La possession de Nicole Aubry

Nicole Aubry est une jeune fille qui a vécu à Vervins au XVIe siècle. Son histoire fit grand bruit au point d’intéresser le roi Charles IX. Cette pauvre femme a été victime d’une terrible possession démoniaque qui a failli mal tourner. Nicole Aubry est la fameuse possédée de Laon, histoire qui a été racontée en 1566 par Boulvèse, un professeur d’hébreu au collège de Montaigu. Voici l’histoire de Nicole Aubry.

 

 

Qui est Nicole Aubry

Nicole Aubry est une jeune femme née à Vervins, fille d’un boucher et mariée à tailleur. Elle vivait une existence normale pour l’époque. Je rappelle que nous sommes dans les années 1560.

Nicole Aubry est une jeune femme pieuse et sans histoire. Pourtant, elle va être la victime de terribles démons qui vont prendre possession de son corps.

Les démons, pour terroriser et assouvir les humains, usent de mille stratagèmes. Certains arrachent les ongles des pieds de leurs victimes pendant leur sommeil, les griffent. Certains prennent possession de leurs corps, les faisant ramper sur le ventre. Certains parlent par la bouche de leurs victimes et s’expriment en langue inconnue. Certaines victimes vomissent des aiguilles, de cheveux… Certaines victimes entendent des voix démoniaques ordonnant de tuer ou de se mutiler. D’autre encore s’isolent, sont victimes de malchance ou sombrent dans la dépression. Bref, la possession démoniaque peut revêtir plusieurs visages.

Nicole Aubry va être la victime d’un démon et pas de n’importe lequel puisqu’elle sera possédée par Belzébuth et Compagnie. Autant vous dire que cela va être violent.

 

 

Les débuts

 

Tout commence lorsque Nicole Aubry a 16 ans, alors qu’elle se recueille sur la tombe de son papa, décédé trop tôt et mort sans être confessé (ce qui est un crime pour l’Église à cette époque). Tous ceux qui n’étaient pas confessés avant de mourir allaient directement en enfer.

Ce jour-là, la jeune femme voit le spectre de son père sortir de la tombe. Ce dernier lui demande, plutôt lui commande, de faire dire des messes pour son âme bloquée au purgatoire. Nicole Aubry prend peur, mais obéit à l’ordre du spectre. Elle va voir Claude Lautrichet, le curé du village, et lui demande de dire des messes pour le repos de l’âme de son père.  

Malgré cela, l’esprit de son père vient la voir tous les jours. La jeune femme tombe alors malade de frayeur. Puis, le spectre de son père lui avoue qu’il est un démon et l’enlève devant plusieurs témoins. Il la torture. Plusieurs témoins voient Nicole Aubry crier de douleur et pensent que la jeune femme est maléficiée et possédée.

La famille confie Nicole Aubry, mourante, au prêtre du village, Claude Lautrichet et au maître d’école, Guillaume Lourdet. Les deux hommes vont conjurer l’esprit qui habite le corps de Nicole Aubry, sans résultats. La jeune femme est toujours possédée par une entité démoniaque puissante qui se joue de tous.

 

 

Les exorcismes de Nicole Aubry

 

La jeune femme est confiée à Pierre Delamotte, un religieux jacobin et un grand exorciste. Ce dernier arrive à extorquer au démon qui habite le corps de Nicole Aubry son nom. Il s’agit de Belzébuth, l’un des 7 Princes des Enfers, le fondateur de l’Ordre de la Mouche, le premier en crime et en pouvoir après Satan. Il fut ordonné des prières, des jeûnes et des macérations pour sauver l’âme de la possédée. Un moine se fouetta même publiquement pour obtenir l’expulsion du démon. Bien sûr, cela ne fonctionna pas et Nicole Aubry était toujours possédée. Elle vociférait, se contorsionnait, parlait une langue inconnue, avait une force incroyable…


Dans un énième exorcisme, on fit communier la possédée, ce qui la rendit calme. Alors, un prêtre qui assistait à la cérémonie crut à la délivrance de la jeune femme. Or, c’était tout le contraire. Belzébuth était toujours dans le corps de la victime et fut même renforcé par 29 autres démons. Les membres de Nicole se paralysèrent. La pauvre femme restait figée dans une posture improbable et ne pouvait mouvoir ni les bras ni les jambes. Elle souffrait le martyre.

La jeune femme fut enfermée à Notre-Dame-de-Liesse où d’autres exorcismes éprouvants furent menés. Vingt-sept démons furent délogés de son corps. Mais, Belzébuth y restait toujours et réclamait un exorcisme avec l’évêque de Laon, Messire Jean Debourg.

L’évêque de Laon vint à Vervins exorciser la pauvre femme pendant trois mois consécutifs, sans repos, mais en vain. Ces exorcismes furent très éprouvants et pas moins de dix hommes furent nécessaires à chaque séance pour maintenir Nicole Aubry en proie à des crises violentes. Certains exorcismes étaient même pratiqués devant une foule entière de gens.

Durant ces séances, outre sa force extraordinaire, les personnes témoin des exorcismes purent noter que la possédée parlait plusieurs langues et avait un don de médiumnité.

Devant son impuissance à déloger les démons du corps de Nicole Aubry, l’évêque de Laon décida de faire venir la jeune fille à Laon pour l’exorciser dans la cathédrale.

 

 

La seconde partie des exorcismes

 

Lorsqu’elle arriva à Laon, Nicole Aubry était épuisée et mourante. On l’attacha solidement au centre de la cathédrale. Là, l’évêque l’exorcisa, devant plus de 10 000 spectateurs qui furent témoins de scènes étranges et dépassant tout entendement.

Nicole Aubry avait dans son corps toute une légion de démons qui se débattaient avec force et qui s’amusaient des gens venus contempler cette scène macabre.

Interpellés, le Parlement de Paris et l’Université de Paris envoyèrent des commissaires à Laon pour vérifier ce qu’il s’y passait. Au même moment, le nonce du pape arriva à Laon ce qui provoqua la colère des démons qui devinrent plus insolents que jamais et qui se mirent à insulter les exorcistes et l’évêque.

À force de persévérance et de prières, les prêtres, le nonce du pape et l’évêque réussirent à chasser les démons du corps de la pauvre femme. Ils délivrèrent Nicole Aubry de vingt-neuf démons, dont Belzébuth, Baltazo, Astaroth.

Après cette délivrance, Nicole Aubry était presque morte. L’évêque récita une prière sur sa tête et elle recouvra la santé.

Le roi Charles IX, qui se trouvait à Laon en août 1566, se fit rendre compte du miracle et ordonna à Nicole Aubry de venir lui parler. La jeune femme se rendit devant le roi et la reine Catherine de Médicis et le roi lui donna dix écus d’or.

 

 

En 1566, cette affaire fit grand bruit dans toute la France. Les exorcismes pratiqués sur la pauvre Nicole Aubry se passèrent devant de nombreux témoins. Son histoire fut même publiée par la Sorbonne en français, en latin, en espagnol, en italien et en allemand. Les phénomènes étranges dont fut victime la jeune femme ne peuvent s’expliquer par la science et la médecine. Cette affaire reste l’un des cas de possession démoniaque les plus terribles et les plus documentés de France. Que l’on y croie ou pas, certains phénomènes restent au-delà de toute compréhension.

 

 

Marie d’Ange

Pour en savoir plus

 

Découvrez aussi ce livre qui explique la possession démoniaque et qui donne des outils pour repousser le démon.

En broché :

En numérique (existe en PDF, e-Pub et Mobi)

 

 

 

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