Les meurtres de Borden

 

Cette affaire Borden est une affaire de meurtres non résolue qui a fait couler beaucoup d’encres et qui continue à faire parler d’elle. Une affaire qui vira au paranormal lorsque l’on parla du fantôme de la meurtrière qui hanterait son ancienne demeure, aujourd’hui une auberge. Voici l’étrange histoire de l’affaire Borden et de la Lizzie Borden, la demeure hantée transformée en musée des meurtres et en hôtel.

 

L’affaire Borden

Direction la ville de Fall River, dans le Massachusetts, dans les années 1890. Cette ville était le joyau de la couronne de l’industrie du textile aux États-Unis, une ville très prospère durant le 19e siècle, une ville qui a connu un drame, celui de l’affaire non élucidée des meurtres de la famille Borden.

La famille Borden vivait à Fall River dans une demeure traditionnelle. Andrew Borden, le père de famille, était un membre de la haute société de Fall River. Sa femme Abby Borden s’occupait de ses deux filles, Lizzie et Emma.

Lors d’une matinée, Lizzie a tué toute sa famille à l’intérieur de la maison, sans que l’on ne puisse jamais la confondre. Que s’est-il passé en ce début de journée ? On raconte que Lizzie Borden a pris une hache et qu’elle a frappé quarante fois (en réalité, dix-neuf coups ont été donnés) sa mère avec cette hache. Lizzie a été acquitté de ces meurtres, faute de preuves.

Toute la famille repose au cimetière d’Oak Grove qui se dresse au sommet de la ville de Fall River, ainsi que Lizzie qui s’est éteinte le 1er juin 1927 totalement disculpée meurtres. Là, dans ce cimetière, se dresse un obélisque de granit où repose les Borden. Autour de cette pierre commémorative, il y a des tombes individuelles, dont une appartenant à Lizzie Borden.

 

Les meurtres

Revenons sur cette affaire Borden. Nous sommes le 4 août 1892. C’est lors de cette matinée d’été qu’Andrew Borden aurait été assassiné alors qu’il faisait la sieste sur le canapé. Quant à Abby, elle a été retrouvée gisante dans la chambre d’amis. Elle avait reçu dix-neuf coups de hache sur le corps. Un véritable carnage.

Andrew et Abby vivaient une existence paisible dans leur maison de style néo-grec, avec Lizzie et Emma, les deux filles d’Andrew et Bridget Sullivan, et la femme de chambre. Au moment des faits, Lizzie et Emma étaient adultes. La nuit du meurtre, Emma était partie rejoindre des amis dans une autre ville. Il ne restait plus qu’à la maison la femme de chambre, Lizzie, Andrew et Abby.

La grande question fut : qui étaient le ou les meurtriers d’Andrew et Abby.

Bridget Sullivan et Emma furent rapidement disculpées et les regards se tournèrent vers Lizzie, la seule qui était à la maison au moment des meurtres et qui aurait pu commettre une telle atrocité. Et en effet, Lizzie méprisait sa belle-mère, Abby et ne s’en est jamais caché. C’était peut-être le mobile du meurtre. Mais pourquoi avoir assassiné son père ? Cette histoire ne tenait pas debout. Lizzie a crié son innocence, mais le doute subsistait.

L’enquête a révélé la découverte d’une hache de guerre avec une poignée récemment cassée dans la cave de la maison. C’était probablement l’arme du crime. Un témoin oculaire aurait vu Lizzie brûler une de ses robes, la robe qu’elle avait portée le jour des meurtres. Mais, ces deux éléments n’ont pas convaincu le jury et Lizzie fut acquittée, bien que des soupçons de culpabilité continuaient de circuler sur son compte. Et malgré cette enquête, cette affaire n’a jamais été résolue.

120 ans plus tard, des détectives amateurs et autres enquêteurs du paranormal continuent à se pencher sur cette affaire, sans jamais rien trouver de nouveau. Le mystère qui entoure ces meurtres macabres demeure. De nombreuses théories ont été débattues, en vain.

Cette histoire des meurtres de Borden est devenue un mythe dans la région, un mythe où de nombreuses spéculations circulent, un mythe qui ne tarda pas à se charger d’un halo paranormal.

De cette histoire, il y a eu un livre basé sur des archives conservées d’un journaliste qui a couvert le procès en 1893, un livre rare écrit par Edwin H. Porter pour The Fall River Tragedy. La rumeur dit que lorsque le livre est sorti, Lizzie Borden en a acheté plusieurs exemplaires.

Un habitant de Fall River qui travaillait dans le textile, Flynn, a trouvé un exemplaire de ce livre et l’a republié. Une réédition du livre de Porter donc, accompagnée d’un document rare, celui d’une curieuse monographie datant de 1893 et d’un traité datant de 1941 et écrit par Arthur Phillips, avocat de Lizzie Borden.

Et dans toutes ces archives, la distorsion entre tous les faits est telle, que l’on ne peut démêler le vrai du faux. Que s’est-il passé lors de cette matinée du 4 août 1892 ? Qui est le meurtrier des Borden ? Pourquoi s’est-il acharné sur Abby Borden ? Autant de questions qui restent malheureusement sans réponses.

 

L’enquête et le procès

Voici les faits sur cette affaire qui sont fondés et incontestés :

Entre 9 h et 11 h 15 le matin du jeudi 4 août 1892, Andrew Borden, 70 ans, et sa deuxième épouse, Abby, 65 ans, ont été brutalement assassinés. Donc, les Borden ont été assassinés en plein jour, en pleine matinée, dans leur maison située au 92 rue Second à Fall River. Les seules personnes présentes dans la maison durant ce laps de temps sont Lizzie, 32 ans, et la femme de chambre, Bridget Sullivan, 25 ans.

Andrew a été retrouvé sur le dos, allongé sur le canapé dans le salon du premier étage, le visage mutilé de plusieurs coups de hache. Le médecin légiste dénombrera 20 coups de hache. Abby a été retrouvée couchée sur le ventre, gisant à côté du lit de la chambre d’amis à l’étage, la tête complètement fondue. En tout, le médecin légiste dénombrera 18 coups portés sur elle.

 

Lizzie Borden a été arrêtée huit jours après les meurtres et elle fut jugée en juin 1893 à New Bedford, une ville voisine. Le procès a été un véritable cirque médiatique du 19e siècle. Pendant tout le procès, Lizzie est restée stoïque. À un moment donné, après deux heures de restitution du déroulement des évènements du 4 août 1892 par le procureur, Lizzie s’est évanouie. Plus tard, lorsque le médecin légiste a montré les crânes d’Andrew et Abby Borden pour montrer les impacts des coups de hache, Lizzie a été autorisée à quitter la salle d’audience.

Après 13 jours d’audience, Lizzie fut déclarée non coupable par le jury pour faute de preuves et d’un motif insuffisant pour soutenir un crime d’une telle violence.

Voici un autre fait que l’on ne peut contester : Andrew Borden était l’un des citoyens les plus riches de Fall River. Il possédait de nombreux biens immobiliers ainsi que des actions dans plusieurs banques et usines de textiles. Mais, lui et sa famille vivaient humblement, se privant presque de tout, dans une demeure jolie, mais pas prestigieuse. On disait qu’Andrew Borden était avare, qu’il n’aimait pas dépenser son argent, et donc, qu’il privait ses filles. Peut-être que Lizzie en a eu marre de cette vie, qu’elle a voulu vivre plus « richement » et qu’elle a tué son père, ainsi que sa belle-mère, pour hériter de toute sa fortune. Et effectivement, Emma et Lizzie, après la mort de leur père, ont hérité d’un énorme pactole, les rendant indépendantes jusqu’à la fin de leurs jours. Avec cet argent, après le procès, Lizzie a acheté un manoir, le manoir de Maplecroft, sur la colline de Fall River, un quartier très huppé de la ville. Lizzie a vécu là jusqu’à sa mort en 1927.

 

 

Le mythe

Sullivan, rédacteur en chef de Fall River Herald News, originaire de Borden, s’est passionné pour cette histoire, devenant un expert de l’affaire Borden, lorsqu’il a acheté la résidence d’un des cousins de Lizzie Borden et qu’il a découvert une vieille hache cachée dans la grange. Sullivan a pensé que cette hache pouvait être l’arme du crime et garde cet objet précieusement et jalousement. Peut-être que Lizzie a donné cette hache à son cousin pour s’en débarrasser. Sullivan ne peut pas prouver que cette hache est l’arme du crime, mais personne ne peut prouver qu’elle ne l’est pas.

La fascination pour ce double meurtre perpétré par une femme et entouré d’un halo paranormal a aussitôt séduit le public qui a répondu présent. Les gens sont très souvent attirés par tout ce qui est bizarre et insolite. Et lorsque l’on touche le sombre et le gore, c’est le jackpot. Cette fascination, on l’a déjà notée pour la maison d’Amityville ou dans l’affaire de Sam Burovitch où les curieux détachaient une partie du parquet ou des murs de son appartement pour s’en faire un souvenir.

Cette affaire Lizzie Borden a suscité de nombreux commentaires. Et plus l’on creuse, plus l’on se dit que Lizzie est coupable. En effet, la maison de son père était une demeure humble, pas très grande. Aujourd’hui, c’est Ron Evans qui possède cette maison et lui qui y habite est formel, Lizzie n’aurait pu être dans la maison pendant que quelqu’un d’autre était en train de tuer son père et sa belle mère. Les murs de cette maison sont si fins, qu’il est impossible qu’elle n’ait rien entendu. À moins d’être la meurtrière… Et cette opinion est celle de la plupart des personnes qui ont eu connaissance de cette affaire et qui s’y sont penchées : Lizzie Borden est la meurtrière.

Pourtant, Lizzie, qui enseignait le catéchisme, n’a jamais fait preuve d’agressivité. Elle avait une vie irréprochable, semblait proche de son père, mais en conflit avec sa belle-mère. Comment cette femme décrite comme douce a-t-elle pu se transformer, l’espace d’un instant, en un monstre sanguinaire ? C’est l’aspect le plus fascinant de ce mythe Borden.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur cette affaire ont conclu que Lizzie était coupable. Une poignée pense que c’était la femme de chambre, Bridget Sullivan, la coupable, car elle était profondément anti-irlandaise et que cette position a pu tourner au fanatisme.

En tout, les meurtres non résolus des Borden ont inspiré plus de 200 livres, articles, chansons, poèmes, pièces de théâtre, et un film, un opéra et un ballet.

 

 

Lizzie Borden Bed et Breakfast

Aujourd’hui, les curieux peuvent visiter l’ancienne demeure des Borden, transformée aujourd’hui en musée et en auberge. Passer la porte de cette auberge nous ramène directement au 19e siècle. Bien que le mobilier et la décoration ne soient pas originaux pour la maison, un grand soin a été donné pour restituer l’esprit de la maison, un cadre victorien d’époque. Lors de l’enquête, de nombreuses photographies ont été prises dans chaque pièce de la maison. C’est avec ces photographies que l’on a pu restituer l’ambiance de la maison et y installer des répliques proches des meubles d’avant.

Des visites sont organisées, avec des guides qui expliquent en détail comment et où les évènements de cette journée se sont produits. Les visiteurs sont libres d’explorer chaque pièce de la maison, de la photographier, de toucher les objets.

Mais cette visite rappelle surtout l’horreur du carnage qui s’est joué en ces lieux, et toute cette horreur est rappelée constamment par des objets en rapport avec les meurtres, comme des crânes factices d’Andrew et Abby Borden, ou des photographies sur les scènes de crime ou encore la table d’examen sur laquelle fut opérée l’autopsie d’Andrew et d’Abby. Tous ces objets nous font ressentir toute l’atrocité des crimes. L’ambiance est pesante, électrique. On en viendra même à ressentir la présence de fantômes.

Dans la chambre d’amis, les visiteurs se tiennent à l’endroit même où a été assassiné Abby et peuvent même entendre le bruit des dix-neuf coups portés sur son crâne. C’est assez troublant comme expérience.

En parlant de fantôme, la nature violente des meurtres Borden a conduit beaucoup de gens à croire que la maison est un foyer d’activités paranormales. D’ailleurs, les guides touristiques s’en donnent à cœur joie pour alimenter cette légende en racontant leurs propres expériences ou celles des autres. On raconte qu’une main invisible touche les visiteurs, que des chuchotements se font entendre, ainsi que des rires d’enfants provenant des chambres du grenier.

Les touristes et autres curieux qui se rendent dans cette auberge un peu particulière ont, bien sûr, la possibilité d’y passer la nuit. Et ces hôtes peuvent, le temps d’une soirée, débattre sur ces crimes et sur la culpabilité de Lizzie Borden. Les clients ont la possibilité de dormir dans une chambre, la chambre d’invité où a été tuée Abby Borden, ou celle de Lizzie ou encore, au salon où a été tué Andrew Borden. Et avant de se coucher, on raconte que la maison est hantée par des esprits. Le fantôme d’Andrew Borden aime particulièrement se déplacer dans le bureau et guetter ceux qui s’approchent de ses biens pour les faire fuir. Tandis que les enfants qui jouent dans le grenier acceptent bien volontiers des jouets.

Cette légende est telle qu’elle a été le sujet de plusieurs films et séries télévisées. Par exemple, l’épisode 5 de la saison 11 de la série Supernatural impliquait une série de meurtres centrés sur le Lizzie Borden Bed & Breakfast.

Aujourd’hui, cette propriété fonctionne très bien et attire de nombreux clients. D’ailleurs, la chambre d’ami, celle où Abby Borden fut assassinée, est la chambre la plus demandée par les clients. Le Lizzie Borden Bed & Breakfast est devenu une véritable attraction touristique.

Personnellement, je ne pense pas que cette auberge soit hantée. On a fait circuler tellement de légendes sur son compte afin de peur, que forcément, les gens qui s’y rendent son préprogrammés pour voir des choses surnaturelles. Mais tout cela fait partie de l’imagination collective. Je pense qu’il n’est pas bon de jouer avec l’esprit des morts. Les morts doivent rester où ils sont, on ne doit pas troubler leur sommeil.

La chose la plus étrange dans cette histoire c’est que l’on n’a jamais pu retrouver le meurtrier et l’on ne saura jamais qui a tué Andrew et Abby et quel est le mobile de ces meurtres. Qu’ils reposent en paix.

 

Sources : newengland.com

Marie d’Ange

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