La hantise des Dagg

Shawville, petit village tranquille du Québec devenu tristement célèbre en 1889 à cause d’un poltergeist très virulent qui a terrorisé la famille Dagg. Un phénomène de haute hantise largement documenté qui donne la chair de poule. Voici l’histoire du poltergeist de la famille Dagg.




 

 

Les débuts

 

La ferme des Dagg

 

Nous sommes à l’automne 1889, dans le petit village de Shawville au Québec. Shawville est à une heure d’Ottawa. C’est un village tranquille composé de fermiers et d’éleveurs. L’un d’entre eux, George Dagg, un homme de bonne réputation, va être mêlé à une affaire étrange, à un poltergeist qui va s’en prendre à toute sa famille.

L’activité de ce poltergeist est telle que de nombreux témoins la relateront et qu’encore aujourd’hui, l’histoire continue d’alimenter la controverse.

La famille Dagg est composée du père, George (35 ans), de la mère de famille, Susanna et de leurs deux enfants, Mary Susan (4 ans) et Johnny (2 ans), ainsi que leur fille adoptive, Dinah Burden MacLean (11 ans), une jeune fille écossaise adoptée cinq ans plus tôt, et d’un petit garçon, Dean, lui-aussi orphelin et employé pour aider à la ferme. Ce dernier loge dans le grenier. 

Tout ce petit monde habite une ferme située proche du village. La famille Dagg coule une existence paisible, faite de labeurs et de repos bien mérités.

Le premier évènement bizarre est apparu le 15 septembre 1889. Ce jour-là, George Dagg découvre que de l’argent a disparu de son coffre rangé dans son bureau. Dean retrouve un seul billet manquant sur le sol de la cuisine et le restitue aussitôt à son propriétaire. Mais, George, méfiant, fouille toute la maison et découvre un second billet sous le matelas du jeune homme. Il n’en faut pas plus pour que George soupçonne le jeune homme de lui voler de l’argent. Mais, ne voulant pas faire d’esclandre, il préfère ne rien dire et surveiller son aide de ferme. Le prendre sur le fait serait plus sage que de l’inculper sans preuve.

Un peu plus tard dans la journée, alors qu’elle effectue ses habituelles tâches ménagères, Susanna aperçoit des excréments d’animaux étalés sur le plancher du salon. Elle pense que c’est Dean le responsable de cette bêtise. En effet, le jeune homme oublie souvent de se déchausser. Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir averti et menacé de licenciement s’il continue. Susanna est en colère : visiblement, Dean ne changera pas et elle en parle à son mari.

Lorsque les Dagg convoquent Dean et l’accusent d’avoir volé de l’argent et sali la maison, l’aide de ferme nie tout en bloc. Les Dagg ne le croient pas et dans l’après-midi, George l’emmène chez un magistrat afin qu’il réponde de ses actes.

Mais, en l’absence des deux hommes, Susanna découvre de nouveaux excréments sur le sol du salon et comprend que Dean n’en est pas le responsable. Peut-être a-t-il volé l’argent, mais il n’a pas sali la maison.

Dean jure qu’il n’a fait ni l’un ni l’autre, qu’il est innocent dans les deux affaires.

Ces deux évènements vont être le début d’une incroyable et terrifiante histoire de poltergeist.

 

 

Le poltergeist se déchaîne

 

 

Les jours qui suivent, Susanna découvre souvent des excréments. Ces derniers ne sont plus seulement retrouvés sur le sol du salon, mais Susanna en trouve dans son lit, dans le placard de nourritures… Elle a beau nettoyer, ils reviennent sans cesse et toujours à d’autres endroits.

Les Dagg ne pensent pas de suite à des phénomènes paranormaux. Ils essaient d’abord de trouver une explication rationnelle à ce phénomène, sans y parvenir.

Soudain, une nuit, de gros rochers bombardent le toit de la ferme, de grosses pierres qui frappent la demeure des Dagg sans relâche pendant plus d’une heure, brisant les vitres. Au même moment, de petits incendies s’allument spontanément partout dans la maison, les meubles se mettent à se déplacer seuls, de la vaisselle se brise seule, projetée à travers la cuisine, des bidons de lait se renversent seuls.

Les Dagg sont terrifiés. Ils ont vécu une véritable nuit de l’horreur. Un pichet d’eau projeté par une force surnaturelle blesse Susanna au visage.

À partir de cette nuit,  de violents coups frappés contre les murs réveilleront les Dagg toutes les nuits, ainsi que des meubles qui se déplacent seuls, des jets de pierre sur le toit, de la vaisselle projetée contre les murs. Ils sont terrifiés, ils ne savent pas comment faire cesser le phénomène.

Et les phénomènes ne se déroulent pas seulement la nuit, mais maintenant aussi le jour.

Un après-midi, Susanna entend Dinah hurler de peur dans sa chambre. Elle se précipite auprès de sa fille adoptive et constate qu’une force invisible lui a tiré les cheveux. En effet, cette force invisible a pratiquement arraché la tête de la tête de la fillette qui ne tient plus que par quelques cheveux. Susanna fait de son mieux pour rassurer Dinah. Constatant les dégâts, elle n’a pas d’autres solutions de lui couper les cheveux.

Un peu plus tard dans l’après-midi, c’est au tour de Johnny de se plaindre que quelqu’un lui tire les cheveux sans arrêt et lui fait mal. Lorsque Susanna examine son crâne, elle constate des trous dans la chevelure. Quelqu’un ou quelque chose a arraché les cheveux de son fils par grosse poignée.

George Dagg est un homme profondément cartésien. Il ne croit pas aux fantômes. Dès les premiers évènements, il avait tenté de trouver celui qui était responsable de ces méfaits. Il avait posé des pièges, il était resté éveillé des nuits entières pour surprendre le malfaiteur. En vain. Alors, lorsque Susanna lui parle d’une entité malveillante qui s’attaque à la famille, il ne peut qu’acquiescer et accepter l’aide d’une voyante.

 

 

Des explications surnaturelles

 

 

Susanna Dagg fait appel à une voyante, Elizabeth Barnes. Elle avait déjà entendu parler de cette femme et va la trouver pour lui raconter tous les phénomènes qui se passent chez elle. La médium accepte d’aider la famille Dagg et se rend dans leur ferme.

Après avoir fait le tour de chaque pièce, Elizabeth Barnes déclare que les Dagg sont victimes d’un sort et que trois personnes, une femme et ses enfants, adeptes de magie noire, sont responsables de ce sort.

Aussitôt, George soupçonne sa voisine, une veuve répondant au nom de Wallace, avec qui il avait eu un différend il y a quelques mois de cela. Il va la trouver et en colère, il l’accuse d’être une sorcière et d’être à l’origine de tous leurs problèmes. Bien sûr, comme l’on peut s’en douter, madame Wallace nie toutes ces accusations et ordonne à George de quitter les lieux.

Est-ce que la médium a raison ? Les Dagg sont-ils réellement victimes d’un sort, d’une malédiction ? George en est de moins en moins convaincu, d’autant plus lorsqu’il s’aperçoit que les attaques sont dirigées essentiellement sur Dinah, sa fille adoptive. Dinah était une fille bien portante, joyeuse, souriante. Mais George s’aperçoit que depuis les manifestations, Dinah a le teint pâle, n’a plus d’appétit, semble fatiguée, se renferme sur elle-même et ne parle presque plus.

La fillette se plaint souvent d’entendre des voix qui lui murmurent ou lui crient, selon les jours, des obscénités. Certaines nuits, son lit bondit sur le sol ou lévite, avec elle dessus ! Dinah a même raconté avoir vu une forme noire. Un jour, alors que les Dagg recevaient du monde, Dinah a rapporté que la forme noire se trouvait près d’eux, autour de la table. La grand-mère, présente au dîner, a alors donné un fouet à la jeune fille et lui a dit de frapper très fort la mauvaise chose dès qu’elle la voyait. Soudain, un cri très fort a retenti dans la salle à manger, glaçant tous les invités. Un cri ressemblant à celui d’un cochon sur le point de mourir. Et Dinah s’est retournée et a déclaré qu’elle a frappé la mauvaise chose avec le fouet et qu’elle est partie.

Un peu plus tard dans la soirée, la grand-mère découvre un étrange mot sur un morceau de papier collé au mur. Ce mot disait « Vous m’avez donné quinze chats ». La grand-mère pense de suite au fouet qu’elle avait donné à Dinah. Ce fouet comporte neuf lanières qui sont une référence au chat à neuf queues. Elle sait que le chiffre neuf est sacré, car il représente trois fois la Sainte Trinité et comprend qu’un tel instrument peut chasser les démons. Pétrifiée d’horreur, elle décide d’en parler à George qui ne veut rien entendre.

Une nuit, Dinah se réveille en sursaut. Elle aperçoit la forme noire qui tire sur les draps de son lit. Aussitôt, elle prend son fouet et frappe la forme noire. Alors, la forme invisible crie de détresse et s’évapore. Dinah affirme avoir aperçu une créature effrayante dans sa chambre, une créature ayant le corps d’un homme et la tête d’une vache. Quelque temps plus tard, Mary, sa sœur de quatre ans, affirme aussi avoir vu la même créature. Cette dernière était apparue près de la porte d’entrée. La fillette l’avait regardée pendant un petit moment, puis la créature s’est retournée, l’a regardée et lui a demandé si elle aimerait visiter l’enfer.

Après ce témoignage, George Dagg est terrifié. Il comprend qu’il y a un démon chez lui et que ce démon s’est adressé directement à sa fille et a voulu lui montrer l’enfer. Le mal qui est chez lui est démoniaque. Il comprend que toute sa famille court un grave danger. Contre toute attente, il va trouver le révérend Horne et lui raconte tout ce qu’il se passe chez lui.

Le révérend décide alors de bénir la maison. Il envoie sur place son représentant afin de pratiquer cette bénédiction. Ce jeune révérend est un novice en la matière. Dès qu’il arrive, il commence par réciter des psaumes et des prières appris par cœur. Au moment où il veut récupérer sa Bible, qu’il avait posée sur une chaise, elle a disparu. On la cherche partout et l’on finit par la trouver dans le four.

D’autres évènements curieux se produiront devant le jeune révérend : un encrier qui se soulève seul, qui lévite et qui se déplace à travers la grange, une pomme de terre qui traverse la grange et qui vient frapper la main de Susanna… Un voisin, John Quinn, est venu rendre visite à la famille Dagg ce même jour. Il est arrivé avec une corde et l’a posée dans un coin. Au moment de partir, lorsqu’il a voulu récupérer sa corde, elle n’y est plus, elle a disparu. Elle est réapparue comme par enchantement en plein milieu du salon. John Quinn jure avoir entendu un sifflement lorsque la corde s’est matérialisée.

La bénédiction faite par le révérend n’a pas fait reculer le démon, au contraire.

 

 

Dinah est au centre de toutes les manifestations

 

Près des Dagg vit Percy Woodcock, un artiste, mais aussi journaliste au Recorder and Times de Brockville et un passionné du paranormal. Ce dernier entend parler des phénomènes de hantise à la ferme de la famille Dagg et décide d’aller enquêter sur place.

C’est le 15 novembre 1889 que Percy Woodcock se présente chez les Dagg. Tout de suite, il fait le tour de la propriété. La ferme des Dagg est modeste. Il y a trois hangars attenants à la maison. Il s’entretient quelques instants avec les Dagg et découvre des personnes fatiguées, apeurées, mais surtout sincères et intelligentes qui aimeraient par-dessus tout que tous les phénomènes cessent. Tout de suite, George et Susanna lui expliquent que les phénomènes surnaturels se déroulent qu’en présence de la fillette, mais qu’elle n’est pas à la maison pour le moment. Elle est partie quelque temps chez son grand-père. Depuis son départ, la maison a retrouvé son calme.

Percy Woodcok demande à ce que l’on fasse revenir Dinah. En attendant, il note toutes les manifestations qui se sont déroulées dans la maison, puis fait le tour des voisins et des amis. Durant ces interrogatoires, il comprend que la majeure partie des phénomènes étranges se sont déroulés dans le vieux hangar délabré collé à la maison.

Le lendemain, dès l’arrivée de Dinah à la ferme, Percy Woodcok emmène la fillette dans ce hangar et lui demande si elle ressent quelque chose. Dinah entre dans le hangar. Elle se sent oppressée. Elle demande s’il y a quelqu’un à l’intérieur. Aussitôt, une voix gutturale surgissant de nulle part se met à vociférer des insanités. Le journaliste demande alors à la voix qui elle est. Cette dernière lui répond qu’elle est le Diable et qu’elle n’hésitera pas à lui briser le cou s’il se met à travers son chemin. Percy envoie Dinah chercher son père et reste dans la grange pour discuter avec cette voix sortie de nulle part.

Lorsque George arrive dans la grange, la voix est toujours en train de jurer. Les deux hommes tentent de calmer l’entité et l’invitent à discuter calmement dans la maison. Contre toute attente, la voix spectrale accepte cette invitation. Et voici un extrait de l’étrange conversation qui se déroula dans le salon des Dagg entre cette voix spectrale, George et le journaliste :

— Pourquoi tourmentez-vous ma famille, demande George

— Juste pour le plaisir, répond la voix.

— Mais si c’est pour le plaisir, pourquoi avoir voulu mettre le feu à la maison ?

— Je n’ai jamais voulu mettre le feu, tous ces feux ont été allumés en pleine journée afin que vous puissiez les voir.

— Pourquoi jeter des pierres sur la petite Mary ?

— Pauvre petite Mary, s’exclame la voix. Je n’avais pas l’intention de la toucher. Je visais Dinah. Je n’ai pas laissé la pierre la blesser.

À ce moment de la conversation, on comprend bien, chers lecteurs, que ce démon en veut particulièrement à Dinah, que toutes ses attaques sont dirigées vers Dinah. La grande question est pourquoi il s’en prend à Dinah et exclusivement à la fillette.

Puis, la voix leur explique qu’elle a voulu seulement se divertir, et qu’elle est apparue à la demande de madame Wallace. George Dagg décide d’aller chercher sa voisine. Il la suspectait déjà d’être derrière toute cette histoire, mais là, il en a la preuve. Avec quelques voisins, qui eux aussi étaient présents au salon durant cet entretien plutôt bizarre, il part chercher madame Wallace.

À peine il la ramène chez lui, que la voix s’élève de nulle part pour lui souhaiter la bienvenue et l’accuser de l’avoir appelé, avec Maggie et Willie, à l’aide d’un livre de magie qu’elle a enterré dans le marécage. Madame Wallace nie tout en bloc. Mais la vieille femme est coincée. De nombreux témoins ont entendu la voix l’accuser, des voisins.

Percy Woodcock, qui comprend que madame Wallace a jeté un sort sur la famille Dagg, demande à la voix d’écrire son témoignage afin d’obtenir de meilleures preuves que ses notes. L’entité se saisit d’un crayon et écrit des jurons sur une feuille de papier. Puis, elle fait voler le crayon à travers toute la pièce.

Au crépuscule, après cinq heures de dialogue, la voix s’excuse pour les feux, pour les pierres jetées sur la ferme, pour les coups dans les murs, pour avoir tiré les cheveux des enfants et annonce qu’elle quittera les lieux dès le lendemain soir d’une manière spectaculaire.

Cette rumeur se propage dans tout le voisinage et de nombreux fermiers arrivent à la ferme des Dagg dans la soirée pour assister au départ de l’entité.

À l’heure dite, la voix réapparaît devant une assemblée de plus de cent personnes. Pour prouver qu’elle vient des enfers, elle commence par révéler quelques secrets intimes de certaines personnes présentes à la ferme, puis elle déclare qu’elle n’est pas le Diable, mais un ange du paradis. Puis se ravise en annonçant qu’elle est l’esprit d’un homme mort vingt ans plus tôt.

On peut noter ici, chers lecteurs, que cette entité, en affirmant tout et son contraire, se moque de l’assemblée. Le démon n’est pas bavard par nature, mais lorsqu’il trouve un bon public, il aime se donner en spectacle. Et pendant qu’il parle, le démon déplace des meubles, frappe des coups contre les murs, fait claquer les volets, faisant ainsi une démonstration de sa puissance et captivant son auditoire par la même occasion. Le démon est joueur, perfide, menteur. Parler avec lui, c’est toucher l’enfer du doigt.

Soudain, le son d’un harmonica se fait entendre. La voix chante alors quelques cantiques.

Percy Woodcok a rédigé un document attestant de la véracité de tout ce qu’il était en train de vivre. Dans ce document, il a décrit, avec de nombreux détails, les manifestations de ce démon. Dix-sept personnes présentes à la ferme ce soir-là ont signé ce document. Ce papier retrace aussi toutes les manifestations de l’entité depuis son installation chez les Dagg.

Aux premières heures du matin, la voix signifie, comme elle l’avait promis, son départ, soulignant cependant qu’elle reviendrait dire au revoir aux enfants. Le lendemain, Dinah raconte qu’un homme tout de blanc vêtu lui est apparu et qu’il a pris John et Mary par la main en leur disant qu’il est un ange et après il s’est envolé. Ce fut la dernière manifestation de l’entité qui hantait la ferme de la famille Dagg.

Percy Woodcok écrivit un article qui avait fait sensation dans le journal local. Après la publication de l’article, des milliers de curieux ont envahi la ferme. Andrew Watson, un agent de la Royal Oil Compagny, se présenta à la ferme. Il espérait prouver que toute cette histoire n’était qu’un canular inventé par la famille Dagg. Mais, alors qu’il progressait dans son enquête, qu’il avait interrogé de nombreux témoins, il dut se rendre à l’évidence : il s’est bien passé quelque chose de surnaturel chez les Dagg. Voici son article paru au Brockville Times :

« Madame Dagg a décrit ce qui s’est passé d’une manière très convaincante. C’est une femme saine et intelligente qui ne croit que ce qu’elle voit. Elle nous a montré là où les feux se sont déclarés, les vitres brisées, les lits qui ont bougé et les sofas qui ont été renversés. Nous l’avons interrogée et contre-interrogée sans jamais ébranler son témoignage. Je me suis rendu là-bas avec la certitude d’y trouver la preuve que toute cette histoire n’était qu’une fraude, mais je n’ai rien trouvé. J’espérais dénicher quelqu’un qui me dirait que les Dagg ne méritaient pas la confiance de leurs pairs, mais je n’ai trouvé personne. Il n’y a plus aucun doute dans mon esprit que ces évènements se sont bel et bien produits. »

 

 

Mon avis

 

 

Au vu des nombreux témoignages et récits sur cette affaire, on ne peut nier qu’il s’est passé quelque chose de surnaturel dans cette ferme. Les Dagg étaient des personnes discrètes qui n’avaient aucun intérêt à monter une pareille histoire. Ils n’avaient rien à y gagner à le faire, sauf à perdre leur réputation.

La vraie question à se poser est qu’elle était la nature de cette entité.

On sait qu’une voisine jalouse a appelé l’entité pour se venger des Dagg. Que toute l’attention de l’entité était dirigée sur Dinah, mais qu’elle ne lui voulait aucun mal, juste l’effrayer.

Je pense que l’entité en question était un démon de second ordre qui voulait s’amuser. Les démons de second ordre n’ont pas le pouvoir de posséder des personnes sauf si un démon de premier ordre les accompagne.

De plus, ce démon est d’un naturel plutôt bavard, ce qui est rare pour un démon. Il a prouvé qu’il aimait se donner en spectacle. C’est donc un démon qui aime les farces. Ce qu’il a fait chez les Dagg n’est pas vraiment méchant, dans le sens que personne n’a été blessé ou qu’il n’a pas attenté à la vie d’une personne. Ce démon voulait simplement s’amuser.

Pourquoi se manifester seulement en présence de Dinah ? Peut-être parce que c’était sa mission, qu’on l’a appelé pour cela.

On sait qu’à la fin, le démon a fait ses adieux aux enfants déguisés en ange. Les démons aiment se travestir en ange ou en des personnes décédées. Mais s’il est apparu en ange, peut-être est-il un ange ? Cela me paraît peu vraisemblable pour la simple et bonne raison que les anges ne se manifestent pas avec tapage, en jurant, d’une voix tonitruante et ne sont pas farceurs.

Une seule chose m’interpelle dans toute cette histoire : pourquoi le démon a décidé de lui seul de partir. Un exorcisme ne l’a pas contraint à partir. Cette constatation corrobore avec le fait que ce démon était un démon mineur, qui voulait simplement s’amuser.

Avec le temps, le village de Shawville a retrouvé son calme et l’histoire a fini par s’éroder dans les esprits des fermiers. Les enfants des Dagg ainsi que les petits enfants ont continué à vivre près de Shawville jusque dans les années 1940. En 2006, la petite-fille et dernière descendante de George et Susanna Dagg, Alma Gatien, vivait toujours dans la région.

Une autre famille habite aujourd’hui la ferme des Dagg et aucune entité n’est venue perturber leur vie.  

Par contre, on ne sait pas ce qu’est devenue Dinah MacLean, la petite fille au centre des manifestations.

En 1957, l’Office national du film du Canada (ONF) a produit « The Ghost tha Talked », un court-métrage de 30 minutes inspiré du poltergeist de la famille Dagg. Dans ce reportage, Susanna est une femme austère et George un fermier un peu naïf, des caractéristiques bien loin de la réalité.

 

 

Marie d’Ange


 

 




 

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