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François Palau, l’exorciste fondateur

À une époque où l’on ne croit plus à Satan, où les exorcistes disparaissent et les démoniaques envoyés auprès des psychiatres, un seul homme combattit cette absurdité en sauvant de nombreux malheureux des asiles psychiatriques. Cet homme, c’est François Palau, le fondateur de l’ordre des Frères du Carmel.

 




 

Biographie

François Palau né le 29 décembre 1811 à Aytona, Espagne. Septième enfant d’une famille modeste de neuf enfants, il reçoit le baptême le jour même de sa naissance.

Dès les études primaires, on le remarque pour son esprit vif et brillant. Son instituteur appuie son entrée au séminaire qu’il intègre à l’été 1828 à l’âge de 17 ans. Là, il suit des études de théologie et de philosophie pendant trois ans. En 1832, il quitte le séminaire en refusant une bourse d’études et entre chez les Carmes déchaux à Barcelone où il commence son noviciat le 14 novembre 1832. Ainsi, il prend le nom de François de Jésus-Marie-Joseph. Il est ordonné diacre le 22 février 1834. En 1836, il est ordonné prêtre et s’exile pendant de nombreuses années en France puis aux Baléares où il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra. Là, il peut donner libre cours à sa vocation carmélitaine en menant une vie de solitude et de contemplation. De retour en Catalogne, il prêche des missions populaires et mène une activité journalistique et littéraire.

Écrivain, journaliste, prédicateur, ermite, il fonde les Carmélites missionnaires et les Carmélites missionnaires thérésiennes inspirées de sainte Thérèse et de saint Jean d’Avila.

François Palau s’est toujours distingué par son amour mystique de l’Église.

Au début de l’année 1872, alors qu’il se dévoue auprès des malades atteints de typhus, il est terrassé par une congestion pulmonaire le 20 mars 1872 à Tarragone. Il sera béatifié par Jean-Paul II le 24 avril 1988 et sa fête liturgique est le 7 novembre, mais localement, il est fêté le 20 mars.

 

 

Les exils

Le 25 juillet 1835, des émeutes violentes éclatent à Barcelone. Le couvent où réside François Palau est assailli par une foule révolutionnaire anticléricale. François, ainsi que d’autres frères, réussit à fuir. Malgré ce climat de persécution, François Palau est ordonné prêtre le 2 avril 1836 et, après une brève période de missionnaire apostolique dans les diocèses catalans, il s’exile en France en 1840 dans le diocèse de Perpignan puis à Montauban. Durant ces années en France, le père Palau mène une vie d’oraison, de solitude et de pénitence. Il fait la rencontre de Juana Gracias qui deviendra sa principale collaboratrice dans la fondation de ses instituts carmélites.

Puis, en 1851, il décide de retourner en Espagne où il s’installe dans le diocèse de Barcelone. Là, il fonde l’École de la Vertu, qui est une catéchèse pour adultes donnée chaque dimanche. Mais cette école sera accusée d’être impliquée dans des grèves ouvrières, elle sera supprimée par les autorités militaires en mars 1854. Le père Palau est alors condamné à l’exil sur l’île d’Ibiza où il demeurera en résidence obligatoire jusqu’en 1860. Durant ces années, il vit en ermite dans la grotte d’Es Vedra et en profite pour écrire et prier.

Libéré en juillet 1860 par la reine Isabelle II qui l’innocente, il va alors déborder d’activités : prédications dans les grandes villes telles que Barcelone, Madrid, Palma…, missions populaires en Catalogne et aux Baléares. Et au milieu de toutes ces activités, il prend toujours du temps pour se retirer de temps en temps dans la grotte d’El Vedra pour prier.

 

 

François Palau l’exorciste

Nous savons qu’il y a plus de trois cents ans de cela, tous les diocèses catholiques avaient de nombreux exorcistes, des combattants de première ligne. Ils repoussaient le démon, délivraient les possédés… Puis, il y eut la réaction à la folie de la « chasse aux sorcières », l’influence du rationalisme, de l’illuminisme, du matérialisme athée, et les exorcistes disparurent presque complètement. Les démoniaques furent confiés à la médecine et à la psychiatrie, que l’on sait impuissantes face à des maux d’origine démoniaque.

Le père François Palau avait conscience de cette carence, il voyait bon nombre de démoniaques enfermés dans une extrême souffrance dans un asile psychiatrique, étiquetés fous, condamnés à être enfermés toute leur vie. Il essaya alors de trouver un remède. Et après sa libération par la reine Isabelle II, il se mit à recueillir toutes les personnes considérées comme folles dans une maison qu’on lui avait donnée. Là, il les exorcisait toutes, sans distinction, même si en réalité, il avait acquis une intuition spéciale, un charisme, pour comprendre la nature du mal qui rongeait ces personnes. Les possédés guérissaient et reprenaient une vie normale, les fous restaient tels quels, et il les envoyait auprès d’un médecin.

Le père Palau croyait fermement à l’influence maléfique du démon. Et son activité d’exorciste lui vaudra beaucoup de critiques et d’accusations, et cela même s’il a sauvé de nombreuses personnes qui purent retourner à une vie normale. Il développera ses positions dans son journal « El Ermitanon » et se rendra à Rome à deux reprises, notamment à l’époque du Concile Vatican I afin de présenter au pape ses positions sur l’exorcisme. Malgré cela, son activité est toujours jugée comme hasardeuse et François Palau est toujours critiqué. 

 

 

Le journaliste et le fondateur

Le père François Palau a écrit divers articles dans le journal « El Ancora » de Barcelone dans lesquels il décrit ses activités au sein de l’« École de la Vertu ». En 1868, il fonde « El Ermitano », un journal périodique dans lequel il traite de l’Église, de la liberté d’expression et de l’exorcisme. Ce journal fut édité de novembre 1868 à juin 1873.

Durant sa vie, François Palau fut, en plus d’être un grand exorciste, un fondateur. En effet, en 1860, il fonde la « Congrégation des Frères de la Charité », qui s’éteindra durant la guerre civile espagnole. Il a aussi fondé la « Congrégation des Carmélites Tertiaires de l’Ordre du Carmel » en 1861, congrégation qui se développera en deux instituts : les « Carmélites Missionnaires » et les « Carmélites Missionnaires Thérésiennes » qui ont pour vocation d’aider, de servir, d’assister les pauvres, les malades, les personnes qui souffrent mentalement, les enfants, les jeunes, les vieillards, les familles. Ces deux instituts existent encore de nos jours.

Une association destinée aux fidèles laïcs a été fondée en 1987, en lien avec le Carmel, du nom de « Carmel Missionnaire séculier » afin de vivre selon la spiritualité de François Palau. Aujourd’hui, elle compte environ 500 membres et est présente dans 12 pays.

 

 

François Palau croyait en l’existence du démon, croyait en son pouvoir d’agir sur les hommes, de les tenter, de les posséder. Il a été un grand exorciste, a délivré beaucoup de personnes, et pourtant, on se refusait de voir à l’évidence. Même devant l’évidence d’une guérison, les scientifiques et les athées l’ont critiqué. François Palau en a beaucoup souffert, mais il a continué sa mission jusqu’à sa mort, sans jamais baisser les bras.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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Témoignage : un cas d’envoûtement

J’aime beaucoup les témoignages, car ils prouvent que le démon existe et qu’il peut nous nuire. Ce témoignage très humble, très émouvant est tiré du livre de Dom Gabriele Amorth « Nouveaux récits d’un exorcisme ». Je vous le partage afin de vous faire prendre conscience que le Mal Absolu frappe partout. Et en ces temps obscurs, il est bon de rappeler que nous n’avons qu’un seul ennemi, qui nous montre plusieurs visages.




 

Le témoignage

Extrait de livre « Nouveaux récits d’un exorciste » de Gabriele Amorth. Pour mémoire, Gabriele Amorth était exorciste à Rome.

« Madame Nadia appartenait à une famille traditionnelle catholique : prière quotidienne, messe le dimanche et les jours de fête, confession fréquente, communion une fois par semaine. Son mari, commerçant de haut niveau, partageait la foi et les pratiques de sa femme. Surmontant leur regret de n’avoir pu avoir d’enfants, ils se décidèrent à adopter une petite fille et un petit garçon qui leur furent confiés par le tribunal des mineurs.

Ce fut le début de jalousies de la part de membres proches de la famille, qui craignaient de ne plus recevoir d’aide financière et qui comptaient bien un jour hériter. Le frère de Nadia avait épousé une femme ayant de fortes tendances au spiritisme et à la sorcellerie.

En 1978, commencèrent pour Nadia des troubles de santé d’autant plus déroutants qu’auparavant elle jouissait d’une bonne santé. Organes particulièrement touchés : le cœur, le foie et la rate. Les traitements médicaux n’obtinrent ni guérison ni soulagement. Puis, commencèrent des difficultés pour prier, refus de l’Eucharistie, tentations de blasphémer contre le crucifix et la Vierge ; de véritables blocages qui l’empêchaient de participer à des célébrations religieuses et d’écouter des prédications.

Durant l’été 1988, Nadia dut se soumettre à une intervention chirurgicale : ablation de la vésicule. Cette intervention ne donna pas les résultats espérés et le médecin traitant conseilla une cure thermale. Là, Nadia eut des troubles violents pour lesquels elle eut recours au médecin du lieu. Après avoir bien écouté l’histoire des maux de la patiente et après l’avoir examinée, le médecin lui demanda si elle était croyante. À la réponse affirmative, il lui dit franchement : “Ce dont vous souffrez dépasse la science médicale ; je vous conseille de consulter un prêtre et, si vous voulez, je vous en indique un par loin d’ici, qui me semble répondre à votre cas.”

Le prêtre aida Nadia pour la prière, il l’encouragea à la lutte spirituelle à laquelle tout chrétien est appelé, et il prononça sur elle des prières de délivrance. Bien entendu, ces prières, dites à plusieurs reprises, provoquèrent de telles réactions qu’elles éveillèrent les soupçons du prêtre, qui donna le conseil suivant : “Vous avez besoin d’un prêtre-exorciste. Faites-en la demande à votre évêque et, si vous n’avez pas de chance, adressez-vous à un autre évêque.”

Les conjoints retournèrent chez eux et se renseignèrent aussitôt après de l’évêché, où on leur indiqua l’exorciste diocésain. Celui-ci les reçut chez lui le 16 août 1988. Après un examen approfondi, pour lequel trois rencontres furent nécessaires, le prêtre fit des prières de délivrance dans le but de briser les liens entre Nadia et les personnes qui lui faisaient du mal : une amie qui était jalouse des enfants que Nadia avait adoptés et qui voulait la faire passer pour folle ; la belle-sœur qui se vouait à la sorcellerie ; des employés de maison que les conjoints avaient engagés pour leur maison de campagne.

Cette maison de campagne était entourée d’un vaste terrain agricole et on y entendait des bruits étranges. On finit par apprendre que les précédents propriétaires étaient membres de sectes sataniques, ce qui faisait qu’ils participaient à des rites magiques et à des messes noires, qui avaient même lieu chez eux. On procéda à l’exorcisme de la maison et les objets qui paraissaient suspects furent exorcisés et brûlés. De cette manière, la paix revint dans cette maison, mais il restait toujours les blocages qui empêchaient Nadia d’aller à l’église, de communier, de prier, de lire la Parole de Dieu.

Après un nouveau discernement effectué avec la collaboration également d’un psychiatre qui aidait habituellement l’exorciste diocésain, le prêtre décida d’exorciser Nadia. Les premiers exorcismes ne donnèrent pas lieu à amélioration en ce qui concerne les blocages spirituels. Mais les réactions de la patiente démontrèrent avec encore plus de netteté l’absence de symptôme de pathologie psychiatrique, tandis que les réactions démoniaques ne cessaient d’augmenter, jusqu’à rendre Nadia furieuse, montrant toute la force de la possession dont elle était atteinte.

L’exorciste, suivant une méthode déjà éprouvée par lui, s’adressa aux différents démons pour rompre les liens occultes existant entre les personnes négatives et Nadia. Voici la formule utilisée par lui : “Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ, par les mérites de la Très Sainte Vierge Marie, par l’intercession de saint Michel archange, des saints apôtres Pierre et Paul et de tous les saints, je romps tous liens occultes de magie noire (ou de sorcellerie, ou d’envoûtement…) entre Nadia et toi-même, esprit immonde (si le démon confessait son nom, le prêtre le prononçait) ; je lie tout pouvoir de cet esprit et je lui ordonne de quitter Nadia et de se jeter au pied de la croix de Jésus.”

Nadia réagissait fortement à l’invocation des noms de la Très Sainte Vierge et des saints Pierre et Paul, de saint Michel et des autres noms que le prêtre invoquait : Padre Pio, Jean Paul II, le Curé d’Ars…

De nombreux exorcistes ont l’habitude de se faire dire par les personnes qu’ils bénissent, quels sont les saints pour qui ils ont le plus de dévotion. Peu à peu, Nadia a retrouvé une plus grande facilité pour prier et communier. Il faut reconnaître que le fait que son mari priait avec elle, participait aux rencontres de prière et intervenait lorsqu’il se rendait compte que sa femme en avait besoin, l’a beaucoup aidée. Dans des cas semblables, il est très important que la personne atteinte soit soutenue par quelqu’un qui l’aide.

Continuant les exorcismes, le prêtre s’est servi toujours plus de prières d’intercession : psaumes, litanies, rosaire, prières de louange. Ce sont des prières qui font enrager le démon, au point de le pousser à chercher des compromis : “Tu pourrais te mettre d’accord avec moi…” En premier, ce sont les blasphèmes qui ont cessé. Seul l’exorciste continue d’être insulté. Mais un jour, le Malin propose : “Laisse-moi six personnes de la famille et je m’en irai !”, tout en désignant qui il veut. Après avoir prié l’Esprit Saint, l’exorciste a prié pour rompre tous les liens de magie noire, d’envoûtement, de sorcellerie, avec chacune des six personnes que le Malin voulait pour lui. Entre-temps, le démon devenait de plus en plus furieux. Lorsque le prêtre a ensuite consacré chacune de ces six personnes au Cœur Immaculé de Marie, le démon a hurlé comme un désespéré : “Si tu me les prends, qu’est-ce qui me reste ? Qu’est-ce que je vais devenir ?”

Au moment où nous écrivons (1992), Nadia n’est pas encore totalement guérie, mais presque ; les progrès sont constants. Notons certaines choses pouvant être utiles à d’autres. Nadia fait un grand usage, avec beaucoup de foi, de l’eau bénite, aussi bien pour faire le signe de la croix que pour la boire. Durant les exorcismes, elle est très sensible aux onctions d’huile. Elle a aussi reçu avec une grande dévotion l’onction des malades. Elle se confesse souvent, de même que son mari, et elle affirme que ce sacrement la fortifie beaucoup. Également les enfants adoptifs, de vingt et vingt-deux ans, ont bénéficié des effets de cette intense vie de prière. La présence de plusieurs démons est devenue manifeste, avec à leur tête Asmodée (nom biblique qui indique l’un des démons les plus forts.) Souvent, le prêtre a insisté sur la date de baptême de Nadia et obtenu de bons résultats. Lors d’un exorcisme, l’évêque lui-même est intervenu et a ensuite manifesté sa satisfaction aussi bien pour la façon dont les choses s’étaient déroulées que pour avoir pu participer. »

 

 

 

Les conclusions

L’histoire de Nadia se passe dans les années 80 jusqu’au début des années 90, mais est encore d’actualité aujourd’hui. Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ce témoignage ?

Notons que Nadia et son mari menaient une vie pieuse, tranquille ; le couple ne manquait de rien. Seule ombre à leur bonheur, il ne pouvait pas avoir d’enfants. Mais, ils ont réussi à en adopter deux. C’est à partir de là que les choses ont dégénéré. La famille de Nadia, jalouse, a utilisé la magie pour posséder Nadia, pour la détruire, pour détruire la famille et le couple. Mais Dieu veillait sur elle et l’a mise sur le chemin d’un médecin, puis d’un prêtre-exorciste qui a su la délivrer.

Voyez comment la jalousie peut faire des ravages. La jalousie mène à l’envie qui mène au démon. C’est une équation simple. Ajoutons, dans le témoignage de Nadia, une histoire d’argent et vous obtenez un cocktail explosif.

Quelques personnes de sa famille ont envoûté Nadia, car elles ne voulaient pas qu’elle ait des enfants, elles ne voulaient pas perdre un héritage, ne voulaient pas perdre leurs privilèges. C’est bien une idée diabolique que de vouloir détruire quelqu’un par jalousie et pour l’argent.

Aujourd’hui, l’argent est en train détruire notre monde, notre société. Derrière l’argent se cache Satan qui se dissimule sous plusieurs visages, banquiers, politiques, chefs d’entreprises, islamistes… L’argent se trouve au cœur de tout, l’argent donne le pouvoir, l’argent nous fait miroiter un bonheur facile, souvent illusoire.

C’est l’argent qui a failli détruire Nadia. Et heureusement qu’elle était croyante et qu’elle a pu se battre. C’est l’argent qui va détruire notre monde, qui va détruire l’humanité si nous ne nous réveillons pas. Nous n’avons qu’un seul ennemi, c’est Satan. C’est à lui qu’appartient l’argent. Nous devons nous débarrasser de cette idée de primauté de l’argent. L’argent entraîne la jalousie, l’envie, le meurtre, le suicide… l’argent ne donne jamais rien de bon. L’argent nous fait tomber dans le péché et nous entraîne dans la désolation. Nous le savons, mais nous fermons les yeux. Des gens se suicident par manque d’argent, d’autres se prostituent, d’autres vendent leurs âmes et sombrent dans l’alcool, dans la dépression, dans la folie. L’argent isole, l’argent rend paranoïaque, l’argent pousse à la perversion, à la cruauté.

Aujourd’hui encore, nous sommes soumis au pouvoir des banques et des grandes multinationales. Ce sont elles qui nous dirigent. Elles sont sans pitié, car l’argent ne connaît pas la pitié. Et pendant que l’on vend des armes à des fanatiques qui veulent nous tuer, les banques nous dépouillent. Est-ce normal ? Non ce n’est pas normal, et pourtant, on continue à vénérer l’argent. Arrêtons ce massacre au plus vite avant qu’il ne soit trop tard. Revenons à l’essentiel.

 

 

Marie d’Ange

 

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Candido Amantini, exorciste à Rome

Candido Amantini était un prêtre italien de l’Église catholique, un Passioniste et surtout un exorciste célèbre, le mentor du père Gabriele Amorth. Son enseignement rayonna dans le monde entier. Beaucoup d’exorcistes le prirent comme modèle. Aujourd’hui béatifié et bientôt canonisé, Candido Amantini nous a laissé de nombreux témoignages de la présence du Diable. Il est important de parler de ce combattant du mal qui n’a jamais failli à sa tâche.




 

Biographie

 

Le père Candido Amantini

 

Candido Amantini, de son vrai nom Eraldo Ulisse Amantini, est né le 31 janvier 1914 à Bagnolo, un hameau de Santa Fiora, Italie, d’un père forgeron et d’une mère au foyer.

Il a passé son enfance à Bagnolo où il fréquentait l’école primaire. Élève studieux et doué, il obtenait de bons résultats scolaires. Déjà petit, il ressentait le besoin de servir Dieu et a été un enfant de chœur très appliqué. Un jour, il rencontra des Passionistes venus prêcher à Bagnolo. Ces prêtres le subjuguèrent par leur foi en Dieu et il n’aura plus qu’une idée en tête : celle de rejoindre cet Ordre.

À douze ans, dès la fin de ses études primaires, il entre au petit séminaire noviciat des Passionistes à Nettuno (Rome). Quatre ans plus tard, on le transfère à la Maison-mère de la congrégation installée sur le Monte Argentario. Le 23 octobre 1929, il fait sa Prise d’Habit et prend le nom de Candido de l’Immaculée. Puis, il poursuit ses études de théologie et de philosophie à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin à Rome où il est ordonné prêtre le 13 mars 1937.

Dans un premier temps, le père Candido se dirige vers l’enseignement. En 1938, il enseigne l’Écriture sainte au séminaire de Tavernuzze. Il aime apprendre aux autres, il arrive à captiver ses élèves et est doué d’une grande connaissance en grec, en hébreux, en allemand. En 1941, il approfondit ses études sur les langues grecque, latine et hébraïque à l’institut biblique pontifical avant de devenir professeur d’Écriture sainte et de théologie morale. Pendant cette période, il rédige un ouvrage : « Le Mystère de Marie ». Cet ouvrage est consacré à la spiritualité mariale. Candido Amantini vouait une grande adoration pour Marie. Durant les années 1945 à 1947, il revient à Rome pour enseigner le séminaire aux Passionistes puis continue de s’occuper des jeunes prêtres au couvent des Passionistes de Rome.

De 1947 à 1960, le père Candido est chapelain à la Basilique Santi Giovanni e Paolo, église mère de l’Ordre passioniste.

En mai 1961, il tombe malade et doit être hospitalisé. Cet évènement changera radicalement sa vision de la vie. Lui qui se destinait à l’enseignement, ressent le désir d’aider les autres. Il se rapproche du père Alessandro Coletti, exorciste dans le diocèse d’Arezzo, auprès duquel il va s’initier à sa nouvelle mission d’exorciste. Il sera souvent en contact avec padre Pio qui le guidera durant son apprentissage d’exorciste. Et même après sa mort, padre Pio continuera à voir son protégé en songe ou apparaîtra à ses côtés lors des moments de doute. La même année, l’évêque de Rome le nomme exorciste pour le diocèse de Rome et la Cité du Vatican, exerçant son activité au sanctuaire de la Scala Santa, l’escalier du saint du prétoire de Pilate qui aurait été descendu par le Christ lors de la Passion. Celui-ci fut transporté à Rome, où l’on éleva un sanctuaire qui abrite les reliques de la Passion (et qui a donc un lien avec les Passionistes).

Padre Pio disait de lui qu’il était « vraiment un prêtre selon le Cœur de Dieu ». Ou encore, il disait aux fidèles qui se présentaient à lui et qui venaient de Rome : « Vous venez de Rome ? Qu’est ce que vous venez faire chez moi ? À la Scala Santa vous avez un saint ! Allez à lui ! » C’est vous dire combien padre Pio avait du respect pour le père Amantini et combien il ressentait chez son ami des odeurs de sainteté.

De 1961 à sa mort en 1992, le père Candido Amantini officiera à la paroisse de la Scala de Santa dans le ministère de l’exorciste. Durant toute cette époque, il a montré un charisme certain à faire fuir le démon devant lui et une empathie extraordinaire pour les personnes qu’il recevait. Il comprenait les gens, savait les cerner, savait se mettre à leur place et les aider. Souvent, rien qu’avec des prières, il arrivait à délivrer des victimes du Malin. Le père Amantini était surtout recherché comme guide, comme maître par les autres prêtres qui voulaient devenir exorcistes.

La parole du père Amantini rassurait, calmait les esprits. Ce dernier avait pris l’habitude de se lever toutes les nuits pour aller à la chapelle et faire une heure d’adoration eucharistique. Il vouait à Marie un amour profond que l’on peut sentir dans son livre « Le mystère de Marie » publié en 1971.

Pendant longtemps, le père Candido fut le seul prêtre-exorciste de Rome. Et un grand nombre de personnes faisaient la queue pour recevoir ses conseils. Lorsqu’il officiait à la messe matinale, les fidèles affluaient à l’église pour boire ses paroles.

Père Candido était un homme humble. Il avait toujours une parole gentille sur les lèvres, toujours un sourire. Il était serein, calme, en toute circonstance et faisait preuve d’une grande patience durant les exorcismes.

Durant trente-six ans, le père Candido Amantini s’est totalement investi à son apostolat auprès des personnes dont le Mal gangrénait leur vie. Il recevait entre 60 à 80 personnes par jour. On disait qu’il était doté de dons divins, notamment celui de lire dans les cœurs et de percevoir si une personne avait besoin de lui ou d’un médecin.

En 1986, sur l’insistance de Mg Ugo Poletti, le père Gabriele Amorth a rejoint le père Candido pour sa formation d’exorciste. J’ai parlé du père Amorth lors d’un précédent article. Le père Candido Amantini lui a transmis tout son savoir, toute sa patience et a fait de lui un combattant du Malin de première ligne.

Au cours des dernières années de sa vie, le père Candido dut se rendre à l’hôpital souvent. Sa santé était fragile. Il respirait mal et son cœur était fatigué. Atteint d’une maladie très douloureuse, il fit un pèlerinage à Lourdes, ce qui lui permit d’accepter son affection et continua son apostolat jusqu’au jour de sa mort.

Il sentit la mort arriver, mais il resta serein jusqu’au bout. Il n’avait pas peur de la mort. Il pria pour rejoindre le Christ. Conscient, il reçut les derniers sacrements de son confesseur, le père Benigno et dans la nuit du 22 septembre 1992, en présence de plusieurs confrères et amis, dont le père Gabriele Amorth, il mourut, dans sa chambre du couvent du Sanctuaire Pontifical des Saintes-Marches, en chantant « Tu descendras des étoiles… » et en répétant « oh combien il vous coûte de nous avoir aimés » le jour de la fête de son saint patron (saint Candide).

 

 

 

La béatification et la canonisation du père Candido

 

Complexe de la Scala Santa

 

Le 13 juillet 2012, le Vatican a ouvert officiellement une enquête diocésaine sur la vie, les vertus et la réputation de Candido Amantini en vue de sa béatification. Un tribunal composé d’ecclésiastiques a prêté serment pour réunir tous les éléments et témoignages prouvant la vie exemplaire du père Candido.

Enterré au cimetière de Verano à Rome, le corps du père Amantini a été exhumé le 21 mars 2012 pour être exposé à la vénération des fidèles dans la chapelle de la Croix située à l’intérieur du sanctuaire de la Scala Santa.

Voici la prière que l’on peut réciter en son honneur :

« L’amour de Dieu, nous vous remercions d’avoir donné à votre Église le Serviteur de Dieu, le père Candido Amantini, passioniste, et d’avoir fait de lui un puissant rédempteur de ta miséricorde. Il a été, à l’exemple du Christ, le médecin des âmes et des corps, faisant le bien et guérissant ceux qui étaient sous la puissance des ténèbres et du mal, a redonné la lumière et l’espoir aux cœurs désespérés et loin de toi ; à l’image de Jésus, le Bon Pasteur, il était un enseignant et un guide pour ceux qui venaient à lui dans le sacrement de la pénitence et la direction spirituelle. Se conformant au Christ Crucifié, il a offert ses souffrances et sa vie pour le bien de l’Église et de sa congrégation. Nous demandons que, par son intercession, accorde-nous, selon Ta volonté, les grâces que nous implorons (…) dans l’espoir qu’il sera bientôt compté parmi les bienheureux. »

Le père Candido a consacré toute sa vie aux autres. Il était humble et un puissant combattant du mal. Il avait reçu le charisme de repousser le démon devant lui. Sa foi était inébranlable. Il est mort à l’âge de 78 ans en nous laissant un témoignage fort de son amour pour Dieu.

 

 

 

Le témoignage du père Amorth

 

Le père Gabriele Amorth

 

Comme nous le savons, le père Candido avait initié le père Amorth dans l’apostolat de l’exorcisme. C’étaient deux grands hommes qui ont voué leur vie aux autres, en combattant le démon. Le père Amorth est aujourd’hui décédé, mais il nous a laissé de nombreux témoignages sur son mentor, sur celui qui avait été pendant 36 ans l’exorciste de l’État du Vatican et du diocèse de Rome, à la Scala de Santa.

Don Gabriele Amorth était son plus fidèle disciple. Certains le considéraient même comme son successeur, surtout lorsque, à la fin de sa vie, rongé par la maladie, le père Candido envoyait les démoniaques auprès du père Amorth. Ce dernier avait participé à la cérémonie d’ouverture de son procès en canonisation. Il a évoqué son souvenir dans une interview après la publication de son dernier ouvrage « Le Dernier Exorciste ». Dans cette interview, Don Gabriele Amorth se disait très heureux de l’ouverture de ce procès. Le père Candido était un homme de Dieu, un homme saint. Il était toujours serein, toujours souriant, jamais en colère. Il était quelqu’un de très connu à Rome et tout le monde parlait de lui.

Le père Amorth retiendra de son mentor cette extraordinaire faculté qu’il avait de cerner les personnes. Le père Candido était doté de charismes particuliers. Il lui suffisait de regarder une photographie pour déterminer si la personne avait besoin d’un exorcisme ou d’un traitement médical. Un jour, il avait montré au père Amorth trois photographies qu’on lui avait apportées. La première représentait un homme et il affirma qu’il n’avait besoin de rien. La deuxième photographie était le portrait d’une femme et il affirma qu’elle avait besoin d’un traitement médical, qu’elle était très malade et qu’il lui fallait un médecin. La troisième photographie était celle d’une jeune femme. Il affirma que cette personne avait besoin d’un exorciste. Et cela s’est avéré être exact !

Le père Amorth avait assisté le père Candido lors des séances d’exorcisme, et cela pendant 6 ans. Il disait que Satan avait peur de lui, il tremblait devant lui et fuyait, car le père Candido avait une grande foi et vivait dans la grâce de Dieu. Voici ce que nous dit le père Amorth pour nous aider à comprendre le travail du père Candido :

«  Je vais vous raconter une histoire très importante pour vous aider à comprendre une vérité. Vous devez savoir que, quand il y a un cas de possession diabolique, un dialogue s’instaure entre l’exorciste et le diable. Satan est un grand menteur, mais parfois le Seigneur l’oblige à dire la vérité. Une fois que le père Candido libérait une personne après de nombreux exorcismes, avec son ironie habituelle, il a dit au diable : “Va-t’en, le Seigneur a créé pour toi une petite place toute chaude, il t’a préparé une jolie petite demeure où tu ne souffriras pas du froid”. Mais, l’interrompant, le diable lui a lancé : “Tu ne comprends rien du tout”. Que voulait-il dire ? Quand le diable interrompt en disant quelque chose comme ça, c’est que Dieu lui a imposé de dire la vérité. Et cette fois-ci, c’était d’une importance extrême. Les fidèles me demandent souvent : “comment est-il possible que Dieu ait créé l’enfer, pourquoi a-t-il pensé à un lieu de souffrance ?”. À ce moment-là, le diable a répondu aux provocations du P. Candido en révélant une vérité importante sur l’Enfer : “Ce n’est pas Lui, Dieu, qui a créé l’Enfer. C’est nous ! Il n’y avait même pas pensé ! ». Donc, dans le plan de la création de Dieu, l’existence de l’Enfer n’avait pas été envisagée. Ce sont les démons qui l’ont créé ! Au cours des exorcismes, j’ai souvent demandé au diable : “Avez-vous créé l’Enfer ? ” Et sa réponse a toujours été la même : “Nous avons tous coopéré”. »

Ce témoignage, d’une importance capitale, montre que Dieu n’a pas créé l’enfer, mais ce sont les démons qui l’ont créé.

Le père Candido disait toujours qu’il fallait être un homme de foi et de prière, toujours demander l’intercession de la Très Sainte Vierge, rester humble pour être un bon exorciste, un exorciste capable de chasser le démon devant lui. L’exorcisme ne vaut rien si une personne de peu de foi le pratique et c’est Dieu toujours Dieu qui décide.

 

 

Il est bon parfois de parler du bien, de parler des hommes et des femmes qui ont fait le bien sur terre. C’est pour cela que j’avais envie de vous parler de ce grand exorciste. Combien de personnes a-t-il aidées ? Combien de personnes a-t-il sauvées des griffes du Malin ? Nous avons beaucoup à apprendre du père Candido Amantini. Que Dieu le bénisse.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Gabriele Amorth, un exorciste raconte

Dans ce billet de blogue, j’ai choisi de vous parler d’un livre qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur la réalité du démon : « Un exorciste raconte » du prêtre-exorciste Dom Gabriele Amorth. Dans ce livre, le père Amorth raconte, avec beaucoup d’humilité, son travail auprès de ceux qui sont persécutés par le démon. Il nous montre que le diable existe, qu’il est une réalité et qu’il est la cause de beaucoup d’atrocités dans notre monde.




Dom Gabriele Amorth

 

Le père Gabriele Amorth

 

Dom Gabriele Amorth était un célèbre prêtre-exorciste de Rome, mais aussi un journaliste. C’est pour cela qu’il nous a livré des ouvrages très riches. Son but était de nous ouvrir les yeux sur la réalité du Diable.

Gabriele Amorth est né le 1er mai 1925 à Modème et mort le 16 septembre 2016 à Rome. Il a été chef exorciste de la cité du Vatican et du diocèse de Rome de 1986 à 2016. Autant dire qu’il connaît le Diable et ses fourberies.

Il nous a laissé de nombreux ouvrages d’une très grande qualité spirituelle dans lesquels il nous livre son combat contre le Malin :

  • Un exorciste raconte (Ed du Rocher)
  • Nouveaux récits d’un exorciste (Ed du Rocher)
  • Exorcisme et psychiatrie (Ed du Rocher)
  • Confessions-Mémoires de l’exorciste officiel du Vatican : Père Gabriele Amorth, entretiens avec Marco Tosatti, Michel Lafon.
  • Moi, le dernier exorciste – Une vie de lutte contre le mal (Edi François-Xavier de Guibert)
  • Le démon ne peut rien contre la miséricorde de Dieu (Ed Pierre Téqui)

Dès 1935, Gabriele Amorth s’engagea dans l’Action catholique, d’abord comme chef de groupes d’aspirants, puis dirigeant de la FUCI universitaire tout en continuant ses études de juristes.

À la fin de la guerre, il lutta contre le fascisme dans les rangs des partisans catholiques. Il n’avait que 20 ans à cette époque-là et savait déjà que le Mal se cachait derrière le fascisme. Il s’engagea ensuite dans la fondation de la Démocratie chrétienne où il fut l’un des hommes de confiance de De Gasperi. Il fut vice-président national de la Gioventù democristiana.

Le diplôme en poche de docteur en droit à l’âge de 22 ans, il quitta tout pour embrasser le sacerdoce. Il entra alors chez les Paolini, un ordre fondé au milieu de notre siècle pour établir la présence de Dieu dans les médias. De 1977 à 1978, il dirigea une revue médiatique, Madre de Dio. Il fut un des découvreurs de Medjugorje.

Puis, subitement, comme s’il avait reçu un appel peut-être de la Vierge Marie, il délaissa la revue et l’ordre des Paolini pour aller aider Dom Candido Amantini, passionniste et exorciste du diocèse de Rome. Dom Candido fut son maître. Fort de son expérience, il a initié Gabriele Amorth au discernement et à la pratique de l’exorcisme.

En six ans de travail harassant, croulant sous les demandes de plus en plus de personnes en détresse, le père Gabriele Amorth a exorcisé environ 10 000 personnes, dont 70 possédés.

 

 

 

La philosophie de Dom Gabriele Amorth

 

Le livre « Un exorciste raconte » de prêtre-exorciste Gabriele Amorth.

 

Dans ces livres, Dom Gabriele Amorth nous montre que le diable existe et qu’il est notre seul ennemi que l’on doit tous combattre pour arriver à un monde meilleur.

Entre ceux qui nient l’existence de Satan (prêtres, théologiens…) et ceux qui lui vouent un culte, où est la vérité ? Le père Amorth vient dissiper des ignorances et des confusions parfois dramatiques. Il nous montre que Satan existe, qu’il n’est pas qu’un concept et qu’il frappe à tout moment, n’importe qui, sans prévenir.

Toute sa vie, il a combattu le démon. Certains cas qu’il a traités ont été très durs, très éprouvants. Parfois, il a vu des miracles se réaliser, parfois, il n’a pas pu délivrer une personne qui avait le mal trop ancré en elle… Gabriele Amorth a vu le démon en face de lui, lui a parlé, a vu ses pouvoirs. Il a vu et constaté les ravages du Malin sur les populations. Il a vu la détresse humaine.

À travers ses œuvres, Dom Gabriele Amorth veut nous faire comprendre que le Diable est une réalité, qu’il nous guette, qu’il connaît nos points faibles et qu’il n’hésite pas à nous attaquer. Le démon organise le monde pour l’exploiter en sa faveur. Il n’y a qu’à regarder autour de nous pour nous apercevoir que le monde appartient à Satan : raz de marée de l’érotisme, l’apologie victorieuse de l’homosexualité, le marché de la drogue et de ses mafias, ainsi que le terrorisme et le système bancaire en sont les exemples les plus voyants et flagrants.

Tout travaille pour le démon : l’expansion de l’athéisme, du matérialisme et d’autres illusions trompeuses de notre siècle. Satan organise son règne dans le monde à la manière d’un PDG. Ainsi, avec la modernité, Satan s’est aussi modernisé. Il a renoncé à ses diableries d’antan et a compris que le meilleur moyen de nous soumettre et de nous faire croire qu’il n’existe pas.

Aujourd’hui, les cas d’infestation, d’obsession, de vexation ou de possession diabolique se multiplient à tous les niveaux, à tel point que le désintérêt chronique d’une large partie de la hiérarchie ecclésiastique pour le démon est aujourd’hui forcé à changer sous la pression de l’urgence.

Dom Gabriele Amorth travaillait beaucoup avec les psychiatres et les médecins. Souvent, son travail commence où les thérapeutiques médicales ont échoué.

 

 

 

Une tâche qui n’est pas facile

 

Un autre livre du père Amorth.

 

La tâche d’un exorciste n’est pas facile et surtout non comprise. L’on croit, à tort, que l’exorciste diabolise tout. Au contraire, puisque l’exorciste apaise et apporte la paix. Beaucoup de patients, même non possédés, trouvent un certain réconfort dans la prière et arrivent à surmonter la maladie.

Dom Gabriele Amorth n’a jamais rechigné devant le labeur, devant le stress d’un nouveau cas, devant la rudesse d’un autre cas. Au point que sa santé en a souffert. Tout au long de son travail en tant que prêtre-exorciste, il s’est astreint à une vie rigoureuse, faite de prières et de jeûnes et en essayant de trouver de nouveaux collaborateurs pour les former.

Car la demande s’accroît et le prêtre se refusait de laisser ces personnes à l’abandon au risque qu’elles se tournent vers des magiciens, des sorciers…

L’œuvre de Dom Gabriele Amorth brise la conspiration du silence sur le combat spirituel et le rôle du démon. Il nous ouvre les yeux sur la centralité du Christ dans la Création et sur le dessein de Satan. Il nous fait comprendre pourquoi Dieu laisse faire, car, ne l’oublions pas, rien n’arrive sans l’accord de Dieu. Il nous montre les pouvoirs du démon, son pouvoir ordinaire et son pouvoir extraordinaire, il nous raconte les cas qu’il a exorcisés et libérés de l’emprise de Satan…

Il nous dit que le démon est un marginal dangereux qui se détruit seul. Mais, pour cela, il faut savoir qu’il existe et lutter contre lui, car tous ceux qui croient en Jésus-Christ ont le pouvoir de lutter contre le démon.

Le combat du bien contre le mal est une réalité et doit être gagné à chaque époque, en chaque lieu, dans chaque vie. Nous avons en nous les moyens de le gagner, Dieu nous a donné les outils pour le gagner. À nous d’en faire bon usage. Ce combat est le plus réel et le plus grave des combats et les exorcistes (ainsi que les pasteurs et tous ceux qui sont assez forts spirituellement pour s’engager dans un tel combat) sont là pour nous aider au succès de ce combat qui est un combat spirituel.

L’appellation d’exorciste est réservée aux prêtres, mais les pasteurs peuvent aussi réaliser des délivrances (comme cela est dit dans la Bible). Ainsi, tous ceux qui croient à Jésus-Christ et invoquent son nom peuvent lutter contre le démon et aider les démoniaques à s’en libérer. Pour ces derniers, on ne parle pas d’exorcisme, mais de prières de délivrance. Le résultat est identique pour un peu que l’on ait la foi, car même un prêtre-exorciste, s’il manque de foi, n’arrivera pas à la délivrance de son patient, alors qu’un pasteur ou un simple badaud qui a la foi peuvent y arriver.

 

 

Marie d’Ange

 

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Témoignage : seul un exorciste pouvait m’aider

Par cet article, j’aimerais vous faire découvrir un témoignage poignant d’une personne qui a vécu une possession démoniaque, son ressenti et surtout, comment elle a pu se libérer de toutes les souffrances que le démon lui infligeait. Ce témoignage, je l’ai lu dans le livre du père Gabriel Amorth, qui était un exorciste célèbre qui nous a laissé plusieurs livres sur son « métier » d’exorciste. Son combat, c’était le démon. Ce grand homme nous a quittés le 16 septembre 2016 et nous a laissé de nombreux ouvrages de référence.




 

Le témoignage

Donc, comme je le disais en introduction, ce témoignage, je l’ai lu dans l’ouvrage du père Amorth ″Nouveaux récits d’un exorciste″. Je me suis permis de le recopier mot pour mot, afin de pouvoir en discuter :

« Je fais l’effort d’écrire mon histoire parce que je pense qu’elle peut être utile à d’autres et parce qu’elle me semble conforme à ce que nous lisons dans l’Évangile. Les troubles démoniaques ont commencé en 1974. Les médecins ne savaient expliquer mes maux étranges et les psychiatres haussaient les épaules sans formuler aucun diagnostic. Par exemple, à l’improviste, je me sentais suffoquer et j’étais prise de spasmes nerveux, comme des secousses électriques, dans tout le corps. Parfois, la violence des phénomènes était telle que mon mari appelait le médecin d’urgence, en pleine nuit.

À la même époque, j’ai commencé à abandonner l’Église : je la discréditais à chaque fois qu’on parlait de religion. C’était une chose insolite pour moi qui avais toujours été croyante et engagée, et même dirigeante d’Action catholique. Je pensais qu’il s’agissait d’une ″crise de croissance″ ; mais, au contraire, cette hargne contre l’Église a duré plus de dix ans. Auparavant, j’étais bienheureuse de rester en adoration devant le Saint Sacrement ; à présent, je désirais seulement fuir. Tout me semblait ridicule, mise en scène des prêtres et stupidité des fidèles.

Mon mari, catholique pratiquant, souffrait de mon détachement de la religion, qui coïncidait également avec un éloignement à son égard. Puis, à partir de 1978, j’ai commencé à fréquenter des groupes marginaux, à la recherche d’expériences exotiques. Ainsi a débuté une période de véritable autodestruction : j’étais de plus en plus morbide et attirée par les personnes qui pouvaient me faire du mal, j’éprouvais un plaisir pervers à m’abandonner à leur pouvoir. Pendant des années, j’ai rencontré toutes sortes de gourous, guérisseurs, sorciers.

Physiquement, j’allais toujours plus mal. C’était comme si mon corps était serré dans un étau. Ma digestion était bloquée, j’avais des problèmes de reins et d’articulations, j’étais toujours fatiguée et sans énergie. Je me sentais revivre seulement durant les cours « psychologiques″ auxquels je participais et qui me donnaient de fortes émotions. Je suis sûre que si, au lieu de m’adresser à un gourou, j’avais entendu parler d’exorcistes, je serais sortie plus tôt de cet enfer. Mais durant ma longue pratique de la religion, je n’avais jamais entendu parler d’exorcistes.

Je me suis passionnée pour l’étude de l’astrologie. J’étais arrivée à interpréter les évènements avec cette clé de lecture et à la lumière de la réincarnation. En 1981, j’ai rencontré l’être le plus abject que j’aie jamais connu. C’était un psychiatre fou (c’est seulement par la suite que j’ai su qu’il avait été hospitalisé comme psychotique). Il avait conclu un pacte avec Lucifer en vue de détruire le plus de gens qu’il pourrait. Ce ceci également, je n’eus connaissance que plus tard. Sous un prétexte, il m’invita dans son cabinet, et pendant une année, il joua avec mon corps et mon âme, recourant à l’hypnose. On ne peut être hypnotisé que si on le veut, mais le démon m’inspirait de me laisser torturer par ce déséquilibré. Une fois, j’ai même été sur le point de mourir étranglée, mais Notre-Dame m’a protégée (lorsque j’étais enfant, mes parents m’avaient consacrée à elle).

Je ne sais pas comment j’ai réussi à sortir de ces bas-fonds. Je finis à l’hôpital, où j’ai fait une tentative de suicide, mais au bout de deux mois, j’allais mieux. Cependant, le démon ne me lâchait pas et il fit en sorte que je me passionne pour la psychanalyse, avec pour résultat dont je me suis complètement éloignée de la foi. J’ai aussi fréquenté une école pour professeurs de yoga et je me suis mise à enseigner le hatha-yoga dans mon village. J’étais devenue bouddhiste. Je pratiquais la méditation zen, j’étais comme dédoublée et j’étais malheureuse. Envers l’Église j’éprouvais une véritable haine, mais au fond de moi il y avait le désespoir : tout m’était égal, même mon mari et mes enfants.

J’ai alors commencé des séances de spiritisme avec quelques amis. Parfois, j’avais l’impression que j’étais sur le point de devenir folle ; je ne comprenais plus si je vivais dans la réalité ou si je rêvais. Comme j’étais restée insatisfaite de la psychanalyse, une amie me conduisit chez une femme, dont elle me vanta les pouvoirs. C’était la grande prêtresse de la secte I.V.I. : je m’en suis entichée au point de lui amener mon mari, mes enfants, mes parents et amis. Il me semblait être hypnotisé.

Cette femme se disait catholique et le Christ réincarné. Elle me fit croire qu’elle avait guéri une de mes filles, sujette à des crises d’épilepsie, et donna l’ordre de suspendre tous les médicaments. Quelques jours plus tard, ma fille entrait dans le coma et elle fut sauvée par miracle. Je me souviens avec terreur de ces séances de guérison, appelées ″harmonisations″. Si j’avais connu un exorciste, j’aurais évité ces souffrances, pour moi et aussi pour ma fille qui, après les prières d’un exorciste, n’a plus eu de crises d’épilepsie.

En 1984, j’ai eu la joie de me trouver enceinte de mon cinquième enfant. Mais j’étais trop faible. Peu de temps auparavant, j’avais connu une autre période de maladies étranges : migraines, vertiges, au point de déconcerter les médecins. J’ai eu ainsi un avortement spontané au deuxième mois. J’ai perdu beaucoup de sang et il fut nécessaire de me faire un curetage. C’est là que le Seigneur m’attendait, m’envoyant sa Mère pour me réconforter. Ce fut une expérience extraordinaire, qui m’a ramenée vers Dieu. Il me semblait que la Sainte Vierge restait près de moi pour m’assister, dans ma petite chambre d’hôpital ; elle me reprochait mon passé et m’invitait à la suivre. J’ai acquiescé avec joie, parce que je me sentais comblée de paix et de lumière.

La période suivante fut très dure. D’une part, Notre-Dame m’aidait à nettoyer mon inconscient plein de saletés ; d’autre part, le Malin me donnait de terribles tentations, doutes, incitations à retourner sur ses voies. Dans cette occasion également, si j’avais connu un exorciste, j’en aurais reçu une grande aide. La nuit, je sentais physiquement la présence du démon qui me répétait : « Je te reprendrai ». Je m’étais adressée à plusieurs prêtres pour être aidée, mais ils ne comprenaient rien à mon état et ils n’avaient aucune expérience de certains assauts diaboliques. Je m’en excuse, mais je dois avouer que j’ai touché du doigt leur totale ignorance dans ce domaine.

À partir de 1988, j’ai connu des luttes encore plus fortes. De mon côté, j’étais décidée pour le Seigneur. Alors le démon s’en est pris à mon mari et à mes enfants, les frappant de maux inexplicables : en treize mois, il y eut quatorze hospitalisations d’urgence. Ce qui fut plus grave encore, ce furent les assauts moraux et les tentatives pour diviser notre famille. La nuit, je me réveillais brusquement, plongée dans un désespoir si effrayant que je ne pouvais plus prier, alors que je l’aurais voulu. Avec la même rapidité, cet état d’angoisse disparaissait et, à nouveau, je pouvais louer Dieu de tout mon cœur.

Revenue à la prière, je crus être délivrée du démon, mais je me trompais. Son action, en vue d’affaiblir ma résistance, était devenue plus subtile. Si j’allais faire une retraite spirituelle, je me sentais assaillie de doutes obsessionnels avec des pensées de désespoir. Si je faisais un pèlerinage, je revenais avec l’impression d’avoir été piquée jusqu’au sang. Plus je priais, plus je m’efforçais de faire le bien, et plus le démon m’attaquait avec des pensées perfides. Je souffrais de douleurs dans tout le corps, d’insomnies, de pertes de mémoire. Je songeais parfois à abandonner ma famille et à partir au loin. J’ai passé deux années terribles, incomprise de tous, pendant lesquelles j’aurais pu être soulagée et qui auraient même pu m’être évitées si j’avais pu avoir l’aide d’un exorciste.

Je l’ai compris plus tard, lorsque, finalement, presque par hasard — mais c’était certainement prévu par la Vierge Immaculée —, j’ai rencontré l’exorciste qui m’a fait sortir de ce long tunnel de douleur et tout a changé. Depuis qu’il a commencé à prier sur moi, tout a changé. Non pas que les douleurs aient cessé, mais elles ont trouvé un sens, je les vis dans la lumière. L’exorcisme me donne la sérénité et la paix pour plusieurs heures. Quand la lutte reprend, je prie avec plus de ferveur et dans un plein abandon à la volonté du Seigneur. Je réussis aussi à comprendre et à mieux aimer tous ceux qui me sont chers, et qui maintenant me font pleinement confiance, se sentant compris.

Ma vie spirituelle progresse à la suite du désir croissant que j’éprouve de vivre en union avec Dieu : même mes croix, vécues à la lumière de la Passion du Christ, ne me pèsent plus. J’ai encore des luttes, mais j’ai aussi des moments de paix véritable et de vraie joie. Je vois une amélioration constante à mesure que progressent les exorcismes.

J’ai fini. Je voudrais dire, sans aucune intention polémique : mon évêque et les prêtres de mon diocèse proclament continuellement qu’ils sont solidaires des pauvres. Ceux qui sont tourmentés par le démon ne sont-ils pas peut-être de grands pauvres, de grands besogneux ? Depuis dix-huit ans, je fais partie de ces pauvres, mais tous les prêtres à qui j’ai parlé n’ont rien compris, vraiment rien, de ma pauvreté et ne m’ont apporté aucune aide. Et pourtant, Jésus a dit : « En mon nom, vous chasserez les démons ! » Il me semble que c’est une charge, un pouvoir, un devoir très clair. »

 

 

 

Que peut-on dire de ce témoignage ?

Tout d’abord, le père Amorth, dans son ouvrage, ne précise pas si cette jeune femme a été délivrée. Cela aurait été intéressant de savoir combien de temps ont duré les exorcismes. Nous constatons, par contre, que cette femme a ressenti un réel soulagement dès le premier exorcisme.

Les troubles de cette jeune femme ont commencé en 1974. Pourquoi ? Nous ne le savons pas. La victime semblait être quelqu’un de pieux, qui croyait en Jésus, qui vivait simplement, entourée de l’amour de son mari et de ses enfants. Pourtant, le diable l’a frappée. Cette histoire veut dire que le démon peut frapper n’importe qui. Il aurait été intéressant de savoir si cette attaque démoniaque était due à un maléfice ou si cette dame avait été en contact avec des sorciers ou des magiciens ou si elle avait fait du spiritisme.

Le démon a agi en elle de manière pernicieuse, en la faisant souffrir de différents maux étranges que les médecins n’arrivaient pas à diagnostiquer. La médecine n’a pas réussi à la soulager, ce qui l’a plongée dans un profond désespoir.

Au fil du témoignage, on peut noter que les attaques démoniaques prennent de plus en plus d’ampleur. D’abord les maux physiques et psychiques, ensuite une aversion profonde à l’encontre de l’Église, puis la fréquentation de groupes marginaux, l’autodestruction qui a engendré un profond état morbide, une grande fatigue, des problèmes de digestion et d’articulations, une difficulté à se nourrir et enfin la rencontre avec un homme qui se disait psychiatre, mais qui était un serviteur de Satan. Cette rencontre a été le coup de grâce pour cette jeune femme qui s’est enfoncée.

Notons aussi cette phrase : « On ne peut être hypnotisé que si on le veut, mais le démon m’inspirait de me laisser torturer par ce déséquilibré. » La victime sent qu’il y a quelque chose de pas normal, sent que le psychiatre est dangereux, qu’il lui fait du mal, mais cela est plus fort qu’elle, elle y retourne. On comprend que le démon a la capacité d’annihiler la capacité de réflexion d’une personne, de lui faire faire, contre son gré, des choses dangereuses et malsaines. La victime sait que ce qu’elle fait est mal, elle en est consciente, mais elle continue malgré elle, elle ne peut s’arrêter. C’est un pouvoir du démon qui est grand.

Puis, après ces entrevues avec ce psychiatre démoniaque, la victime a rencontré une dame, une espère de prêtresse complètement dingue qui se disait être la réincarnation du Christ. On sait que la victime est catholique, du moins qu’elle a reçu un enseignement catholique. Or, dans l’Église, la réincarnation n’existe pas, c’est même une hérésie pure de dire que l’on peut se réincarner en un animal ou autre chose… Dans l’Église, on parle de résurrection et non de réincarnation. Jésus est ressuscité et non réincarné. La réincarnation est une idée démoniaque. Donc, la victime aurait dû se méfier de cette dame comme de la peste, mais elle n’était pas en état de réfléchir et s’est laissée totalement subjuguer par elle. Au point de lui amener sa famille et ses amis.

D’ailleurs, on peut noter qu’une des filles de la victime souffrait de crises d’épilepsie. Et que cette dame a failli la tuer. Dans le texte, on peut lire : « ma fille entrait dans le coma et elle fut sauvée par miracle. » C’est fort ! Oui, il y a certainement eu un miracle.

Que s’est-il passé ? La femme se faisant passer pour Jésus réincarné n’est autre qu’une démoniaque en puissance. En la fréquentant, en participant aux séances « d’harmonisations », en fait la victime a voué un culte à Satan. Ce qui n’a fait qu’aggraver le problème. Et le démon, rendu plus fort, s’est alors attaqué à toute la famille. Notons que les crises d’épilepsie de la fille, ainsi que les divers maux dont souffrait le mari ont disparu avec les exorcismes.

Puis, la victime, enceinte et trop faible pour mener à bien sa grossesse, a perdu son enfant et a dû être hospitaliser. Là, la Vierge-Marie est venue à son secours et l’a aidée à revenir sur le chemin de la foi. Cette rencontre avec la Vierge est un passage fort en émotion : « Je me sentais comblée de paix et de lumière. » Oui, la Vierge est venue pour lui offrir la paix, pour la guider dans ce chemin très long de la délivrance.

Et là, notre victime a pris conscience qu’il fallait qu’elle lutte contre le démon. Seulement, ce dernier n’allait pas se laisser faire et a usé de tous ses pouvoirs pour récupérer sa victime, au point de lui parler, de lui faire subir différents maux pour l’affaiblir et lorsqu’il a vu que sa victime ne faiblissait pas, qu’elle était déterminée à suivre le chemin de Dieu, il s’en est pris à sa famille.

Regardez bien chers lecteurs, et dites-moi ce que vous en pensez : 14 hospitalisations d’urgence en à peine 13 mois ! Donc une moyenne d’une hospitalisation par mois ! C’est énorme ! D’autant plus que les médecins n’ont jamais pu poser de diagnostics sur aucun membre de la famille. Sans parler des assauts moraux du démon pour diviser la famille. La victime a tenu bon et a continué ses prières. Cela devait lui demander un effort surhumain, mais elle a continué.

Puis, elle a rencontré un exorciste et tout a changé. Le démon a commencé à reculer et notre victime a vraiment été soulagée. Bien sûr, c’est une lutte continuelle, mais je pense qu’elle est au bout du tunnel.

Notons aussi le reproche qu’elle fait à l’Église : « mon évêque et les prêtres de mon diocèse proclament continuellement qu’ils sont solidaires des pauvres. Ceux qui sont tourmentés par le démon ne sont-ils pas peut-être de grands pauvres, de grands besogneux ? » La victime a vécu 18 ans d’horreur sans trouver d’aide auprès de l’Église, alors que si elle avait trouvé un prêtre qui croit au démon, elle se serait épargné quelques années de souffrance. Aujourd’hui, les choses changent lentement, grâce notamment au travail du père Amorth qui a ouvert les yeux de certains prêtres sur leur mission et de plus en plus de prêtres prennent conscience que leur devoir est de chasser le démon. Comme avait dit Jésus : « En mon nom, vous chasserez les démons ! » Voilà la lutte que devrait faire l’Église. Si l’Église respectait les Évangiles, n’aurait pas peur de s’imposer devant ceux qui la discréditent, il y a aurait beaucoup moins de personnes malheureuses…

 

 

Marie d’Ange

 

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La possession démoniaque et la psychiatrie

Dans tous les peuples, dans toutes les croyances, on parle de possession démoniaque ou de possession par une entité. Aujourd’hui, la science et notamment la psychiatrie a fait reculer cette croyance et nous fait dire que la possession démoniaque n’est qu’une maladie mentale qu’il faut traiter avec des médicaments et une psychothérapie. Or, il arrive que certaines fois, cela ne suffise pas, qu’au-delà de la science, il existe l’inexplicable. Tour d’horizon des limites de la science et de la psychiatrie concernant le phénomène de possession démoniaque.




Qu’est-ce que la possession

En anthropologie, la possession est une situation au cours de laquelle une personne est habitée par un être surnaturel, qui peut être une divinité, un esprit, un démon… selon les croyances.

Depuis la nuit des temps, dans toutes les sociétés, il a été décrit des phénomènes de possession. Certains sont très documentés et nous amènent à penser, à croire que la possession est bien réelle. Cela existe, cela fait peur, cela intrigue. Les scientifiques ont essayé d’expliquer la possession sans jamais y parvenir. Bien sûr, la possession a reçu des tentatives d’explications de plusieurs ordres, notamment psychologiques, religieuses, anthropologiques… sans jamais parvenir à une véritable explication.

Aujourd’hui, la science et la psychiatrie ont fait de nombreux progrès dans ce domaine. Depuis que l’on connaît les maladies mentales, comme la schizophrénie, l’hystérie, le dédoublement de la personnalité, la mélancolie… les cas de possession démoniaque sont devenus rares. De nombreux cas ont pu être traités par la médecine. Mais, il reste toujours des cas où la psychiatrie est totalement dépassée.

Un jour, un psychiatre qui a été confronté à un patient possédé par un démon m’a avoué avoir été totalement impuissant devant ce phénomène. Et il m’a dit une chose très juste : « beaucoup de patients enfermés dans des asiles et étiquetés schizophrènes sont en réalité possédés et vice versa. »

La possession démoniaque peut revêtir différentes formes : fatigue, maux divers, impression de ne pas avancer dans la vie, dépression, mélancolie, accès de violence, parler une langue inconnue, répulsion pour tout objet saint, hallucinations auditives et visuelles, impression de ne plus contrôler son esprit et son corps… La forme la plus grave peut conduire au meurtre ou au suicide.  

 

La possession à travers les croyances

Chez les Mongo, une tribu d’Afrique Centrale, la possession prend le nom de zebola et ne touche que les femmes. C’est une forme de psychothérapie.

En Éthiopie, on parle de zar. Ce phénomène touche essentiellement les femmes et les hommes efféminés.

En Afrique du Sud, les femmes possédées sont appelées inwatso et sont hautement considérées lorsqu’elles développent une capacité de divination.

Dans le vaudou haïtien, il existe des rites de possession.

En chine, au Japon, en Inde, en Indonésie, en Malaisie… il existe des traditions incorporant la possession.

Dans la religion juive, un individu peut-être possédé par un dibbouk, qui est un d’esprit démoniaque. Cet esprit peut être exorcisé selon un rituel précis.

Chez les catholiques, on parle de possession démoniaque. Ici, une personne peut être possédée par un démon (donc un ange déchu). Ce démon prend alors le contrôle du corps et de l’esprit de la personne et modifie son comportement contre son grès. Il existe un Rituel Romain d’exorcisme pratiqué par des prêtres-exorcistes pour chasser le démon logé à l’intérieur de la personne.

Dans le Coran, on ne parle pas de possession, mais plutôt d’influence satanique. Chez eux, les djinns (démons) peuvent influencer le comportement d’un individu.

 

La possession et la psychiatrie

La psychiatrie a une vision rationnelle de la possession. En fait, elle explique tous les symptômes d’une possession par le fait que le patient soit atteint d’une maladie mentale. Pourtant, elle ne peut expliquer tous les symptômes.

En effet, la possession désigne une situation où le patient se croit habité par un démon… Cette personne rentre alors dans des états de transe ou de crise. Ces crises sont violentes et se traduisent par des contorsions, des éclats de rage, des blasphèmes… Puis, le patient revient à un état de calme et ne souvient pas de sa crise. Le patient est repoussé par tous les objets sacrés et s’enferme dans son monde fait de douleurs.

La psychiatrie considère que la possession démoniaque n’existe pas. Elle ne relève que de l’ignorance et de la superstition. Elle préfère parler d’hystérie, de schizophrénie, d’épilepsie, de personnalité multiple… En effet, ces maladies mentales sont susceptibles de se manifester par des symptômes confondus avec ceux de la possession.

Il est vrai que depuis que la psychiatrie et la psychanalyse existent, on sait que le Diable n’est pas forcément à l’origine des troubles psychiques qui peuvent affecter l’homme. Avant, il suffisait d’avoir un pet de travers pour être exorcisé. Aujourd’hui, cela est beaucoup plus contrôlé. L’Église a besoin l’aide d’un psychiatre avant de pratiquer un exorcisme, afin d’éliminer une maladie mentale. De plus, le psychiatre, lorsqu’il se retrouve démuni, se doit de demander l’aide de l’Église (beaucoup ne le font pas…)

La possession diabolique et l’infestation ne sont pas du ressort de la psychiatrie. Le psychiatre soigne le mental, le cerveau, la conduction neuronale… alors que la possession touche l’âme d’une personne.

Pourtant, de nombreux cas de possession démoniaque sont traités par les psychiatres. Pourquoi ? Tout simplement parce que le démon arrive à créer des phénomènes psychiques majeurs. Rappelez-vous : le démon est menteur, sournois, trompeur. Le démon peut tout singer, même la maladie mentale.

Le psychiatre qui va se trouver devant un vrai cas de possession démoniaque traitera les symptômes par des médicaments. Cela peut calmer le patient, certes, mais ne le guérira pas. Les médecins ne peuvent pas diagnostiquer une possession démoniaque, car dans leurs esprits cartésiens, elle n’existe pas. Cela fait partie d’une autre réalité que l’on s’est efforcée de gommer à travers les études. Ce qui est regrettable. Le psychiatre œuvre dans le naturel, alors que la possession démoniaque est du domaine du surnaturel.

Il est vrai que certaines douleurs de l’homme, certaines affections, certains troubles mentaux proviennent de l’homme et uniquement de l’homme. Là, la psychiatrie et la médecine sont utiles et efficaces.

 

La possession, un mal de l’âme

Lorsque l’on parle de possession démoniaque, on s’imagine toujours une personne vociférant, vomissant, criant… Alors que ce n’est pas du tout cela. La possession démoniaque est plus sournoise, plus insidieuse.

Le démon peut contrôler une personne en le forçant à commettre des péchés ou des actes contraires à sa personnalité. C’est ainsi que naissent les conflits familiaux et conjugaux, les dérives sociales. Le Diable enflamme l’imagination, il est le maître de la rumeur. Il nous fait voir des ennemis là où il n’y en a pas. Le possédé devient donc paranoïaque, dépressif, peut sombrer dans l’alcool et la drogue. Tout cela sous les yeux de la famille et des amis, qui ne verront rien et qui préféreront s’éloigner plutôt que d’ouvrir les yeux et d’aider la victime. Car, aujourd’hui, nous sommes conditionnés à ne pas voir ces phénomènes. On n’y croit plus.

Il arrive aussi que le Diable investisse une personne, ne se contentant plus de la séduire par la tentation, mais de l’attirer dans la désolation. Alors oui, le possédé devient fou, car il ne comprend pas ce qu’il lui arrive. Il vit, alors, dans un monde fait de terreur et de violences. Le Diable, lorsqu’il investit une personne, peut provoquer toutes sortes de manifestations psychiatriques : délires, dépression, hallucinations, hystérie, addictions… Ces troubles ne sont que la face cachée de l’iceberg. Et ces troubles qu’un psychiatre voit. C’est pourquoi il va s’empresser de les traiter à grand renfort de médicaments.

Par contre, le traitement médical ne peut pas faire de mal au patient, puisqu’il va l’apaiser en renforçant le psychisme du possédé qui pourra mieux lutter contre le démon. Mais, il faudra obligatoirement l’aide d’un exorciste pour délivrer la victime du Mal qui la ronge.

 

Comme je le dis et le répète, la possession démoniaque est rare, mais elle existe. Je reste persuadée qu’au-delà de la science, il existe autre chose. La science ne peut pas tout expliquer. Bien sûr, on peut soulager un possédé par des médicaments, mais on ne le guérira pas et nier l’existence du Diable ou d’une entité supérieure est dangereux. Plus on le nie, plus il peut attaquer.

Marie d’Ange

Sources : inexplique-endebat.com, lanef.net

 

Pour aller plus loin




Publié le

L’Exorciste, le film qui a fait ressurgir la peur du Diable

L’Exorciste est un film culte, le plus effrayant de sa génération. Classé film d’horreur, il a déferlé une grande vague d’épouvante dans le monde entier faisant ressurgir la peur du Diable. Ce film est considéré comme un classique du cinéma, à tel point que l’American Film Institute le classe 3e meilleur thriller, devançant « Psychose » et les « Dents de la mer ». « L’Exorciste » suscite l’intérêt et provoque des cauchemars. C’est un de mes films de référence, qui même après plusieurs visionnages me fait toujours autant trembler.

 

 

Box Office

Jaquette DVD du film

Sortie le 25 décembre 1973 aux États-Unis et en septembre 1974 en France.

Durée : 1h17min

Réalisateur : William Friedkin

Scénario : William Peter Blatty

Musique : Tubular Bells composée par Mike Oldfield

Acteurs principaux : Ellen Burstyn dans le rôle de Chris MacNeil

                      Max Von Sydow dans le rôle du père Lankester Merrin

                      Linda Blair dans le rôle de Regan

                      Jason Miller dans le rôle du père Damien Karras

                      Jack MacGowran dans le rôle de Burke Dennings

                      William O’Malley dans le rôle du père Dyer

                      Lee J Cobb  dans le rôle du lieutenant William Bill Kinderman

Le film est une adaptation du roman du même nom écrit par William Peter Blatty, inspiré d’un fait divers paru dans une chronique et relatant l’exorcisme d’un jeune garçon de 14 ans, Robbie Mannheim.

 

 

Version intégrale

Scène du film où Regan descend les escaliers

La version retravaillée, d’une durée de 1h27 min, sort en 2001.

Dans cette version, plusieurs scènes sont ajoutées à la première :

  • le visage de Pazuzu apparaît sur la hotte à droite de l’image dans la cuisine lors d’une panne de courant, et sur le mur de la chambre de Regan,
  • Regan descendant les escaliers telle une araignée en crachant du sang,
  • à la fin du film, le père Dyer rend la médaille du père Karras à Chris (dans la première version, il la garde) et rejoint Kinderman devant la porte de la maison. Celui-ci lui propose alors des places de cinéma.
  • Le film se termine en montrant l’escalier de la fenêtre de la chambre de Regan et au loin, on entend l’appel à la prière musulmane, signe que le démon n’est pas parti.

 

 

L’histoire

La statuette de Pazuzu déterrée par le Père Merrin en Irak

Le film débute en Irak par la découverte de la tête d’une statuette du démon Pazuzu lors de fouilles archéologiques menées par le père Lankester Merrin.

Puis, on se retrouve aux États-Unis, plus précisément à Georgetown, un quartier de Washington. Chris MacNeil est une actrice et elle vit tranquillement dans une agréable demeure avec sa fille Regan et ses domestiques.

Petit à petit, la petite fille, âgée d’une douzaine d’années, se met à entendre des bruits et est prise de violents spasmes. Son lit bouge, les objets volent autour d’elle, elle saute sur son lit sans pouvoir s’arrêter, devient violente… Les médecins ne voient dans ces phénomènes que des troubles nerveux dus à la préadolescence. Mais les crises empirent. La personnalité de Regan change. Elle devient de plus en plus violente et insultante. Même son physique change.

Un soir, alors que Chris MacNeil rentre de la pharmacie et qu’on lui annonce la mort de son ami Burk Dennings, retrouvé au pied des escaliers extérieurs donnant sur la fenêtre de la chambre de sa fille, Regan descend les escaliers de la maison, telle une araignée, vomissant du sang. Chris sait alors qu’un esprit malveillant habite le corps de sa fille et que cet esprit a tué son ami Burk Dennings.

La petite est vue par de nombreux psychiatres, qui ne voient aucun trouble mental.

Devant leur incapacité à soigner les troubles de sa fille, Chris décide de faire venir un prêtre. Elle rencontre le père Damien Karras, à qui elle demande de l’aide. Mais ce dernier est perturbé par la perte récente de sa mère et rongé par la culpabilité. Il est en proie à un profond tourment et se pose des questions sur sa foi en Dieu. Malgré cela, il accepte de voir l’enfant, en qualité de psychiatre, diplôme qu’il a obtenu à la faculté de Harvard.

En entrant dans la chambre de Regan, il est confronté à une jeune fille, sanglée sur son lit, le visage complètement déformé, les dents noires, les yeux jaunes. Ce n’est pas le visage d’une petite fille. Il décide de mener son enquête. Il l’enregistre et fait analyser les voix par un professionnel. Les paroles proférées par Regan, alors aspergée d’eau bénite, se révèlent être des paroles prononcées à l’envers. Plusieurs voix ressortent, dont celle de sa mère décédée il y a peu. Il comprend alors que le démon est non seulement l’incarnation diabolique dans le corps de l’enfant, mais aussi la manifestation du Mal qu’abritent en eux ceux qui tentent de l’approcher. Le père Karras devra affronter le démon en affrontant le Mal qui est en lui, sa culpabilité d’avoir laissé sa mère seule. Car le démon, au nom du Mal, veut le pousser au désespoir suprême en décuplant son sentiment de culpabilité.

Karras demande alors la permission au Vatican de pratiquer un exorcisme sur Regan. La requête est acceptée, mais c’est le père Lankester Merrin qui est désigné pour le faire, le père Karras ne sera que l’assistant.

On comprend que le père Merrin a déjà pratiqué un exorcisme il y a longtemps en Afrique. Cette histoire est narrée dans « L’exorcisme, le commencement ». Effectivement, le père Merrin a déjà combattu le démon Pazuzu, lui ordonnant de retourner aux enfers. C’est pour cela que la divinité infernale l’attend. Elle veut se venger.

L’exorcisme commence, à grand renfort de prières et d’eau bénite, pendant que Regan vocifère des obscénités, tournant sa tête à 180 degrés et lévitant.

Le père Merrin est malade, cardiaque. Il décédera pendant l’exorcisme d’une crise cardiaque. Le démon a gagné. Mais le père Karras, de rage, se met à rouer de coups Regan et somme le démon de le prendre, de le posséder. Dans la bagarre, Regan arrache le médaillon qui protégeait le prêtre de son cou et prend possession de lui. Sentant le démon s’insinuer en lui et dans un regain de lucidité, le père Karras se jette par la fenêtre et termine sa chute au bas des escaliers. Le père Dyer le rejoint et lui donne les derniers sacrements.

Regan est retrouvée dans sa chambre, sanglotante, mais délivrée, ne se souvenant plus de rien. Elle porte les stigmates des violences que le démon lui a infligées.

 

 

Les suites du film

L’Exorciste comporte 3 suites et une préquelle (œuvre ne se concentrant que les événements se déroulant avant le récit original).

  • L’Exorciste 2 : l’hérétique sorti en 1977
  • L’Exorciste : la suite sortie en 1980,
  • L’Exorciste : au commencement sorti en 2004,
  • dominion : prequel to the Exorciste, préquelle sortie en 2005.

 

 

Autour du film

Le père Karras

Le tournage a eu lieu du 14 août 1972 au 20 juillet 1973 aux studios Warner Bross de Burkank, New York et Geaogetown, ainsi que dans les villes Hatra et Moussoul en Irak.

Pour ne pas laisser proférer des injures par une enfant, la production décide de doubler la voix de Regan. C’est Mercedes McCambridge, ancienne alcoolique, qui sera choisie pour interpréter la voix de Pazuzu. Pour cela, elle décide de reboire et de fumer, afin d’avoir cette voix grave que l’on connaît. De plus, pour mieux incarner le personnage, elle demande à être attachée à une chaise.

Le père Dyer, allias William O’Malley est un véritable homme de foi, jésuite, enseignant et écrivain. D’abord embauché en tant que conseillé, il se voit proposé le rôle de l’ami du père Karras. Ce sera son premier et dernier rôle. Il ne reprendra pas son personnage dans le troisième volet et sera remplacé par l’acteur Ed Flanders.

 

 

L’Exorciste : le film inspiré de faits réels

L’article paru dans le Washington Post relatant l’histoire de Robbie Mannhein.

L’histoire de ce film d’horreur culte se base sur un fait divers publié dans l’édition du 20 août 1949 du Washington Post, relatant un cas d’exorcisme en la personne de Robbie Mannheim, jeune garçon âgé de 14 ans. L’écrivain, William Peter Blatty décide d’écrire une fiction sur ce sujet. Le livre se vendra à plus de 13 millions d’exemplaires rien qu’aux États-Unis. D’où son adaptation au cinéma.

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui après avoir fait une séance de spiritisme pour essayer d’entrer en contact avec sa tante décédée il y a peu, se met à changer de comportement. Le jeune homme devient violent et profère des injures. Dans sa chambre, le lit se met à bouger et à trembler, les meubles se déplacent. Le jeune garçon devient de plus en plus agressif et incontrôlable. Des griffures formant des mots se forment sur sa peau. Les médecins qui auscultent Robbie ne décèlent rien d’anormal. Le psychiatre ne voit aucun trouble d’ordre mental.

Les parents se tournent alors vers le père Raymond Bishop qui ne sachant quoi faire, fait appel au père William Bowdern. Tous deux décident de se rendre au domicile des Mannheim afin de faire une prière avec le fils.

Mais ils vont vite se trouver confrontés à l’impensable et ce qui devait n’être qu’une prière se transformera en une multitude de prières jusqu’au lever du jour. Le garçon est réellement possédé.

Ils décident alors de pratiquer des séances d’exorcisme. Les séances sont d’une rare violence. Robbie vocifère, hurle, crache et s’adonne à des crises de plus en plus violentes. Devant cette violence, l’adolescent est interné dans un couvent où seront pratiquées deux à trois séances d’exorcisme jusqu’à sa complète délivrance.

Robbie ne se souviendra plus de son état de possédé.

 

 

Quelques anecdotes

Apparemment, « L‘Exorciste » serait un film maudit. On parlerait d’un nombre élevé de morts, de 17 à 19, qui sont survenus en 2 ans après la sortie du film, essentiellement parmi les acteurs secondaires et les techniciens, dont l’acteur Jack MacGowran (Burke Dennins) et le fils de Jason Miller (père Karras).

La rumeur dit, aussi, que le réalisateur n’hésitait pas à tirer de vrais coups de feu pour que les acteurs aient réellement peur et pour que cela se voie à la caméra. C’est à cause de cela qu’Ellen Burstyn se prend les pieds dans les câbles pendant la scène mythique de la mutilation au crucifix et se blesse grièvement au dos.

On dit aussi qu’un incendie a retardé la sortie du film de 2 mois.

Le film est bien fait dans le sens qu’il nous montre la nature originelle d’un démon, son esprit d’attaque, sa façon de nous emporter dans la désolation si on l’écoute. Le démon est menteur, fourbe et devine nos points faibles qu’il retourne à son avantage. Dans le film, nous le voyons s’attaquer au père Karras qui doute déjà de sa foi, et dont le démon le fera douter encore plus.

De plus, un prêtre était consultant pour ce film, afin de lui donner encore plus de réalisme et ce prêtre, dans une interview, a confié que le film, si l’on occultait la transformation de Regan, était réaliste dans le sens où un démon peut se comporter comme on le voit dans le film, c’est-à-dire manipulateur, menteur…

 

 

Qui est le démon Pazuzu

Statuette de Pazuzu, époque néo-assyrienne, Musée du Louvres.

Pazuzu est une divinité secondaire de la Mésopotamie du 1er millénaire av. J.-C. C’est le roi des démons du vent du sud, responsable de la propagation des épidémies et des fièvres. Les Sumériens pensaient qu’il commandait les vents du sud-ouest apportant la famine, la malaria, la sécheresse en été et les inondations pendant la saison humide.

Pazuzu ne semblait pas totalement inamical avec les hommes. En effet, il est souvent représenté sur les amulettes protégeant les bébés de la démone Lamashtu. Cette démone stérile était son épouse. Elle volait les nouveau-nés et rendait malades les femmes enceintes. Pour la combattre, on faisait appel à Pazuzu, qui se chargeait de la renvoyer aux enfers.

Pazuzu est représenté par une tête de lion, un corps couvert d’écaille, des ailes, des serres, un pénis en forme de serpent, des yeux exorbités, deux cornes au-dessus de sa tête. Sa main droite est levée vers le ciel signifiant la vie, la main gauche est tournée vers le bas, signifiant la mort, la destruction.

Pour en savoir plus sur le démon Pazuzu, je vous invite à lire l’article qui lui est consacré.

 

 

Pour résumer, la quasi-totalité du film se passe dans la chambre de Reagan, créant un univers glauque et oppressant. Ce film est bien fait, bien tourné. Il glace le sang. En le regardant, on ne peut y être indifférent. À sa sortie au cinéma, il a effrayé de nombreux spectateurs. Beaucoup  ont cru voir le démon, quelque part chez eux, en rentrant du cinéma. D’autres n’ont pas dormi pendant une semaine. Une petite poignée de personnes s’est crue possédée à son tour. En tout cas, c’est un film mythique qui reste un chef-d’œuvre du cinéma d’horreur. Sachez aussi qu’après ce film, l’Église a reçu de nombreuses demandes d’exorcisme.

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin