Le culte Vaudou

Le vaudou est une religion d’origine africaine qui a longtemps été réprimée et diabolisée à cause de ses clichés et de ses fantasmes véhiculés par des mythologies. Ainsi, lorsqu’on dit s’inspirer du vaudou, on retrouve souvent le satanisme, le cannibalisme, la sorcellerie, l’envoûtement, la destruction… Et l’objet représentant le mieux la perception vaudou est la poupée vaudou, l’instrument magique de la torture par excellence. Cependant, je n’ai pas voulu m’arrêter à ces clichés. Par cet article, j’ai voulu en savoir plus sur cette religion afin de mieux la comprendre, non pas pour l’utiliser, mais pour la combattre lorsque cela s’avère utile.




 

Quelques généralités

 

Le musée Vaudou à la Nouvelle-Orléans

 

Dans cet article, je ne vous dirai pas comment pratiquer le Vaudou. Simplement, je ferai le tour de cette religion entourée d’un halo surnaturel et néfaste.

Le Vaudou est souvent utilisé pour jeter des sorts, des malédictions, pour envoûter et c’est ainsi qu’on le connaît le mieux.

Succinctement, le Vaudou est une sorte de magie où les rituels sont variés. Les marabouts, les sorciers… s’en servent pour guérir, pour invoquer des divinités, pour faire revenir l’être aimé, pour envoûter une personne à qui l’on veut du mal…

Les rituels sont nombreux et utilisent des incantations, des objets, comme la poupée, des produits divers, dont certaines drogues dangereuses, comme l’iboga et l’iboga noir.

Par exemple, dans la légende des zombis haïtiens (lire l’article), on voit bien que Clairvius Narcisse a été drogué par un sorcier vaudou. Cette drogue qu’on lui donnait a annihilé toutes ses fonctions de réflexion et l’a réduit en esclavage.

Donc, le vaudou est souvent basé sur l’injection de drogue pour entrer dans une sorte de transe ou pour forcer l’autre à faire ce que l’on a envie qu’il fasse.

Le vaudou est aussi basé sur la suggestion et l’autosuggestion. En effet, plus on y croit, plus on y est sensible et plus on peut se croire maudit ou envoûter. Et dans ce domaine, les sorciers sont très forts. La force de persuasion. C’est là où cela devient dangereux, en plus de l’ingestion de drogue qui est bien sûr néfaste pour la santé.

Dans l’article « Rose Hall Greathouse, une demeure hantée par une sorcière », je décris le personnage de Rose Palmer, une femme qui pratiquait le Vaudou. La légende raconte qu’elle avait invoqué le Baron Samedi, un démon, et qu’elle en avait perdu la vie. Les histoires comme celles-ci sont nombreuses et souvent horribles. Il ne faut pas pratiquer le Vaudou et de toute façon, la magie, la sorcellerie, les invocations à des démons… que l’on y croie ou pas, n’ont jamais rien apporté de bon.

 

 

 

L’origine du Vaudou

 

Un sorcier africain

 

Le Vaudou est une religion typiquement africaine. Plus précisément, le Vaudou est originaire de l’ancien royaume de Dahomey et est toujours largement répandu au Bénin et au Togo, comme dans le célèbre marché des féticheurs à Lomé. Cette religion est l’affirmation claire et sans équivoque d’une source de puissance surnaturelle que les hommes veulent concilier ou s’approprier les vertus à travers des rites et des incantations. C’est toute une philosophie fondée sur la danse rituelle, l’invocation des rituels par un marabout sorcier très respecté dans les villages. Le sorcier est craint, car l’on croit qu’il peut ouvrir un passage entre l’univers des vivants et l’univers des morts, du surnaturel.

Le vaudou dans sa forme actuelle est le résultat d’un mélange subtil du catholicisme et de la religion vaudou originelle.

À l’origine, le vaudou servait à guérir les villageois par des incantations et des potions qui étaient faites à base de plantes. Et l’on sait, aujourd’hui, que certaines plantes renferment des substances médicinales qui peuvent effectivement guérir. Malheureusement, le vaudou a été détourné pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire des rituels de magie funestes.

Avec la déportation des esclaves dans le XVe siècle, le vaudou s’est répandu à Cuba, au Brésil et même aux États-Unis. Aujourd’hui, l’on trouve des pratiquants du vaudou à travers le monde entier, surtout dans les îles. Les rites se sont diversifiés au rythme des croyances locales. Par exemple, dans certains pays du nord de l’Afrique, le vaudou s’est mélangé à l’islam. Ainsi, à travers des chants et des danses, les marabouts se soumettent à l’invocation du prophète de l’islam.

Le Vaudou, appelé aussi vaudou en Haïti, s’appelle voodoo à La Nouvelle-Orléans, ou Santéria, Lukumi, Regla de Ocha à Cuba, ou encore Condomblé ou Umbanda au Brésil. Le Vaudou est aussi très présent aux États-Unis, surtout en Louisiane. Il s’est aussi répandu en Afrique du Nord, où on le retrouve sous différentes formes, dont la plus connue est le Gnawa au Maroc et en Algérie.

Le culte vaudou compte environ 50 millions d’adeptes. De nombreuses communautés existent dans le monde entier. Elles sont majoritairement sur le continent américain et aux Antilles. Il en existe en Europe. Elles sont plus discrètes, mais restent néanmoins actives. En Europe, par exemple, il y a les communautés du Hounfor Bonzafè, du Lakou sans Lune ou encore du Hounfor Konblanmen.

Donc, il ne faudrait pas parler d’un seul et unique vaudou, mais de plusieurs, car chaque marabout possède ses propres rituels.

Dans sa forme primaire et actuelle, le vaudou est diabolisé par la religion catholique. Et cela pour une raison toute simple : les rites vaudou font appel aux forces surnaturelles et aux esprits et le sorcier demande à être possédé par eux. Or cela va contre les préceptes du catholicisme. De même, dans le catholicisme il n’existe aucun rite pour communiquer avec l’esprit des morts ou les forces obscures. Cela est interdit. Or, le marabout le fait.

Cette diabolisation du vaudou se ressent au cinéma où il est jumelé au satanisme, au cannibalisme, aux malédictions, à la possession diabolique.

 

 

 

La poupée vaudou

 

Une poupée Vaudou

 

Le vaudou est très connu à cause de la poupée vaudou. Cette poupée est censée être une poupée incarnant la personne que l’on veut envoûter.

Ainsi, la poupée est fabriquée avec la morphologie et la physionomie de la personne à qui l’on souhaite jeter une malédiction ou toutes autres choses d’ailleurs. Souvent, elle sert à faire le mal. Ces poupées sont créées dans le but d’avoir le pouvoir sur une personne bien déterminée, le tout à distance.

Ok, les poupées vaudou ne servent pas toujours à faire de la sorcellerie maléfique, elles peuvent aussi être utilisées pour une bonne cause telle que la guérison d’une personne. La poupée est donc un support « magique ».

Les histoires concernant des envoûtements ou des malédictions lancées grâce aux poupées vaudou sont nombreuses. C’est pour cela que je n’épiloguerai pas sur ce sujet. J’en ferai un article prochainement.

On peut juste se poser la question si cela fonctionne, car avec une poupée vaudou on peut jeter des sorts concernant de nombreux domaines, l’amour, l’argent, le bonheur, le malheur… Beaucoup disent qu’il ne faut pas sous-estimer les puissances surnaturelles. J’ai vu des cas où cela a fonctionné, dans le mal comme dans le bien. Autosuggestion ? Hypnose ? Je ne sais pas, en tout cas, il faut s’en méfier.

 

 

 

Les divinités vaudou

 

La déesse de l’amour Erzulie

 

Il est difficile d’établir une liste des divinités invoquées lors d’un rituel vaudou, car elles sont multiples et comme le culte vaudou n’est pas unique, il existe des divinités pour chaque culte, comme des temples où on les prie. De plus, le système reste ouvert, et des personnages historiques peuvent intégrer la liste des divinités sacrées du Vaudou. Ce fut le cas pour Dessalines.

À l’origine, le vaudou est né de la rencontre des cultes traditionnels des dieux yoruba et des divinités Fon et Ewe, lors de la création puis l’expansion du royaume Fon d’Abomey aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le Vaudou, prononcé vodoun, est l’adaptation par le Fon d’un mot Yoruba signifiant « dieu ». Le vaudou désigne donc l’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel et l’ensemble des procédures permettant d’y accéder. D’ailleurs, à chaque ouverture d’un rite, le prêtre vodoun invoque l’esprit de Papa Legba pour ouvrir les portes des deux mondes.

En fait, le vaudou est une culture, un héritage, une philosophie, un art, des danses, un langage, un art de la médecine, un style de musique, une justice, un pouvoir, une tradition orale, des rites, le tout ensemble et mélangé. Le Vaudou se caractérise par des rites dits d’incorporation, qui est la possession volontaire et provisoire par des esprits, des sacrifices d’animaux, la croyance aux morts vivants et la possibilité de les créer artificiellement, la pratique de la sorcellerie.

Le panthéon vaudou est avant tout constitué des forces de la nature et aussi à d’autres entités surnaturelles, telles que les ancêtres divinisés et les montres.

Quelques exemples :

  • Mawu : dieu suprême qui règne sur les autres dieux. Ce dernier, n’ayant pas de forme, n’est jamais représenté et n’est jamais associé à des objets. Ce dieu est incréé et créateur de toutes les autres divinités vaudou. Il n’intervient pas dans la vie des hommes. Mawu ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou. C’est plutôt un concept. On ne fait que le remercier, le glorifier, car on le dit bienveillant envers toutes les créatures. Les chrétiens Ewés et Fons utilisent le même mot Mawu pour désigner le Dieu chrétien.
  • Les Lwas : ce sont des esprits, des divinités inférieures pouvant entrer en communication et collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature.
  • Erzulie ou Erzulie Freda : est l’une des plus importantes Lwas. Elle est la déesse de l’amour.
  • Gu ou l’Ogoun des Yorubas : dieu de la guerre et des forgerons.
  • Sakpata : dieu de la variole, de la maladie, de la guérison et de la Terre.
  • Damballa : esprit de la connaissance.
  • Hevioso : dieu de l’orage et de la foudre.
  • Legba : est un intermédiaire et un messager des dieux. Il est assimilé, dans le vaudou syncrétiste haïtien, à Saint-Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l’Enfer. Il préside le lavage des mains d’eau et de rhum.
  • Mami Wata : aussi appelé Yemendja au Brésil. Déesse des eaux, crainte des pêcheurs. Elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur. Est souvent représentée sous les traits d’une sirène ou d’une belle jeune femme brandissant des serpents.
  • Dan : le serpent, plus particulièrement le python, un animal sacré. Dan a assisté à la création et soutient l’univers.

On voit bien que certaines divinités ont beaucoup de ressemblance avec les divinités grecques, romaines ou encore avec les démons chrétiens.

 

 

 

Culte et pratiques vaudou en Afrique

 

Temple Vaudou à Abomey

Dans le vaudou africain, les concepts paradis et enfer n’existent pas. Lêgba ou Eshu pour les anglophones est le dieu le plus important, car c’est le dieu des croisements et de la réflexion.

Le vaudou vient, certes d’Afrique, mais on le pratique partout où des esclaves africains ont été déportés. En dehors du continent africain, le vaudou connaît de nombreuses variantes.

La brutalité subie par les esclaves pour créer un climat constant d’état de choc et de terreur chez les captifs est sans doute à l’origine de l’utilisation de terre et de vengeance du vaudou que l’on retrouve chez les pratiquants descendants d’esclaves, qui utilisèrent cette religion en réponse à des actes d’une cruauté difficilement concevable commis par leurs maîtres européens.

Cette stratégie de terreur par le vaudou utilisée contre les oppresseurs a été transmise de génération en génération, notamment chez les colons blancs, terreur que l’on retrouve dans les scénarios de films des studios hollywoodiens. Ce qui a contribué à diffuser l’image négative du vaudou. Parmi ces films, on citera, White Zombie de Victor Halperin, sorti en 1932 et le premier film consacré aux zombies, L’Emprise des ténèbres de Wes Craven, sorti en 1987… Mais pas que, puisque l’on retrouve cette image dans la littérature, dans la musique et même dans des jeux de société.

 

 

 

J’espère vous avoir donné un rapide tour de ce qu’est le vaudou. Certains s’attendaient peut-être à ce que je leur livre des rituels, mais cela est contraire à ma philosophie. Je ne pratique pas le Vaudou ni aucune autre forme de sorcellerie et de magie. J’y suis opposé et cet article est simplement pour faire comprendre ce qu’est le vaudou. Prenez cela comme de la culture générale. Et, pour aller plus loin, je vous invite à visiter les musées du Vaudou à Essen et à Strasbourg. Quant à la question, comment trouver un marabout sorcier, je n’ai qu’une chose à dire : faites attention, car, dans ce milieu, il y règne de nombreuses escroqueries. Vous n’y perdrez peut-être pas votre âme, mais de l’argent certainement.

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin


 




 

Étiqueté , , ,

1 commentaire sur “Le culte Vaudou

  1. […] Cette pratique est très répandue dans le vaudou et très puissante. J’y consacre d’ailleurs un article, et c’est pourquoi je ne m’y attarderai pas dans ce post. Il existe d’autres pratiques […]

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :