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Le luciférisme, satanisme ou philosophie ?

Il est très difficile de cerner ce qu’est le luciférisme, car le luciférisme est abstrait et il y a autant de courants lucifériques qu’il y a de lucifériens. En effet, le luciférisme ne connaît pas de dogmes, de choses imposées. Certains le considèrent comme une religion, d’autres comme une philosophie. Pour ma part, je considère le luciférisme comme une branche du satanisme, car je le rappelle, Lucifer et Satan sont une même et unique entité. Mais, j’ai voulu en savoir plus le sujet.



 

 

Définition du luciférisme

Statue « Le Génie du Mal » du belge Guillaume Geffs, installée en 1848 dan sla charte de la cathédrale Saint-Paul.

 

Le luciférisme est une notion abstraite, considérée tantôt comme une religion avec ses rites et croyances imposés, tantôt comme une philosophie, une façon de vivre, un peu comme le satanisme de LaVeyen. Pour d’autres encore, ce sera un mélange des deux.

Dans le luciférisme, Lucifer peut être considéré comme un Dieu, comme un égrégore, comme une religion, rien n’est imposé. C’est ce que l’on retrouve dans le satanisme LaVeyen qui se définit comme étant une philosophie prônant l’ego et l’adoration de Satan. Et comme Lucifer est Satan, les deux courants se rejoignent. Il est faux de dire que l’on adore Lucifer et non Satan puisqu’en adorant Lucifer on adore Satan. Les deux entités n’en font qu’une, Satan est Lucifer et Lucifer est Satan. Lucifer était le premier archange créé par Dieu, qui se rebella et qui fut chassé. En se rebellant, on l’appela l’Adversaire, donc Satan.

Le luciférien considère Lucifer comme « Le porteur de lumière », une image symbolique de la connaissance, de l’illumination et de l’indépendance. Et ils se trompent fortement… On sait que certaines branches du luciférisme sont assez noires et flirtent volontiers avec le satanisme. D’ailleurs, le luciférisme c’est du satanisme déguisé. Certaines branches s’adonnent à des rites extrêmes et utilisent des ossements humains, de la chair humaine, du sang humain durant leurs rituels.

Le luciférisme est un courant littéraire peu connu, obscur, qui, contrairement au satanisme classique et au satanisme LaVeyen, ne se base sur aucun texte de référence. Ainsi, le luciférien est libre de pratiquer sa croyance comme il l’entend. Le luciférisme est un courant de pensée diffus et imprécis qui introduit Lucifer comme un « ange » de lumière, un symbole de connaissance se rebellant contre l’autorité.

 

 

La naissance du Luciférisme

 

Symbole luciférien

 

Le luciférisme est né d’une tradition littéraire cherchant à s’affranchir des conventions d’une société perçue comme oppressante. Encore une fois, on rejoint la pensée du satanisme Laveyen et celle du satanisme classique qui prônent la liberté individuelle et le rejet de la société.

L’un des plus importants précurseurs du luciférisme est John Milton et son œuvre poétique « Le Paradis Perdu ». Cette œuvre raconte la tentation qui mena Ève à manger le fruit de l’arbre de la connaissance, ce qui a provoqué la chute de l’Homme. Dans cette histoire, Milton met en scène Satan et le place au rang de héros. « Le Paradis Perdu » dresse le portrait de Dieu justifiant ses actes. Le poème décrit aussi la création de l’univers, de la terre et de l’humanité et explique l’origine du péché, de la mort et du Mal Absolu c’est-à-dire de Satan. Il aborde aussi des idées politiques de tyrannie, de liberté et de justice. Milton donne ses idées théologiques sur la prédestination, le libre arbitre et le salut. Enfin, Milton a été très influencé par la Bible, en particulier la Genèse, le livre de Job, les psaumes, le Nouveau Testament. Son œuvre a inspiré le mouvement romantique du début du XIXe siècle.

Le mythe populaire du docteur Faust et son pacte avec le Diable (représenté par Méphistophélès) ont aussi influencé le luciférisme. Dans cette œuvre, le docteur Faust signe un pacte avec le Diable afin d’obtenir des secrets alchimiques, ésotériques ou magiques. Cette version donnera le ton au romantisme allemand qu’est Goethe.

William Blake (1757-1827, artiste peintre anglais, graveur et poète préromantique) est le dernier précurseur du luciférisme et c’est lui qui inaugurera l’époque des Romantiques. William Blake a écrit de nombreuses œuvres poétiques d’inspiration chrétienne, mais très éloignées du dogme de l’Église. William Blake a écrit de nombreux poèmes, mais c’est celui intitulé « Le Mariage du Ciel et de l’Enfer » qui aura une influence sur le luciférisme. Ce poème aborde la réconciliation entre le bien et le mal et ouvre la voie au thème de la rédemption de Satan. D’où Lucifer qui se morfond et qui veut se faire pardonner en faisant le bien. C’est une des notions primordiales chez les lucifériens : Lucifer, donc Satan, est un ange du bien et souhaite se faire pardonner. Nous savons que tout ceci n’est que pure ineptie.

Dans ce courant d’idée, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont vu naître des auteurs exprimant leurs sentiments, leurs souffrances à travers leurs écrits. Le plus souvent, il s’agissait d’amour porté à une femme qui ne peut ou ne veut répondre de façon favorable aux avances ou de leurs états d’âme en choisissant des thématiques religieuses. Certains de ces auteurs, citons Lord Byron, Percy Shelley ou Hölderlin, se sont sentis comme Prométhée cruellement condamné par Zeus à un tourment éternel parce qu’il a apporté le feu (la lumière) aux hommes ou comme Satan/Lucifer rejeté de tous, car ayant apporté la connaissance aux hommes dans l’épisode biblique de la pomme d’Ève. D’ailleurs cette confusion entre Prométhée et Satan/Lucifer s’opère naturellement au fil des œuvres de ces auteurs. « Frankenstein » ou « Le Prométhée moderne » de Mary Shelley paru en 1818 ou encore « Les Fleurs du mal » de Charles Baudelaire paru en 1857, des œuvres où l’on voit clairement une pensée apparaître, une pensée désignée comme le « satanisme prométhéen » et qui désigne une exaltation du mal au sens philosophique du mal. Dans mon livre « L’influence de Satan dans l’histoire de l’humanité », j’aurais pu parler de l’influence de Satan sur ces auteurs. Cependant, cette pensée tombera vite dans l’oubli, car elle apparaîtra trop intellectuelle à cause de l’effervescence des idées politiques qui étoufferont cette pensée, notamment par l’apparition du socialisme, du marxisme.

D’un point de vue littéraire, c’est Victor Hugo qui ira le plus loin dans le thème du luciférisme, notamment dans son œuvre « La Fin de Satan », un poème épique inachevé et publié de manière posthume en 1886. Dans cette épopée, Victor Hugo se pose la question de la rédemption finale du mal, incarné par la prise de la Bastille. L’œuvre donnera le point final de cette tradition littéraire abordant le thème du mal porteur de lumière, du mal prométhéen nécessaire à l’homme pour son épanouissement. Victor Hugo abordera cette thématique, mais d’une manière moins évidente, à travers le personnage de Jean Valjean dans « Les Misérables ».

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, le luciférisme ne s’exprimera quasiment plus à travers des œuvres littéraires ou philosophiques. Face à l’influence politique de la pensée socialiste et l’influence intellectuelle des loges maçonniques, le luciférisme n’arrive plus à s’exprimer en Europe ou aux États-Unis. En Russie, on le retrouve notamment dans les œuvres de Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Cependant, certains vont reprendre les idées romantiques et les adapter à un courant ésotérique naissant. C’est le cas, notamment, d’Aleister Crowley (1875-1947, écrivain, poète, occultiste, tarologue et astrologue anglais) connu aussi sous le nom de Maître Therion, Frater Perdurabo ou The Great Beast 666.

Cependant, le luciférisme a quasiment disparu à partir de la fondation de l’Église de Satan en 1966 par Anton Lavey. Ce qui est normal, puisque le satanisme Laveyen ressemble au luciférisme dans ses idées. La parution de la Bible Satanique, qui ressemble au « Livre de la Loi » de Crowley focalise l’attention des médias qui y voient la résurgence d’un satanisme médiéval. Le satanisme Laveyen a pour principe de renverser les symboles liturgiques chrétiens et de procéder à des parodies rituelles, des messes noires mêlant le sexe et la magie.

 

 

Lucifer ou Satan

 

Pendentif sceau de Lucifer

 

Le sataniste ou le luciférien dira que ce sont Satan et Lucifer qui permettent de faire la différenciation entre les deux courants. Or, Satan et Lucifer sont une même et unique entité. Par conséquent, le satanisme et le luciférisme sont une unique et même chose.

Le luciférien dira que Lucifer représente le nom angélique de Satan, ou que Satan est le nom démoniaque de Lucifer. Et je suis d’accord avec lui ! Donc, adorer Satan c’est adorer Lucifer et vice versa.

Le nom Lucifer n’apparaît pas dans la tradition hébraïque et dans l’Ancien Testament. Un seul passage se rapporte à un être ou un « astre brillant » associé au roi de Babylone et non à Satan. En revanche, Lucifer apparaît au début du christianisme et désigne Jésus-Christ lui-même. C’était une hérésie qui fut vite rétablie en associant Lucifer au Diable. Et le Diable, c’est Satan !

Virgile (70 av. J.-C/ 19 av.J.-C., poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l’empereur Auguste) associe Lucifer à la planète Vénus. Pour le poète, Lucifer est un dieu mineur annonciateur de l’aube. Ce n’est pas un personnage associé au diable biblique, mais un personnage de type prométhéen apportant un savoir, une connaissance à l’humain.

Et c’est de là que vient toute la difficulté d’étudier le luciférisme, puisque dans le satanisme, Satan est employé comme celui qui apporte la connaissance. On retrouve cette figure surtout chez les romantiques et leurs héritiers. Donc, on voit bien que le luciférisme est bien une branche du satanisme. C’est une forme de satanisme déguisé.

 

 

Les principes du Luciférisme

 

Pentagramme satanique. On y retrouve le symbole luciférien.

 

Il est très difficile de définir la démarche luciférienne et d’établir précisément ses principes. Notons, cependant, quelques thèmes récurrents :

  • La célébration de la connaissance et du savoir qui permettent une meilleure compréhension du monde. Ceci est symbolisé par l’image de la lumière repoussant les ténèbres.
  • L’affranchissement de l’homme des dogmes religieux définis par les autorités religieuses.
  • La solidarité entre les hommes face à l’esclavage ou à l’arbitraire. Le luciférisme implique une égalité absolue entre les hommes, qui collaborent vers un même but. Sur le plan politique, le luciférisme peut aller jusqu’à prôner un certain anarchisme, l’idée de désobéissance civile.

 

Le luciférien dira qu’il appelle à la réflexion et à la tolérance dans une démarche philosophique personnelle. Ce qui ne colle pas avec l’idée d’anarchisme et de désobéissance civile.

Le luciférisme est une notion floue que chaque luciférien peut interpréter à sa guise. Certains considèrent le luciférisme comme une religion et place Lucifer au rang de divinité qu’ils adorent comme un ange de lumière. Pour eux, Lucifer doit libérer les hommes de la servitude de son Créateur.

D’autres placent Lucifer comme roi des Enfers, dominant même Satan. Comme Satan et Lucifer sont une même et unique entité, l’un ne peut dominer l’autre. Cette pensée de Lucifer dominant Satan semble découler de la définition donnée par Collin de Plancy dans son « Dictionnaire Infernal ». En effet, Collin de Plancy nous dit : « Lucifer, nom de l’esprit qui préside à l’orient, selon l’opinion des magiciens. Lucifer était invoqué le lundi, dans un cercle au milieu duquel était son nom. Il se contentait d’une souris pour prix de ses complaisances. On le prend souvent pour le roi des enfers, et, selon quelques démonomanes, il est supérieur à Satan. On dit qu’il est parfois facétieux, et qu’un de ses tours est de retirer les balais sur lesquels les sorcières vont au sabbat et de leur en donner sur les épaules ; ce que les sorcières de Moira, en Suède, ont attesté en 1672. Les mêmes sorcières ont affirmé qu’elles avaient vu au sabbat le même Lucifer en habit gris, avec des bas bleus et des culottes rouges, ornées de rubans. Lucifer commande aux Européens et aux Asiatiques. Il apparaît sous la forme et la figure du plus bel enfant. Quand il est en colère, il a le visage enflammé, mais cependant rien de monstrueux. C’est, selon quelques démonographes, le grand justicier des enfers. »

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec la définition de Collin de Plancy et cela sur plusieurs points que j’ai évoqué précédemment.

D’autres encore parlent d’un luciférisme orthodoxe, qui est un mouvement différent du satanisme pur et dur, qui confond Lucifer et Satan. Dans ce mouvement, Satan est le souverain des enfers et l’adversaire de Dieu, et Lucifer est l’archange déchu qui fait figure de Prométhée. Ce courant tend à disparaître, ses adeptes se tournent vers la Wicca dans un courant qui joue sur la dualité Lucifer/Lilith. Juste pour l’information, ce courant regroupe très peu d’adeptes et a été la cible d’enquêtes parlementaires en France. Les adeptes de cette forme de Wicca reconnaissent Dieu comme étant le Créateur de toutes choses. Dieu règne dans le ciel, mais ils estiment que cette création est imparfaite et voit ce Dieu judéo-chrétien comme un tyran intransigeant qui dicte sa volonté sans laisser de liberté aux hommes. Satan est vu comme la puissance destructrice, l’adversaire de Dieu et celui qui règne aux enfers. Lucifer est le plus bel archange créé par Dieu, mais qui s’est rebellé contre son créateur. De ce fait, il vient aider les hommes à se libérer de l’oppression de Dieu en leur donnant la connaissance.

 

 

Je terminerai cet article en disant que satanisme ou luciférisme, pour moi, cela revient au même. Étant donné que Satan et Lucifer sont une même entité, adorer l’un c’est adorer l’autre. Le satanisme prône le rejet total et violent des traditions hébraïques, chrétiennes et islamiques, alors que le luciférisme veut se montrer plus doux en rejetant simplement ces dogmes et en dénonçant les dérives de ces religions. Mais au final, le résultat est le même, puisque les deux courants tendent vers un même but, qui est l’anéantissement de l’humanité. Encore une fois, le diable peut prendre plusieurs visages pour mieux nous manipuler et nous berner.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin


 

 

 



 

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Satan et Lucifer dans l’histoire de l’humanité

J’adore l’histoire et avec la sortie du livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité », je n’ai pas résisté à écrire cet article qui retrace l’histoire de Lucifer et Satan dans l’histoire de l’humanité. Comment étaient perçues ces entités ? Comment cette perception a-t-elle évolué au fil du temps ?




 

Un bref rappel

 

LLucifer et Satan, un seul même être.

 

Dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables », j’expliquais que Lucifer et Satan étaient un seul démon. Revenons sur cette définition : dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges créés, le premier. Il était le chef de la milice céleste et détenait la connaissance. D’où son surnom d’ange des lumières. Mais, Lucifer se révolta contre son Créateur, car il voulait être au centre de la Création. Il n’avait pas saisi que Jésus-Christ était au centre de cette Création. Il le comprendra plus tard, lorsque Jésus-Christ le terrassera sur la Croix.

Lucifer entraîna dans sa révolte d’autres anges et archanges. L’archange Michel combattit contre lui et le chassa du paradis. Lucifer, vaincu, se réfugia aux enfers avec toute sa horde d’anges déchus. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie en hébreu, l’adversaire. Donc, Satan est l’adversaire de Dieu. Avant Lucifer, ange rayonnant, aujourd’hui Satan l’adversaire. Lucifer est, par conséquent, le nom angélique de Satan et Satan le nom démoniaque de Lucifer.

Satan est le diable et a on lui a attribué beaucoup de noms et surnom, comme le Malin, le prince du mensonge, le Mal Absolu, le Serpent, le Grand Séducteur, le Roi des Enfers, le Tentateur, le Maître des Enfers… Parfois même, on l’a confondu avec Léviathan, Asmodée, Bélial, Belzébuth…

On trouve beaucoup d’occurrences du diable et de Satan dans la Bible, mais le nom de Lucifer n’apparaît pas dans les Saintes-Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion.

Je me permets de vous donner quelques définitions bibliques du Diable :

 

Ézéchiel 28, 13-18

« Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d’onyx, de jaspe, de saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé.

Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi.

Par la grandeur de ton commerce, tu as été rempli de violence, et tu as péché ; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois. Par la multitude de tes iniquités, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore. »

Dans ce passage du Premier Testament, on comprend que l’on parle de Lucifer, celui qui a été couvert de diamants, le protecteur, mais qui, à cause de son orgueil, s’est rebellé, devenant l’adversaire et a été jeté en enfer.

 

Apocalypse 12, 7 – 9

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

Quel merveilleux passage ! Ici, on nous décrit le combat de l’archange Michel contre Satan. Remarquez que l’on nomme Satan « le dragon » et que ce dernier est précipité sur terre.

 

 

 

Que dit la Bible

 

Le combat entre le bien et le mal est avant tout un combat spirituel.

 

Dans l’Ancien Testament, le mot « satan » ne désigne pas une personne définie, mais plutôt quelqu’un qui se pose en adversaire de quelqu’un d’autre. Le satan désigne aussi celui qui exerce au tribunal le rôle d’accusateur, comme nous pouvons le constater dans ce psaume où un homme faussement accusé demande à Dieu de punir ceux qui lui ont causé du tort : « Tel soit, de par le Seigneur, le salaire de mes accusateurs (mes satans) qui profèrent le mal contre moi. […] Qu’ils soient vêtus d’infamie, ceux qui m’accusent, enveloppés de leur honte comme d’un manteau ! » (Ps 109,20 .29).

Il faut attendre le livre de Job et le livre de Zacharie pour que Satan apparaisse comme un être surnaturel doté de pouvoirs. D’ailleurs, il est intéressant de constater que le Premier Testament fait preuve de beaucoup de sobriété dans la présentation de Satan, afin d’éviter de tomber dans les pièges d’un dualisme qui existait chez les peuples environnants. Ce dualisme consisterait à faire de Satan un être divin, égal à Dieu et représentant les forces du mal. Or, on préfère parler de Satan comme d’un ange de la cour céleste qui joue le rôle de l’accusateur dans les tribunaux. Il serait donc Lucifer œuvrant pour faire respecter la justice sur terre. Mais, on distingue déjà dans le livre de Job une volonté hostile contre l’homme et sa justice et l’on remarque que Satan s’oppose à Dieu : « il ne croit pas à l’amour désintéressé » (Jb 1,9) ; « sans être un “tentateur”, il s’attend à ce que Job succombe ; secrètement, il le désire, et l’on sent qu’il s’en réjouirait » (col. 1196).

La Bible pose la question de l’origine du mal dans le livre de la Genèse. Depuis que l’homme existe, le mal existe. Il prend des formes très diversifiées. Dans la Genèse, le mal apparaît sous la forme d’un serpent tentateur, dont l’habileté et la connaissance dépassent celles de l’être humain. Plus tard, ce serpent prendra le nom du diable, celui qui, selon le mot grec diabolos, « se jette en travers du chemin que l’homme parcourt sur terre » (Sg 2,23). Le diable séduit l’être humain, l’incite à renier Dieu, le tente, l’éloigne de la lumière de Dieu. Ainsi, le diable se comporte comme un adversaire de Dieu qui a pour but de noircir les âmes des hommes.

Le salut consiste à libérer les êtres humains de cette emprise diabolique, par la prière, la repentance, la piété… Et ce fut le dessein de Jésus-Christ : libérer les hommes de l’emprise de Satan. En effet, les Évangiles présentent la vie publique de Jésus, qui commence par la tentation dans le désert, comme un combat contre Satan. Dans le désert, Jésus affronte son Adversaire face à face et le terrasse. Puis, Il le combat dans la vie des êtres humains, en montrant comment le chasser des démoniaques (ceux qui sont possédés), mais aussi en redonnant la foi aux pécheurs et à tous ceux qui s’opposent à Lui. Jésus-Christ a changé l’histoire de l’humanité d’une manière extraordinaire ! Cette lutte acharnée entre le Christ et Satan sera à son paroxysme au moment de la Passion où le Christ vaincra les péchés du monde et la mort par la seule force de l’amour et de l’obéissance à la volonté de Dieu. Jésus-Christ a vaincu Satan au pied de la Croix. Il a sauvé l’humanité et nous a délivré un message formidable, qui est celui de chasser le démon en son nom. C’est ce que réalisent les exorcistes et c’est ce que chacun devrait faire pour ne pas être tenter par le démon, pour ne pas subir ses assauts.

Les hommes sont confrontés tous les jours à Satan l’Adversaire qui tentera toujours et sans relâche d’arracher la semence de la Parole dans le cœur des hommes. Satan demande à l’homme de renier sa condition de Fils de Dieu, comme il l’a fait avec Jésus dans le désert. Jésus-Christ nous a montré comment le repousser. À nous d’invoquer son nom pour avoir la force de le combattre. La seule arme que nous avons contre Satan, comme nous l’a enseigné Jésus, est l’amour de Dieu et de son prochain.

 

 

 

L’histoire de Satan et de Lucifer

 

Illustration de Gustave Doré

 

Les premiers chrétiens, dont les apôtres, ont propagé la Parole du Christ. Pendant les premiers siècles du christianisme, les chrétiens appelaient Jésus Lucifer, c’est-à-dire le porteur de lumière. Et en ce sens, ils avaient raison, Jésus apportait la lumière divine, mais il ne pouvait pas être Lucifer, puisque Lucifer est le premier archange créé par Dieu et celui qui s’est rebellé devenant ainsi l’Adversaire.

Ce n’est qu’à partir du Moyen-Âge, que Lucifer désignera un démon.

On a vu, dans le livre de la Genèse, que Satan est appelé le Serpent ou le Tentateur. Les noms Satan et Lucifer n’apparaissent à aucun moment.

Dans le livre d’Isaïe, on trouve ce passage :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! … Toi qui disais dans ton cœur :

“J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées…

Je serai l’égal du Très-Haut ! …»

Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. » (Is 14, 12 – 15)

Origène fut le premier à considérer que ce passage parle de Lucifer (l’Astre du matin) et de sa chute dans les profondeurs de l’abîme par orgueil, pour avoir voulu être l’égal de Dieu. Et c’est cette déchéance qui a permis à Lucifer de devenir Satan, l’Accusateur, le Serpent, le Tentateur, le Malin… donc le Diable.

Tertulien, saint Cyprien, saint Ambroise (les premiers grands exorcistes) ont approuvé ce point de vue. Ainsi, le Diable est entré dans la théologie et donc dans la Genèse après les premiers textes chrétiens, c’est-à-dire les Évangiles, en se basant d’un texte hébraïque.

Les commentateurs des textes bibliques modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme. D’autres exégètes ont vu dans ce texte la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. À chacun donc sa traduction. Pour ma part, j’adhère à la première.

Les premiers chrétiens étaient des exorcistes et chassaient le démon devant eux comme Jésus-Christ leur avait enseigné. Puis, l’Église a nommé les prêtres-exorcistes réglementant ainsi les exorcismes. Le diable était chassé. Il n’y avait pas de diabolisation. Les païens demandaient de l’aide aux chrétiens qui se montraient charitables. Il n’y avait pas de persécution.

Mais, Satan, à force de tentations, a réussi le prodige de renverser la situation. Cela s’est mis en place doucement au Moyen-Âge pour arriver à nos jours à ne plus croire au diable, à l’athéisme en masse… Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui demandent de l’aide aux païens (mages, sorciers…) et non l’inverse, car ils ne trouvent plus de réconfort auprès de l’Église.

Le véritable triomphe du Diable est intervenu au Moyen-Âge. C’est à cette époque qu’est posé le dogme de son existence. Son existence est érigée au rang de la Vérité révélée. Ce dogme de la foi catholique affirme que suite à sa déchéance, Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable.

Ce dogme intervient à une période particulièrement trouble, obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes (épidémies, famines, guerres, massacres, mouvements climatiques). Ces catastrophes sont souvent présentées comme l’œuvre du Diable. C’est aussi à la même période que l’on commence à tout diaboliser et que l’on voit le Diable partout. Mais on ne diabolise pas dans le but de délivrer, mais plutôt pour persécuter, comme ce fut le cas pour l’inquisition.

Puis, la théologie va se diviser en une théodicée, avec d’un côté, l’étude de Dieu et de l’autre côté, la démonologie avec l’étude du Diable. Je pense que cela fut une grosse erreur, puisque l’un ne va pas sans l’autre et vice versa. Il faut une grande connaissance dans les textes bibliques pour comprendre la démonologie, comme il faut une connaissance en démonologie pour comprendre les textes bibliques et chasser le démon.

Petit à petit, les mentalités vont évoluer et devenir laïques. Pendant les réformes luthériennes, le monde, déjà devenu laïc, est en pleine crise religieuse. Les grandes confessions (catholiques, protestantes…) se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Les protestants et les catholiques jouent à enchérir le Diable et définissent de plus en plus nettement le démon comme un être capable d’intervenir dans tous les actes de l’existence. Ils en font trop. Ils valorisent même l’idée, apparue à la fin du Moyen-Âge, de la sorcellerie. Les démonologues se mettent à dresser des portraits horribles sur ces femmes qui s’adonnent à Satan lors d’orgies interminables, de longues copulations avec des boucs… Le Sabbat est décrit précisément comme un culte tenu secret où se réunissent des adeptes du démon pour faire le plus de mal possible autour d’eux. C’est la transcription de fantasmes à propos d’une secte démoniaque, d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne et qui se réunissent dans des lieux secrets pour pratiquer un culte particulier, le SABBAT, et pour faire le plus de mal possible autour d’eux. Et c’est ainsi que l’on arrive aux épisodes des chasses aux sorcières… À force de tout diaboliser, on trouve le Diable partout ! Satan a donc réussi son pari de diffuser une idée de haine dans le monde, de plonger l’humanité dans la folie, de faire perpétrer des massacres violents. Il a toujours été présent tout au long de l’histoire de l’humanité. On peut sentir très nettement sa présence au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors du génocide du Rwanda… c’est-à-dire dès qu’il y a une augmentation des péchés en masse.

Les premières représentations du démon sont apparues au XIe siècle, avec les premières représentations des exorcistes. Pour le dessiner, on a utilisé l’image de Pan, une ancienne divinité païenne. Ainsi, le Diable a pris l’apparence d’un bouc, avec tout son attirail, les sabots, les cornes, la mauvaise odeur…

On pourrait croire que les chrétiens ont l’exclusivité du Diable. Il n’en est rien. Le Diable n’est pas une spécialité chrétienne. Il existe dans les autres religions sous différents noms. Il est Mâra qui tenta Bouddha, il est Belzébuth ou Baalzebub chez les Philistins, il est Ham Shatan chez les Hébreux, il est Ahriman, la divinité du Mal chez les Perses, il est Iblis qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, il est Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

En fait, le Diable est tout cela à la fois. C’est toujours le même ! Il s’adapte aux croyances, aux mentalités et c’est ainsi qu’il arrive à s’immiscer dans l’histoire de l’humanité et à provoquer des guerres, des catastrophes, à faire naître la haine… D’ailleurs, on peut s’apercevoir que tous ces diables ont des traits communs : ils symbolisent ou personnifient tous le mal, ils s’opposent tous à Dieu ou à une autre divinité. D’ailleurs, les termes que l’on emploie pour le personnifier sont clairs. Satan est le séducteur, le tentateur, le menteur, le malfaisant, le mauvais, le malin, l’accusateur, l’adversaire, l’ennemi… C’est lui la Bête de l’Apocalypse. C’est lui notre seul ennemi, celui qui peut prendre plusieurs visages pour mieux nous tromper.

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin




 

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Les sectes sataniques, réalité ou fiction

À l’abri des regards, dans une pièce sombre transformée en église satanique, au moment où vous lisez ces lignes, des personnes sont réunies et vouent un culte à Satan. Leurs activités occultes sont diverses, mais la pire reste le meurtre au nom de Satan. Les sectes sataniques se développent dans le monde entier. Elles sont nombreuses et prennent différents noms pour mieux nous perdre. Les sectes sataniques sont une réalité, une réalité dangereuse.




 

Les sectes sataniques

 

Une messe satanique

 

Ici, vous entendrez parler de sociétés secrètes, comme la franc-maçonnerie, la Rose-Croix, les Illuminati… Nous ne connaissons pas grand-chose sur ces sociétés et il est difficile de démêler la vérité du faux. Ce que nous savons, c’est qu’elles sont sataniques, car elles prônent l’inhumanité, le pouvoir et la richesse et bien sûr, toutes les déviances sexuelles, comme la pédophilie. Ce sont des sujets sensibles.

Notre monde actuel, dirigé par ces sociétés secrètes, prône l’athéisme en masse, la pratique de l’ésotérisme, de l’occultisme et du spiritisme. Ces pratiques sont à la mode et beaucoup de jeunes s’y adonnent sans connaître les dangers encourus. Elles sont un moyen de recruter des adeptes. Bien sûr, dans ces domaines, il existe de nombreux charlatans, mais même eux, en pratiquant de la magie, en cherchant à s’enrichir sur le dos de ceux qui souffrent, ils deviennent des disciples de Satan.

Les sociétés sataniques existent et leur but est d’aveugler l’humanité sur la présence de Dieu. Les membres de ces sociétés secrètes sont des hommes, des femmes en apparence bien sous tout rapport, venant de milieux socioculturels et professionnels diversifiés. Ces hommes et ces femmes vouent un culte à Satan, font des rituels sataniques, s’adonnent à des orgies, réalisent des sacrifices, parfois humains… Certains rejoignent ces groupes pour assouvir leurs pulsions sexuelles, notamment pédophiles.

Ces personnes entraînent d’autres personnes, surtout les jeunes, à s’adonner à la magie, à l’occultisme. Les adolescents prennent cela pour un jeu. Or, la magie n’est pas un jeu ! Différents troubles tourmentent ceux qui s’y intéressent, comme la dépression, la paranoïa, des maux physiques que la médecine ne peut soulager. Certains aussi sombrent dans la schizophrénie. La magie attire parce que de prime abord, cela semble anodin et amusant. Ensuite, on expérimente des choses excitantes et l’on finit par se lier à Satan. L’effet euphorisant est temporaire, car très vite, on va ressentir de l’angoisse.

Les sectes sataniques sont en plein essor. On n’en parle pas, cela reste secret. Et pourtant des millions de personnes, dans le monde entier, se réunissent dans des endroits glauques et lugubres, devant un autel où trône une statue de Satan ou d’une autre divinité, un pentacle, une croix inversée. Il existe même des discothèques pour satanistes dans lesquelles on passe de la musique satanique et où l’on pratique des orgies. Les clubs fétichistes, les clubs échangistes sont aussi liés aux sectes sataniques.

Il existe différentes formes de satanisme, dont le satanisme de LaVey, le luciférisme, le satanisme théiste… Il y en a pour tous les goûts ! Ces sectes prônent la liberté, le refus de la société, la débauche… et le meurtre ! Et des francs-maçons, des illuminati… dirigent toutes ces sectes !

Le satanisme est un phénomène que l’on ne peut nier. Tous les jours, dans les journaux, nous lisons des faits divers effrayants. Mais l’on ne nous dit jamais clairement qu’il s’agit de meurtres perpétrés dans le cas d’un sacrifice satanique ; on laisse le lecteur dans le doute, comme si les médias sont complices des sectes sataniques, de la franc-maçonnerie, des illuminati… Et franchement, je pense de plus en plus qu’ils le sont.

Voici quelques exemples d’articles dans les journaux concernant le satanisme :

L’ouverture d’un procès pour meurtres d’enfants dans des rituels sataniques, Rio de Janeiro, 28 août 2003 (AFP) :

« Le procès de cinq personnes accusées d’avoir torturé, castré et assassiné cinq enfants de 8 à 13 ans dans des rituels de magie noire à Altamira, une ville d’Amazonie, vient de s’ouvrir avec treize ans de retard. Le secrétaire spécial pour les droits de l’Homme, Nilmario Miranda, a déploré jeudi que la justice ne soit que “partielle” puisqu’une seule des sept enquêtes ouvertes sur les crimes commis entre 1989 et 1993 sur 19 enfants avait donné des résultats et permis de traduire les présumés coupables en justice. Les cinq accusés dont la dirigeante d’une secte, Valentina de Andrade, 75 ans, ont réussi pendant toutes ces années à entraver les enquêtes par un trafic d’influence, en faisant disparaître des preuves et en intimidant les victimes. La dirigeante de la secte et deux médecins ayant pratiqué les émasculations seront jugés à partir de mardi prochain ».

Article paru dans le journal « Le Matin » paru le 25 juillet 2001 : « Après le saccage d’un cimetière à Lucerne, la police a arrêté 6 personnes. Ces déprédations de plus de 90 tombes ne sont pas des actes isolés. Il s’agirait plutôt d’une descente aux enfers. En effet, ces actes font suite à une série de 9 profanations satanistes depuis 1997 en Suisse. »

Article paru dans le journal « Le Courrier » du 18 mai 2001 : « L’assassin du curé de Kingersheim (Alsace) a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Il invoquait une “pulsion satanique”. L’expert chargé d’étudier son cas a estimé que ses fréquentations avaient pu susciter une “émulation préjudiciable”… Il s’est par ailleurs inquiété de la banalisation de la mort que véhiculaient certains médias et certains groupes de musique “black metal”. »

Voici des exemples parmi un nombre qui ne cesse de croître de « faits divers » qui se produisent au milieu des sociétés sataniques ; aujourd’hui, ils sont portés à la connaissance du grand public qui continue à nier le phénomène. Dans notre monde cartésien, l’on ne croit plus à l’existence du Diable ; on minimise les faits en préférant parler de déséquilibrés mentaux. Or, le satanisme est une réalité, le démon est une réalité, et le satanisme tue.

 

 

 

Un peu d’histoire

 

Brite Aleister Crowley portant un chapeau où il est représenté le symbole des illuminati.

 

Le « père du satanisme moderne » est l’anglais Brite Aleister Crowley (1875 – 1947). Enfant déjà, il se comportait d’une manière anti-chrétienne. Très vite, il se joignit à un groupe occulte et se fit appeler frère Perdurabo. Le changement de nom est une pratique courante chez les satanistes. Cette habitude permet de brouiller les pistes et de rendre les recherches plus difficiles.

Crowley prône le refus radical du christianisme, la priorité absolue au moi et l’usage de la magie pour sa propre satisfaction, y compris sexuelle. C’est le satanisme moderne. Crowley se considérait comme l’incarnation de Satan et se faisait surnommer « La grande Bête ».

On doit la première formation d’un mouvement concret, l’Église de Satan, à Anton LaVey. C’est lui qui a fondé le satanisme LaVeyen (voir article). Il érigea donc la première Église de Satan et écrivit la Bible Satanique ainsi que différents ouvrages comme la « Déclaration de Foi du Satanisme » pour les adeptes qui voulaient être initiés.

On comprend que le satanisme prône la liberté. Or dans le satanisme, il y a des règles à respecter. Le sataniste n’est pas libre, il croit être libre. Il doit obéir à une certaine hiérarchie, se plier à des rites et surtout, on lui défend de quitter la secte.

 

 

 

Les différents groupes de satanisme

 

Les illuminati se regroupent pour s’adonner à des rituels sataniues.

 

Il existe beaucoup de groupes différents de satanisme. Pour faire court, je vais vous en présenter deux.

  • Le Neo-Satanisme occulte

Ici sont regroupées toutes les églises de Satan qui s’organisent autour des adorateurs du Diable et qui se sont développées à partir du satanisme LaVeyen et de la doctrine de Crowley. Les membres de ces groupes vénèrent Satan et pratiquent des rituels sataniques. Les satanistes tiennent ces séances secrètes et ne sont pas identifiables dans leur vie privée. Ils n’affichent pas de signes distinctifs, ils travaillent, font leur course, mènent une existence normale aux yeux des autres, de la famille, des voisins, des amis. Ces groupes se sont surtout développés aux États-Unis, en Afrique du Sud et maintenant en Europe où elles gagnent du terrain.

  • Le satanisme syncrétique des jeunes

Le mot syncrétisme signifie une combinaison de doctrines et de religions non cohérentes entre elles.

Le satanisme syncrétique est surtout un satanisme « fait maison » comportant un mélange de pratiques magiques et occultes des plus variées. Les jeunes sont très friands de satanisme syncrétique.

Il existe des cercles fermés pratiquant ce genre de satanisme où l’entrée se fait grâce à des épreuves. Ces tests consistent en l’évocation des esprits par le spiritisme, le pendule… ou par un mouvement de protestation contre la société ou encore en écoutant certains types musiques.

 

 

 

Le recrutement des membres

 

Le lavage des cerveaux.

 

Un adolescent mal dans sa peau, incompris, ne trouvant aucun réconfort auprès de sa famille, peut facilement tomber dans les pièges tendus par les satanistes. Le satanisme attirera ce jeune, car il lui promet une façon de vivre selon ses propres désirs, surtout sexuels. Mais aussi par curiosité, par recherche d’une sécurité d’appartenir à un groupe qui lui ressemble, par l’impression de ne plus être seul, par la recherche d’une identité, par goût de l’aventure et le goût de réaliser de nouvelles expériences.

Le recrutement peut aussi se faire au moyen de la musique.

Les moyens de recrutement sont nombreux et variés. Au début, les satanistes vont montrer aux jeunes qu’ils sont libres, qu’ils peuvent se révolter contre la société, qu’ils appartiennent à un groupe soudé… Mais tout n’est qu’illusion !

 

 

 

Les satanistes

 

Les vrais responsables de la propagation rapide de l’idéologie satanique ne se trouvent pas seulement au sein des groupes sataniques, mais aussi au sein d’hommes et de femmes qui diffusent cette idéologie en se servant des médias, de la télévision, du cinéma, des publicités… Ces hommes et ces femmes appartiennent aux sociétés secrètes dont je vous ai parlé plus haut. Ils dirigent le cinéma, les médias, les publicités, la culture, la musique… Ils nous mettent en tête des idées fausses propagées par matraquage médiatique, publicitaire… Ils nous mettent en tête des idées sataniques… Ils inversent les valeurs morales, détruisent la famille et diffusent une culture mortifère.

On trouve toujours plus de films à caractère occulte. Même dans les dessins animés destinés aux enfants, on montre à nos petites têtes blondes comme c’est génial et amusant de pratiquer de la magie ! Des magazines pour adolescents, comme Bravo ou Bravo Girl… jouent aussi un rôle dans la diffusion des idées sataniques. Sans parler des artistes !

Dans le magazine Bravo, on trouve des articles aux noms révélateurs : « Comment recevoir votre message de l’Au-delà », « Le pendule dit la vérité » ou encore « Cours accéléré pour apprendre la signification des cartes ».

Depuis les années 60, la culture occulte et satanique fait partie intégrante de la musique connue, des tubes écoutés en boucle à la radio.

Mais parmi les méthodes de séduction les plus efficaces chez les jeunes, on trouve les fameux jeux de rôle où l’adolescent se met dans la peau d’un personnage qui possède des pouvoirs magiques. Je pense notamment au jeu « Fantasy ». Il en existe bien d’autres ! Et l’on présente ces jeux comme une occupation innocente, ce qui est encore plus dangereux. D’ailleurs, dans le jeu de rôles Fantasy, Gary Gygax, l’un des pères des jeux de rôles, recommande que toutes les formules de magie et sortilèges se trouvant dans le jeu doivent être prononcées à hautes voix. Ainsi, les puissances sataniques sont présentes et peuvent attaquer !

 

 

 

Les dangers du satanisme

 

Bahomet et le logo de la Franc-maçonnerie. On y retrouve le serpent enroulé sur le bâton.

 

Les conséquences d’être en contact avec une secte satanique ou des satanistes ou d’adhérer à certaines idées sataniques, de pratiquer des rituels, de la magie, ne sont pas à prendre à la légère. Ces conséquences dépendent de l’intensité des liens avec le domaine occulte. Ces liens peuvent entraîner différents maux comme :

  • L’isolement social

Qui part à la recherche de cette pseudo-liberté qu’offre le satanisme tombe obligatoirement dans les griffes de Satan et s’isole des autres, de ses parents, de sa famille, de ses amis… Dans le satanisme, la communion n’existe pas. C’est le chacun pour soi. L’amour, l’amitié, la faiblesse ne sont pas autorisés. Du coup, le sataniste se cloître et n’arrive plus à communiquer avec les autres.

  • Les perturbations psychiques et corporelles

Toutes les victimes de Satan parlent de sentiments de peur, de cauchemars, de visions effrayantes… Sans parler de ceux qui ont subi des abus sexuels lors de rituels et qui gardent des séquelles psychologiques indélébiles ainsi que de graves séquelles physiques. Car, on ne peut le nier, dans les rites sataniques, il y a des abus psychiques, physiques et sexuels.

  • Liaisons occultes et possession

C’est le dernier stade. Ici, le sataniste se retrouve incapable de se libérer des forces occultes qui le contrôlent. Il devient, alors, incapable d’aimer, de construire un foyer, d’éprouver du plaisir. Il est en proie à de douloureux maux, à des visions effrayantes, ressent le besoin de se faire mal et de faire mal aux autres. C’est la possession démoniaque. Il lui devient impossible de quitter le milieu satanique. Le seul moyen de ne plus souffrir est le suicide.

Peu de personnes réussissent à quitter une secte satanique. Cela demande un effort considérable. En plus, les membres jouent sur l’intimidation et n’hésitent pas à proférer des menaces de mort. Mais pour celui qui y parvient, il doit se convertir, revenir à Jésus-Christ, brûler tous les objets en rapport avec le satanisme. On conseille un changement de cadre de vie afin de mettre le plus de distance possible avec les autres satanistes.

 

 

 

Les signes qui doivent attirer l’attention

 

Si une personne commence à manifester du mépris pour le christianisme alors qu’elle était croyante ou qu’elle n’y prêtait pas d’attention particulière, cela peut être un signe. S’ajoutent d’autres signes distinctifs, comme un vif intérêt pour les films occultes, pour les livres de magie, pour certains jeux de rôles, pour la magie, les jeux de tarots, l’horoscope… On peut aussi trouver des signes occultes chez la personne pratiquant le satanisme, comme porter une croix inversée, un pentagone ou se graver sur la peau le nombre 666.

Le sataniste parle souvent en vers et est capable de prononcer des phrases à l’envers. Il écoute de la musique satanique, surtout des groupes de Heavy Metal. Leurs ongles sont longs et parfois laqués de noirs. Mais, tous les satanistes n’ont pas les ongles longs. Ils s’habillent de vêtements sombres la plupart du temps. Ils s’isolent de leur famille, leur comportement se modifie, ressentent des peurs incontrôlables, cauchemardent la nuit et surtout, ils possèdent la bible satanique de LaVey.

L’un ou plusieurs de ses signes doivent nous rendre vigilants.

 

 

Le satanisme est une réalité. Le satanisme est dangereux, car il entraîne vers la désolation. Les rites sataniques sont sanguinaires. Parfois, des enfants sont sacrifiés sur l’autel de Satan. Tout cela existe, l’on connaît les risques, mais tout le monde ferme les yeux sur cette réalité. Je vous demande, chers lecteurs, de rester vigilant, ne vous faites pas abuser par de belles paroles. Fuyez Satan, fuyez ses adeptes !

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin




 

Sources : info-sectes.org, documystère. com

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L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité

Tous les hommes, tous les peuples, d’avant et d’aujourd’hui, ont tous été ou sont plongés dans la lutte du bien contre le mal et cela qu’on le veuille ou non. Et si l’on se penche sur l’histoire de l’humanité, sur les guerres qui ont ravagé notre si belle planète, sur les génocides, sur les doctrines qui ont engendré des pensées destructrices… on ne peut que se dire que le Mal Absolu, le démon a influencé l’histoire. Aujourd’hui, dans ce monde où l’on ne croit plus en rien, cette vérité se confirme. Le pouvoir de Satan s’est fait sentir à plusieurs reprises au cours de l’histoire de l’humanité. Au moins du point de vue de la communauté et des péchés de masse. En voici quelques exemples.




 

La décadence de l’Empire romain

 

Les Romains de la décadence, peinture académique de Thomas Couture, 1847

 

La chute de l’Empire romain d’Occident est l’évènement le plus intéressant et le plus important de l’histoire du monde. Depuis Pétrarque, cet évènement n’a jamais cessé de susciter l’intérêt des historiens et des lettrés et pour cause. Les humanistes de la Renaissance découvrirent l’Antiquité romaine à partir de textes littéraires et d’œuvres d’art exhumées du sol d’Italie. Ils furent les premiers à se demander comment une civilisation aussi éclatante a pu disparaître et surtout pourquoi ?

Plusieurs théories ont été échafaudées, aujourd’hui encore, pour expliquer ce déclin. Je ne suis pas historienne, mais j’ai ma théorie, celle de l’empire décadent. Je soutiens la théorie selon laquelle l’Empire romain aurait survécu indéfiniment si une combinaison de circonstances ne l’avait pas conduit à sa chute, combinaison orchestrée par le démon : des politiciens gangrénés par l’argent et le pouvoir, une dépravation des mœurs, une immoralité des actes…

C’était vraiment le temps de la décadence, le temps des pots-de-vin, le temps des orgies, le temps des politiciens véreux et d’un peuple opprimé par ces mœurs douteuses. Ce fut aussi le temps des changements climatiques (périodes de grande sécheresse) et des maladies (épidémies de peste bubonique et de la malaria). Et je ne peux que me dire que le démon est derrière tout cela. C’est son mode opératoire. Il a corrompu les politiciens, il a corrompu les valeurs morales et tout a dégringolé, entraînant la famine et les maladies. Il y a eu un vrai déclin moral.

Edward Gibbon (1737/1794), historien anglais, plaça ce drame sur une perte des vertus civiques des citoyens romains qui, se croyants invincibles, ont oublié leur devoir de défense de l’Empire face aux mercenaires barbares. Il considérait aussi que le développement de la chrétienté dans cette région a contribué à ce déclin. Or, l’Empire de l’Est, qui était de loin l’empire le plus chrétien de l’Europe, a connu un vrai succès et n’est pas disparu. Il disparaît peu à peu, mais il est toujours là.  

Bury soutient qu’un nombre d’évènements survinrent simultanément : déclin économique, expansion germanique, dépopulation de l’Italie, dépendance reposant sur les foederati germains pour l’armée, la trahison désastreuse de Stilicon, la perte de la vertu martiale, le meurtre d’Aetius, le manque d’un meneur pour le remplacer plus une série d’infortunes ont eu raison de l’Empire romain.

Dans cette théorie, le déclin et la chute de Rome n’étaient pas prédestinés. C’est une série d’évènements contingents qui pouvaient être résolus séparément, mais qui réunis ont été destructeurs.

Et c’est bien là où je veux en venir. Le démon attaque toujours sur plusieurs fronts. En corrompant les politiciens, en poussant Stilicon à trahir son pays, en poussant au meurtre d’Aetius, en poussant les gens aux orgies, en poussant les gens à se pervertir dans le luxe et l’argent… Satan a provoqué le déclin de l’Empire romain.

Je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec moi, mais regardez bien, étudiez les faits du passé et vous verrez que cela peut nous en apprendre beaucoup sur le déclin de notre civilisation, car nous vivons exactement la même chose : politiciens véreux, une politique désastreuse, corruption, diminution des valeurs morales, pollution entraînant un changement climatique…

 

 

 

Karl Marx et la pensée du matérialisme et du communisme

 

Karl Marx

 

Qu’est-ce que le matérialisme ?

Le matérialisme est une conception philosophique qui soutient que la seule chose pouvant être considérée comme existante est la matière, que toute chose est composée de matière et que tout phénomène est le résultat d’interactions matérielles.

Aujourd’hui, le matérialisme est étroitement lié au physicalisme (tout se base sur les découvertes des sciences physiques, comme l’énergie, les champs de forces…). Le matérialisme s’oppose vivement à l’idéalisme et la spiritualité. Et c’est ce qui est dangereux. Le matérialisme ne reconnaît pas qu’il puisse y avoir des forces qui ne peuvent être expliquées par la science et qui pourtant sont bien présentes. Je pense notamment aux démons et aux anges.

Et c’est Karl Marx qui instaura le concept du matérialisme. Inutile de présenter ce philosophe du XIX siècle, je pense que tout le monde en a déjà entendu parler.

Karl Marx nous a donné ce que l’on appelle le marxisme, qui est un courant de pensée politique, sociologique et économique reposant sur la participation au mouvement réel de la lutte des classes, afin d’arriver à une société sans classes. Karl Marx considérait que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Karl Marx militait pour le projet révolutionnaire communiste, c’est-à-dire une société débarrassée du salariat, du capitalisme, des classes sociales, des États et des frontières. Tout comme le capitalisme est mauvais, le communiste est tout aussi destructeur, car dans les deux cas, il n’y a aucune place pour la spiritualité et pour l’individu en tant qu’être vivant qui souffre, qui connaît la douleur et la peine. On fait abstraction de l’être humain qui devient un être régi par les sciences physiques, un robot, sans envies, sans pensées.

Que ce soit le capitalisme, le communisme, le matérialisme, toutes ces idées ont été inventées pour asservir un peuple. Ici, je parle du communisme, mais cela est d’autant plus vrai pour le capitalisme. Ces idées sont destructrices pour l’homme et engendrent une misère morale et un asservissement de l’homme par les plus riches. Ces idées ne peuvent qu’être que celles de Satan. C’est lui qui est derrière tout cela, c’est lui qui tire les ficelles. Et dans ces conceptions de la vie, qui régit aussi bien le domaine du travail que le domaine familial ou le domaine personnel, l’homme est esclave d’un système. Et celui qui tire les ficelles, c’est Satan à travers des hommes tels que Karl Marx.

 

 

Hitler

 

Dachau, le premier camp de concentration constitué.

 

Là encore, il est inutile de vous présenter ce personnage qui est celui qui représente le mieux le concept de péchés en masse.

C’est lui qui mit en place le régime de la dictature, qui mit en place le régime nazisme, qui tua des millions de juifs et d’autres pour une idéologie meurtrière, sanguinaire, immorale et surtout satanique. Rien ne représente plus Satan que ce personnage !

C’était un personnage charismatique suivi de millions de personnes qui répondaient à ses ordres sans sourciller, qui tuaient au nom d’Hitler, qui se livraient à des actes d’une barbarie atroce au nom du nazisme, le tout sans avoir de remords, le tout comme si tout cela était normal. Une véritable atrocité.

Comment se fait-il que Hitler ait pu se montrer aussi charismatique, aussi diabolique, aussi pervers ? Beaucoup de personnes ont adhéré à son idéologie sans jamais la remettre en question. Beaucoup de personnes ont tué au nom de cette idéologie tout en étant persuadées que c’est ainsi qu’il fallait agir, sans se demander si cela était bien ou mal.

Tout cela ne peut s’expliquer que par le diable. C’était Satan qui tirait les ficelles, Satan qui a donné des dons à Hitler afin qu’il se hisse au pouvoir, pour pouvoir asservir ses sujets, pour pouvoir imposer sa folie. D’ailleurs, il a été dit que Hitler faisait régulièrement des messes noires et certains écrits montrent bien à quel point le diable l’avait converti à ses idées. Mes propos n’ont pas pour vocation d’excuser les actes de Hitler, mais simplement de vous faire prendre conscience que si le diable a réussi cet exploit, il peut en réussir d’autres et nous ne sommes pas à l’abri que cela recommence chez nous, devant notre porte et que nous fermions les yeux sur une idéologie diabolique.

Hitler détestait la démocratie, le socialisme et le judéobolchevisme. Il défendait la théorie (que l’on sait fausse) d’une race inégale et que la race des Seigneurs était la race aryenne. Tous ceux qui n’appartenaient pas à cette race devaient disparaître et en premier lieu, les Juifs. Car la race aryenne, qu’il jugeait supérieure, devait être purifiée des tous les éléments étrangers, donc de tous ceux qui n’étaient pas allemands, des juifs, des malades, des homosexuels.

Hitler s’est attaqué aux juifs, mais si on l’avait laissé faire, il n’y aurait plus aucun invalide, paraplégique, déficient mental… sur terre et ni homosexuel ! Les atrocités perpétrées ont été telles que cela ne peut qu’être l’œuvre du démon.

Hitler s’est surtout attaqué aux Juifs, car ils les comparaient à une race inférieure, mais radicalement dangereuse.

Hitler est le personnage maléfique de l’histoire avec un grand M. Et d’ailleurs, il est devenu démon lui-même, car pour arriver à ses fins, a vendu son âme au diable. Il est l’un des démons qui possèdent la petite Anneliese Michel.

Je pourrais en dire beaucoup sur ce personnage malfaisant et complètement dingue, mais je pense que vous avez compris, chers lecteurs, l’idée que je veux vous faire passer.

 

 

 

Le génocide au Rwanda

 

Entre avril et juillet 1994, c’est-à-dire en à peine 3 mois, 800 000 hommes, femmes et enfants ont été massacrés au Rwanda. Un véritable génocide principalement dû au racisme. Cela aussi ne peut qu’être l’œuvre du Mal.

Les causes de ce génocide sont multiples : accumulation de haines entre le peuple Hutu et le peuple Tutsi au fil des années, l’enchaînement des évènements déclencheurs, des chefs d’Etats qui ne prennent pas leurs responsabilités…

Je ne vais pas vous faire un cours d’histoire, ni même raconter des faits historiques barbares, ni même vous parler de la folie meurtrière qui s’est emparée du pays, ni même vous dire pourquoi et comment cela a commencé. Le fait est que cela a vraiment eu lieu. Des hommes ont tué, ont assassiné avec une barbarie sans nom, à la machette, à l’arme blanche, au fusil, d’autres hommes, mais aussi des femmes et des enfants, ne laissant aucune chance à personne. Et cela sous le principe de la haine et du racisme !

On ne peut que se dire, tellement c’est douloureux, que cela ne peut être que l’œuvre du Diable. Surtout lorsqu’on sait que même la France, au courant des choses, au courant de la grogne, aurait pu éviter un tel carnage. Sans parler de la Belgique, car le Rwanda, à l’époque, était un territoire belge. Encore une preuve du pouvoir de Satan, encore une preuve que le Mal Absolu existe et qu’il agit en toute discrétion, sans qu’à aucun moment, on se dise que c’est lui qui tire les ficelles.

Et aujourd’hui, l’histoire est sur le point de se répéter, ici même, en France.

 

 

À travers ses exemples, j’ai voulu montrer à quel point Satan a influencé l’histoire du monde, en y greffant ses idées, en y soufflant ses abominations. Car de telles abominations, de telles idées meurtrières et dangereuses, ne peuvent être que l’œuvre du démon. Je pourrai multiplier les exemples, avec le capitalisme, les guerres civiles, Hiroshima, d’autres génocides… mais je pense que l’on a tous compris l’idée. Simplement, faisons-en sorte que l’histoire ne se reproduise pas. Ne laissons pas le démon nous corrompre et luttons contre lui spirituellement afin d’éliminer toutes ses idées ancrées par ceux qui le soutiennent. 

 

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin




 

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L’influence du démon dans l’histoire de l’Église

Le démon a beaucoup influencé l’histoire de l’Église, au point qu’il est arrivé à se faire oublier, au point que l’Église elle-même ne le combat plus, et pire que certains prêtres ne croient plus en lui. Ce qui a engendré beaucoup de catastrophes. Voyons cela en détail.




 

Pendant la vie du Christ

 

Nolde, Mise au tombeau, 1915

 

L’Évangile nous parle d’une manière claire et précise de la lutte de Jésus-Christ et du démon. La vie publique de Jésus commence avec la tentation au désert.

Durant sa vie sur terre, Jésus a délivré de nombreuses personnes possédées du démon. Il est le premier exorciste. Ce pouvoir qu’a Jésus de vaincre les démons, de les repousser, est fortement souligné dans les Évangiles et est reconnu par les démons eux-mêmes. Comme l’affirme Jean, le Christ est venu « pour détruire les œuvres de Satan » (Jean 3,8). Jésus dit lui-même être venu pour détruire le règne du démon et instaurer le Règne de dieu (Luc 11,20).

Le diable, « prince de ce monde » (Jean 14,30) comme l’appelle le Christ ou, « dieu de ce monde » (Corinthiens 4,4) comme l’appelle Jean, était le fort qui se sentait sûr de sa domination. Or, Jésus lui enleva sa domination. L’importance de ce fait, de cette victoire, est fondamentale pour comprendre l’œuvre de la Rédemption.

Jésus nous a donné un enseignement précis en ce qui concerne le démon. Il a mis en lumière l’action de Satan contre Dieu, il a libéré les possédés, faisant ainsi clairement la distinction entre la délivrance proprement dite et la guérison des malades.

Jésus a donné ce pouvoir aux Apôtres puis à tous ceux qui croient en lui, étendant ainsi largement le pouvoir de faire le bien et que seul un aveuglement contemporain ne comprend pas et tente de nier.

Les Apôtres ont continué à chasser le Malin après la Résurrection du Christ et ils en parlent dans les Évangiles : « Résistez à Satan et il vous fuira « (Jacques 4,7), « celui qui est issu de Dieu de pèche pas et Dieu le protège de façon à ce que le Malin ne le touche pas. » (Jean 5,18), « Notre bataille ne consiste pas à lutter contre les créatures faites de chair et de sang, mais contre les princes, les puissances, les dominateurs de ce monde obscur, contre les esprits malins des régions célestes. » (Éphésiens 6,12)

La Bible parle du démon plus de 1 000 fois et le Nouveau Testament compte 568 références au démon. Celui qui ne croit pas au démon ne comprend pas l’œuvre du Christ et trompe les fidèles. Les Apôtres ont réalisé des exorcismes et leurs successeurs, les évêques, y croient-ils ? Parfois j’en doute et c’est ce qui fait que le monde va mal aujourd’hui, car les seuls qui peuvent lutter contre le démon ne croient pas en lui.

 

 

 

Au cours des trois premiers siècles

 

Portrait de Tertulien

 

Lors de la construction de l’Église chrétienne, tous les chrétiens pouvaient exorciser, pouvaient exercer le pouvoir reçu du Christ et qu’ils ont toujours, pouvaient chasser le démon au nom du Christ.

Les exorcismes avaient une grande valeur apologétique, ce qui conduisait les païens possédés à s’adresser aux chrétiens pour obtenir la délivrance.

Tertullien et Justin confirment par des écrits l’efficacité avec laquelle les chrétiens délivraient du démon d’autres chrétiens ou des païens. À cette époque, on croyait en Satan et donc aux influences maléfiques et c’est cette croyance qui permettait d’être sauvé.

Le pape Paul VI nous dit que « Ce n’est pas étonnant alors, si notre société régresse du niveau d’une authentique humanité, au fur et à mesure qu’elle avance dans une pseudo-maturité morale, vers une indifférence, à un refus de voir la différence entre le bien et le mal. L’Écriture nous avertit durement que le monde (allant vers la décadence que nous observons) gît sous le pouvoir du Malin. » Et il a raison !

Ces réflexions prennent tout leur sens lorsque nous voyons le monde aujourd’hui qui est bien sous la domination de Satan. Avant, le pouvoir apologétique des exorcismes attirait les païens vers les chrétiens. Aujourd’hui, nous sommes dans la situation contraire : les chrétiens ne trouvent plus aucune compréhension ni aucune aide au sein de l’Église et ils s’adressent aux mages, à d’autres religions, aux sectes…

Revenons à la période qui nous intéresse. Irénée nous dit que l’invocation seule du nom de Jésus-Christ suffit à chasser Satan des hommes. Celsius nous dit que la force de l’exorcisme repose sur le nom de Jésus. Origène ajoute et affirme qu’au nom de Jésus, on peut chasser les démons des personnes, mais aussi des choses, des lieux, des animaux.

La pratique des exorcismes s’est développée, dans et depuis les premiers temps, dans deux directions différentes : la délivrance des possédés et le rite du baptême. Malheureusement, lors de la dernière réforme liturgique, et probablement pour ne pas effrayer les fidèles, l’exorcisme baptismal, surtout des petits enfants, a été réduit. Le baptême perd ainsi sa fonction d’exorcisme.

Les premiers chrétiens étaient convaincus que le paganisme était l’œuvre du démon. Ils y voyaient une contrefaçon de la vraie religion, contrefaçon opérée par le démon. D’où la nécessité de l’exorcisme sur chaque individu et sur le monde social, pour que la domination du démon passe à la domination de Dieu.

 

 

 

Du IIIe au VIe siècle

 

La religion cananéenne.

 

C’est une période de grandes évolutions pour l’Église et pour la pratique de l’exorcisme. De grands évènements historiques, comme les victoires de Constantin et de Théodore, peuvent faire penser que le paganisme a été détruit par le christianisme. Mais, les invasions barbares sont interprétées comme l’avènement d’un nouveau paganisme ayant aussi besoin d’être exorcisé. Ce fut le début de grandes figures, comme saint Martin de Tours, qui fut un grand exorciste et qui fit convertir beaucoup de barbares.

Le début du monachisme donna beaucoup d’élan à l’exorcisme. Les premiers moines, Antoine, Pacôme, Hilarion, se retirèrent dans le désert pour combattre le démon. Le but principal des premiers moines était de lutter contre le démon, de délivrer l’humanité de ses assauts. Ce sont des combattants de première ligne. Cette mentalité a été clairement exprimée dans les œuvres relatant l’activité des premiers moines. Je pense, notamment, au manuscrit « La Vie de saint Antoine » écrit par saint Athanase.

Une idée commençait alors à poindre : même si tous les chrétiens pouvaient chasser le démon, ceux qui se consacraient à la prière et au jeûne l’emportaient dans cette œuvre.

Aux environs de l’an 300, pendant la dernière persécution de Dioclétien, nous trouvons les témoignages étroitement liés de chrétiens héroïques et de la lutte contre le démon. À Rome, parmi les derniers martyrs, se distinguent Marcellin et Pierre. Pierre est le plus ancien exorciste martyrisé que nous connaissions. On pense que c’est lui qui distilla l’idée de moine-exorciste.

À la même époque, les faux exorcistes, les escrocs se multipliaient et il fallait s’en défendre. C’est ainsi que dans les premières dispositions canoniques dans l’Église occidentale, lors du Synode romain, le pape Sylvestre nomme les exorcistes dans les ordres mineurs. C’est aussi dû au droit romain qui veut tout régulariser. De cette façon, les exorcistes sont insérés dans le sacrement de l’Ordre. Par la suite, cette coutume sera abolie par l’Église anglicane, vers 1550, et par l’Église catholique, avec le Vatican II.

L’Église orientale s’oppose à la bureaucratisation de l’exorcisme, car elle le considère comme un charisme, une capacité qu’a chaque fidèle, homme ou femme, à repousser le démon. Cette règle s’applique aujourd’hui encore : l’exorciste est celui qui a le charisme.

C’est en 416 que le pape Innocent Ier a décrété que les exorcismes ne pouvaient être administrés qu’avec l’accord de l’évêché. En Orient, on a continué à utiliser la liberté charismatique, sans aucune règle particulière.

Il faut préciser qu’à travers l’instauration de la règle, l’Église n’a pas voulu limiter le pouvoir du croyant de se libérer du démon ou de libérer les autres du démon, ni de limiter le pouvoir qu’à l’Esprit saint de donner des charismes à qui bon lui semble (l’histoire de l’Église chrétienne est remplie de saints). Il n’a pas été question, non plus, de limiter le pouvoir donné par Jésus-Christ de chasser le démon en son nom. Mais, à partir de maintenant, il faudra parler de l’exorcisme comme d’un sacramental administré par les évêques et de prières de délivrance toutes les autres prières faites par des particuliers ou des groupes. Le but est certes identique, car l’on vise la délivrance.

 

 

 

Du VIe au XIIe siècle

 

Saint François et les diables, œuvre de Giotto.

 

Pendant cette longue période, que ce soit en Orient ou en Occident, la pratique de l’exorcisme est en plein essor. Les Églises regorgent d’exorcistes et ceux qui veulent le devenir, doivent être apprentis d’un exorciste confirmé afin de suivre une préparation adéquate.

Aujourd’hui, le prêtre qui vient d’être nommé exorciste reçoit qu’une seule instruction qui est celle de se débrouiller.

C’est une période caractérisée par une grande créativité au niveau des formules d’exorcisme. Ces formules sont encore récitées aujourd’hui et sont dans le Rituel de 1614.

Durant cette même époque, on note la résurgence du dualisme manichéen, à travers l’hérésie des cathares et des albigeois, qui sera dénoncée par le Synode de Prague de 560. Il est utile de noter ce fait, car cela expliquera un certain type d’exorcismes et surtout la persécution des hérétiques, qui s’intensifieront durant les siècles qui suivront.

Jusqu’au XIIe siècle, le peuple et les théologiens rejetteront la croyance aux sorcières et ne pensaient pas à persécuter les possédés, mais à les aider et à les sauver.

Les premières représentations de Satan naissent à cette époque là et avec elles, les premières représentations des exorcistes. La pratique de l’exorcisme faisait partie intégrante de la pastorale de l’Église, comme cela doit être, mais n’est pas de nos jours.

 

 

 

Du XII au XV siècle

 

Jeanne d’Arc présentée à son juge rouennais, l’évêque Pierre Cauchon.

 

C’est une période très triste pour l’Église et une période qui prépare à des temps encore plus tristes. Bien sûr, c’est durant cette période que l’on construit les plus belles cathédrales, que de grands papes théocratiques viennent au pouvoir. Mais, c’est aussi la période de la lutte contre les albigeois, le début des grandes hérésies, avec la contestation anticléricale et anti-ecclésiastique.

L’Europe est ravagée par des guerres sans fin. Le peuple a faim.

Et surtout, celles qui étaient appelées jusque-là « bonnes femmes, c’est-à-dire les femmes un peu fofolles, mais pour qui l’on avait de la compassion, deviennent des sorcières. Ces femmes avaient besoin d’être exorcisées, mais sont, au contraire, persécutées et brûlées sur le bûcher.

Souvenons-nous de Jeanne d’Arc qui a été considérée comme une sorcière pour des motifs politiques, Jeanne d’Arc, qui avait davantage besoin d’écoutes et d’un exorcisme que d’un bûcher. Cela nous montre bien l’écroulement de la justice, non seulement juridique, mais aussi pastorale.

Ceux qui dirigent les pays, les peuples, l’Église, ceux qui commandent, prennent des dispositions aux conséquences gravissimes, sans doute pensant, dans un premier temps, modérer les choses en les réglementant.

En 1252, le pape Innocent IV autorise la torture contre les hérétiques.

En 1326, Jean XXII autorise, pour la première fois de toute l’histoire de l’Église, l’inquisition contre les sorcières, signant ainsi le début de la folie meurtrière qui va s’abattre partout en Europe et ailleurs. Et cette folie est accompagnée de calamités naturelles qui vont engendrer encore plus de pauvreté parmi le peuple, encore plus de famine…

De 1340 à 1450, l’Europe entière est ravagée par la peste noire, une épidémie qui va décimer des peuples entiers dans de grandes souffrances et qui va engendrer l’écroulement des valeurs morales, luttes civiles, schismes au sein même de l’Église.

Et c’est de cette débâcle que surgit la manie de tout diaboliser, non pas une diabolisation qui conduit vers l’exorcisme et donc la délivrance, mais une diabolisation destructrice.

 

 

 

Du XVIe au XVIIe siècle

 

La chasse aux sorcières

 

Ce fut vraiment une période de pure folie, une période où les exorcismes ont laissé la place aux persécutions.

C’est une période très noire qu’il est indispensable de décrire pour comprendre notre époque actuelle. En décrivant cette période, nous apprenons beaucoup sur notre propre époque. Et je m’aperçois d’un fait bien établi qu’il est indispensable de retenir : là où l’on fait des exorcismes, il n’y a pas de persécutions, même si l’on est à la même période, avec la même mentalité, avec les mêmes problèmes. Là où le diable n’est pas combattu et chassé par des exorcismes, les hommes sont diabolisés et tués. Ce phénomène est particulièrement vrai pour notre époque et me préoccupe beaucoup pour notre société et l’Église.

Aujourd’hui, les hommes d’Église emploient moult ruses, injonctions, tentatives pour minimiser l’existence du démon et pour réduire son action, cela n’est pas bon. Quand je constate que l’on ne chasse plus le démon, mais au contraire, on essaye d’éliminer la pratique de l’exorcisme, je me dis que nous serons bientôt perdus. Car, ce n’est pas le diable qui va en pâtir, mais bien l’homme. Et il y a tellement de façons différentes de diaboliser l’humanité (Dachau, les goulags, les génocides, les nettoyages ethniques…). Cela me fait très peur, car l’on ne s’attaque pas au bon ennemi.

Revenons à l’époque qui nous intéresse. Donc, je disais qu’à cette époque déjà, on ressentait le besoin urgent de réformer les rituels d’exorcismes, mais personne n’a bougé. Comme aujourd’hui d’ailleurs, où la seule partie délaissée et non réformée après Vatican II reste le Rituel.

Alors comme les hommes d’Église ne se décidaient pas à se pencher sur la question, Charles V prit l’initiative de le faire. Il promulgua un édit “Ad Augusta” le 9 juillet 1548 dans lequel il ordonnait la réforme du Rituel. Mais le mal était trop profond et la chasse aux sorcières atteignit son comble dans les années 1560 à 1630.

Heureusement qu’il y a eu quelques éclaircies dans cette sombre période. Prenons le cas de Jeanne Fery (1559-1620), qui était une véritable sorcière liée au diable par un pacte à dénoncer à l’Inquisition et à brûler au bûcher selon les règles en vigueur à cette époque-là. Grâce au Ciel, elle trouva sur son chemin Louis de Berlaymont, archevêque de Cambrai, qui fit le nécessaire pour que Jeanne ne soit pas soumise à un procès et condamnée, mais exorcisée. Il fallut plus d’un an pour que Jeanne soit délivrée du démon. Après, elle vécut de manière exemplaire le restant de sa vie et entrant dans les Ordres. Ce qui montre bien que l’exorcisme est l’arme à adopter contre le Malin et non la persécution.

L’idée de la chasse aux sorcières se répandit surtout dans les pays protestants, là même où, au XVIIe siècle, des guerres de religion éclateront.

Ce que je tiens à souligner, c’est que là où l’on pratiquait encore des exorcismes, il n’y eut pas de persécutions. Par exemple, dans la Rome des Papes, on recense qu’un seul cas et dans l’Irlande catholique, les sorcières ne furent pas persécutées, mais sauvées.

Le jésuite Friedrich Spee publia en 1631 le livre “Cautio criminalis” dans lequel il dénonce la torture et la chasse aux sorcières. C’est le début de la résipiscence qui s’étendit dans le camp des protestants. Par contre, cela n’eut aucun effet sur le Concile de Trente qui se borna à considérer l’exorcisme comme un ordre mineur.

 

 

 

Du XVIIIe siècle à nos jours

 

Symbole des Illuminati

 

C’est la fin de la chasse aux sorcières, qui cessa d’une manière aussi absurde qu’elle avait commencée, d’un seul coup. Mais ce à quoi l’on se serait logiquement attendu n’advint pas : la persécution remplaça les exorcismes et non le contraire.

Par contre, là où l’on continuait à pratiquer les exorcismes, il n’y eut pas de persécution. Il aurait donc fallu remettre les exorcismes en vigueur. Mais cela ne se fit pas. Au contraire, la réaction aux excès du passé conduisit à un désintérêt total du diable et de son action, désintérêt qui subsiste encore aujourd’hui.

Le diable devint un symbole, un pantin, l’emblème de l’idée abstraite du mal. Et non plus un être, une entité qui agit en profondeur.

À ce changement brusque, qui s’est poursuivi pendant trois siècles, l’athéisme a fait son apparition. La culture laïque a été très présente dans les milieux ecclésiastiques, surtout dans les universités, entraînant de fortes répercussions sur les évêques et les prêtres. C’est alors toute la religiosité du peuple qui a subi un effondrement général. Et comme cela arrive toujours lorsque la foi diminue, on se jette sur la superstition.

La culture laïque s’est trouvée dominée par l’œuvre de démythification entreprise par les rationalistes incroyants, les partisans de l’illuminisme, les scientifiques, qui nieront en bloc tout le christianisme.

Et voilà comment l’on arrive, au XXe siècle, au matérialisme historique, à l’athéisme enseigné aux masses par le communisme, à la société de consommation du monde occidental. Et cette influence a été grande dans le monde ecclésiastique même. En effet, dans les séminaires et les universités pontificales, on ne parle presque plus du démon, encore moins des exorcismes. Et pourtant, cela est dans les Saintes Écritures. Et les théologiens et les biblistes qui nient l’existence de Satan sont toujours à la mode !

On ne peut nier qu’il y eut toujours quelques exorcistes, certains célèbres, qui sont toujours nommés par les évêques et l’existence du Rituel. Mais, on ne peut pas attendre grand-chose d’un épiscopat ayant le monopole sur la nomination des exorcistes qui, pour des raisons historiques, n’a jamais pratiqué d’exorcisme, ne connaît pas le Rituel et n’y croit plus.

 

 

Mes conclusions

J’ai dressé un rapide diaporama de l’histoire de l’Église catholique et je pense qu’il est bon d’en retenir quelques points. Si j’arrivais simplement à changer la mentalité d’un seul lecteur, alors je me dis que j’aurais tout gagné.

Tout d’abord, il faut se dire que les démons existent. Ce sont des esprits purs créés bon par Dieu, mais qui se sont pervertis. Ces démons exercent sur les hommes un pouvoir maléfique qui peut aller jusqu’à la possession. Le Christ nous a donné les moyens de chasser les démons, il a conféré ce pouvoir à ceux qui croient en lui. Ces points sont bien établis dans les Évangiles, donc, j’ai envie de dire que ceux qui ne croient pas au diable, sortent de la foi chrétienne.

La lutte contre le démon doit être menée par tous. C’est essentiel et c’est le fondement même de la vie. Il faut sans cesse le repousser, ne pas être tenté et vivre le plus humblement, le plus juste possible, envers soi et envers autrui. L’action ordinaire du démon est la tentation. Nous devons lutter contre les tentations issues de la chair, du monde, du démon.

L’exorciste doit être considéré comme un prêtre qui est missionné par l’Église dans le but de venir nous aider lorsque nous sommes en butte par rapport à l’action ordinaire du démon.

Aujourd’hui et après plus de trois siècles, nous assistons enfin à un lent réveil de cette réalité qu’est le diable. Nous assistons à une multiplication des demandes pressantes d’exorcisme de la part du peuple de Dieu, à l’augmentation des exorcismes, à une prise de conscience générale. Les demandes sont tellement nombreuses que le clergé peine à les satisfaire toutes.

Et, contre toute attente, cette reprise est due, pour une part, à la culture laïque. Eh oui ! Je m’explique : pendant longtemps, la culture laïque s’est empressée de jeter le discrédit sur toutes les réalités spirituelles. Et les grandes découvertes scientifiques n’ont fait que renforcer ce sentiment où tout pouvait s’expliquer par la science. Mais, on s’est aperçu que la science ne peut expliquer tout, qu’elle a ses limites et qu’elle peut causer du mal à l’humanité, comme la bombe atomique par exemple. Même les plus grands scientifiques, les plus intelligents disent aujourd’hui que la science a ses limites, qu’il y a des lois et des forces qui échappent à son contrôle.

Devant un cas inexplicable, devant un patient qui ne peut être soulagé par aucun traitement, de plus en plus de psychiatres se tournent et travaillent en collaboration avec des exorcistes et cela est une vraie avancée. Mais, il existe toujours des ecclésiastiques qui envoient tout le monde chez le psychiatre ! Je ne désespère pas que cette mentalité change.

Bien sûr, nous sommes loin de considérer l’exorcisme comme un service pastoral, qui s’intègre à la pastorale normale et auquel on consacre un personnel suffisant. Certains pensent que la présence d’un exorciste dans une pièce est nuisible, qu’il diabolise tout. Au contraire, puisque l’exorciste apaise, tranquillise, faire fuir les fausses peurs, apporte la paix. Et on l’a vu au cours de l’histoire : là où l’on pratiquait des exorcismes, on ne diabolisait pas et l’on ne tuait pas les gens.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin




 

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Les pouvoirs de Satan

Dans un précédent billet, j’avais parlé de la prophétie du pape Léon XIII où il avait vu Satan demandant du temps et des pouvoirs pour détruire le monde. Ce qui lui fut accordé. Deux grandes questions se posent : quels sont les pouvoirs de Satan et comment lutter contre lui ?




 

C’est Dieu qui permet

 

Combat du bien contre le mal, un combat spirituel.

 

Avant d’évoquer les pouvoirs de Satan, j’aimerais préciser un point important : rien ne se fait sans l’accord de Dieu. C’est-à-dire que c’est Dieu qui permet à Satan de nous torturer, de nous tenter. Et il nous laisse libres d’y consentir ou pas en sachant que nous avons les outils en nous pour le contrer.

Par contre, ignorer Satan, ne pas y croire, ne pas croire au Mal Absolu est une grosse erreur. Cela lui laisse toute la liberté d’agir à sa guise. Beaucoup me diront que tout cela n’est qu’une vaste connerie. Et pourtant, regardez autour de vous et vous comprendrez que l’ennemi n’est pas le riche ou la société de consommation ou les djihadistes… mais Satan qui englobent toutes ces branches. Eux ce ne sont que des satanistes sous le joug de Satan (attention, tous les riches ne sont pas des satanistes !)

« L’Écriture nous parle du Royaume de Dieu, mais aussi du royaume de Satan ; elle évoque la puissance de Dieu, l’unique créateur et seigneur de l’univers, mais également le pouvoir des Ténèbres, les enfants de Dieu et les enfants du Diable. On ne peut saisir l’œuvre rédemptrice du Christ sans tenir compte de l’œuvre destructrice de Satan. », Dom Gabriele Amorth dans « Un exorciste raconte ».

Rappelons deux choses : tout d’abord que le Christ est au centre de la Création et que lui seul viendra juger les vivants et les morts.

La deuxième chose, rappelons que Satan était la créature la plus parfaite créée par Dieu. Il était supérieur aux autres anges et pensait comprendre l’œuvre de son créateur sans y parvenir, car le dessein de la Création était orienté vers le Christ. Cela, Satan ne l’a saisi que trop tard, car cette œuvre ne pouvait pas se révéler clairement avant l’apparition du Christ dans le monde. D’où la rébellion de Satan qui voulait être le premier dans l’absolu, le centre de la Création. Se faisant, il s’est opposé au plan que Dieu était en train de mettre en œuvre.

De là, Satan a redoublé d’efforts pour dominer le monde, pour dominer les créatures créées par Dieu et plier l’homme à sa volonté afin de l’éloigner de Dieu et du Christ.

Mais, Dieu ne renie jamais ces créatures, même les plus mauvaises. Donc, Satan et ses anges qui l’ont suivi conservent toujours leur pouvoir et leur rang. Et en créatures libres elles ont été créées, en créatures libres elles sont restées. Le seul interdit de Satan est qu’il ne peut nous tuer. Donc, il cherche à faire de nous ses disciples.

Jésus est venu sur Terre pour libérer l’homme de la tyrannie de Satan. Mais, entre le premier avènement (celui où Jésus est venu sur Terre) et le second que l’on appelle la Parousie (le moment où Jésus reviendra pour juger les vivants et les morts), le démon tentera d’attirer de son côté le plus de personnes possible. C’est même une lutte désespérée qu’il mène en se sachant perdu d’avance.

 

 

 

Le pouvoir de Satan

 

Satan, « le Prince de ce monde ».

 

Lorsque je parle d’anges et de démons, je fais référence à des êtres spirituels dotés d’intelligence, de volonté, d’un esprit d’entreprise propre et surtout d’une liberté.

Aujourd’hui, Satan est identifié à l’idée abstraite du mal et est donc banalisé. C’est une erreur. Et c’est cette erreur qui permet à Satan d’agir. Car son plus grand atout est de nous faire croire qu’il n’existe pas. S’il n’existe pas, Dieu non plus et donc nous n’avons plus aucun moyen de lutter contre lui puisque nous n’avons plus la foi.

Satan domine le monde comme un chef d’entreprise le ferait avec son entreprise. C’est-à-dire qu’il s’adapte aux évolutions, à la technologie, aux différents courants de pensée et donne des ordres à ses suppôts qu’il envoie « faire le travail ».

Il usera de différents stratagèmes pour nous tenter, à travers les médias, la télévision, les publicités… À nous de ne pas céder à la tentation et lui faire face dans les mauvais jours. Car le démon frappera toujours lorsque nous doutons, lorsque nous sommes malades, lorsque nous sommes rongés par la jalousie…

Ce combat contre Satan concerne tous les hommes et beaucoup lui appartiennent. Mais, le pouvoir de Satan s’est fait ressentir de manière plus sensible à certains moments de l’histoire, avec une augmentation des péchés de masse, et donc de la misère et de la désolation. Par exemple, analysons l’histoire de l’Empire roman et sa décadence. Empire si fort qui domina le monde et apporta beaucoup de bonnes choses, mais qui s’est laissé ronger par le mal en multipliant les atrocités, les orgies…

Aujourd’hui, nous en sommes réduits au même point et cela est dû au mauvais usage des médias, au matérialisme, à la société de consommation… que contrôle Satan.

Satan s’oppose à Dieu en exigeant pour lui-même un culte, en exigeant qu’on l’idolâtre et que l’on construise pour lui des églises. Regardez autour de vous, les sectes sataniques se multiplient. Satan se sert aussi de l’idolâtrie du sexe, de son commerce, tout comme il se sert de l’argent. J’ai coutume de dire que l’argent appartient à Satan. Dans notre société actuelle, tout est régi par l’argent et bien sûr moi-même je suis obligée d’en avoir, pour me loger, pour me nourrir et nourrir mes enfants. Celui qui n’a pas d’argent ne peut se loger, manger, se soigner, élever ses enfants… Tout est payant et le simple fait de vouloir faire une activité en famille est payant. Donc, il faut de l’argent, mais il ne faut pas chercher à s’enrichir à tout prix, au mépris des autres ! Gagner son pain honnêtement, voilà ce qu’il faut faire. Pourquoi le fait de ne pas avoir assez d’argent nous mine-t-il à ce point ? Parce que l’argent pourrit ce monde et celui qui n’a pas d’argent est voué à la mort. Or, la richesse n’est pas l’argent, elle se trouve dans le cœur de l’homme. Lorsque l’on aura compris cela, le monde se portera mieux. La vraie richesse est celle du cœur, de la famille, de l’amitié, de l’entraide… L’argent n’apporte pas le bonheur, alors que l’amour oui !

 

 

 

Satan donne des pouvoirs à ses disciples

 

Jésus chasse les démons de Gerasa.

 

Le Christ a attribué des pouvoirs particuliers à ses disciples, dont celui de chasser les démons en son nom.

Satan confère aussi des pouvoirs à ses disciples, à ceux qui pactisent avec lui, à ceux qui lui vouent un culte. Sauf que ces pouvoirs sont souvent destructeurs et dévastateurs pour celui qui les obtient, mais aussi pour son entourage.

Partout, dans le monde entier, les sataniques se multiplient et revêtent plusieurs visages : banquiers, présidents, chanteurs, extrémistes…

Mais Satan, en être malin, a aussi un autre moyen de nous atteindre et surtout d’atteindre les jeunes. Ce moyen s’appelle la magie, avec sa branche le spiritisme. Voyez comme la magie a été banalisée. Le fait même de croire que l’on peut appeler un défunt disparu à travers une planche Oui-Ja est une aberration. Il n’existe pas de bons esprits, ni de mauvais esprits, mais des anges et démons. Et lorsqu’un esprit répond à travers une planche Oui-ja, c’est forcément un démon, car les anges communiquent d’une manière différente et surtout pas avec cet outil satanique. Quelques exceptions peuvent cependant être autorisées par Dieu, mais cela est rarissime.

Par contre, un démon peut retenir prisonnier des âmes afin de les tourmenter. C’est un jeu pour lui. Donc, là où l’on voit un fantôme, c’est qu’il y a forcément un démon pas loin.

Les démons peuvent donc tenter l’homme par différent stratagème afin de faire de lui son disciple, mais il peut aussi tourmenter et posséder un homme qui ne veut pas de lui. C’est la possession démoniaque, la vexation démoniaque, l’obsession et l’infestation. Parfois, aussi, il persécute les croyants, comme il l’a fait pour Saint Paul de la Croix, le Curé d’Ars, Padre Pio… qui furent frappés, flagellés.

 

Je conclurai cet article en disant que l’action ordinaire du démon touche tous les hommes et consiste à les attirer vers le mal. On appelle cette action ordinaire la tentation. L’action extraordinaire est la possession avec toutes les phases qui précède cet état. Elle est plus rare. Les seuls moyens de repousser le démon, c’est la prière, la croyance au Christ et à notre faculté de rester humble. Et surtout, il faut savoir aimer et écouter son prochain. Je sais, par avance, que cet article suscitera beaucoup de critiques, mais je me fais un devoir de dire la vérité. Je ne sauverai pas le monde, mais si j’arrive à faire réagir certains d’entre vous, j’aurai gagné mon combat.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour en savoir plus




 

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Clara Germana Cele, un cas de possession après un pacte

Le cas Clara Germana Cele est un cas avéré et documenté d’une terrifiante possession démoniaque relaté dans les écrits du père Erasmus Hörner dans son manuscrit rédigé en 1932 « Faits Positifs d’événements Mystérieux, la Possession Démoniaque », et qui a été témoigné par de nombreuses personnes. Voici la terrible histoire de Clara Germana Cela, une jeune femme possédée après avoir réalisé un pacte avec Satan.




Les débuts

 

Nous sommes en 1906. Clara Germana Cele est une jeune fille de 16 ans orpheline qui vit dans un petit village d’Afrique du Sud situé à 80 kilomètres de Durban. Baptisée catholique, elle fréquente l’école d’Umzinto dirigée par les sœurs de la mission Saint-Michel depuis l’âge de 4 ans. Les religieuses qui s’occupent d’elle la décrivent comme une enfant normale, gaie et enjouée.

En 1905, la jeune orpheline fait sa première communion. La cérémonie se déroule sans encombre. Mais, l’année suivante, la vie de Clara Germana Cele bascule.

Tout d’abord, le père Erasmus Hörner, qui la confesse et la connaît bien, la trouve morose, triste et parfois même agressive. La jeune fille ne s’est jamais comportée de cette manière. Bientôt, elle devient frivole, s’éloigne des sacrements et ne veut plus aller à l’église.

 

Un pacte diabolique

 

Le 5 juillet de l’année 1906, Clara Germana Cele vient trouver le père Erasmus et lui fait une bien étrange confession. Elle lui avoue s’être vouée au service de Satan et avoir fait un pacte par écrit. Dans sa main, elle tient un morceau de papier qu’elle présente au prêtre. C’est le pacte fait avec le démon. La jeune fille a signé ce document avec son sang.

Sur le coup, le père Erasmus ne la croit pas. Il pense que la jeune fille a besoin d’attirer l’attention sur elle. Mais, il va vite se rendre compte qu’il s’est trompé, car les premiers signes évidents d’une possession démoniaques ne vont pas tarder à se manifester.

En effet, très vite, Clara Germana Cele fait des crises violentes au cours desquelles elle se met à crier et à vociférer. Elle hurle avoir fait une confession, être perdue, devoir se pendre, car Satan l’appelle.

Son comportement change du tout au tout. La jeune fille docile, souriante, gaie devient renfermée en proie à des crises terribles.

En août 1906, alors qu’elle assiste à une messe, elle se montre particulièrement belliqueuse, refusant de s’agenouiller et incitant les autres adolescents à refuser la confession.

Le 20 août 1906, les sœurs de la mission Saint-Michel la surprennent en grande conversation avec un être invisible. Clara pleure et implore une entité que les sœurs ne peuvent voir. Voici ce que la jeune fille dit : « Tu m’as trompée ! Tu m’avais promis de beaux jours, et maintenant tu es cruel pour moi. »

Eh oui, le Diable lui avait promis la gloire, mais lui offre le désespoir et la souffrance.

Soudain, Clara Germana s’aperçoit qu’elle n’est pas seule et a un bref moment de lucidité. Elle se tourne vers les sœurs qui la regardent et fixe l’une d’elles en disant : « Ma sœur, s’il vous plaît, appelez le père Erasmus. Je dois me confesser et tout lui dire. Mais vite, très vite ou Satan va me tuer. Il me tient en son pouvoir ! Plus rien de béni n’est avec moi. J’ai jeté toutes les médailles que vous m’aviez données. »

Puis elle se remet à crier : « Tu m’as trahi ! Tu m’avais promis la gloire et maintenant tu me tortures ! »

Clara Germana s’agite tellement, que les sœurs décident de la mettre au lit. La jeune fille fait une terrible crise où elle déchire ses vêtements, elle grince des dents et hurle ou aboie comme un chien. Le prêtre est appelé d’urgence.

Lorsqu’il arrive, il est terrifié. Il est impossible de maîtriser la jeune fille qui ressemble à une bête. Le père Erasmus lui demande de s’identifier. L’être qui a pris possession du corps de Clara crie être Satan. Il ajoute même : « Notre roi est Lucifer. Son pouvoir est grand ; il a à son service d’innombrables sujets. Nous avons été précipités du Ciel en Enfer, bien que nos péchés n’eussent pas été aussi énormes que ceux d’un grand nombre d’hommes. »

Le prêtre demande si l’enfer existe et l’entité répond : « Certainement ! Son feu n’émet aucune clarté et ne ressemble en aucune manière à votre feu. Malgré l’obscurité, nous nous voyons l’un l’autre. Le Christ nous a vaincus en mourant sur la Croix, mais à présent beaucoup d’Esprits errent à travers le monde pour séduire les hommes. Le Christ reviendra une seconde fois, lors du jugement dernier. Alors nous serons jugés sous les regards de tout le monde. Nous croyons en Dieu, mais nous le haïssons. »

Vous pouvez remarquer, chers lecteurs, que ce démon est particulièrement loquace. Ce qui n’est pas dans l’habitude d’un démon. La plupart du temps, ils ne parlent guère ou très peu.

Alors, les sœurs aspergent le corps de Clara Germana Cele d’eau bénite, ce qui la fait sortir de sa transe.

 

Une possession démoniaque avérée

 

L’état de Clara se détériore rapidement. Les manifestations du démon sont de plus en plus fréquentes et les attaques que la jeune fille subit la laissent dans un grand état d’épuisement. Clara Germana Cele se meurt à petit feu.

Dans un compte-rendu, une religieuse rapporte que Clara agresse souvent ses camarades, qu’elle se met dans des états de rage folle, qu’elle devient incontrôlable et dangereuse dès qu’elle se trouve en présence d’un quelconque signe religieux. Et que même si l’on dissimule une croix ou de l’eau bénite dans une pièce, Clara le sent et cela la met en colère. Là, elle s’anime d’une force soudaine et féroce et les sœurs sont obligés de l’asperger d’eau bénite pour la calmer et de la sangler sur son lit pour la maîtriser.

Les cris que pousse Clara sont d’une telle bestialité qu’ils terrifient tous ceux qui l’entendent. Voici un témoignage d’une sœur sur ce sujet :

« Aucun animal n’a jamais produit de tels sons. Ni les lions de l’est de l’Afrique ni les taureaux furieux. À certains moments, ils sonnaient comme un véritable troupeau de bêtes sauvages qu’aurait orchestré Satan après avoir formé un cœur infernal ».

Certains jours, il arrive que le démon se manifeste aux religieuses et aux autres jeunes filles qui habitent à la mission Saint-Michel, à la fenêtre, en plein jour ou en pleine nuit, se montrant avec de terrifiantes figures d’animaux aux yeux jaunes.

Un jour, alors que Clara Germana Cele est allongée sur une natte et se repose après une violente crise, elle se met à brûler en se tordant de douleur. Et en effet, des flammes sont tout autour d’elle. Et malgré tous les efforts des sœurs, le feu ne veut pas s’éteindre. Seule l’eau bénite en arrivera à bout.  

De nombreux témoins ont vu Clara Germana Cele léviter, chose qu’elle fait de manière régulière, d’après les dires des sœurs et du prêtre. Souvent, elle est soulevée à un mètre du sol, parfois plus, verticalement ou horizontalement, et son corps flotte au-dessus de son lit. Le corps de la jeune fille est alors rigide, de même ses vêtements dont les plis ne retombent pas comme ils auraient dû.

Si l’on asperge le corps de Clara d’eau bénite, alors elle retombe et ses vêtements reprennent leurs plis habituels.

Clara a lévité, comme je l’ai dit plus haut, devant de nombreux témoins, dont certains étaient étrangers à la mission.

Un jour, à l’église, Clara s’est mise à flotter au-dessus de sa chaise. Certains ont essayé de la ramener à sa place en la tirant par les pieds, sans y parvenir.

Dans son livre, le père Erasmus décrit comment Clara Germana se transforme parfois en une créature ressemblant à un serpent. Son cou s’allonge, son corps enfle, notamment au niveau de la poitrine, et alors elle se met à ramper à terre. Elle devient aussi souple que du caoutchouc.

Sous cette forme reptilienne, elle a même mordu au bras une sœur qui tentait de la maîtriser. La blessure a mis plusieurs mois à guérir.

Clara Germana Cele peut aussi parler et comprendre plusieurs langues étrangères, comme le français, l’allemand, le polonais, alors qu’elle ne les a jamais entendues. Elle fait aussi preuve d’un don de clairvoyance en révélant des secrets intimes en se moquant des personnes qui viennent la voir alors qu’elle ne les connaît pas. Elle a pu décrire, dans les moindres détails, le voyage d’un prêtre d’Afrique du Sud à Rome, avec les adresses et les étapes tout au long du chemin. De même, elle a confondu un homme qui s’est moqué d’elle en révélant des secrets scandaleux le concernant et en donnant des noms précis, des dates et des lieux.

Pour le père Erasmus, il n’y a plus de doute possible. Clara Germana Cele est possédée et il faut réaliser un exorcisme pour la délivrer. Il envoie sa demande à l’Église.

 

L’exorcisme de Clara Germana Cele

 

Le 10 septembre 1906, l’Église autorise le père Erasmus et le père Mansuet, directeur de la mission, à effectuer un exorcisme sur Clara Germana Cele.

Le rituel débute le 11 septembre 1906, à l’aube dans la chapelle de la mission, en présence de nombreux témoins.

Au début de la séance, la jeune fille attrape la Bible des mains du père Mansueti et se frappe avec, puis saisit son étole et tente de l’étouffer.

Ce jour-là, l’exorcisme se termine tard dans la nuit, sans que le démon soit chassé du corps de la pauvre orpheline. Et donc, il reprend le lendemain matin.

Pour cette deuxième séance, un dialogue surréaliste s’instaure entre le père Erasmus et le démon, dialogue que je vous partage.

« Pourquoi as-tu été chassé du ciel, demanda le père Erasmus.

— Parce que Dieu nous a révélé son Fils et nous a commandé de l’adorer ; mais nous avons refusé parce qu’il avait adopté une nature inférieure à la nôtre. »

Mais en ce deuxième jour de rituel, le démon semble vaincu et révèle devoir retourner en enfer. Il déclare ensuite qu’il va signaler son départ par une lévitation. Ce qui se fait aussitôt, en présence de 170 personnes qui se trouvent dans la chapelle de la mission à ce moment-là.

Et le démon quitte le corps de Clara Germana Cele après deux longues journées de combat. Et tous les membres de la communauté, choqués par ce qu’ils ont vu, ont prié pendant de longues heures.

 

Le dénouement

 

Après cet exorcisme, Clara Germana Cele redevient la jeune fille qu’elle était avant le pacte : souriante, gaie, gentille.

Mais, en janvier 1907, et alors que le père Erasmus est absent, Clara fait une rechute. Elle repactise avec Satan et ses crises recommencent. Au mois d’avril 1907, un nouvel exorcisme de deux jours est réalisé et la jeune fille est à nouveau libérée de ses démons. Une odeur nauséabonde signala le départ du démon.

 

Depuis, Clara Germana Cele ne passa plus aucun pacte avec le Diable et ne montra plus aucun signe d’une possession démoniaque. La jeune femme mourut de la tuberculose le 14 mars 1913, en paix avec elle-même et avec Dieu.

Marie d’Ange

Pour aller plus loin




 

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Satanisme LaVeyen, le satanisme moderne

Il existe de nombreuses formes de satanisme ; entre le luciférisme, le satanisme théiste et le satanisme LaVeyen, on s’y perd déjà. Aujourd’hui, je vous propose de faire le point sur le satanisme LaVeyen, appelé aussi le satanisme moderne. Car, si l’on s’intéresse à la démonologie, on doit aussi s’intéresser à ceux qui vouent des cultes aux démons, pour mieux les comprendre et les contrer.  

 




Le satanisme LaVeyen

 

Anton LaVey, le fondateur du satanisme moderne

Le satanisme de LaVeyen est une philosophie de vie inventée par Anton Szandor LaVey en 1969. Cette philosophie se distingue d’un quelconque culte voué à Satan ou à un démon, car il ne s’agit pas d’un culte d’une entité démoniaque ou divine, mais d’une croyance à l’ego et à l’individualisme. Dans le satanisme LaVeyen, chaque membre est son propre dieu et doit croire en lui.

Anton Szandor LaVey est l’auteur de La Bible Satanique, publiée en 1969, où il prône la totale liberté de l’homme. Pour lui, les hommes sont libres de suivre ou non les croyances divines ou religieuses. Anton LaVey a fondé l’Église de Satan à San Francisco, trois ans avant la publication de La Bible Satanique.

Dans ce mouvement, dans cette philosophie, il n’est pas question de croire en Satan, mais de croire que Satan est en soi-même, Satan étant considéré comme l’incarnation des instincts charnels de l’Homme et l’affirmation de sa volonté.

Anton LaVey a passé sa vie à décrypter les comportements humains. Il puise ses inspirations chez Darwin, Jung, Reich et Nietzche. Anton LaVey était un personnage passionné et caractériel. Il ne voulait pas être comme tout le monde, se conformer aux standards de la société.

Certains diront que ce mouvement est une religion, mais le terme religion est inapproprié pour désigner ce courant. Je préfère parler de philosophie.

 

La Bible Satanique d’Anton LaVey

 

La Bible Satanique

 

Pour bien comprendre la philosophie d’Anton LaVey, il faut lire son ouvrage, la Bible Satanique qui est un essai sur le satanisme. Ici, on y trouve toutes les idées d’Anton LaVey. Ce dernier y expose les grandes lignes de sa vision du satanisme et donne son application au quotidien. On y trouvera des règles, des rites, des fêtes… qui sont censés rythmer la vie du sataniste. D’ailleurs, Anton LaVey proclame le 30 avril 1966, le début de l’année, la première année de l’ère de Satan.

Ce livre n’est pas un livre religieux qui délivre un dogme, mais plutôt un essai philosophico-théologique. Il fait l’éloge de l’ego et attaque toutes les autres religions qui, selon l’auteur, brident l’individu et l’appellent au renoncement.

La Bible Satanique contient quatre chapitres appelés « livres », nommés selon les quatre princes de l’enfer qui symbolisent les quatre éléments.

  • Satan pour le feu
  • Lucifer pour l’air
  • Léviathan pour l’eau
  • Bélial pour la terre

Le livre contient des règles, des péchés, des représentations, des fêtes et des rituels. Voyons tout cela dans le détail. Pour rendre les choses plus simples, je vais simplement recopier les citations de La Bible Satanique, sans chercher à les reformuler. En d’autres termes, je vais me contenter de donner des extraits.

 

Les 11 règles du satanisme de LaVeyen

 

La devise du satanisme moderne

 

Comme toute religion (même si je n’aime pas ce terme pour désigner ce mouvement, je l’emploie ici), le satanisme de LaVeyen observe 11 grandes règles qui dirigent le comportement des adhérents.

  • Ne donnez pas votre opinion ou vos conseils à moins qu’on ne vous l’ait demandé.
  • Ne confiez pas vos angoisses ou autres troubles à autrui à moins que vous soyez certains d’être écoutés.
  • Si vous allez dans le repaire d’un autre, montrez-lui du respect, sinon n’y allez pas.
  • Si un invité dans votre repaire vous contrarie ou vous embête, traitez-le cruellement et sans pitié.
  • Ne faites pas d’avances sexuelles à moins que vous réalisiez que vous pouvez le faire.
  • Ne prenez pas ce qui ne vous appartient pas, à moins que ce bien soulage son propriétaire et qu’il veuille s’en défaire.
  • Reconnaissez le pouvoir de la magie si vous l’avez employée avec succès pour réaliser vos désirs. Si vous reniez ces pouvoirs après y avoir fait appel avec succès, vous perdrez tout ce que vous aurez obtenu par leur aide.
  • Ne vous plaignez de rien qui ne vous concerne pas personnellement.
  • Ne maltraitez pas les petits enfants.
  • Ne tuez pas d’animaux, sauf pour vous défendre ou vous nourrir.
  • Quand vous sortez, n’ennuyez personne. Si quelqu’un vous ennuie, dites-lui d’arrêter. S’il continue à vous ennuyer, détruisez-le. (Cette dernière phrase est à prendre au second degré. Ici, il ne s’agit pas d’accomplir un meurtre, mais de se débarrasser de l’esprit de cette personne par le biais d’un rituel).

Personnellement, après avoir lu les règles, je pense que beaucoup sont des satanistes modernes sans le savoir.

Les 9 péchés du satanisme LaVeyen

 

Le Sceau de Baphomet, l’emblème de La Bible Satanique

 

Le satanisme selon Anton LaVey est basé sur le concept « je suis mon propre dieu ». Les adeptes de ce mouvement peuvent donc enfreindre les 7 péchés capitaux (orgueil, luxure, gourmandise, envie, colère, paresse, avarice) et aussi le 8e péché capital qui est la vaine gloire. Par contre, pour eux, il existe 9 autres péchés capitaux qu’il ne faut pas enfreindre :

  • La stupidité. Être stupide est un péché capital chez un sataniste LaVeyen. L’adhérent au mouvement ne doit pas croire à tout ce qu’on lui dit et surtout à tout ce que montrent ou disent les médias. Au contraire, il faut se faire sa propre opinion et savoir développer un jugement sain et personnel.
  • La prétention. La prétention est un défaut très méprisé des satanistes modernes. Il ne faut jamais avancer quelque chose pour se faire mousser, pour épater la galerie. Et lorsque l’on dit quelque chose, il faut être sûr de ce que l’on avance. En d’autres termes, il ne faut pas parler dans le vide.
  • Le nombrilisme. C’est donner son avis, ses réactions, ses réponses. Le sataniste moderne ne doit pas projeter ses réactions, sa sensibilité. C’est même une erreur que d’attendre des autres du respect, de la courtoisie… Au contraire, il faut faire pour les autres ce qu’ils font pour nous.
  • Se couvrir de ridicule. C’est inacceptable, sauf pour son propre plaisir et si l’on veut s’amuser.
  • Le conformisme. C’est un péché qui n’apporte rien de bon. Il ne faut pas se conformer aux autres au risque de se perdre, sauf si cela vous rapporte personnellement, si vous y trouvez votre compte. Le sataniste moderne ne doit pas être un mouton et personne ne doit lui dicter sa conduite ni ses pensées.
  • Le manque de perspective. Le sataniste doit considérer le passé pour bâtir son avenir, sans jamais perdre de vue qui il est, ni ses désirs.
  • Revenir au passé. Revenir au passé est une erreur et une faute. Le sataniste LaVeyen doit accepter ce qui est nouveau sans se poser de questions. Cependant, il doit rester conscient que ce qui est nouveau, donc différent, est tout simplement un ancien objet, une ancienne pensée présentée sous un autre emballage. Encore une fois, il ne doit pas être un mouton qui suit un nouveau mentor.
  • La satisfaction béate. C’est aussi un péché. La règle du sataniste moderne est que si tout fonctionne, c’est bien. Par contre, si ça ne fonctionne pas, il ne faut pas avoir peur d’avouer que l’on s’est trompé.
  • Le manque d’esthétisme. Le satanisme LaVeyen doit veiller à son apparence physique. Le souci de l’apparence, la belle présentation est un outil essentiel et indispensable du sataniste moderne pour impressionner.

 

Les 9 représentations du satanisme LaVeyen

 

Les satanistes LaVeyen ne vénèrent pas Satan, contrairement aux autres religions qui vénèrent un dieu. Cette particularité se voit à travers 9 représentations idéologiques du Malin extraites de La Bibles Satanique.

  • Satan représente la complaisance, au lieu de l’abstinence.
  • Satan représente l’existence matérielle, au lieu de promesses spirituelles irréalistes.
  • Satan représente la sagesse sans détour, au lieu de l’hypocrisie dans laquelle les hommes se complaisent.
  • Satan représente la bonté pour ceux qui le servent, au lieu de l’amour gaspillé pour les ingrats.
  • Satan représente la vengeance, au lieu de tendre l’autre joue.
  • Satan représente la responsabilité pour le responsable, au lieu du défilement.
  • Satan représente l’homme comme un autre animal, quelquefois meilleur, souvent pire que ceux qui marchent à quatre pattes, qui grâce à ses croyances spirituelles et à son développement intellectuel, est devenu le plus vicieux de tous les animaux.
  • Satan représente tout ce qui peut être appelé péchés et qui peut mener à une gratification mentale, physique et émotionnelle.
  • Satan a été le meilleur ami que les Églises aient connu, et le sera à jamais, car les Églises se servent de Satan pour pouvoir garder leurs disciples.

 

Les rituels

 

Le satanisme LaVeyen possède des rituels, le plus souvent exécutés dans des endroits calmes. Il n’y a pas de sacrifice humain ou animal. Anton LaVey précise que ces rituels sont très importants et qu’ils ont chacun un but précis. Le sataniste doit être conscient de cela. Ces rituels sont classés en trois parties :

  • Le rituel sexuel : il a pour but d’accomplir les désirs des personnes le pratiquant.
  • Le rituel de compassion : a pour but de venir spirituellement en aide à soi-même ou à une personne pour accomplir ses désirs.
  • Le rituel de destruction : a pour but de libérer la personne de sa haine et de sa colère, quand cette haine et cette colère est dirigée vers un individu. Ce rituel peut détruire la victime dans son esprit. Il ne s’agit en aucun cas de détruire physiquement le fauteur de troubles.

 

Les fêtes

 

Le satanisme LaVeyen a ces propres fêtes qui ont pour but de réunir les adhérents du mouvement, afin de s’affirmer. Voici les fêtes les plus importantes :

  • L’anniversaire du satanisme. C’est la fête la plus importante.
  • Walpurgisnacht : c’est une des deux fêtes principales célébrées jadis par les Druides, puis consacrées à Walburgan, une sorcière qui mourut en 777, dans la nuit du 30 avril. Cette nuit devint celle du plus grand sabbat annuel.
  • All Hallows’Eve : jour fêté tous les 31 octobre. Au Moyen-Âge, cette journée était celle des esprits malins, sorciers et sorcières. C’était le jour où les démons étaient les plus actifs. Aujourd’hui, cette fête est appelée Halloween.
  • Solstices de juin et de décembre : le premier jour d’été et le premier jour d’hiver. Ces deux journées sont jours de fête pour les satanistes LaVeyen.
  • Équinoxes de mars et de septembre : le premier jour de printemps et d’automne. Ces journées sont aussi des jours de fête pour les satanistes modernes.

Le Satanisme LaVeyen aujourd’hui

On trouve beaucoup d’adeptes à ce genre de satanisme, car ici, il n’est pas question de pratiquer des sacrifices, de vouer un culte à un dieu diabolique, mais de mettre en avant son ego et de penser par soi-même, sans se conformer à la société.

En France, une étude menée par la Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires en 2008 montre que le satanisme LaVeyen regroupe 25 000 personnes, dont 80 % sont âgés de moins de 21 ans. Ce chiffre a été largement constaté par Miviludes, maître de conférence à Sciences-Po et enseignant à l’Institut Catholique de Paris, qui dénombrait une centaine de satanistes en France, dont certains peuvent être des satanistes théistes, car certains membres, en profanant des églises, ne peuvent être des satanistes LaVeyen, car ces actes vont à l’encontre des règles inscrites dans La Bible Satanique.

Depuis 2009, il existe une revue culturelle sataniste indépendante, « Diableries ». Cette revue est uniquement distribuée sur le net, mais prouve l’engouement pour les sectes satanismes.

 

On l’aura compris, le satanisme moderne est un culte à sa propre personne. C’est un courant dangereux dans le sens où des rituels sont faits pour détruire une tierce personne, où l’on fait appel à des démons pour assouvir sa haine de l’autre. C’est un courant qui se veut moderne et surtout libre. Or, adhérer à ce genre de courant n’est pas se rendre libre, mais esclave puisqu’il y a des règles à respecter, puisqu’il faut s’ériger contre la société. Le sataniste s’isole alors des autres, ce qui peut engendrer de la dépression, des suicides… Enfin, la plupart des adeptes sont entrés dans ce culte afin d’assouvir leurs désirs sexuels, puisque la plupart des messes noires se terminent en orgie.

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 

 





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Satan et l’histoire de l’humanité




Il bon de se plonger dans l’histoire pour comprendre certains faits évidents. En étudiant l’histoire de l’humanité tout entière, on peut s’apercevoir que le diable y tient une place prépondérante. De tout temps, dans tous les peuples, toutes les civilisations, la notion du bien et du mal est présente. Avant même la venue de Jésus, on pratiquait des rituels de délivrance pour ceux touchés par le mal. Les preuves de l’existence d’un Mal Absolu, du diable, sont légion. Retraçons le parcours de Satan, du Diable, dans l’histoire de l’humanité afin d’y voir son influence sur les hommes et de donner un début d’explication sur le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui, un monde régi par le Mal Absolu.

 

Les origines de l’homme

 

Adam, Eve et le Serpent dans le Jardin d’Eden

 

Si nous ouvrons la Bible au livre de la Genèse qui rapporte la création de l’Homme, on fait mention du serpent Tentateur qui va tenter Ève dans le jardin d’Éden. Ce serpent Tentateur on ne lui donne pas encore de nom précis,  mais l’on devine qu’il s’agit du diable. Le nom de Satan ne figure pas dans cette scène biblique, mais le diable, le serpent Tentateur, celui qui a précipité Adam et Ève hors du jardin d’Éden, est lui bien présent. Et il a joué un rôle essentiel dans l’histoire de ces deux premiers humains. En tentant Ève, en faisant naître en elle le péché de gourmandise et le péché de luxure, il est arrivé à la faire désobéir au seul commandement imposé par le Créateur.

Plus tard, ce même serpent Tentateur poussera Caïn, le fils aîné d’Adam et Ève, à tuer son frère Abel, devenant ainsi le premier meurtrier de l’humanité. Ce meurtre aux sources de l’humanité porte une symbolique très forte. D’après le récit biblique, Caïn est paysan et son frère Abel est berger. Les deux frères apportent chacun une offrande à Dieu ; Caïn offre des fruits de la terre, tandis qu’Abel offre les premiers-nés de son troupeau de montons. Dieu préfère l’offrande d’Abel, mais il perçoit la colère et la tristesse de Caïn. Il lui commande de dominer le péché qui le ronge. Mais Caïn, jaloux, ne peut dominer sa rage. C’est ainsi qu’il tue Abel et est condamné à errer sur la terre.

Dans la tradition chrétienne, Abel est une victime de haute valeur symbolique, le juste persécuté. Caïn, par son meurtre, révèle la haine qui habite le cœur de l’homme, il est le mauvais qui hait le juste. En ce sens, il est « possédé » du démon, car c’est le démon qui a fait naître la jalousie dans son cœur et qui l’a poussé à commettre ce meurtre. Mais Caïn n’a pas su résister à la tentation et le diable a gagné. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui : le juste est persécuté par la haine des mauvais.

Penchons-nous sur ce verset du « Livre d’Isaïe » (XIV, 12n15) :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! Toi qui disais dans ton cœur : « J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées… Je serai l’égal du Très haut !… » Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. »

Origène (185 – 253, le Père de l’exégèse biblique et l’un des Pères de l’Église), considère, dans son ouvrage « De principiis », que ce passage atteste que Lucifer, l’Astre du matin, est tombé dans l’Abîme (les enfers) après avoir voulu être l’égal de Dieu. Cette déchéance lui a valu de devenir Satan, l’Adversaire, l’Accusateur, le Tentateur… donc le Diable.

Tertulien (150 – 220, théologien, écrivain), Saint Cyprien (200  – 258, évêque de Carthage, Père de l’Église), Saint Ambroise (340 – 397, évêque de Milan, l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident) et d’autres encore ont accrédité cette thèse. Ainsi, Lucifer, avant archange céleste, est devenu Satan, le Diable, après sa chute. On peut aussi noter que le Diable n’est entré dans la théologie et donc dans la Genèse que postérieurement aux premiers textes à proprement parler chrétiens (les Évangiles) sur la base de l’interprétation d’un texte hébraïque).

Les théologiens modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la Chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme ; c’est pourquoi je pense comme eux : Lucifer et Satan sont une seule et unique entité. J’explique ce point de vue dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables » que je vous invite à lire.

Bien sûr, d’autres théologiens n’ont vu dans le texte d’Isaïe que la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. Pour ces auteurs, il n’y a aucune référence au Diable dans ces écrits.

Par la suite, l’existence du Diable est clairement attestée par les Évangiles où l’on peut lire de nombreux passages de Jésus chassant le démon devant lui ; d’ailleurs, Jésus est le premier exorciste. Il nous a légué le pouvoir de chasser le démon devant nous, de lui résister et par sa mort sur la Croix, il a vaincu Satan.

Je ne vais pas entrer dans les détails de cette histoire, car je pense que nous la connaissons, même si, aujourd’hui, de nombreux prêtres nient l’existence du Diable. C’est une pure hérésie. Et en faisant cela, ils ne tiennent pas compte des Évangiles qui sont très explicites à ce sujet.

Le Moyen-Âge et le triomphe du Diable

 

La Chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour le ‘Paradis perdu » de John Milton

 

Jusqu’au Moyen-Âge, les chrétiens ont chassé le démon et respectaient les Évangiles. Le Moyen-Âge marque une période très noire de l’histoire de l’Église.

Le diable marque un grand triomphe sur les hommes au Moyen-Âge. C’est à cette époque que son existence est posée par un dogme de la foi catholique et que son existence est érigée au rang de Vérité révélée, ce qui va engendrer une diabolisation de tout. On verra alors le Diable dans tout, il sera partout et les gens seront persécutés au lieu d’être exorcisés ou guidés.

Ce dogme posé affirme que Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable, après sa déchéance. Ce dogme intervient à une période particulièrement obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes, épidémies, guerres, massacres, famines…, catastrophes qui sont d’ailleurs souvent présentées comme l’œuvre du Diable.

C’est à ce moment que la théologie va se diviser en une théodicée, avec l’étude de Dieu d’un côté et l’étude du Diable, la démonologie, de l’autre côté. Ce qui va empirer la situation, puisque l’on ne peut étudier le Diable sans comprendre l’œuvre de Dieu et vice versa.

Au temps des grandes réformes de Luther, au moment où le monde laïque est en pleine crise religieuse, les grandes confessions se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. C’est ainsi que protestants comme catholiques se mettent à surenchérir sur le Diable et à définir de plus en plus nettement le démon comme étant capable d’intervenir à peu près dans tous les actes de l’existence. En faisant cela, ils valorisent les pouvoirs de Satan et notamment la sorcellerie. Et c’est comme cela que nous sommes arrivés à l’époque monstrueuse de la chasse aux sorcières. C’est tout simplement la transcription de fantasme à propos d’une secte démoniaque, de groupes d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne pour vouer un culte à Satan, que l’on appelle le Sabbat afin de faire le plus de mal possible autour d’eux. L’idée même d’exorciser, d’aider son prochain a disparu. Seule l’idée de persécuter celui que l’on croit être un sorcier est vivace.

On peut alors dire que le Diable a triomphé, puisqu’il a réussi déstabiliser l’Église, à la pousser à commettre des actes abjects, inhumains, contraires aux Évangiles. Et cette manie de tout diaboliser a conduit à l’athéisme en masse. Là encore, c’est le Diable qui triomphe, car aujourd’hui, au lieu de le repousser, on ne croit plus en lui et ce faisant, on lui laisse toute la possibilité d’agir à sa guise. Dans ce monde où l’on ne croit plus en rien, nous n’avons plus les armes pour nous défendre contre lui. Pire encore, nous nous complaisons à l’écouter sans le savoir et nous faisons le mal autour de nous.

Satan, le démon aux multiples noms

 

Représentation du dieu Pan

 

Le démon a été représenté de façon précise à partir du XIe siècle. C’est à cette époque que l’on se met à le dessiner sur des fresques et qu’on le représente avec une tête de bouc, sabots, mauvaise odeur, toison velue… Cette image a été inspirée de celle du dieu Pan.

Il faut préciser que les chrétiens n’ont pas l’exclusivité du Diable. En effet, il existe aussi dans les autres religions. Ainsi, il est Mâra qui tenta le Bouddha, Belzébuth (Baal Zebub) chez les Philistins, Ham Shatan chez les Hébreux, Ahriman, le dieu du Mal chez les Perses, Iblis, celui qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

C’est pourquoi l’on peut dire que Satan est le Diable et que ce dernier possède plusieurs noms.

Des traits communs caractérisent tous ces diables. Tous symbolisent ou personnifient le Mal Absolu. Esprit ou ange déchu, opposé à la divinité, le Diable est un être nocturne, de feu, qui règne en Enfer. Il vient sur Terre pour tenter les hommes, pour les éloigner du bien et parfois pour s’emparer de leur corps (la possession démoniaque). D’ailleurs, les termes employés pour qualifier le Diable révèlent clairement ce qu’il personnifie : le Séducteur, le Tentateur, le Menteur, le Malfaisant, le Malin, l’Accusateur, l’Adversaire, l’Ennemi, le Prince des Ténèbres… et enfin, la Bête de l’Apocalypse.

Selon les pays ou les provinces, le Diable est aussi appelé la Bête, le Grand Nègre, le Cavalier noir, Magistelus, l’Homme noir, l’Autre, le Grippi, le Harpi, le Grand Bicquiou, Cornic, l’Homme aux ongles de fer, l’Homme roux, le Gars aux pieds de cheval, le Peû, Chouse, Cheuchevieille, Georgon, Vieux Pôl, Ricouquet, Bigette, le Joli Garçon, Compère Misloret…

L’exorcisme

 

 

La démonologie présente Satan comme le chef des anges rebelles vaincus par les anges fidèles conduits par l’archange Michel, ils ont été chassés du Ciel et condamnés à l’Enfer. Mais, ces anges déchus gardent la capacité de revenir sur Terre afin de nuire à l’homme en les portant au mal par la tentation.

L’exorcisme est le moyen de repousser le Diable, de libérer l’Homme de sa persécution. L’exorcisme est un rite liturgique, des prières qui font appel à sa foi personnelle en Jésus-Christ afin de repousser le démon.

Au XXIe siècle, il n’existe pas de prêtres-exorcistes en Allemagne, car l’épiscopat allemand a décidé de ne pas en nommer. Ainsi, en Allemagne, on ne repousse pas le démon, on préfère une stratégie plus pastorale qui consiste à annoncer Jésus-Christ plutôt que de s’occuper du Diable. Au Portugal, c’est pareil, il n’y a aucun prêtre-exorciste, mais pour des raisons différentes. Je pense qu’il y a eu trop d’abus et que l’épiscopat portugais est frileux à nommer des prêtres-exorcistes.

En France, chaque diocèse a un prêtre-exorciste. Le nombre d’exorciste en France a beaucoup augmenté ces derniers temps afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses. Ces prêtres reçoivent indifféremment des chrétiens, des croyants d’autres religions, des athées… En ce sens, ils respectent les Saintes Écritures qui sont formelles sur ce point : il faut aider son prochain, peu importe sa croyance ou sa nationalité.

Les premiers chrétiens ont beaucoup exorcisé autour d’eux, afin de sauver leur semblable et les païens des griffes du démon. L’exorcisme était un acte de pure charité et tous ceux qui croyaient et invoquaient Jésus-Christ pouvaient exorciser.

Si les premiers papes se sont peu engagés sur cette doctrine, le courant s’est inversé avec Jean III au VIe siècle avec le Concile de Braga qui a condamné ceux qui refusaient de croire aux démons. Plus tard, le Concile de Latran IV (1215) et le Concile de Trente ont seulement confirmé que le démon a entraîné et entraîne l’homme à pécher.

Plus proche de nous, au XXe siècle, Paul VI a défini le Diable comme un être purement spirituel à l’orgueil qui incite l’homme à se vouloir semblable à Dieu, sa pire ruse consistant à faire croire qu’il n’existe pas. Et cela est bien vrai ! Aujourd’hui, on ne croit plus au diable et donc, on ne dispose plus d’outils pour lutter contre lui. Ainsi, il peut agir à sa guise et entraîner l’humanité dans la désolation, avec les guerres, les massacres, les péchés en masse, les personnes qui s’enrichissent, l’argent au centre de tout, la prostitution, la luxure…

La démonologie établit que, dans la Bible, les anges sont les messagers et les ministres de Dieu et que dès leur création, puisqu’ils ont été créés libres, ils eurent le choix entre le bien et le mal. Parmi ces anges, certains choisirent le mal en s’éloignant de Dieu ou en voulant être son égal. Satan, Belzébuth, Asmodée, Bélial… sont des anges déchus, des anges des ténèbres.

Parmi les anges qui restèrent fidèles à Dieu, citons Michel, qui vainquit Lucifer, donc Satan, Raphaël qui protégea le jeune Tobie d’Asmodée et Gabriel qui annonça à Marie qu’elle sera la mère du fils de Dieu.

Les démonologues, en étudiant les récits bibliques, vont établir la preuve que le Diable apparaît dans de nombreux passages.

De nombreux théologiens nient l’existence du démon et interprète Satan comme un mythe ou un symbole du mal en général. À ces messieurs, j’aimerais simplement leur dire de relire l’enseignement du Catéchisme de l’Église Catholique, de relire les Évangiles. D’ailleurs, la première prière chrétienne, le « Notre Père » ne dit-elle pas à la fin « mais délivre-nous du mal » ? Par mal, entendez Satan, le Malin et non le mal en général.

Le pape Paul VI nous dit à propos du Diable :

« Satan est un agent pervers et de perversion… ce n’est pas seulement un démon, mais une terrible pluralité. Donc, Satan est une personne, et même une pluralité de personnes ; il comprend tous les anges qui, ayant refusé d’obéir à Dieu, sont devenus des démons, c’est-à-dire des rebelles et maudits. À l’appui de cette doctrine de l’Église, il est opportun de rechercher dans la Bible quelques passages d’où émerge que l’existence de Satan est clairement révélée dans l’Écriture ; en outre, on peut comprendre que parler du démon signifie parler indirectement du Christ, puisque la Bible affirme que Jésus est le Sauveur venu nous libérer du pouvoir du Malin. Satan est libre, intelligent et doté d’esprit d’initiative.

Chers amis, je terminerai cet article en vous disant que les démons sont tout autour de nous, ils nous tentent sans cesse, ils nous poussent à commettre le mal, à la jalousie, à l’orgueil… Nous sommes libres de l’écouter ou de le refuser. À nous de faire le bon choix, même si, à notre époque, il est plus facile de faire le bien que le mal, même si l’on tire beaucoup plus de bonheur en faisant le bien que le mal. Cela, de nombreuses personnes ne l’ont pas encore compris ; peut-être le comprendront-elles un jour…

 

Marie d’Ange

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Lucifer et Satan, deux noms indissociables

Toutes les religions, tous les peuples, toutes les croyances parlent de Lucifer ou de Satan. D’ailleurs, au fil des croyances et des époques, Satan revêt plusieurs noms, dont  le Diable, l’Antique Serpent, Grand Dragon ou encore Père du mensonge tandis que Lucifer est le porteur de la lumière. Qu’ont-ils en commun ?

 

 

 

Lucifer ou Satan ?

 

Représentation de Lucifer

 

Lucifer est un nom propre qui signifie « Porteur de Lumière ». À l’origine, c’était le nom que les Romains donnaient à l’étoile du matin, autrement dit Venus. C’est aussi un personnage de la mythologie grecque et romaine, dieu de la connaissance et de la Lumière.

Dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges, le premier des anges créé par Dieu. Chef de la milice céleste, il détenait la connaissance et la Lumière. Mais c’est lui qui se révolta contre son Créateur qui, pour le punir, le chassa du paradis. Il échoua en enfer entraînant dans sa chute tous les anges qui avaient combattu avec lui. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie, en hébreu, l’adversaire. En effet, le terme de satan n’est pas un nom propre, mais bien un nom commun qui désigne un adversaire ou celui qui s’oppose.

Donc Lucifer et Satan seraient une seule et unique entité. D’abord ange donc Lucifer, puis ange déchu devenant Satan. C’est sa chute qui lui fit perdre son nom premier. Lucifer est donc le nom angélique de Satan ou encore Satan est le nom démoniaque de Lucifer.

Par contre, ce qui est étonnant, c’est que l’on trouve dans les différents écrits littéraires ou bibliques différentes occurrences du nom Satan. Il est appelé tour à tour Léviathan, Asmodée, Grand Séducteur, Roi des Ténèbres, Baalbérith, le Serpent, le Tentateur, le Malin, le Maître des Enfers, le Diable, Bélial, Belzébuth… Mais le nom de Lucifer n’existe pas dans les Saintes Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion ?

 

 

Satan dans le dogme catholique

 

Représentation de Satan

 

Satan est l’adversaire de Dieu, celui qui s’est rebellé contre lui. C’est lui qui a tenté David et l’a incité à dénombrer les enfants d’Israël. C’est lui qui tenta Ève, à l’aide de Lilith, dans le jardin d’Eden. Dans le Nouveau Testament, c’est encore lui qui tente Jésus-Christ lorsqu’il jeûne pendant 40 jours dans le désert et qui prend possession de Judas Iscariote pour le pousser à trahir Jésus.

Dans la religion catholique, Satan est le Mal Absolu, celui qui le premier s’est révolté contre Dieu, perdant ainsi son rang d’ange. Il devient alors un ange démoniaque, hirsute. Ses cheveux sont des serpents. Il porte les marques de la foudre divine qu’il dissimule sous ses ailes noires. Satan règne sur les Ténèbres et les Enfers. Il tient un rouleau de parchemin dans une main et dans l’autre une plume de fer avec laquelle il écrit son plan pour évincer Dieu.

D’ailleurs, Satan n’a qu’un but, celui de prendre le commandement du paradis. Pour cela, il détourne l’homme de son Créateur en usant et en abusant de son pouvoir ordinaire qui est la tentation. Ainsi, il fait commettre des péchés. Mais Satan détient la connaissance, il est rusé et menteur. Il détient l’art de manipuler.

Son influence peut très vite devenir malsaine, surtout si l’homme se laisse aller à l’orgueil, à l’égoïsme et est avide de pouvoir. Satan possède la faculté de changer d’apparence pour mieux séduire. Habituellement, il est représenté sous forme d’un monstre, mi-homme mi-bouc.

Dans la plupart des religions et des dogmes, Satan représente la perversion et le mauvais chez l’homme. Il serait aussi le symbole de l’exaltation imaginative qui pousse l’homme à faire du mal ou à se faire du mal et à effectuer des actes qui peuvent le conduire à sa perte. Il ne faut pas oublier qu’il déteste l’homme et qu’il ne peut atteindre Dieu qu’à travers lui.

Satan peut-être chassé par Jésus-Christ qu’il craint. En effet, Jésus, par son sacrifice sur la Croix, l’a battu. De plus, Jésus a su résister à la tentation.

Satan est le premier démon antagoniste de Dieu. Il est traditionnellement associé à Belzébuth ou Baal-Zébuth ou encore le dieu Baal dans les Évangiles et à Méphistophélès au Moyen Âge, alors que ce sont des personnages distincts, des anges déchus qui ont suivi Satan dans sa chute.

 

 

Quelques petites coïncidences et le chiffre 666

 

 

Parlons d’abord du chiffre 666. Pourquoi ce chiffre représente-t-il la bête ? Aux États-Unis, par exemple, le chiffre 666 inscrit sur un simple CD peut suffire à le faire interdire de la vente. Eh oui, le chiffre 666 fait peur. D’ailleurs, la phobie de ce chiffre porte un nom, l’hexakosioihexekontahexaphobie. Pour comprendre d’où vient ce chiffre, il faut remonter à la Bible et plus précisément à l’Apocalypse selon saint Jean. Au chapitre 13 verset 18 il est écrit : « Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’hommes, et son nombre est six cent soixante-six. »

Ce qui n’est pas précisé dans la Bible, c’est que ce chiffre est la somme des valeurs numériques liées aux lettres. La langue de Jésus était l’araméen, mais la Bible a été rédigée en grec, avec quelques formes syntaxiques empruntées de l’hébreu. Et chaque lettre, grecque ou hébraïque, a une valeur numérique, dont le chiffre d’un nom est le total de ses lettres. Donc le chiffre de Satan est 666. C’est aussi le chiffre de César-Néron en grec.

De tout temps, les hommes sont fascinés et attirés par ces deux personnages Lucifer et Satan, qui n’en forment qu’un d’ailleurs. On retrouve Lucifer dans le prénom Lucie, sans pour autant que lui soit attribué une quelconque connotation négative. D’ailleurs, la fête de la Sainte-Lucie est le 13 décembre sur le calendrier romain. Ce jour, dans les anciens calendriers,  a été rapporté comme le jour de la nuit la plus longue. Maintenant, on sait que c’est au solstice d’hiver, mais avant ce n’était pas le cas.

D’ailleurs, à propos du 13 décembre, il faut savoir que l’élection de George W. Bush a été validée deux fois un 13 décembre, en 2000 et 2004. On pouvait croire ce personnage habité par Lucifer (donc Satan) tant ses propos étaient troublants. On l’a souvent entendu dire des phrases du genre « La lumière luit dans les ténèbres » ou « Cet espoir illumine encore notre route. » Des discours très illuministes vous ne trouvez pas ?

Parlons de la statue de la Liberté, cette immense statue qui a été offerte par les Français aux Américains et qui est le symbole d’un pays libre. En fait, la statue de la Liberté fait beaucoup penser aux influences lucifériennes, dans le sens où elle porte la lumière et que sa couronne est le symbole d’un rayonnement stellaire qui irradie sur les sept continents. Eh oui, Lucifer est partout.

Chez les Hollandais, le mot allumette se traduit par « lucifer » dans le sens où elle donne la lumière.

 

 

Satanisme ou Luciférisme ?

 

La Bible Satanique d’Anton LaVey

 

Le satanisme au sens théiste peut être considéré comme du « catholicisme inversé ». C’est un courant religieux dans lequel Satan est vénéré comme un dieu suprême ainsi que tous les anges déchus, donc les démons. Le sataniste croit en l’existence de Satan qu’il considère comme Lucifer, le Porteur de Lumière. Il l’honore, le vénère et pratique des rituels.

Le satanisme au sens théiste se distingue du satanisme Laveyen qui est avant tout une philosophie de vie. Il repose sur une croyance de l’ego et de l’individualisme dont le but est d’abord de croire en soi-même. Il a été créé par Anton Lavey, qui est d’ailleurs l’auteur de la « Bible Satanique » et fondateur de l’Église de Satan, qui prône la totale liberté des hommes de ne pas suivre les dogmes religieux et de ne vénérer aucune divinité. En fait, ici l’homme est son propre Dieu.

Le luciférisme est un courant littéraire encore mal connu et dont les contours restent flous, qui ne se base sur aucun texte de référence. Le personnage principal est Lucifer, un ange de lumière qui symbolise la connaissance. Ce courant prône la rébellion contre n’importe quelle forme d’autorité. Les lucifériens cherchent, avant tout, à s’affranchir de toutes les conventions sociales autant morales, religieuses ou même politiques.

Satan et Lucifer étant une même et unique entité, les satanistes et les lucifériens prient et honorent le « Prince de ce monde » comme l’appelait Jésus-Christ. Donc, ces deux courants sont tous deux dangereux. Et là je vois déjà les lucifériens crier au scandale ! Sauf, qu’il faut appeler un chat un chat et parfois remettre l’église au milieu du village. Je ne fais pas du politiquement correct, j’annonce ce que je croie être des vérités. N’en déplaise à certains…

 

Pour résumer, chacun honore, croit ou rejette Satan à sa manière. Certains le prennent pour un dieu, d’autres ont en peur. D’autres font appel à lui pour avoir la connaissance alors que certains rejettent son existence. Que l’on soit l’un ou l’autre, il faut tout de même se dire que le mal existe, à travers les guerres, les génocides, les meurtres, les déviances sexuelles, la cupidité… Est-ce l’œuvre de Satan ou de l’homme lui-même ? À vous de me répondre.

 

Marie d’Ange

 

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