle espère ainsi faire venir chez elle des spécialistes du paranormal afin de faire cesser le phénomène. C’est ainsi que commença l’une des plus fascinantes histoires de poltergeist de l’histoire.

L’histoire de Peggy trouve écho auprès de George Fallows, un vieux reporter au Daily Mirror. Dès le lendemain, il se rend à la maison d’Enfield accompagné de David Thorpe, un photographe. Cela faisait maintenant sux jours que la famille Harper vit dans la terreur du poltergeist qui sévit chez eux. Ils sont épuisés à force de ne pas dormir.

Georges Fallows ne dut pas attendre très longtemps avant qu’un phénomène inexplicable se produise. En effet, une demi-heure après son arrivée, il entend quatre coups résonner dans les murs. Il décide de contacter la Society for Psychical Research, une association spécialisée dans les phénomènes paranormaux.

C’est Maurice Grosse, un scientifique très religieux, qui est mandaté pour enquêter sur les phénomènes de la maison d’Enfield. Cet homme avait perdu sa fille l’année d’avant et les incidents troublants qu’il avait vécus après cette mort douloureuse l’ont amené à postuler au sein de l’association. Ce cas est le premier sur lequel il allait travailler.

Dès que Maurice Grosse franchit le seuil de la maison, il comprend qu’il s’y passe quelque chose de bizarre. L’atmosphère est pesante et les membres de la famille sont tous paniqués, fatigués. Tous donnent la même version des faits et tous les faits semblent concorder entre eux. Il demande à Peggy de noter tous les incidents qui vont se produire avec le plus de détail possible.

Pendant trois jours, la maison est calme, jusqu’au jeudi 8 septembre 1977. Des chaises se mettent à pivoter seules sur elles-mêmes et à avancer seules, des billes foncent vers le plafond, des Legos volent dans tous les sens, les tiroirs des commodes s’ouvrent seuls et vomissent des vêtements, les portes s’ouvrent et se referment seules…

Peggy note toutes les manifestations et s’aperçoit que celles-ci s’accentuent lorsque Janet se trouve à proximité.

 

 

 

Tout se précipite

 

Janet Harper arrachée de son lit. Photographie réelle que l’on retrouve dans le film Conjuring 2

 

Le samedi 10 septembre 1977, le poltergeist d’Enfield fait la Une du Daily Mirror. D’ailleurs, on peut trouver cet article dans les archives.

Après cet article, Peggy est invitée sur un plateau de télévision pour raconter son histoire. Du coup, la maison du 284 Green Street est surveillée nuit et jour par des journalistes et des photographes afin de capter une preuve de ces phénomènes expliqués.

Maurice Grosse est dépassé par l’affaire. Son ami, Guy Lyon Playfair, lui aussi enquêteur à la Society for Psychical Research, lui propose son aide.

Les deux hommes installent des caméras et des enregistreurs audio dans toutes les pièces de la maison, à l’exception de la salle de bains et décident d’y rester le temps de l’enquête. Mais, les appareils tombent constamment en panne et malgré les manifestations incessantes, ils n’arrivent pas à capter une image ou un son permettant de prouver la véracité des faits. Tout ce qu’ils peuvent dire c’est que le poltergeist semble devenir plus puissant de jour en jour et surtout beaucoup plus virulent.

À bout de force, Peggy décide de passer la nuit du 25 septembre 1977 chez les voisins avec les enfants. Elle espère ainsi pouvoir dormir une nuit entière sans être réveillée par des bruits ou des objets qui volent dans la pièce. En vain. Le poltergeist est maintenant si puissant qu’il peut suivre la famille Harper. En fait, il n’est pas attaché à la maison, mais aux habitants de la maison et surtout à Janet.

À présent, la situation est incontrôlable. Tous les habitants du quartier d’Enfield connaissent l’histoire de poltergeist de la famille Harper et les enfants sont raillés à l’école, des personnes insultent Peggy et lui demandent de quitter la ville… Heureusement, quelques voisins compatissants viennent lui apporter du soutien en passant des heures avec elle dans la maison.

Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair poursuivent leur travail d’investigation en enregistrant les témoignages de ceux qui sont venus tenir compagnie à Peggy, car eux aussi ont vu des phénomènes troublants se produire dans la maison. On parle alors de « force invisible », de « lumière fluorescente brûlant furieusement », d’une silhouette d’une vieille dame aux cheveux gris à la fenêtre de la chambre donnant sur la rue…

La nuit du 15 octobre 1977, des coups résonnent dans les murs sans discontinuité pendant près de quatre heures. Guy Lyon pense alors que l’entité veut communiquer avec eux. Il fait venir un médium, Annie Shaw.

Et bien sûr, la médium a la bonne idée de faire une séance de spiritisme dans la maison ! Avec l’aide de son mari, elle s’installe sur une chaise en bois au milieu du salon et explique qu’elle va appeler l’entité de la maison et que cette entité va s’exprimer à travers elle. Cette séance risque d’être un peu traumatisante pour les enfants.

Son mari George commence à réciter une courte prière et Annie se met à respirer fortement. Debout dans un coin de la pièce, Peggy et Janet observent la scène en silence. Maurice Grosse filme la scène. Soudain, Annie se met à hurler : « Allez-vous-en ! », puis se met à rire, un ricanement terrible, rauque. George décide alors d’arrêter la séance. Mais, Annie lui crache au visage. George prononce alors quelques prières et Annie se calme.

Selon Annie et ce qu’elle a vu, la maison est la demeure de plusieurs esprits et ces esprits sont tournés vers Janet. L’un de ces esprits est un homme dont le nom est Gozer, un adepte de la magie noire et c’est lui qui contrôle les autres esprits. C’est lui qu’il faut écarter pour faire cesser toutes les manifestations. Puis, la médium, toujours aidée de son mari, purifie la maison et nettoie les auras de Peggy et Janet. Mais cela est sans résultats. Au contraire. Le poltergeist se déchaîne encore plus au point d’empêcher Janet de dormir cette nuit-là en la renversant systématiquement de son lit.  

Une nuit, Janet se réveille suffocante. Un vieil homme près de son lit l’empêche de respirer en bouchant son nez et sa bouche.

Il devient évident que les manifestations sont tournées sur Janet et redoublent d’intensité lorsque l’enfant est présente. Et ces manifestations deviennent de plus en plus dangereuses. Une nuit, la grille en fer de la vieille cheminée vient atterrir sur l’oreiller de Billy le manquant de peu. Une autre nuit, la carcasse métallique du chauffage est violemment arrachée du mur la rendant reliée à l’installation que par le tuyau d’arrivée du gaz. Et ce tuyau est complètement tordu. Cela aurait pu causer une fuite de gaz et l’explosion de la maison. 

L’entité devient de plus en plus puissante, ce qui inquiète les enquêteurs. Tous les jours, ce sont des gémissements qui sortent des murs, des bruits de pas, des grognements… Et tous les jours, Peggy fait les lits et les retrouve défaits, comme si une personne invisible s’est couchée dedans. Parfois, elle constate que les oreillers s’enfoncent comme pour accueillir une tête invisible.

Le 10 novembre 1977, le jour de l’anniversaire de Janet et alors que la famille partage un gâteau, la jeune fille est propulsée par une force invisible à plus d’un mètre quatre-vingts de haut. Maurice Grosse est témoin de la scène.

Le lendemain, dès que Janet rentre de l’école, les meubles se mettent à bouger. Le divan se renverse deux fois, dont une fois lorsque l’enfant est assise dessus. Le 12 novembre 1977, vers 5 h du matin, le lit de Janet chavire avec le matelas et la jeune fille atterrit lourdement sur le sol.

Guy Lyon Playfair propose de déposer un bloc de papier et un crayon dans la cuisine et demande au poltergeist d’écrire un message. Cinq minutes plus tard, Peggy trouve effectivement un message du poltergeist sur le frigo disant qu’il restera dans la maison et menaçant que si ce message était divulgué, il passerait aux représailles. Sauf que, le papier sur lequel est écrit ce message ne provient pas du bloc de papier laissé sur la table de la cuisine, mais d’une page arrachée d’un cahier de Janet. Cette dernière nie avoir écrit ce mot.

Le même jour, le père des enfants vient déposer le chèque de la pension alimentaire. Peggy lui parle du poltergeist et lui montre le message. Je rappelle que l’entité avait formellement interdit de le montrer. Comme l’on peut s’en douter, le père traite son ex-femme d’hystérique et part. Peggy s’excuse auprès de l’entité d’avoir montré le message et un morceau de papier apparaît sur la table spontanément. Le papier provient du même cahier de Janet et l’écriture ressemble à celle de Janet. Pourtant, la jeune fille n’est pas à la maison. Sur ce morceau de papier est écrit : « Un malentendu soit. Ne recommencez pas. »

Les deux enquêteurs de l’association sont perplexes et n’expliquent pas ce phénomène.

 

 

 

La possession démoniaque de Janet

 

Les crises de possession de Janet.

 

Il semble que l’entité présente dans la maison s’acharne davantage sur Janet que sur les autres membres de la famille. À plusieurs reprises même, l’entité a possédé Janet qui rentre alors dans des crises de fureur telle que Maurice Grosse avait eu du mal à la contenir. Son visage se transforme alors en un masque de haine ignoble, elle pousse des hurlements, grogne… et surtout, elle se mutile ou tente de frapper quelqu’un.

Un jour aux urgences, elle entre dans une de ces crises démoniaques. Pour la calmer, le médecin lui injecte une dose de Valium et diagnostique Janet schizophrène présentant des crises d’hystérie violentes.

L’entité joue avec Janet et la projette souvent hors de son lit. Durant trois mois, elle est projetée plus d’une cinquantaine de fois violemment de son lit et un jour, elle est jetée sur la radio (nous avons d’ailleurs la photographie de ce fait). Dès que Janet est dans sa chambre, les coups dans les murs retentissent et l’entité s’attaque à la pauvre enfant. Au point que Janet ne peut même plus dormir et est dans un état de réel d’épuisement moral et physique.

Les deux enquêteurs ont réalisé de nombreux films qui restent encore aujourd’hui sans explications. Il devient évident que Janet est possédée. Ses crises sont de plus en plus terribles et incontrôlables au point que Peggy doit à plusieurs reprises appeler les secours pour calmer sa fille.

Maurice Grosse est inquiet. Il avait fait appel à des médiums, ce qui a mis l’entité en colère et empiré la situation. Les médecins n’avaient été d’aucun secours et Janet dépérit de jour en jour. L’entité ne veut plus qu’elle se nourrisse ni qu’elle dorme. La situation devient grave.

Guy Playfair demande l’aide de deux amis, Luiz et Elsie, deux médiums brésiliens à Londres pour une conférence. Il leur raconte l’histoire de la famille Harper et demande qu’ils viennent voir la petite Janet.

Lorsque les deux médiums arrivent dans la maison du quartier Enfield, Janet est en pleine crise. Elle rampe sur les murs, crie, vocifère, veut frapper tout le monde… Luiz réussit à la calmer en lui parlant. Selon lui, Janet est une médium, mais ne le sait pas. Luiz et Elsie lui parlent longuement et cette nuit là, Janet dort enfin en paix pour la première fois depuis des semaines. Et pour la première fois depuis des semaines, la petite redevient elle-même, c’est-à-dire une enfant calme et gentille. Peggy en est profondément soulagée et espère que cela durera. Sauf que cela ne dura pas…

En effet, dès le lendemain matin, après avoir dormi plus de treize heures, Janet se réveille en état de transe et commence à dessiner. Elle réalise neuf dessins tous horribles et inquiétants reprenant le même thème : la mort, le sang et un couteau. Et tous les tableaux sont signés du nom de Watson.

Très inquiète, Peggy remet ces dessins à Grosse qui fait une recherche. Il s’avère en fait que Watson était le nom du couple qui vivait dans la maison avant la famille Harper et que Mme Watson avait succombé d’un cancer de la gorge à l’hôpital et que son mari, Joe, était mort dans la maison sur le fauteuil du salon.

En décembre 1977, le poltergeist d’Enfield se déchaîne comme jamais. Il ne s’attaque plus à Janet, mais se manifeste en faisant voltiger les meubles, en enfonçant et dégondant les portes, en renversant les lits et en éjectant les enfants de leur lit parfois jusqu’à dix fois dans la nuit.

Margareth se plaint à plusieurs reprises d’être pincée et piquée avec des aiguilles. Peggy subit le même phénomène une fois.

De la chambre où dort Janet s’élèvent des bruits étranges, des grognements, des aboiements et cela semble provenir de sous le lit de la jeune fille.

Lors d’une séance de spiritisme, Maurice Grosse réussit à entrer en contact avec l’entité d’Enfield, qui lui parle d’une voix forte et rude et l’insulte à travers Janet. En fait, ce qui est bizarre, c’est que la voix sort de Janet sans cette dernière n’ouvre ni ne bouge la bouche pour qu’elle en sorte. L’entité révèle alors qu’il y a plusieurs entités dans la maison, une dizaine, tous agressifs, sauf un qui s’appelle Billy. Et c’est ce Billy qui parle en ce moment. Il explique qu’il avait habité la maison autrefois. Il est devenu aveugle peu de temps avant sa mort et a quitté la vie d’une manière paisible, en s’endormant sur le fauteuil du salon. Mais, il n’avait jamais quitté la maison et ne veut pas de ces nouveaux habitants et particulièrement de Janet qui dort dans son lit.

Maurice fait des recherches et découvre que ce Bill n’est autre que Joe Watson découvert mort d’une hémorragie cérébrale sur le fauteuil du salon par des policiers. Il est alors évident qu’il faut faire partir ce Bill, l’aider à rejoindre la lumière.

Ces conversations ont été enregistrées. Certaines sont incomplètes, car l’appareil tombait subitement en panne pour reprendre son enregistrement quelques minutes après. Tout cela pour dire que ces enregistrements existent et que l’on y entend bien une voix rauque s’exprimer.

À présent, Bill (ou Joe) s’exprime quasiment en continu à travers Janet. Maurice Grosse et Guy Playfair collent des morceaux de sparadraps sur la bouche de l’enfant, lui remplissent la bouche d’eau… mais rien ne semble pouvoir arrêter la voix qui continue à s’exprimer même lorsque Janet est hors de la maison.

Noël approche. Peggy Harper décore la maison avec soin afin de faire revenir un peu de gaieté dans la maison. Les enfants en ont bien besoin. Elle a acheté un cadeau pour chacun des enfants et même une boîte de chocolat pour Bill et les autres entités. Cela ne calme pas Bill (ou Joe je le rappelle) qui s’attaque aux animaux familiers. Le 23 décembre, les deux poissons rouges de Janet sont retrouvés morts et cela affecte particulièrement Janet qui y était attachée.

Le matin de Noël, c’est la perruche qui est retrouvée morte. Puis, le poltergeist décide de s’attaquer directement à Janet. À plusieurs reprises, il tente de l’étrangler avec les rideaux de la cuisine et cela par huit fois entre Noël et le Nouvel An.

Le soir du réveillon du Nouvel An, l’entité s’invite à la fête en déplaçant les meubles, en frappant contre les murs, en renversant le canapé et les fauteuils et surtout en lançant divers objets sur les enquêteurs, sur Peggy et les enfants. Puis Bill se met à parler à travers Janet et dit que c’est Tommy, un garçon de 5 ans, qui montre sa colère, car il n’est pas content de la présence des caméras dans sa chambre. Tout d’un coup, le sapin de Noël est projeté avec toutes les guirlandes à l’autre bout de la pièce.

À la fin de janvier 1978, un phoniatre vint enquêter sur la voix qui semble provenir de Janet et il est formel : cette voix est un mystère et ne provient pas des cordes vocales de l’enfant.

Une semaine plus tard, un tiroir de la cuisine prend feu spontanément. Et dans le même temps, Maurice Grosse connaît des évènements étranges, comme des bruits dans sa maison, sa voiture qui refuse de démarrer, des objets qui disparaissent et réapparaissent dans des endroits improbables.

Après les fêtes de fin d’année, George Fallows, le reporter du Daily Mirror, rend visite aux Harper. Il est surpris par l’évolution du phénomène et propose de réaliser un nouveau reportage. C’est Bryan Rimmer qui est envoyé sur place pour réaliser ce second reportage. Ce dernier se rend plusieurs fois dans la maison, interroge les voisins et prend beaucoup de notes.

Au moins de mars 1977, Maurice Grosse et Guy Playfair présentent une conférence sur le cas Enfield lors d’un évènement organisé par la SPR à Cambridge. Et les réactions sont très négatives : personne n’y croit et les deux enquêteurs sont hués.

Le lendemain, le reportage du Daily Mirror paraît dans le journal. L’article occupe une page entière et est agrémenté de photographies. En réponse à cet article, de nombreux journalistes veulent visiter la maison et certains sont même témoins de phénomènes inexpliqués.

L’un d’eux conseille à Peggy de faire venir un exorcisme, mais Maurice Grosse y est opposé, tout comme Peggy d’ailleurs.

Les phénomènes commencent à affecter maintenant les voisins et les membres de la famille. Le 30 mai 1978, le poltergeist donne une représentation publique de sa force, en plein jour, devant de nombreux témoins : il fait abattre une pluie de pierres sur les jardins et immédiatement après, une giboulée, puis des pierres et d’autres détritus qui sont projetés dans les jardins et sur les toitures des maisons. Les objets volent dans toutes les directions et affecteront cinq maisons.

Le 25 juin 1978, Janet, à la demande de Guy Playfair, est admise dans un hôpital psychiatrique où elle est examinée et soumise à des examens approfondis. Et même si la petite est éloignée de la maison, les évènements bizarres ne cessent pas.

 

 

 

L’enquête des Warren

 

La maison du quartier Enfield.

 

On sait que plusieurs médiums sont venus dans la maison pour essayer de comprendre et surtout d’aider la famille Harper. Mais aucun n’y a réussi.

Quant à l’enquête des Warren sur place, on ne sait pas grand-chose. Ayant vu le film Conjuring 2, je ne m’y fis pas trop, car l’on sait très bien que pour faire de l’audience, James Wan, a certainement amplifié et déformé la vérité.

Ce que l’on sait, c’est que c’est l’Église qui a demandé aux Warren d’enquêter sur ce cas, car avant de procéder à un exorcisme, elle devait être sûre d’avoir les preuves d’une possession démoniaque.

Et bien sûr, les Warren ont apporté les preuves nécessaires à cet exorcisme. Donc, l’Église a bien mandaté un prêtre qui a procédé à plusieurs exorcismes courant l’année 1978. Cela a beaucoup calmé les manifestations, sans les faire disparaître.

Janet ne fit plus de crises et la vie continua plus ou moins paisiblement.

Les manifestations ne cessèrent pas après le départ de Janet, à l’âge de 16 ans, qui partit de la maison pour se marier. On sait que jusqu’à la mort de Peggy Harper, en 2003, les manifestations se déroulaient encore dans la maison, mais étaient beaucoup moins virulentes.

Il semblerait que l’exorciste ait réussi à calmer l’entité qui terrorisait cette famille, la calmer, mais non à la renvoyer en enfer.

Après la mort de Peggy, la maison fut habitée par deux familles successives. La première prit la fuite lorsqu’elle apprit l’histoire de maison, la deuxième y habite encore et ne veut pas de publicité. Il semblerait que l’entité se soit calmée, mais pour combien de temps ?

 

 

 

L’interview de Janet trente ans plus tard

 

Janet harper adulte

 

Janet a été retrouvée trente ans plus tard par un journaliste du Daily Mail à qui elle s’est confiée. Elle vit actuellement à Essex avec son mari.

Dans cet interview, elle revient sur les phénomènes vécus et parle de son passé douloureux. Elle nous révèle avoir été marquée par les manifestations et par l’omniprésence de la presse.

Elle avoue aussi avoir truqué certains phénomènes afin de tester les deux enquêteurs, Grosse et Playfair. Et les deux hommes s’étaient toujours aperçus de la supercherie.

Elle avoue aussi avoir joué avec une planche Ouija en compagnie de sa sœur et que c’est peu après cet évènement que les phénomènes paranormaux ont commencé. Par contre, elle ne se souvient pas de ces états de transe et est choquée de voir les photos. Choquée et en colère que de telles photos circulent librement sur le net.

Elle se souvient des voix qu’elle entendait sans cesse et de cette terrible impression que quelqu’un se tenait toujours derrière elle.

Elle se souvient aussi avoir été victime d’intimidation et de moquerie à l’école où certains l’appelaient la Fille Fantôme. Quant à Billy, son frère, les autres lui crachaient dessus.

Elle se souvient de son séjour à l’hôpital psychiatrique où les médecins n’avaient rien trouvé pour expliquer ses crises et aussi des séances de lévitations subies.

Janet avait peur de rentrer chez elle, même si la maison était sans cesse pleine de gens, d’inconnus. Elle avait aussi peur pour sa mère qui avait fait une dépression nerveuse. Elle rêve encore souvent de cette période.

Janet a quitté la maison à l’âge de 16 ans et s’est mariée très jeune. Peu de temps après son départ, son frère Johnny est mort d’un cancer et sa mère fut elle aussi terrassée d’un cancer en 2003. Elle mourut dans la maison, dans le même fauteuil que Joe Watson.

Puis, le fils de Janet mourut dans son sommeil à l’âge de 18 ans. Alors, on peut comprendre que Janet veut oublier sans jamais y parvenir. Elle dit simplement avoir vécu tous ces phénomènes, ne pas les avoir provoquer, mais se dit prête à raconter son histoire et peu importe si les gens se moquent d’elle. Il faut qu’elle fasse cette thérapie pour passer à autre chose et ne plus vivre dans le passé.

Elle pense que la maison est toujours hantée, car même des années après son départ, sa mère, qui continua à vivre dans la maison, subissait des évènements paranormaux. Elle s’y était habituée. Les phénomènes étaient beaucoup plus calmes, mais les entités étaient toujours présentes.

Elle remercie le prêtre qui exorcisa la maison et qui, grâce à son intervention, fit que les choses se calmèrent sans jamais s’arrêter. Aurait-il fallu continuer les exorcismes ?

Janet affirme croire aux esprits frappeurs. Elle affirme qu’ils utilisaient son énergie pour se manifester violemment et qu’après son départ, ils avaient moins d’énergie et donc étaient moins virulents.

Après la mort de Peggy, c’est la famille Bennet qui habita au 284 Green Street du quartier Enfield de Londres. Encore une maman célibataire avec ses quatre enfants, quatre fils.

Clara Bennet, la mère de famille affirme n’avoir jamais rien vu d’extraordinaire dans la maison, mais avoir toujours l’impression d’être observée en permanence. Elle affirme, par contre, que ces fils entendent des murmures pendant la nuit.

Et lorsque Clara Bennet apprit l’histoire de la maison, elle déménagea.

Aujourd’hui, la maison est occupée par une famille qui ne souhaite pas révéler son identité. La mère de famille a simplement avoué ne pas vouloir traumatiser ses enfants avec des histoires absurdes.

Alors peut-être que le poltergeist d’Enfield n’a pas fini de faire parler de lui… Affaire à suivre.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour lire d’autres enquêtes des Warren




 

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Albert Hamilton Fish, le cannibale de Brooklyn

Albert Halmilton Fish était un tueur en série américain particulièrement actif et sanguinaire. On ne sait pas exactement le nombre de ses victimes, mais on peut l’estimer à plus de deux cents. Albert Fish, l’homme aux multiples surnoms, le cannibale de Brooklyn, l’Ogre de Wysteria, le Gray Man, le croquemitaine… était quelqu’un de profondément dérangé, cannibale, pédophile, scatophile…, aimant particulièrement s’attaquer aux enfants. Les meurtres commis ont été d’une telle atrocité, d’une telle barbarie, que je préviens les âmes sensibles de ne pas lire la suite de cet article.




 

Biographie d’Albert Hamilton Fish

 

Albert Fish

 

Albert Halmilton Fish est né le 19 mai 1970 à Washington DC et mort le 16 janvier 1936 à la prison de Sing Sing, dans l’État de New York. Cet homme a plongé toute l’Amérique dans la frayeur à la suite de différents meurtres d’une barbarie sans nom.

Même son propre fils avait peur de celui que l’on surnommait le cannibale de Brooklyn ou encore l’Ogre de Wysteria. C’est pour vous dire, chers lecteurs, que cet homme était profondément dérangé mentalement, un démoniaque de la pure espèce, un dangereux psychopathe. Un homme qui était tourmenté par des puissances démoniaques, comme avait témoigné son propre fils, Albert Fish Jr, qui raconta à la barre que parfois, lors des nuits de pleine lune, son père ressentait une irrésistible envie de consommer de la viande crue et que son visage se transformait d’une manière bizarre et qu’il regardait souvent autour de lui, comme s’il avait peur d’une personne invisible derrière lui.

En plus d’être un tueur en série particulièrement sanguinaire, Albert Fish pratiquait des pratiques sexuelles abjectes, comme le voyeurisme, le sadomasochisme, le fétichisme, la flagellation active, la bestialité, la prostitution, l’autocastration, la pédophile, l’ondinisme et la scatophilie.

Et en plus de pratiquer des séances sexuelles abjectes, le cannibale de Brooklyn était aussi cannibale et aimait particulièrement s’attaquer aux enfants. On parle de plus de deux cents victimes de ce monstre.

Albert Fish a eu un passé chaotique. Il perdit son père très tôt et sa mère, ne pouvant subvenir aux besoins de la famille, le plaça dans un orphelinat. Il y passa une bonne partie de son enfance où il fut souvent battu, fouetté, puni. C’est d’ailleurs dans cet endroit qu’il connut les plaisirs de la souffrance physique et qu’il s’adonna au masochisme. On dit aussi qu’il descend d’une famille où beaucoup de membres ont souffert de maladie mentale. Cela n’excuse en rien ses actes !

Son frère aîné Walter est aussi enfermé dans cet orphelinat. Souvent, il lui montre des photos d’hommes et de femmes dénudés et se livrant au cannibalisme. Albert est subjugué par ces histoires, obligeant son frère à lui montrer sans cesse ces documents. Il se met alors à suivre les rubriques criminelles dans les journaux et est passionné par toutes les histoires de meurtres. Il aime tout ce qui fait mal, autant pour lui que pour les autres.

En 1882, Albert Fish fait la connaissance d’une jeune télégraphiste qui l’initie aux pratiques sexuelles et particulièrement à l’ondinisme et à la coprophagie. Le futur tueur en série adore ça.

En 1890, Le cannibale de Brooklyn s’installe à New York où il se prostitue et passe ses week-ends dans les jardins publics à regarder les jeunes garçons. C’est ainsi qu’il commence à violer les jeunes garçons. Combien en a-t-il violé ? On ne le sait pas. On sait simplement que ces crimes ont continué même après son mariage arrangé par sa mère, en 1898, avec une jeune femme nommée Anna de neuf ans sa cadette.

Le couple aura six enfants : Albert, Anna, Gertrude, Eugène, John et Henry Fish.

La même année que son mariage, Albert Fish trouve un emploi comme peintre en bâtiment tout en continuant à violer des enfants. Puis il rencontre un homme avec qui il devient amant et en allant visiter un musée de cire, il découvre la dissection d’un pénis. C’est à ce moment-là qu’il développe un intérêt morbide pour la castration. Avec son amant, il se rend à des orgies et y rencontre une personne mentalement déficiente. C’est avec cette personne qu’il réalise sa première castration en tentant de lui trancher le pénis avec une paire de ciseaux sans y parvenir. En plus des orgies, l’Ogre de Wysteria fréquente les bordels où il s’adonne à des pratiques sadomasochistes.

En 1903, il est arrêté pour détournement de fonds et incarcéré à Sing Sing. Il y restera jusqu’en janvier 1917. À sa sortie de prison, sa femme lui annonce qu’elle le quitte. Et c’est suite à ce divorce qu’Albert se mettra à entendre des voix et à s’automutiler en s’introduisant des aiguilles dans le corps, notamment dans l’aine, qu’il retire par la suite pour se les renfoncer encore plus profondément. Si bien qu’il lui fut impossible de les retirer et qu’il dut être hospitalisé. La radio montrera la présence de 27 aiguilles logées dans son bassin et dans son périnée.

 

 

 

Les victimes d’Albert Fish

 

Grace Budd

 

La première victime supposée d’Albert Fish a été Grace Budd. Je rappelle qu’avant cela, il avait déjà violé et agressé beaucoup d’enfants, mais cela n’a pas pu être prouvé ;

Nous sommes le 25 mai 1928. Edward Budd, 18 ans, passe une annonce dans le Sunday Édition du New York dans laquelle il demande du travail dans une ferme. Le 28 mai 1928, Albert Fish répond à cette annonce. Notre homme est alors âgé de 58 ans et je le rappelle, complètement dérangé du ciboulot. C’est la même époque où il s’enfonce des aiguilles dans le corps et où il entend des voix lui ordonnant de se mutiler et de castrer de jeunes enfants.

Albert Fish se rend alors au domicile des Budd et rencontre Albert Budd, le père d’Edward. Il se présente comme étant Frank Howard, un fermier de Farmingdale et promet de loger et d’employer Edward pour 15 dollars la semaine. Puis, il rencontre Grace, 12 ans, la sœur d’Edward. De fil en aiguille, le cannibale de Brooklyn convainc Albert de laisser sa fille l’accompagner à l’anniversaire de sa sœur Anne (à noter que tout cela est faux, Anne étant le prénom de sa femme et de sa fille) et il donne même une adresse fictive aux parents : Columbus, près de la 137e rue. L’adolescente est toute contente de se rendre à une fête et Albert Budd accepte qu’elle sorte. 

Albert Fish emmène donc Grace avec lui et tous deux prennent le train pour Irvington dans le comté de Westchester. Arrivés à destination, ils se rendent à Greenbourgh où Albert avait repéré une maison abandonnée depuis plusieurs années, à l’écart de la route. Et plus jamais les Budd ne revirent leur enfant.

Bien sûr, Albert Fish fut suspecté et interrogé par la police. Mais sans preuve évidente, il ne fut pas inculpé. En novembre 1934, soit six ans après l’enlèvement et le meurtre de Grace Budd, notre tueur en série envoie une lettre anonyme à la mère de la victime. Voici sa traduction corrigée des fautes d’orthographe, car Albert Fish en faisait beaucoup.

« Chère Mrs Budd,

En 1894, un de mes amis s’est embarqué sur le vapeur Tacoma du capitaine John Davis, allant de San Francisco à Hong Kong. En arrivant, il partit s’enivrer en compagnie de deux amis. À leur retour, le bateau était parti. La famine sévissait à cette époque. La viande coûtait 1-3 $ par livre. La famine était telle que les pauvres vendaient leurs enfants de moins de 12 ans comme viande de boucherie. Un jeune de 14 ans n’était pas en sécurité dans la rue. Toutes les boutiques vendaient cette viande grillée ou bouillie. Des membres de l’enfant étaient apportés et vous pouviez choisir la partie qui vous convenait. Les fesses étaient les parties les plus prisées et vendues en escalopes coûtaient le plus cher. John est resté en ces lieux tellement longtemps qu’il développa un goût pour la chair humaine. À son retour à New York, il kidnappa deux jeunes garçons de 7 et 11 ans. Il les attacha chez lui en les enfermant dans un placard. Puis il brûla tous leurs vêtements. Plusieurs fois par jour, il les torturait afin d’attendrir leur chair. Il tua le garçon de 11 ans, car il avait les fesses les plus charnues. Il cuisina et mangea toutes les parties à l’exception des os du crâne et des entrailles. Il a été rôti au four (les fesses), bouilli, grillé, frit, et préparé en soupe. Le même sort attendait le plus jeune. À cette période, je vivais au 409 Est de la 100e rue. Il me vantait tellement souvent les délices de la chair humaine que je me décidai à en goûter. Le dimanche 3 juin 1928, je vous ai appelée au 406 Ouest de la 15e rue. Je vous ai apporté un pot de fraises à la crème. Nous avons déjeuné ensemble. Grace s’est assise sur mes genoux et m’embrassa. Je fixai mon choix sur elle. Au prétexte de l’emmener à une fête, vous avez dit qu’elle pouvait y aller. Je l’emmenai dans une maison à Westchester que je venais de louer. Je lui demandai de rester à l’extérieur. Elle cueillit des fleurs. Je suis monté à l’étage et ai enlevé mes vêtements. Si je ne le faisais pas, je savais que le sang allait les tacher. Quand tout fut prêt, je l’appelai par la fenêtre. Puis je me suis caché dans le placard jusqu’à ce qu’elle entre dans la chambre. Lorsqu’elle me vit nu, elle se mit à pleurer et essaya de fuir par l’escalier. Je l’ai attrapée, elle dit qu’elle se plaindrait à sa maman. D’abord, je l’ai déshabillée. Comme elle donnait des coups de pied, mordait et griffait, je l’ai étranglée, puis découpée en petits morceaux afin que je puisse emmener la viande dans mes chambres. Je l’ai cuisinée et mangée. Ses petites fesses étaient tendres après avoir été rôties. Ça m’a pris neuf jours pour la manger en entier. Je ne l’ai pas baisée, même si je l’ai regretté. Elle est morte vierge. »

Et bien sûr, après cette lettre, on comprit très vite qui était le meurtrier de la petite Grace.

Et le l’Ogre de Wysteria est arrêté. À noter que ce n’est pas la première fois qu’il passe par la case prison. Entre 1902 et 1933, Albert Fish a même été arrêté 8 fois pour des motifs variés : tentative d’escroquerie, vol, chèques sans provision, menaces sur une femme noire… Il a même fait un séjour en hôpital psychiatrique entre 1930 et 1931, puis à nouveau arrêté pour lettres obscènes. Il aurait fallu le mettre hors d’état de nuire et non le relâcher sans cesse.

Une deuxième victime et troisième victime de ce monstre inqualifiable : Billy Gaffney et Billy Beaton, deux enfants d’à peine 9 ans qui eurent le malheur de croiser sa route.

Le 11 février 1927, Billy Gaffney joue devant sa maison située à Brooklyn avec un ami, Billy Beaton. Tous deux disparurent. Billy Gaffney ne fut jamais retrouvé, alors que Billy Beaton fut retrouvé sur le toit de la maison, mort.

Lorsqu’Albert Fish fut arrêté pour le meurtre de Grace, on l’interrogea aussi sur ces deux meurtres. Il nia son implication. Sauf qu’il fut reconnu par un témoin, un machiniste du tramway qui jura l’avoir vu traînant un enfant qui pleurait. Et ce petit garçon était Billy Gaffney. Son corps ne fut jamais retrouvé.

De la prison de Sing Sing où Fish attendait son exécution, il envoya une lettre aux parents de Billy, une confession pour le moins macabre. Voici un extrait de cette lettre :

« Je l’ai fouetté jusqu’à ce que le sang coule sur ses jambes, j’ai coupé les oreilles et le nez, agrandi la bouche d’une oreille à l’autre, sorti les yeux des orbites. (…) Enfoncé le couteau dans le ventre et y ai placé ma bouche pour boire le sang. Puis, je l’ai démembré, et j’ai coupé le tronc au-dessus du nombril, et les jambes à environ cinq centimètres en dessous de son derrière. Après j’ai tranché la tête, les pieds, les bras et les jambes au-dessus du genou. (…) Je suis rentré chez moi en emportant de la viande, mes morceaux préférés, son sexe, ses rognons, et un délicieux petit derrière bien grassouillet pour le rôtir au four et le dévorer. J’ai préparé un ragoût avec ses oreilles, son nez, des morceaux de visage et du ventre. J’y ai mis des oignons, des carottes, des navets, du céleri. C’était bon ! Les fesses, je les ai coupées en deux, et mises sur un plat avec sur chacune des lanières de bacon. (…) J’ai versé un demi-litre d’eau pour le jus de la sauce avant d’y mettre des oignons. (…) À intervalles réguliers, j’ai arrosé de jus son derrière avec une cuillère en bois afin que la viande soit juteuse. (…) Jamais je n’ai mangé une dinde rôtie qui ait été la moitié aussi excellente que ce délicieux petit cul grassouillet. (…) J’en ai mangé pendant quatre jours. Par contre, ses petites roubignoles étaient trop dures. Je n’arrivais pas à les mâcher. Je les ai jetées dans les toilettes (…). »

 

 

 

Des lettres obscènes

 

La lettre anonyme reçue par madame Budd.

 

Voici quelques-unes des lettres obscènes trouvées au domicile d’Albert Hamilton Fish lors de son arrestation. Âmes sensibles s’abstenir.

« J’aimerais que vous puissiez me voir en ce moment. Je suis assis nu sur une chaise. La douleur se situe dans mon dos, juste au-dessus des fesses. Lorsque vous me déshabillerez, vous pourriez admirer une forme parfaite. Cher miel de mon cœur, je goûte déjà à votre délicieuse pisse, votre délicieux caca. Il faudra faire pipi dans un verre que j’avalerai devant vous jusqu’à la dernière goutte. Dites-moi quand vous voudrez faire la grosse commission. Je vous allongerai sur mes genoux, afin de lever votre jupe, baisser votre culotte et placer ma bouche contre votre délicieux gros cul de miel pour avaler votre beurre de cacahouètes aussitôt qu’il jaillira, frais et chaud à la fois. Voilà comment ils le font là-bas, à Hollywood. »

« Mon fils unique, Bobby, a été rendu infirme, à l’âge de 9 ans, par une attaque de paralysie infantile. Il a besoin d’être fouetté régulièrement, et pour son propre bien, avec un chat à neuf queues. Mais, je vous assure qu’il ne fait pas pipi, ni caca au lit ou dans ses vêtements. Il vous dira quand il a besoin d’aller aux toilettes, que ce soit pour le no 1 ou le no 2, il faut déboutonner son pantalon et lui sortir son petit singe. Pour son derrière, il suffit de défaire trois boutons au fond de son pantalon. Cela gagne du temps et évite de le déshabiller complètement. C’est commode quand il s’agit de le fesser (…). Le docteur déclare que trois ou quatre solides fessées par jour sur son cul dénudé lui feront le plus grand bien, car il est plutôt bien dodu à cet endroit. Cela l’aidera énormément. Répondez-moi que vous n’hésiterez pas à vous servir d’une canne ou d’un chat à neuf queues quand le besoin s’en fera sentir. »

Lettre du 9 novembre 1934

« Ma très chère et délicieuse petite fille Grace,

Je viens de recevoir ta lettre où tu m’appelles Cher Robert. Cher miel de mon cœur tu m’as capturé. Je suis ton esclave et tout ce que je possède est à toi. Bite-couilles-cul et tout l’argent que tu désires. Si tu étais ma délicieuse épouse, tu n’aurais pas peur de moi. Ô fille de mon cœur comme je t’adorerais — et comment. Embrassades-baisers-fessées, puis t’EMBRASSER là où je viens de te fesser ! Ton délicieux gros cul magnifique (…). Tu n’auras plus besoin de papier cabinet pour te torcher ton délicieux gros cul, car j’avalerai tout, puis lécherai ton délicieux cul jusqu’à ce qu’il soit propre avec ma langue ! »

Lettre du 21 novembre 1934

« Chère Madame,

Je suis un veuf avec trois garçons, 13-15-19 ans, que je désire mettre en pension jusqu’à ce que les deux plus jeunes en aient terminé avec l’école. Je veux une nourriture solide, des lits propres, et qu’on lave leur linge. Je préfère une veuve, qui ait une fille suffisamment âgée pour l’aider. Henry et John m’ont causé pas mal de problèmes en manquant l’école. Leur directrice, Miss Bruce, m’a affirmé que s’ils avaient été ses propres enfants, elle leur aurait donné à chacun trois bonnes fessées tous les jours pendant un mois, John ayant droit à un supplément avec le chat à neuf queues, juste avant de se coucher. C’est lui qui est surtout à blâmer. Je n’ai pas le temps de le faire moi-même et, de plus, je pense que fouetter les enfants est un travail de femme. Je désire une femme maternelle, qui peut et souhaite assumer la complète responsabilité de ces garçons. Faites-vous obéir et, lorsqu’ils ne veulent pas baisser leurs pantalons, punissez-les en conséquence par une bonne fessée. N’hésitez pas à les marquer à la peau et servez-vous du chat à neuf queues, dès que vous pensez que c’est nécessaire. Robert est faible d’esprit à cause d’une chute. Bien qu’approchant les 20 ans, costaud et fort, il est plus facile à fesser ou à fouetter qu’Henry. Il donne des coups de pied de mule quand il est ainsi puni. Je veux une femme qui puisse fouetter l’un d’entre eux, ou même les trois en même temps, si cela s’avère nécessaire. Notre propre docteur affirme que si Bobby n’est pas fessé ou fouetté lorsqu’il devient capricieux, il se pourrait fort bien qu’il perde l’esprit. Aussi doit-il être fessé lui aussi. En ce moment, il se trouve à Phila Pa, et c’est une femme noire que je connais depuis vingt-cinq ans qui s’occupe de lui. Elle a une fille de 17 ans, et les deux femmes le punissent énormément. Henry et John sont à Upper Darby Pa ; deux sœurs, encore jeunes filles, s’occupent d’eux. Elles dirigent toutes deux une pension pour garçons et filles de moins de 17 ans. Elles sont très sévères et tout garçon ou fille qui n’obéit pas est puni par une fessée devant toute la classe. John est un grand garçon pour son âge et cela lui fait honte de devoir baisser son pantalon et d’être fessé devant de nombreuses jeunes filles. Je veux un endroit où ils puissent être tous ensemble. Je suis prêt à vous payer 35 $ pour les trois et par semaine, avec un supplément de 15 $ lorsque je serai présent. Mais si vous les prenez en charge, vous devez m’assurer que vous utiliserez la pagaie et le chat à neuf queues. Je désire une femme qui ne soit pas embarrassée lorsqu’elle déshabille Bobby, pas plus qu’Henry ou John. Aussi, si vous êtes intéressée, indiquez-moi comment rejoindre votre établissement par la route. »

Avec cette dernière lettre, on comprend que les enfants d’Albert Fish ont beaucoup souffert de la folie de leur père, moralement et physiquement. Cela devrait être interdit des choses comme celles-ci et pourtant cela existe !

 

 

 

L’arrestation définitive du cannibale de Brooklyn

 

Albert Hamilton Fish est conduit au tribunal.

 

Il était devenu évident qu’Albert Fish devait être mis hors d’état de nuire, qu’il était dangereux. Il avait déjà été interrogé à plusieurs reprises sur des disparitions d’enfants, sans être suspecté, mais avec la lettre envoyée à la mère de Grace, il était évident qu’il était un meurtrier, un cannibale, un pervers, un psychopathe.

Lors des nombreux interrogatoires, Albert Fish avouera plus d’une centaine de meurtres, principalement des enfants. Mais, il fut mis en examen pour 16 crimes prouvés. Cependant, le juge d’instruction chargé du dossier était persuadé qu’Albert Fish avait fait plus de 16 victimes et que le chiffre 100 était encore en dessous de la réalité.

Albert Fish fut vu par un psychiatre, le docteur Fredric Wertham avec qui il noua des relations de confiance. Le médecin pensait que le nombre de victimes dépassait les 400 !

Le procès d’Albert Fish pour le meurtre prémédité de Grace Budd s’ouvrit le 11 mars 1935, devant une Amérique en émoi, au tribunal de White Plains à New York. C’est le juge Frederick Close qui présida les audiences et le vice-procureur Elbert F. Gallaguer qui s’occupa de l’accusation. L’avocat James Dempsey assura la défense de Fish.

Ce procès dura 10 jours et fut très médiatisé. Fish plaida la folie, déclara entendre la voix de Dieu lui ordonnant de tuer des enfants. Plusieurs psychiatres l’examinèrent et attestèrent que l’homme souffrait d’un fétichisme sexuel morbide, incluant la coprophile, l’ondinisme, la pédophilie, le sadomasochisme et le déclarèrent irresponsable de ses actes.

Mary Nicholas, 17 ans, belle-fille de Fish et témoin de la défense décrit comment son beau-père lui a enseigné, à elle ainsi qu’à ses frères et sœurs, un jeu masochiste. En fait, Albert Fish obligeait les enfants à participer à des jeux sexuels. L’un de ces jeux est celui où le tueur en série se met nu, à quatre pattes et où les enfants doivent lui frapper le dos avec un bâton lorsqu’il n’arrive pas à deviner un chiffre choisi par eux. La mère des enfants était présente à chaque séance qui se déroulait tous les soirs. Ou encore, un autre jeu dans lequel Fish se mettait nu et faisait grimper les enfants sur ses épaules. Ces derniers devaient le griffer pour grimper et celui qui avait fait le plus de griffures avait gagné.

Ce que je me pose comme question, c’est de savoir qui était le plus fou dans l’histoire, la mère qui laissait faire ou le père qui faisait ?

Toujours est-il qu’après ce témoignage, le juge estima que le cannibale de Brooklyn était sain d’esprit, qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il en avait conscience et le condamna à la peine de mort.

Après sa condamnation, Fish confessa le meurtre de Francis MacDonnell, un garçon de 8 ans, qu’il tua à Staten Island, le 15 juillet 1924. Le corps de l’enfant fut retrouvé dans les bois. Il avait été agressé sexuellement et étranglé avec ses bretelles.

Fish fut exécuté sur la chaise électrique le 16 janvier 1936 dans la prison de Sing Sing. Il entra dans la salle à 23 h 06 et fut déclaré mort 3 minutes plus tard. Juste avant son exécution, attaché sur la chaise, il avait déclaré ne pas savoir pourquoi il était là ! Un comble !

Il fallut deux décharges électriques avant que Fish meure, à cause des aiguilles qu’il s’était insérées dans le corps qui avait mis l’appareil en court-circuit. Il fut enterré dans le cimetière de la prison et sa dépouille y est encore aujourd’hui.

 

 

 

Profil psychiatrique d’un tueur en série

 

Albert Fish sur la chaise électrique.

 

Avant de terminer cet article, j’aimerais, chers lecteurs, tenter de dresser le profil psychiatrique de ce monstre.

On sait que Fish avait été interné en hôpital psychiatrique (l’hôpital Bellevue de New York) entre 1930 et 1931 pour observation. Les médecins voulaient déterminer le pourquoi de ces nombreuses arrestations. Leurs conclusions étaient qu’il était masochiste (ça, on le savait déjà), dangereux pour lui-même (à cause des aiguilles qu’il s’introduisait dans le corps, notamment autour des parties génitales, près du colon et du rectum). On sait aussi que Fish avait essayé de s’introduire directement des aiguilles dans les testicules, mais il avait très vite arrêté en déclarant que cela était trop douloureux. Donc, notre homme ressentait la douleur !

Il s’introduisait aussi des boules de coton imbibées d’alcool dans l’anus avant d’y mettre le feu. Il s’enfonçait aussi des roses puis en mangeait les pétales. Il avait aussi pour habitude de se fouetter jusqu’au sang avec une planche sur laquelle dépassaient des clous.

On sait qu’il aimait manger la chair de ses victimes, notamment les fesses et aussi boire leur urine, leur sang ou manger leurs excréments.

On sait aussi qu’il disait entendre des voix, qu’il assimilait à la voix de Dieu, et que cette voix lui ordonnait de tuer. Et que pour faire plaisir à cette voix, il tuait ses victimes après une longue torture. Il attachait les enfants, les fouettait avec une ceinture afin d’attendrir leurs chairs et appelait ses instruments (scie, hachoir, couteaux…) les instruments de l’enfer. Donc, on peut se demander si Albert Fish n’entendait pas la voix du diable, s’il n’était pas possédé. À la vue de ses penchants sexuels, cela est probable. Probable oui, mais en rien excusable, car même possédé, il avait le choix de ne pas tuer, de ne pas torturer. Or, il se complaisait là-dedans.

Certains spécialistes ont évoqué l’idée que Fish souffrait d’un dysfonctionnement du lobe temporal. Pour moi, il était surtout un serviteur du démon, un maniaque, un criminel pervers, conscient de ses actes et agissant avec délectation, comme le ferait un démon.

Sa technique de mise à mort était toujours la même : il séduisait les enfants de sexe masculin en leur offrant des bonbons ou les découvrait dans des petites annonces, il les attirait, puis les réduisait à l’impuissance en les attachant sur un lit ou une chaise, les mutilait, les violait en les sodomisant, les torturait, les molestait pour attendrir les chairs, les tuait et les mangeait. Il ne les bâillonnait pas, sauf quand cela était vraiment nécessaire, car il aimait les entendre hurler de douleur. Il choisissait ses victimes parmi la population noire des ghettos, car savait que les autorités ne s’intéressaient pas à la disparition d’enfants noirs.

Albert Fish avouera avoir erré à travers les États-Unis et avoir tué au moins un enfant dans chacun des vingt-trois États qu’il a visités. Combien de victimes a-t-il fait ? On ne connaît pas le chiffre exact, mais on l’estime à plus de 200.

 

 

Pourquoi vous parler de ce tueur en série ? Car je suis persuadée qu’il était démoniaque ! Et aussi parce qu’il faut en parler pour montrer que cela existe et pour faire en sorte que cela ne se reproduise plus ! Albert Fish était un homme exécrable (et le mot est faible), abominable, répugnant. Il était Satan personnifié, le Mal Absolu. Et le pire, c’est qu’il a été arrêté plusieurs fois, même interné et que personne n’a pensé à l’enfermer définitivement ! N’y voyez-vous pas le signe du Malin ? Moi oui.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Delphine Lalaurie, la bourgeoise démoniaque

Delphine Lalaurie est connue pour être une bourgeoise tueuse en série qui a assassiné une centaine d’esclaves noirs. L’histoire de sa vie peut choquer les plus sensibles. Elle a commis de nombreuses atrocités, a fait subir les pires tortures à ses esclaves. Cette dame fait encore parler d’elle après sa mort. On croit, notamment, qu’elle hante toujours sa demeure.

 

 

 

Qui est Delphine Lalaurie

 

Portrait de Delphine Lalaurie.

 

Delphine Lalaurie, née Marie Delphine de McCarthy, a vu le jour en 1775 et est plus connue sous le nom de madame Lalaurie. De parents nobles (Chevalier Barthélemy Louis LacCarthy et Venue Lecomte, des membres éminents de la haute société de La Nouvelle-Orléans), elle a vécu à La Nouvelle-Orléans en Louisiane espagnole. Cette bourgeoise s’est éteinte le 7 décembre 1842 à Paris, à l’âge de 66 ans.

Delphine Lalaurie est surtout connue pour être une tueuse en série. En effet, elle a torturé et assassiné plus d’une centaine esclaves noirs dans sa maison de Louisiane avant de prendre la fuite pour Paris.

D’ailleurs, la maison Lalaurie est considérée comme l’endroit le plus hanté du Quartier Français de La Nouvelle-Orléans. Elle a abrité dans ses murs d’abominables crimes, des actes de tortures excessivement brutaux et en garde forcément des traces, des énergies négatives.

Revenons à Delphine Lalaurie. Donc c’est une bourgeoise, issue d’une famille riche et vouant une haine affreuse vis-à-vis des esclaves noirs. Et cela pour une raison : ses parents ont été tués lors d’un soulèvement d’esclaves. Delphine Lalaurie est une dame respectée dans sa ville et a des alliés politiques de poids. D’ailleurs, son cousin, Augustin de McCarthy, fut maire de La Nouvelle-Orléans de 1815 à 1820.

Ses parents la marièrent à Don Ramon de Lopez y Angulo en 1800. Delphine accepta ce mariage. L’homme était riche et elle y trouva son compte. Mais son époux mourut le 26 mars 1804 à La Havane dans des circonstances troubles. La jeune veuve épousa, en 1808, le marchand d’esclaves Jean Blanque, qui lui aussi mourut en 1816 dans des circonstances inconnues. Là on peut commencer à se poser des questions…

Enfin, en troisièmes noces, elle épousa le docteur Louis Lalaurie le 25 juin 1825.

En 1832, le couple s’installa dans leur maison créole du Quartier Français de La Nouvelle-Orléans située au 1140, rue Royale. Une maison cossue qui montrait combien ils étaient riches. Très vite, madame Lalaurie s’imposa au premier plan de la vie sociale locale et fut connue comme la Française créole la plus influente de la ville. Bien sûr, Delphine eut des enfants, des filles, que tout le monde considérait comme les plus élégantes de La Nouvelle-Orléans.

Madame Lalaurie inspirait le respect. Elle était considérée comme l’une des femmes les plus intelligentes et les plus belles de la ville. Elle organisait, dans sa magnifique demeure, des réceptions où tous les invités étaient choyés.

Preuve de sa richesse : les tâches ménagères de la maison étaient assurées par des douzaines d’esclaves.

De l’extérieur, tout semblait réussir à madame Lalaurie. Tout le monde la voyait comme une personne charmante, belle, intelligente, attentionnée. Mais, la vérité était tout autre.

 

 

 

Une bourgeoise tortionnaire

 

La maison Lalaurie de la rue Royale.

 

Madame Lalaurie faisait preuve d’une véritable cruauté envers ses esclaves. Pour l’exemple, elle enchaînait son cuisinier à la cheminée de la cuisine lorsque ce dernier n’avait pas été à la hauteur de ses attentes. Et Dieu sait qu’elle était exigeante ! Mais d’autres esclaves connurent des tourments encore plus cruels.

Rappelons-nous qu’à l’époque où se déroule cette histoire, les esclaves n’étaient pas considérés comme des êtres humains, mais une loi interdisait le traitement cruel des esclaves. Les tortures qu’a fait subir Delphine à ses esclaves dépassent l’entendement ! Elle se montrait tellement perverse, cruelle, qu’elle était certainement folle ! En plus, elle prenait du plaisir à voir souffrir un esclave. 

De nombreux esclaves sont morts après ces tortures infligées. Delphine Lalaurie ne s’en souciait pas. Elle faisait disparaître les cadavres et faisait venir d’autres esclaves.

Les invités conviés au 1140 rue Royale ne voyaient pas tout cela. Lorsqu’ils arrivaient à la maison Lalaurie, tout n’était que faste, porcelaine européenne, tissus orientaux, mets raffinés et hôtesse attentionnée. Tout n’était que luxe. Personne ne pouvait se douter que derrière ce masque de l’hôtesse raffinée pouvait se cacher une tueuse en série.

Pourtant, Delphine Lalaurie fut découverte au grand jour. Des voisins de la Rue Royale furent les premiers à la soupçonner de maltraitance envers ses esclaves. Ils se doutèrent vite que quelque chose clochait chez les Lalaurie : les esclaves étaient trop souvent remplacés, certains disparaissaient du jour au lendemain… Alors, on commença à chuchoter et le bruit se répandit dans toute la ville.

Un jour, une voisine entendit un cri perçant provenant de la maison Lalaurie. Intriguée et pensant qu’il était arrivé quelque chose à la maîtresse de maison, elle alla voir ce qu’il se passait et découvrit Delphine Lalaurie en train de poursuivre une petite fille noire, sa servante personnelle, avec un fouet. La pauvre enfant était tellement apeurée qu’elle fuyait en hurlant tant est si bien qu’elle grimpa sur le toit et préféra se suicider plutôt que de subir la torture. Plus tard, la même voisine découvrit une petite tombe peu profonde creusée dans la propriété Lalaurie, au-dessous des cyprès de la cour.

Cette même voisine se rendit auprès des autorités et raconta tout ce qu’elle avait vu. Je rappelle qu’une loi interdisait le traitement cruel des esclaves et cette loi était en vigueur à La Nouvelle-Orléans. Donc, les autorités confisquèrent les esclaves de madame Lalaurie. Cette dernière ne se démonta pas et en acheta secrètement à certains de ses parents.

Les rumeurs de maltraitance sur esclaves de madame Lalaurie se propagèrent dans toute la ville. Bientôt, on commença à décliner les invitations aux fêtes et aux dîners et la famille de Delphine fut évitée par les autres membres de la haute société créole. Mais, ce ne fut qu’en avril 1834, le 10 avril précisément, que ces rumeurs devinrent réalité… La cause : un terrible incendie qui ravagea la cuisine de la maison Lalaurie.

Ce fut le cuisinier qui déclencha cet incendie pour se venger de Delphine Lalaurie de tous les mauvais traitements subis. Le feu gagna très vite toute la maison et les voisins s’y précipitèrent pour aider Delphine à sortir ses affaires de la maison. Cette dernière leur refusa l’accès de la maison. Et pire, elle se mit dans une rage folle et insulta et maudit tous ceux qui avaient voulu l’aider.

Quand les pompiers arrivèrent sur place, ils découvrirent toute l’horreur qui se cachait derrière les murs de la maison Lalaurie. En effet, dissimulée au grenier se trouvait une porte secrète. Et derrière cette porte se trouvait l’impensable : une douzaine d’esclaves, hommes, femmes, tous présentant des marques de torture horrible sur leur corps. Certains étaient attachés à des tables en fer d’opération, nus, d’autres, enfermés dans des cages à chien, d’autres encore, enchaînés aux murs ou suspendus au plafond la tête en bas.

Des morceaux de corps humains gisaient partout sur le sol et des têtes et des organes s’entassaient dans des sceaux en fer. Sur une table, des fouets et des battoirs, tous ensanglantés. Toutes les victimes semblaient avoir subi des tortures ignobles et des expérimentations médicales démentielles. Des femmes avaient eu leurs ventres ouverts et les viscères enroulés autour de la taille. Une autre femme avait eu la bouche bourrée d’excréments d’animaux puis ses lèvres cousues au fil de fer. Les hommes étaient aussi dans un état tout aussi horrible. Certains avaient les ongles arrachés, un autre avait subi un changement de sexe, deux autres avaient la langue cousue, certains avaient eu les parties génitales tranchées, d’autres affichaient des trous béants au niveau des orbites. Un homme enchaîné au mur avait un morceau de bois qui traversait le crâne de part et d’autre. Delphine Lalaurie expliqua ce fait qu’elle voulait remuer l’intelligence de cet esclave.

On ne sait pas combien d’esclaves furent retrouvés dans cette chambre de torture. Certains étaient déjà morts depuis un bout de temps, d’autres s’accrochaient toujours à la vie… Ce fut notamment le cas pour une femme dont les bras et les jambes avaient été coupés et le corps scarifié pour ressembler à une monstrueuse chenille ou cette autre femme forcée à entrer dans une cage minuscule, les os broyés. Ces femmes pleuraient de douleur, suppliaient d’être achevées. D’ailleurs, tous les survivants moururent peu de temps après leur découverte.

L’affaire fit la Une du journal « New Orleans Bee » avec les titres « Criminelle et coupable » et « Le démon, dans le corps d’une femme ». Car oui, il fallait vraiment être démoniaque pour faire subir toutes ces tortures à des hommes et à des femmes. On peut même se poser la question si Delphine Lalaurie n’avait pas passé un pacte avec le diable pour se montrer aussi cruelle. À ce sujet, Delphine était amie avec Marie Laveau que l’on considérait comme une grande prêtresse vaudou. C’est peut-être elle qui l’a initiée aux pratiques démoniaques… Il fut conclu que Delphine était seule responsable de ses actes et que son mari avait joué les aveugles, n’avait rien voulu voir.

La haine s’empara de La Nouvelle-Orléans et une foule se rassembla devant la maison Lalaurie en hurlant vengeance. Elle réclama la pendaison de Delphine. Cette dernière prit la fuite et l’on ne la revit plus, ainsi que sa famille. On ne sut pas où les Lalaurie se réfugièrent. Tout ce que l’on sait c’est que Delphine s’éteignit à Paris, à l’âge de 66 ans et son corps fut rapatrié à La Nouvelle-Orléans, car sa plaque funéraire se trouve aujourd’hui encore au cimetière Saint-Louis et plus précisément au niveau de la zone 1 et de l’allée 4. Ce qui est bizarre, c’est que cette plaque n’est attachée à aucune tombe. Donc, on peut penser que le corps n’est pas au cimetière, mais dans un caveau gardé secret pour éviter les profanations. Sur la stèle, on peut lire ces mots : « Madame Lalaurie, née Marie Delphine Macarthy, décédée à Paris le 7 décembre 1842 à l’âge de six… » La fin du texte a disparu, car la stèle est brisée.

Il n’est mentionné dans aucun registre que Delphine Lalaurie fut recherchée et aucune action en justice ne fut intentée contre elle.

Quant à la maison, très vite des évènements paranormaux s’y déroulèrent.

 

 

 

La maison Lalaurie hantée

 

La plaque mortuaire de Delphine Lalaurie.

 

Presque aussitôt que Delphine Lalaurie et sa famille eurent fui La Nouvelle-Orléans, des évènements paranormaux vinrent frapper la demeure.

Les esclaves mutilés furent évacués à l’hôpital et les morts enterrés. La maison demeura vide et fut vandalisée par la foule. Elle resta inhabitée longtemps et tomba en ruine. Les voisins déclarèrent qu’il fallait la raser, car souvent, la nuit, ils entendaient des cris d’agonie venant de la maison. Certains virent même des esclaves errant sur les balcons et dans les cours. On raconta même que des vagabonds voulant trouver un refuge dans la maison y disparurent définitivement.

La propriété fut mise en vente en 1837. C’est un homme, un inconnu, qui l’acheta. Il la garda seulement trois mois. Une nuit, il prit la fuite. Plus tard, il raconta que toutes les nuits, il entendait des bruits étranges, des pleurs, des gémissements… Cet homme avait même tenté de louer quelques chambres. Mais tous les locataires fuyaient la maison au bout d’une nuit.

Puis, la maison passa entre les mains de nombreux propriétaires, pour enfin être transformée, en 1865, après la Guerre civile, en pensionnat pour fille du Lower Discrit, ce qui engendra un bel effort de reconstruction pour rénover la bâtisse. En 1874, la Ligue Blanche força les enfants noirs à quitter l’endroit. En 1878, une réforme scolaire ségrégationniste limita l’établissement aux enfants noirs.

En 1882, la maison Lalaurie devint un centre destiné à la haute société. Elle fut transformée en un conservatoire et école de danse haut de gamme par un professeur d’anglais. Tout se passa bien les premiers mois. L’école accueillit les enfants des familles riches, jusqu’à ce qu’un enseignant fut accusé d’avoir des gestes inappropriés envers ses élèves féminines. L’école ferma ses portes deux jours plus tard. La nuit même de la fermeture, on parla d’une intense activité fantomatique.

La maison fut abandonnée durant plusieurs années et l’on ne parla plus d’elle. En 1889, Jules Vigne y emménagea secrètement. C’était un excentrique, membre d’une riche famille. Supposé pauvre, il y vécut jusqu’à sa mort en 1892, soit trois ans à peine après son emménagement. Jules Vigne fut retrouvé mort sur un lit en lambeaux, dans un état de saleté repoussante. Près de son corps, on découvrit un sac contenant plusieurs centaines de dollars ainsi que plusieurs milliers de dollars cachés sous le matelas. Que s’est-il passé ? On ne le saura jamais.

Peu après cette histoire, les rumeurs concernant un trésor perdu circulèrent à propos de la maison. Mais peu sont ceux qui osèrent fouiller les lieux.

La demeure resta inhabitée jusqu’à la fin des années 1890 où un prometteur immobilier transforma la maison Lalaurie en appartements pour immigrés italiens. Cependant, et cela même si le loyer était bradé, beaucoup de locataires n’y restèrent pas longtemps. Pendant cette période, beaucoup d’évènements curieux se déroulèrent. On parla d’un homme noir enchaîné à un mur qui attaqua un immigré italien, avant de disparaître comme par enchantement. D’autres parlèrent de cadavres d’animaux ou de spectres se baladant dans les couloirs. Les enfants étaient régulièrement attaqués par un fantôme portant un fouet. Certains avaient même été frappés par ce fouet. Des êtres étranges enveloppés dans un linceul apparaissaient régulièrement, une dame habillée en robe de soirée, très élégante, apparaissait régulièrement près des berceaux et se penchait pour admirer les nouveau-nés… Et bien sûr, il y avait toujours les cris, les lamentations, les gémissements qui semblaient émaner des murs de la demeure toutes les nuits. On comprend pourquoi les locataires ne voulaient pas y rester et la maison, transformée en hôtel particulier, fut désertée une nouvelle fois.

En 1923, William Warrington l’acheta et en fit un refuge pour jeunes délinquants. Sauf que pareil, il s’y passa tellement de choses étranges, que les jeunes refusèrent d’y rester.

Puis, la maison devint un bar et, pour faire un coup de pub, le patron la rebaptisa « The haunted Saloon ». D’ailleurs, cet homme connaissait l’histoire de la maison et tint un journal de toutes les choses bizarres vécues par ses clients et lui-même.

Puis, il revendit son commerce à un marchand de meubles, qui lui se retrouva ruiné. En effet, toutes ses marchandises furent plusieurs fois retrouvées couvertes d’une sorte de liquide sombre et puant, rendant les ventes impossibles. Croyant à une mauvaise blague d’un concurrent, une nuit, il se cacha et attendit avec son fusil que le plaisantin se montre. Il guetta toute la nuit en vain. Sauf que, à sa grande surprise, alors que personne n’était entré dans la maison, il retrouva tous les meubles vandalisés. Il ferma aussitôt son magasin.

Durant les années 50, la maison Lalaurie fut transformée en une habitation de 20 appartements. Les évènements curieux n’ont pas cessé pour autant. Bien au contraire, la maison transformée en hôtel est devenue une attraction de premier choix à l’occasion de Halloween et beaucoup de visiteurs continuent à voir et à entendre des choses étranges. On dit même qu’à l’intérieur, les appareils photo ne fonctionnent plus.

La maison Lalaurie fut restaurée à plusieurs reprises. Et lors de ces travaux, on trouva une tombe creusée à l’arrière de la maison et cachée sous un plancher en bois. Dedans, des restes humains, plusieurs cadavres jetés là, sans cérémonie. Une espèce de fosse commune. On pense qu’il s’agissait du cimetière personnel de Delphine Lalaurie qui faisait disparaître là les cadavres de ses victimes afin d’éviter de les sortir de la maison et donc d’être découverte. Il y avait dans cette fosse environ 80 cadavres !

Madame Lalaurie avait donc démonté des sections du plancher de la maison et avait enterré rapidement les cadavres pour éviter de sortir et d’être repérée. La découverte des corps explique le mystère de la disparition fréquente des esclaves de Delphine Lalaurie… mais il reste à savoir combien de victimes celle-ci a bien pu tuer… Et combien d’entre elles continuent à errer dans ce monde ?

Aujourd’hui, c’est Nicolas Cage qui est l’heureux propriétaire de cette maison réputée hantée ! Il y a dîné une fois et affirme y avoir eu une telle peur, qu’il n’a plus l’intention de l’habiter ni de l’ouvrir au public. À noter que l’acteur a refusé l’aide des spécialistes du paranormal.

 

 

 

American Horror Story : Coven

 

Madame Lalaurie dans le série American Horros Story : Ceven

 

La série américaine Horror Story a mis en scène le personnage de Delphine Lalaurie et cela est plutôt bien réussi. En effet, le personnage de la série ressemble au vrai personnage, c’est-à-dire une tortionnaire sadique qui tourmente ses esclaves à l’abri des regards.

Pour sa troisième saison, American Horror Story nous plonge en plein cœur de La Nouvelle-Orléans d’aujourd’hui, dans la maison Lalaurie transformée en école particulière ne comptant que quatre élèves qui est en fait un pensionnat pour sorcières.

La série s’ouvre sur une scène de 1834, dans la grande demeure de madame Lalaurie, interprétée brillamment par Kathy Bates. Madame Lalaurie est une femme riche. Dans cette scène d’ouverture, elle présente ses filles aux célibataires de la ville dans le but de faire un beau mariage. Entre deux courbettes, elle s’éclipse au grenier pour s’adonner à son passe-temps favori, torturer ses esclaves.

Dans la série, pas besoin d’en rajouter pour que le personnage soit cruel. La vraie madame Lalaurie l’était déjà tellement !

Mais si l’on veut en savoir plus sur ce personnage, cette série vous donnera de bonnes indications.

 

Après les tortures infligées par Delphine Lalaurie aux esclaves, les lentes agonies vécues par ces derniers, la folie meurtrière d’une femme certainement démoniaque, il est logique que la maison soit hantée, du moins qu’elle garde les traces de ces énergies négatives au sein de ses murs. Toute cette souffrance, toutes ces tortures, tous ces morts ne peuvent que laisser des traces…

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Gilles Garnier, le loup-garou tueur en série

Dans le passé, on croyait que certains hommes avaient la capacité de se transformer en une bête féroce pour dévorer leurs congénères. Ces créatures, que l’on appelait des loups-garous, étaient dangereuses, nuisibles et diaboliques, puisque l’on pensait qu’elles avaient fait un pacte avec le Diable pour avoir ce pouvoir de se transformer en loup. Il fallait donc les combattre. Et lorsqu’on en attrapait un, soit on le tuait, soit il avait le droit à un procès. Dans l’article « Les procès des lycanthropes à travers le temps », je décris quelques-uns de ces procès. On y retrouve, d’ailleurs, celui de Gilles Garnier. Dans cet article, je vous propose de développer l’histoire de ce tueur en série qui a effrayé toute la population de Dole dans les années 1550.




 

Qui est Gilles Garnier

 

Gravure de l’époque représentant une attaque d’un loup-garou.

 

Gilles Garnier était un ermite cannibale et tueur en série français. Ermite pas tout à fait, car il vivait en reclus avec sa femme. Il était convaincu d’être un loup-garou et pouvoir se transformer, il tuait avec une grande violence tous ceux qui se retrouvaient sur son chemin alors qu’il était en crise.

Surnommé aussi Ermite de Saint-Bonnet et le Loup-garou de Dole, l’affaire de Gilles Garnier est l’un des rares cas de lycanthropie répertoriés dans les annales de la justice française.

Gilles Garnier vivait seul à la périphérie de Dole, en Franche-Comté. On ne sait pas grand-chose sur ce personnage, mis à part qu’il a assassiné plusieurs enfants et qu’il est mort le 18 janvier 1574 sur le bûcher.

 

 

 

Ses victimes

 

La traque des loups-garous.

 

Gilles Garnier démarra officiellement sa carrière de tueur en série en octobre 1572. Sa première victime fut une fillette de 10 ans qu’il entraîna dans un vignoble isolé en dehors de Dole. Là, il l’a étranglée, a enlevé ses vêtements et a mangé la chair de ses cuisses et de ses bras. Une fois rassasié, il apporta quelques bouts de chair à sa femme.

Peu de temps après cette attaque, notre loup-garou attaqua sauvagement une autre fillette. Mais il fut interrompu par des passants et dut laisser sa proie. Malheureusement, et à l’époque où se déroulent les faits, la fillette mourut quelques jours plus tard de ses blessures.

En novembre 1572, Gilles Garnier tua un garçon de 10 ans, il lui mangea les cuisses et le ventre et il arracha une jambe pour la mettre de côté.

Trois victimes en un mois ! C’en fut trop pour les autorités de Franche-Comté qui émirent un édit afin d’appréhender et tuer le loup-garou. Tous les habitants de Dole furent conviés à cette traque.

Un soir de novembre 1572, un groupe d’hommes d’un village voisin vit dans la pénombre ce qui ressemblait à un loup. Mais c’était en fait Gilles Garnier, qui occupé à attaquer un jeune garçon, dut abandonner sa proie pour prendre la fuite.

Les villageois le traquèrent et il fut arrêté peu de temps après cette dernière attaque.

 

 

 

Le procès

 

La première page de l’arrêt rendu par le parlement de Dole en 1574.

 

Bien sûr, Gilles Garnier eut le droit à un procès même si son sort était déjà scellé et qu’il savait qu’il allait mourir sur le bûcher.

Pour sa défense, le loup-garou de Dole affirma vouloir trouver de la nourriture pour lui et sa femme, lorsqu’un spectre lui offrit une pommade lui permettant de se changer en loup. Ce qui rendit la chasse plus aisée. Puis, il avoua avoir traqué, assassiné et mangé au moins quatre enfants âgés de 9 à 12 ans. Il ajouta que les enfants étaient des proies plus faciles à attraper.

Le 18 janvier 1574, Gilles Garnier est reconnu coupable de lycanthropie et de sorcellerie et condamné au bûcher le jour même.

En ce temps-là, en France, comme dans la majorité des pays chrétiens, les personnes suspectées de lycanthropie et de sorcellerie étaient traquées et tuées sans sommation. Quelques-uns eurent droit à un procès vite expédié et au bûcher. Et il semble évident que certaines de ces personnes étaient victimes de la rage, de porphyrie ou d’hypertrichose, ce qui en faisait des victimes toutes désignées. Mais, on n’est pas là pour parler de cela.

Le cas de Gilles Garnier est l’un des seuls cas de lycanthropie répertoriés dans les annales de la justice française et documentés. En d’autres termes, il s’agit d’une des seules fois où la justice française a condamné un homme pour lycanthropie et l’a écrit dans son jugement. D’où les traces qui nous restent et qui prouvent qu’à cette époque on croyait beaucoup aux malédictions, aux pactes avec les démons, à la sorcellerie, aux loups-garous…

Aujourd’hui, cela nous paraît absurde, et l’on penserait de suite à une maladie mentale. Mais, je reste persuadée que sous l’effet d’une possession démoniaque, un homme peut se transformer en une bête et tuer.

Les hivers, dans la région de Dole, étaient très froids et le gibier se faisait rare. Gilles Garnier était affamé. D’ailleurs, en 1573, la famine gagna toute la région de Franche-Comté. Et notre loup-garou, pour se nourrir, s’est attaqué à des enfants. Certes, son acte n’est pas pardonnable, mais ce peut être une explication à son comportement. La faim peut rendre fou. Il faut aussi dire que Gilles Garnier était un homme qui vivait en reclus de la société.

Le témoignage des villageois qui ont surpris Gilles Garnier en train d’attaquer une fillette est aussi très important et permet de jeter un voile de doute à cette histoire. Car ils sont unanimes : Gilles Garnier n’avait plus rien d’humain ! Il ressemblait à un énorme loup sanguinaire.

Lors de son arrestation quelque peu violente et de son interrogatoire quelque peu musclé — il subit d’innombrables tortures — Gilles Garnier, pour faire arrêter les supplices, avouera les meurtres. À noter aussi qu’il n’était représenté par aucun avocat. Il sera donc condamné au bûcher.

Pour les curieux, voici le lien pour lire l’arrêt rendu par le parlement de Dole, en 1574, en intégralité. Ça vaut le coup d’œil croyez moi.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k652824.r=Gilles+Garnier.langFR

Daniel d’Ange, alors doyen de l’église de Sens, qui instruisit le procès, commenta le rapport du procès. Voici ces termes : « Gilles Garnier, lycophile, comme il me plaît de l’appeler, menait une vie d’ermite jusqu’au jour où, ayant pris femme et n’ayant pas les moyens de nourrir une famille, il prit l’habitude ainsi qu’il arrive souvent à des êtres rudes, méfiants et désespérés, de parcourir les bois et les lieux sauvages. C’est là qu’il fit un jour la rencontre d’un fantôme à forme humaine qui lui dit pouvoir faire des miracles. Il prétendit qu’il pouvait lui enseigner l’art de se métamorphoser à son gré en loup, en lion ou en léopard, et le loup étant l’animal le plus commun dans ces contrées, Garnier choisit le loup. Il se déguisa en cet animal, en prit la forme au moyen d’un certain onguent, toutes choses qu’il a confessé avant sa mort, après avoir reconnu l’horreur de ses actions. »

Ce cas marqua tellement les esprits qu’un décret fut publié autorisant les habitants de la région à poursuivre les loups et à les tuer, ce qui était contraire à toutes les réglementations de chasse en vigueur à l’époque.

 

 

Ha folie humaine quand tu nous tiens ! Comme vous pouvez le constater, chers lecteurs, aujourd’hui encore la folie humaine existe. Elle n’a pas la même forme, mais c’est tout pareil. Aujourd’hui, on tue un homme parce qu’il n’a pas la même couleur de peau que nous ou la même religion. Aujourd’hui encore, on diabolise tout. Aujourd’hui encore, on préfère tuer plutôt que guérir !

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Le terrible massacre de Villisca

Cette histoire vraie m’était parfaitement inconnue jusqu’à ce qu’une lectrice du blog, Alyssa, attire mon attention dessus et me demande d’en écrire un article. Je l’en remercie, car au fil de mes recherches je me suis plongée dans une histoire passionnante, intrigante, surnaturelle, une histoire de meurtres à la hache, suivi de hauts phénomènes de hantise. Je vais essayer de vous conter tout cela d’une manière la plus simple possible, car parfois, moi-même je m’y suis embrouillée. Vous comprendrez en lisant la suite de cet article.




 

L’histoire de Villisca

 

La maison du massacre

 

L’histoire que je vais vous raconter est une réelle histoire de meurtres perpétrés à la hache, sauvagement, par un homme ou deux, on ne sait toujours pas, sur une famille américaine normale et deux petites filles que la famille accueillait le temps d’une nuit. Au total, en l’espace de quelques heures, avec un acharnement diabolique, le meurtrier a mutilé, haché et blessé mortellement 8 personnes, dont 6 enfants, dans leur sommeil, une par une, sans qu’aucune de ces personnes ne se réveille dans cette petite maison de style américain construite dans les années 1900 et située au 323 E 4 th Street.

Rien ne semblait différencier cette maison des autres maisons, tout semblait tranquille, jusqu’à cette soirée. Jusqu’à ces massacres… Cela ne vous rappelle pas une autre histoire du même genre ? Non ? Celle d’Amityville et de la famille Defeo. Ronald Jr Defeo avait assassiné froidement en une nuit toute sa famille, sans que personne se réveille, sans que personne soit réveillé par des coups de feu. Et les coïncidences ne vont pas s’arrêter là, comme vous allez pouvoir le constater au fil de cette lecture.

Revenons au sujet qui nous intéresse. Villisca est une petite ville de l’Iowa, aux États-Unis de 2000 âmes. Petit village tranquille jusqu’à la nuit du 9 au 10 juin 1912, un homme assassine froidement par hache toute une famille et leurs 2 invitées.

Cette famille c’est les Moore, le père Josiah 43 ans, la mère Sara 39 ans, l’aîné Herman 11 ans, Katherine 10 ans, Boyd 7 ans et Paul 5 ans. En plus des Moore, dans la maison, il y avait Lena Stillinger, 12 ans et sa sœur Ina 8 ans, que le tueur n’a pas épargnées.

Cette affaire est d’autant plus troublante que les enquêteurs ne trouveront jamais le tueur ni le motif des meurtres. Encore aujourd’hui, l’enquête est ouverte et reste en suspens, comme beaucoup d’autres questions : pourquoi cette famille ? Pourquoi à Villisca ? Pourquoi à la hache ?

Après ces terribles meurtres, la maison de Villisca va être vendue et plusieurs propriétaires vont y habiter. Tous seront dérangés par des évènements paranormaux et quitteront la maison précipitamment. Aujourd’hui, la maison est devenue un site touristique pour chasseurs de fantôme. Plusieurs d’entre eux ont rapporté des preuves, audio, vidéo, que la maison est hantée.

Juste pour la petite anecdote : la ville de Villisca a connu son apogée en 1900. Les entreprises se sont développées et la population a triplé. Les trains passaient par douzaine chaque jour dans la ville pour le transport de marchandises. En 1912, Villisca abrite le seul arsenal militaire de l’Iowa. Jusque là, rien d’étrange. Sauf que, lorsqu’il fallut trouver un nom pour cette petite bourgade devenue une petite ville, on trouva le nom de Villisca pour endroit magnifique ou vue magnifique. Mais, en réalité, on découvrit, après le terrible massacre, que Villisca s’appelait Wallisca, qui veut dire en indien, esprit mauvais. Encore une coïncidence ?

Autre phénomène étrange : pendant la guerre du Vietnam et la Seconde Guerre mondiale, le comté de Montgomery, où se trouve Villisca, a perdu plus d’hommes par habitant que n’importe quel autre comté des États-Unis. Cela me laisse pensive. Villisca serait-elle une ville maudite ? Ce sentiment n’a fait que se renforcer au fil de mes recherches.

 

 

 

La famille Moore et les deux filles Stillinger

 

Le Marshall John Henry Horton

 

Avant de plonger dans l’histoire macabre de cette famille ordinaire, j’aimerais vous en dresser le portrait.

Les Moore étaient des gens normaux, qui allaient à l’église et contribuaient à la société. Les Moore étaient respectés, aimés et n’avaient pas de problèmes d’argent, puisque Josiah était l’un des plus grands hommes d’affaires de la ville.

  • Josiah B. Moore

Comme je viens de le dire, il était l’un des hommes d’affaires les plus importants de Villisca. Né à Hanovre dans l’Illinois, il était venu s’installer dans l’Iowa enfant. Il épousa Sarah Montgomery le 6 décembre 1989. Avant d’être un homme d’affaires prospère, il avait travaillé pendant 9 ans dans le magasin des Jones, une épicerie-quincaillerie comme il s’en faisait beaucoup à l’époque ; puis, en 1908, il ouvrit son propre magasin et racheta celui des Jones illégalement. Du moins, c’est ce que l’on raconta après les meurtres. On peut penser que ce détail pourrait être le motif du drame. Josiah s’investissait beaucoup pour la ville, puisqu’il était membre des parents d’élève de l’école et membre de l’église presbytérienne.

Après son assassinat, beaucoup de rumeurs ont circulé à son sujet, dont celle qui parle d’une liaison avec Mme Jones, ce qui place encore une fois Mr Jones comme l’un des suspects. Mais rien n’a jamais été prouvé.

 

  • Sara Montgomery Moore

Elle est née dans le comté de Knox, dans l’Illinois vers 1873. Vers 1874, sa famille s’installe dans l’Iowa. Sara était une membre active de l’église presbytérienne et avait fait une journée spectacle avec les enfants à l’école le jour avant le drame, c’est-à-dire le 9 juin 1912.

Son père, après le drame, dépensa une fortune pour que les autorités retrouvent le ou les coupables. Sara avait 39 ans au moment du drame et était mère de 4 enfants.

 

  • Hermann Moore

Est l’aîné de la fratrie. Est né en 1901. Hermann ressemblait beaucoup à son père, tant physiquement que moralement. Il suivait son père partout. Il était âgé de 11 ans au moment du drame.

 

  • Katherine Moore

Est née en 1903, soit deux ans après Hermann. Lena et Ina Stillinger étaient ses meilleures amies. Elle avait 10 ans au moment du drame.

 

  • Boyd et Paul Moore

Les deux petits derniers de la famille Moore. Ils étaient âgés, respectivement, de 7 et 5 ans au moment du drame.

 

  • Lena et Ina Stillinger

Elles étaient les filles de Joseph et Sarah Stillinger, des amis du couple Moore. Elles dormaient souvent chez les Moore, car elles étaient les meilleures amies de Katherine. On pense que les petites n’étaient pas en cause dans cette affaire. Elles se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, car l’on pense que le tueur ne les visait pas particulièrement.

Le soir du drame, Lena  a été la seule à avoir essayé de résister contre le meurtrier. Les deux petites étaient âgées de 12 et 8 ans au moment du drame.

 

 

 

La nuit des meurtres

 

Portrait de la famille Moore : de gauche à droite, Josiah, Sarah, Herman, Katherine, Boyd et Paul.

 

Nous sommes le dimanche 9 juin 1912 dans la petite ville de Villisca. Comme tous les dimanches, la famille Moore se rend à l’église presbytérienne du village et participe à la messe de 20 heures.

À la fin de la messe, vers 21 h 30, toute cette petite famille rentre chez elle. Katherine insiste pour que ses copines, Léna et Ina Stillinger, passent la nuit à la maison. Sara Moore accepte de bon cœur.

En chemin, Sara et Josiah croisent des voisins, des amis et ils les saluent. L’atmosphère est joyeuse, détendue.

Lorsque tout ce beau monde arrive à la maison du 323 E 4 th Street, il est 22 h. Il est déjà tard. Sara s’empresse de mettre les enfants au lit, puis se couche. Le lendemain, elle doit se lever à 5 h pour s’affairer aux tâches ménagères ainsi que Josiah qui doit travailler ses terres avant de partir au magasin.

Sauf que le lendemain, le lundi, personne ne se lève. Une voisine Mary Pockhan est intriguée, car la maison semble encore dormir, alors que le soleil est déjà bien levé. D’habitude, elle voit Sara s’affairer avec les lessives, Josiah travailler les terres, elle entend les enfants jouer… Là, les rideaux sont tirés, il semble n’y avoir aucune activité provenant de la maison.

Elle appelle Ross Moore, le frère de Josiah. Ce dernier possède les clés de la maison. Après avoir tambouriné sur la porte d’entrée, il décide de se servir de ses clés. Et lorsqu’il pénètre dans la maison, il découvre l’horreur.

Au rez-de-chaussée, Ross découvre Lena et Ina Stillinger baignant dans une mare de sang, des blessures profondes au niveau de la tête. L’homme est bouleversé. Il redoute ce qu’il va découvrir à l’étage de la maison et n’ose l’affronter seul. Il court donc appeler le shérif de la ville, le Marshall Hank Horton.

Ce dernier arrive sur les lieux du drame et découvre les corps inanimés de tous les membres de la famille Moore. Lorsqu’il ressort de la maison, il est livide. Il n’avait jamais vu une pareille boucherie.

Cette terrible nouvelle fait rapidement le tour de la petite ville. Les voisins curieux ne cessent de vouloir voir l’intérieur de la maison. Tous sont horrifiés. La police, qui essaye de garder la scène de crime intacte pour l’enquête, est débordée et ne peut empêcher les gens de s’introduire dans la maison, effaçant ainsi peut-être des indices primordiaux. On appelle la garde nationale qui délimite un périmètre de sécurité. Ainsi, plus personne ne peut entrer dans la maison des crimes.

 

 

 

La scène du crime et l’enquête

 

Les deux petites Stillinger assassinées avec la famille Moore.

 

Pour bien comprendre l’histoire, je suis obligée de vous décrire comment ont été tués les Moore et les deux petites Stillinger. Âme sensible s’abstenir de lire, car même dans le plus gore des films d’horreur, on ne retrouve pas une telle boucherie.

Voici les faits connus concernant la scène de crime :

  • Huit personnes avaient été matraquées à mort à l’aide d’une hache.
  • Cette hache fut retrouvée dans la chambre des filles Stillinger. Elle était couverte de sang et l’on voyait bien qu’on l’avait essuyé avec un tissu. Cette hache appartenait à Josiah Moore.
  • Le médecin légiste estima que ces crimes avaient eu lieu peu après minuit.
  • Tous les rideaux des fenêtres avaient été tirés, sauf deux où le tueur cacha les fenêtres à l’aide des habits ensanglantés des Moore.
  • Tous les visages ont été recouverts d’un drap, comme si le tueur connaissait les victimes ou était superstitieux. En effet, on croyait que si au moment de la mort, la victime regardait son meurtrier, son image restait gravée dans sa rétine.
  • Une lampe de kérosène a été retrouvée au pied du lit de Josiah et de Sara.
  • Une autre lampe a été retrouvée au pied du lit des filles Stillinger.
  • Une casserole contenant de l’eau et du sang mélangés a été découverte sur la table de la cuisine.
  • Il y avait aussi, sur cette table, une assiette contenant de la nourriture. Or on sait que jamais Sara n’aurait laissé une telle assiette sur la table avant de se mettre au lit.
  • Toutes les portes de la maison avaient été fermées à clé de l’intérieur. Or, le couple Moore ne fermait jamais à clé les portes lorsqu’ils étaient chez eux.
  • Les corps de Lena et Ina ont été retrouvés dans la chambre du rez-de-chaussée. Lena avait le visage recouvert par un manteau gris, sa chemise de nuit avait été remontée sur son torse et elle ne portait aucun sous-vêtement. Le médecin légiste qui l’examina ne découvrit aucun signe de violence sexuelle.
  • À côté de la hache, les enquêteurs trouvèrent une plaque de lard posée à terre. On retrouva une autre tranche de lard dans la glacière.
  • Les coussins étaient couverts de sang et de bouts de cerveau éparpillés qui témoignaient de la violence des attaques. Le sang avait déjà coagulé ce qui signifiait que les meurtres avaient été commis dans la nuit.
  • À l’étage, les policiers ont découvert les 6 corps de la famille Moore, les 4 enfants d’un côté, et en face d’eux, les corps des parents, comme si le tueur a pris soin de ritualiser son crime.
  • Tous les miroirs ont été recouverts d’un drap blanc, là encore certainement par superstition, car l’on croyait que les morts pouvaient être emprisonnés dans les miroirs et revenir pour se venger.
  • Dans la chambre parentale, les enquêteurs ont découvert l’une des chaussures de Sara remplie de sang et renversée.
  • Dans la grange, les enquêteurs remarquèrent une dépression dans le foin de la taille d’un homme, comme si quelqu’un s’était couché à cet endroit. D’ailleurs, ils ont découvert un trou dans l’une des planches, trou que le meurtrier avait certainement utilisé pour espionner ses victimes. Ce qui veut dire que les meurtres avaient bien été prémédités.
  • Les 8 corps ont été frappés, matraqués à mort avec une hache durant leur sommeil.
  • Les faits ont eu lieu après minuit.
  • Le meurtrier avait apparemment utilisé le côté plat de la hache pour assommer ses victimes, puis il s’était servi de la lame pour les défigurer avec un acharnement terrible, donnant plus de 20 coups à chacun au niveau du visage.
  • Le tueur s’était particulièrement acharné sur Josiah, le frappant avec tant de violence que ses yeux avaient jailli de leurs orbites.
  • La chaussure découverte dans la chambre parentale était remplie du sang de Josiah. Le médecin légiste en conclut que le tueur, après avoir frappé le couple, était revenu dans la chambre pour asséner sur Josiah déjà mort d’autres coups et qu’il avait renversé par inadvertance la chaussure.

 

 

Les conclusions du médecin légiste

 

L’enterrement des Moore.

 

Tous ces points sont bizarres et intriguent les enquêteurs. Le tueur savait ce qu’il faisait, il avait pris soin de recouvrir les miroirs et les fenêtres de la maison, de s’éclairer avec des lampes à pétrole. Il avait même pris le temps de manger. Cependant, cinq questions restent en suspens : qui est ce tueur à la hache ? Pourquoi s’est-il autant acharné sur les victimes ? Pourquoi avoir commis de tels actes ? Pourquoi s’en être pris à la famille Moore ? Et comment se fait-il qu’aucune des victimes ne se soit réveillée ?

Que sait-on : le meurtrier connaissait certainement la famille Moore et à voir comment il s’était acharné sur Josiah, c’était peut-être lui qui était visé dans cette affaire. Ce tueur avait pris le temps de recouvrir les fenêtres et les miroirs, de manger, sans qu’il ait peur d’être dérangé. Il connaissait les lieux, il s’agissait vraisemblablement d’une tuerie préméditée. Mais pourquoi tant de violence ?

À 22 h, le procureur du comté donne la permission d’emporter les corps à la caserne des pompiers où l’on installe une morgue provisoire.

Le lendemain, le mardi 11 juin 1912, 14 témoins sont appelés devant le juge dans cette affaire. Au cours de l’audience, Charles Moore, un autre frère de Josiah, admet que ce dernier gardait une hache dans son hangar, mais ne sut dire si celle trouvée sur les lieux du drame appartenait bien à son frère. Il précise que Josiah et Sara fermaient les portes à clé tous les soirs avant de dormir, alors que Ross, l’autre frère qui avait découvert les corps, avait dit le contraire.

Les témoins interrogés sont unanimes : ils ne connaissent aucun ennemi à la famille Moore. Mais Ed Selley, un employé de Josiah, révèle que ce dernier lui avait raconté qu’un de ses beaux-frères ne l’aimait pas et l’avait même menacé. Cette piste fut abandonnée.

Le mercredi, le service funéraire qui se déroule sur la place de la ville de Villisca rassemble plus d’un millier de personnes. Les cercueils sont transportés jusqu’au cimetière et suivis par un long cortège.

Très vite, les enquêteurs, de plus en plus nombreux tant l’affaire est ardue, trouvent plusieurs pistes et arrêtent plusieurs suspects. Mais les médias, qui s’emparent de l’affaire, vont leur compliquer la tâche.

Pour les enquêteurs, le déroulement des faits est plutôt limpide, même s’ils ne comprennent pas les motivations du tueur. Par contre, les morceaux de lard laissés par ce dernier rendent les policiers perplexes. On pense que le tueur les aurait utilisés à des fins sexuelles, se serait masturbé avec.

On sait que le meurtrier avait espionné les Moore depuis la grange, donc qu’il n’avait pas agi sous le coup d’une impulsion. Tout était calculé. Et seule la famille Moore était visée. Les petites Stillinger n’avaient pas eu de chance. D’ailleurs, la malchance allait s’acharner sur cette pauvre famille qui vient de perdre deux enfants : La mère Stillinger accouche peu de temps après ce drame d’un enfant mort-né. Quelques jours après, c’est leur maison qui disparaît dans un immense incendie. Coïncidence ?

 

 

 

Les suspects

 

Un article de l’affaire Villisca paru dans le journal local.

 

Toute la police est en émoi devant ce crime affreux, et veut absolument arrêter le ou les coupables. Les investigations sur la scène de crime sont difficiles, car souillée par les nombreux visiteurs.

Mais, plusieurs individus furent suspectés.

 

  • Andrew Sawyer

Un vagabond. Il est arrêté le 18 juin 1912. Ce dernier dormait avec sa hache et, quelques jours après la tuerie, il avait parlé d’une manière confuse des meurtres à son patron. Cependant, Sawyer avait un alibi : la nuit des meurtres, il se trouvait dans la ville d’Osceola où il fut arrêté par le shérif pour vagabondage. De plus, ce n’était pas sa hache qui était l’arme du crime. Andrew Sawyer fut relâché.

Il faut dire que Sawyer avait un lourd passé : neuf mois plus tôt, il avait été accusé dans une série de meurtres à Colorado Springs. Le premier avait eu lieu dans la soirée du dimanche 17 septembre 1911, dans la demeure de HC Wayne. Le meurtrier y était entré et avait tué toute la famille, 3 personnes au total, à la hache, puis s’était rendu chez les voisins où il avait massacré AJ Burns et ses deux enfants, toujours à la hache.

Deux semaines plus tard, toujours un dimanche soir, un inconnu avait trucidé William, sa femme et sa fille avec une hache. Rebelote dans le Kansas, le 15 octobre et le 5 juin, quelques jours avant l’affaire Villisca.

Trois mois après le massacre de Villisca, Charles Pfanschmidt, sa femme, sa fille et leur invité furent assassinés avec le même mode opératoire.

Il n’y avait plus aucun doute : il y avait un tueur en série qui se baladait tranquillement aux États-Unis.

 

  • Le révérend George Kelly
Le révérend Kelly.

 

Un curieux personnage, un voyeur. Ce dernier signa des aveux en 1917, mais se rétracta par la suite. Il fut acquitté à l’issue de son procès.

Mais attardons-nous quelques instants sur ce curieux personnage. La nuit des meurtres, il avait été vu, montant dans le train n° 5. Il était 5 h 19 du matin. Certains l’avaient entendu parler de huit personnes avaient trouvé la mort dans la nuit à Villisca. Il disait avoir eu une vision divine qui lui avait ordonné de tuer, de détruire.

George Kelly était arrivé à Villisca le 8 juin 1912, donc quelques jours avant la tuerie. Le soir des meurtres, il avait assisté au spectacle que les enfants avaient donné à l’église, ce qui était surprenant, car l’on savait que le révérend détestait les enfants. Puis, il avait quitté la ville le matin des meurtres, pour y revenir deux semaines plus tard. Il s’était alors fait passer pour un détective et s’était mêlé à l’enquête.

On sait que Kelly souffrait d’une dépression chronique.

En 1894, il avait immigré en Amérique avec sa femme et depuis, il prêchait dans les églises méthodistes du Dakota, du Minnesota, du Kansas et de l’Iowa sans jamais parvenir à s’établir à un endroit. Il avait la réputation d’être un homme étrange et était connu comme voyeurisme. On savait aussi qu’il avait envoyé du matériel obscène par la poste et qu’il avait fait un court séjour dans un hôpital psychiatrique.

Le Révérend fut arrêté et emprisonné au début de l’été 1917. Après deux moins d’interrogatoires éreintants, il avait signé une confession dans laquelle il avouait avoir voulu travaillé sur un sermon dont le titre était « Tue, détruis », et que n’y arrivant pas, il était sorti de chez lui pour se promener. À 2 h 54, il s’était rendu à l’église de Villisca. Il était seul et avait entendu une voix lui ordonner d’aller plus loin. Alors, il avait marché dans la rue, où il avait vu une ombre lui faire signe de la suivre. L’ombre l’avait conduit jusqu’à la maison des Moore et lui avait fait signe d’entrer. Une fois à l’intérieur de la maison, une voix lui avait ordonné de tuer, de détruire, de faire souffrir les petits enfants. Kelly croyait que cette voix était celle de Dieu, alors il s’est exécuté.

Il avait pris le bout du manche de la hache et avait massacré les enfants Moore, puis avait mis un drap sur leurs visages. Il avait ajouté que les enfants l’avaient dérangé toute sa vie, et qu’il était normal qu’il les tue.

Puis, la voix qu’il croyait toujours être celle de Dieu lui a ordonné de continuer les sacrifices de sang. Alors, il avait suivi l’ombre jusqu’à la chambre parentale où il avait tué les parents. Puis, fatigué, il s’était rendu au rez-de-chaussée pour se reposer un peu au salon. En passant dans le couloir, il avait aperçu les deux petites filles Stillinger. Alors la voix lui avait ordonné de continuer. Et il les avait tuées.

Ensuite, il ne se souvenait de rien, sauf que quelqu’un criait constamment à ses oreilles de tuer, de détruire. Il avoua que cet aveu était un réel soulagement pour lui.

Là, je veux m’arrêter un peu pour faire le point sur ce personnage. Un schizophrène ? Un malade mental ? En tout cas, il avait entendu des voix lui parler, comme Ronald Jr dans l’affaire d’Amityville avait entendu le diable lui ordonner de tuer sa famille. C’est troublant.

Mais, ces aveux ne suffirent pas à prouver la culpabilité du révérend, car on le savait dérangé et il pouvait très bien avoir inventé toute cette histoire pour se mettre en avant. On savait que l’affaire Villisca l’avait troublé, voire obsédé. Il s’était fait passer pour un enquêteur, avait laissé tomber ses sermons pour se consacrer qu’aux meurtres. C’était quelque chose de vital pour lui.

Un peu avant le procès, Kelly nia ses aveux. Il les fit rejeter devant le tribunal expliquant qu’on les lui avait extirpés au bout d’une nuit complète d’un interrogatoire musclé.

Le procès du révérend Kelly commença en septembre 1917. Son avocat plaida la folie et développa le fait que son client était obsédé par l’affaire Villisca, au point que cela lui avait engendré des idées délirantes, dont celle d’être le tueur. Et cette lubie lui était venue en juin 1912, lorsque, se faisant passer pour un enquêteur, il avait visité la maison.

La femme de Kelly était venue témoigner. Elle avait expliqué que son mari avait un esprit faible et qu’il était mythomane. Il s’était déjà d’ailleurs rendu responsable d’un incendie criminel alors que le jour du drame, il se trouvait à la maison avec elle.

En définitive, le Révérend Kelly fut accusé, mais reconnu fou et placé dans un asile psychiatrique. Était-il le meurtrier ? On ne le saura jamais.

 

  • Franck Jones
Franck Jones et sa belle-fille.

 

Vu l’ampleur du massacre et l’acharnement dont le meurtrier avait fait preuve, la police enquêta du côté de Frank Jones. Souvenez-vous, Josiah Moore avait travaillé pour lui et lui avait volé de gros clients. De plus, certaines rumeurs disaient qu’il couchait avec sa femme. Et voilà Frank Jones, le mari trompé et bafoué, le coupable idéal dans cette affaire.

On sait que les deux hommes s’étaient séparés en très mauvais termes. Frank avait fondé la Banque Nationale de Villisca. Il était aussi Sénateur et possédait, par ce titre, un certain prestige auprès des concitoyens.

Alors, personne ne pouvait imaginer que Jones puisse faire une chose aussi horrible. Il était certes arrogant, mais pas violent. Mais il aurait pu engager un tueur. D’ailleurs, on l’accusa d’avoir engagé William Mansfield, mais on ne put rien prouver. Et donc, Jones ne fut pas inculpé.

 

  • William Mansfield

 

Blackie Mansfield, un autre coupable.

 

Un tueur en série qui avait commis des meurtres similaires dans d’autres états des États-Unis. Originaire de Blue Island, dans l’Illinois, il était le principal suspect dans cette affaire. On sait qu’il était accroc à la cocaïne. On le suspectait d’être un tueur en série et responsable d’une tuerie similaire à Paola dans le Kansas, 4 jours avant l’affaire Willisca, ainsi que du meurtre de Jennie Peterson et Jennie Miller à Aurora, ainsi que de l’assassinat de sa femme, de son enfant, de son beau-frère et de sa belle-mère le 5 juillet 1914 à Blue Island, toujours à l’aide d’une hache.

C’est sûr qu’avec tout cela, cet homme était tout désigné pour être le tueur de Willisca. Toujours le même mode opératoire : l’homme recouvre les miroirs, cache les fenêtres et s’acharne sur ses victimes. Il aurait donc assassiné la famille Moore sur ordre de Frank Jones.

Mansfield fut arrêté et amené à Kansas City. Cependant, ses bulletins de paie indiquaient qu’il se trouvait dans l’Illinois au moment des meurtres de Villisca et il fut relâché, faute de preuves aussi dans les autres affaires.

Et pour la petite anecdote, William Mansfield porta plainte pour acharnement à son sujet et obtint 2 225 000 dollars de dédommagements.

 

  • Henry Lee Moore

 

Henry Moore

 

Encore un autre suspect dans cette macabre affaire. Henry Lee Moore fut arrêté en décembre 1912, soit six mois après les meurtres, à Comumbio, dans le Missouri. Il fut poursuivi et reconnu coupable des meurtres de son épouse et de sa grand-mère. Il s’était servi d’une hache.

Henry était un vagabond agressif et sujet à de brusques accès de colère. Il pouvait être considéré comme un suspect dans l’affaire Villisca. Du coup, on commença à enquêter sur son sujet. On consulta les dossiers de tous les meurtres à la hache qui avaient eu lieu dans le Midwest au cours des deux dernières années et Henry Moore fut tenu responsable de 23 de ces meurtres.

L’inspecteur McClaughry, qui enquêtait sur l’affaire Villisca, annonça qu’il avait résolu le mystère du tueur à la hache. Mais pour des raisons obscures, personne ne prêta attention à ses dires et Henry Moore ne fut jamais poursuivi.

Là encore, cette histoire est très étrange. Un meurtrier à la hache particulièrement violent, reconnu coupable de beaucoup de tueries, qui passe à la trappe. Je m’interroge.

 

  • George Meyers

 

Georges Meyers

 

Encore un tueur en série.

Le 28 mars 1931, George Meyers, qui attendait d’être jugé pour cambriolage, reconnut avoir assassiné 6 personnes à la hache, à Villisca, 18 ans auparavant.

Encore une fois, cette confession survenait après 5 heures d’un interrogatoire musclé.

Meyers avoua avoir reçu l’ordre d’un commanditaire de tuer toute la famille Moore. Il avait reçu 2000 dollars pour accomplir cette besogne et devait recevoir la même somme une fois le travail terminé. Alors, il était entré dans la maison vers minuit, avait fait ce qu’on lui avait demandé, puis avait dormi à l’étable avant de se rendre chez son commanditaire qui lui avait dit d’attendre un peu avant de lui régler son dû, car il voulait être sûr sur toute la famille avait été tuée. Meyers avait pris peur et avait fui la ville avant l’aube sans jamais y revenir.

Meyrers avait avoué le meurtre de la famille Moore, mais avait nié obstinément avoir tué les deux petites Stillinger. Il fut condamné à 15 ans de prison et personne ne crut en ses aveux. Peut-être faudrait-il reprendre l’enquête en s’aidant de la technologie d’aujourd’hui.

 

 

 

Une maison hantée

 

La maison de Villisca aujourd’hui.

 

La maison du massacre de Villisca va acquérir au fil du temps la réputation d’être hantée par les esprits des enfants, de Sara et du tueur.

Aux dires des nombreux chasseurs de fantômes qui y sont allés, au vu de leurs preuves (audio, vidéo), ces esprits se manifesteraient par des apparitions, des voix d’enfants, des rires, des orbes, des portes qui s’ouvrent…

Aujourd’hui, cette maison est inhabitée et des visites sont organisées pour les amateurs de sensations fortes. Pour ma part, j’ai fait une visite virtuelle de la demeure et j’en ai eu des frissons.

À l’étage, les lucarnes ressemblent à celles de la maison d’Amityville avant qu’on y pose des fenêtres standards. Ça fait froid dans le dos, comme si ces lucarnes appellent le mal.

À l’intérieur de la maison, la tension est permanente.

Certains témoins racontent avoir senti la présence d’une ombre noire malfaisante, qui interdirait aux enfants de s’amuser, qui les retiendrait prisonniers dans la maison. Serait-ce le meurtrier devenu un damné ?

Sur des enregistrements audio faits par une équipe d’enquêteurs du paranormal, on peut entendre une voix masculine très forte crier : kill’em. Encore un point commun avec la maison d’Amityville. C’est aussi ce mot que Jones disait entendre d’une voix démoniaque. Tout comme Ronald Defeo Jr qui disait entendre la même voix lui dire les mêmes choses et qui tua toute sa famille.

Personnellement, je trouve que l’affaire d’Amityville et l’affaire de Villisca comportent beaucoup de points communs. Dans les deux cas, on parle d’une voix démoniaque et l’on ne sait pas comment expliquer comment le tueur a pu agir sans réveiller les habitants de la maison.

Avant que la maison soit achetée et restaurée par un passionné de surnaturel qui y fait des visites guidées, la maison fut habitée par plusieurs propriétaires qui n’y restèrent pas longtemps.

Il y a eu Homer et Bonnie Ritner, de jeunes mariés, qui ont loué la maison pour un loyer très modeste et qui se sont vite sauvés. Bonnie était enceinte et comptait faire de cette belle demeure, leur petit nid d’amour. Cela me rappelle étrangement l’histoire de la famille Lutz. Encore une coïncidence avec la maison d’Amityville.

Bref, une nuit, Bonnie voit au pied de son lit un homme armé d’une hache. Elle hurle tellement que Homer ne sait plus quoi faire. La jeune femme est en panique, une peur panique, qui l’empêche de réagir. Le lendemain matin, Homer envoie sa femme chez le médecin qui recommande du calme et du repos si elle ne veut pas perdre l’enfant. Alors, les nuits suivantes, le pauvre homme passe ses nuits assis sur une chaise au chevet de sa femme. Ce n’était que comme cela que Bonnie pouvait s’endormir.

Une nuit, c’est Homer qui entendit des bruits de pas dans les escaliers, comme si quelqu’un montait à l’étage pour venir dans la chambre où il veillait. Il ouvrit la porte, mais il n’y avait personne.

Après cela, le pauvre homme alla récupérer sa caution chez le propriétaire, mais ce dernier refusa de la lui rendre. Homer était en colère. Au café, il parla de cette histoire au barman qui sortit une boîte contenant des fragments d’os du crâne de Josiah Moore. C’en était trop pour lui, qui rentra chez lui, fit ses valises, prit sa femme et partit loin de la ville.

La plupart des scientifiques ont remis ces faits en cause et ont clamé la démence de Homer pour manque de sommeil et l’hallucination de Bonnie, une femme jugée trop fragile psychologiquement. Homer Ritner mourut en 1988.

En 1994, Darwin et Martha Linn achètent la maison, non pas pour y habiter, mais pour la remettre dans le même état qu’en 1912. Ils veulent en faire un lieu de visites, un centre d’attraction.

Moyennant un droit d’entrée, le couple fait visiter la maison aux amateurs de paranormal et cela fonctionne. Il faut compter environ 300 dollars la nuit pour 5 personnes. Et c’est à partir de là que la maison de Villisca attira de plus en plus de curieux et que de nombreux enregistrements ont été faits. On y voit une ombre noire, on y entend des rires d’enfants, on y entend une voix masculine criant de tuer tout le monde.

Pour la petite histoire, le 7 novembre 2014, un homme de 37 ans qui participait à une enquête sur les manifestations paranormales de la maison, Moore (oui, encore un Moore !), se serait poignardé dans des circonstances qui restent confuses. Au moment des faits, l’homme, qui faisait partie d’un groupe de recherches comme il y en a tant aux États-Unis, se trouvait seul dans la chambre parentale lorsque la tragédie est survenue. Vers 0 h 45, heure supposée des crimes de 1912, ses hurlements ont retenti dans toute la maison. Ses amis ont immédiatement appelé les secours et très vite, il fut emmené à l’hôpital par hélicoptère. Il en serait sorti quelques jours plus tard, mais n’a voulu faire aucun commentaire sur cette affaire.

Martha Linn, qui s’occupe toute seule de la maison depuis le décès de son mari, avait expliqué aux journalistes, que les enquêteurs qui passaient une nuit dans la maison voulaient qu’il arrive quelque chose, voulait avoir la vidéo qui ferait le buzz et que certains n’hésitaient pas, pour se faire, de faire des incantations, de jeter des sorts ou de faire des rituels de magie.

Aujourd’hui, la maison est classée au patrimoine national des bâtiments historiques.

Et le meurtrier, qui n’a jamais été retrouvé, est certainement mort de vieillesse.

 

 

 

Une sacrée histoire ! Étrange à souhait, d’autant plus qu’on ne sait toujours pas qui est le meurtrier. Et s’il rôde vraiment dans la maison ? Peut-être est-il l’ombre noire aperçue par certains des enquêteurs du paranormal ? Moi, ce qui m’intrigue le plus, ce sont les similitudes avec l’affaire d’Amityville. Un tueur qui entend des voix, qui assassine plusieurs personnes dans leur sommeil, sans que personne se réveille… c’est troublant. Pour Amityville, Ronald Jr a toujours plaidé la possession démoniaque et avait dit qu’il avait entendu des voix lui ordonner de tuer sa famille. Dans l’affaire Villisca, c’est peut-être la même chose… un homme qui a entendu des voix. C’est peut-être cela qui expliquerait que personne ne se soit réveillé. Le surnaturel peut expliquer beaucoup de choses, le surnaturel et les pouvoirs des démons. Et j’oubliais, merci Alyssa pour cette passionnante histoire.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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La secte satanique de l’abbé Boullan

Voilà une étrange histoire qui ébranla le XXe siècle, une étrange histoire de satanisme mis au grand jour par le talentueux écrivain Huysmans dans son roman « Là-Bas ». De quoi s’agit-il ? D’un prêtre, un abbé qui vouait un culte à Satan, de satanisme. Et pourtant, au XXe siècle, on pensait que la sorcellerie, le sabbat, la possession démoniaque, l’envoûtement, les démons… étaient des choses du passé, des choses passées. Erreur, très grosse erreur, car le satanisme était plutôt en vogue à cette époque, surtout avec l’abbé Boullan.




 

Biographie de l’abbé Boullan

 

Portrait de l’abbé Boullan

 

Il y aurait beaucoup à dire sur ce personnage singulier. Je vais tenter d’être la plus brève possible.

Joseph-Antoine Boullan, connu sous le nom de l’Abbé Boullan, est un prêtre français du XIXe siècle, né à Saint-Porquier le 18 février 1824 et mort à Lyon le 4 janvier 1893. Pourquoi parler de lui ? Parce qu’il fut condamné pour satanisme, ce qui n’est pas banal pour un prêtre. De plus, son histoire est plutôt bizarre.

Joseph-Antoine Boullan fit de brillantes études au séminaire de Montauban et fut ordonné prêtre le 23 septembre 1848 puis vicaire de la paroisse Saint-Jean toujours à Montauban pendant deux ans.

Puis, il se rendit à Rome où il obtint son doctorat en théologie. En Italie, il fit partie des missionnaires du Précieux Sang et prêcha plusieurs missions avant de revenir dans son pays natal où il est nommé supérieur de la maison que la congrégation possédait aux Trois-Épis, près de Turckheim, en Alsace.

L’Abbé Boullan s’intéressait beaucoup aux choses de l’occulte et publia un premier ouvrage, en 1853, une traduction de la « Vie Divine de la Sainte-Vierge », extrait du livre de la « Cité Mystique » écrit par Marie d’Agreda.

En 1854, il quitta l’Alsace et vint à Paris où il officia en tant que prêtre. Il collabora à plusieurs revues pieuses, notamment Le Rosier de Marie, et assuma la direction spirituelle d’une nommée Adèle Chevalier, une sœur, qui en 1855 avait été guérie miraculeusement de sa cécité lors d’un pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Salette.

Juste que là, me diriez-vous, chers lecteurs, un parcours normal pour un prêtre-théologien. Sauf que…

L’Abbé Boullan fonda une revue, les « Annales de la Sainteté » qui devint le 1er janvier 1870, les « Annales de la Sainteté au XIXe siècle ». Dans cette revue, Boullan exposait son point de vue sur la religion. Pour lui, il fallait s’offrir à Dieu en souffrant physiquement et moralement et en faisant des prières spéciales. En d’autres termes, il fallait continuellement se flageller et souffrir pour être digne de Dieu.

En 1859, l’Abbé Boullan établit, avec Adèle Chevalier, une congrégation religieuse, « L’œuvre de la Réparation ». Cette congrégation reçut une autorisation provisoire de la part de l’évêque de Versailles. Cette nouvelle communauté était située avenue de Bellevue à Sèvres, et ne servait qu’à dissimuler une liaison entre l’abbé et Adèle Chevalier. Au sein même de l’établissement, ils s’y déroulaient des pratiques scandaleuses. Tout cela fut mis au grand jour plus tard.

 

 

 

Des pratiques sataniques

 

Le célèbre roman « Là-bas’ de Huysmans.

 

Donc, nous sommes au sein de la congrégation « L’œuvre de la Réparation ». L’Abbé Boullan et Adèle Chevalier entretiennent une liaison, mais d’autres pratiques encore plus malsaines se déroulent au sein de l’établissement.

Par exemple, on sait que lorsqu’une religieuse tombait malade, Boullan la soignait à l’aide d’hosties consacrées ou à l’aide d’urine et de matières fécales appliquées sous forme d’emplâtres.

Le 8 décembre 1860, à la fin de la messe, Boullan fit disparaître son enfant, l’enfant qui venait de naître, l’enfant qu’il avait conçu lors de ses amours interdits avec Adèle Chevalier.

Bien sûr, ce crime ne fut jamais découvert, mais l’évêché reçut plusieurs plaintes sur les méthodes que Boullan utilisait pour se procurer de l’argent et sur ses méthodes thérapeutiques.

À ce moment, les pratiques sataniques perpétrées par l’abbé Boullan n’étaient pas encore mises au grand jour. Cela sera fait par l’auteur J.K Huysmans dans son ouvrage « Là-bas ».

 

 

 

Les sectes sataniques mises au grand jour

 

Le prophète Vintras.

 

Courant XIXe, le satanisme était à la mode, mais très caché. Le grand public n’en savait rien et était loin de se douter de ce qu’il se tramait derrière leur dos.

Pourtant, la presse parlait de cas d’envoûtements, de messes noires célébrées, de maniaques du sacrilège, d’hommes se donnant à Satan par des rites bestiaux… De nombreux documents attestent ces faits et encore de nos jours, il y a des choses comme cela qui se passent dans le monde entier.

Mais, à l’époque de l’abbé Boullan, tout cela fit scandale, notamment avec la sortie du livre de Huysmans « Là-bas » qui raconta les effroyables rites sataniques du passé et du présent.

Ce livre fut publié en 1890 et mit au grand jour l’horreur de la banalité qui se perpétrait partout, les sacrilèges faits en l’honneur de Satan, les obscénités des messes noires.

Huysmans présente de nombreux documents, des grimoires, des pièces authentiques des procès de sorcellerie, des documents précis… Il se documenta sur la magie moderne chez des occultes et des spirites. Au départ sceptique, il assista aux séances de spirites, mais son scepticisme s’évanouit très vite : il ne pouvait continuer à nier à l’existence en des forces obscures devant des faits incontestables de matérialisations, de lévitation d’objets…

Huysmans connaissait un certain M. François, qui travaillait au Ministère de la Guerre et qui était un médium. Les deux hommes ont fait des évocations dans l’appartement de l’auteur de la rue de Sèvres et ont assisté à des faits troublants, comme la matérialisation du Général Boulanger mort en 1891.

De toutes ces expériences, Huysmans fut persuadé que quelque chose, une intelligence étrangère, existait.

Enfin, un astrologue parisien, Eugène Ledos et l’abbé Boullan achevèrent de le documenter sur le Satanisme moderne.

Nous avons retrouvé une correspondance entre Huysmans et Boullan dans laquelle l’auteur lui demandait son concours pour achever son ouvrage. Boullan répondit qu’il l’aiderait. Cette correspondance volumineuse date du 6 février 1890 au 4 janvier 1893, date de la mort de l’abbé Boullan.

Mais revenons à l’ouvrage « Là-bas », qui est en fait une défense en règle du surnaturel basé sur des faits, les uns purement historiques se rapportant à la sorcellerie du moyen âge et les autres des faits se rapportant au satanisme moderne.

Pour Huysmans, les spirites, les occultistes, les rose-croix, à force d’invoquer des larves, car ne peuvent attirer les anges, finissent par amener des esprits maléfiques dans notre monde et donc, sans même sans rendre compte, tombent dans le satanisme.

L’auteur raconte que des messes noires sont célébrées partout en France. Il prend l’exemple de ce chanoine, appelé Docre, officiant dans les environs du Gand, qui s’était fait tatouer, sous la plante des pieds, l’image de la croix, pour toujours marcher sur le Sauveur et qui entretenait des souris blanches nourries avec des hosties consacrées et du poisson. L’incubat et le succubat étaient fréquents dans les cloîtres. D’ailleurs, l’armée de Satan se recrutait surtout dans le sacerdoce.

Alors oui, la vérité fait mal, car Huysmans affirme que de nombreux satanistes appartiennent à l’Église.

Oui, des messes noires se faisaient dans des temples, des locaux hermétiquement fermés, et les fidèles étaient liés au secret absolu de ces pratiques.

Et dans son ouvrage, on trouve l’abbé Boullan, que l’auteur met en opposition au chanoine Docre. L’abbé Boullan y est présenté comme un docteur, un savant, un homme très intelligent, qui a dirigé la seule revue mystique de Paris, un théologien reconnu, un maître de la jurisprudence divine. Mais, ses exorcismes, son combat contre le mal, ses luttes contre les incubes qu’il allait combattre dans les couvents le perdirent.

 

 

 

Qui était l’abbé Boullan

 

Portrait de l’abbé Boullan

 

L’abbé Boullan se disait missionné par le Ciel pour briser les manigances infectieuses du satanisme et pour prêcher la venue du Christ glorieux et du divin Paracelse.

En fait, il n’était pas cela, car lors de son procès, on apprend qu’il exerçait d’étranges doctrines et qu’en plus, il les enseignait.

Prêtre du diocèse de Versailles, docteur en théologie, ancien supérieur d’une communauté de Strasbourg, auteur de plusieurs ouvrages canoniques, fondateur du Rosier de Marie, l’abbé Boullan était un cerveau inquiet et assoiffé d’absolus.

Il mena plusieurs missions à Rome, dont la première fut de déclarer la sœur Adèle Chevalier miraculée de la Sainte-Vierge qui lui avait fait recouvrer la vue. C’était en 1856.

À la même époque, Boullan s’occupa de mademoiselle Marie Roche, une jeune femme confiée par l’évêque de Rodez et qui prétendait avoir une mission divine à accomplir et recevoir des prophéties. D’ailleurs, elle avait annoncé que des évènements graves allaient frapper toute l’Europe. Elle révéla aussi que le pape allait succomber d’une mort violente. C’est l’abbé Boullan qui fut chargé de présenter Marie Roche à Rome, au Sacré Collège, afin de la faire voir par le pape.

Deux ans plus tard, il retrouva Adèle Chevalier, sa protégée, la miraculée, et reprit la direction de ses affaires. Il prétendit avoir reçu de la Vierge l’ordre de fonder une œuvre religieuse qui s’appellerait l’Œuvre de la réparation des âmes et c’est Adèle qui devait se charger de son organisation.

Cette nouvelle œuvre fut installée à Bellevue, en Seine-et-Oise. Et bientôt, on y signala des pratiques bizarres, des procédés étranges, des maladies diaboliques dont seraient atteintes les religieuses. Une sœur, étant possédée, l’abbé l’aurait exorcisée en lui crachant dans la bouche. À une autre, il lui aurait fait boire son urine mélangée à celle de la sœur Chevalier et à une troisième, il lui aurait ordonné de se faire des cataplasmes de matière fécale.

En plus de cela, Boullan et Adèle Chevalier faisaient payer des services à des ecclésiastiques qui voulaient s’attirer les faveurs de la Sainte-Vierge. Ils recevaient aussi des dames du monde, qui moyennant finance, les consultaient pour des cas de conscience incroyables. Bref, les deux individus s’enrichissaient.

Une plainte fut déposée contre l’abbé Boullan et sœur Chevalier et ils furent accusés d’escroquerie et d’outrage public à la pudeur. Le Tribunal correctionnel de Versailles rendit une ordonnance de non-lieu sur l’outrage public, mais les condamna à trois ans de prison pour escroquerie.

L’abbé Boullan purgea sa peine et, revenu à la liberté, il continua ses pratiques d’exorcisme. Il fut demandé à l’archevêché de Paris, par le cardinal Guibert, qui lui demanda de s’expliquer sur le cas d’une épileptique qui se disait guérie grâce à une relique de la robe sans couture du Christ conservée à Argenteuil. Boullan se défendit en donnant des explications sur les cures qu’il pratiquait et sur sa doctrine. Le cardinal lui interdit toutes pratiques. L’abbé Boullan se rendit aussitôt au Vatican pour protester cet ordre, mais il en fut chassé. Le Vatican ne voulait plus de cet abbé qui se disait avoir reçu du Ciel la mission de combattre les démons par la profanation de l’hostie et par l’ordure.

Alors bien sûr, notre cher abbé quitta l’Église et vint à Lyon auprès d’Eugène Vintras, le célèbre prophète mystique. Vintras avait une vie très sainte. Fils d’ouvrier et ouvrier lui-même, il vivait sans fortune, sans éducation, dépourvu de tout ce qui aurait pu l’écarter de sa mission, c’est-à-dire de sauver l’humanité du diable. Vintras se disait être cultivé par l’Esprit révélateur. Ce prophète avait une fascination extraordinaire pour ceux qui le connaissaient. Il réalisait des miracles et s’appuyait sur ces miracles pour porter sa doctrine. Par exemple, il pouvait léviter ou, lorsqu’il consacrait des hosties, celles-ci sortaient du calice et restaient suspendues en l’air. Il avait aussi des stigmates de la Passion.

Boullan se rallia à la doctrine d’Eugène Vintras et à la mort de ce dernier, en 1875, il devint son successeur. Mais, il ne fut pas reconnu par la majorité des Vintrasistes.

Comme Vintras, Boullan avait le don de la fascination et pouvait accomplir des miracles. Il guérissait, au moyen de pierres précieuses, des enfants noués, ainsi que des femmes qui avaient contracté une maladie de la matrice réputée incurable, par imposition d’hosties consacrées. Boullan se voulait un combattant du bien contre le mal.

Boullan vivait retiré de Lyon, rue de la Martifière, chez un architecte, monsieur Misme, qui voulait trouver l’élixir de Paracelse. Deux voyantes l’accompagnaient, madame Laure et madame Thibaut. L’abbé était décrit comme un petit vieillard allègre, qui distillait des paroles sibyllines au grand pouvoir attractif. Madame Thibaut était une paysanne qui ne mangeait que du pain trempé dans du lait et qui avait fait de nombreux pèlerinages dans le monde entier. Elle voyait les démons.

La manière dont il s’y prenait pour combattre les envoûtements et les maléfices a été révélée par Huysmans.

C’est courant l’été 1891, à Lyon, que Huysmans vint voir l’abbé Boullan. Il visita son sanctuaire. Boullan le reçut vêtu d’une grande robe rouge Vintrasienne que serrait à la taille une cordelière bleue, la tête et les pieds nus. Huysmans assista à plusieurs cérémonies et fut tragiquement troublé. Boullan devait sans cesse lutter contre ses détracteurs qui lui envoyaient des envoûtements. Parmi ses ennemis, il y avait le marquis de Guaita, Oswald Wirth et le Sar Péladan.  

Dans ce billet, je ne vais pas m’attarder sur ces détracteurs. Sachez simplement, chers lecteurs, qu’ils étaient de grands sorciers dotés d’énormes pouvoirs. Eux aussi voulaient la ruine des Adeptes de la Magie Noire. Mais voulaient surtout révéler à la théologie chrétienne la magnificence ésotérique dont elle est grosse à son insu.

Stanislas de Guaita était le chef de la Rose-Croix et Sar Péladan son fondateur, une œuvre secrète qui s’occupait de magie. Stanislas de Guaita a passé la fin de sa vie enfermé chez lui avec de vieux grimoires, des manuscrits de la Kabbale et de magie, dormant le jour, travaillant la nuit, s’aidant de morphine, de caféine et de haschich pour écrire des Essais de Sciences Maudites. Il avait aussi invoqué des démons et ceux-ci vivaient chez lui. Guaita n’y survécut pas et se retira, à la fin de sa vie et très malade, dans son château d’Alteville, en Lorraine où il mourut peu de temps après.

L’abbé Boullan devait fatalement rencontrer Guaita et ses amis. Cela se fit par l’intermédiaire du marquis d’Alveydre. Au début, ces personnages étaient amis, puis se brouillèrent pour une raison inconnue. Toujours est-il que Boullan les accusait de vouloir le tuer par des moyens occultes. À plusieurs reprises, il fut attaqué et vécut des évènements très étranges et meurtriers.

Huysmans raconta qu’après la publication de « Là-bas », lui-même avait été victime d’attaques occultes. Plusieurs fois, il aurait été en danger de mort, et aurait été sauvé par Boullan. Un jour, l’auteur reçut une lettre de l’abbé lui disant de ne pas se rendre à son bureau. Il suivit ce conseil et heureusement, car le même jour, une lourde glace surmontant le bureau qu’il occupait au Ministère, s’abattit sans que l’on sût pourquoi et fracassa tout.

Huysmans accusa Guaita et Péladan. Et chaque soir, avant de s’endormir, il recevait des coups sur le crâne avec des poings fantomatiques qu’il comparait à de l’électricité statique.

L’abbé Boullan le délivra du maléfice en pratiquant un sacrifice de gloire. Mais après la mort de l’abbé, les attaques se multiplièrent sur Huysmans et cela jusqu’à sa mort en 1893, le 4 janvier plus précisément. Une mort d’ailleurs très bizarre. On dit qu’il avait été frappé par une armée de foudres occultes, des forces redoutables qui le terrassèrent.

 

 

 

Boullan satanique ou saint ?

 

Prière Eliaque par l’abbé Boullan

 

L’abbé voulait se donner une réputation de saint, mais nous avons vu qu’il se livrait, lui aussi et à sa manière, à des pratiques sataniques. Huysmans, qui le croyait saint, put s’en convaincre lorsqu’il découvrit, à la mort de Boullan, des documents laissés par ce dernier.

Ces documents donnaient de nombreux détails sur des rites secrets sataniques auxquels Boullan s’adonnait. Ce dernier avait toujours dit que c’était les occultistes de la Rose-Croix qui s’adonnait à de tels rites, mais tout cela était faux.

Boullan pratiquait des sortilèges à l’aide de souris blanches nourries avec des hosties consacrées, dont le sang devait servir à un sortilège d’envoûtement de haine. Il se livrait aussi à des rites secrets d’incubat et de succubat qu’il qualifiait d’union de vie et s’adonnait aux pratiques de la sorcellerie. N’avait-il pas aussi tué son propre enfant ?

Il y avait dans toutes ces pratiques du mysticisme délirant, de l’érotomanie, de la scatologie, du sadisme… bref du satanisme.

Et d’ailleurs, toute sa vie, Huysmans fut hanté par le satanisme. Une des preuves irréfutables de l’existence du satanisme était pour Huysmans, le vol d’hosties consacrées dans les églises de campagne. Les évêques prenaient beaucoup de précautions, mais les vols étaient nombreux partout en Europe.

Partout, les satanistes commettaient leur sacrilège et se servaient des hosties pour leurs rituels obscènes. Et Boullan était un prêtre sataniste qui se plaisait à multiplier dans les cloîtres de femmes les phénomènes d’incubat. Plusieurs sœurs avaient fait appel à lui, car elles se disaient visitées par des démons. Il allait alors se charger de ces affaires en demandant le plus grand secret aux sœurs. Là, arrivé auprès des malades, il se servait de fumigations spéciales et de pratiques sacrilèges, qui au lieu de guérir les nonnes, perfectionnaient leur mal. Il leur enseignait les méthodes d’autohypnose et d’autosuggestion leur permettant ainsi de rêver avoir des rapports avec des saints et avec Jésus. Il leur indiquait des poses spéciales, des procédés occultes. Dans leurs exaltations mystiques, ces religieuses croyaient avoir affaire à des saints. Et c’était des démons.

D’ailleurs, ce n’était pas les occultes de la Rose-Croix qui avaient envoûté Huysmans, mais bien l’abbé Boullan. Tout cela fut découvert après la mort de ce dernier. Les détails de cette confession furent si horribles, que Huysmans ne voulut pas qu’elle fût un jour publiée et brûla cette correspondance quelques jours avant sa mort.

 

 

 

Voilà, chers lecteurs, ce que l’on pouvait dire sur l’abbé Boullan. Le sujet est intéressant, et je le développerai dans d’autres billets. Sachez, cependant, que le satanisme existe, qu’il est partout, que certaines communautés n’hésitent pas à tuer et à faire le mal. Ce n’est pas parce que l’on vit à une époque dite moderne que tout cela n’existe plus. Bien au contraire. Il faut combattre tout cela, il ne faut pas céder à la facilité de l’argent, du pouvoir, à l’obscurantisme… laissons cela aux personnes mauvaises.

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin




 

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Dossier Warren : l’affaire Foster

Plongeons-nous au cœur d’une histoire de hantise particulièrement effrayante issue de nos deux enquêteurs du paranormal préférés, Ed et Lorraine Warren. En 1978, les Warren reçoivent un coup de fil étrange, un appel à l’aide d’une certaine madame Foster : une présence démoniaque harcèle ses enfants. Ed et Lorraine vont être témoins de phénomènes terriblement étranges.




Les débuts

Ed et Lorraine Warren

 

Samedi 13 mai 1978. Ed et Lorraine Warren ont passé l’après-midi à planifier un prochain voyage en Angleterre pour leur travail. Puis, ils sont sortis dîner en ville.

Je rappelle que le couple vit toujours dans la ville de Bridgeport dans le Connecticut et qu’à l’époque où se déroule l’affaire de la famille Foster, Ed et Lorraine sont connus du grand public, sont médiatisés et sont reconnus par les spécialistes du paranormal. Toujours à cette époque, le couple donne beaucoup de conférences et se déplace souvent à l’étranger, surtout en Angleterre, tout en dirigeant leur institut consacré au paranormal (le NESPR) et a déjà publié de nombreux livres issus de leurs expériences et de leurs affaires. Bref, revenons à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire à la famille Foster.

Cela fait quelques jours que Lorraine, qui est médium, sent une tension qui lui est ho combien familière, cette tension qui arrive avant chaque affaire sérieuse et qui la prévient d’un danger. Lorraine est nerveuse, elle sait qu’ils vont à nouveau devoir combattre le Mal. Mais quand ? Où ? Comment ? Voilà autant de questions auxquelles elle n’a pas de réponses pour le moment.

Après le dîner (Lorraine n’a pas touché son assiette, tant elle est préoccupée), le couple écoute les appels téléphoniques laissés sur leur répondeur. Il y a quatre messages, trois habituels et le dernier très bizarre : un ami de Los Angeles demandant des nouvelles, leur fille Judy en vacances en Virginie qui leur fait un petit coucou, un jeune homme qui demande un rendez-vous avec Ed (ce genre de message était fréquent), et le message d’une femme, qui semble affolée, noyé dans une série de cliquetis bizarres, de bruits divers et incompréhensibles. À cet instant, Lorraine sait que quelque chose de terrible se passe chez cette dame.

Voici ce que le couple entend sur leur répondeur : « J’espère que vous pouvez m’entendre. Mon nom est Foster, madame Sandy Foster. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé ici, mais mes enfants ont été touchés et poursuivis par quelque chose… Et il y a quelqu’un ou quelque chose dans la maison, à l’étage, dans l’une des chambres des enfants. S’il vous plaît, appelez-moi dès que vous le pourrez. »

Ed regarde sa femme. Il s’interroge. Lorraine s’empare du téléphone et rappelle immédiatement Sandy Foster, même s’il est déjà tard. Elle sent qu’il y a urgence.

Le téléphone sonne un moment. Personne ne répond. Lorraine insiste et recompose le numéro. Brusquement, la connexion s’interrompt. La médium rappelle. Des frissons parcourent tout son corps. La tonalité lui indique que le téléphone de son interlocutrice est occupé. Elle rappelle, sans succès.

Lorraine décide alors de joindre le centre des communications. Là, un employé effectue quelques vérifications sur la ligne des Foster avant de déclarer que tout fonctionne normalement et que l’appel devrait aboutir.

Ed prend le téléphone et compose à nouveau le numéro de téléphone de Sandy Foster. Sans succès. Il réessaye. Rien n’y fait. La ligne sonne toujours occupée. Il décide d’arrêter de s’acharner, car il sait que ce genre de phénomène est particulièrement fréquent lors de manifestations démoniaques.

Le couple se met au lit, mais Lorraine a du mal à trouver le sommeil. Elle ressent une présence maléfique à côté d’elle.

Le lendemain matin, comme d’habitude, Ed et Lorraine se rendent à l’église pour la messe. En chemin, une odeur inexplicable d’excréments envahit leur voiture et disparaît subitement, comme elle était apparue, lorsqu’ils sont proches de l’église. Le même phénomène se reproduit pendant le retour à leur domicile. Mais, ils ne font pas de suite le rapprochement avec l’appel étrange d’hier soir. L’odeur disparaît lorsqu’Ed asperge la voiture d’eau bénite.

Dès qu’elle rentre chez elle, Lorraine s’empresse de téléphoner à madame Foster. Cette dernière répond à la deuxième sonnerie. Lorraine se présente et lui raconte les difficultés qu’elle a rencontrées pour la joindre. Sandy Foster est surprise, car hier soir, le téléphone marchait bien et surtout, elle ne l’a pas entendu sonner à l’heure dite par Lorraine. Pourtant, elle était près du téléphone, elle ne dormait pas et la maison était calme.

Cette histoire de téléphone semble bouleverser encore un peu plus Sandy Foster et un rendez-vous est rapidement pris pour l’après-midi.

 

Un livre d’invocation pour Noël

Comme convenu, les Warren arrivent chez les Foster à 14 heures, ce dimanche 14 mai 1978.

La maison des Foster est une maison typique du quartier de Cape Cod (côte est des États-Unis, dans le Massachusetts). Cela fait plus de treize ans que la famille Foster habite cette belle maison au milieu d’un grand terrain boisé.

Lorsque le couple arrive, tous les membres de la famille sont présents. Il y a Al Foster, le père, un homme de 35 ans, qui travaille pour la compagnie téléphonique de l’État. Il y a Sandy, qui a appelé à l’aide les Warren la veille, qui a le même âge que son mari, mais qui semble plus vieille tellement elle est bouleversée. Ses yeux sont cernés et gonflés, ses traits sont tirés et elle tremble. Elle semble en tension permanente. Puis, il y a les trois enfants, Meg 15 ans, Joel 14 ans et Erin 11 ans. Les enfants semblent aussi très bouleversés.

Ed Warren commence par disposer son matériel d’enregistrement sur la table à manger des Foster pendant que Lorraine fait le tour de la maison. Elle commence par le sous-sol puis remonte à l’étage en s’arrêtant à chaque pièce.

Dans la cuisine, Ed commence son interview avec les parents. Ces derniers affirment n’avoir jamais assisté à un phénomène paranormal, ils n’ont jamais observé quelque chose de surnaturel. Ce sont les enfants qui racontent qu’il se passe quelque chose dans la maison, ils disent être terrifiés par une présence dans la maison.

Mais, Sandy Foster se sent responsable de ce qui se passe aujourd’hui. En effet, sa fille aînée, Meg, a toujours été attirée par la sorcellerie, par les sciences occultes. Elle le savait, mais l’a laissée faire, n’y croyant pas à toutes ces choses. Meg a même une bibliothèque bien fournie en livres sur les sciences occultes. Et pour lui faire plaisir, à Noël, Sandy lui a offert un ouvrage traitant de l’invocation des démons. Cela faisait longtemps que l’adolescente réclamait un tel ouvrage et Sandy a pensé que c’était le cadeau idéal.

Et c’est peu après Noël que les choses étranges ont commencé.

Ed appelle Meg. La jeune fille lui montre le livre en question et avoue avoir fait quelques rituels pour appeler les démons. Pour elle, c’était un jeu, certes stupide, mais innocent. Elle ne pensait pas faire mal. Le livre en question explique comment invoquer 75 démons et met en garde le prix à payer au cas où un des démons réponde à l’appel.

Meg ne se rappelle pas quels démons elle a invoqués, elle ne se souvient pas quels rituels elle a effectués. Elle se souvient juste qu’elle a fait les rituels les plus simples, ceux dont elle avait les ingrédients chez elle. Et, comme rien ne semblait se produire, elle a arrêté, a posé le livre dans sa bibliothèque et l’a oublié. Meg explique qu’elle a dû faire quatre ou cinq rituels. Pour les autres, il fallait des ingrédients spéciaux impossibles à se procurer pour une jeune fille.

Ed lui explique qu’il est très dangereux de s’amuser avec les sciences occultes. Il est énervé qu’on puisse écrire, commercialiser et vendre librement un ouvrage aussi dangereux. Il explique à la jeune fille que lorsque l’on fait une invocation à un démon, la réponse peut mettre des jours, des semaines, des mois voire des années à arriver. Il demande aux enfants de décrire précisément les problèmes rencontrés.

Voilà ce que Meg dira : «  La première fois, c’était jeudi dernier. Papa et maman étaient allés chez leurs amis. Nous étions restés à la maison, car nous avions école le lendemain. Erin et Joel étaient déjà au lit. Je venais de prendre une douche. Je suis descendue pour m’assurer que les portes étaient bien verrouillées, puis j’ai éteint la radio et les lumières d’en bas avant de remonter. Quand je suis arrivée dans ma chambre, j’ai entendu de l’eau couler dans la salle de bains. Au début, je n’y ai pas prêté attention, mais quelques minutes plus tard, je suis allée dans le couloir et là j’ai vu que tous les robinets étaient ouverts. Je les ai fermés, puis j’ai de nouveau entendu la radio d’en bas. Les lumières aussi étaient allumées. ! J’ai crié : “Qui est là ?”, mais personne ne m’a répondu. Avant de descendre, j’ai regardé dans la chambre d’Erin, elle dormait dans son lit. J’ai également regardé dans la chambre de Joel, mais il ne dormait pas encore. Je lui ai demandé s’il avait allumé la radio en bas et il m’a répondu qu’il ne l’avait pas fait. Donc, je suis descendue pour éteindre les lumières et la radio une deuxième fois. Quand je suis revenue à l’étage, l’eau dans la salle de bains coulait à nouveau, la radio était vraiment forte et toutes les lumières du rez-de-chaussée étaient à nouveau allumées. »

(Ce témoignage a été enregistré et se trouve dans les archives des Warren. D’ailleurs, toutes les paroles des enfants et des parents se trouvent enregistrées sur cassettes audio et conservées chez les Warren.)

Puis, Meg s’est réfugiée dans la chambre de son frère et lui a dit qu’il y avait quelqu’un dans la maison. Elle était effrayée. La radio était mise à fond et quelqu’un changeait les stations. L’adolescente a essayé de ne pas paniquer et s’est convaincue que c’était quelqu’un qui voulait lui jouer une mauvaise blague ou que ses parents étaient revenus.

Prenant son courage à deux mains, elle est redescendue au rez-de-chaussée. Là, elle a été témoin d’une chose effrayante et inexplicable : le bouton de la station de la radio bougeait seul, dans un sens, puis dans l’autre. Elle s’est approchée et a éteint la radio, puis les lumières et s’est dirigée vers l’escalier qui la menait au premier étage. Dans l’escalier, à mi-chemin, elle a senti une main glaciale sur l’épaule. Ça a été très furtif. Terrorisée, Meg a couru dans sa chambre, a fermé la porte, a éteint la lumière et a voulu se réfugier dans son lit, sous ses draps et sa couverture, comme pour se protéger et ne plus rien voir.

Mais, avant d’arriver dans son lit, la porte de sa chambre claque violemment derrière elle, et elle entend des bruits de pas s’éloigner, comme si quelqu’un marche dans le couloir et descend les escaliers pour se rendre au rez-de-chaussée. Tout un coup, il y a eu dans la maison un grand vacarme. Quelqu’un a poussé les meubles violemment contre les murs. Cela faisait un bruit énorme.

Meg n’ose bouger. Elle est seule dans sa chambre qui est plongée dans le noir. Elle garde les yeux fermés et elle entend tout ce bruit. Puis, tout redevient silencieux. La jeune fille ouvre les yeux. Elle voit une lumière argentée sortir du mur et se planter au milieu de la pièce. Et subitement, elle sent qu’une main l’agrippe et lui tire trois fois les cheveux, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’elle pleure. Alors, tout s’arrête. En proie à la panique, Meg sort de sa chambre en criant et va se réfugier dans la chambre de son frère.

Joel a aussi tout entendu, il a entendu la radio changer de station, les meubles bouger… Erin dormait, mais a été réveillée par tout ce vacarme et lorsqu’elle a entendu sa grande sœur hurler, elle a couru dans la chambre de son frère.

Les enfants sont tous les trois réunis dans la même chambre. Soudain, le vacarme des meubles que l’on pousse s’intensifie, la radio se met à nouveau à hurler, toute la maison se met à trembler. Terrifiée, Meg veut appeler la police, mais Joel s’y oppose, car il sait qu’il n’y a personne dans la maison, que ce qui s’y trouve n’est pas humain. Finalement, Meg appelle ses parents et lorsqu’ils rentrent à la maison, tout redevient calme.

Les enfants racontent à leur mère ce qu’il s’est passé. En entendant leur histoire, Sandy et Al se mettent en colère. Ils pensent que leurs enfants ont tout inventé pour les faire rentrer plus tôt, car ils n’ont jamais rien remarqué d’anormal dans la maison, sauf peut-être cet oiseau qui toutes les nuits, depuis trois semaines, les réveillent chaque nuit en paillant.

 

Les choses empirent

 

Ed est toujours en train d’auditionner les enfants, lorsque Lorraine arrive. Elle a fini son tour d’inspection. Elle fait un signe de tête discret à son mari pour lui signifier qu’il y a bien quelque chose de maléfique dans la maison. Puis, elle prend un siège et s’assoit à côté de son mari.

À ce moment, Joel prend la parole et commence à raconter sa seconde expérience paranormale. Il est seul à la maison avec Meg. C’est le soir, il est sous la douche et Meg dans sa chambre. Lorsqu’il sort de la salle de bains, il entend la radio se mettre en route et à nouveau les stations qui changent seules. De suite, Joel se met à crier et donne l’ordre à l’entité d’arrêter de changer de station.

Puis, il descend les escaliers et n’est pas surpris de trouver personne en bas. La radio braille à tue-tête. Il voit le chien grogner contre quelque chose d’invisible dans le salon. Or, le chien de la famille Foster est sourd, il ne peut pas entendre le son de la radio même poussé à son maximum.

Terrifié, Joel se souvient de la fois précédente et se réfugie dans sa chambre. Là, en boucle, il se répète dans sa tête que tout cela n’existe pas, que les fantômes, ça n’existe pas. Soudain, il entend des bruits de pas en bas, très fort, qui font vibrer toute la maison. Et les bruits de meubles que l’on pousse contre le mur.

Joel est tellement terrifié qu’il n’arrive plus à parler, alors c’est Meg qui finit son récit.

Meg reprend la parole. Elle dit avoir couru dans la chambre de son frère et s’être mise à crier, mais que ce dernier lui avait ordonné de se taire. Le vacarme en bas était assourdissant. Puis, une ombre violacée est apparue dans la chambre, comme un nuage sombre, qui l’a attrapée. Meg dit s’être débattue pour se libérer, puis elle avait couru rejoindre son frère.

Les enfants pensent à appeler la police, leurs parents ou n’importe qui, mais ils n’osent sortir de la pièce. Ils sentent le mal rôder autour d’eux, il était partout, l’atmosphère était oppressante. Ils savent qu’ils doivent sortir de la maison, fuir, courir dans la rue. C’est leur instinct de survie qui les pousse à vouloir s’enfuir. Meg propose de sauter par la fenêtre, mais Joel ne veut pas.

L’adolescente veut agir et vite. Elle est en panique. Elle prend quelques vêtements dans l’armoire de son frère, agrippe Joel et le fait dévaler les escaliers le plus vite possible. L’important est de sortir de la maison. En bas, les bruits de pas sont de plus en plus forts. Ils résonnent partout au point de faire trembler toute la maison.

Les deux enfants se précipitent au niveau de la porte d’entrée, sans se retourner, en essayant d’ignorer le vacarme derrière eux et sortent de chez eux. Là, ils se mettent à courir comme des dératés dans les rues noires. 

Ils n’oublieront jamais cette nuit : dehors, les chiens, les voyant courir, les suivent, mais dès qu’ils arrivent à leur hauteur, ils grognent, font demi-tour en pleurant et gémissant. Dans le bois à côté d’eux, les oiseaux piaillent, font un vacarme phénoménal, crissent. Derrière eux, quelque chose semble les suivre. Ce qui se trouvait dans la maison les suit.  

Les deux adolescents veulent se diriger vers le lampadaire le plus proche, pensant se réfugier dans la lumière. Mais, ils n’arrivent pas à l’atteindre, comme si le lampadaire s’éloigne ou qu’eux même courent sur place. Ils sentent comme un champ de force, quelque chose qui les ralentit.

La chose qui les suit les rattrape, elle est lourde, grande, et les entraîne vers le bas de la route. La chose tente de les étouffer. Les enfants se débattent et arrivent près du lampadaire. La lumière fait fuir cette chose qui tente de les tuer. 

Subitement, les oiseaux se taisent, tout redevient calme. L’entité semble partie. Soudain, la lumière du lampadaire faiblit. Meg sent que la chose n’est pas loin. Alors, les deux enfants décident de se remettre à courir jusqu’au campus, sans s’arrêter. Ils s’élancent d’un bond et là, les oiseaux se remettent à piailler avec force, à crisser… Le crissement devient de plus en plus fort, plus fort qu’avant même.

Meg et Joel courent, courent encore et encore, sans s’arrêter et finalement, ils arrivent à une intersection, un grand boulevard où passent souvent des voitures. Là, à nouveau tout s’arrête. Il y a de la lumière à cet endroit et la chose n’aime pas la lumière. Les enfants se sentent en sécurité.

Ils marchent jusqu’à un magasin encore ouvert malgré l’heure tardive. Joel demande de la monnaie d’un dollar et ils reprennent la route jusqu’au campus afin de trouver une cabine téléphonique.

La pauvre Meg, dans la panique, avait enfilé une paire de chaussures appartenant à son frère. Ses pieds sont couverts d’ampoules, de cloques. Elle s’assoit par terre pendant que Joel appelle ses parents. Un policier en patrouille, intrigué par ces deux enfants seuls dans la rue par une heure aussi tardive, arrive au même moment et prend le téléphone. Il discute un moment avec Sandy, puis ramène les enfants chez eux. Là, Sandy et Al les attendent. Encore une fois, ils ne croient pas un mot à toute cette histoire et punissent même leurs enfants pour cette blague.

 

L’explication des Warren

Lorraine prend à part Ed et lui explique qu’elle a senti une superposition de vibrations négatives en allant en bas. Mais, il semble y avoir quelque chose aussi à l’étage et dans l’une des chambres des enfants, une chose très forte qui l’a empêché d’entrer dans la chambre de Meg.

Alors qu’elle était dans la chambre de Joel, elle s’est sentie confuse, comme si quelqu’un l’avait gazée.

Meg, qui a entendu toute la discussion interrompt le couple en disant qu’elle aussi avait ressenti ce genre de phénomène.

Puis, Lorraine explique que lorsqu’elle a voulu entrer dans la chambre de Meg, elle a senti une pression sur sa tête et ses épaules, comme si quelque chose la forçait à reculer et à ne pas entrer dans la chambre. La médium a alors fait demi-tour. Elle est persuadée qu’il y a une présence inhumaine dans la chambre de Meg, que c’est son antre.

Ed demande à Meg si elle a déjà fait des invocations à l’aide de bougies noires. Meg répond par l’affirmative.

Ed retourne dans la cuisine, auprès des Foster et leur demande de quitter les lieux quelques heures, d’aller se balader, sans penser à toute cette affaire. Il leur promet de faire le nécessaire pour les aider.

La famille, soulagée par ces paroles rassurantes, part s’aérer, comme le leur a conseillé le démonologue, laissant Ed et Lorraine seuls dans la maison. Ces derniers sont persuadés que les enfants n’ont pas inventé toute cette histoire, qui cadre d’ailleurs avec une activité démoniaque. Maintenant, il leur faut discerner la véritable nature de l’esprit en présence afin de pouvoir le combattre.

Pour Ed, Meg a appelé une entité en faisant des invocations décrites dans le livre qu’elle avait reçu pour Noël. Une entité est alors apparue et s’est attachée à elle, mais aussi à son frère. Ed veut déterminer si cette entité est humaine (un fantôme) ou inhumaine (un démon). Lorraine sait qu’il s’agit d’un démon.

 

Ed Warren entre en action

 

 

Pour déterminer la nature de l’entité, Ed la provoque avec des incantations religieuses, des prières et l’aspersion d’eau bénite. Cette méthode est dangereuse, c’est pourquoi il a demandé à la famille de s’éloigner, mais est très révélatrice.

Ed provoque alors l’entité, la somme d’apparaître au nom de Jésus-Christ. Avec Lorraine qui l’accompagne et armé d’un crucifix, il asperge d’eau bénite les murs en commandant à l’esprit qui est dans la maison qui la quitter au nom de Jésus-Christ.

Au sous-sol, le couple n’obtient aucune réponse. Au rez-de-chaussée, Ed répète la même procédure dans chaque pièce, sans résultats. Ed est persuadé que ce processus doit obliger l’esprit à se montrer ou à partir. En même temps, bénir toutes les pièces de la demeure permet de ne laisser aucun refuge à l’entité pour se cacher. 

Ed décide de s’attaquer au premier étage, et notamment à la chambre de Meg, qui d’après Lorraine, serait l’antre de l’esprit qui hante la maison. Mais, lorsqu’il atteint l’escalier, une force phénoménale, une puissance impénétrable l’empêche d’avancer. Lorraine est saisie d’effroi. Elle expliquera plus tard que c’était comme si elle se débattait contre un fort courant dans une rivière qui l’empêchait d’avancer. C’était vraiment effrayant.

Plus Ed et Lorraine tentent de résister, plus la force qui les empêche d’avancer devient forte, au point de les faire reculer jusqu’en bas de l’escalier. Là, comme pour leur signifier que l’entité a gagné, un rire diabolique retentit. Agacé et ne voulant pas céder, Ed jette de l’eau bénite sur les marches des escaliers, ce qui fait diminuer la pression et permet au couple d’atteindre le premier étage qui est formé d’un long couloir desservant plusieurs chambres.

Ed rentre dans la première chambre. C’est celle d’Erin. Il l’asperge d’eau bénite et récite une prière d’exorcisme. Rien ne semble venir se mettre contre lui. Par contre, la porte qui se trouve à côté de cette pièce claque avec fracas, faisant sursauter Lorraine. C’est la porte de la chambre de Joel.

Ed fait tourner la poignée et pousse la porte. Elle s’ouvre sans poser de résistance. Là, il asperge la pièce d’eau bénite et répète le rituel d’exorcisme.

Puis, Ed arrive devant la porte de la chambre de Meg qui est aussi fermée (elle a claqué mystérieusement en même temps que celle de la chambre de Joel). Lorraine sait que l’entité est dans cette pièce, qu’elle les attend. Ed tourne la poignée de la porte qui s’ouvre brusquement en grand. Les deux enquêteurs du paranormal reculent instinctivement. Il y a quelque chose dans cette chambre, c’est invisible, mais perceptible. Il émane de cette pièce un terrible sentiment de désolation. C’est une émotion déchirante, écœurante, projetée par une entité condamnée à périr.

Ed connaît trop bien cette ruse du démon qui consiste à faire croire qu’il est sur le point d’être repoussé. Il se tient en alerte. Il rentre dans la pièce, toujours muni de son crucifix. La chambre est glaciale, alors que la fenêtre est fermée et que le chauffage est allumé. Il jette de l’eau bénite aux quatre coins de la chambre en ordonnant à l’entité de se montrer au nom de Dieu, de se montrer ou de partir.

Personne ne lui répond, rien ne se passe. Ed décide de provoquer l’entité en le menaçant de réaliser un véritable exorcisme s’il ne quitte pas les lieux ou s’il ne se montre pas. Immédiatement, le sentiment morbide de désolation commence à s’éloigner du démonologue et la température de la chambre revient progressivement à la normale. L’entité s’est retirée.

En regardant autour de lui, Ed Warren comprend pourquoi cet esprit s’est établi dans la chambre de Meg. En effet, la pièce est remplie de bougies noires, d’objets occultes, de livres de magie… Ed descend chercher un grand sac poubelle et jette toutes ces choses. Puis, il scelle la pièce, il la purifie en lisant une prière de sanctification.

Ed et Lorraine ont réussi à chasser l’entité démoniaque qui avait pris possession des lieux.

Plus tard, lorsque les Foster reviennent de leur promenade, Ed explique à Meg qu’il ne faut plus jamais faire de rituels, de magie, qu’il s’est débarrassé des livres, des bougies… Aux parents, il leur conseille d’appeler un prêtre afin de bénir la demeure. L’entité est partie, mais elle peut revenir. Elle est arrivée parce que Meg l’a appelée à l’aide de rituels. Il demande aux parents de surveiller leur fille afin qu’elle ne fasse plus ce genre de chose.

Avant de partir, Ed se retourne et dit aux parents que l’entité est toujours dans la maison, elle est en sommeil et qu’il ne faut pas tarder pour appeler un prêtre. Lui seul a le pouvoir de la chasser définitivement. Et comme pour corroborer ses dires, au même moment, les lunettes de Lorraine bondissent brusquement de sa main, font une boucle en l’air et s’écrasent sur le sol.

Les Foster sont sidérés. Ils ne comprennent pas trop ce qui vient de se passer chez eux. Eux qui croyaient que le surnaturel était un jeu, comprennent que le surnaturel est dangereux et que c’était eux le jeu.

Finalement, le même jour, un prêtre vient bénir la maison. Plus rien de surnaturel ne s’est produit depuis chez les Foster. Quant à Meg, elle n’a plus jamais osé toucher à l’ésotérisme…

 

Cette histoire est relatée dans le livre d’Ed Warren : « The Demonologist : The Extraordinary Career of Ed et Lorraine Warren ». Dans cet ouvrage, vous trouverez des détails concernant cette affaire qui se termine bien. D’ailleurs, cette affaire comporte une morale à méditer : « Que l’on croit ou pas au surnaturel, il n’est jamais bon de jouer avec les esprits, de les invoquer ou de pratiquer de la magie. »

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




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Dossier Warren, affaire Snedeker

Cela n’est un secret pour personne : de nombreux films d’horreur sont inspirés d’histoires vraies, comme « L’Exorciste », « Délivre-nous du Mal », « Conjuring »… D’ailleurs, en parlant de Conjuring, qui est un film inspiré de la célèbre affaire Perron issue des dossiers Warren, l’histoire de ce billet est aussi issue d’une enquête des Warren et a aussi inspiré un film, « Le Dernier Rite ». Cette affaire nous fait voyager au cœur d’une ancienne morgue hantée par plusieurs présences maléfiques.

 

Le film Le Dernier Rite




L’affiche du film « Le Dernier Rite ».

 

Le Dernier Rite (The Haunting in Connecticut en anglais) est un film d’horreur américain réalisé par Peter Cornwell en 2009. Lors de sa sortie en salle, le film a été interdit aux moins de 12 ans dans sa version censurée de 92 minutes. Plus tard, une version non censurée sera proposée sur le grand écran, version toujours interdite en salle aux moins de 12 ans.

Pour la promotion du film, on a pu voir sur les affiches « tiré d’une histoire vraie », alors qu’il aurait été plus correct de dire « inspiré d’une histoire vraie ». En effet, le film s’inspire de la véritable histoire de la famille Snedeker, histoire qui fait partie des dossiers Warren nos célèbres enquêteurs du paranormal et chasseurs de démons.

Le film a bien sûr le même synopsis que l’affaire qui nous concerne :

« Pour se rapprocher de la clinique où leur fils malade d’un cancer est hospitalisé, les Campbell décident d’emménager dans le Connecticut. Ils ne savent pas que la charmante maison victorienne dans laquelle ils vont loger est un ancien dépôt mortuaire. Jonah, le fils du propriétaire, va bientôt les mettre en contact avec des morts maléfiques… »

Mais, pour Lorraine Warren, qui participa avec son mari à l’enquête de la maison des Snedeker, le film n’est que très légèrement inspiré des faits qui ont eu lieu chez les Snedeker. Par exemple, dans le film, il est fait mention de griffures sur le mur. Dans la réalité, il n’y a jamais eu aucune trace de griffures sur les murs.

Il est certain que le scénariste a voulu enjoliver l’histoire, pour la rendre encore plus effrayante. Était-ce vraiment utile lorsqu’on connaît la véritable histoire de cette famille persécutée par des entités maléfiques ?

 

La famille Snedeker

 

La famille Snedeker avec les Warren

 

L’histoire de cette famille débute en juin 1987.

Carmen et Allen Snedeker habitent New York avec leurs quatre enfants, trois garçons, Philip âgé de 13 ans, Bradley âgé de 11 ans, le petit dernier A.J âgé de 3 ans et une fille de 6 ans. À noter que les deux plus grands sont les enfants de Carmen issus d’un précédent mariage.

Philip est le garçon le plus âgé. Il est atteint d’un lymphome, une forme très sérieuse de cancer. À l’époque où se déroule l’histoire, il n’existe aucun centre de traitement pour les enfants atteints de lymphome près de New York. Le premier centre de ce genre se situe à 480 kilomètres, dans le Connecticut, et les parents, avec leur enfant malade, doivent régulièrement parcourir cette distance pour les soins de Philip, qui a de plus en plus de mal à supporter ces voyages.

Depuis peu, les médecins ont mis en place un nouveau traitement pour Philip, traitement qui est encore plus difficile à supporter que le précédent. La radiothérapie est si intense que le pauvre enfant a la peau noircie et brûlée. Le trajet en voiture devient de plus en plus pénible pour lui, fatigant et ce désagrément vient s’ajouter à tous les autres, aux nausées, aux maux de tête, aux douleurs…

Carmen s’inquiète beaucoup pour son enfant, elle a peur que toute cette fatigue finisse par avoir raison de lui. Aussi, elle décide de chercher une maison près du centre de thérapie dans le Connecticut. Les annonces ne sont pas légion et il n’y a qu’une seule maison qui peut convenir à toute la famille. Sans même la visiter, elle accepte de louer cette demeure.

 

L’emménagement et le début des ennuis

 

L’ancien salon funéraire

 

Le 19 juin 1987, Carmen, Allen et leurs quatre enfants quittent New York et s’installent dans une vieille maison du Connecticut, une demeure poussiéreuse surnommée la Hallahan House, au 208 Meriden Avenue, dans la ville de Southington.

Dès leur arrivée devant la maison, Carmen angoisse, elle a l’impression que quelque chose ne va pas avec la maison. Lorsqu’elle entre dans le hall, elle remarque quelque chose d’étonnant : devant chaque cadre de porte est cloué un crucifix.

Allen regarde les papiers de la location et s’aperçoit que la maison qu’il vient de louer est un ancien salon funéraire, ce qui explique les crucifix.

Au sous-sol se trouve une ancienne salle d’embaumement avec une table en métal, des lavabos, du matériel, des poignées de cercueils, des étiquettes, des photos jaunies et un ascenseur à cercueil. Carmen est bouleversée. Elle ne veut pas vivre dans une maison qui a accueilli la mort, elle qui se bat pour la vie de son fils. Elle ne veut pas confronter la maladie de Philip avec cet endroit de mort. Allen lui répond qu’ils n’ont pas le choix, ils ont loué cette maison avec leurs économies et n’ont plus d’argent. Le couple décide de ne pas révéler aux enfants que cet endroit était un ancien salon funéraire.

Les enfants sont enchantés de leur nouvelle maison, elle est grande, spacieuse. Sitôt les cartons posés, Allen doit retourner à New York pour son travail et laisse à sa famille le soin de défaire les cartons.

Carmen choisit d’installer Philip au sous-sol, car une des pièces du bas possède une salle de bains attenante, ce qui sera plus facile pour l’enfant lorsqu’il sera pris de nausées. Et pour lui tenir compagnie et veiller sur lui la nuit, elle installe Bradley, son jeune frère, avec lui. Les deux enfants vont donc dormir dans la salle d’exposition juste à côté de la chambre d’embaumement que Carmen a pris soin de bloquer la porte.

Le premier soir que la famille Snedeker passe dans la maison, Phillip descend se coucher tôt, car il est épuisé par le voyage. Carmen téléphone à son mari qui est arrivé à New York, parle un petit moment avec lui et, alors qu’elle est sur le point de raccrocher le combiné, une silhouette apparaît qui la fait sursauter. C’est Philip qui est remonté. Il dit qu’il a entendu quelqu’un l’appeler et qu’il ne peut dormir. Carmen le rassure, mais l’enfant est persuadé qu’ils doivent quitter la maison, qu’il y a quelque chose de maléfique dans la maison. Carmen ne veut rien entendre et le renvoie au lit.

Philip descend au sous-sol, mais au lieu de regagner son lit, il farfouille dans tous les recoins. Il découvre rapidement que l’endroit qui lui sert de chambre est un ancien salon funéraire où étaient entreposés les cercueils. Il explique sa découverte à son jeune frère Bradley. Ce dernier n’en croit pas un mot. Pour prouver ses dires, Philip pousse une bibliothèque que sa mère avait placée devant une porte et entre dans l’ancienne salle d’embaumement.

Une fois dans la pièce avec son frère, il désigne la table en métal et lui demande s’il veut l’essayer. Bradley commence à avoir peur, il ne veut pas grimper sur cette table, mais son grand-frère le défie et pour lui prouver qu’il n’est pas un trouillard, il s’allonge sur la table. Philip commence à le faire tourner. Bradley lui crie d’arrêter, il a peur, il veut sortir de là. Philip s’arrête et le regarde en souriant.

Le lendemain, Philip fait une nouvelle trouvaille qu’il s’empresse de partager avec son petit-frère. Dans la salle d’embaumement, il avait remarqué une grille en fer forgé amovible qui dissimule un sombre couloir. Il veut en savoir plus sur ce couloir. Il défait la grille et entre dans le couloir muni d’une lampe torche, suivi de Bradley qui n’est pas très rassuré.

Soudain, Bradley remarque une tache foncée sur le sol. Il la touche avec son doigt. C’est épais et visqueux. Il le fait remarquer à son grand-frère, qui fait pivoter la lampe torche vers le mur. Un liquide rouge sang en dégouline.

Terrifiés, les deux jeunes garçons se mettent à crier et sortent du couloir. Ils tombent nez à nez avec Carmen qui est descendue en trombe avec A.J lorsqu’elle a entendu les cris. Elle les voit sortir du couloir. Elle est en colère. Les deux jeunes lui expliquent qu’il y a du sang qui coule du mur. Carmen ne veut rien entendre et les punit, car elle leur avait interdit d’entrer dans cette pièce.

Quelques jours plus tard, Carmen, faisant une inspection dans la salle d’embaumement pour se rendre compte si ses fils y avaient encore joué, remarque que le crucifix accroché au-dessus de la porte a disparu. Elle pense que ce sont les garçons qui lui ont joué un tour. Elle décide de ne pas en parler, car elle s’inquiète pour Philip et veut le ménager. Depuis le changement de traitement, le jeune garçon n’est pas bien et depuis le déménagement, il est stressé. Elle pense que Philip traverse une période difficile et que c’est pour cela qu’il dit entendre des voix toutes les nuits. Cela doit être encore un effet secondaire de la radiothérapie ou le stress dû au déménagement.

 

Les choses empirent

 

Cela fait six mois que les Snedeker ont emménagé dans leur nouvelle maison ou plutôt dans un ancien salon funéraire.

Un soir, Philip voit clairement quatre hommes assis dans un coin de sa chambre qui lui parlent. Il est terrifié. Doucement, il réveille son frère, qui les voit aussi. Les hommes se mettent à se mouvoir et lorsqu’ils se rapprochent du lit, le petit robot électronique de Bradley se met en route. Le petit est terrifié. Il a conscience que son frère l’agrippe et le force à déguerpir de la chambre. Les deux garçons partent en courant, montent les escaliers à toute vitesse et se précipitent dans la cuisine où se trouve Carmen. Ils sont tellement terrifiés qu’ils ont du mal à s’exprimer. Carmen comprend vaguement qu’il y a quatre hommes encapuchonnés au sous-sol.

Carmen n’y croit pas un mot et se met en colère. Elle va au sous-sol, fouille la chambre des garçons, la salle d’embaumement, les autres pièces, sans trouver aucun visiteur nocturne. Cependant, elle est inquiète. Son mari est à New York et des cambrioleurs auraient pu s’introduire dans la maison.

Elle remonte à la cuisine pour téléphoner à la police et lorsqu’elle lève les yeux, elle aperçoit que le crucifix placé au-dessus de la porte a lui aussi disparu. Sur l’instant, elle n’y prend pas garde et téléphone à la police, qui vient inspecter les lieux sans rien y trouver de suspect.

Peu à peu, tous les crucifix placés devant chaque porte que compte la grande demeure se volatilisent. Carmen pense que les enfants veulent lui jouer un sale tour. Pour en avoir le cœur net, elle réunit tous ses enfants dans la salle à manger et leur annonce qu’elle veut faire un conseil de famille. Elle leur explique, alors, que la maison est un ancien salon funéraire, mais qu’il n’y a aucun fantôme. Puis, elle réprimande Philip et lui demande de se comporter comme un grand-frère responsable et d’arrêter de faire peur aux plus jeunes. Elle ne veut plus jamais entendre parler de fantômes dans cette maison.

Philip ne dit rien, il se lève lorsque sa mère finit son discours et descend dans sa chambre. Carmen est prise de remords. Elle sait que son fils souffre déjà beaucoup de sa maladie. Il lui est difficile d’être sévère avec lui en sachant cela.

Six autres mois passent, cela fait maintenant un an que les Snedeker habitent dans l’ancien salon funéraire de Southington. Un jour, Bradley revient de l’école et découvre que son grand-frère a installé son lit dans la salle d’embaumement. Il en parle de suite à sa mère, qui va aussitôt voir Philip au sous-sol. Ce dernier est occupé à accrocher des posters au mur. Elle lui demande pourquoi il a déménagé dans sa pièce alors qu’il en a si peur. Philip hausse les épaules. Carmen laisse tomber l’affaire et préfère le laisser faire.

Pour elle, Philip est perturbé. Il entre dans l’adolescence, il n’a aucun ami, il ne peut aller à l’école, il a un cancer, il entend des voix… tous ces éléments lui font penser que son fils a besoin de parler à un psychologue. Depuis leur installation dans la maison, Philip semble se replier sur lui-même, il est devenu taciturne, renfermé, soupe au lait et ne sourit plus que très rarement. Il ne joue plus avec son frère. Carmen ne sait plus comment communiquer avec lui.

Philip a pris l’habitude d’écrire dans un carnet, il en a fait son journal intime. Et lorsqu’on lui demande ce qu’il écrit, il ferme le carnet et ne répond pas, préférant se murer dans le silence. Son frère Bradley ne comprend plus son attitude, il a peur de son frère, tellement qu’il ne dort plus avec lui et préfère l’éviter.

A gauche, Ed et Lorraine Warren, à droite, Kam la cousine de Philipp

Au début de l’été, Tym et Kam, des cousines, viennent passer quelques jours à la maison de Meriden Avenue. Tym est une petite fille, mais Kam est une adolescente de 17 ans, très proche de Philip. Or, lorsqu’elle arrive, ce dernier ne daigne pas l’accueillir, préférant rester seul dans sa chambre. Kam ne comprend pas l’attitude de son cousin et descend dans son antre pour lui parler. En la voyant, Philip se montre agressif et la jeune fille préfère battre en retraite.

Un jour, Carmen demande à Kam de l’aider à faire le ménage et d’aller ranger la chambre de Philip pendant qu’il est à l’hôpital, car ce dernier ne semble pas vouloir le faire. Kam obéit à sa tante et descend à la salle d’embaumement. Alors qu’elle fait le lit de son cousin, elle découvre un petit carnet noir sous le matelas. Elle l’ouvre et bien qu’elle se sente coupable de pénétrer dans l’intimité de Philip, elle le lit espérant ainsi comprendre pourquoi le jeune garçon est aussi renfermé. Mais plus elle tourne les pages du journal intime de son cousin, plus elle est terrifiée par ce qu’elle y découvre. Philip ne parle que de mort, il parle de son désir de tuer tous les membres de sa famille.

De suite, elle remonte à la cuisine et montre le carnet à Carmen qui le lit et le relit. Malgré toute l’horreur qu’elle y découvre, elle ne pense pas que Philip ait pu écrire cela. Le jeune garçon est dyslexique et a le plus grand mal à écrire une phrase correcte. Alors que là, des mots complexes s’enchaînent sans difficulté. Philip est incapable d’orthographier correctement la plupart des mots, alors que les écrits de ce carnet ne contiennent aucune faute. De plus, l’écriture diffère à certains passages, comme si deux personnes différentes avaient écrit dans ce carnet.  

Lorsque Philip rentre de l’hôpital, elle lui montre le carnet noir et lui demande qui a écrit dans ce carnet. Philip répond nonchalamment que c’est lui, mais qu’il a été aidé par un homme. Carmen en a marre de son attitude, elle se met en colère, lui confisque le carnet et l’envoie réfléchir dans sa chambre.

Un soir, alors que toute la famille est à table et que l’ambiance est joyeuse malgré la présence de Philip qui n’ouvre pas la bouche, ce dernier étire le bras pour prendre l’eau à l’autre bout de la table et sa mère aperçoit des égratignures sur son poignet qui dépassent de la manche de sa chemise. Elle lui prend le bras, soulève sa chemise et là, elle découvre que tout son bras est strié par d’étranges signes ésotériques gravés à même la peau par un objet tranchant. L’autre bras est dans le même état. Certaines marques sont fraîches, d’autres moins. Carmen est horrifiée et lorsqu’elle lui demande pourquoi il se mutile, Philip répond qu’il ne sait pas, que quelqu’un l’oblige à le faire. La maman ne sait plus quoi penser de l’attitude de son fils, mais elle sait qu’il a changé et qu’il a besoin d’aide.

Puis, Philip se met à suivre sa mère, sa cousine, ses frères et sœurs dans la maison, comme s’il est en transe, comme un somnambule. Et lorsqu’on le « réveille », il devient violent et agressif. Tous commencent à avoir peur de lui. Plus les jours passent, plus Philip devient incontrôlable.

Un jour, il s’attaque sans raison à Bradley. Il lui saute dessus et commence à le battre. Kam se précipite pour séparer les deux garçons. Philip s’arrête, la fixe un moment, puis court dans la chambre où dort Kam et se met à détruire toutes ses affaires. L’adolescente se précipite derrière lui et tente de l’arrêter. Mais, Philip semble animer d’une force surhumaine et pousse sa cousine à travers la pièce comme une vulgaire poupée de chiffon. Sonnée, Kam reste un moment au sol sans bouger. Elle regarde son cousin. Son visage s’est transformé en un masque de haine. Philip a un cancer, il est affaibli physiquement, jamais il n’aurait dû avoir la force de la soulever comme il l’a fait et de la projeter contre le mur.

Après cette altercation musclée, la situation a vite dégénéré à l’ancien salon funéraire. Kam est dérangée toutes les nuits par quelqu’un ou quelque chose qui tire sur ses draps, ses couvertures sont régulièrement jetées à terre et son chandail se soulève de lui-même. Parfois, l’adolescente a l’impression de sentir quelqu’un qui l’agrippe ou une présence invisible autour d’elle.

Elle en parle à Carmen, mais sa tante trouve une conclusion logique à tout cela : tout d’abord, Kam est une adolescente très influençable, qui est terrifiée par Philip et donc qui a l’imagination très fertile. En même temps, elle se dit que Philip a vraiment un comportement étrange et elle sent qu’elle est en danger, que sa famille est en danger dans cette maison. Elle ne sait pas comment l’expliquer, mais elle n’est pas tranquille. Son mari étant à New York, elle doit trouver une solution pour résoudre ce problème avant qu’il n’arrive une catastrophe.

 

Philip est enfermé dans un asile

 

Perdue, elle téléphone à un médecin et lui explique ses craintes, le comportement de son fils… bref tout ce qu’il se passe dans la maison. Elle-même n’a jamais assisté à un phénomène paranormal, mais Philip l’a souvent appelé en lui disant qu’il voyait des hommes. Catégorique, le médecin lui répond que Philip est schizophrène et qu’il doit être interné. Carmen s’effondre en sanglots. Philip est dyslexique, cancéreux et maintenant schizophrène. C’en est trop pour elle. Le médecin lui dit qu’il enverra des infirmiers de l’hôpital psychiatrique venir le chercher dans la soirée.

Lorsque Philip monte dans la soirée pour le dîner, Carmen ne lui dit rien. Elle lui a préparé son repas favori. Elle est au bord des larmes, mais se force à sourire. Toute la famille se met à table et commence à dîner, lorsque des infirmiers en blouse blanche déboulent dans la cuisine, sans même frapper à la porte. Tout le monde est surpris. Sans un mot, ils s’approchent de Philip, le saisissent et l’entraînent vers la porte. Alors, le jeune homme se tourne vers sa mère et la supplie de ne pas les laisser l’emporter. Carmen baisse la tête, laisse couler ses larmes et lui demande de lui pardonner. Elle n’a pas le choix. 

Soudain, Philip commence à se débattre, il est animé d’une rage telle qu’il envoie valdinguer un des infirmiers qui le tient. Un autre arrive et lui fait une piqûre qui le calme aussitôt. Dans l’ambulance, les infirmiers lui passent la camisole de force, mais Philip est inerte. Il regarde fixement le plafonnier, sans bouger. Carmen veut grimper dans l’ambulance et accompagner son fils à l’hôpital, mais les infirmiers refusent. Soudain, Philip se met à hurler, il crie que maintenant qu’il est parti, ils vont s’en prendre à eux.

Sans l’écouter, un infirmier ferme les portes et l’ambulance démarre. Carmen regarde le véhicule s’éloigner. La mère de famille est en pleurs, elle a le cœur déchiré. Elle est en colère contre elle-même, et surtout elle pense à ce que son fils a dit avant qu’on l’emporte. Elle est prise d’un grand doute. À cet instant, elle pense que son fils n’est pas malade mentalement, mais qu’il se passe bien quelque chose dans la maison.

Carmen veut en avoir le cœur net. Elle descend au sous-sol, va dans l’ancienne salle d’embaumement et se met à insulter une prétendue entité. Elle demande qu’on laisse tranquille son enfant, et qu’en échange, qu’on s’en prenne à elle. Puis, elle s’assoit sur les marches des escaliers et attend. Comme rien ne se passe, elle monte se coucher, épuisée d’avoir tant pleuré.

Dans la nuit, alors que Carmen a réussi enfin à trouver le sommeil, Kam vient la réveiller. L’adolescente est terrifiée et tremble de tout son corps. Elle explique qu’elle dormait tranquillement quand elle a senti quelque chose tirer sur ses couvertures. Pourtant, Philip n’est plus à la maison, donc ça ne peut pas être lui qui s’amuse encore à faire peur à tout le monde. Carmen n’y comprend plus rien, elle a un terrible pressentiment. En sortant de sa chambre, elle se rend compte que le crucifix posé au-dessus de la porte a lui aussi disparu. C’est le dernier. Tous les crucifix posés devant toutes les portes de la maison se sont volatilisés. Carmen est saisie par un sentiment d’effroi. Elle a fait enfermer Philip pour rien. Il avait raison, la maison est bien hantée.

Carmen accompagne sa nièce dans son lit, la borde et avant qu’elle ne se rendorme et surtout pour se donner du courage, elle entreprend de lire quelques passages de la Bible. Kam commence à somnoler, lorsque soudain, elle ouvre grand les yeux et se met à hurler qu’il approche, qu’il vient. Kam sent qu’on lui caresse le corps, elle hurle d’arrêter, elle est en panique. Carmen voit très clairement une main fantomatique se glisser sous la chemise de nuit de l’adolescente, elle en distingue même les os et les jointures. Elle saisit Kam et l’entraîne dans la salle à manger.

Toutes deux sont terrifiées. Elles tentent de reprendre leur souffle, lorsque soudain Kam voit quelque chose approcher. Elle se remet à crier. Carmen sent aussi une présence invisible approcher. L’atmosphère est lourde, la pièce devient subitement glacée et une odeur pestilentielle l’empêche de respirer.

Kam et Carmen, ne sachant plus quoi faire, se mettent à genoux et commencent à prier à haute voix. Elles sont en larmes, elles tremblent de peur, les mots sont difficiles à prononcer, mais elles se forcent à se concentrer sur les prières. Des grognements se font entendre. Soudain, le chapelet que porte Kam autour du cou lévite, se place entre ses deux yeux. Brusquement, il se brise, des dizaines de perles se répandent sur le sol, Kam hurle. Carmen lui prend la main et l’incite à prier encore plus, encore plus fort. Puis, tout se calme. La pièce retrouve sa chaleur, l’odeur a disparu, les grognements cessent. Carmen se précipite sur le téléphone et compose le numéro de l’église. Malgré l’heure tardive, elle arrive à joindre quelqu’un et lui explique ce qu’il se passe dans la maison. L’homme au bout du fil la rassure et promet d’envoyer un prêtre le lendemain afin de procéder à un exorcisme.

Soulagée, Carmen serre sa nièce. Elle lui demande d’aller dormir avec les enfants à l’étage. Trop tendue pour se coucher, la mère de famille décide de prendre un bain pour se détendre.

Dans la baignoire, elle sent à nouveau une présence. Soudain, le rideau de douche s’enroule autour d’elle. Carmen crie, veut se dégager, mais n’y arrive pas. Le plastique se resserre sur son visage, l’étouffant. Carmen commence à suffoquer, elle n’a plus d’air. La chose présente dans la salle de bains veut la tuer. Et plus elle se débat, plus elle resserre son emprise.

Kam, qui n’arrive pas à dormir, entend sa tante crier. Elle se précipite dans la salle de bains. Carmen gît nue sur le carrelage entourée du rideau de douche. Elle se débat, elle cherche à en sortir. Très vite, Kam part à la cuisine chercher un couteau, revient et déchire le plastique. Enfin Carmen peut respirer. Elle est en larmes. Les deux femmes décident de veiller toute la nuit dans la salle à manger, avec les enfants. Cette nuit, plus rien d’anormal n’arrivera.

Le lendemain, un prêtre-exorciste se présente à l’ancienne morgue de l’avenue Meriden. Il trouve Carmen et Kam complètement terrorisée. En attendant les évènements qui se sont produits dans la demeure, l’exorciste leur dit qu’il ne peut rien tenter sans recueillir de preuves sur l’existence d’une entité démoniaque dans cette demeure. Il leur conseille d’appeler Ed et Lorraine Warren qui travaillent beaucoup avec l’Église. Il se propose même de prendre rendez-vous avec les deux enquêteurs du paranormal. Carmen, désespérée, accepte la proposition de l’homme de Dieu.

 

Les Warren viennent aider les Snedeker

 

Depuis le départ de Philip pour l’hôpital psychiatrique où il est toujours enfermé malgré les tentatives de Carmen de le faire sortir, les manifestations paranormales deviennent très fréquentes. Souvent, des odeurs de chairs en décomposition se répandent dans la maison, les lumières s’allument et s’éteignent seules, cela même si l’on enlève les ampoules… Ces manifestations se produisent de jour comme de nuit.

Par exemple, en pleine journée, alors que Carmen nettoie les sols, l’eau du seau s’est brusquement teintée d’un rouge profond. Un autre jour, des assiettes se sont volatilisées. Carmen faisait la vaisselle, elle avait posé les assiettes sèches sur la table, elle s’est tournée et lorsqu’elle a voulu les ranger, elles n’étaient plus là, mais rangées à leur place.

Kam voit souvent des apparitions qui la terrorisent et qui la menacent. Elle décrira à Ed que l’un des hommes est extrêmement puissant, qu’un autre est plus mince, avec de longs cheveux noirs, des pommettes hautes et des yeux d’airain, un autre encore a les yeux blancs, porte un smoking rayé et a toujours les pieds en mouvement.

Enfin, Ed et Lorraine Warren, accompagnés de leur petit-fils, de leur neveu et de John Zaffis arrivent au domicile des Snedeker et y restent plusieurs jours. Pour Ed, il faut déterminer la cause du mal. Plus tard, les deux enquêteurs du paranormal affirmeront avoir été témoins de plusieurs agressions physiques sur Carmen et Kam, des gifles, des coups, des griffures. Même Lorraine et Ed ont été agressés par une présence invisible. Un démon s’est aussi matérialisé devant les enquêteurs et Carmen avait dû partir de la maison pendant trois jours tant cette vision l’avait touchée.

Carmen explique les phénomènes surnaturels aux Warren

Lorraine fait le tour de la maison et découvre, dans la chambre principale, une trappe. C’est par là où l’on montait les cercueils. Parfois, on peut encore y entendre le bruit des poulies et des chaînes.

En recherchant le passé de l’ancien salon funéraire, Ed découvre que d’anciens employés avaient été condamnés pour nécrophilie et nécromancie. Pour Ed, c’est cela qui a attiré le mal dans ce lieu. Et depuis, la bâtisse est hantée par plusieurs présences maléfiques qui retiennent prisonnières les âmes des défunts.

Ed donne ses conclusions ainsi que les enregistrements faits dans la maison pour preuves à l’Église, qui donne la permission de pratiquer un exorcisme. Plusieurs rituels sont exécutés avec la participation d’Ed. Un exorcisme est pratiqué sur Philip qui peut rentrer chez lui. Mais, Carmen garda une grande culpabilité du fait d’avoir fait enfermer son fils. Son fils n’était pas schizophrène, mais possédé. D’ailleurs, il retrouva son caractère originel et sa bonne humeur. Il n’en voulut pas à sa mère de l’avoir enfermé.

Durant les séances d’exorcisme, la maison se mettait à trembler, des objets étaient projetés dans les airs, des cris se faisaient entendre. À plusieurs reprises, le prêtre fut frappé. Les tableaux se décrochaient du mur. Et tout un coup, tout s’arrêta, les démons étaient vaincus.

Les rituels d’exorcisme fonctionnèrent et la maison fut nettoyée. Cependant, la famille Snedeker ne put le vérifier, puisqu’elle déménagea rapidement. Mais d’autres locataires leur ont succédé et aucun ne rapporta d’évènements suspects.

Quant à Philip, il est mort en 2012, à l’âge de 38 ans. Il a vaincu les démons, mais pas son cancer.

 

L’histoire de la famille Snedeker est terrifiante, tout comme celle de la famille Smurl ou la famille Perron. Encore une fois, il y a fallu un exorcisme pour que tous les évènements paranormaux cessent. Encore une fois, Ed et Lorraine ont réussi à aider une famille. Encore une fois, que l’on croit ou pas aux fantômes ou aux démons, cette histoire est difficilement explicable rationnellement et scientifiquement. Au-delà du réel, il existe l’irréel.

Marie d’Ange

 

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La combustion spontanée humaine

La combustion spontanée humaine est un phénomène, qui encore aujourd’hui, reste inexplicable. De nombreux scientifiques s’y sont penchés et ont tenté de fournir une explication, sans résultat. Il serait facile de conclure à un phénomène surnaturel. Avant cela, faisons le tour de la question.




Définition de la combustion spontanée humaine

 

D’une manière générale, la combustion spontanée d’un corps est lorsque celui-ci prend feu spontanément sans qu’il soit enflammé. Par exemple, l’huile végétale a une température de combustion spontanée de 450 °C et le papier de 223 °C.

La combustion spontanée humaine, c’est lorsqu’une personne prend feu, sans cause externe et que son corps brûle de l’intérieur. Les corps sont alors découverts réduits en cendres, mais avec les extrémités intactes pour la plupart des cas (c’est-à-dire que l’on retrouve les jambes, les pieds, les bras intacts, même les chaussures, les chaussettes ou les collants), et l’environnement est intact ou presque. Ce qui veut dire que le feu a pris naissance à l’intérieur même de la personne et n’a brûlé que le corps. Un corps humain, encore en vie, peut s’enflammer spontanément, sans cause externe et brûler partiellement ou en totalité.

Dans la plupart des cas, les corps sont totalement ou partiellement retrouvés en cendres, dans un environnement intact ou peu touché. Or, on sait que pour qu’un corps humain soit entièrement détruit, pour que les os soient détruits, il faut une température constante de 1650 °C pendant un certain temps (plusieurs heures). Par comparaison, l’incinération des dépouilles montre qu’il reste toujours quelques fragments d’os après la combustion. Ce qui n’est pas le cas pour la combustion spontanée, puisque les os sont réduits en cendres. 

Une chose encore plus étonnante, c’est que souvent, seule la partie centrale du corps est détruite, les extrémités restent intactes. De plus, la personne consumée est parfois retrouvée dans une position naturelle, couchée sur son lit ou assise sur un fauteuil, donnant ainsi l’impression d’une disparition instantanée. Comme si un feu d’une rare violence prend feu à l’intérieur de la personne et qu’il la consume en un instant.

Ce phénomène étrange et inexplicable a été décrit depuis le 16e siècle et le dernier cas a été recensé en 2013 (d’après mes sources, mais je pense que la liste s’est allongée depuis). Les scientifiques ont rassemblé, au fil des années, des témoignages troublants de ce phénomène, et même des témoignages de personnes ayant vu de leurs propres yeux une personne prendre feu spontanément, sans raison. Le phénomène est décrit comme très rapide, la personne atteinte semble entrer en transe et son corps brûle rapidement.

Les scientifiques et les spécialistes du feu ont émis plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène, hypothèses que je développerai plus tard. Avant cela, j’aimerais vous présenter quelques cas de combustion spontanée humaine.

 

Les témoignages

 

La Comtesse Cornelia Bandi

Photographie du corps de la comtesse

 

Ce fut le premier cas rapporté de combustion spontanée humaine. On est en Italie, près de Vérone. La Comtesse Cornelia Bandi regagne sa chambre après un dîner arrosé en compagnie du chanoine Bianchini. Elle est âgée de 62 ans. Le lendemain, elle est retrouvée en cendres. Son corps a brûlé, sauf ses bras et ses jambes et sa chambre est remplie de suie.

Ceci se passa au soir du 4 avril 1731. Ce sont les domestiques qui ont découvert le corps. La scène est macabre : le plancher de la chambre est couvert de grosses taches humides et gluantes, un liquide gras et jaunâtre coule le long de la fenêtre et il règne une odeur répugnante dans la chambre. Une fine couche de suie recouvre les meubles. Il ne reste plus de la comtesse qu’un petit tas de cendres, deux jambes et un morceau de sa boîte crânienne. Les autorités et le médecin légiste sont perplexes. Le magistrat classera l’affaire en notant simplement : « un feu mystérieux semble s’être allumé spontanément dans la poitrine de la Comtesse. »

 

Mademoiselle Thaus

Le 3 juin 1782, mademoiselle Thaus, une vieille dame solitaire est retrouvée en cendres à Caen, dans sa maison, près de la cheminée. Son corps est réduit à une masse de cendres, sa tête gît sur un des chenets. On retrouve le pied-droit entier, mais roussi. Même les os les plus solides ont perdu de leurs formes et de leurs consistances.

Le 3 juin 1782, à Caen, fut une journée froide et la vieille dame avait fait un feu dans la cheminée. Il y restait deux ou trois morceaux de bois brûlés. Des témoins avaient vu mademoiselle Thaus la veille de sa mort absorber plusieurs litres de vin et un litre de cognac. Un médecin légiste américain, Dixon Mann, venu spécialement pour enquêter sur ce cas, a émis l’hypothèse selon laquelle cette combustion spontanée humaine s’expliquait par l’état d’imbibition alcoolique de la victime. Dans cet état, il aurait suffi d’une étincelle pour l’enflammer. Cette hypothèse n’explique pas le fait qu’aucun meuble de l’appartement n’ait été endommagé et que même la chaise où était assise la victime soit restée intacte. D’après le chirurgien Mérille, qui enquêta aussi sur l’affaire, le corps s’est consumé en moins de 7 sept heures, et il n’y a que les vêtements que portait la victime qui ont brûlé. Encore une affaire qui restera sans réponses.

 

La famille Rooney

En 1885, le 25 décembre, Mme Rooney est retrouvée calcinée dans sa cuisine et son mari mort, asphyxié.

Le 24 décembre au soir, Patrick Rooney, sa femme et leur domestique John Larson, boivent du whisky dans la cuisine. Le lendemain matin, soit le jour de Noël, John Larson se réveille avec une migraine. Il descend à la cuisine et trouve son patron, Patrick Rooney mort sur le sol. Toute la cuisine est recouverte d’une pellicule huileuse.

En panique, Larson enfourche un cheval et galope pour prévenir le fils de Patrick Rooney, John, qui habite près de là. Les deux hommes reviennent et découvrent qu’en dessous du plancher de la cuisine, il y a un crâne calciné, des os brûlés et un petit tas de cendres. Ils appellent les autorités. Le coroner, qui réalise l’enquête, conclut que Patrick Rooney est mort par asphyxie provoquée par la fumée du corps de sa femme qui brûlait à côté de lui. Madame Rooney avait brûlé dans un feu d’une chaleur telle qu’elle avait dévoré ses os, mais qui ne s’était pas étendue au-delà de son corps. Cela dépassa la compréhension des fermiers du Middle West.

 

En Angleterre

En 1938, lors d’un bal à Chelmsford, une jeune prend feu spontanément devant de nombreux témoins et meurt dans la salle de bal.

 

Mary Reeser

Le corps de Mary Reeser

 

En 1951, Mary Reeser, une femme de 67 ans, habitant la Floride, à Saint Petersburg, est retrouvée en cendres dans son appartement. Les experts en pyromanie ont évalué qu’une température de 2 500 °C pendant une durée de 3 heures était nécessaire pour consumer l’intégralité de son corps et de ses os et n’ont pas trouvé d’explications au phénomène. Des pathologistes et des agents du FBI ont eux aussi mené l’enquête, sans succès.

C’est le propriétaire qui découvre le corps en apportant un télégramme à Mary Reeser. Devant la porte de son appartement, il note une légère odeur de fumée. Sans réponse de sa locataire, le propriétaire décide d’appeler les pompiers et ce qu’ils vont découvrir sera à jamais gravé dans leurs mémoires : au milieu du salon, un gros fauteuil rembourré est brûlé jusqu’à ses ressorts métalliques, le tapis est brûlé autour du fauteuil et un peu de suie recouvre le plafond. Mais, le plus surprenant est que la tête de Mary Reeser est sur ce canapé, complètement carbonisé, réduite à la dimension d’une balle de tennis. Du corps de la victime, les enquêteurs trouveront aussi un fragment de colonne vertébrale ainsi qu’un petit morceau de pied portant encore une pantoufle intacte.

Pour l’enquête, on fit appel au docteur Wilton Krogman, un spécialiste connu de la mort par le feu et enseignant à l’École de médecine de Pennsylvanie. Ce spécialiste n’en revient pas, jamais il n’a vu une telle chose. Il ne comprend pas pourquoi un tel incendie n’a pas ravagé l’appartement. Il faut une chaleur de près de 2500 °C et environ trois heures pour consumer un corps à ce point, ce qu’un simple incendie de fauteuil ou de vêtements ne peut produire. De plus, la quantité de suie dégagée montre que le feu qui a consumé Mary Reeser l’a fait lentement. C’est tout à fait incompréhensible et impossible.

La police pense au suicide, à l’accident domestique, et même au crime. En définitive, la mort accidentelle est déclarée comme la cause de l’accident, même si les faits ne concordent pas avec cette affirmation.

 

George Turner

Le 7 avril 1958, à Upton-by-Chester en Angleterre, George Turner se consume spontanément alors qu’il est au volant de son camion. Dans la même journée, au même instant, deux autres cas ont été référencés.

 

Helen Conway

En novembre 1964, à Upper Darby en Pennsylvanie, Helen Conway, une femme de 51 ans est retrouvée incinérée sur son fauteuil. Seules ses jambes sont intactes. L’enquête a découvert un mégot de cigarette près du corps, donc la thèse de l’endormissement avec cigarette allumée a été retenue.

 

Docteur John Irving Bentley

Le 5 décembre 1966, le docteur John Irving Bentley, alors médecin à Coudersport en Pennsylvanie, a été retrouvé en cendres dans sa salle de bains. Sa combustion a même provoqué un trou dans le plancher.

 

Robert Francis Bailey

Le 13 septembre 1967 à Londres, un pompier retrouve Robert Francis Bailey, un SDF, en train de brûler au niveau de l’abdomen.

Ce jour-là, un pompier du nom de Jack Stacey est appelé pour un incendie dans une maison abandonnée. Quand il arrive sur les lieux, le bâtiment ne présente aucun dégât causé par le feu. Lorsqu’il pénètre à l’intérieur de la maison, Jack Stacey trouve un corps en train de brûler, un SDF connu sous le nom de Bailey.

Bailey est à l’agonie. Dans sa souffrance, il a mordu à pleines dents la rampe d’escalier, ce qui indique clairement que le pauvre homme était vivant lors du déclenchement de la combustion. Les pompiers durent écarter ses mâchoires avec une barre de fer.

Bailey présente une fente de 10 cm au milieu de l’abdomen, des flammes en sortent avec la force d’un chalumeau. Pour tenter d’éteindre cet incendie, Stacey plaque la lance d’incendie sur le ventre du SDF.

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que les flammes se sont déclarées à l’intérieur du corps de Bailey. À proximité du corps, il n’y a ni gaz, ni source d’électricité, ni allumette. Et même si le vieil homme avait laissé une cigarette sur son ventre, cela n’aurait pas suffi à produire un feu d’une telle intensité.    

 

En Arizona

En mai 1968, dans la ville de Glendale en Arizona, Andrew Patterson, agriculteur, assiste impuissant à la combustion spontanée de deux de ses vaches.

 

Jack Angel

En novembre 1974, Jack Angel, un pauvre bougre habitant une caravane, s’endort et se réveille 4 jours plus tard avec la main droite carbonisée et des traces de brûlures sur sa poitrine, ses jambes et son dos. Curieusement, il ne ressent aucune douleur. Il s’écroule devant sa caravane en tentant de chercher de l’aide et est conduit à l’hôpital par les secours. Il sera amputé de la main. Les médecins, qui l’ont soigné, ont déclaré que le feu avait pris à l’intérieur de Jack.

 

Ginette Kazmierczak

Le 12 mai 1977, Ginette Kazmierczak, habitant avec son fils instituteur dans un bourg lorrain du nom d’Uruffe, est retrouvée carbonisée dans sa chambre. Seuls ses bras et ses jambes sont retrouvés intacts.

Uruffe est un petit bourg lorrain proche de Toul. Ginette y mène une vie solitaire, très discrète et effacée. Elle habite dans le logement de fonction de son fils qui est l’instituteur du village. Le soir du 12 mai 1977, elle est seule dans l’appartement. Vers 3 heures du matin, sa voisine de palier se réveille en sursaut, car sa chambre est pleine de fumée. Elle sort et voit de petites flammes qui tentent de s’échapper du bas de la porte d’entrée des Kasmierczak. De suite, elle alerte les pompiers qui arrivent très vite sur les lieux. Ce qu’ils vont découvrir dépasse l’entendement.

Le corps de Ginette Kazmierczak est retrouvé carbonisé sur le plancher, contre la porte d’entrée. Ses jambes et son bras droit sont intacts, alors que sa tête, son tronc et son abdomen sont réduits en cendres. Les murs et le sol sont maculés de suie, mais rien n’a brûlé dans l’appartement. Le poêle à mazout et le chauffe-eau sont éteints. Une boîte d’allumettes est intacte sur le rebord de la fenêtre. L’électricité fonctionne normalement.

Les spécialistes conviennent qu’il aurait fallu une température de 2000 °C au moins pour carboniser un corps humain de cette manière.

Le parquet de Nancy ouvre une enquête et c’est le capitaine Laurain qui est chargé de réaliser l’expertise. Ce dernier reprend toutes les hypothèses : explosion d’une bombe aérosol, crime, foudre… Mais toutes les hypothèses n’expliquent pas l’affaire, car le mobilier a été retrouvé intact, il n’y avait pas eu d’impact de foudre ce soir-là et la porte de l’appartement, fermée de l’intérieur, n’a pas été forcée. Par conséquent, le parquet de Nancy prononcera une ordonnance de non lieu pour cette affaire le 18 janvier 1978.

 

Beatrice Oczki

En 1979, lors du week-end de Thanksgiving, Beatrice Oczki, une femme âgée de 51 ans, est retrouvée carbonisée chez elle.

 

Dans une discothèque

En 1980, à Darlington, une jeune Anglaise brûle spontanément dans une discothèque devant de nombreux témoins.

 

Jeannie Saffin

Le 15 septembre 1982, à Edmonton, un faubourg de Londres, Jack Saffin est assis dans sa cuisine avec sa fille Jeannie. Lorsque tout d’un coup, il aperçoit un éclair lumineux. Il se retourne et voit que le visage et les mains de sa fille sont en feu. Jeannie succombera à ses brûlures 8 jours plus tard.

 

George I. Mott

Le 26 mars 1986, à Ticonderoga aux États-Unis, Georges Mott, un ancien pompier de 58 ans est découvert calciné sur son lit.

 

Michael Faherty

Le 22 décembre 2010, à Galway, le corps de Michael Faherty, 76 ans, est retrouvé carbonisé dans sa maison. L’enquête ne retrouvera aucun accélérant, aucun indice près du cadavre et conclura à un cas de combustion spontanée humaine.

 

En Oklahoma

En 2013, dans l’Oklahoma, un sexagénaire est retrouvé mort calciné dans sa cuisine. Les enquêteurs suspectent un cas de combustion spontanée humaine.

 

Rahul

En 2013, en Inde, Rahul un bébé de 3 mois, se serait enflammé spontanément pour la quatrième fois depuis sa naissance. Les médecins de la ville de Chennai évoquent l’hypothèse que des gaz secrétés par la peau de l’enfant seraient la cause de ce phénomène.

Cette liste n’est pas exhaustive, car beaucoup de cas de combustion spontanée humaine n’ont pas été répertoriés.

 

Les hypothèses scientifiques

 

Des scientifiques ont recoupé de nombreux cas de combustion spontanée humaine et se sont aperçus que la plupart des victimes étaient des personnes âgées, seules, des personnes suicidaires ou alcoolisées.

De nombreuses tentatives d’explication de bouleversements physiologiques ont été mises en avant, mais rien n’a dépassé le stade de l’hypothèse. John Heymer, un spécialiste de la question et ancien enquêteur, a tenté d’expliquer le phénomène par une réaction avec l’hydrogène au niveau des cellules. Là encore, cette hypothèse n’a pas été validée.

Une autre hypothèse a été avancée sur le fait que le patient décède naturellement et laisse tomber une cigarette sur les graisses de son corps. Cela n’explique pas le cas de Robert Francis Bailey ni de Jeannie Saffin qui était vivante au moment où elle a pris feu.

D’autres spécialistes ont avancé l’hypothèse des mitochondries (organites des cellules humaines permettant de transformer les nutriments en énergie). Une défaillance dans la transformation de l’énergie pourrait provoquer une mini-explosion des mitochondries, ce qui entraînerait une réaction en chaîne avec explosion des mitochondries à proximité et la combustion du corps humain. Cette hypothèse n’a pas été retenue, car il faudrait des milliards d’explosions de mitochondries pour produire la chaleur nécessaire à la combustion des os.

Une autre hypothèse, celle de Maryse Locke, consiste à dire que comme le corps humain sécrète et expulse naturellement du gaz par tous ses pores et orifices, il se peut que chez certaines personnes, les pores se bouchent ce qui provoque une accumulation de gaz à l’intérieur du corps. Il suffirait alors d’une simple étincelle pour que le corps s’enflamme. Cette étincelle pourrait être provoquée par les pulsations cardiaques par exemple. Et dès que la combustion ne trouve plus de gaz à sa disposition, le processus s’arrête.

L’hypothèse la plus vraisemblable reste celle de l’effet de mèche. Pour l’illustrer, les scientifiques ont mené une petite expérience. Ils ont pris la carcasse d’un porc. Pourquoi un porc ? Parce que cet animal présente quasiment la même répartition en graisse que celle d’un homme. Ils ont mis un liquide inflammable sur la dépouille et l’ont fait brûler. Pour cette démonstration, les scientifiques se sont inspirées d’un cas d’un crime déguisé en combustion spontanée humaine qui a eu lieu dans le sud de la France. La victime était une femme âgée et son corps a été retrouvé totalement réduit en cendres. Les meurtriers ont été traduits en justice et ont expliqué comment ils avaient procédé : après avoir tué la vieille dame lors d’une tentative de cambriolage, ils ont versé sur son col le contenu d’une bouteille de parfum et allumé le tout avec un briquer. Leur but était de faire flamber l’appartement. Or, il n’y a que le corps de la vieille dame qui a été carbonisé. Le corps a brûlé très lentement à l’intérieur de la pièce close et le feu ne s’est pas propagé aux autres pièces.

Donc, les scientifiques ont reproduit le même environnement. La carcasse de porc a été placée à l’intérieur d’une pièce close abritant un tapis, des meubles, une télévision. Ils ont aspergé de parfum le corps du porc au niveau du coup et y ont mis le feu. L’accélérant (le parfum) a produit dans un premier temps une chaleur suffisante pour initier la combustion de la graisse, qui ensuite continue à brûler lentement, en se propageant le long du corps à l’aide des vêtements qui jouent le rôle de la mèche d’une bougie. Le processus est très long et nécessite une quantité de graisse suffisante. C’est pourquoi en priorité c’est la partie centrale du corps qui brûle et que les extrémités sont retrouvées intactes.

Cette hypothèse de l’effet de mèche est envisageable lorsqu’une personne, à proximité d’une source de chaleur (cigarette, cheminée) décède ou est dans l’incapacité de réagir et que cette source trouve sur le corps de la victime un accélérant (parfum, alcool…) pouvant provoquer un début d’incendie. Cette hypothèse est plausible dans les cas où la victime est fortement alcoolisée, mais n’explique pas tous les cas de combustion spontanée.

Pourtant, malgré les enquêtes réalisées, la combustion spontanée humaine reste un mystère. Les tentatives d’explication sont nombreuses : court-circuit, champs électriques, réaction atomique en chaîne se produisant dans le corps, un estomac chargé de substances chimiques, orages magnétiques, et même un syndrome mortel de l’esprit sur la matière qui produirait un état d’esprit négatif se manifestant par une accumulation de phosphagènes dans les tissus…

Tout cela pour vous dire que l’on n’a pas encore d’explications sur le phénomène de combustion spontanée humaine. Et quand la science ne peut donner de réponses, on se tourne vers le paranormal.

 

Les explications paranormales

 

Il serait facile de crier au paranormal et pourtant, on y est facilement tenté vu que ce phénomène reste inexpliqué. Les corps réduits en cendres ne peuvent l’être que si une grande source de chaleur est produite. Il est facile de dire que cette source de chaleur peut être produite par un démon par exemple. Même cette hypothèse n’est pas vérifiable.

C’est vrai que si l’on fait brûler un corps sur un bûcher ou dans un crématorium, il reste toujours une dépouille calcinée et des fragments d’os. Le corps ne brûle pas totalement. Or, là, les corps sont retrouvés en tas de cendres.

La combustion spontanée humaine est clairement une pseudoscience, en ce sens qu’il n’y a rien de concret, rien d’établi. L’idée que les gens peuvent spontanément prendre feu est assez ancienne et a été rapportée la première fois par Jonas (5e des 10 petits prophètes de la Bible), celui qui a passé trois jours à l’intérieur du ventre d’un gros poisson.

La démonologie tente aussi d’expliquer ce phénomène. Par exemple, Jack est le nom d’un démon inférieur qui erre la nuit, qui effraye les voyageurs et qui provoque des incendies. Ce démon pourrait être à l’origine de ce que les médecins appellent la combustion humaine spontanée. Pour provoquer cet épisode, il s’insinuerait dans les veines de sa victime pour la consumer de l’intérieur.

Peut-être un jour trouverons-nous une explication à ce phénomène ?

 

Que dire de tout cela ? La combustion spontanée est sujet intéressant qui demande à être étudié. Elle fait peur, intrigue, peut paraître surnaturelle ou naturelle… sauf qu’elle reste inexplicable. Phénomène paranormal ? Acte démoniaque ? Acte divin ?

Marie d’Ange

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Corumba, le vampire brésilien

L’histoire de cet homme qui se prend pour un vampire n’est pas banale, elle est surtout sanglante, puisque Corumba (son surnom) a tué pas moins de six personnes et s’aspergeait du sang de ses victimes. Pourquoi parler de ce meurtrier dans ce blog ? Tout simplement parce qu’il a fait cela sous l’emprise d’un démon.




Nous sommes au Brésil le 30 mars 2005. La police brésilienne arrête José Vicente Matias, surnommé Corumba, un homme de 39 ans, vendeur ambulant et suspecté d’avoir assassiné six personnes.

Depuis quelques mois, ce tueur en série était devenu l’homme le plus recherché du nord du Brésil et la police a mis à sa disposition tous les moyens possibles pour l’arrêter. Après des mois de traques et plusieurs meurtres sanglants et mystérieux, les policiers ont réussi à dresser le portrait-robot de l’individu recherché et ont finalement réussi à l’identifier et à l’appréhender grâce à l’une de ses victimes, Nuria Fernandez, une Espagnole arrivée au Brésil en décembre grâce à un visa touristique. Cette femme était mariée et avait trois enfants qui l’attendaient dans son pays d’origine.

La jeune touriste espagnole a été identifiée et reconnue. Des témoins l’ont vu avoir une relation avec un étrange commerçant ambulant du nom de José Vicente Matias juste avant sa disparition et elle a été vue pour la dernière fois dans l’État de Maranon en compagnie de ce vendeur. La police découvrira que cet homme a déjà un mandat d’arrêt contre lui dans l’État de Goiás pour des faits de viol et d’attentats à la pudeur. Cette thèse a été étayée par Valeria, une autre victime de ce monstrueux personnage, qui a réussi à lui échapper ainsi que par les enquêtes faites sur les autres victimes.

En effet, le jeudi 24 mars 2005, Nuria Fernandez a été retrouvée nue sur une plage d’Alcantara, dans l’État de Manaron et dix jours plus tôt, la police avait retrouvé le cadavre de Marie Anne Kern, une touriste allemande, sur une autre plage du même État, à Barrerinhas. Selon plusieurs témoins, Nuria Fernandez aurait été vue en compagnie de Corumba le 19 mars 2005, sur un bateau voguant en direction de la plage d’Itatinga. Il aurait été vu revenant seul le lendemain et prenant un bus à San Luis direction Belen dans l’État de Para, ticket d’ailleurs qu’il avait acheté plusieurs jours avant le meurtre. Donc, Corumba avait prémédité son meurtre.

Aussitôt une chasse à l’homme est lancée dans tout le pays.

Durant son interrogatoire, les policiers iront de surprise macabre en surprise macabre et n’en croiront pas leurs oreilles. En effet, le serial killer présumé va avouer avoir tué trois jeunes brésiliennes ainsi que trois jeunes touristes, une Espagnole (Nuria Fernandez), une Allemande (Marie Anne Kern vivant au Brésil depuis déjà 10 ans) et une Israélienne (Katria Ratikov).

A priori, le tueur n’avait pas de goût précis en matière de femme ou de nationalité, sauf peut-être la jeunesse.

Corumba va avouer avoir commis tous ces meurtres. Et à la question du pourquoi l’avoir fait, il répondra simplement parce que ces jeunes filles refusaient ses avances et qu’un démon lui aurait ordonné de les tuer.

Toujours sous l’ordre du démon (on ne saura pas lequel), Corumba aurait agi selon un rite spécial, un rite vampirique qui consiste à s’asperger du sang des victimes avant de le boire afin d’atteindre l’éternité.

Folie meurtrière ? Schizophrénie ? Possession démoniaque ? Toute cette macabre histoire reste floue pour les enquêteurs. Corumba a tué trois Brésiliennes âgées de 15, 16 et 26 ans dans les États de Minas Gerais, Bahias et Goiás. Le tueur se déplaçait dans tout le Brésil et choisissait ses victimes avec soin. Il a tué les deux premières filles en les lapidant et la dernière en la poignardant puis en la décapitant. Donc, le protocole opératoire n’est pas le même. Il n’y a rien de défini. Ce qui reste inchangé, c’est qu’après, il s’est baigné dans leur sang et en a bu.

Mais, cela ne lui suffisait pas et José Vicente Matias, alias Corumba, s’en est pris à trois femmes étrangères, toujours sous l’ordre d’un démon. Il avouera même qu’il ne comptait pas en rester là et qu’il avait déjà repéré sa septième victime, une jeune femme blonde. S’il n’avait pas été arrêté, le tueur aurait agi à nouveau.

Malgré ses aveux, les policiers brésiliens pensent que Corumba a fait d’autres victimes et que donc cette liste n’est peut-être pas définitive.

 

Voici encore un tueur qui entend des voix démoniaques, tout comme Le Fils de Sam. Mais ce personnage est d’autant plus bizarre, qu’il se prend pour un vampire et est persuadé qu’en buvant le sang de ses victimes, il atteindra l’immortalité. L’histoire ne nous dit pas si Corumba est possédé ou simplement complètement détraqué du ciboulot. Dans les deux cas, il est neutralisé et c’est bien là le principal.

 

Sources : archives.lesoir.be

Marie d’Ange

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Dossier Warren : le loup-garou de Londres

Voici encore une histoire tirée des dossiers Warren, les célèbres chasseurs de démons américains des années 60/70. L’histoire étrange racontée dans ce billet se passe à Londres. Un homme va être confronté à un phénomène plutôt troublant, une possession par l’âme d’un loup. Encore aujourd’hui, on n’a pas d’explications à ce phénomène.




Les débuts

Bill Ramsey n’est encore qu’un enfant de 9 ans, lorsqu’il va faire sa première crise. Nous sommes en 1952, à Londres. Bill Ramsey rentre du cinéma quand soudain, il ressent une sensation étrange, un grand froid qui l’enveloppe de la tête au pied, alors que nous sommes en été. Son sweat est gelé. Son corps se met à trembler, sans qu’il puisse le contrôler. Bill Ramsey a l’impression d’être transporté dans une autre dimension. Et puis, il y a cette odeur qui l’envahit, une odeur de pourriture.

Bill continue d’avancer dans la ruelle. Des images de loup lui traversent l’esprit. Il entend sa mère l’appeler. Et là, il prend peur. La voix de sa mère l’agace. Il ressent de la haine, une haine violente contre elle. Il veut se précipiter sur elle, mais il se prend les pieds dans la clôture et s’étale de tout son long.

Il se relève. Au même moment, une rage démentielle s’empare de lui. Il se met à grogner comme une bête assoiffée de sang. Il arrache la clôture, la déterre, comme si elle n’est rien. Trois hommes n’auraient pas suffi à la faire bouger, mais lui, il y arrive.

Ses parents sont témoins de toute la scène. Ils sortent dans le jardin et voient Bill, leur petit Bill de 9 ans, tenir toujours la clôture dans ses mains, et la balancer au-dessus de sa tête comme un vulgaire drapeau. Ils lui crient de lâcher la clôture. Ce que fait le gamin.

Puis, brusquement, il se jette à terre et commence à déchirer le grillage avec ses dents et ses mains. Son père tente de l’en empêcher, mais il n’y arrive pas, tant Bill fait montre d’une force incroyable. Sa mère pleure. Bill est en train de se lacérer le visage, mais il ne semble pas s’en apercevoir.

Tout à coup, l’enfant reprend ses esprits. Il relâche la clôture, se tourne vers ses parents, qui sont enfin soulagés. Mais, pas pour longtemps. Bill Ramsey se met à grogner. Ses lèvres se retroussent comme un chien enragé. Ses mains et ses lèvres sont rouges de sang.

Terrifiés, les parents courent se réfugier dans la maison. Avant de s’y engouffrer, le père se retourne. Ce qu’il voit restera à jamais gravé dans sa mémoire : son fils ne ressemble plus à un petit garçon, mais à un loup.

Au bout d’un certain temps, Bill semble reprendre ses esprits. Il sent le froid le quitter. Il appelle ses parents. Il est conscient que quelque chose de terrible vient de se passer. Ses parents ouvrent la porte de la maison. Effectivement, Bill a repris ses esprits.

Voici la première crise de Bill Ramsey, crise qui sera suivie d’autres, encore plus terribles. Cet incident restera un secret de famille et jamais les parents de Bill n’y feront allusion. D’ailleurs, dans son enfance, le garçon ne fera plus de crise. Il faudra attendre l’âge adulte pour que l’horreur réapparaisse.

 

Bill Ramsey est un adulte

 

Bill Ramsey

 

Nous sommes en 1981. Bill a 38 ans. Il habite à Southend-on-Sea, une petite station balnéaire de l’Essex. Il est marié à Nina et père de trois enfants. Il travaille comme charpentier. Il coule une existence paisible. La crise qu’il avait faite en étant enfant n’est qu’un lointain souvenir.

Un jour, à la fin d’une semaine de travail harassante, Bill somnole à l’arrière d’un van conduit par un coéquipier, lorsqu’il ressent à nouveau un grand froid l’envahir. Il se met à grogner et attaque l’un de ses collègues. Il lui mord la jambe. Tout se passe extrêmement vite. Bill reprend ses esprits.

Ses collègues lui expliquent ce qu’il vient de se passer. Ils lui disent qu’il s’est transformé en une espèce de chien sauvage. Tous ont mis cette crise sur le coup de la fatigue. Bill n’a aucun souvenir de son attaque, mais les traces de morsure sur la jambe de son collègue témoignent de sa violence.

Erreur ! Grave erreur ! Car cette crise marquera le début d’une descente aux enfers sans fin.

 

L’affaire prend de l’ampleur

Caricature de Bill Ramsey dans les journaux.

 

Pendant 2 ans, Bill n’est victime d’aucune crise.

Le lundi 5 décembre 1983, Bill Ramsey rentre chez lui en voiture. Soudain, une violente douleur lui traverse la poitrine. Croyant à une crise cardiaque, il prend la direction du Southend hospital.

À son arrivée, il est couvert de sueur, la douleur est intenable, elle court de la poitrine jusqu’à son bras droit. Bill tente désespérément de ramper jusqu’à la porte des urgences.

Au moment où il atteint l’entrée des urgences, un froid glacial l’envahit. Au même moment, deux infirmières se précipitent vers lui pour l’aider. Pendant qu’une l’aide à se relever, l’autre va chercher une civière. Elles l’installent sur un brancard et le poussent jusqu’à une salle de soin.

Soudain, Bill sent une rage aveugle au fond de lui. Et là, il est victime d’une autre crise, très violente. Il se met à grogner, ses mains se recourbent pour ressembler à des griffes, ses lèvres se retroussent. Ses grognements sont tellement forts qu’ils résonnent dans toute la salle d’examen.

Les infirmières s’éloignent de lui. Bill se jette sur l’une d’elles qui l’évite de justesse. Elle le repousse et Bill s’écroule sur le brancard. Il pousse alors un cri terrifiant, bestial. Très vite, il se redresse et attrape le bras d’une infirmière. Il la mord violemment. L’autre infirmière, ne sachant que faire, le gifle, espérant ainsi lui faire lâcher prise.

Mais, Bill ne desserre pas les mâchoires. Alors, l’infirmière part chercher de l’aide.

Il faudra deux internes et un policier pour maîtriser Bill qui n’arrête pas de grogner la bave aux lèvres. Bill Ramsey sera sanglé sur une civière. Un médecin lui injecte de la Thorazine, ce qui le calmera.

Bill se réveille dans l’ambulance qui le conduit à l’hôpital psychiatrique. Il n’a que de vagues souvenirs de sa crise et en se voyant sanglé, pense qu’il a tué quelqu’un. Il en est tout mortifié et se dit que le mieux est encore de l’enfermer à vie.

Mais, étant donné qu’il n’a fait que blesser une personne et que les psychiatres n’expliquent pas cette crise, Bill sera relâché quelques jours après.

Mais, il se sent honteux et devient très vite la risée du voisinage. Bill, exaspéré et effrayé par ce qu’il vient de se passer, veut savoir pourquoi il fait ces crises et se met à analyser sa nourriture. Il parcourt même des livres de médecine, essayant de trouver une solution à son problème. En vain, car la vérité est ailleurs.

 

Le loup-garou de Londres est incontrôlable

Le 22 juillet 1987, dans une crise féroce, Bill Ramsey a failli tuer un policier qui tentait de le maîtriser. Bill ne se souvient de pas grand-chose, sauf qu’il avait un peu trop bu, qu’il faisait chaud et qu’il était passé devant une prostituée. À la vue de cette « dame de joie », il se souvient avoir voulu l’arrêter et l’amener au poste de police, pour faire son devoir de citoyen.

Mais au lieu de cela, une rage folle s’est emparée de lui. Il s’est précipité sur la jeune, l’a enfermée dans son van et l’a effectivement conduite au poste de police. Puis, Bill ne se souvient plus de rien.

Les policiers, eux, se souviennent très bien de l’histoire. Ils se souviennent avoir vu une femme entrer au poste, terrifiée, criant qu’il y avait un homme dehors qui grognait comme un loup. Ils sont allés interroger Bill qui s’est mis à grogner et à vouloir les mordre. Durant cette crise, il s’est attaqué au Sergent Terry Fisher, un solide gaillard de 1m80. Il l’a fait voler dans les airs.

Il a fallu six agents pour maîtriser Bill et le jeter dans une cellule.

Dans sa cellule, Bill n’a pas cessé de grogner comme un animal. Il réussit, même, à passer sa tête et un bras à travers une petite lucarne, cela dans le but d’attraper quelqu’un à l’extérieur. Il est fou de rage. Sa main a l’aspect d’une griffe. Et dès que quelqu’un s’approche, Bill bondit sur lui et tente de le mordre.

Les policiers sont désemparés et décident d’appeler les pompiers pour sortir Bill de la lucarne, le seul moyen étant de scier le métal autour afin de dégager sa tête coincée dans la petite ouverture. Sauf que là, rien ne va se passer comme prévu.

Les policiers, qui feront le rapport plus part, décriront Bill comme une bête ressemblant à un loup, grognant. Pour eux, Bill n’a plus rien d’humain. Ses mains ressemblent à des griffes.

Les pompiers arrivent à l’endormir pour le sortir de là et le conduisent dans un hôpital psychiatrique où les médecins, après une série de tests, sont désemparés : Bill ne présente aucun symptôme d’une maladie mentale, d’une névrose ou d’une psychose. Ils en concluent que Bill avait été victime d’un délire provoqué par l’alcool.

La vie de Bill Ramsey devient un enfer. Souvent, il est victime de crise, où il se met à quatre pattes, grogne, ses mains se transforment en griffes, tentent de mordre… bref, il est totalement incontrôlable. Les gens disent qu’il ressemble à un loup-garou.

 

Ed et Lorraine Warren enquêtent sur l’affaire

Coupures de journaux relatant l’affaire.

 

L’affaire fait grand bruit à Londres, au point qu’aux États-Unis, dans le Connecticut, Ed et Lorraine Warren en entendent parler. Lorraine a de suite un mauvais pressentiment en voyant une photo de Bill dans les journaux. Lorraine comprend que Bill a besoin d’aide.

Les Warren sont habitués à enquêter sur des phénomènes paranormaux, mais jamais ils n’ont fait d’enquête sur les loups-garous. C’est pourquoi ils décident de se rendre à Londres afin d’y rencontrer Bill.

Sur place, ils commencent leur enquête en interrogeant les témoins, les policiers… tous ceux qui ont vu le « loup-garou » à l’œuvre. Ils rencontrent Peter Hamilton qui connaît bien Bill Ramsey et son problème. Ce dernier leur raconte l’incident de son enfance.

Ed Warren en conclut que Bill Ramsey est possédé par l’esprit d’un loup. Il explique qu’un loup-garou n’est pas un individu qui se voit soudain pousser des poils sur tout le corps, mais quelqu’un possédé par l’esprit d’un loup. Donc, tout est surnaturel, comme les mains qui se transforment en griffes, son front qui s’allonge…

Pour les Warren, Bill Ramsey a besoin d’un exorcisme afin de chasser l’esprit qui est en lui. Mais, Bill est sceptique et ne veut pas entendre parler d’exorcisme. Il traite le couple d’excentrique. Mais, Ed insiste et Bill finit par l’écouter. Ed lui propose de payer son voyage jusque dans le Connecticut afin d’y rencontrer Monseigneur Richard McKenna qui se chargera du rituel.

Bill accepte. Toujours sceptique, il se dit que cette histoire aura au moins l’avantage de le faire voyager. Il prend donc l’avion, en compagnie de sa femme. Il a peur d’être victime d’une nouvelle crise, mais tout le vol se déroule sans encombre et il atterrit aux États-Unis.

C’est lorsque le couple rejoint son hôtel que Bill est victime d’une nouvelle crise, terrifiante, violente, mais heureusement très brève. Lors de cette crise, il s’en prend à sa femme et a failli la tuer. Il se dit qu’il faut vraiment que cela cesse, avant qu’il ne commette un jour l’irréparable.

Le 28 juillet 1989, Bill Ramsey subit son premier exorcisme, dans une église, exorcisme orchestré par Monseigneur McKenna, aidé par les Warren, Nina, John Zaffis (un autre enquêteur du paranormal) et six policiers équipés de pistolets paralysants. Ce jour-là, John Cleve, journaliste et photographe au The People, est aussi présent.

Lorsqu’il pénètre dans l’église, Bill Ramsey se sent agité. Il s’assoit dans un fauteuil, en face de l’autel. Monseigneur McKenna s’approche de lui et récite quelques mots en latin. Bill se transforme en une bête, un loup. Mc Kenna prend son étole et la met autour du cou du possédé. Bill ressent comme un coup violent, une massue qui s’abat sur lui. Puis, il entre dans une crise terrible et ne souvient pas de la suite des évènements.

Ce sera Lorraine Warren qui racontera la suite de l’histoire. Elle dira que les muscles du bas du cou de Bill se sont soudain élargis, que ses oreilles se sont mises à pointer vers le haut et que Bill s’est mis à hurler. Ses mains sont devenues des griffes.

Monseigneur McKenna lui saisit la tête et ordonne au démon de partir, de quitter le corps de Bill. Puis, il fait un signe de croix sur le front et la poitrine de Bill qui se met à trembler sur sa chaise. Ses lèvres se retroussent, ses dents s’avancent et il tente de mordre le prêtre, sans jamais y parvenir, comme si une barrière invisible s’était érigée entre les deux hommes.

Deux policiers sortent leurs armes afin de maîtriser Bill Ramsey, mais l’évêque leur demande de rester à leur place. Il sort, alors, un crucifix, qu’il pose sur le front du possédé qui devient fou furieux. Il veut sauter sur le prêtre, qui se réfugie derrière l’autel. Bill s’avance vers lui à quatre pattes, en grognant. L’évêque brandit sa croix et récite des prières en latin. Puis, il s’adresse au démon et lui demande d’où il vient, qui il est. Il lui demande de quitter le corps de Bill.

Soudain, Bill se sent prit d’une grande faiblesse, il recule et se rassoit. Son corps glacé commence à se réchauffer et il n’a plus envie de sauter sur le prêtre. McKenna continue de réciter des prières en latin tout en s’approchant de lui. 

Bill Ramsey sent que le démon quitte son corps, il sent qu’il est repoussé par les paroles de l’évêque. Il perd conscience. Quand il revient à lui, il a le sentiment d’être enfin en paix.

L’exorcisme a donc fonctionné et plus jamais, Bill Ramsey n’a connu de nouvelles crises.

En 1991, Ed et Lorraine Warren publient son histoire dans un livre « True Story of DemicPossession » aux éditions WerewWerewolf.

 

Bien que cette histoire a fait grand bruit dans les journaux, bien qu’elle soit spectaculaire, elle n’est pas très connue par le grand public. On retiendra de tout cela, que d’après les célèbres enquêteurs du paranormal, Ed et Lorraine Warren, les loups-garous existent, mais pas tels que nous les concevons. En fait, il s’agit d’une possession démoniaque. Rien à voir, donc, avec le film « Le loup-garou de Londres » sorti en 1981 et réalisé par John Landis.

Marie d’Ange

 

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Dossier Warren : Arne Cheyenne Johnson

L’affaire Arne Cheyenne Johnson est encore une histoire tirée des dossiers Warren, une histoire de possession démoniaque qui se termine par un procès connu sous le nom du « Procès du Démon ». Cette affaire est le premier cas connu aux États-Unis dans lequel la défense a plaidé la possession démoniaque pour innocenter Arne Cheyenne Johnson d’un meurtre macabre commis sur Alan Bono. Voici la terrible histoire du « Procès du Démon ».




Quelques explications

Arne Cheyenne Johnson n’a que 19 ans lorsqu’il poignarde à plusieurs reprises Alan Bono, âgé de 40 ans, le patron de sa fiancée Debbie Glatzel. Pourquoi a-t-il commis un tel acte ?

Arne Cheyenne Johnson est décrit comme un garçon sympathique, gentil et travailleur. Rien en lui ne pouvait laisser présager des tendances meurtrières. Et pourtant…

Son histoire et son procès ont été largement médiatisés, surtout à cause de la présence d’Ed et Lorraine Warren. Ce fait divers a donné lieu à un film, plutôt à un téléfilm intitulé « The Case Demon Assassiner » et diffusé par NBC. Ce n’est pas la première fois qu’un film est tiré des affaires qu’ont traitées les Warren. On se souvient, notamment, de Conjuring ou d’Amityville.

D’après les Warren, Arne Johnson aurait commis ce meurtre alors qu’il était possédé par un démon. Cette thèse n’a pas été retenue par le tribunal et Arne sera condamné de 10 à 20 ans de prison pour homicide involontaire au premier degré le 24 novembre 1981 par la Cour Supérieur du Connecticut à Danbury. Il sera relâché pour bonne conduite 5 ans après.

À la fin du procès, il restera une interrogation : Arne Jonson était-il possédé au moment des faits ? Il semble que Lorraine Warren en soit totalement convaincue. Pour se faire une idée, découvrons l’histoire d’Arne Cheyenne Johnson et de la famille Glatzel, impliquée aussi dans le débat de la possession démoniaque.

 

Les débuts

Nous sommes en 1980, dans la ville de Brookfield dans le Connecticut. Arne Cheyenne Johnson est fiancé à Debbie Glatzel. Le jeune couple habite chez les Glatzel en attendant de trouver un logement.

À l’automne, le couple trouve une petite maison, très jolie, près de Brookfield, sur la route d’Hawleysville. La maison possède un petit puits à l’arrière. Ce détail prendra toute son importance dans la suite de l’histoire.

Le 3 juillet 1980, Arne et Debbie décident de nettoyer la maison avant d’y emménager. Pour les aider dans cette pénible besogne, ils font appel aux trois frères de Debbie, âgés de 11 à 14 ans. David, âgé de 11 ans, ressent une présence dans la maison.

Alors que tout le monde se met au travail, les jeunes frères découvrent dans l’une des chambres de la maison un matelas à eau ayant appartenu aux anciens locataires. Ils commencent à s’amuser avec leur trouvaille. David, lui, reste en retrait. Le matelas le met mal à l’aise. Soudain, il est poussé en arrière par un vieil homme fantomatique, sorti des murs, vêtu d’un jean et d’une chemise à carreaux. David s’effondre sur le matelas. Il entend l’homme lui dire de se méfier avant de disparaître.

David est terrifié. Il sort en trombe de la maison en hurlant de peur. Debbie, le voyant prendre ses jambes à son cou, croit que son petit frère, lassé de briquer la vieille maison remplie de toiles d’araignée, a trouvé une excuse pour s’esquiver.

À la nuit tombée, Debbie, Arne et les frères de Debbie retournent chez eux, chez les Glatzel où Judy, la mère et Carl le père les attendent pour le souper. Carl est mécanicien et Judy femme au foyer. Elle élève ses quatre enfants, trois garçons, dont David et sa fille Debbie, l’aînée.

Pendant le repas, David raconte ce qu’il avait vu dans la chambre au matelas à eau et comment l’homme à la chemise à carreaux l’a poussé. Personne ne veut le croire.

Dans la nuit, David fait un cauchemar et se réveille en pleurs. Plus tard, il expliquera avoir vu une bête noire terrifiante qui voulait lui faire du mal.

Les jours suivants, David est à nouveau visité par l’homme à la chemise à carreaux. Il raconte cette mésaventure à sa famille, expliquant que cet homme lui est réapparu sous un visage différent, comme brûlé, des yeux noirs, des dents acérées, des oreilles pointues et des pieds de cerf. Judy en a la chair de poule. Pour elle, son fils ne ment pas et a réellement vu cette bête horrible. Elle le croit.

À partir de là, les choses s’intensifient. Des bruits suspects sont entendus dans toute la maison. David commence à se tordre de douleur sur son lit, hurlant qu’il se fait frapper par la bête. Il voit des créatures immondes qui essayent de le tuer. Il entre dans des transes où il vocifère des obscénités, crie. Sur son corps, on peut voir des traces d’ecchymoses, de blessures. Sa mère est témoin d’une scène horrible : elle voit son fils tiré par des mains invisibles qui veulent l’étrangler. Une fois, David parle même en latin avec une voix grave comme sortie d’outre-tombe.

David souffre beaucoup. Il dit voir des démons autour de lui. Il dit que les démons veulent prendre son âme. Il dit que les démons le frappent constamment. Des marques de coups sont visibles partout sur son corps d’enfant.

Judy est terrorisée. Elle ne sait pas quoi faire pour aider son fils. La situation est invivable pour les Gretzel, qui dorment la journée et veillent la nuit pour surveiller David. Le petit est devenu incontrôlable. Il crache, mord, frappe et attaque même ses parents avec un couteau. Il faut agir vite avant qu’un drame ne se produise.

Judy décide d’aller voir le prêtre de sa paroisse, chose qui ne plut pas à Carl Gratziel, le patriarche de la famille et à Carl Junior, l’aîné des garçons. Carl et Carl Jr ne croient pas aux histoires de fantômes et aux entités maléfiques. Carl Jr devient même agressif et se moque du reste de sa famille. Il pense que son petit frère a besoin d’un médecin et non d’un exorciste.

Malgré cela, Judy part trouver un prêtre de l’église de Saint-Joseph, qui vient à la maison et la bénit. Cela n’a aucun effet sur David, qui continue à faire des crises de plus en plus violentes. Le prêtre dit à Judy qu’il y a bien une présence maléfique dans le corps du jeune garçon, mais qu’il ne peut pas tenter un exorcisme, car David, qui n’est pas en bonne santé, ne le supporterait pas. Sur les conseils du prêtre, Judy demande l’aide aux Warren. Elle avait entendu parler des Warren et avait même assisté à l’une de leurs conférences. Elle se rend à Monroe, dans le Connecticut, où le couple résidait à l’époque des faits.

Les Warren acceptent de l’aider. Ils se rendent chez les Glatzel accompagnés du docteur Anthony Giangrasso. À leur arrivée, Carl Glatzel ne veut pas les faire entrer. Mais Judy s’interpose. Lorsque Lorraine Warren voit le petit David, elle aperçoit une forme brumeuse à côté de lui, une entité maléfique qui semble s’approprier le corps du jeune garçon. L’enfant lui raconte tout ce qu’il se passe, tout ce qu’il endure, comment il est continuellement frappé par une force invisible, comment on tente de l’étouffer en l’étranglant… Il montre les marques de coups qui défigurent son corps. Debbie, Judy et Arne confirment les dires du garçon.

Pour les Warren, il n’y a plus l’ombre d’un doute : David est possédé et le démon est puissant.

L’état de David empire encore. À présent, il grogne, crie et récite des passages de la Bible en latin.

Ed et Lorraine Warren, durant leur enquête, ont été témoins de nombreuses manifestations surnaturelles. Ils ont vu des objets léviter seuls, le rocking-chair se balancer seul… Surtout, ils ont vu David faire preuve d’une grande force, ils l’ont entendu parler une langue étrangère et David a montré des dons de précognition. Le démon aurait même appelé le frère de David pour lui dire de se méfier de lui et a attrapé Debbie, qui un soir dans son lit, a senti une main l’agripper et la serrer très fort. Debbie a aussi vu la créature maléfique.

Trois exorcismes mineurs sont pratiqués sur David. Pour le premier exorcisme, quatre prêtres sont présents. De ces exorcismes, il existe des enregistrements audio. Lorsque les prêtres demandent au démon de se nommer, David récite alors une liste de quarante-trois noms de démons. Quarante-trois démons ont pris possession de son corps. En même temps, le jeune garçon se met à léviter et parle d’un assassinat à coups de couteau. Lors de ce premier exorcisme, David cesse brusquement de respirer pendant un long moment. Les prêtres croient qu’il est mort et arrêtent le rituel pour le réanimer.

Lorraine, pendant ces séances d’exorcisme, ressent que quelque chose d’atroce va arriver. Elle prévient la police de Brookfield et veut que l’on fasse un vrai rituel d’exorcisme. Mais, Nicolas Grieco, le directeur des communications du diocèse de Bridgeport, refuse pour le motif que la famille n’a pas consulté un psychiatre pour évaluer l’état de santé mentale du jeune garçon. En réalité, Judy avait emmené son fils chez un psychiatre. Ce dernier lui avait fait payer la consultation 75 dollars et lui avait dit que pour la prochaine séance, il fallait que toute la famille soit présente. La famille Glatzel n’a pas les moyens de payer une prochaine consultation et Judy a décidé d’en arrêter là avec la médecine.

 

Arne Cheyenne Johnson

Arne Cheyenne Johnson assiste à toutes les séances d’exorcisme. Il est témoin de la souffrance de David. À plusieurs reprises, il ordonne aux démons de le prendre lui et de laisser David tranquille. Il se met, même, à les insulter et à les provoquer. Ed et Lorraine Warren le préviennent que cette attitude est très dangereuse, qu’il ne faut jamais se moquer ou défier un démon. Mais, Arne ne veut rien entendre. Il ne supporte pas de voir son petit beau-frère souffrir, il ne supporte pas de voir sa fiancée souffrir de cette situation.

Arne Cheyenne Johnson est un garçon très sensible, un amoureux de la vie, un homme qui travaille dur sans jamais se plaindre. Voir ceux qu’il aime souffrir le met hors de lui. Mais, il n’aurait jamais dû provoquer les démons…

En effet, quelques jours après avoir provoqué les démons, Arne, alors qu’il se trouve à bord de sa voiture, est attaqué par un démon. Sa voiture devient subitement incontrôlable et va s’écraser contre un arbre. Arne voit le visage du démon. Il veut sortir de la voiture, mais les portes refusent de s’ouvrir. Heureusement, il sort de cet accident indemne. Ce qui n’est pas le cas de la voiture.

Plus tard, voulant en avoir le cœur net et ne sachant trop pourquoi, il ressent une irrésistible envie de se rendre à la maison près de la route d’Hawleysville, la maison qu’il devait louer avec Debbie, mais qu’en fin de compte il ne prend pas. Sur place, il se rend au puits situé derrière la maison et voit une bête immonde en sortir qui le regarde droit dans les yeux. Arne dira plus tard que c’est à cet instant que le démon l’a réellement possédé.

Quant à David, ses crises cessent à ce même moment et le garçon est jugé normal par le médecin de famille.

Debbie et Arne quittent la maison familiale des Glatzel. Debbie trouve un emploi comme toiletteuse pour chien dans la boutique d’Alan Bono au Brookfield Pet Motel. Alan Bono met à la disposition du couple un petit appartement situé à côté du Brookfield Pet Motel. Le couple y emménage rapidement.

À partir de là, Arne commence à changer de caractère. Il devient nerveux, irascible, voire violent. Pourtant, c’était quelqu’un de calme, qui n’avait jamais eu de problèmes avec la justice. Il chantait dans la chorale de l’église, faisait des petits boulots pour gagner sa vie, avait même remporté le prix du meilleur livreur de journaux. Il avait utilisé l’argent de ce prix pour acheter une voiture à Debbie, afin qu’elle ne se rende plus à son travail à pied.

Mais, depuis quelque temps, il entre souvent dans des sortes de transes qui le transforment en un monstre. Tout comme David, il se contorsionne de douleurs, crie, vocifère, bave, grogne. Tout comme David, il dit voir une bête. Debbie ne sait pas quoi faire et a de plus en plus peur de son fiancé.  

 

Le meurtre d’Alan Bono

Le 16 février 1981, Debbie est au travail. Elle est accompagnée de Wanda (15 ans) et Janice (13 ans), les sœurs d’Arne, ainsi que Mary (9 ans), leur cousine. Tout ce petit monde est venu voir comment Debbie travaille et s’occupe des chiens.

Alan Bono, le gérant de l’affaire, vient à son tour au chenil. Alan Bono était un bon vivant, qui aimait parler de lui. Il s’attarde au chenil et fait la conversation aux filles en leur racontant toutes ses aventures de jeunesse. Les filles sont captivées. Plus tard, il les invite à déjeuner au petit centre commercial de la ville. Alan Bono boit beaucoup de vin pendant le repas. Arne, qui rejoint Debbie pour le déjeuner, boit aussi un peu de vin. Alan Bono avait l’habitude de boire beaucoup.

Le repas terminé, toute la troupe rentre au chenil. L’après-midi se déroule sans accrocs. Arne répare le poste de radio d’Alan Bono qui est ravi et le prouve en montant le son. La musique devient assourdissante, assommante. Arne se sent fatigué nerveusement.

Le soir venu, Debbie envoie les filles chercher des pizzas. À leur retour, Alan Bono propose de les manger dans son appartement, qui se trouve au-dessus du chenil. Là, il allume la télévision et pousse le son à fond. Enivré, il se met à frapper la paume de sa main avec son poing, faisant encore plus de bruit, encore et encore.

Debbie sent que quelque chose de terrible va arriver. Elle veut rentrer, mais Alan Bono refuse de les laisser partir. Il attrape la petite Mary. Arne lui demande de lâcher la petite fille. Allan refuse. Alors, Arne Cheyenne Johnson en état de transe, grognant comme une bête, se jette sur lui et lui assène plusieurs coups de couteau. De là, toujours en grognant et en hurlant, il court en direction des bois. Il sera retrouvé à 3 km de la scène du crime, complètement hébété et sera incarcéré au centre correctionnel de Bridgeport et libéré sous caution pour 125 000 dollars.

Quant à Alan Bono, il est transporté à l’hôpital et décédera quelques heures plus tard des suites de ses blessures. L’arme du crime, le couteau d’Arne, a été retrouvée à côté d’Alan Bono.  

 

Le procès du démon

Le lendemain du meurtre, Lorraine Warren appelle la police de Brookfield pour leur expliquer qu’Arne Johnson est possédé par un démon et qu’il n’est pas responsable de ce crime atroce. Aussitôt, les médias s’emparent de cette histoire. Les Warren donnent une conférence de presse et promettent d’écrire un livre sur cette histoire pour expliquer tous les détails.

Arne Johnson fait appel à Martin Minnella, avocat, pour le défendre. Ce dernier devient subitement très connu. Il assigne les quatre prêtres qui avaient pratiqué les exorcismes sur David en justice et plaide la possession démoniaque pour sauver son client de la prison.

Le procès débute le 28 octobre 1981 devant la Cour Supérieur du Connecticut à Danbury. Le juge en place est Robert Callahan. Ce dernier rejette la thèse de la possession démoniaque et refuse de croire qu’Arne Johnson était sous l’influence d’un démon au moment du meurtre d’Alan Bono. Pour lui, il n’est pas question de mettre en place une telle défense, une défense aussi anti-scientifique. Alors, Martin Minnella fait valoir la légitime défense.

Le jury délibère pendant 15 heures sur trois jours. Enfin, le verdict tombe. Arne Johnson est reconnu coupable et est condamné pour homicide involontaire au premier degré à une peine de prison allant de 10 à 15 ans, le 24 novembre 1981. Arne Johnson fait 5 ans de prison et est libéré pour bonne conduite. À sa sortie, il épouse Debbie, qui l’avait attendu, et ne sera plus jamais ennuyé par un démon.

 

Après le procès

En 1983, cette affaire inspire un téléfilm qui est diffusé sur MBC. Ce téléfilm, « The demon Murder Case » ou « Le procès du démon » en français fait grand bruit et est suivit d’un livre écrit par Gérald Brittle avec la collaboration de Lorraine Warren, intitulé « The Devil in Connecticut ». D’après Lorraine Warren, tous les bénéfices du livre ont été partagés avec la famille Glatzel.

Ce livre est réédité en 2006. Carl Glatzel Jr et David Glatzel ont poursuivi l’auteur et l’éditeur pour violation de la vie privée et diffamation. Carl déclare que l’histoire de possession dont a été victime son petit frère David n’était qu’un énorme canular inventé par Ed et Lorraine Warren pour faire sortir Arne de prison. Il affirme que les célèbres démonologues avaient exploité sa famille afin de se faire connaître.

Carl Glatzel Jr a d’ailleurs lui-même écrit un livre intitulé « Alone Through The Valley », dans lequel il raconte sa version des évènements, version qui est bien différente de celle des Warren.

Quant à Lorraine Warren, elle se défendit en disant que son travail auprès de la famille Glatzel n’était que pure vérité et que plusieurs vidéos et enregistrements audio faits au moment des exorcismes sur David peuvent le prouver.

Quant à Arne Cheyenne Johnson et sa femme Debbie, ils ont toujours affirmé que toute l’histoire de possession diabolique était réelle et que Carl Jr a porté plainte simplement pour se faire de l’argent.

Dans cette affaire, plusieurs points restent flous, dont un qui me semble important : comment cela se fait-il qu’Arne, après le meurtre d’Allan Bono, ne soit plus possédé ? Serait-ce la prison qui a fuir le démon ? Je respecte le travail des Warren, mais je trouve que beaucoup d’histoire où ils sont impliqués restent vagues et inachevées. Mais le paranormal n’est-il pas vague et incompréhensible ? Véritable possession démoniaque ou folie meurtrière ? Je pense que l’on n’aura jamais la réponse, comme pour l’histoire d’Amityville. Par contre, je reste persuadée que les démons peuvent contrôler certains de nos actes. Découvrez d’autres affaires des Warren dans le livre « Les meilleurs dossiers Warren ».

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin


 




 

 

 

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La malédiction du tableau du garçon qui pleure

Il existe un tableau, appelé le tableau « du garçon qui pleure » réputé maudit. Ce tableau a engendré un mythe, une légende. On parle même d’une malédiction. De nombreuses personnes qui ont possédé ce tableau ont été victimes de cette malédiction. Il existe de nombreux témoignages. Voici l’histoire du tableau du garçon qui pleure.




Origine du tableau maudit

Le tableau du garçon qui pleure est connu sous le nom anglais de « The curse of crying boy painting ». Il a été peint par Bruno Amadio un peintre italien né à Venise en 1911, aussi connu sous le nom de Giovani Bragolin, J. Bragolin, Franchot Seville. Ce peintre, après la Seconde Guerre mondiale, s’est réfugié en Espagne, dans la ville de Séville, puis à Madrid où l’on a mystérieusement perdu sa trace. Des années plus tard, on retrouve le peintre en Italie, dans la ville de Padore où il décède en 1981.

Bruno Amadio, lorsqu’il était en Espagne, avait peint une série de portraits d’enfants, tableaux connus sous le nom des Enfants qui pleurent. Ces tableaux deviennent très vite populaires et le peintre en vend plusieurs milliers de reproductions, surtout en Angleterre, dans les foyers de la classe ouvrière du nord du pays. Plus de 50 000 copies de ces tableaux circulent dans le monde entier.

Bruno Amadio connaît la gloire, pourtant, il n’est pas bien riche. Pire, il est victime d’une malédiction qui va le poursuivre jusqu’à la fin de sa vie.

 

Les origines de la malédiction

On raconte, à propos de ce tableau, qu’il serait maudit, qu’il apporterait la mort et la désolation. Pourquoi ?

Pour le comprendre, il faut remonter aux origines du tableau. Bruno Amadio, alors en Espagne, peint en 1969 un jeune garçon au regard triste. Il intitule ce tableau « Niῆo Llorando ». L’enfant pris pour modèle est un orphelin. Bruno Amadio adopte ce jeune garçon et le prend sous son aile.

Plus tard, un prêtre reconnaît l’enfant comme étant Don Bonillo. Cet enfant aurait vu ses parents mourir par le feu. C’est pour cela qu’il est toujours triste. Le prêtre conseille au peintre de ne pas s’approcher de l’orphelin, car une rumeur circule sur lui : il déclencherait des incendies. Plusieurs incendies ont été répertoriés dans différents orphelinats et chaque fois l’enfant était présent et s’en est sorti indemne. On l’avait même surnommé « Diablo ».

Bien sûr, Bruno Amadio ne tient pas compte de l’avertissement du prêtre et continue à peindre l’enfant. Mais, lorsqu’il termine le tableau, son atelier prend feu, laissant le tableau intact. L’enfant, lui, disparaît mystérieusement.

Ce n’est qu’en 1976 que l’on retrouve la trace de l’orphelin. En effet, dans la périphérie de Barcelone, un accident de la route se produit. Une voiture est entièrement brûlée. À l’intérieur, un corps calciné. On retrouve le permis de conduire du conducteur. Il s’agissait de Don Bonillo, alors âgé de 19 ans.

 

D’autres versions de la malédictio

On raconte aussi que Bruno Amadio, alors peintre ruiné et pauvre, a fait un pacte avec le Diable. Après ce pacte, il aurait peint une série de tableaux d’enfants qui pleurent et il trouva la richesse, car ses tableaux deviennent populaires et se vendent comme des petits pains. Sauf que, ces tableaux seraient maudits à cause du pacte et quiconque les achète est victime de la malédiction. Certains affirment même que dans une chaîne de télévision brésilienne, le peintre aurait avoué avoir fait un pacte avec le Diable.

On dit aussi qu’après avoir peint le premier tableau, Bruno Amadio l’aurait offert à l’orphelinat qui avait recueilli Don Bonillo. La même nuit, l’orphelinat est victime d’un incendie ravageur, qui va faire plusieurs victimes, dont Don Bonillo.

 

La malédiction du tableau du garçon qui pleure

Que ce soit l’une ou l’autre des versions, il s’avère que beaucoup de personnes possédant ce tableau sont victimes d’incendies inexpliqués, de morts suspectes ou de malchance. Très vite, une rumeur circule, surtout en Angleterre, où le tableau s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

Dans ce pays, durant une courte période, de nombreux incendies éclatent dans une banlieue ouvrière. Les pompiers sont débordés. Chaque fois, dans les cendres, on retrouve le tableau intact. Du coup, les médias s’emparent de l’affaire, ce qui va propager la rumeur. Très vite, de nombreux témoignages sont recueillis. Les personnes qui possèdent ce tableau sont soit victimes d’un incendie, soit d’une mort inexpliquée, soit sont poursuivies par la malchance.

Il semblerait que tous ceux qui ont possédé une copie du tableau du garçon qui pleure sont victimes de la malédiction. On raconte que le tableau attire la malchance, attire des forces obscures.

Je connais une famille qui a possédé ce tableau. Heureusement, il n’y a jamais eu d’incendie. Par contre, il y a eu beaucoup d’évènements bizarres, d’évènements malchanceux qui se sont produits au sein de la famille, des décès inexpliqués. Ces personnes m’ont raconté qu’elles avaient l’impression de ne pas avancer dans la vie, que tout ce qu’elles entreprenaient était voué à l’échec.

Pour ma part, j’ai vu ce tableau et je peux vous dire qu’il dégage une impression de désolation. On ressent des frissons devant le regard malheureux de l’enfant qui a été peint. J’en ai eu la chair de poule. Le tableau m’a mise mal à l’aise. Et à cette époque, je ne connaissais pas l’histoire de ce tableau, mais je ressentais déjà qu’il n’était pas banal.

La famille qui a possédé ce tableau s’en est débarrassée et a ressenti un réel soulagement par la suite. Après avoir été victimes de malchance toute leur vie, ces personnes ont enfin goûté à une existence normale, loin de la maladie et des problèmes d’argent. Ce tableau pesait sur leur vie. Il y a eu, autour d’eux, beaucoup d’évènements inexpliqués, comme des accidents domestiques, un sentiment d’oppression, des dépressions, des renoncements… beaucoup de malheurs. Le pire, c’est que la malédiction poursuivait les enfants. La mère de famille a sombré dans la dépression. Son mari a sombré dans l’alcool et la folie. Puis le couple a divorcé et le père a perdu tous ses enfants. En effet, ils ne veulent plus revoir leur père, car ce dernier les repousse. Ils ont peur de lui. Lorsqu’il est en crise, il est incontrôlable. Un jour, il a même failli tuer deux de ses filles et un de ses fils (alors âgé de 4 ans). Dans ces moments de crise, il semble comme possédé par une force obscure. Il baragouine des mots incompréhensibles. Tous ont préféré fuir, mais tous sont encore hantés par l’image de ce père en crise. La situation s’est arrangée lorsqu’il s’est débarrassé du tableau.

 

Si vous possédez ce tableau et que vous sentez que vous allez mal, le mieux est encore de le détruire ou de vous en débarrasser. Sinon, si vous y êtes attaché, vous pouvez aussi accrocher, à côté du garçon qui pleure, la fillette qui pleure, tableau peint aussi par Amadio. On dit que la fillette calme le garçon.

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin

 




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Le Fils de Sam, le tueur qui entendait des voix démoniaques




L’histoire de David Berkowitz, tueur en série surnommé le Fils de Sam, est plutôt curieuse et soulève pas mal d’interrogations. David Berkowitz dit entendre des démons lui ordonner de tuer, dit les voir, dit les sentir. Possession démoniaque ? Folie meurtrière ? Le mystère reste entier. Voici l’histoire du Fils de Sam, l’une des histoires les plus médiatisées des États-Unis.

 

David Richard Berkowitz

 

David Berkowitz est né le 1er juin 1953 à New York d’une relation adultère. David sera abandonné et adopté par Nathan et Pearl Berkowitz, des quincailliers juifs à la vie tranquille. Ses parents adoptifs le remplissent d’amour, c’est même un enfant un peu gâté. Comment expliquer que quelques années plus tard, David deviendra un tueur en série qui sèmera la panique dans les rues de New York ?

L’histoire de David Berkowitz me fait penser aux personnages des « 7 +1 Péchés Infernaux », livre écrit par votre serviteur.

Dans les « 7 +1 Péchés Infernaux », huit personnages d’apparence normale, ayant une famille, ayant un travail, se transforment en véritables meurtriers sanguinaires. Pourquoi ? Parce qu’ils entendent la voix d’un démon qui les pousse à agir ainsi. C’est une forme de possession démoniaque. Et les faits divers regorgent d’histoire comme celles-ci. Un exemple criant est l’affaire du Fils de Sam.

David Berkowitz, alias le Fils de Sam, n’a rien d’un tueur. Il travaille au centre de tri de la Poste de New York, a été entouré d’amour étant jeune, est décrit comme quelqu’un de jovial et effacé. Et pourtant, le 12 juin 1978, il sera condamné à 365 années de prison ferme pour 6 meurtres et sera incarcéré à la prison d’Attica.

Que lui est-il arrivé ? Pourquoi David Berkowitz s’est-il transformé en tueur ? Le meurtrier dira entendre des voix de démons le pousser à commettre ses crimes. Une théorie qui ne peut être retenue par le Tribunal et pourtant…

 

Les meurtres

  • Le 29 juillet 1976 : Dans le quartier du North Bronx, David Berkovitz tue par balle Donna Lauria (18 ans) et blesse Jody Valente (19 ans). C’est le début des meurtres et le début de l’enquête qui durera plus d’un an. Jody Valente décrira son agresseur comme un homme blanc âgé d’une trentaine d’années aux cheveux bruns bouclés. Les voisins avaient remarqué une voiture jaune garée à proximité de celle de Donna Lauria. Les soupçons de la police se portent sur un règlement de compte entre mafieux.
  • Trois mois après le premier meurtre, dans le quartier de Queens, un tireur fou tire sur la voiture de Rosemary keenan (18 ans). Le passager, Carl Denaro (21 ans) reçoit une balle à l’arrière du crâne. Carl Denaro, grièvement blessé, sera transporté à l’hôpital et s’en sortira avec une plaque en métal à l’arrière de son crâne. Les policiers ne font pas le rapprochement entre les deux affaires, car les lieux sont très éloignés l’un de l’autre.
  • 27 novembre 1976 : toujours dans le Queens, David Berkovitz tire sur deux jeunes femmes, Joanne Lomino et Donna DeMasi. Les deux filles ont été grièvement blessées, mais ont pu témoigner. Elles ont vu un homme marcher de l’autre côté de la rue et se précipiter vers elles. Toutes les deux ont d’abord pensé que l’homme allait leur demander un renseignement. Et c’est d’ailleurs ce qu’il a fait. Au milieu de la discussion, il sort une arme de sa ceinture et tire sur les deux femmes, comme un fou. Il ne fera que les blesser. Les deux femmes décriront leur agresseur comme un homme blanc aux longs cheveux blonds.
  • Le 29 janvier 1977 : John Diel (30 ans) et Christine Fiel (26 ans) sortent tranquillement du cinéma. Ils viennent de voir Rocky. Ils vont dîner à la Wine Gallery sur Austin Street pour fêter leurs fiançailles. Ils sont heureux. Puis, un peu après minuit, ils rejoignent leur voiture pour rentrer chez eux. À peine installés dans leur carrosse, la vitre du côté passager vole en éclats, explosée par l’impact d’une balle. Christine Fiel est touchée à la tête et décédera quelques heures plus tard. Sur la scène de crime, des balles de calibre .44 sont découvertes. Elles proviennent d’un revolver Bulldog, la même arme que les quatre affaires précédemment citées. Le lien est donc établi. Ce qui cloche, c’est que les témoins ne décrivent jamais le même homme.
  • 8 mars 1977 : Virginia Voskerichian (19 ans) est abattue à bout portant, à Forest Hill, à 19 h 30, alors qu’elle rentre chez elle. Un témoin dira avoir vu un homme mesurant environ 1 mètre 70, jeune, environ 18 ans, portant un passe-montagne. Encore une fois, les descriptions du tueur ne concordent pas.
  • Le 16 avril 1977 : Dans le Bronx, près du lieu où fut découverte la première victime, Valentina Suriani (18 ans) et Alexandre Esau (21 ans) se font gaiement des câlins à bord d’une Mercury Montego. Valentina est même assise sur les genoux de son petit ami. Excellente soirée en perspective ! Mais leur douce étreinte s’arrêtera net, stoppée par des balles. Les deux premiers projectiles viennent directement se loger dans le crâne de la jeune fille, les deux suivants touchent le haut de la tête d’Alexandre qui mourra deux heures plus tard. Un policier, chargé de l’enquête, découvrira une enveloppe blanche adressée au Capitaine Joe Borelli, au milieu de la rue, à quelques pas de la scène du crime.
  • 25 juin 1977 : dans le Bronx, Judy Placido (17 ans), une amie de Valentina Suriani, et Salvatore Lupo discutent tranquillement, lorsque le jeune homme reçoit une balle poignet, balle qui continue sa course et va se loger dans le cou de Judy. La balle suivante manque sa cible, et la troisième balle vient perforer l’épaule de Judy. Les deux jeunes gens s’en sortent miraculeusement.
  • 28 juillet 1977, presque un an après le premier meurtre, Bobby Violante et Stacy Moskowitz se retrouvent dans un endroit tranquille pour se bécoter à souhait. Bobby gare sa voiture en dessous d’un réverbère du Shore Parkway (parc surnommé l’allée des amoureux). Avant eux, Tommy Zaino et Debbie Crescendo avaient occupé la même place, mais l’avaient jugée trop éclairée. Robby propose alors à sa belle de faire une petite promenade dans le parc. Près des w.c. publics, ils remarquent un homme en jeans à l’allure hippie. De retour à la voiture, ils s’enlacent et s’embrassent à pleine bouche. Ce magnifique baiser est interrompu par une explosion tonitruante. Bobby reçoit deux balles en pleine face, ce qui lui fait éclater les tympans et le rend aveugle. Stacy est grièvement blessée et meurt 38 heures plus tard.

  

L’enquête

Les policiers pataugent, aucune piste valable n’est retenue, aucune preuve tangible n’est retrouvée. Un détachement spécial pour cette affaire est créé le 19 avril 1977 par John Keenan. Mais la police est submergée par les témoignages et reçoit plus de 250 appels par jour, qu’il faut trier. Alors, l’enquête n’avance pas.

Ce n’est qu’avec le double meurtre du 16 avril 1977 et la découverte de la lettre laissée par le tueur, que l’enquête prend une autre tournure. Il ne peut plus y avoir de doute : le tueur est un psychopathe disant obéir à son père Sam, qu’il considère comme un vampire buveur de sang. Le tueur dit prendre plaisir à tuer des gens, en particulier des femmes à la longue chevelure. Malheureusement, aucune empreinte n’a pu être exploitée sur l’enveloppe.

Voici la fin de la lettre. 

          « JE DIS AU REVOIR ET BONNE NUIT.

            POLICE : QUE CES MOTS VOUS HANTENT :

            JE REVIENDRAI !

            JE REVIENDRAI !

            CECI EST A INTERPRETER COMME — BANG – BANG — BANG

            BANG — BANG —UGH !!

            BIEN A VOUS DANS LE MEURTRE

  1. MONSTRE. »

 

Pure folie meurtrière ? Délire d’un psychopathe ? Maladie mentale ? Possession démoniaque ? Le mystère reste entier. Les spécialistes qui ont planché sur cette lettre remarquent une chose étrange : le criminel orthographie le mot women (femmes) comme le mot demon (démon).

Pour le bon déroulement de l’enquête, cette lettre est tenue secrète. Ce n’est qu’après plusieurs semaines, que le journaliste Jimmy Breslin la publiera dans le Daily News.  

 

Les lettres au journaliste

 

Le 1er juin 1977, c’est au tour de Jimmy Breslin, notre journaliste au Daily News de New York, de recevoir une lettre du Fils de Sam. Cette lettre fait froid dans le dos. Au lieu de la publier telle quelle, le journaliste va la publier petit à petit, sur plusieurs jours, afin d’augmenter les tirages de son journal. Bientôt, une autre lettre arrive au journal, qui sera aussi publiée par à coup.

C’est cet immense battage médiatique qui rendra célèbre David Bertovitz, alias le Fils de Sam. Les lettres comportent de nombreux passages étranges, des noms bizarres, une référence aux 22 disciples de l’enfer, un Duc de la Mort, ou un personnage de John Wheaties, décrit comme un violeur et un étouffeur de fillettes. Le tueur dit être le fils de Sam (d’où son surnom) et dit être poussé par Satan à commettre les crimes. Rien ni personne ne peut l’arrêter, sauf la mort. Il dit voir et entendre des démons.

Ces lettres seront très peu exploitées par la police, car ce qui est écrit est incompréhensible. Le tueur parle en énigmes.

Ce n’est qu’à partir du dernier meurtre, que l’enquête se met à avancer. En effet, Tommy Zaino, qui se tenait près de la scène de crime, a tout vu. Il donne un signalement précis du tueur, le décrivant comme un homme blanc, avec une perruque blonde. Sauf que le doute persiste toujours, car les témoignages ne concordent pas avec cette description du personnage. Un coup brun frisé, un coup blond, un coup grand, un coup jeune, un coup grand, un coup petit… Y aurait-il plusieurs tueurs ?

D’autant plus, que plusieurs témoins, lors du dernier crime, remarquent une Volkswagen jaune garée à l’entrée du parc.

Quelques jours après cette sordide histoire, Cacilia Davis se présente à la police. C’est un témoin très important, qui va permettre l’arrestation du Fils de Sam. En effet, la nuit où Stacy Moskowiz a été tuée, Cacilia David discutait dehors avec un ami. Elle a vu la voiture jaune, elle a vu un agent de police lui mettre une contravention pour mauvais stationnement et c’est en recherchant cette contravention que les enquêteurs remontent la piste de David Berkowitz. Après quelques vérifications, ce dernier est arrêté le 6 août 1977, à bord de sa voiture. Très vite, David Berkowitz passe aux aveux et sera condamné à 665 années de prison ferme.

En prison, comme pour se racheter, David Berkowitz est pris d’une véritable passion pour l’épistolaire. Il écrit même des lettres à ses fans leur racontant les mémoires d’un tueur et rejoint l’Église quelques années plus tard.

Mais l’histoire ne s’arrête pas. Ça serait trop simple. L’histoire cache une réalité bien plus sordide.

 

Une enquête rouverte

John Hockenberry considère que l’enquête policière a été bâclée et que trop de questions restent en suspens. Il fera sa propre enquête et rouvre le dossier en 1996. Il découvre que toute l’affaire repose sur une théorie du complot. En voici l’explication :

Des anomalies flagrantes sont découvertes. Tout d’abord, les témoins ne décrivent pas le même personnage, ce qui peut signifier qu’il y a plusieurs tueurs. De plus, lorsqu’on fouille le passé de David Berkowitz, on s’aperçoit qu’il avait été le voisin d’un certain Sam Carr, qu’il idolâtre. D’où son surnom de Fils de Sam. Sam Carr avait deux fils, John et Michael, qui haïssaient leur père. John Carr était surnommé « Wheaties, violeur et étouffeur de fillettes », le même nom qui a été retrouvé sur une des lettres de David. Et pour couronner le tout, John avait des cheveux longs et blonds. Il pourrait être un des tueurs.

À l’époque où David résidait à Walden (une banlieue de New York), 85 bergers allemands et dobermans furent retrouvés morts écorchés vifs. Coïncidence ? Le journal ne croit pas en cette thèse. David n’aime pas les chiens, il dit même que Satan prend possession d’eux pour lui parler. Dans ce même quartier, John Hockenberry découvre une secte d’adorateurs de Satan qui organise des cérémonies sanglantes.

Peu de temps après l’arrestation de David, John Carr est retrouvé mort, une balle dans la tête, avec le nombre 666 inscrit sur sa main avec du sang. Suicide ou vengeance ?

Le journaliste découvre, en fouillant dans l’ancien quartier du tueur en série, que David avait été enrôlé par Michael Carr dans une secte pratiquant l’occultisme. Peu de temps après cette découverte, Michael se tua au volant de sa voiture. Coïncidence ou meurtre perpétré pour l’empêcher de parler ?

Encore aujourd’hui le mystère reste entier.

 

Les lettres de David Berkovitz à la presse

 

David Berkowitz, en prison, a rejoint les évangélistes

 

Avant de finir, j’aimerais simplement ajouter que David Berkovitz a toujours dit avoir entendu des voix lui demander de tuer. Ces voix venaient le plus souvent de chiens, et notamment du chien de Sam Carr, qu’il tua par la suite.

Voici quelques-unes de ces citations macabres :

  • « Je n’aurai jamais cru être capable de tuer. Je n’y croyais pas. J’ai juste tiré, comme ça, dans la voiture, dans le pare-brise. Je n’ai même pas su si elle était touchée », David Berkowitz, au sujet du meurtre de Donna Lauria.
  • « Je le sens de plus en plus… Les filles disent que je suis moche, ce sont elles qui m’ennuient le plus », David Berkowitz, dans une lettre à son père un mois avant le premier meurtre.
  • « Salut depuis les caniveaux de New York, remplis d’excréments de chiens, de vomissures, de vin éventé, d’urine et de sang » David Berkowitz, dans sa lettre à la presse.
  • « Sam est assoiffé. Il ne me laissera pas m’arrêter de tuer tant qu’il n’aura pas eu son content de sang », David Berkowitz, dans sa lettre à la presse.
  • « À ce moment-là (le tueur parle de l’agression de C. Freund et J. Diel), je pense que ça ne me faisait plus grand-chose, parce que je m’étais convaincu que c’était bon de le faire… et que le public voulait que je le fasse. »
  • « Oui, les démons sont réels. Je les ai vus, j’ai senti leur présence, et je les ai entendus » David Berkowitz dans son journal tenu en prison.
  • « Salut ! Je suis Mr Williams et je vis dans ce trou. J’ai plusieurs enfants et je suis en train d’en faire des tueurs. Attendez qu’ils grandissent. Mes voisins, je n’ai aucun respect pour eux, je les traite comme de la merde. Sincèrement » Inscription trouvée sur les murs de l’appartement de David Berkowitz.
  • « Je ne suis jamais heureux. Je suis plutôt triste. Très souvent, je pleure quand je suis seul dans ma cellule. Je suis très nerveux. Je n’arrive jamais à me détendre. Je vais faire une dépression nerveuse. Au secours je suis possédé ! Je dors mal. J’ai envie de hurler. Il faut me tuer. Des démons me tourmentent. Je n’y arriverai pas. »  Inscriptions trouvées sur les murs de sa cellule.
  • « Les démons me protégeaient. Je n’avais rien à craindre de la police » David Berkowitz, après son arrestation. 

 

Dans ses écrits, le tueur nous montre qu’il est aux prises avec des démons, il appelle à l’aide, il veut qu’on l’exorcise. Cela rejoint les huit histoires des « 7 +1 Péchés Infernaux » (disponible sur Amazon) où huit personnages d’apparence normale deviennent des tueurs sanguinaires parce qu’ils entendent des voix.

Alors, possession démoniaque ou folie meurtrière ? On ne saura jamais la vérité. Les uns diront que le Fils de Sam est un psychopathe schizophrène, les autres diront que c’est un possédé qu’il faut aider.

Ce fait divers a inspiré le film de Spike Lee, « Summer of Sam », comme quoi le macabre fait vendre. En parlant de macabre, David Berkovitz a gagné beaucoup d’argent en racontant son histoire, tellement qu’il est à l’origine d’une loi appelée « Son of Sam laws » qui veut que tous les profits générés par les criminels en commercialisant leurs infractions soient reversés à un fonds d’aide aux victimes.

Un an après sa condamnation et après avoir subi une tentative de meurtre, David Berlowitz donna une conférence de presse de la prison d’Attica où il était enfermé. Il nia toutes ses déclarations sur Sam Carr, ainsi que sur sa possession démoniaque. Il dit que ses actes n’étaient que de la rancœur envers les femmes. En 1987, il rejoint l’Église évangélique chrétienne. Aujourd’hui, il s’est repenti et se tourne vers Dieu. On l’appelle le Fils de l’Espérance, celui qui a réussi à vaincre le Mal. Curieux non ? D’un côté il nie avoir entendu des démons, de l’autre il rejoint les évangélistes…

L’immeuble où il habitait est devenu un lieu de pèlerinage pour curieux en mal de sensations fortes. Les visiteurs ont dérobé des fragments de moquette, des poignées de porte, ont gratté la peinture des murs… afin de rapporter un petit souvenir à la maison. Ceux qui ont fait cela sont aussi fous que le tueur ! Jamais cet appartement ne fut reloué.

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 




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Des servantes pour Lucifer




Encore une histoire de possession démoniaque issue des Dossiers Warren et se passant aux États-Unis dans les années soixante. Rappelez-vous : Ed et Lorraine Warren sont les célèbres enquêteurs du paranormal, les chasseurs de démons dont les affaires ont inspiré le film Conjuring : Les dossiers Warren. L’histoire que je vous présente aujourd’hui est tirée d’une enquête d’Ed Warren. Voici l’étrange histoire de deux jeunes filles possédées après avoir touché aux sciences occultes.

 

La conférence

 

Photographie issue du film Conjuring : Les meilleurs dossiers Warren

 

Ed et Lorraine Warren donnaient régulièrement des conférences sur la démonologie où ils relataient leurs enquêtes. Dans le film Conjuring : Les dossiers Warren, on les voit donner une de ces conférences.

Durant l’une de ces conférences, alors qu’ils sont dans un collège (attention, nous sommes dans un collège aux États-Unis, ce qui n’a rien à voir avec les collèges en France. Aux États-Unis, les collégiens sont plus âgés que ceux de chez nous) et que la salle est comble, Lorraine Warren sent une présence maléfique autour d’elle, sans pouvoir la distinguer ni pouvoir construire une image précise de cette impression. La séance de questions débute et une fois finit, les plus curieux peuvent se lever et venir saluer le couple.

Un jeune étudiant s’avance vers Ed et entame la conversation avec le démonologue. Près de lui se tient une jeune fille qui, pour une raison inconnue, bouillonne de rage. Lorraine ressent cette colère et prend à part son mari pour lui faire savoir ce qu’elle perçoit. Ed, voyant sa femme bouleversée, lui explique pourquoi le jeune homme est venu lui parler et pourquoi il a besoin de son aide. Ce qu’il allait lui révéler est pour le moins curieux.

 

Jimmy et Kendra

 

Lorraine et Edward Warren

 

Jimmy c’est le jeune étudiant qui est venu parler à Ed lors de cette fameuse conférence. Kendra, c’est sa petite amie qui l’a accompagné ou plutôt qu’il a forcée à le suivre. En effet, Jimmy la soupçonne d’être sous l’influence de forces occultes et c’est pourquoi il veut en parler avec Ed. Il lui avoue que la jeune femme est souvent prise de colères terribles. Lors de ces accès de rage, son visage se transforme, sa voix change et Jimmy a l’impression de se tenir en face d’une autre personne que Kendra. 

Très vite, Ed soupçonne une possession démoniaque. D’ailleurs, alors qu’Ed revient vers Jimmy, Kendra, folle de rage, se jette sur Lorraine et tente de l’étrangler. Cet incident effraye non seulement Lorraine, mais aussi les personnes qui se sont rassemblées près des deux conférenciers. Très vite, on maîtrise Kendra. Ed, devant la violence des faits, prend congé et demande à Jimmy de le suivre pour discuter plus calmement, sans la présence de Lorraine, qui est très secouée.

Ed Warren emmène Jimmy et Kendra en coulisse, loin des regards. Kendra est encore sous l’emprise d’une force démoniaque. Elle respire fort, les traits de son visage sont transformés (petit à petit, ils prennent l’apparence d’un loup), sa voix est rauque, glaciale, inhumaine. Au bout de quelques minutes, Kendra semble reprendre ses esprits. Elle se radoucit. Ed lui raconte, alors, ce qu’il vient de se passer. Kendra est sous le choc. Elle a vaguement conscience de son état, mais, après une crise violente, elle perd la mémoire. La jeune fille se met à pleurer et pense qu’elle est en train de devenir folle. Gentiment, Ed lui explique qu’elle est sous l’emprise d’une entité démoniaque. Mais, avant toute chose, avant de demander un exorcisme, il faut savoir pourquoi elle est possédée.

 

Les révélations de Kendra

 

Kendra sait pourquoi elle est possédée, elle sait pourquoi une entité démoniaque la poursuit. Et surtout, elle sait que tout ce qui lui arrive est de sa faute. Elle se confie alors à Edward Warren.

Lorsqu’elle avait fait la connaissance de Jimmy, elle l’avait tout de suite trouvé très séduisant. Les deux jeunes gens ont commencé à se voir, mais Jimmy n’était pas attiré par sa prétendante et avait fini par ignorer totalement ses avances. Kendra, qui était issue d’un milieu aisé et qui n’avait pas l’habitude qu’on lui refuse quoi que ce soit, mit tout en œuvre pour le séduire. Elle lui envoya de l’argent, lui écrivit de belles lettres enflammées… mais rien à faire. Jimmy ne voulait pas d’elle, un point c’est tout.

Alors, Kendra avait fait ce qu’il ne faut justement pas faire : elle s’était acheté un livre de magie noire pour se livrer à un rituel obscur. Eh oui ! Tous les moyens sont bons pour se faire aimer par celui que l’on désire. Le rituel choisi pour rendre fou d’amour Jimmy était un très ancien rite que même les plus grands magiciens hésitent à pratiquer, tant il est dangereux.

Là, vous vous dîtes que vous aimeriez connaître le titre de ce livre de magie et le nom de ce rituel. Je n’ai pas cette information, car les Warren, les jugeant trop dangereux, n’ont jamais voulu les divulguer au grand public. Et même si j’avais ces informations, je les garderai pour moi pour la même raison que les Warren les ont gardées pour eux.

Kendra a suivi à la lettre toutes les indications du livre. Elle s’est acheté une mantille de dentelle noire, qu’elle avait portée comme un voile de mariée funeste, la faisant tenir sur sa tête par une couronne de cornes de chèvres. Ensuite, elle a prononcé ses vœux, renier son baptême chrétien et renoncer à Dieu. Puis, elle a juré allégeance à Satan et lui a offert le sang d’un animal en sacrifice.

Un mois après, Jimmy lui téléphone et lui rend même visite. Kendra est aux anges. Mais cela ne va pas durer. En effet, en faisant son rituel, elle a attiré un esprit démoniaque qui ne va plus la lâcher et qui va prendre possession de son corps.

Devant l’urgence de la situation, Ed comprend qu’il n’y a plus de temps à perdre. Il faut pratiquer un exorcisme sur Kendra et cela le plus rapidement possible. En effet, le démon pouvait pousser Kendra au suicide. Elle perdrait alors son âme et rejoindrait l’enfer à tout jamais. Quant au pauvre Jimmy, il comprend qu’il vient d’être manipulé et commence à ressentir du dégoût pour Kendra.

 

Ed se met au travail

 

Diane, divinité de la chasse

 

Tout de suite après cet entretien, Ed sort prévenir Lorraine et raccompagne Kendra chez elle. Il y passe toute la nuit, car il ne veut pas la laisser seule. Jimmy lui tient compagnie. Ce soir-là, Kendra a dormi avec les lumières allumées et rien de particulier ne s’est passé.

Dès le lendemain, Ed téléphone à un exorciste protestant, un ami en qui il a une très grande confiance. Normalement, en matière d’exorcisme, ce sont les prêtres catholiques les plus compétents. Mais, la pratique du Rituel romain leur demande une grande préparation, ils doivent jeûner et prier pendant trois jours. Or, Edward Warren ne veut pas attendre tout ce temps.

Une heure plus tard, deux pasteurs protestants arrivent chez Kendra. Le démonologue leur explique la situation puis appelle Kendra. Il lui place, discrètement, un crucifix derrière la tête. Si Kendra réagit, la possession démoniaque est prouvée. Là, Kendra devient folle de rage, se met à crier, vocifère comme une bête. Elle veut qu’on lui enlève le crucifix et dit que ça lui brûle.

Il n’y a plus de doute : Kendra est sous l’emprise d’une force démoniaque. Alors, le pasteur le somme de s’identifier. L’entité qui possède Kendra va répondre : « Je suis un serviteur de Diane. »

En démonologie, Diane est un esprit d’oppression sexuelle, connu aussi sous le nom de la déesse de la chasse sous la mythologie. Malgré tous les efforts des deux pasteurs et d’Edward, l’entité refuse d’en dire plus. Devant les signes évidents de possession démoniaque, le pasteur, sans aucune autre preuve, décide de commencer le rituel d’exorcisme. La séance a duré plus d’une heure durant laquelle Kendra criait, hurlait, se débattait. L’entité ne voulait pas lâcher Kendra qu’il considérait comme sienne. Au bout d’une heure d’une bataille acharnée, le démon quitte le corps de la jeune femme, mais promet de revenir.

 

Quand l’entité maléfique revient

 

Le musée de l’Occulte

 

Après cet exorcisme, Kendra est délivrée. Elle n’est plus sous l’emprise mal. Elle remet à Ed son voile noir en dentelle, sa couronne de cornes de chèvres, le grimoire et la coupe qui avait contenu le sang de l’animal donné à Satan. Ed rapporte tout cet attirail de sorcellerie chez lui et les met en sécurité dans le Musée de l’Occulte. 

Mais, très vite, il s’aperçoit que l’entité le suit. Plus précisément, l’entité suit les objets de sorcellerie. En effet, dès qu’il rentre chez lui et qu’il les dépose dans son bureau, la pièce se refroidit d’un coup. Au-dessus du voile et des cornes, il voit une forme sombre de la taille d’un homme s’élever et flotter dans les airs. Pour arrêter le phénomène, Ed asperge ces objets d’eau bénite. L’exorcisme avait chassé l’entité du corps de Kendra, mais l’entité, au lieu d’être refoulée dans les ténèbres, s’est attachée aux objets.

Le lendemain, le démonologue reçoit un appel téléphonique d’un certain Robert Goldstrom qui dit vouloir le voir de toute urgence. C’est pour sa fille qui semble être attirée par la sorcellerie et qui pratique des rituels de magie noire. La fille en question s’appelle Denise. C’est une jeune fille curieuse, qui dès le jeune âge, a été attirée par l’occulte. Denise, au lieu de jouer à la poupée, préférait passer son temps à lire des grimoires de magie noire. Et avec l’âge, les choses n’ont fait que s’empirer. En effet, Denise avait commencé à pratiquer des rituels, devenant de plus en plus hostile à l’Église. Et petit à petit, Denise a commencé à faire peur à son entourage. Elle fixait les gens qui ressentaient alors une terreur. Même la propre mère de Denise ne voulait plus rester seule avec sa fille, tant cette dernière la terrorisait. Et Denise possédait des pouvoirs surnaturels. Un jour, elle avait fait stopper une voiture qui roulait sur l’autoroute en la regardant fixement et en marmonnant des mots incompréhensibles.

Mais ces derniers jours, les choses se sont empirées. Denise présente plusieurs personnalités qui s’expriment à tour de rôle à travers sa bouche. Certaines sont masculines, d’autres féminines et d’autres encore très menaçantes. Robert Goldstrom a peur, pour lui, pour sa femme et pour sa fille. Denise a été vue par plusieurs psychiatres, mais aucun d’eux n’a su dire de quel mal elle souffrait. Un psychiatre avait même conseillé à la famille de voir un prêtre. Ce qu’a fait Robert. Et le prêtre qu’il a vu refuse de voir Denise avant qu’Ed Warren ne la voie et donne son avis. Un rendez-vous est fixé pour le samedi suivant.

Cette nuit-là, l’esprit se manifeste une nouvelle fois dans le Musée de l’Occulte et Ed asperge une nouvelle fois les objets d’eau bénite. Le lendemain, les Warren se rendent en Pennsylvanie et dans l’Ohio et ne reviennent chez eux que le vendredi soir.

 

Denise Goldstrom

Comme convenu, le samedi, Robert Goldstrom arrive chez les Warren. Il est accompagné de sa fille Denise, âgée de 19 ans. Denise est une jeune fille grande, mince, brune, aux yeux bleus très perçants. Ed lui dit bonjour et veut lui serrer la main. Mais Denise a un mouvement de recul. La jeune femme semble épier les moindres gestes du démonologue. Ed invite Robert et Denise à le suivre dans son bureau, où il allume son magnétophone pour démarrer son enquête. Alors, Robert Goldstrom lui raconte à nouveau son histoire, ou plutôt l’histoire de sa fille. Pendant ce temps, Denise garde le silence et scrute Ed avec méfiance.

Quand Robert a terminé, Ed se tourne vers Denise et la questionne. Et le dialogue qui s’installe entre eux est plutôt surréaliste. Denise dit qu’elle est plus vieille que ce que l’on pense, qu’elle peut être qui elle veut, qu’elle est elle-même, puis devient insultante. Durant tout l’interrogatoire, Denise n’a pas cessé de fixer Edward Warren. Mais ce dernier lui fait bien comprendre qu’il est très fort et qu’elle n’arrivera pas à l’intimider. Ce qui désoriente totalement Denise, qui détourne enfin son regard. Soudain, elle voit le voile de dentelle noire. Brusquement, avant qu’Ed puisse réagir, elle se lève et s’en saisit. Denise serre le voile contre sa poitrine et soudain, ses traits se transforment en ceux d’une créature immonde et abjecte. Un démon a pris possession de son corps. Ed s’empare, alors, de deux flacons, l’un contenant de l’eau et l’autre de l’eau bénite, s’éloigne de Denise qui se met à rire d’un rire guttural et diabolique.

Le plus important pour le démonologue est d’entretenir la conversation. Donc, tout simplement, il lui demande pourquoi elle rit autant. Denise répond parce qu’elle sait qui il est et qu’ils se sont déjà rencontrés. S’installe alors un autre dialogue surréaliste. L’entité qui possède le corps de Denise dit souffrir, dit que le noir est sa couleur, que le noir est la couleur de la mort, dit adoré Diane et Lucifer. Ed lui pose le flacon d’eau dans les mains. L’entité dit ne pas aimer l’humidité, préférer la graisse humaine et boire du sang. Alors, Ed lui dit qu’il a de l’eau bénite pour elle. L’entité se met à pleurer et à parler de l’enfer et du paradis, disant même qu’Ed est entre les deux. L’entité dit aimer la paix, mais dit ne pas aimer Ed et se met à hurler. Ed veut en savoir plus et dit savoir pourquoi l’entité ne l’aime pas : tout simplement parce qu’il lui a volé Kendra. Puis il lui demande de dévoiler son nom. Le démon répond qu’il est un favori de Lucifer. Puis menace Edward Warren en lui disant qu’il prendra à nouveau possession de Kendra dès qu’elle aura bu du sang. Donc bientôt.

Alors, Ed l’asperge d’eau bénite et le somme de quitter le corps de Denise, au nom de Jésus-Christ. Le démon vocifère, hurle, se contorsionne. Ed fait le signe de la croix et somme le démon de fuir. Soudain, Denise se met à miauler, à aboyer, à hululer, à gémir, à hennir… puis redevient normale. L’entité a quitté son corps. Alors, Ed comprend que Denise est un récipient ouvert à la possession, elle est un moyen de communication entre les démons et les humains. Denise est une sorcière naturelle qui est née avec la connaissance des pratiques occultes. Denise est un instrument du diable, son porte-parole, une sorte de mage noire, une réincarnation d’une sorcière maléfique. Et Ed croyait en la réincarnation (ce qui est, chers lecteurs, contraire aux croyances chrétiennes).

Au cours des mois suivants, Ed rencontra Denis trois fois, mais ne parvint pas à la sauver. Il donna une lettre de recommandation pour les ecclésiastiques, disant que Denise avait besoin de conseils religieux. Sinon, elle était vouée aux forces occultes.

Après cette histoire avec Denise, plus aucun démon sortant des objets de sorcellerie de Kendra ne vint importuner les Warren

Par contre une semaine après l’exorcisme, Jimmy téléphona à Edward. Kendra avait bu du sang, comme l’avait annoncé le démon par la bouche de Denise. Par cet acte, l’entité démoniaque avait à nouveau pris possession de son corps. Ed dû repartir voir Kendra et affronter le démon par un nouvel exorcisme. D’après les sources connues, Kendra n’a plus jamais pratiqué de rites de sorcellerie ni bu du sang. Sa mantille en dentelle, sa couronne de cornes de chèvres, son livre de sorcellerie et sa coupe se trouvent toujours enfermés et exposés au Musée de l’Occulte dans la demeure des Warren.

On ne sait pas ce qu’il advint de Denise, si elle a pu être sauvée… ou pas…

Source : Selon le livre de Gérald Brittle « The Demonologist: The Extraordinary Career of Ed and Lorraine Warren. »

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 

 





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La poupée Robert ou la véritable histoire de Chucky




Avant la poupée Annabelle, il y a eu Chucky. Qui ne connaît pas la saga Chucky, cette poupée meurtrière qui nous a fait tant trembler ? Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que l’histoire de la poupée Chucky a été inspirée de faits réels. Et oui, tout comme Annabelle, cette poupée existe vraiment et est d’ailleurs exposée dans un musée. Vous ne me croyez pas ? Alors, lisez ce qui suit.

 

Petit rappel sur la saga

Il y a eu 6 volets de Chucky :

  • Jeu d’Enfant, sorti en 1988 et réalisé par Tom Holland
  • Chucky, la poupée de sang sorti en 1990 et réalisé par John Lafia
  • Chucky 3 sorti en 1991 et réalisé par Jack Bender
  • La Fiancée de Chucky, sorti en 1998 et réalisé par Ronny Yu
  • Le Fils de Chucky, sorti en 2004 et réalisé par Don Mancini
  • La Malédiction de Chucky, sorti en 2013 et réalisé par Don Mancini

L’histoire de Chucky, dans le film, est une poupée d’apparence inoffensive, qui se retrouve possédée par l’âme d’un tueur en série, répondant au nom de Charles Lee Ray. Ce dernier se fait abattre dans un magasin de jouets par la police. Étant un adepte des pratiques vaudoues, il transfère son âme dans le corps d’une poupée. Ainsi, il peut tuer encore et encore. Et il s’en donnera à cœur joie…

Ce qu’il faut savoir, c’est que le film Chucky a été inspiré d’un fait réel, d’une histoire plus que troublante qui est devenue une légende, mettant en scène une poupée se prénommant Robert et un petit garçon répondant au doux nom d’Eugène Robert Otto. La poupée Robert peut être vue du public puisqu’elle est exposée au Fort East Martello Museum dans la ville de Key West en Floride.

 

Les débuts de l’histoire

 

La poupée Robert

Nous sommes en 1876. La famille Otto emménage dans une grande maison de style victorien, en Californie. La maison se trouve à l’angle des rues Eaton et Simonton, dans la ville de Key West, la même ville qui accueille le musée où est exposée la poupée Robert. Plus tard, cette maison deviendra la Maison de l’Artiste ou Artist House en anglais. Mais on n’en est pas encore là.

La famille est aisée et dispose de plusieurs employés. Le père, Thomas, est médecin. On dit des Otto qu’ils ne sont pas commodes et qu’ils ont la réputation d’être très sévères avec leurs domestiques, allant même jusqu’à les maltraiter. Le couple a un fils, Robert Eugène Otto, un petit garçon de 6 ans, qui est élevé par des nourrices.

Un jour, Thomas Otto embauche une jeune servante, une Haïtienne, qui aura la charge du petit Robert Eugène. Cependant, madame Otto surprendra la jeune femme s’adonnant à des actes de magie noire et la congédiera quelque temps plus tard. Nous sommes alors en 1906. Pour se venger, la domestique donne une poupée à Robert Eugène. La poupée ressemble beaucoup à un petit garçon, ce qui est inhabituel pour l’époque. Elle est faite de paille, grande d’un mètre, des boutons noirs à la place des yeux et des cheveux de laine (certains parleront de cheveux humains, mais ce fait n’a jamais été prouvé). La servante dit au petit Robert Eugène, en lui offrant cette poupée, qu’elle est spéciale. Et effectivement, c’est une poupée très spéciale.

Très vite, le petit garçon s’attache à cette poupée et lui donne même son propre prénom. La poupée Robert et Robert Eugène deviennent très vite inséparables, au point que l’enfant l’habille même avec ses propres vêtements et l’emmène partout. À table, la poupée Robert a sa propre place et souvent l’enfant lui donne à manger. La nuit, il la cache sous le lit, pour éviter qu’elle ne se déplace. Car oui, la poupée se déplace seule, comme on va le voir plus tard.

Un jour, Robert Eugène demande à ses parents de ne plus l’appeler Robert, car Robert est le prénom de la poupée et la poupée pourrait se fâcher si l’on utilise ce prénom pour lui. Les parents acceptent la demande et Robert Eugène devient simplement Eugène.

 

Les choses se dégradent

Très vite, Eugène devient un enfant taciturne qui entre dans des crises de colères monstres sans raison apparente. Ses parents ne comprennent pas ces changements de comportement. Souvent, ils entendent le petit garçon, qui passe ses journées seul enfermé dans sa chambre, discuter avec sa poupée. Sauf qu’ils entendent deux voix, celle de l’enfant et une autre, plus rauque et mature. Au début, ils se disent que c’est Eugène qui transforme sa voix, mais ils s’aperçoivent que cela n’est pas possible. C’est bien la poupée qui parle.

Les domestiques trouvent Eugène très agité et souvent, il est retrouvé dans sa chambre, blotti dans un coin, apeuré, alors que la poupée Robert trône sur le lit ou sur une chaise. Et ces évènements étranges se multiplient et empirent de jour en jour. Pratiquement toutes les nuits, Eugène fait des cauchemars et se réveille en hurlant de terreur.

Un soir, un terrible vacarme secoue la grande bâtisse. Ce vacarme provient de la chambre d’Eugène. Lorsque les parents ouvrent la porte de la chambre, ils découvrent une pièce complètement ravagée : les armoires sont renversées, les jouets sont dans tous les coins et Eugène, assis sur son lit, complètement tétanisé, fixe la poupée Robert. Le garçon est terrifié et tremble de peur. Il crie à ses parents que c’est Robert qui a fait tout ça, et pas lui.

Souvent, les jouets d’Eugène sont retrouvés dans la maison, complètement mutilés et cassés. Encore une fois, Eugène crie son innocence et accuse la poupée Robert. De plus, les parents s’aperçoivent que la poupée se déplace toute la seule. Lorsqu’elle est laissée à un endroit de la maison, on la retrouve dans un autre.

Les voisins prétendent voir la poupée se déplacer de fenêtre en fenêtre lorsque la famille est absente. Parfois, ils entendent des rires ou des hurlements dans la maison. Des invités, qui ont vu la poupée, prétendent même l’avoir vue cligner des yeux.

Les phénomènes deviennent de plus en plus violents, au point que de nombreux domestiques ont peur de la poupée Robert et démissionnent. Des nouveaux sont embauchés, mais les Otto ont de plus en plus de mal à recruter du personnel, à cause de ce que l’on raconte sur la poupée. Alors, ils décident de retirer la poupée à l’enfant et la place dans une boîte qu’ils déposent au grenier. Elle y restera pendant de longues années, sans jamais faire parler d’elle.

 

Mais l’histoire n’est pas finie

Les années passent. Eugène, devenu un homme et marié à Anne, hérite de la maison de son enfance après le décès de son père. Eugène, qui est un artiste-peintre, est ravi de retourner dans le vieux manoir victorien, car il est spacieux et il peut y faire son atelier.

Eugène n’a pas oublié la poupée. Il la retrouve dans le grenier, enfermée dans un coffre en cèdre. Il décide de la sortir de là, et lui aménage une petite chambre dans les combles. Mais la poupée veut de la lumière, alors il la descend dans une pièce du 3e étage et la place sur un fauteuil, près de la fenêtre, afin qu’elle puisse voir le dehors.

Anna n’aime pas la poupée Robert. Elle est mal à l’aise chaque fois qu’elle la voit et ne comprend pas pourquoi son mari est autant obsédé par cette poupée affreuse. D’ailleurs, elle n’est pas d’accord que la poupée Robert soit dans la maison. Mais Eugène n’en fait qu’à sa tête et l’installe dans une chambre de la maison quand même.

Très vite, les enfants du quartier qui passent dans la rue pour aller à l’école évitent maintenant de regarder vers la maison, car ils ont peur de la poupée qui est à la fenêtre. Ils disent même que la poupée leur fait des grimaces et disent l’avoir vue danser.

Petit à petit, à cause de la présence de la poupée Robert, le mariage d’amour d’Anne et Eugène, se détériore, car Eugène est devenu quelqu’un de taciturne, très irritable. Parfois, il se met en colère sans raison, tape sur les meubles, s’en prend physiquement à sa femme et l’instant d’après, reprend ses esprits. Alors, il s’excuse auprès de son épouse, disant que c’est Robert qui le force à faire tout cela. Anne pardonne et commence à douter de la santé mentale de celui qui partage sa vie.

Les amis de la famille, qui assistent parfois à ces changements de caractère dont est victime Eugène, disent qu’il change de regard qui se remplit, subitement, de haine, de colère et de méchanceté. Un jour, un plombier qui a été appelé pour réaliser quelques travaux de la maison se sauve en hurlant de terreur, laissant même ses outils. Il parlera d’un rire diabolique qu’il aurait entendu près de lui, un rire à faire pâlir d’horreur n’importe quel homme, même le plus courageux.

Au début des années 1970, Eugène tombe gravement malade. Il traînera cette maladie mystérieuse durant quatre longues années qu’il passera enfermer dans la chambre d’ami, avec pour seule compagnie la poupée Robert. Il meurt en 1974, sans qu’aucun médecin puisse diagnostiquer la maladie, sans que l’on sache quel mal le ronge. Après le décès de son mari, Anna vend rapidement la maison et part s’installer à Boston. Elle laisse la poupée Robert dans le grenier.

 

La poupée Robert frappe encore

La maison est achetée par une famille qui, très vite, découvre la poupée dans le grenier. La petite fille de la famille, âgée de 10 ans, veut la poupée et la range avec sa collection de poupées de porcelaine et d’animaux en peluche.

Très vite, les nouveaux propriétaires de Robert s’aperçoivent qu’il y a quelque chose de malsain dans la poupée. En effet, la petite fille, comme Eugène avant elle, se réveille la nuit en hurlant. Elle dit voir la poupée Robert courir et se déplacer dans sa chambre. Elle assure, même, qu’une nuit, la poupée est montée sur son lit et l’a attaquée. Alors, les parents décident de se débarrasser de la poupée Robert et l’apportent au musée, le Fort East Martello Museum. Encore aujourd’hui, la poupée Robert y est enfermée. Elle est exposée dans une vitrine en verre et tous les visiteurs peuvent admirer son visage machiavélique.

 

Et ce n’est toujours pas fini

Cependant, la poupée, même enfermée dans sa boîte, continue à faire parler d’elle. On dit que certains visiteurs l’ont vue cligner des yeux, l’ont vue tourner la tête et qu’il faut lui demander son autorisation pour la photographier, sans cela, elle vous jette un sort. D’ailleurs, la salle où elle est exposée est tapissée de lettres pour Robert, des lettres d’excuses qui lui demandent de lever la malédiction qui a frappé les imprudents.

L’ancien manoir des Otto est aujourd’hui un hôtel restaurant, un Bed & Breakfast comme on dit en anglais. Sauf que c’est un hôtel a la réputation d’être hanté. En effet, souvent, les portes s’ouvrent et se ferment seules et certains clients ont aperçu la silhouette d’une femme, flottant dans les airs, se promener à l’intérieur du bâtiment. On suppose qu’il s’agit du fantôme d’Anne, qui hante les lieux pour protéger la maison de l’esprit de Robert, d’autant plus que le fantôme est souvent aperçu descendant les escaliers menant au grenier. Le propriétaire a vendu l’édifice qui est devenu aujourd’hui un musée.

 

Avoir peur d’une poupée peut sembler bien ridicule, je vous l’accorde. Cependant, l’histoire de cette poupée n’est pas banale. Beaucoup de personnes l’ont vue se déplacer, l’ont entendue rire. Beaucoup ont senti qu’il y avait quelque chose de malsain à l’intérieur de la poupée. Et de nombreux visiteurs, qui continuent à aller la voir au musée, ont témoigné que la poupée est vivante. D’ailleurs, un petit conseil, si vous allez la voir, surtout ne vous moquez pas d’elle et ne la photographier pas. Elle pourrait ne pas apprécier… 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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La véritable histoire de la poupée Annabelle




La poupée Annabelle, que l’on voit dès les premières images du film The Conjuring : Les Dossiers Warren de James Wan, est une poupée hantée par un esprit maléfique. Dans ce film, on y voit un début de l’histoire de la véritable Annabelle. Cette poupée de chiffon hantée a fait trembler les célèbres enquêteurs du paranormal Ed et Lorrain Warren. Voici sa véritable histoire.

 

 

L’histoire de la poupée Annabelle

 

La véritable poupée Annabelle

 

Nous sommes en 1970. Donna est élève infirmière. Elle partage son appartement avec Angie, aussi élève infirmière. La mère de Donna achète une poupée de la marque Ann Raggedy dans un vide grenier et décide de l’offrir à sa fille. Il s’agit d’une simple poupée de chiffon, tout à fait inoffensive à première vue. Lorsque sa mère lui fait cadeau de la poupée, Donna est folle de joie, l’emporte chez elle et la pose sur son lit. La jeune femme pense qu’avec cette poupée dans l’appartement, elle aura toujours la présence de sa mère dans son cœur.

Très vite, Donna et Angie remarquent que la poupée change de position d’elle-même. Les mouvements sont subtils, mais perceptibles. En effet, chaque matin, Donna dépose la poupée sur son lit, dans une certaine position et lorsqu’elle rentre le soir, la poupée est placée différemment, comme si elle avait bougé durant son absence.

Pour en avoir le cœur net, Donna décide de réaliser un test : avant de partir, elle place la poupée les jambes et les bras croisés sur son lit. Le soir elle retrouve la poupée sur son lit, mais ses bras et ses jambes sont décroisés. C’est bizarre… Et les choses ne vont faire qu’empirer.

Au fil des jours qui passent, la poupée Annabelle continue à changer de position, mais se déplace aussi toute seule. Très souvent, le soir, Donna la retrouve sur le canapé ou debout adossée à une chaise de la salle à manger. Pourtant la jeune femme en est sûre : elle a toujours laissé la porte de sa chambre fermée et y a toujours déposé Annabelle sur son lit. C’est étrange et cela commence à devenir angoissant.

Donna et Angie sont troublées et décident de se confier à leur ami Lou. En voyant Annabelle, ce dernier ressent tout de suite que quelque chose cloche avec cette poupée, qu’elle est malsaine. Les filles réfutent la thèse surnaturelle et se disent qu’il y a forcément une explication scientifique au fait qu’Annabelle se déplace seule. Peut-être qu’un petit plaisantin arrive à pénétrer dans l’appartement en leur absence et s’amuse à déplacer la poupée pour leur faire peur ?

Un mois après avoir reçu en cadeau la poupée, Donna découvre de mystérieux petits papiers, ressemblant à des parchemins, disséminés dans l’appartement, avec de petits messages griffonnés dessus. La plupart des messages sont illisibles, mais sur d’autres, la jeune femme peut deviner les mots « Aide-nous » ou « Aidez Lou ». Donna fouille l’appartement à la recherche de papiers du même genre et n’en trouve pas. Ce papier, ce parchemin, vient de l’extérieur.

Elle montre les messages à Lou, qui est convaincu qu’ils viennent d’Annabelle, que c’est la poupée qui les a écrits pour communiquer avec Donna et Angie. Mais, les deux jeunes femmes refusent encore cette théorie et préfèrent croire qu’un plaisantin s’amuserait à leur faire peur. Elles décident de piéger les fenêtres, les tapis et les portes avec de la farine. Sans résultats. La poupée se déplace toujours, des messages sont toujours retrouvés et aucun signe d’effraction n’est décelé. Malgré cette constatation, les deux jeunes femmes ne sont pas effrayées, car, même si la poupée semble être animée par une entité, cette dernière n’a pas l’air d’avoir de mauvaises intentions. D’autant plus qu’à Noël, Angie et Donna découvrent une petite boule de chocolat posée sur la chaîne stéréo, chocolat qui semble avoir été déposé par Annabelle comme cadeau.

Mais, cette cohabitation harmonieuse ne va pas durer longtemps. Un soir, les deux jeunes femmes voient une statuette voler dans la pièce, comme si l’objet flotte avant de retomber très brutalement au sol. Angie et Donna sont terrifiées. Un autre jour, en rentrant à la maison, Donna retrouve Annabelle sur son lit. La poupée a du sang sur le dos de la main et trois gouttes de sang sur la poitrine. C’est cet évènement qui pousse les deux amies à demander de l’aide. Donc, six semaines après la venue d’Annabelle, les deux colocataires contactent une médium et lui présentent la poupée. Très vite, la médium ressent des choses dans la poupée. Elle parle d’une petite fille, répondant au nom d’Annabelle Higging, qui serait morte tragiquement dans le champ où plus tard sera construit l’immeuble où les colocataires habitent. La petite fille avait 7 ans au moment de sa mort. Elle jouait dans le champ et continua à y jouer après sa mort, jusqu’à la construction du bâtiment. Là, elle n’eut plus de refuges et ne savait pas vers qui se tourner. C’est pourquoi elle a décidé de faire bouger la poupée, pour demander de l’aide aux deux jeunes filles. La petite Annabelle entre en contact avec la médium et explique que tout ce qu’elle veut c’est être aimée et demande si elle peut rester avec elles et habiter la poupée. Ce à quoi, Donna et Angie, répondent unanimement oui. Erreur fatale, erreur à ne surtout pas commettre, comme va nous le prouver la suite de l’histoire.

Lou, méfiant, continue à dire qu’il faut se débarrasser de la poupée. Mais pour les filles, se débarrasser de la poupée équivaut à abandonner la petite fille morte, abandonner un enfant qui a besoin d’aide et, cela, il en est hors de question. Les paroles de Lou ont fortement déplu à la poupée Annabelle, qui le soir même, s’en prend directement à lui. La même nuit, Annabelle vient le visiter, alors qu’il est profondément endormi. Dans son sommeil, il sent une présence malveillante, un danger imminent et se réveille en sursaut. La poupée Annabelle est dans sa chambre, immobile, et le fixe. Très vite, elle lui saute dessus et se l’étrangle. La poupée déploie une force incroyable et Lou n’arrive pas à lui faire desserrer les mains. À bout de force, pratiquement asphyxié, il s’évanouit. Le lendemain, il se réveille. La poupée de chiffon n’est plus là. Il pense qu’il a fait un mauvais rêve. Il doit prévenir ses amies, car il sait qu’Annabelle et l’esprit qui l’habite sont dangereux.

Le lendemain soir, Lou et Angie sont seuls dans l’appartement, lorsqu’ils entendent des bruits étranges provenant de la chambre de Donna. Effrayés, les deux jeunes gens ouvrent discrètement la porte de la chambre et actionnent l’interrupteur. La pièce est vide, à l’exception d’Annabelle qui gît dans un coin de la pièce. Lou s’approche de la poupée de chiffon. En la regardant, il ressent des picotements dans la nuque, comme si quelqu’un le regarde. Il se retourne et se met à hurler de terreur et de douleur, se plie en deux, comme si quelqu’un l’agresse. Angie se précipite sur lui. Lou est blessé. Sa chemise est tachée de sang. Le pauvre Lou est terrifié, il tremble de partout. Il retourne au salon où il ouvre sa chemise et voit, avec horreur, que quelque chose de très puissant l’a griffé. Dessinées sur son torse, sept traces de griffes sont dessinées, bien distinctes, 4 horizontales, 3 verticales, encore chaudes, comme des brûlures.

Après cet évènement pour le moins troublant, Angie et Donna prennent contact avec un prêtre, le père Hegan qui, après avoir entendu toute l’histoire, demande conseil à son supérieur, le père Cooke. À son tour, ce dernier, pressentant quelque chose d’horrible, prend contact avec Edward et Lorraine Warren.

L’enquête d’Edward et Lorraine Warren

À cette époque, Ed et Lorraine Warren étaient de célèbres enquêteurs du paranormal. On les connaît pour avoir enquêté sur de nombreux dossiers, dont l’affaire de la maison d’Amityville, l’affaire de la maison hantée de la famille Smurl, l’affaire de la famille Perron (celle-là même qui a inspiré le film The Conjuring : Les Dossiers Warren de James Wan)… Ed était démonologue et Lorraine médium.

Dès leur arrivée, les deux chasseurs de démons sentent quelque chose de malsain chez Annabelle. Lorraine explique qu’Annabelle, la petite fille morte à 7 ans, n’existe pas. À son tour, Ed explique que les fantômes n’ont pas assez de pouvoir et de force pour faire bouger un objet avec une telle intensité, pour faire apparaître des notes écrites… En inspectant l’appartement et les blessures de Lou, les Warren en tirent la conclusion qu’un démon les manipule à travers la poupée. Il a gagné la confiance des deux jeunes filles avec l’histoire de la petite fille Annabelle, a joué sur leur compassion afin de gagner leur autorisation d’interférer dans leur vie pour faire naître la douleur et la désolation.

Le démonologue explique, qu’en temps normal, les démons n’ennuient pas les gens, sauf si ces derniers font quelque chose qui les attire, comme du spiritisme ou jouer avec une planche Ouija par exemple. En prêtant attention à la poupée, c’est ce que les jeunes filles ont fait et le démon s’est renforcé. Et en faisant venir une médium, il a pu entrer en contact avec elles afin d’obtenir leur permission de rester. C’est la première phase de la possession que l’on appelle l’infestation. Et en acceptant qu’il reste, il peut infliger la douleur. Il faut savoir que les démons ne possèdent pas les objets, mais ils possèdent les personnes. Ils peuvent faire bouger des objets pour attirer l’attention, et si l’on y prête attention, ils se renforcent et peuvent posséder les gens ou les tuer. L’entité qui est autour de la poupée Annabelle n’est pas encore assez puissante pour cela, mais ça ne saurait tarder et il faut agir au plus vite. Le démon est parmi eux dans la pièce, tout autour d’eux et Lorraine peut sentir sa présence partout dans l’appartement. Un exorcisme de la poupée et de l’appartement pourrait le chasser. Ce fut le père Cooke qui s’en chargea.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là

Après le rituel de l’exorcisme, qui se passa sans incident, les Warren décident d’emporter la poupée avec eux. Sauf que le père Cooke n’est pas convaincu qu’un seul exorcisme suffise à faire reculer le démon.

Durant le chemin du retour, alors que la poupée Annabelle est attachée sur le siège arrière de la voiture des Warren, plusieurs choses vont venir entraver le trajet : à plusieurs reprises, et surtout lorsque Ed doit entamer des virages serrés, les freins ne répondent plus, se bloquent. À plusieurs reprises, les Warren ont failli provoquer un accident ou se mettre dans le décor. Ed décide, alors, de bénir la poupée. Il s’arrête sur le bas-côté, prend un flacon d’eau bénite et asperge la poupée de chiffon. Après cela, le couple a pu rentrer chez eux sans encombre.

Une fois arrivé à la maison, Ed place Annabelle dans son bureau et l’installe sur une chaise. La poupée se met à léviter à plusieurs reprises. Visiblement, le démon n’est pas content. Et plus les semaines passent, plus la poupée se déplace partout et le démon renforce sa puissance. Le couple retrouve la poupée Annabelle dans le jardin, à l’étage de la maison, assise confortablement dans le fauteuil d’Ed, comme si elle le nargue… Puis, un chat noir commence à se matérialiser à côté de la poupée et des grognements se font entendre dans toute la maison.

Un jour, le père Jason Branford vient rendre visite aux Warren. Ed lui raconte l’histoire de la poupée Annabelle. Le prêtre prend la poupée dans les mains et lui dit : « Tu n’es qu’une poupée de chiffon, Annabelle. Tu ne peux faire de mal à personne ! » Ed lui signifie qu’il n’aurait jamais dû faire cela. Et il n’avait pas tort, puisque, alors que le père Branford rentre chez lui, les freins de sa voiture lâchent et il a un terrible accident. La voiture fait une embardée. Heureusement, le prêtre s’en sort avec quelques égratignures, mais la voiture n’a pas eu la même chance.

Un autre jour, alors que les Warren donnent une réception, Lorraine veut s’entretenir avec le père Jason et l’emmène discuter dans une pièce isolée de la maison, pièce où se trouve Annabelle alors qu’elle avait été déposée dans le bureau d’Ed quelques heures auparavant, bureau qui est fermé à double tour. Alors qu’ils discutent, le prêtre voit une décoration ornementale du mur se soulever dans les airs, tourner, faire un mouvement rapide. Au même moment, un collier de dents de sanglier, qui se trouvait juste au-dessus d’eux, explose dans un vacarme tonitruant. Alertés par le bruit, les invités se précipitent et photographient la scène. D’ailleurs, une des photos montrera qu’au-dessus d’Annabelle se trouvent deux points lumineux qui pointent vers le père Jason Bradford.

Un autre jour, Ed, qui est dans son bureau, travaille avec un détective de la police au sujet d’une affaire de meurtre mêlant de la sorcellerie. Appelé à l’étage, Ed laisse le détective seul, non sans lui avoir recommandé de ne toucher à aucun objet se trouvant dans la pièce. Cinq minutes plus tard, le détective quitte la maison en trombe en criant que la poupée est vivante.

Le musée de l’Occulte des Warren

Face à ce énième incident, Ed et Lorraine décident d’enfermer la poupée qu’ils jugent dangereuse. Ils la mettent dans une vitrine en verre, fermée à double tour, comportant un crucifix et un mot avertissant de ne surtout pas toucher à la poupée. Aujourd’hui, la poupée Annabelle est toujours au Musée de l’Occulte, qui se trouve dans le bureau d’Ed, avec d’autres objets hantés ou ayant appartenu à des enquêtes. Une fois par semaine, un prêtre continue de bénir ce musée. La poupée Annabelle est ainsi maîtrisée. Par contre, Lorraine, encore aujourd’hui, refuse catégoriquement de regarder la poupée dans les yeux et de la toucher.

Annabelle et le film

 

A gauche, la véritable Annabelle, à droite, la poupée du film

 

L’affaire de la poupée Annabelle fut l’une des plus terrifiantes affaires traitées par les Warren.

Le film Annabelle est sorti le 8 octobre 2014. Bien sûr, pour le tournage, le réalisateur n’a pas choisi la vraie poupée Annabelle, mais celle du film The Conjuring : Les dossiers Warren. La vraie poupée est en chiffon, alors que la poupée dans le film est en cire. La poupée du film est plus angoissante que la réelle.

D’ailleurs, en parlant de la vraie poupée, Lorraine Warren a bien voulu la prêter à l’occasion de la promotion du film. C’est ainsi que l’on a pu voir la vraie Annabelle qui trône dans différentes salles parisiennes, du 14 septembre au 8 octobre. Sur sa boîte, il est écrit un petit mot d’avertissement : « Cette poupée est hantée. N’essayez en aucun cas de la prendre en photo ou de la regarder dans les yeux. Warner Bros décline toute responsabilité en cas de non-respect de ces précautions. » Rien que ça ! Ça a au moins le mérite de plonger le spectateur dans l’ambiance.

Le film Annabelle est une prélogie de la véritable histoire de la poupée. En effet, c’est un film dérivé qui met en scène la poupée avant sa rencontre avec les Warren. Mais ce n’est pas l’histoire de la véritable poupée Annabelle. Edward Warren avait émis l’hypothèse que la poupée avait servie lors d’un rituel satanique, mais cela n’a jamais été prouvé.

Bien qu’enfermée dans sa boîte, la poupée Annabelle continue à faire peur et à semer le trouble. Lorraine Warren ne veut absolument pas croiser son regard. La vraie Annabelle n’est qu’une petite poupée de chiffon, mais cache une horrible histoire et un passé sanglant. Elle est neutralisée dans le musée de l’Occulte des Warren, pour le moment…

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin  





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Les enfants aux yeux noirs

Plusieurs témoignages de personne dans le monde entier disent avoir vu et avoir eu affaire aux enfants aux yeux noirs. Qui sont-ils ? Que nous veulent-ils ? S’agirait-il d’une légende, d’un phénomène surnaturel ou simplement d’un canular ? À vous de me le dire

 

 

 

L’origine

 

 

Partout sur la toile fleurissent des histoires de personnes racontant avoir croisé sur leur chemin des enfants aux yeux noirs ou les BEKs (pour Black Eyed Kids) et cela depuis maintenant un peu moins d’une dizaine d’années.

Tout a commencé avec le journaliste Brian Bethel qui fut le premier à relater et à diffuser sa mésaventure vécue en les croisant. Et son histoire ressemble à toutes celles qui vont suivre et qui seront racontées après lui. Alors qu’il fait nuit, Brian Bethel attend dans sa voiture sur un parking, lorsqu’il voit arriver des enfants, âgés de 10 à 11 ans, bien habillés et à la peau olivâtre. Un des enfants lui demande de les conduire chez eux, car ils étaient en route pour aller au cinéma, mais ils ont oublié leur argent à la maison. En les voyant, le journaliste est saisi par la peur et sa première impression est de prendre la fuite ou de les combattre. Cependant, il sent une envie étrange s’insinuer en lui, celle de les inviter à monter dans sa voiture. Et plus cette envie grandit malgré lui, comme s’il est attiré par ces enfants, plus ces derniers se font insistants. C’est alors que Brian Bethel voit leurs yeux, des yeux noirs, sans iris, sans pupille, complètement noirs comme le néant. Et là, il est complètement paralysé par la peur et dans un dernier élan de courage, prend la fuite.

C’est ainsi que commença la saga des BEKs.

 

 

Une légende qui gagne du terrain

 

 

Depuis cette histoire, de nombreuses personnes ont relaté avoir vu et avoir été confrontées aux enfants aux yeux noirs. Tous parlent d’enfants, en général se déplaçant par deux ou trois, âgés entre 10 à 12 ans, parfois un peu plus vieux, bien habillés ou habillés comme dans l’ancien temps, à la peau olivâtre et aux yeux noirs, sans cornée blanche, sans iris coloré, juste des yeux noirs comme ceux des requins.

Le mode opératoire de ces enfants est toujours le même. Ils « attaquent » la nuit, lorsque vous êtes seul dans votre voiture, dans la rue ou lorsque vous êtes à la maison. Ils viennent frapper à votre porte ou viennent vous parler et insistent pour que vous les fassiez entrer dans votre voiture ou chez vous. Et là, vous êtes saisi par la peur et par une irrésistible envie de les inviter chez vous ou dans votre auto. Ces jeunes insistent et tous ceux qui les ont croisés disent avoir dû résister à la tentation de les inviter, comme si leur voix avait une sorte d’influence hypnotique.

Plusieurs témoignages ont d’ailleurs été recueillis ces dernières années dans tous les États-Unis, de la côte Ouest à la côte Est, du Nord au Sud. Certains témoignages viennent même d’Australie et cela commence à arriver chez nous, en France.

 

 

Quelques témoignages

 

 

C’est le récit d’un homme, un peu bête, certes, mais un homme qui fut tellement effrayé de sa rencontre avec les BEKs que jamais plus il n’ira camper seul. Cet homme avait décidé de passer une nuit au calme, loin de la civilisation, en plein cœur de la nature. Il avait planté sa tente dans un espace désert, loin de la route, loin des habitations. C’est là qu’il croisa deux enfants aux yeux noirs. Dans un premier temps, il n’y prêta pas attention, et décida de se coucher sous sa tente. Après tout, si lui était là, d’autres personnes auraient pu très bien aussi y être. Mais les enfants le suivirent jusqu’à sa tente. Et là, il vit leurs yeux et eut peur. Il s’enferma dans sa tente où il passa la plus grande partie de la nuit à les entendre supplier de les faire entrer. Le campeur était mort de peur. Il s’imaginait déjà que ces enfants allaient lui sauter dessus. À l’aube, les enfants disparurent aussi soudainement qu’ils étaient apparus.

Adèle, une jeune Américaine, était seule chez elle, à lire un livre. Vers 23 h, elle entend que quelqu’un frappe à sa porte. Elle se lève et regarde par la fenêtre pour voir qui peut bien l’importuner à une heure aussi tardive. Et à sa grande surprise, elle voit deux enfants, élégamment vêtus. Elle ouvre la fenêtre et leur demande ce qu’ils veulent. L’un des deux lui répond : « Laissez-nous entrer. » Elle leur répond par la négative. Les étranges enfants insistent : « Nous voulons simplement utiliser vos toilettes. » Adèle se demande ce que des enfants de 10 ans peuvent bien faire à une heure aussi tardive à traîner dans les rues. Adèle leur demande de déguerpir et ferme la fenêtre. Mais elle continue à les regarder à travers la vitre et voit leurs yeux, leurs yeux noirs. Elle est gagnée par un sentiment de maléfice et de malheur.

Un marine, en poste au camp Lejeune en Caroline du Nord eut aussi le droit à la visite des BEKs. C’était le week-end, un soir de novembre 2009. Tous ses compagnons étaient soit sortis faire la fête, soit dormaient. Lui, il regardait des films, lorsqu’il entendit frapper à sa porte. Sur le coup, il se dit que c’était peut-être son compagnon de chambrée qui avait oublié ses clés. Alors, il alla ouvrir. Et là le choc. Deux BEKs se tenaient debout devant lui. Il voulut refermer la porte, la claquant, mais il fut incapable de le faire comme s’il était hypnotisé. Il décrivit son expérience en ces termes : « Je ne pouvais pas détacher mon regard de leurs yeux noir de jais, c’était comme s’ils m’aspiraient. Je me sentais horriblement mal et j’ai tout à coup eu peur pour ma vie, comme si j’avais besoin immédiatement me mettre à l’abri. Ils m’ont juste fixé, avec ces yeux maudits. J’ai jeté un coup d’œil rapide le long de la promenade pour voir si d’autres Marines étaient dehors, mais il n’y avait personne sur le site. Je me suis retourné vers les enfants, qui, je l’avais remarqué, avaient fait un pas vers moi. J’ai eu le sentiment d’être traqué, comme si ces enfants étaient des prédateurs en chasse pour leur prochain repas ou quelque chose comme ça. L’instinct a cédé le pas à la raison et j’ai décidé d’écouter cette petite voix et de fermer la porte à clé. »

D’autres témoignages existent, des centaines, concernant ces enfants. Ces témoignages parlent tous de la peur ressentie au contact des BEKs et à leur envie de les laisser entrer. Tous disent avoir ressenti de l’effroi, de la tristesse, de la désolation, du désespoir… Tous se sentirent vidés de leur énergie. Mais chaque témoin a eu la force de fermer la porte ou de fuir. Qu’adviendrait-il si on les laissait entrer ?

 

 

Et si on les laisse entrer ?

 

 

Il y a très peu de récits concernant des personnes ayant invité ces enfants chez eux ou dans leur voiture. Peut-être parce que ceux qui les ont fait entrer ont disparu mystérieusement ou sont morts. Qui sait ?

On a le témoignage de cette mère de famille qui s’était arrêtée, en pleine nuit, dans une station-service pour faire le plein. Son fils, un jeune garçon de 4 ans, dormait tranquillement à l’arrière du véhicule. Le temps d’aller payer, lorsqu’elle est revenue à sa voiture, elle vit, à l’arrière du véhicule, deux BEKs entourant son fils. En effet, son petit garçonnet avait invité ces enfants pour avoir des compagnons de jeu. Terrifiée, la mère agrippa son fils et le tira violemment hors du véhicule. Elle se réfugia à l’intérieur de la station-service. Un peu plus tard, lorsqu’elle revint à sa voiture en compagnie d’un pompiste, les deux enfants aux yeux noirs avaient disparu. Elle put, alors, rentrer chez elle. Mais l’histoire ne se termine pas là, puisque quelques jours après cette mésaventure, le petit garçon tomba grièvement malade. Son pronostic vital fut engagé et les médecins ne trouvèrent aucune explication sur sa maladie ni aucun remède pour le guérir. Ce n’est qu’à force de prières, que le petit garçon a pu guérir. Encore aujourd’hui, les médecins ne peuvent expliquer ce phénomène.

Le deuxième témoignage concerne celui d’un homme qui a été trop faible et qui a laissé deux BEKs rentrer chez lui. Ces derniers ont prétexté s’être perdus et avoir besoin du téléphone. Une fois à l’intérieur de chez lui, les enfants n’ont pas cherché le téléphone, mais ont regardé l’homme fixement et lui ont dit qu’ils venaient le chercher lui. L’homme, paniqué, s’enfuit de chez lui et trouva refuge chez son voisin. Tous deux, ils revinrent à la maison pensant les trouver. Plus aucune trace des enfants aux yeux noirs, ils avaient disparu. Mais, lui aussi tomba malade quelques jours plus tard. Il pria, pria et pria encore. Et lorsqu’il fut guéri, il voua sa vie à servir Dieu.

 

 

Que veulent les enfants aux yeux noirs

A priori, ils veulent rentrer chez nous ou grimper dans nos voitures. Et pour cela, ils utilisent une forme d’hypnose, un peu comme les vampires. Il faut beaucoup de volontés pour leur résister. Et lorsqu’ils arrivent à leur fin, on ne sait pas trop ce qu’ils nous veulent. Mais la grande question n’est pas de savoir ce qu’ils nous veulent, mais plutôt de savoir qui ils sont.

 

 

Qui sont ces enfants aux yeux noirs

 

 

Voilà une question intéressante. Et la réponse est… on ne sait pas. Oui, il semblerait que les BEKs se situent entre la démonologie, l’ufologie, la cryptozoologie, le paranormal ou le canular. Les enfants aux yeux noirs sortent de nulle part, on ne sait pas d’où ils viennent, ce qu’ils font et ce qu’ils veulent précisément. Il serait intéressant d’envisager toutes ces possibilités. Vampires, démons, extraterrestres… ?

  • Des vampires

Cette possibilité n’est pas à écarter et semble loin d’être absurde. Que sait-on des vampires ? Ce sont des créatures charismatiques, hypnotiques et élégantes. Or les BEKs sont des jeunes bien habillés, avec des voix hypnotiques, qui nous envoûtent avec leurs yeux noirs et qui frappent la nuit. Ils tentent de nous soumettre. Ensuite, ils ne peuvent entrer chez vous ou dans votre voiture sans y être invités, un peu comme un vampire. Par conséquent, les BEKs pourraient bien être des vampires suceurs de sang et leur but serait de se nourrir de notre liquide vital.

Mais, il y a une chose qui m’intrigue. Le vampire au concept séducteur, élégant et hypnotique n’est qu’un produit de la fiction moderne. C’est un être imaginé qui part d’une légende. Alors, que le vrai vampire ne peut être qu’une créature bestiale, se nourrissant de cadavres et ne ressemblant plus à un homme ! De plus, il n’est mentionné dans aucun des témoignages que les BEKs ont voulu sucer le sang d’une de leur victime.

  • Des hybrides moitié humain moitié Alien

Imaginons un instant que les BEKs proviennent d’une synthèse entre l’ADN d’un humain et celui d’un Alien. Pourquoi pas. Après tout, on n’est pas les seuls êtres vivants de l’univers. La vie doit exister ailleurs que sur terre. Il est possible qu’une femme humaine ait été fécondée par un Alien ou vice versa. De nombreuses personnes racontent s’être fait enlever par des extraterrestres et avoir subi des examens hautement invasifs. Cette possibilité reste donc recevable.

  • Des fantômes

Certaines personnes pensent que les BEKs ne sont que de pauvres âmes perdues d’enfants qui errent sur terre et cherchent de l’aide auprès des adultes. Mais si c’était cela, alors pourquoi les témoins ont-ils ressenti une peur bleue en les voyant ? D’instinct, ils ont su que ces enfants n’étaient pas inoffensifs, mais de dangereux prédateurs qu’il fallait absolument fuir. Et personnellement, je doute que des fantômes puissent inspirer une telle peur.

Donc, pour moi, cette thèse n’est pas plausible.

  • Des démons

Nous y voilà ! Pour moi, la thèse des démons est la plus plausible, pour un peu que l’on croit à leur existence. Les yeux noirs, le sentiment de terreur, le fait d’hypnotiser la victime, le fait de vouloir entrer chez vous, de demander à y être invité. C’est un peu comme si ces enfants démons devaient d’abord assouvir l’homme, tout en lui laissant son libre arbitre tant cher à Dieu.

De plus, toutes les personnes ayant rencontré les enfants aux yeux noirs parlent d’aura maléfique, de vide intérieur et de désolation. Et si l’on considère que ceux qui les ont fait entrer ont été très malades et ont retrouvé la guérison à force de prières, les BEKs pourraient bien être des démons. Et comme tout démon, il est lui aussi tributaire à la fameuse loi du « libre arbitre ». Si l’on ne veut pas le recevoir, il ne peut rien faire, car nous sommes sous la protection de la lumière.

Mais alors, pourquoi venir en enfants ? Pourquoi ne pas s’attaquer directement à ceux qui ont renoncé à Dieu et qui ont perdu sa protection en commettant des péchés ? Ça serait plus simple. Peut-être parce que pour eux, ce n’est qu’un jeu, une façon de passer le temps et de s’amuser à nous faire peur.

  • Un canular

Internet est un précieux outil pour diffuser de l’information. C’est aussi un moyen très simple pour diffuser un canular et abuser des foules.

Peut-être qu’il aura suffi d’une seule histoire, racontée par ce journaliste Brian Bethel, pour emballer toute la machine, alors qu’il ne voulait faire que le buzz ou qu’il s’était imaginé sa rencontre avec les BEKs sous l’emprise de l’alcool ou d’une drogue ? Et voilà que tout le monde se met à voir des enfants aux yeux noirs partout. Par exemple, après avoir lu cet article, peut-être en croiserez-vous un tout droit issu de votre imagination !

Pour cette piste, il serait intéressant de regrouper tous les témoignages et de savoir si tous ceux qui disent les avoir vus savaient, à la base, qu’ils existaient ou avaient déjà lu une histoire les concernant.

Et parfois, sur Internet, c’est facile d’entretenir une légende, une rumeur, rien qu’en postant une histoire fausse. Et là, c’est aux enquêteurs de faire la part des choses et de s’assurer que les BEKs sont bien réels.

 

À ce stade, on ne peut pas affirmer que les enfants aux yeux noirs existent ni s’ils sont réels. Ils peuvent très bien être des blagues d’adolescents portant des lentilles noires, un gros canular, des fantômes, des vampires, des démons, des hybrides d’Alien… on ne sait pas. Et si l’on envisage qu’ils soient réels, on ne sait pas, à l’heure actuelle, ce qu’ils nous veulent. Histoire vraie ou histoire fausse, seul le temps nous le dira. Mais s’ils sont réels, la thèse des démons reste la plus plausible. Et pour un peu que l’on croit aux démons, on sait qu’ils sont partout, traquant le meilleur moment pour passer à l’action, traquant nos faiblesses pour les retourner contre nous.

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin

Sources : fr.sott.net, documystere.comdark-stories.com

 

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Amityville la maison du Diable, famille Lutz

Dans mon précédent billet, j’ai parlé des meurtres macabres qui ont eu lieu dans la célèbre maison d’Amityville dans la nuit du 13 novembre 1974. Ronald DeFeo Jr a assassiné toute sa famille et a été condamné à 150 ans de prison. Ronald Jr soutiendra jusqu’au bout qu’il a été contraint par le Diable à commettre tous ces meurtres. Mais l’histoire de la maison d’Amityville ne s’arrête pas là puisque les prochains acquéreurs auront affaire à d’effrayants évènements qui les pousseront à fuir la demeure en y laissant toutes leurs affaires.

 

 

 

La famille Lutz

 

 

 

Après la mise en vente de la maison d’Amityville pour 80 000 dollars, la famille Lutz vient la visiter et l’achète, malgré son passé macabre. Les Lutz trouvent que c’est une très bonne affaire et qu’ils ne pourront jamais acquérir une aussi belle demeure pour un prix aussi bas.

La famille emménage 13 mois après la fusillade et n’y restera que 28 jours.

On est le 18 décembre 1975 lorsque George Lutz, sa femme Kathleen et ses trois enfants issus d’un précédent mariage prennent possession des lieux. Depuis la fusillade, rien n’a bougé dans la maison, les meubles des DeFeo sont toujours en place et des traces de sang sont retrouvées dans les chambres. Peu leur importe, George est propriétaire d’un cabinet de géométrie qui bat de l’aile, Kathleen est mère au foyer et jamais ils n’auraient pu s’offrir une telle demeure dans un quartier huppé de Long Island sans la fusillade. Le couple vient à peine de se marier et veut faire de cette maison leur petit nid d’amour.

Dès les premiers jours de leur installation, ils sont victimes de phénomènes étranges et effrayants :

  • Dès leur arrivée, ils demandent au père Ralph J. Pecoraro de venir bénir la bâtisse. Le prêtre sera chassé hors de la demeure par une force invisible et entendra une voix forte lui dire « Va-t’en ! »
  • La maison est souvent victime de grandes variations de température et devient subitement glaciale.
  • Souvent, les Lutz sentent une odeur écœurante, comme celui d’un vieux parfum rance.
  • Des taches noires se forment dans une des salles de bain, taches qu’il est impossible de faire disparaître même avec des détergents très puissants.
  • On est en hiver et des nuées de mouches se forment sur les fenêtres puis disparaissent subitement.
  • George se réveille systématiquement à 3 h 15 du matin, heure des meurtres.
  • La fille cadette, Mélissa, évoque à plusieurs reprises la présence d’un ami imaginaire répondant au nom de Jodie qui lui assure qu’elle restera toute sa vie dans la maison.
  • Une sorte de réduit aux murs peint en rouge est découvert dans la cave. Il ne figure sur aucun plan de la maison. Le chien de la famille, un labrador prénommé Harry, refuse de s’y approcher.
  • Une sculpture d’un lion en céramique long de plus d’un mètre se met à bouger seule.
  • Des empreintes de sabots fourchus sont retrouvées dans la neige, à l’extérieur de la maison, se dirigeant vers la porte du garage, dont les gonds ont été arrachés par une force surhumaine.
  • George Lutz entend souvent une fanfare défiler dans le salon de la maison, avec des bruits de bottes et des instruments à vent. Mais il ne la voit jamais et lorsqu’il va au salon, tous les meubles ont été poussés contre les murs par une force invisible, comme pour laisser passer la fanfare infernale.
  • Plusieurs fois, les Lutz voient des êtres démoniaques se matérialiser devant eux, sous forme de silhouette encapuchonnée ou de cochon.
  • Kathleen sent souvent des mains invisibles l’agripper. Petit à petit, son corps se couvre de marques rouges, comme si on l’avait frappée avec un tisonnier.

Mais l’évènement qui arriva la dernière nuit eut raison des Lutz qui quittèrent leur domicile précipitamment pour ne plus jamais y revenir. En effet, George, n’arrivant pas à trouver le sommeil, décida de sortir pour boire un verre. Il veut prévenir sa femme qui dort à côté de lui dans le lit, mais la retrouve lévitant au plafond de la chambre. Lorsqu’il veut la faire descendre en agrippant une des manches de sa chemise de nuit, il voit sa femme se transformer, l’espace d’un instant, en une vieille femme hideuse et ridée.

Terrorisés, les Lutz quittent la maison d’Amityville 28 jours à peine après leur emménagement.

 

 

Histoire vraie ou fiction ?

 

La famille Lutz connaissait des problèmes d’argent au moment des faits

 

Plusieurs faits troublants viennent contredire les dires de la famille Lutz et jeter le discrédit sur leur histoire.

En effet, les Lutz sont en déroute financière et se sont retrouvés associés à l’écrivain Jay Anson qui va raconter leur histoire dans un livre publié en 1977 sous le titre « The Amityville Horror – A True Story ». Ce livre sera tiré à plusieurs millions d’exemplaires. Une adaptation cinématographique verra le jour en 1979 avec le film « Amityville : la maison du Diable » réalisé par Stuart Rosenberg, suivi de nombreux autres films.

Certains spécialistes affirment que l’histoire vécue par la famille Lutz est une pure affabulation racontée dans le but de gagner de l’argent. Ce n’est qu’un vulgaire canular, une escroquerie bien ficelée, mais qui présente des failles. En effet, de nombreux experts et spécialistes du paranormal n’ont pu apporter de preuves quant à une prétendue présence malveillante. Et différents témoignages viennent contredire leur histoire :

  • Le père Ralph J. Pecoraro n’a jamais béni la maison, n’est jamais entré dans la maison et n’a jamais entendu des voix.
  • Aucun ouvrier ne se souvient avoir effectué des réparations causées par une force démoniaque dans la maison.
  • Aucune tempête de neige ne s’est abattue sur Amityville durant la période où les Lutz disent avoir retrouvé des traces de sabots.

De plus, il a été prouvé que William Weber, l’avocat qui s’occupait de la défense de Ronald DeFeo Jr, serait allé voir la famille Lutz et leur aurait proposé une somme d’argent assez conséquente si elle simulait des phénomènes étranges survenant dans la maison. En effet, l’avocat avait basé toute sa défense sur la possession démoniaque de son client.

Après le départ des Lutz, la maison a été mise en vente. Elle fut achetée par la famille Cromarty qui y vécut paisiblement pendant 10 ans sans être perturbée par des évènements surnaturels. Les Cromarty ont davantage été gênés par les touristes et les curieux qui voulaient visiter la maison. C’est pourquoi, les Cromarty ont décidé de changer l’adresse et qu’ils ont intenté un procès contre le Lutz, affaire qui se régla à l’amiable en contrepartie d’une somme d’argent dont le montant n’a jamais été divulgué. Ensuite, ce sont les O’Neil qui l’achetèrent en 1987. Pour dérouter les curieux, ils feront poser des fenêtres de forme standard à la place des lucarnes qui étaient vues comme les yeux du Diable. Ils revendirent la maison en 1997 pour 310 000 dollars. Eux aussi n’ont jamais été inquiétés par des phénomènes surnaturels.

 

Photographie de l’intérieur de la maison.

 

Au mois de mai 2010, la maison d’Amityville a été mise en vente pour 1 150 000 dollars avant de trouver des acquéreurs en août 2010. On peut trouver des photos sur internet de l’intérieur de la maison. Les propriétaires ont organisé un vide-grenier géant qui a attiré plusieurs centaines de curieux.

 

 

L’enquête d’Ed et Lorraine Warren

 

Ed et Lorraine Warren dans la maison d’Amityville.

 

Dans mes précédents billets, Conjuring et la famille Smurl, je parle des enquêteurs du paranormal Ed et Lorraine Warren. Le couple a aussi enquêté sur l’affaire d’Amityville après le départ des Lutz. Le démonologue et la médium soutiennent la véracité des faits racontés par la famille. Ils sont arrivés dans la demeure avec une équipe d’enquêteurs professionnels et ont immédiatement senti des présences maléfiques.

À la cave, Ed Warren dit avoir aperçu des milliers de points lumineux ainsi que des formes sombres se précipitant vers le plancher.

Lorsque Lorraine a tenté de communiquer avec les entités hantant la maison, plusieurs membres de l’équipe furent pris de malaises, un s’évanouit, deux autres eurent des palpitations et un troisième dut être sorti d’urgence hors de la maison tellement il se sentait mal.

Pour les Warren, le « mal » était associé à la maison bien avant la venue des DeFeo. La propriété aurait été un ancien hôpital, une sorte de mouroir pour les aliénés et les malades amérindiens. Les esprits démoniaques, qui se délectent de la souffrance humaine, ont infesté les tombes de ceux qui ont été enterrés dans la cave. Ils disent, que dans la maison, il ne reste que des résidus des esprits démoniaques qui hantaient la demeure et que ceux-ci ont suivi les Lutz après leur départ, d’où le fait que les propriétaires suivants n’ont jamais été ennuyés par les démons. Concernant les Lutz, nous avons pu retrouver leurs traces : Kathleen s’est éteinte dans des circonstances troublantes peu de temps avant la sortie du remake d’Amityville. Quant à Georges, il a fait une crise cardiaque alors qu’il triait des photographies de la maison. Il avait dans l’idée d’écrire un nouveau livre.

 

La maison d’Amityville a fait couler beaucoup d’encres et partage les gens. Certains pensent que c’est une histoire réelle et qu’elle a été possédée par des présences démoniaques. Je pense que, à l’origine, il y a eu possession démoniaque, que Defeo Junior a tué sa famille alors qu’il était sous l’emprise d’une entité démoniaque. Mais je ne pense pas que la maison en soit la cause. Pour ce qui est des Lutz, ils ont simplement profité de la situation pour se faire de l’argent. En fait, la maison d’Amityville n’est pas hantée, elle a abrité un possédé, elle a abrité des cadavres, ce qui fait qu’elle vibre en négatif, mais n’est pas hantée.

 

 

Marie d’Ange

 

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