Adonis, le démon des incendies

Adonis est surnommé le démon brulé, le démon des incendies. L’origine du mythe de ce démon nous vient de la Syrie, plus précisément à l’embouchure du fleuve du même nom. Parfois rapproché du démon Thamuz, Adonis est une divinité phénicienne démonisée. Fiche descriptive de ce démon qui provoque les incendies.

 

L’origine du mythe

 

Le nom Adonis vient du phénicien adon, ce qui signifie seigneur. Adonis était une ancienne divinité phénicienne. Donc Adonis est originaire de la Syrie. Son origine précise vient du port phénicien de Byblos (actuellement Jubayl) sur l’embouchure du fleuve Adonis.

Ce mythe voyagea en Grèce où il subit quelques modifications, puis en Égypte et en Chypre.

Adonis a été démonisé par l’Église et est devenu le démon des incendies.

On le trouve dans la liste des 333 démons de Collin de Plancy, mais il n’apparait pas dans la liste établie par Jean Wierus ni celle de Samuel Mathers.

 

 

 

Le démon Adonis

La tradition judéo-chrétienne a assimilé Adonis à un démon susceptible de provoquer des incendies.

Certains le rapprochent du Thamuz, une autre divinité démonisée, un dieu sumérien que l’on dit inventeur des fritures et des feux d’artifice. Thamuz est chargé par Belzébuth d’entretenir l’huile des chaudières infernales.

On vient bien que Adonis et Thamuz sont donc deux démons différents.

Selon quelques démonologues, Adonis aurait possédé, avec d’autres démons, une dame du nom de Cantianille B. d’Auxerre. Cela aurait été relaté par l’abbé Thorey en 1866.

Il existe des représentations très anciennes d’Adonis. Les plus anciennes connues viennent de l’époque phénicienne. Elles montrent Aphrodite et Perséphone se tenant près du cercueil d’Adonis sur des miroirs étrusques ou des vases.

Il y a aussi une statue, Capoue, réalisée au IVe siècle av. J.-C., qui montre ce démon, ainsi que des peintures murales et des peintures sur sarcophages romains représentant Adonis.

Le démon est représenté tantôt comme un chat, un serpent ou un corbeau.

 

 

 

Adonis dans la tradition hellénique

Une ancienne tradition, un conte, hellénique, nous raconte l’histoire d’Adonis.

Ce dernier serait le fils d’un roi de Chypre, Cinyras et de Myrrha. Myrrha était la fille de Cinyras. Voilà donc une histoire d’inceste. Myrrha avait fait enivrer son père et s’était glissé dans son lit en se faisant passer pour sa femme. De cette union serait né Adonis.

Cette histoire n’est pas sans rappeler la légende biblique des filles de Loth couchant avec leur père après l’avoir enivré.

Pour sa punition, Myrrha sera changée en arbre à myrrhe.

Adonis serait donc le fruit d’une union incestueuse. L’enfant aurait été recueilli par Aphrodite et confié à Perséphone qui s’éprit du jeune homme, provoquant ainsi la jalousie d’Aphrodite.

Mais cet amour de Perséphone pour Adonis provoqua aussi la jalousie d’Arès (ou d’Apollon ou d’Artémis selon les versions). Aussi, le dieu de la Guerre décida d’envoyer un sanglier furieux contre Adonis. Adonis fut tué par l’animal d’un coup de boutoir dans l’aine.

Là encore, cette histoire me fait penser à un épisode issu de la mythologie celtique d’Irlande, l’histoire de Grainné et Diarmaid ou celle de Tristan et Yseult.

Bref, dans le mythe d’Adonis, on dit que le sang de ce dernier se changea en anémone, la première et éphémère fleur du printemps. On dit aussi qu’Aphrodite chercha partout Adonis et que pendant cette quête, elle se blessa en marchant sur les ronces. Son sang colora les roses blanches en rouge.

En définitive, Zeus décida qu’Adonis séjournerait un tiers de l’année avec Perséphone, le deuxième tiers avec Aphrodite et le dernier tiers il serait libre d’aller où bon lui semble.

Une version du mythe raconte que lorsque Adonis fut tué, sa compagne Salammbô parvint à le ressusciter, à l’instar d’Isis ressuscitant Osiris.

 

 

La symbolique

Dans les croyances anciennes, Adonis symbolise le cycle de la végétation. En hiver, il descend dans le royaume d’Hadès rejoindre Perséphone. Au printemps, il revient sur terre et s’unit à Aphrodite et en été, il s’épanouit seul.

En Grèce, une fête célébrait les Adonies en l’honneur d’Adonis et ces festivités duraient huit jours. Dans la Rome ancienne, c’est dans les jardins d’Adonis, situés au nord du Palatin, que les femmes venaient pleurer la mort d’Adonis.

Théocrite a décrit des fêtes grandioses où l’on célébrait la tristesse de la mort et la joie de la résurrection d’Adonis à Alexandrie.

Enfin, et rien que pour l’anecdote, il existe une plante, l’adonis vernalis, qui est utilisée en médecine pour réduire l’hypertension artérielle.

 

 

Lorsque l’on connait l’histoire du mythe d’Adonis, on peut se poser la question comment cette divinité présentée comme représentant des saisons a été transformée en démon des incendies ? Là, le sujet reste flou. Quoi qu’il en soit, Adonis est pour la plupart des démonologues, le démon des incendies, un démon puissant qui s’amuse à faire naitre le feu. Peut-être se cache-t-il derrière la malédiction du tableau du garçon qui pleure ? À voir.

À prier : sainte Barbe.

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin

 

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