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Dossier Warren : l’affaire Harper

L’affaire Harper est une histoire issue des enquêtes d’Ed et Lorraine Warren qui a été largement documentée et médiatisée. On dit même que ce fut l’une des enquêtes les plus traumatisantes vécues par les Warren. Ce dossier a d’ailleurs inspiré le film Conjuring 2 : le cas Enfield. Mais la réalité des faits, l’histoire vécue en Angleterre, dans la banlieue nord de Londres, par la famille Harper est de loin beaucoup plus terrifiante que le film, car pour la famille Harper, ce n’était pas du cinéma et des effets spéciaux.




 

Présentation

 

La famille Harper

 

Commençons par présenter la famille Harper, une famille londonienne vivant à Enfield, le quartier nord de Londres. Une famille pauvre composée d’une mère divorcée, Peggy Harper élevant seule ses quatre enfants, Margaret 13 ans, Janet 11 ans, Johnny 10 ans et Billy 7 ans.

La maison est vieille et tombe en lambeau. Pourtant, la famille Harper y vit tranquillement en supportant les difficultés financières qu’engendre leur situation. C’est en août 1977 que la vie de la famille va basculer dans l’horreur de l’enfer.

En effet, la maison devient subitement le lieu de manifestations paranormales d’une rare intensité. On en recensera plus de 1500. Certains seront filmés, d’autres seront vus par plusieurs témoins et d’autres enfin seront enregistrés sur bandes sonores.

Ces évènements paranormaux se manifestent par des objets renversés, des meubles qui se soulèvent et se déplacent seuls, des draps de lits soulevés, des bruits, des voix fantomatiques, des aboiements de chiens, des apparitions d’objets semblant traverser les murs, des départs spontanés de feux surtout localisés dans les tiroirs des commodes, des objets déformés…

Mais surtout, Janet Harper, 11 ans, qui présente des signes évidents de possession diabolique se traduisant par des crises violentes, des lévitations, des grognements, des changements de voix…

Ces faits ont été constatés par une trentaine de témoins, dont des policiers, des journalistes… et surtout ont été suivis et répertoriés par deux enquêteurs de la SPR, Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair. Et personne n’a pu expliquer rationnellement les phénomènes. La plupart des phénomènes semblent ne pouvoir avoir été provoqués artificiellement. Des voix et des bruits étranges sont enregistrés et analysés, des scènes bizarres (comme un meuble lévitant dans les airs) sont photographiées.

Au point qu’Ed et Lorraine Warren sont appelés pour enquêter sur ce cas vraiment bizarre.

L’explication la plus plausible semble être que la petite Janet, qui est au centre des manifestations, les provoquerait ou même les engendrerait. Un enquêteur notera que les photographies faites au moment où Janet semble être expulsée de son lit par une force invisible, si elles sont juxtaposées montrent qu’il ne s’agit qu’en fait d’un saut ordinaire.

Janet est déclarée schizophrène et fait un séjour à l’hôpital fin juillet 1978. Au même moment, les manifestations cessent.

Une histoire troublante, une histoire qu’il convient de développer pour essayer de la comprendre, d’autant plus que d’après les dires des voisins, les manifestations ont subitement cessé, aussi subitement qu’elles étaient arrivées.

Ce cas, largement médiatisé, a inspiré une minisérie télévisée britannique de trois épisodes « The Enfield Haunting » en 2015 et Conjuring 2 : le cas Enfield, réalisé par James Wan et projeté sur grand écran en 2016. D’ailleurs, dans ce film, on peut entendre de vrais enregistrements de l’époque, ainsi que voir de vraies photographies. Bien que le film semble assez ressemblant à l’histoire vécue par les Harper, cela reste une fiction. Car dans la réalité, la famille Harper a vécu un véritable cauchemar. Notons que dans le film réalisé par James Wan, la famille Harper prend le nom de Hodgson.

 

 

 

Les débuts

 

Billy, Janet et Margaret

 

Nous sommes donc en 1977. Peggy Harper élève seule ses quatre enfants dans une maison délabrée située au 284 Green Street, dans la banlieue nord de Londres. La famille connaît des difficultés financières, mais est unie.

Le premier évènement bizarre a eu lieu le 31 août 1977, vers 21 heures : un long crissement étrange qui semble provenir du plancher de la chambre que partage Margareth et Janet. Les enfants sont terrifiés. Dans son lit, Peggy entend aussi ce bruit bizarre. Elle se lève et se rend dans la chambre. Lorsqu’elle allume, les enfants semblent très excités. Peggy est en colère, la nuit dernière Janet et Margareth l’avaient réveillée en prétextant que leurs lits bougeaient seuls et aujourd’hui, ils prétextent que ce bruit viendrait du plancher. Peggy leur ordonne de dormir. Elle éteint la lumière et au moment où elle veut refermer la porte de la chambre, elle un sent comme un frottement sur le plancher et tout à coup, quelqu’un d’invisible donne quatre coups sur le mur. Et la commode commence à glisser lentement sur le parquet, s’éloignant du mur en oscillant. Peggy replace la commode à sa place initiale, mais le meuble recommence à glisser vers la porte. Les enfants sont terrifiés. Peggy tente à nouveau de le remettre à sa place, mais la commode semble peser une tonne. Elle est comme fixée au plancher.

Peggy a peur. Elle ordonne aux enfants de descendre au salon. Après réflexion, elle décide de fuir chez ses amis et voisins, Vic et Peggy Nottingham afin de leur demander de l’aide.

Les deux amis l’écoutent avec inquiétude pensant que la jeune femme, à force d’avoir des ennuis financiers, est en train de craquer nerveusement. Néanmoins, ils acceptent de venir avec elle inspecter la maison.

Et alors qu’ils sont en train de fouiller la maison à la recherche d’un éventuel cambrioleur, des bruits commencent à résonner dans les murs. En les écoutant attentivement, ils ont l’impression que quelqu’un est prisonnier dans les murs et essaye désespérément d’en sortir.

Vic Nottingham décide d’appeler la police. Deux agents arrivent sur place et alors qu’ils visitent la maison, quatre coups s’élèvent des murs et l’un des fauteuils de la salle à manger se met à glisser lentement sur le sol. Les policiers sont perplexes. Ils examinent le fauteuil et estiment qu’il s’est déplacé seul de plus d’un mètre.

Les deux agents prennent congé en expliquant que ce qu’il se passe dans cette maison n’est pas de leur ressort et qu’il faudrait appeler l’Église.

Après le départ des policiers, Peggy installe des lits de fortune dans le salon et toute la famille dort ensemble dans cette pièce. Le reste de la nuit s’écoule sans manifestations. Ce n’est qu’au petit matin qu’elles reprennent avec plus d’intensité : les petites briques du jeu de Lego de Billy s’envolent vers le plafond, rebondissent contre les murs et s’écrasent sur le plancher, comme projetées par une force invisible.

Terrifiée, la mère de famille court chercher les voisins qui la suivent. À peine ont-ils franchi le seuil de la maison, que deux billes tirées de la cuisine les frôlent et s’écrasent contre le mur. Ces deux billes sont brûlantes.

Le dimanche 4 septembre, suivant le conseil de son voisin, Peggy se décide à téléphoner au Daily Mirror afin de leur expliquer le problème. Elle espère ainsi faire venir chez elle des spécialistes du paranormal afin de faire cesser le phénomène. C’est ainsi que commença l’une des plus fascinantes histoires de poltergeist de l’histoire.

L’histoire de Peggy trouve écho auprès de George Fallows, un vieux reporter au Daily Mirror. Dès le lendemain, il se rend à la maison d’Enfield accompagné de David Thorpe, un photographe. Cela faisait maintenant sux jours que la famille Harper vit dans la terreur du poltergeist qui sévit chez eux. Ils sont épuisés à force de ne pas dormir.

Georges Fallows ne dut pas attendre très longtemps avant qu’un phénomène inexplicable se produise. En effet, une demi-heure après son arrivée, il entend quatre coups résonner dans les murs. Il décide de contacter la Society for Psychical Research, une association spécialisée dans les phénomènes paranormaux.

C’est Maurice Grosse, un scientifique très religieux, qui est mandaté pour enquêter sur les phénomènes de la maison d’Enfield. Cet homme avait perdu sa fille l’année d’avant et les incidents troublants qu’il avait vécus après cette mort douloureuse l’ont amené à postuler au sein de l’association. Ce cas est le premier sur lequel il allait travailler.

Dès que Maurice Grosse franchit le seuil de la maison, il comprend qu’il s’y passe quelque chose de bizarre. L’atmosphère est pesante et les membres de la famille sont tous paniqués, fatigués. Tous donnent la même version des faits et tous les faits semblent concorder entre eux. Il demande à Peggy de noter tous les incidents qui vont se produire avec le plus de détail possible.

Pendant trois jours, la maison est calme, jusqu’au jeudi 8 septembre 1977. Des chaises se mettent à pivoter seules sur elles-mêmes et à avancer seules, des billes foncent vers le plafond, des Legos volent dans tous les sens, les tiroirs des commodes s’ouvrent seuls et vomissent des vêtements, les portes s’ouvrent et se referment seules…

Peggy note toutes les manifestations et s’aperçoit que celles-ci s’accentuent lorsque Janet se trouve à proximité.

 

 

 

Tout se précipite

 

Janet Harper arrachée de son lit. Photographie réelle que l’on retrouve dans le film Conjuring 2

 

Le samedi 10 septembre 1977, le poltergeist d’Enfield fait la Une du Daily Mirror. D’ailleurs, on peut trouver cet article dans les archives.

Après cet article, Peggy est invitée sur un plateau de télévision pour raconter son histoire. Du coup, la maison du 284 Green Street est surveillée nuit et jour par des journalistes et des photographes afin de capter une preuve de ces phénomènes expliqués.

Maurice Grosse est dépassé par l’affaire. Son ami, Guy Lyon Playfair, lui aussi enquêteur à la Society for Psychical Research, lui propose son aide.

Les deux hommes installent des caméras et des enregistreurs audio dans toutes les pièces de la maison, à l’exception de la salle de bains et décident d’y rester le temps de l’enquête. Mais, les appareils tombent constamment en panne et malgré les manifestations incessantes, ils n’arrivent pas à capter une image ou un son permettant de prouver la véracité des faits. Tout ce qu’ils peuvent dire c’est que le poltergeist semble devenir plus puissant de jour en jour et surtout beaucoup plus virulent.

À bout de force, Peggy décide de passer la nuit du 25 septembre 1977 chez les voisins avec les enfants. Elle espère ainsi pouvoir dormir une nuit entière sans être réveillée par des bruits ou des objets qui volent dans la pièce. En vain. Le poltergeist est maintenant si puissant qu’il peut suivre la famille Harper. En fait, il n’est pas attaché à la maison, mais aux habitants de la maison et surtout à Janet.

À présent, la situation est incontrôlable. Tous les habitants du quartier d’Enfield connaissent l’histoire de poltergeist de la famille Harper et les enfants sont raillés à l’école, des personnes insultent Peggy et lui demandent de quitter la ville… Heureusement, quelques voisins compatissants viennent lui apporter du soutien en passant des heures avec elle dans la maison.

Maurice Grosse et Guy Lyon Playfair poursuivent leur travail d’investigation en enregistrant les témoignages de ceux qui sont venus tenir compagnie à Peggy, car eux aussi ont vu des phénomènes troublants se produire dans la maison. On parle alors de « force invisible », de « lumière fluorescente brûlant furieusement », d’une silhouette d’une vieille dame aux cheveux gris à la fenêtre de la chambre donnant sur la rue…

La nuit du 15 octobre 1977, des coups résonnent dans les murs sans discontinuité pendant près de quatre heures. Guy Lyon pense alors que l’entité veut communiquer avec eux. Il fait venir un médium, Annie Shaw.

Et bien sûr, la médium a la bonne idée de faire une séance de spiritisme dans la maison ! Avec l’aide de son mari, elle s’installe sur une chaise en bois au milieu du salon et explique qu’elle va appeler l’entité de la maison et que cette entité va s’exprimer à travers elle. Cette séance risque d’être un peu traumatisante pour les enfants.

Son mari George commence à réciter une courte prière et Annie se met à respirer fortement. Debout dans un coin de la pièce, Peggy et Janet observent la scène en silence. Maurice Grosse filme la scène. Soudain, Annie se met à hurler : « Allez-vous-en ! », puis se met à rire, un ricanement terrible, rauque. George décide alors d’arrêter la séance. Mais, Annie lui crache au visage. George prononce alors quelques prières et Annie se calme.

Selon Annie et ce qu’elle a vu, la maison est la demeure de plusieurs esprits et ces esprits sont tournés vers Janet. L’un de ces esprits est un homme dont le nom est Gozer, un adepte de la magie noire et c’est lui qui contrôle les autres esprits. C’est lui qu’il faut écarter pour faire cesser toutes les manifestations. Puis, la médium, toujours aidée de son mari, purifie la maison et nettoie les auras de Peggy et Janet. Mais cela est sans résultats. Au contraire. Le poltergeist se déchaîne encore plus au point d’empêcher Janet de dormir cette nuit-là en la renversant systématiquement de son lit.  

Une nuit, Janet se réveille suffocante. Un vieil homme près de son lit l’empêche de respirer en bouchant son nez et sa bouche.

Il devient évident que les manifestations sont tournées sur Janet et redoublent d’intensité lorsque l’enfant est présente. Et ces manifestations deviennent de plus en plus dangereuses. Une nuit, la grille en fer de la vieille cheminée vient atterrir sur l’oreiller de Billy le manquant de peu. Une autre nuit, la carcasse métallique du chauffage est violemment arrachée du mur la rendant reliée à l’installation que par le tuyau d’arrivée du gaz. Et ce tuyau est complètement tordu. Cela aurait pu causer une fuite de gaz et l’explosion de la maison. 

L’entité devient de plus en plus puissante, ce qui inquiète les enquêteurs. Tous les jours, ce sont des gémissements qui sortent des murs, des bruits de pas, des grognements… Et tous les jours, Peggy fait les lits et les retrouve défaits, comme si une personne invisible s’est couchée dedans. Parfois, elle constate que les oreillers s’enfoncent comme pour accueillir une tête invisible.

Le 10 novembre 1977, le jour de l’anniversaire de Janet et alors que la famille partage un gâteau, la jeune fille est propulsée par une force invisible à plus d’un mètre quatre-vingts de haut. Maurice Grosse est témoin de la scène.

Le lendemain, dès que Janet rentre de l’école, les meubles se mettent à bouger. Le divan se renverse deux fois, dont une fois lorsque l’enfant est assise dessus. Le 12 novembre 1977, vers 5 h du matin, le lit de Janet chavire avec le matelas et la jeune fille atterrit lourdement sur le sol.

Guy Lyon Playfair propose de déposer un bloc de papier et un crayon dans la cuisine et demande au poltergeist d’écrire un message. Cinq minutes plus tard, Peggy trouve effectivement un message du poltergeist sur le frigo disant qu’il restera dans la maison et menaçant que si ce message était divulgué, il passerait aux représailles. Sauf que, le papier sur lequel est écrit ce message ne provient pas du bloc de papier laissé sur la table de la cuisine, mais d’une page arrachée d’un cahier de Janet. Cette dernière nie avoir écrit ce mot.

Le même jour, le père des enfants vient déposer le chèque de la pension alimentaire. Peggy lui parle du poltergeist et lui montre le message. Je rappelle que l’entité avait formellement interdit de le montrer. Comme l’on peut s’en douter, le père traite son ex-femme d’hystérique et part. Peggy s’excuse auprès de l’entité d’avoir montré le message et un morceau de papier apparaît sur la table spontanément. Le papier provient du même cahier de Janet et l’écriture ressemble à celle de Janet. Pourtant, la jeune fille n’est pas à la maison. Sur ce morceau de papier est écrit : « Un malentendu soit. Ne recommencez pas. »

Les deux enquêteurs de l’association sont perplexes et n’expliquent pas ce phénomène.

 

 

 

La possession démoniaque de Janet

 

Les crises de possession de Janet.

 

Il semble que l’entité présente dans la maison s’acharne davantage sur Janet que sur les autres membres de la famille. À plusieurs reprises même, l’entité a possédé Janet qui rentre alors dans des crises de fureur telle que Maurice Grosse avait eu du mal à la contenir. Son visage se transforme alors en un masque de haine ignoble, elle pousse des hurlements, grogne… et surtout, elle se mutile ou tente de frapper quelqu’un.

Un jour aux urgences, elle entre dans une de ces crises démoniaques. Pour la calmer, le médecin lui injecte une dose de Valium et diagnostique Janet schizophrène présentant des crises d’hystérie violentes.

L’entité joue avec Janet et la projette souvent hors de son lit. Durant trois mois, elle est projetée plus d’une cinquantaine de fois violemment de son lit et un jour, elle est jetée sur la radio (nous avons d’ailleurs la photographie de ce fait). Dès que Janet est dans sa chambre, les coups dans les murs retentissent et l’entité s’attaque à la pauvre enfant. Au point que Janet ne peut même plus dormir et est dans un état de réel d’épuisement moral et physique.

Les deux enquêteurs ont réalisé de nombreux films qui restent encore aujourd’hui sans explications. Il devient évident que Janet est possédée. Ses crises sont de plus en plus terribles et incontrôlables au point que Peggy doit à plusieurs reprises appeler les secours pour calmer sa fille.

Maurice Grosse est inquiet. Il avait fait appel à des médiums, ce qui a mis l’entité en colère et empiré la situation. Les médecins n’avaient été d’aucun secours et Janet dépérit de jour en jour. L’entité ne veut plus qu’elle se nourrisse ni qu’elle dorme. La situation devient grave.

Guy Playfair demande l’aide de deux amis, Luiz et Elsie, deux médiums brésiliens à Londres pour une conférence. Il leur raconte l’histoire de la famille Harper et demande qu’ils viennent voir la petite Janet.

Lorsque les deux médiums arrivent dans la maison du quartier Enfield, Janet est en pleine crise. Elle rampe sur les murs, crie, vocifère, veut frapper tout le monde… Luiz réussit à la calmer en lui parlant. Selon lui, Janet est une médium, mais ne le sait pas. Luiz et Elsie lui parlent longuement et cette nuit là, Janet dort enfin en paix pour la première fois depuis des semaines. Et pour la première fois depuis des semaines, la petite redevient elle-même, c’est-à-dire une enfant calme et gentille. Peggy en est profondément soulagée et espère que cela durera. Sauf que cela ne dura pas…

En effet, dès le lendemain matin, après avoir dormi plus de treize heures, Janet se réveille en état de transe et commence à dessiner. Elle réalise neuf dessins tous horribles et inquiétants reprenant le même thème : la mort, le sang et un couteau. Et tous les tableaux sont signés du nom de Watson.

Très inquiète, Peggy remet ces dessins à Grosse qui fait une recherche. Il s’avère en fait que Watson était le nom du couple qui vivait dans la maison avant la famille Harper et que Mme Watson avait succombé d’un cancer de la gorge à l’hôpital et que son mari, Joe, était mort dans la maison sur le fauteuil du salon.

En décembre 1977, le poltergeist d’Enfield se déchaîne comme jamais. Il ne s’attaque plus à Janet, mais se manifeste en faisant voltiger les meubles, en enfonçant et dégondant les portes, en renversant les lits et en éjectant les enfants de leur lit parfois jusqu’à dix fois dans la nuit.

Margareth se plaint à plusieurs reprises d’être pincée et piquée avec des aiguilles. Peggy subit le même phénomène une fois.

De la chambre où dort Janet s’élèvent des bruits étranges, des grognements, des aboiements et cela semble provenir de sous le lit de la jeune fille.

Lors d’une séance de spiritisme, Maurice Grosse réussit à entrer en contact avec l’entité d’Enfield, qui lui parle d’une voix forte et rude et l’insulte à travers Janet. En fait, ce qui est bizarre, c’est que la voix sort de Janet sans cette dernière n’ouvre ni ne bouge la bouche pour qu’elle en sorte. L’entité révèle alors qu’il y a plusieurs entités dans la maison, une dizaine, tous agressifs, sauf un qui s’appelle Billy. Et c’est ce Billy qui parle en ce moment. Il explique qu’il avait habité la maison autrefois. Il est devenu aveugle peu de temps avant sa mort et a quitté la vie d’une manière paisible, en s’endormant sur le fauteuil du salon. Mais, il n’avait jamais quitté la maison et ne veut pas de ces nouveaux habitants et particulièrement de Janet qui dort dans son lit.

Maurice fait des recherches et découvre que ce Bill n’est autre que Joe Watson découvert mort d’une hémorragie cérébrale sur le fauteuil du salon par des policiers. Il est alors évident qu’il faut faire partir ce Bill, l’aider à rejoindre la lumière.

Ces conversations ont été enregistrées. Certaines sont incomplètes, car l’appareil tombait subitement en panne pour reprendre son enregistrement quelques minutes après. Tout cela pour dire que ces enregistrements existent et que l’on y entend bien une voix rauque s’exprimer.

À présent, Bill (ou Joe) s’exprime quasiment en continu à travers Janet. Maurice Grosse et Guy Playfair collent des morceaux de sparadraps sur la bouche de l’enfant, lui remplissent la bouche d’eau… mais rien ne semble pouvoir arrêter la voix qui continue à s’exprimer même lorsque Janet est hors de la maison.

Noël approche. Peggy Harper décore la maison avec soin afin de faire revenir un peu de gaieté dans la maison. Les enfants en ont bien besoin. Elle a acheté un cadeau pour chacun des enfants et même une boîte de chocolat pour Bill et les autres entités. Cela ne calme pas Bill (ou Joe je le rappelle) qui s’attaque aux animaux familiers. Le 23 décembre, les deux poissons rouges de Janet sont retrouvés morts et cela affecte particulièrement Janet qui y était attachée.

Le matin de Noël, c’est la perruche qui est retrouvée morte. Puis, le poltergeist décide de s’attaquer directement à Janet. À plusieurs reprises, il tente de l’étrangler avec les rideaux de la cuisine et cela par huit fois entre Noël et le Nouvel An.

Le soir du réveillon du Nouvel An, l’entité s’invite à la fête en déplaçant les meubles, en frappant contre les murs, en renversant le canapé et les fauteuils et surtout en lançant divers objets sur les enquêteurs, sur Peggy et les enfants. Puis Bill se met à parler à travers Janet et dit que c’est Tommy, un garçon de 5 ans, qui montre sa colère, car il n’est pas content de la présence des caméras dans sa chambre. Tout d’un coup, le sapin de Noël est projeté avec toutes les guirlandes à l’autre bout de la pièce.

À la fin de janvier 1978, un phoniatre vint enquêter sur la voix qui semble provenir de Janet et il est formel : cette voix est un mystère et ne provient pas des cordes vocales de l’enfant.

Une semaine plus tard, un tiroir de la cuisine prend feu spontanément. Et dans le même temps, Maurice Grosse connaît des évènements étranges, comme des bruits dans sa maison, sa voiture qui refuse de démarrer, des objets qui disparaissent et réapparaissent dans des endroits improbables.

Après les fêtes de fin d’année, George Fallows, le reporter du Daily Mirror, rend visite aux Harper. Il est surpris par l’évolution du phénomène et propose de réaliser un nouveau reportage. C’est Bryan Rimmer qui est envoyé sur place pour réaliser ce second reportage. Ce dernier se rend plusieurs fois dans la maison, interroge les voisins et prend beaucoup de notes.

Au moins de mars 1977, Maurice Grosse et Guy Playfair présentent une conférence sur le cas Enfield lors d’un évènement organisé par la SPR à Cambridge. Et les réactions sont très négatives : personne n’y croit et les deux enquêteurs sont hués.

Le lendemain, le reportage du Daily Mirror paraît dans le journal. L’article occupe une page entière et est agrémenté de photographies. En réponse à cet article, de nombreux journalistes veulent visiter la maison et certains sont même témoins de phénomènes inexpliqués.

L’un d’eux conseille à Peggy de faire venir un exorcisme, mais Maurice Grosse y est opposé, tout comme Peggy d’ailleurs.

Les phénomènes commencent à affecter maintenant les voisins et les membres de la famille. Le 30 mai 1978, le poltergeist donne une représentation publique de sa force, en plein jour, devant de nombreux témoins : il fait abattre une pluie de pierres sur les jardins et immédiatement après, une giboulée, puis des pierres et d’autres détritus qui sont projetés dans les jardins et sur les toitures des maisons. Les objets volent dans toutes les directions et affecteront cinq maisons.

Le 25 juin 1978, Janet, à la demande de Guy Playfair, est admise dans un hôpital psychiatrique où elle est examinée et soumise à des examens approfondis. Et même si la petite est éloignée de la maison, les évènements bizarres ne cessent pas.

 

 

 

L’enquête des Warren

 

La maison du quartier Enfield.

 

On sait que plusieurs médiums sont venus dans la maison pour essayer de comprendre et surtout d’aider la famille Harper. Mais aucun n’y a réussi.

Quant à l’enquête des Warren sur place, on ne sait pas grand-chose. Ayant vu le film Conjuring 2, je ne m’y fis pas trop, car l’on sait très bien que pour faire de l’audience, James Wan, a certainement amplifié et déformé la vérité.

Ce que l’on sait, c’est que c’est l’Église qui a demandé aux Warren d’enquêter sur ce cas, car avant de procéder à un exorcisme, elle devait être sûre d’avoir les preuves d’une possession démoniaque.

Et bien sûr, les Warren ont apporté les preuves nécessaires à cet exorcisme. Donc, l’Église a bien mandaté un prêtre qui a procédé à plusieurs exorcismes courant l’année 1978. Cela a beaucoup calmé les manifestations, sans les faire disparaître.

Janet ne fit plus de crises et la vie continua plus ou moins paisiblement.

Les manifestations ne cessèrent pas après le départ de Janet, à l’âge de 16 ans, qui partit de la maison pour se marier. On sait que jusqu’à la mort de Peggy Harper, en 2003, les manifestations se déroulaient encore dans la maison, mais étaient beaucoup moins virulentes.

Il semblerait que l’exorciste ait réussi à calmer l’entité qui terrorisait cette famille, la calmer, mais non à la renvoyer en enfer.

Après la mort de Peggy, la maison fut habitée par deux familles successives. La première prit la fuite lorsqu’elle apprit l’histoire de maison, la deuxième y habite encore et ne veut pas de publicité. Il semblerait que l’entité se soit calmée, mais pour combien de temps ?

 

 

 

L’interview de Janet trente ans plus tard

 

Janet harper adulte

 

Janet a été retrouvée trente ans plus tard par un journaliste du Daily Mail à qui elle s’est confiée. Elle vit actuellement à Essex avec son mari.

Dans cet interview, elle revient sur les phénomènes vécus et parle de son passé douloureux. Elle nous révèle avoir été marquée par les manifestations et par l’omniprésence de la presse.

Elle avoue aussi avoir truqué certains phénomènes afin de tester les deux enquêteurs, Grosse et Playfair. Et les deux hommes s’étaient toujours aperçus de la supercherie.

Elle avoue aussi avoir joué avec une planche Ouija en compagnie de sa sœur et que c’est peu après cet évènement que les phénomènes paranormaux ont commencé. Par contre, elle ne se souvient pas de ces états de transe et est choquée de voir les photos. Choquée et en colère que de telles photos circulent librement sur le net.

Elle se souvient des voix qu’elle entendait sans cesse et de cette terrible impression que quelqu’un se tenait toujours derrière elle.

Elle se souvient aussi avoir été victime d’intimidation et de moquerie à l’école où certains l’appelaient la Fille Fantôme. Quant à Billy, son frère, les autres lui crachaient dessus.

Elle se souvient de son séjour à l’hôpital psychiatrique où les médecins n’avaient rien trouvé pour expliquer ses crises et aussi des séances de lévitations subies.

Janet avait peur de rentrer chez elle, même si la maison était sans cesse pleine de gens, d’inconnus. Elle avait aussi peur pour sa mère qui avait fait une dépression nerveuse. Elle rêve encore souvent de cette période.

Janet a quitté la maison à l’âge de 16 ans et s’est mariée très jeune. Peu de temps après son départ, son frère Johnny est mort d’un cancer et sa mère fut elle aussi terrassée d’un cancer en 2003. Elle mourut dans la maison, dans le même fauteuil que Joe Watson.

Puis, le fils de Janet mourut dans son sommeil à l’âge de 18 ans. Alors, on peut comprendre que Janet veut oublier sans jamais y parvenir. Elle dit simplement avoir vécu tous ces phénomènes, ne pas les avoir provoquer, mais se dit prête à raconter son histoire et peu importe si les gens se moquent d’elle. Il faut qu’elle fasse cette thérapie pour passer à autre chose et ne plus vivre dans le passé.

Elle pense que la maison est toujours hantée, car même des années après son départ, sa mère, qui continua à vivre dans la maison, subissait des évènements paranormaux. Elle s’y était habituée. Les phénomènes étaient beaucoup plus calmes, mais les entités étaient toujours présentes.

Elle remercie le prêtre qui exorcisa la maison et qui, grâce à son intervention, fit que les choses se calmèrent sans jamais s’arrêter. Aurait-il fallu continuer les exorcismes ?

Janet affirme croire aux esprits frappeurs. Elle affirme qu’ils utilisaient son énergie pour se manifester violemment et qu’après son départ, ils avaient moins d’énergie et donc étaient moins virulents.

Après la mort de Peggy, c’est la famille Bennet qui habita au 284 Green Street du quartier Enfield de Londres. Encore une maman célibataire avec ses quatre enfants, quatre fils.

Clara Bennet, la mère de famille affirme n’avoir jamais rien vu d’extraordinaire dans la maison, mais avoir toujours l’impression d’être observée en permanence. Elle affirme, par contre, que ces fils entendent des murmures pendant la nuit.

Et lorsque Clara Bennet apprit l’histoire de la maison, elle déménagea.

Aujourd’hui, la maison est occupée par une famille qui ne souhaite pas révéler son identité. La mère de famille a simplement avoué ne pas vouloir traumatiser ses enfants avec des histoires absurdes.

Alors peut-être que le poltergeist d’Enfield n’a pas fini de faire parler de lui… Affaire à suivre.

 

 

Marie d’Ange

 

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Une réflexion au sujet de « Dossier Warren : l’affaire Harper »

  1. […] J’ai fait un article sur la véritable histoire, vous pouvez la lire en cliquant ici. […]

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