Personnage biblique : Aaron

Aaron, frère aîné de Moïse, était chef du deuxième clan de la tribu de Lévi. On retrouve ce personnage dans les récits de l’Exode, du Lévitique et des Nombres, et même s’il paraît toujours en retrait par rapport à Moïse, il a joué un rôle capital dans l’histoire du peuple hébreu. Est-ce que Moïse aurait été Moïse s’il n’y avait pas eu Aaron ?

 

Aaron, l’aide de Moïse

Égypte au temps des pharaons. Les Hébreux sont réduits à l’esclavage. Ils crient vers le Seigneur qui décide de leur envoyer un libérateur : Moïse. Tout le monde connaît cette histoire de Moïse qui va libérer le peuple hébreu des Égyptiens, qui va ouvrir la mer en deux, à qui Dieu va donner les Tables de la Loi, les dix commandements. Mais derrière Moïse, il y a son grand frère, Aaron.

Aaron et Moïse, même combat, celui de la libération du peuple hébreu. Les deux hommes vont former un véritable duo afin de lutter contre  Pharaon.

Est-ce que Moïse aurait pu libérer seul les Hébreux tenus en esclavage par Pharaon ? Rien n’est moins sûr, car même si derrière Moïse, il y a Dieu, Dieu a donné une aide précieuse à Moïse en la personne d’Aaron.

Les deux hommes sont inséparables. Moïse reçoit les messages de Dieu, puisqu’il est le prophète, mais Moïse n’est pas très éloquent. Alors c’est Aaron qui s’exprime à sa place. C’est Aaron qui va parler au Pharaon et négocier la libération des Hébreux. Moïse lui donne les consignes divines et Aaron les exécute. D’ailleurs, c’est lui qui va déclencher les dix plaies d’Égypte (Exode chapitres 7 à 10).

Lorsqu’enfin le peuple hébreu quitte l’Égypte, Dieu confie son sacerdoce à Aaron et à ses fils après lui. Aaron est donc le père de tous les prêtres.

 

Le récit du veau d’or

Ce récit, nous pouvons le lire en Exode 32:1-35.

Ce texte biblique nous montre qu’Aaron était certes un frère fidèle, mais il était faillible. En effet, Aaron a cédé aux injonctions du peuple las d’attendre Moïse. Mais peut-être a-t-il simplement voulu gagner du temps en attendant le retour de son frère du mont Sinaï.

Rappelons-nous : les Hébreux sont au pied du mont Sinaï. Moïse est appelé au sommet de ce mont par Dieu. C’est là qu’il recevra les Tables de la Loi. Il restera au sommet du mont Sinaï 40 jours et 40 nuits, comme il l’avait annoncé au peuple avant de se mettre en route. Pendant ce temps, c’est Aaron qui gère le peuple. Les quarante jours passent, et Moïse ne revient pas. Alors le peuple s’impatiente et réclame un dieu, ils réclament une idole. Aaron, sous la pression, accepte de faire fondre de l’or, et le veau d’or prend forme. Lorsque Moïse revient du mont Sinaï, et qu’il voit le veau d’or, il se met en colère et casse les Tables de la Loi. Dieu aussi est peiné de voir que ce peuple n’a pas confiance en Lui.

 

Aaron, prophète et saint

En Exode 7:1, Aaron est appelé « le prophète de Moïse ». Cela signifie qu’Aaron est le porte-parole de Moïse, c’est lui qui entend la parole de Moïse et qui va la porter.

Aaron réalise aussi des miracles. En Exode 7:12, par exemple, son bâton se change en serpent qui va engloutir ceux des magiciens d’Égypte.

En Exode 8:8-18, il change de l’eau en sang et déchaîne les fléaux des grenouilles et des moustiques. Mais, et cela il faut le noter, il agit toujours sous les ordres de Moïse. Et Moïse agit sous l’ordre de Dieu.

 

Aaron, parfois jaloux de Moïse

Aaron était le grand frère de Moïse, et parfois, il enviait son petit frère que Dieu avait choisi pour être son prophète et pour conduire son peuple. Comme quoi, aucun homme n’est irréprochable, même le plus saint des hommes commet des péchés ou a des idées mauvaises.

Ainsi, et par esprit de jalousie, il revendiqua le droit de recevoir, comme Moïse, des révélations de la part de Yahvé. Moïse plaida sa cause auprès de Dieu, ce qui lui épargna un châtiment.

Aaron mourut sur le mont Hor, aux frontières d’Édom (Nombres 20:28). Moïse l’avait déshabillé afin de lui enlever ses vêtements de grand prêtre, et en avait vêtu Éléazar, le fils aîné d’Aaron, pour assurer ce sacerdoce. 

 

Que nous apprend Aaron ?

Aaron est le premier prêtre lévitique, né dans une famille de Lévites à l’époque de l’esclavage d’Israël en Égypte. Frère aîné de Moïse, né trois ans avant lui, on le rencontre la première fois en Exode 4, lorsque Dieu dit à Moïse qu’il enverra son frère Aaron pour l’aider à libérer les israélites du Pharaon.

Il semblerait que ce rôle d’aide de Moïse est le rôle central d’Aaron.

Regardons l’histoire du peuple hébreu. Les israélites sont nombreux en Égypte, tellement nombreux que le nouveau Pharaon redoute un soulèvement contre les Égyptiens. Alors, il réduit les israélites à l’esclavage et ordonne que soient tués tous les bébés hébreux mâles dès leur naissance. C’est durant cette loi meurtrière que Moïse est né. Aaron, plus âgé, avait déjà trois ans et visiblement, il ne tombait pas sous le coup de cette loi. Cela on le suppose, mais on ne connaît pas l’enfance d’Aaron, puisque l’Ancient Testament le mentionne que bien plus tard. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il a échappé à cette loi, ce qui est assez rare pour être mentionné. Quant à Moïse, on sait qu’il a été découvert dans son berceau flottant sur le Nil et recueilli par la femme de Pharaon qui l’éleva comme son fils.

Notons que c’est Dieu qui demande à Moïse d’envoyer son frère Aaron parler à Pharaon. À travers le buisson ardent, Dieu demande à Moïse de retourner en Égypte afin de se rendre auprès de Pharaon et de demander la libération du peuple d’Israël (Exode 3:4). Mais Moïse lui explique qu’il n’est pas la bonne personne pour cette mission. Alors, Dieu décide qu’il envoie son frère Aaron à sa place, afin qu’il parle pour lui. Aaron devient donc officiellement le porte-parole de Moïse.

Il est intéressant de constater qu’Aaron a tout de suite cru ce que Moïse lui racontait, il s’est tout de suite mis au service de Dieu, il s’est montré à la hauteur de la tâche à laquelle Dieu l’avait appelé. Dieu nous appelle tous et nous confie une mission. Sommes-nous à la hauteur de cet appel ?

Au mont Sinaï, Dieu avertit le peuple de garder patience pendant qu’Il rencontrait Moïse pour lui donner la Loi. Aaron est resté au pied du mont Sinaï pour garder le peuple et gérer les éventuels problèmes. Or, tout ne s’est pas bien passé lorsqu’Aaron était aux commandes : le peuple, ne voyant pas Moïse revenir, a perdu patience, et a demandé à Aaron de lui fabriquer un dieu, une idole. Aaron n’a pas beaucoup protesté contre le peuple, il s’est plié à sa volonté. Il a fait preuve d’un manque de courage. Peut-être était-il lui-même désespéré de ne pas voir son frère revenir ? Une faiblesse dans sa foi qui aura de graves conséquences. Aaron demande au peuple de lui remettre tous leurs bijoux et fait fondre un veau d’or. Il fabrique une idole, lui construit un autel et proclame même une fête en son honneur. On comprend difficilement comment un homme qui avait répondu aussi facilement à l’appel de Dieu, qui avait vu ses miracles de ses propres yeux, et avait rencontré Dieu sur le mont Sinaï quelque temps auparavant, avec Moïse et Hur, avait pu faire une telle chose.

Ce péché d’Aaron fait écho à notre nature humaine. Nous ne connaissons pas les motivations d’Aaron, mais on comprend facilement qu’il a peut-être douté de Dieu et craint le peuple. Tout le monde connaît des moments de doute, des moments de crainte, des moments où le courage manque. C’est humain et cela fait partie de l’humanité. L’important est la repentance, ce merveilleux cadeau que Dieu a fait à notre espèce pour lui permettre la vie éternelle.

Lorsque Moïse a vu le veau d’or, cette immonde idole en or, « il jeta les tables qu’il tenait et les brisa au pied de la montagne » (Exode 32:19). Certes, Moïse était en colère, mais ce geste de destruction des tables de Lois était dirigé contre le peuple. Ces tables étaient le symbole de l’Alliance entre Dieu et les israélites. Le peuple venait de violer cette Alliance par sa désobéissance. Il ne pouvait donc plus y avoir d’Alliance. Ensuite, Moïse a brûlé l’idole, a versé ses cendres dans de l’eau et a forcé les israélites à la boire (Exode 32:30).

Lorsque Moïse a demandé à Aaron pourquoi le peuple avait agi ainsi, et pourquoi il avait laissé faire, Aaron lui avait répondu que le peuple s’était plaint et qu’il avait réclamé un dieu. Mais Aaron n’avait pas été tout à fait honnête envers son rôle. Encore une fois, il manqua de courage. Aaron avait reconnu avoir demandé au peuple de lui donner ses bijoux, mais ensuite, il s’est borné à dire qu’il avait jeté les bijoux au feu et qu’il en était sorti un veau (Exode 32:24). Moïse comprit que le peuple avait eu peur, et qu’Aaron n’avait rien fait pour rassurer le peuple. Moïse intercéda auprès de Dieu et plaida pour le peuple. Dieu avait rassuré Moïse, mais il avait aussi envoyé une plaie sur le peuple à cause de son péché (Exode 32:33-35). Et Dieu pardonna à Aaron son manque de courage.

L’épisode de veau d’or n’est pas la seule fois où Aaron ne s’est pas montré à la hauteur de l’appel de Dieu. En Nombres 12, lui et Miriam (leur sœur) se sont opposés à Moïse : « Miriam et Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme cushite qu’il avait épousée. En effet, il avait épousé une femme cushite. » (Nombres 12:1).

Un tel orgueil est courant chez les meneurs. L’orgueil ne vient pas de Dieu, mais de Satan, celui qui a mené la rébellion. Beaucoup peuvent se reconnaître dans l’attitude d’Aaron. Le plus souvent, celui qui a le pouvoir, veut encore plus de pouvoir, et se gonfle d’orgueil. Le bon chef est celui qui sait se rabaisser au niveau du peuple. Des hommes de ce genre n’existent quasiment plus de nos jours ;

Dieu avait demandé à Miriam et à Aaron pourquoi ils n’avaient pas craint de parler contre Moïse. À la suite de quoi, Miriam fut frappée de la lèpre. Mais Aaron garda sa santé. Ce dernier cria auprès de Moïse afin qu’il plaide la cause de leur sœur. Et Moïse intercéda auprès de sa sœur. Elle fut guérie après avoir passé sept jours hors du camp (Nombres 12:3-16).

Il est intéressant de constater que c’est Miriam qui a été frappée de lèpre et non Aaron, qui lui aussi avait parlé contre Moïse. Aaron a plaidé pour sa sœur en reconnaissant qu’il avait péché. En frappant Miriam, Dieu obtint une repentance sincère d’Aaron. Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais elles conduisent toujours au bien, même si souvent, on ne comprend pas où elles veulent nous mener.

C’est Aaron et sa descendance qui furent choisis par Dieu comme les prêtres du peuple. Ainsi, tous les prêtres des israélites sont des Lévites. Au mont Sinaï, Dieu avait donné à Moïse les commandements concernant le sacerdoce, notamment la consécration des prêtres et les vêtements qu’il devait porter. Ce sacerdoce devait appartenir à Aaron et à sa descendance (Exode 29:9). Le sacerdoce est resté entre les mains de ses descendants jusqu’à la destruction du Temple en 70 apr. J.-C. Dans le Nouveau Testament, le Livre des Hébreux compare longuement le sacerdoce éternel de Jésus au sacerdoce d’Aaron. Les prêtres lévitiques offraient continuellement des sacrifices pour leurs propres péchés et pour ceux du peuple. Jésus était sans péché et s’est sacrifié pour le peuple une fois pour toutes (Hébreux 4:10). C’est pourquoi les chrétiens ne font plus de sacrifices sanglants, seulement des prières.

Les fils d’Aaron servaient donc comme prêtres aux côtés de leur père, mais deux d’entre eux, Nadab et Abihu, connurent le châtiment divin pour avoir apporté devant l’Éternel un feu étranger (Lévitique 10:1). Aaron accepta ce jugement qui s’était abattu sur ses fils, et ne chercha pas à les défendre.

De même que Moïse, Aaron n’a pas pu entrer en Terre Promise à cause de son péché à Meriba (Nombres 20:23).

La vie d’Aaron fait partie intégrante de l’histoire du peuple d’Israël, et donc aussi des chrétiens. Sa vie est une manifestation de la sainteté et de la grâce de Dieu. Aaron n’était pas sans péché, mais aucun homme n’est sans péché. Pourtant, il s’est efforcé, tout au long de sa vie, de respecter les Lois de Dieu, de lui être obéissant. Il a servi Dieu fidèlement en tant que prêtre du système sacrificiel dont Dieu se servait comme une image de son plan pour le salut en Jésus-Christ. Aaron nous montre que tout homme, même le plus croyant, peut connaître le doute, peut pécher, peut connaître la tentation et la séduction. Le principal est de reconnaître ses erreurs, et d’en demander le pardon.

Courage, persévérance et bienveillance.

 

Marie d’Ange

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