Le mystère de la ferme de Hinterkaifeck

Direction l’Allemagne pour cette macabre histoire de meurtres non encore élucidée aujourd’hui. Et pour cause, tout pourrait nous faire croire que des forces surnaturelles ont orchestré ce terrible drame. Tentons d’en savoir un peu plus sur cette affaire bizarre qui a eu lieu en mars 1922 pendant laquelle six personnes trouvèrent la mort dans des conditions affreuses. Aucun indice, aucun témoin et le tueur n’a jamais pu être retrouvé.




La ferme d’Hinterkaifeck

 

La famille Gruber

 

La ferme d’Hinterkaifeck se situe en Allemagne, à environ 70 km de Munich. Elle se situe sur le hameau de Kaifeck et le préfixe Hinter désigne derrière en allemand, donc la ferme se situe derrière le hameau de Kaifeck. Ce hameau faisait partie de la ville de Wangen et a été incorporé à la commune de Waidhofen en 1971. 

Cette ferme d’apparence normale fut le théâtre d’un des crimes les plus sanglants et les plus énigmatiques de l’histoire de l’Allemagne. En effet, le soir du 31 mars 1922, six habitants de la ferme d’Hinterkaifeck sont tués à coup de pioche. Quel est le motif de ces meurtres ? On ne le sait pas. Qui est le tueur ? On ne l’a jamais retrouvé. L’affaire, malgré les nombreuses investigations, n’a jamais été résolue.

En 1922, c’est la famille Gruber qui habite la ferme d’Hinterkaifeck. C’est une famille tranquille, travailleuse. Il y a Andreas Gruber, âgé de 63 ans au moment des faits, agriculteur, sa femme Cäzilia, âgée de 62 ans au moment des faits, ainsi que leur fille Viktoria Gabriel âgée de 35 ans, devenue veuve trop tôt. Cette dernière s’est installée chez ses parents avec ses deux enfants, Cäzilia, âgée de 7 ans au moment des faits et Joseph, âgée de 2 ans au moment des faits. La famille Gruber emploie une femme de chambre qui vit dans la ferme, Maria Baumgartner, âgée de 44 ans.

Que savons-nous sur les Gruber ? Pas grand-chose en réalité. Dans cette Allemagne du début du XXe siècle, les familles vivent cachées. Les enquêteurs ont soupçonné une relation incestueuse entre Viktoria et son père Andreas, et de cette relation serait né Josef. Il y a des traces d’un procès concernant Andreas et Viktoria et une condamnation pour les deux protagonistes en mai 1915 pour inceste.

Le petit Josef peut aussi être le fils d’un des amants de sa mère, un voisin, Lorenz Schlittenbauer. De toute manière, il faut savoir que Viktoria était déjà veuve lors de la naissance de son fils. On voit de suite que la famille Gruber cache de grands secrets.

 

 

Les meurtres

 

Au centre de la photographie, Andreas et Cazilia Gruber

 

Signalons que quelques jours avant les meurtres, Andreas Gruber avait découvert des empreintes de pas dans la neige, empreintes qui partaient de la lisière de la forêt jusqu’à la ferme. Il avait fait part de cette découverte à ses voisins et d’après les témoignages, il n’avait trouvé aucune empreinte partant de la ferme et se dirigeant vers le bois. De plus, Andreas Gruber avait trouvé un journal bizarre dans le grenier et avait entendu des bruits dans le grenier, mais n’y avait jamais trouvé personne.

De plus, les clés de la maison étaient introuvables et avaient disparu plusieurs jours avant les meurtres. Le plus bizarre, et cela bien qu’Andréas Gruber s’était confié à ses voisins, ces faits ne furent pas signalés à la police. Ils auraient peut-être pu mener sur la piste du meurtrier…

Encore un autre fait à signaler : on sait que six mois avant les meurtres, la femme de chambre avait quitté précipitamment la ferme, terrorisée. Elle avait déclaré que la ferme était hantée. La famille Gruber l’avait traitée de folle. Dans le voisinage, personne ne voulait travailler pour les Gruber qui eurent beaucoup de mal à trouver une autre femme de ménage. Six mois après cette histoire, ils réussirent à embaucher Maria Baumgartner, qui arriva à la ferme le 31 mars 1922, soit quelques heures avant les meurtres. Peut-on dire que Maria Baumgartner n’a pas eu de chance dans l’histoire, puisqu’elle arriva dans la ferme pour y mourir ?

On ne sait pas comment se sont déroulés les meurtres. On pense, au vu de la disposition des cadavres, que le soir du 31 mars 1922, le tueur a attiré les Gruber, puis leur fille Viktoria et la jeune Cäzilia, un par un, dans la grange pour les abattre. On ne sait pas s’il y avait un ou plusieurs meurtriers. On sait que le tueur a utilisé une pioche et s’en est pris d’une manière tellement violente à cette famille, que leur cadavre était méconnaissable.

Après ces premiers meurtres, le tueur est entré dans la maison où il a tué, aussi à coup de pioche, le petit Josef qui dormait dans son lit, dans la chambre de sa mère, ainsi que Maria Baumgartner, qui dormait aussi dans sa chambre.

Puis, le tueur s’est évaporé dans la nature, sans rien emporter avec lui. Mais, pas de suite, puisque l’on sait qu’il a pris le temps de manger et de se reposer.

Les cadavres n’ont pas été découverts de suite, mais plusieurs jours après. En effet, les Gruber étaient assez solitaires et recevaient rarement du monde. Ils n’avaient pas d’amis proches. Donc, les voisins sont effectivement surpris de ne voir aucune activité dans la ferme, mais ils préfèrent ne pas se mêler de la vie des Gruber. Et finalement, c’est le facteur, qui avait remarqué que le courrier n’était pas ramassé, qui va donner l’alerte, ainsi que l’institutrice qui est surprise que la jeune Cäzilia soit absente à l’école.

Le mardi 4 avril 1922, soit quatre jours après les meurtres, quelques voisins se décident à venir frapper à la porte de la ferme d’Hinterfaifeck. Et c’est là qu’ils découvrent, horrifiés, les cadavres dans la grange et à l’intérieur de la maison.

 

 

L’enquête

 

A gauche, la chambre de Viktoria, à droire, la chambre de la domestique.

 

Les autorités sont prévenues et le 6 avril 1922, le docteur, Johann Baptist Aumüller, médecin nommé par la Cour, effectue les premières autopsies dans la grange. Les cadavres ont été décapités, probablement par une pioche. Les crânes sont envoyés à Munich pour une autopsie plus poussée.

Le médecin découvre avec horreur que la jeune Cäzilia, la seule à ne pas être décapitée, a agonisé pendant des heures avant de perdre la vie. Elle a été retrouvée allongée dans la paille, à côté des corps de ses grands-parents et de sa mère. Des touffes entières de cheveux ont été arrachées par le tueur.

Le médecin n’a jamais vu une chose pareille. Le tueur devait être fort et surtout bestial. Il ne devait plus rien avoir d’humain en lui.

Il semble que le ou les assassins soient restés plusieurs jours dans la ferme avant de s’évanouir dans la nature. En effet, quelques bêtes ont été tuées et cuites, des restent de  nourriture se trouvvent encore dans la cuisine. Par ailleurs, les voisins ont vu de la fumée sortie de la cheminée de la ferme d’Hinterkaifeck durant le week-end.

Le vol n’est pas le mobile du tueur, puisque tout est intact dans la ferme et que les économies des Gruber n’ont pas été dérobées. Une forte somme d’argent liquide dans une boîte en métal, facilement visible, est trouvée par les enquêteurs dans la ferme.

Les autorités vont déployer toutes leurs ressources pour tenter d’élucider cette affaire. Plus de 100 suspects seront interrogés, sans succès. L’interrogatoire le plus récent a eu lieu en 1986, mais encore une fois, il n’a pas permis de confondre le tueur.

Cette affaire de meurtres non élucidée me fait penser un peu à ce qu’il s’est passé à Villisca. Même mode opératoire, même arme du crime, une famille entière assassinée d’une façon bestiale. Et à Villisca, le tueur court toujours. Cela s’est passé dans la nuit du 10 juin 1912 pour l’affaire de Villisca et dans la nuit 31 mars 1922 pour l’affaire qui nous intéresse. Soit dix ans séparent les deux affaires.

De plus, il tourne autour de ces drames, une ambiance surnaturelle, comme si ces meurtres avaient été perpétrés par une entité qui se réveillerait tous les dix ans pour commettre ses méfaits.

 

 

Les hypothèses

Bien sûr, les inspecteurs en charge de cette affaire ont émis de nombreuses hypothèses, les unes farfelues, les autres qui pouvaient tenir la route.

Nous savons que Viktoria Gruber était veuve. Son mari, Karl Gabriel, est mort sur le front en France, en 1914, durant la Première Guerre mondiale. Son corps n’a jamais été retrouvé. La première hypothèse est qu’en fait il ne soit pas mort, puisque l’on n’a jamais retrouvé son corps, et qu’il soit revenu des années plus tard. Mais, comme il a vu que sa femme le trompait, il serait devenu fou et aurait tué toute la famille Gruber. Ou alors, il serait revenu en spectre et trahi par sa femme, se serait vengé.

Lorenz Schlittenbauer, l’amant secret de Viktoria, a aussi été vu comme suspect. Mais, on ne lui trouvera aucun mobile et il sera vite relâché.

À ce jour, plusieurs personnes continuent de se pencher sur cette affaire, mais je pense qu’elle restera à jamais non résolue…

Je tiens aussi à rappeler que certains points importants n’ont jamais été mis transmis à la police, comme le fait que Gruber s’est plaint d’avoir trouvé des empreintes de pas dans la neige ou même qu’il entendait des bruits provenant du grenier. Personne n’a mentionné le fameux journal qu’il a trouvé dans le grenier. Ce document aurait pu orienter les recherches. D’ailleurs, l’enquête ne le mentionne pas et ce journal est introuvable.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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