La possedée de Beauvais

 

L’histoire que je vais vous raconter dans cet article est l’histoire véritable d’une jeune femme de Beauvais, nommée Denise de la Caille, victime d’une possession multiple. Cette histoire est tirée de procès-verbaux rédigés par un greffier. Tous ces procès-verbaux ont été rassemblés par le docteur Victor Leblond, ancien interne des hôpitaux de Paris. On peut les trouver dans son livre conservé et mis à disposition du public sur le site de la BNF. Il s’agit donc d’un cas d’une possession démoniaque documenté et expliqué que je vous présente dans cet article.

Avant de dérouler l’histoire de Denise de la Caille, voici les sources que chacun peut consulter : il s’agit des notes et des procès-verbaux rapportés par le Dr Victor Leblond dans un manuscrit qui porte le titre de « Denise de la Caille, la possédée de Beauvais. Ses crises de possession démoniaque : scènes d’exorcismes et de conjurations (1612-1613). Référence BNF : 8-TD86-950.

Qui est le docteur Leblond ? Né en 1862, médecin à Beauvais, président de la Société académique de l’Oise et auteur d’ouvrages historiques sur Beauvais. Dans l’un de ses livres, on trouve les procès-verbaux rédigés par un greffier et signés par un dénommé Vaillan, un greffier apostolique. Les procès-verbaux s’étalent sur deux ans et racontent la possession de Denise de la Caille et la lutte menée par l’Église pour la délivrer du démon.

Cette histoire se passe en 1612, à Beauvais. Denise la Caille, née à la Landelle, est veuve de Jean Barbier. Denise la Caille était agitée de tourments incurables, principalement lorsqu’elle se rendait à l’église pour la messe. Elle resta dans cet état, presque alitée, pendant 9 ans, et vivait, lorsqu’elle le pouvait, de son travail. Elle filait la laine lorsque le démon lui laissait quelques heures de répits. Parfois, on la retrouvait dans les rues de la ville, elle beuglait, se comportait comme une bête. Mais souvent, elle restait alitée, épuisée par les crises, sans pouvoir marcher. Le démon lui infligeait de nombreuses tortures et laissait son corps meurtri de blessures.

Finalement, le curé de la paroisse s’intéressa à son état et la conduisit auprès de son évêque, René Potier qui demanda qu’elle soit vue par plusieurs médecins afin d’obtenir un diagnostic sûr.

Jean Chéron, théologal et l’un des plus grands experts médecins de la ville de Beauvais, l’examine et conclut que le mal dont elle souffre n’est pas naturel, mais démoniaque. Alors l’évêque confie Denise la Caille à Germais Carré (archidiacre et chanoine de Saint-Pierre) et à Claude Dadu (chanoine de la cathédrale de Beauvais). Les deux hommes font appel au prêtre-exorciste Laurent le Pot, religieux de l’ordre de Saint-Dominique, natif de Beauvais, pour mener les séances d’exorcismes.

Le 1er août 1612, les séances d’exorcisme démarrent dans la petite église de Saint-Gilles à Beauvais. Elles sont publiques et de nombreux curieux se pressent dans la petite église. Denise la Caille est attachée par des sangles, et le prêtre commence la séance. Denise tremble, son corps est agité par des convulsions. L’exorciste, Laurent le Pot, s’adresse au démon en latin et le somme de dévoiler son nom et s’il a des compagnons. Denise la Caille hurle un seul nom : « Belzébuth ». Elle fait des grimaces et prononce des paroles inintelligibles.

Lors d’une autre séance, l’exorciste s’adresse au démon et lui demande s’il croit en Dieu. En réponse, Denise se met à chanter le Veni Créator. 

Le 9 août 1612, pendant la messe du Saint-Sacrement, Denise la Caille est soulevée de sa chaise par une force incroyable. Elle lévite dans les airs, et personne n’arrive à la tirer pour la replacer sur sa chaise.

Les séances se déroulent tous les jours, à raison de deux exorcismes par jour. Le combat est rude, Denise est épuisée, le prêtre aussi, jusqu’au 19 août, sans résultat. Le démon est toujours présent en Denise et toujours aussi fort.

Le 21 août 1612, le Père Le Pot conduit Denise à une procession de religieux. Denise suit le cortège tenant un cierge à la main. Elle semble calme. Soudain, elle est prise de convulsions, et au milieu du cloître, jette son cierge. Le prêtre-exorciste ordonne au démon de ramasser le cierge et de le baiser. Denise s’exécute avec grande peine.

Un jour, pendant un exorcisme à l’église Saint-Gilles, le démon qui commandait le corps de Denise la rendit comme morte, étendue par terre, l’espace de quelques minutes. L’exorciste fit couler de l’eau bénite sur la bouche et les narines de la femme pour essayer de la ranimer. Elle demeura quasi morte pendant plus d’un quart d’heure, puis commença à remuer difficilement la tête puis les membres.

Lors d’une autre séance d’exorcisme, le prêtre demanda à nouveau au démon de se nommer. Il répondit qu’il s’appelait Simla puis il fit à nouveau léviter Denise. Comme les séances étaient publiques, de nombreuses personnes assistèrent à ces démonstrations de force du démon, dont Jeanne Leullier et Jeanne Fleury dont les noms figurent sur les procès-verbaux.

Durant toutes les séances, le Père Laurent le Pot s’adresse au démon et lui demande de se nommer. Il demande aussi s’il y a plusieurs démons qui tourmentent Denise. Un jour, Denise cita plusieurs noms : Brissilolo, Brissilula, Brulu, Campala. Et ajouta en criant : « Je lui mettrais les dents dans terre ; je la tiens ; je la tourmenterais ».

Y avait-il un ou plusieurs démons qui tourmentaient Denise de la Caille ? Les noms qu’elle a dévoilés en pleine crise ne veulent rien dire.

Plusieurs fois le démon a parlé par la bouche de Denise. Voici quelques-unes des phrases qu’il a prononcées (parfois cela n’a aucun sens) : 

  • « Par devant, par les côtés, par dehors »,
  • « Père, tu as bien faim, il t’en faut aller dîner… » (le démon fait-il référence au jeûne du prêtre, car l’on sait que les prêtres-exorcistes opèrent un jeûne trois jours avant le combat).
  • « Je la tourmenterais tant que je te la ferais quitter »,
  • « Barbes sales, vous êtes l’un pour l’autre et moi je n’ai personne de mon côté » (le démon s’adressait aux deux prêtres qui accompagnaient Laurent le Pot),
  • « Oui, j’ai bien fait danser du monde, car j’ai fait casser les tables de Moïse, faisant danser les gens autour d’une statue. J’ai fait mettre aussi Daniel à la fosse des lions » (le démon fait référence au veau d’or et dit qu’il a incité les gens à vouloir fondre la statuette en or),

Un jour, le démon répondit au prêtre-exorciste que les compagnons de Belzébuth qui tourmentaient Denise étaient : Agrissilio, Assiliala, Agrissiliola, Agrissipulu, Lilupus, Filulu, Fililupo, Silia. Nous savons que les démons ont chacun un nom. Les plus puissants commandent à des légions. Ces démons-soldats sont une multitude, et chacun doit avoir un nom. Peut-être que les démons cités par Belzébuth sont des soldats à son service.

Le 22 septembre 1612, le Père Laurent le Pot ordonna une nouvelle fois au démon, au Nom du Christ, de se nommer. Aussitôt, Denise cria le nom de plusieurs démons : Brissilolo, Milola, Sililolo, Cyria, Silala, Brisola et dix-huit autres noms.

Le 16 septembre 1612, l’exorciste obligea le démon à admettre la vraie Croix. Denise se mit à beugler, à hurler et elle lévita une nouvelle fois devant de nombreux témoins.

Le 21 septembre 1612, ce jour-là, Denise semblait aller un peu mieux. Elle se leva, s’habilla sans aide. Pendant qu’elle se chaussait, une force surnaturelle la renversa à terre. Comme elle voulut faire le signe de croix, le démon l’en empêcha. Le Père Laurent le Pot, qui était venu la chercher pour la conduire à l’église, lui prit la main, et l’obligea à se relever et à se mettre en route. Arrivée à l’église, Denise refusa de prendre l’eau bénite, le prêtre la conduisit devant l’autel. Là, le démon se frappa. Denise tomba à terre et commença à crier qu’elle brûlait. L’exorciste l’aspergea d’eau bénite et elle se calma.

Le 22 septembre 1612, un assistant se mit à rire en entendant certains propos de Denise. Le Père Laurent le Pot lui demanda de se reprendre. Le démon répliqua que c’était son métier de faire rire les autres.

Le 24 septembre 1612, Denise eut de violents maux de ventre. Elle se contorsionna de douleurs pendant plus d’une heure. Ce jour-là, plusieurs démons sortirent de ce corps, mais beaucoup étaient encore présents. Au bout d’un combat très douloureux, Denise tomba à terre épuisée, comme morte. L’exorciste lui ordonna de s’agenouiller et de se prosterner devant le Christ. Le démon refusa, hurla, injuria, mais après des efforts, on réussit à

Un autre jour, alors que Denise grimaçait devant le prêtre et lui tirait la langue, elle frappa des mains, et fixa un vitrail de l’église. Elle montra, dans un grand effort de contrôle, deux fois dix doigts puis sept doigts, puis tomba inanimée. Il y avait donc 27 démons qui la possédaient. Un peu plus tard, elle ouvrit les yeux, mais retomba aussitôt comme mort et fut couchée inanimée dans son lit. Ce même jour, le prêtre ordonna au démon de dire son nom. Denise répondit qu’il y a des mouches qui tournoient autour d’elle.  

Le 29 septembre 1612, jour de la Saint-Michel, Denise est portée à l’église. Elle est comme morte et ne réagit pas aux stimuli extérieurs. Elle est placée sur sa chaise et reste immobile pendant plus de deux heures durant lesquelles l’exorciste prie. À l’invocation de l’archange Michel, le démon se réveille. Denise grimace, se contorsionne, tout un côté de son corps est comme paralysé, un côté de son visage est immobile, l’œil fermé, l’autre côté est grimaçant, l’œil grand ouvert. Après cette séance, Denise souffrit d’effroyables maux de ventre.

Le 8 octobre 1612, Devine fut conduite à l’église Saint-Paul pour des prières et des oraisons à sainte Angadresme.  On sait que cette église se situe en dehors de Beauvais. Sainte Angadresme est réputée pour faire fuir les démons. Durant les prières, une multitude de démons quittèrent le corps de Denise. Après la messe, le Père Laurent le Pot reprit le rituel d’exorcisme devant le grand autel et Denise dit qu’elle voyait le démon devant ses yeux et qu’elle le sentait posé sur sa tête. Elle tenait un cierge dans ses mains. Et pendant que les religieuses chantaient un hymne à sainte Angadresme, le démon disparut.

 

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L’après-midi de cette même journée, un nouvel exorcisme eut lieu à l’église Saint-Gilles. Denise ne ressentit aucune attaque, aucune obsession, aucune douleur. Voyant qu’elle reprenait des forces, le Père Laurent le Pot décida de la conduire à un pèlerinage à Notre-Dame-de-Liesse. Au cours du voyage, Denise eut quelques agitations. Plusieurs exorcismes furent réalisés dans les églises des villes traversées.

Le 29 octobre 1612. Denise est de retour à Beauvais. Pendant deux jours, elle resta prostrée dans un mutisme d’où elle se réveilla quelquefois pour entrer en crise. Puis, elle redevint calme. L’exorciste acta la délivrance, et des exorcismes furent réalisés durant neuf jours pour s’assurer de la guérison. Denise resta calme et sereine. Elle priait avec le prêtre, elle ne fut prise d’aucune convulsion. Le Père Laurent le Pot la confia alors aux vicaires de la paroisse en leur disant de continuer les prières avec elle.

Mais, le jour où elle est confiée aux vicaires, le démon se manifeste et la tourmente. Elle est aussitôt conduite à la cathédrale Saint-Pierre, et l’on fait prévenir le Père Laurent le Pot de la rechute, lequel recommença les exorcismes sous les rires du démon. Le démon se nomma lui-même, il dit être Satan, et qu’il avait pénétré dans le corps de Denise à cause de la médisance des vicaires. L’après-midi même, elle est conduite aux jacobins, et Satan déclara qu’il était le seul à posséder Denise, mais que bientôt il en ferait venir d’autres dans son corps.

Plusieurs jours passent. Denise semble comme éteinte. Elle ne réagit à rien.

Le 28 novembre 1612, alors qu’elle assistait à une messe et que l’on chantait le Veni Creator, le démon se révéla avec force. On le tint et l’exorciste lui demanda de baiser le sol de l’église trois fois. Le démon refusa et réussit à s’échapper de l’église. Les prêtres poursuivirent la pauvre Denise dans la rue. Le démon l’avait jeté à terre et elle se contorsionnait. Avec des prières, l’exorciste réussit à contraindre le démon de regagner l’église. Aussitôt arrivé dans le bâtiment, il ordonna au démon de ramasser la bougie qu’il avait jetée à terre. Denise s’exécuta. Elle était calme, et à un moment, elle fut prise d’un bref soubresaut. Elle écarquilla les yeux et fut confuse. Elle déclara qu’elle ne se souvenait de rien, qu’elle ne savait plus comment elle était arrivée à l’église. Elle ne se souvenait de rien, ni de la messe, ni de sa fuite. Le lendemain, elle se montra agitée. Toute la journée, elle fut rendue comme muette, émettant des cris et recrachant une étrange substance.

Le 5 décembre 1612, après les Vêpres, un démon, qui se nomma lui-même Lissi, avoua avoir reçu sa sentence, qu’il lui fallait descendre en enfer pour trouver son maître Belzébuth qui possédait encore plusieurs autres filles de la ville de Beauvais.

Le lundi 10 décembre 1612, Lissi apparut à nouveau et parla à travers la bouche de Denise.

Le 12 décembre 1612, l’exorciste ordonna au démon de sortir du corps de Denise. Le démon y consentit en disant qu’il laisserait Denise comme morte pour un certain temps. Ce sera le signe de sa sortie.

Voici la sentence prononcée par l’Église et mise par écrit par le greffier du Tribunal :

« Nous grands Vicaires de Monseigneur l’Evesque et Comte de Beauvais, étant duement informez que plusieurs démons et malins esprits vexoient et tourmentoient une certaine femme nommée Denise de la Caille native de La Landelle, nous étans resolus de pourvoir homme capable a ce faire, sur ce nous avons donné a entendre a notre dit seigneur Evesque qu’avions un certain religieux Jacobin nommé frere Laurent le Pot, auquel notredit Seigneur et Evesque a donné toute puissance, et nous luy donnons aussi pareillement de conjurer lesdits malins esprits, comme si c’étoit notre propre personne. Ledit frere Laurent le Pot, ayant pris la charge de notredit Seigneur, iceluy a fait plusieurs exorcismes et conjurations, desquels plusieurs démons en sont sortis, comme le procez verbal démontre appertement et voyant que de jour en jour plusieurs Diables se présentoient tant au corps de la dite Denise que en autres lieux et parties de son corps, comme l’expérience en est fort ample, et comme a présent il est certain qu’un certain Démon nommé Lisis, lequel est de rechef revenu et dit posséder le corps de ladite Denise, Nous commandons, voulons, mendons et ordonnons audit Lisis de descendre aux Enfers, sortir hors du corps de la dite Denise de la Caille sans jamais y rentrer, et pour obvier à la revenuë des autres Démons commandons voulons et ordonnons que Beelzebut, Satan, Mafelu et Briffault, les quatre chefs. et aussi que toutes les quatre Légions qui sont sous leurs charges et puissances et aussi que tous autres, tant ceux qui sont en l’air, en l’eau, en fer, en terre et autres lieux, qui ont encore quelque puissance sur le corps et dans le corps de la dite Denise de la Caille, comparent maintenant et sans délay sur la mesme peine d’excommunication, de parler les uns après les autres et sans confusion, de me dire leurs noms tant que je les puisse entendre, pour les faire mettre et rédiger par escrit, sous peine de la dite excommunication et peines infernales, et au deffaut de ne comparoir maintenant dans ce corps, je les mets et je les jette en la puissance de l’Enfer, pour estre crucifiez et tourmentez davantage que de coutume, et faulte de ne m’obéyr présentement apres les avoir appelez par trois fois. Commandons, voulons, mandons et ordonnons que chacun d’eulx en leur esgard reçoive les mesmes peines imposées cydessus trois mille ans après le jugement. Défendant au mesme Lisis et à tous ceux qui auroient possédé le corps de ladite Denise de n’entrer jamais dans aucun corps, tant de créatures raisonnables que d’autres, sous peine d’estre crucifiez, au temps de leur possession, d’une peine accidentelle ; Suivant de quoy ledit Lisis, maling esprit, prest à sortir, a signé ces présentes ; Beelzebut paroissant, Lisis s’est retiré au bras droit, lequel Beelzebut a signé pareillement, Beelzebut s’étant retiré, Satan apparut et a signé pour toute sa Légion, se retirant au bras gauche, Matelu paroissant a signé pour toute la sienne s’étant retiré à l’oreille droite, incontinent Briffault est comparu et a signé les mesmes presentes pour la sienne, et sortirent tous cinq délaissant la créature comme morte par l’espace de six heures durant et davantage.

Signé: Lisis ; signé, Beelzébut ; signé, Satan ; signé, Matelu ; signé, Briffault » 

 

 

Mon analyse

Nous savons que l’histoire de Denise la Caille est relatée par un greffier. Donc, toutes les crises, les lévitations et autres phénomènes paranormaux décrits dans les procès-verbaux ont eu lieu devant de nombreux témoins, et sont réels. Le greffier s’était contenté de noter les faits tels qu’ils se sont présentés, sans chercher à les déformer ou à y faire passer une idéologie ou ses propres croyances. Ces procès-verbaux sont d’une valeur inestimable d’un point de vue de la démonologie.

On pourrait penser que Denise la Caille souffrait d’une maladie mentale. Aujourd’hui, elle serait certainement prise en charge par la psychiatrie. Beaucoup diront qu’à l’époque des faits (en 1600), tout est diabolisé, donc il est normal qu’une maladie mentale soit expliquée par la possession démoniaque. Pour l’époque, la possession démoniaque était la seule explication à la maladie mentale.

Mais, cela n’explique pas la grande force dont faisait preuve Denise la Caille ni la lévitation qui fut constatée par plusieurs témoins. Nous n’avons encore jamais vu un malade mental léviter. Il peut se contorsionner, changer l’apparence de son visage par des grimaces, se frapper, tomber en catatonie… mais léviter ? Autre chose qui ne s’explique pas : pourquoi Denise la Caille a-t-elle retrouvé sa santé après plusieurs exorcismes ? Si vraiment elle souffrait d’une maladie mentale, jamais elle n’aurait pu retrouver la santé mentale sans une prise en charge médicamenteuse et psychiatrique. Là, on va me dire que les exorcismes furent le traitement-choc, et que le fait de faire croire à la patiente qu’elle est délivrée de ses démons suffit à la guérir. C’est donc par la suggestion qu’elle fut guérie. Non, je ne crois pas en cette théorie. La maladie mentale est quelque chose de très compliquée, de très difficile à gérer, et je pense qu’elle a deux principales causes : une maladie touchant directement le fonctionnement du cerveau, comme une tumeur ou une drogue ou des métaux lourds qui peuvent altérer les neurotransmetteurs par exemple. À ce moment-là, la prise en charge médicale est indispensable.

La seconde cause est d’ordre spirituel. Je pense sincèrement que la maladie mentale est un symptôme d’une maladie de l’âme. Mais, si elle n’est pas prise en charge spirituellement, elle peut conduire à des dysfonctionnements sévères du cerveau voire à son altération.

Aujourd’hui, si un tel cas se présente, la médecine le classerait dans les névroses, et l’on donnerait au patient un traitement médicamenteux, qui va endormir les symptômes, sans guérir la maladie. Les maux démoniaques ne peuvent être guéris par la médecine, car ils ne touchent pas le corps, mais l’âme. La médecine guérit le corps, mais ne connaît rien à l’âme. Et lorsque l’âme est malade, le corps aussi. D’ailleurs, la médecine donne un nom à ce phénomène : les maladies psychosomatiques. C’est lorsque le corps réagit face à une souffrance de l’esprit.

Le cerveau est un organe merveilleux et très complexe. Un organe merveilleux et complexe qui peut se dérégler. Le neurologue français Jean Martin Charcot a beaucoup étudié le système nerveux et ses dysfonctionnements. Il a décrit des phénomènes de neurodégénérescence (dont la maladie de Charcot). Ce sont des phénomènes si je puis dire naturels, qui touchent les cellules du corps humain. Pour la maladie de Charcot, ce sont les neurones qui sont touchés et qui ne véhiculent plus l’influx nerveux. Ces maladies neurologiques existent, elles sont physiques et non mentales. Quant à la maladie mentale, la plupart du temps, il faut en rechercher une cause spirituelle.

Chez notre possédée de Beauvais, nous retrouvons le tableau de la possession : chute, perte de connaissance, force surhumaine, compréhension d’une langue étrangère, afflictions, convulsions, torsions du corps, langue fortement tirée hors de la bouche, mouvements violents et désordonnés, poignets et doigts de la main tordus à la limite de se rompre, contractures, fatigue intense, paralysie, catatonie… Notons aussi qu’il est précisé que Denise a des pertes de mémoire. En général, une victime ne se souvient pas d’une crise de possession, c’est comme si elle absente de son corps pendant un bref laps de temps durant lequel le démon le contrôle.

Aujourd’hui, l’on ne croit pas à tout cela, on ne croit plus au Diable. La possession démoniaque reste un phénomène rare, qui a tendance à augmenter, justement parce que l’on ne croit plus au Diable, car nous n’avons plus les armes pour le combattre. Les cas recensés de ne sont pas aussi violents que les maux subis par Denise la Caille, mais ils peuvent parfois engendrer des drames, comme des suicides ou des meurtres. On parlera de faits divers. Il ne faut surtout pas parler de démon ! On a tout fait pour railler cette croyance. Cela fait partie du processus de destruction de la foi. Finalement, il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, le démon n’a plus besoin de se montrer avec autant de fracas, il est plus sournois, il se fait plus discret, mais les dégâts sur l’âme sont pires encore. 

Aujourd’hui, nous vivons dans un immense hôpital psychiatrique à ciel ouvert. Les gens sont devenus des morts-vivants, ils n’ont plus d’âme, ou souffrent d’une maladie de l’âme. Beaucoup souffrent de maux démoniaques, car justement, lorsque l’on n’a pas la foi, le démon peut nous frapper. Beaucoup aussi sont en recherche de quelque chose qui pourrait combler un vide, et se tourne vers de fausses spiritualités, ce qui va encore plus ternir l’âme. Il est urgent de retrouver ou trouver la foi, la véritable foi, celle en Jésus-Christ, afin de trouver la paix. Je le dis et le répète, de nombreuses personnes enfermées dans les asiles psychiatriques souffrent de possession démoniaque, et les traitements médicamenteux ne font qu’endormir les symptômes jusqu’au drame final. Beaucoup de personnes souffrent de maux démoniaques sans même s’en rendre compte, pensant être atteintes d’un mal inconnu, ou victimes du stress, du train-train de la vie quotidienne, de malchance, de colères incontrôlables… Et tout cela va s’intensifier, et est en train de s’intensifier sous nos yeux. Les actes de violence gratuits vont s’intensifier, les gens n’auront même plus conscience de la valeur de la vie et vont agresser et tuer les autres sans raison, pour un regard de travers, pour une cigarette, pour une broutille. Lorsque le Christ est rejeté, Satan prend sa place. C’est ensemble qu’il faut agir, avec bon sens et bienveillance.

 

Marie d’Ange

 

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