Les boîtes à Dibbouk

Les boîtes à Dibbouk sont des coffres où seraient enfermés des démons. Celui qui ouvre une boîte à Dibbouk serait possédé par les esprits qu’elle renferme. Le film « Possédée » de Ole Bornedal nous raconte l’histoire d’une enfant possédée par un démon après avoir ouvert une boîte à Dibbouk. Mais la boîte à Dibbouk existe-t-elle réellement ? Est-elle une légende ou une véritable croyance ? Nous allons tenter, dans cet article, de répondre à ces questions.

 

 

La boîte à Dibbouk

Le mot dibbouk, qui peut aussi s’écrire dybbouk, vient de l’hébreu et signifie attachement. Dans la mythologie juive et kabbalistique, le dibbouk est un esprit ou un démon qui habite le corps d’un individu auquel il s’est attaché. En d’autres termes, le dibbouk est un démon qui posséderait ses victimes. Il peut donc être exorcisé.

Une boîte à Dibbouk est une boîte où serait enfermé un démon. Quiconque ouvrirait cette boîte se verrait possédé par le démon, ou le dibbouk, vivant à l’intérieur de la boîte. 

Un dibbouk peut être :

  • Un esprit malin, le plus souvent l’âme d’une personne possédée qui pénètre dans le corps d’une personne en vue de se venger de cette personne. C’est donc un esprit vengeur. Je ne crois pas trop en cette théorie, car pour moi, les personnes décédées n’ont pas ce pouvoir, sauf si Dieu le permet ou qu’elles ont fait un pacte avec Satan pour obtenir ce pouvoir. Cette théorie est profondément kabbalistique, et l’on sait très bien que tout ce que révèle la Kabbale au grand public est révélé dans le but de manipuler les non initiés. 
  • Un démon qui prend possession de quelqu’un l’entraînant vers la désolation et la mort.

Ces démons issus de la tradition juive peuvent être emprisonnés dans une armoire, un placard ou une boîte. Mais celui qui ouvrira cette armoire, ce placard ou cette boîte aura de graves ennuis de santé ou sera victime de malchance jusqu’à ce qu’il cède l’armoire, le meuble ou la boîte à quelqu’un d’autre. Cela est la légende de la boîte à Dibbouk. Cette légende ressemble à celle du roi Salomon qui aurait trouvé le moyen d’enfermer 72 démons dans des bouteilles, d’enfermer et de contraindre à l’obéissance. C’est la base même de la Goétie, qui reprend ces 72 démons ainsi que les sceaux de Salomon qui permettraient de les contraindre à obéir. Pour ma part, je ne pense pas que l’on peut contraindre un démon à l’obéissance, seul le Christ peut le faire ! Donc, toutes ces théories qui font croire qu’un sorcier peut se faire obéir d’un démon par un rituel ou un sceau sont dangereuses et fausses. 

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Quant à la boîte à Dibbouk, je pense qu’elle ne sert qu’à faire peur et qu’à véhiculer de fausses croyances dans le but de manipuler les plus incrédules. Bien sûr, cette opinion ne concerne que moi et je reste persuadée que l’on ne peut enchaîner un démon dans une boîte ! L’être humain n’a pas ce pouvoir. Par contre, un sorcier peut envoyer un maléfice et demander à un démon de s’établir dans une poupée par exemple ou un objet dans le but de nuire à distance à une autre personne. 

Il existe de nombreuses histoires mettant en scène des boîtes à Dibbouk qui auraient porté malheur à leurs propriétaires. Ces faits divers ont d’ailleurs inspiré de nombreux scénaristes et réalisateurs. À l’image de Ole Bornedal et son film « Possédée » qui met en scène une boîte à Dibbouk et une petite fille possédée par le démon qui se trouve à l’intérieur de cette boîte. On nous dit que ce film est inspiré d’une histoire vraie. En fait, le film s’inspire de la légende de la boîte à Dibbouk issue de la mythologie hébraïque. D’après cette croyance, le dibbouk serait l’âme d’un défunt qui chercherait à se venger et qui prendrait possession d’un corps pour terminer quelque chose qu’elle n’aurait pas eu le temps de finir de son vivant. On voit bien que tout ceci est contraire à la foi chrétienne. Par contre, une telle boîte peut susciter la peur chez les plus crédules, et cette peur peut attirer des démons qui vont alors s’amuser à terroriser leur victime. Comme je le dis souvent, ce ne sont pas les objets qui sont hantés, mais l’usage de ces objets qui peut les rendre dangereux. 

 

Une boîte à Dibbouk qui se vend sur eBay

L’une des histoires les plus connues concernant la boîte à Dibbouk est certainement la meilleure preuve que c’est la légende qui rend l’objet dangereux : celle de la boîte qui s’est vendue sur eBay en 2009. En effet, une personne de Saint Louis, Missouri, a mis en ligne une boîte en bois très étrange. L’annonce mettait en garde les futurs acquéreurs sur la dangerosité du coffret. On pouvait y lire : « Attention, cette boîte contient un dibbouk, un esprit puissant ».

Cette inscription attire de nombreux curieux et en même temps commence à faire monter l’angoisse chez certains. Parfois, il suffit de croire en quelque chose pour que cette chose se réalise. C’est le même phénomène que l’on perçoit après avoir visionné un film d’horreur par exemple. On a peur, et lorsque l’on va se coucher, tout d’un coup, la maison se met à faire des bruits bizarres, qui en temps normal, sont tout à fait habituels et n’attirent pas notre attention. Mais, parce que l’on est encore plongé dans les images du film, l’imagination s’emballe, et l’on se met à sursauter dès que la chaudière se met en route ou dès que l’escalier en bois craque… 

Les enchères grimpèrent très vite et finalement (ce qui n’est pas étonnant, car finalement inscrire sur l’annonce que la boîte est hantée est un excellent argument de vente. Ce monde est ainsi fait que les gens sont attirés par le surnaturel et que beaucoup, gonflés d’orgueil, pensent maîtriser les entités), la boîte trouva acquéreur pour la modique somme de 280 dollars. L’heureux propriétaire, répondant au pseudonyme de Agetron, est ravi de son investissement. Il n’est pas effrayé. Il ne croit pas aux esprits et encore moins aux démons.

L’enquête a dévoilé que le fameux Agetron collectionnait des objets anciens venant principalement du Missouri. On peut donc se poser la question s’il n’a pas acheté cette boîte à Dibbouk pour agrandir simplement sa collection.

On sait aussi que cette boîte appartenait à une ancienne rescapée de la Shoah. Elle serait passée de propriétaires à propriétaires. On sait de source sûre qu’elle aurait été revendue en 2001 pour réapparaître en 2009 sur eBay.

Pourquoi ces ventes à répétition ? On pourrait croire que les propriétaires s’en sont séparés rapidement après de grosses frayeurs. Et effectivement, car voici l’histoire de la boîte à dibbouk qui s’est vendue sur eBay.

 

La véritable histoire de la boîte à Dibbouk

On nous a dit que le scénario du film « Possédée » s’inspire d’une histoire vraie. Et il existe bien une histoire effrayante et vraie qui met en scène une boîte à Dibbouk. Dans le film, c’est une petite fille de 10 ans qui se procure la boîte dans un vide-grenier et, après l’avoir ouverte, se retrouve possédée par un démon. Juste pour l’anecdote, il est arrivé des choses étranges pendant le tournage du film, comme les accessoires exposés dans un entrepôt de Vancouver qui prennent feu mystérieusement. Aujourd’hui encore, personne ne peut dire comment s’est déclaré l’incendie. Tous les accessoires ont été réduits en cendre, même la fameuse boîte à Dibbouk que l’on voit dans le film.

Et le film s’inspire de l’histoire de la boîte à Dibbouk qui a été vendue sur eBay.

Kevin Minner, antiquaire, possède une modeste boutique dans la ville de Portland, en Origan. Pour trouver des objets rares et vieux, il parcourt les vide-greniers de particuliers. Au mois de septembre 2001, il déniche une vieille boîte à Dibbouk appartenant à une vieille femme décédée à 103 ans, et en fait l’acquisition pour la somme de 27 dollars. Cette boîte ressemble à une petite armoire, avec ses deux portes fermées par un loquet et un cadenas.

Pourtant, la petite fille de la grand-mère à qui appartenait la boîte le met en garde en lui disant qu’elle contient un Dibbouk. Kevin Minner est juif, il sait ce que signifie un dibbouk, mais il n’y croit pas. Pour lui, les dibbouk sont des légendes, des histoires racontées pour faire peur aux enfants. La jeune fille insiste sur le fait que sa grand-mère cachait avec beaucoup de précautions cette boîte, car elle était persuadée qu’il y avait un dibbouk à l’intérieur. Ces paroles firent sourire notre antiquaire. Arrêtons-nous un instant : si la jeune femme avait peur de la boîte, pourquoi l’a-t-elle mise en vente ? Pourquoi ne pas la garder ou la donner à un rabbin afin de la mettre en sécurité ? Or, cette jeune femme met en vente cette boîte dans un vide grenier ! Puis, tout d’un coup, elle met en garde celui qui veut l’acheter. Cette attitude est incohérente et montre les failles de l’histoire. 

La vieille dame en question était une Polonaise juive envoyée dans un camp de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. De tous les membres de sa famille envoyés au camp, elle fut la seule survivante avec sa cousine. Toutes deux avaient réussi à fuir du camp et s’étaient cachée en Espagne jusqu’à la fin de la guerre pour enfin immigrer aux États-Unis. L’objet en question l’avait suivi de Pologne jusqu’en Espagne et enfin aux États-Unis. La grand-mère avait émis le souhait d’être enterrée avec la boîte, mais ce souhait, contraire aux traditions juives, ne put se réaliser. Bouleversé par l’histoire de cette grand-mère, Kevin voulut rendre la boîte, mais la petite fille de la vieille dame refusa catégoriquement de la prendre. Elle demanda simplement que la boîte ne soit jamais ouverte.

Kevin emporta donc le coffre dans sa boutique et le posa sur une table au sous-sol de sa boutique, dans la salle qui lui servait de stockage. Le coffre était verrouillé par un loquet fermé par un petit cadenas. Curieux, Kevin fit sauter le cadenas et l’une des portes s’ouvrit. À l’intérieur de la boîte, il y avait un mécanisme qui permettait d’ouvrir l’autre porte ainsi qu’un petit tiroir. Le mécanisme était très bien fait et Kevin se dit que ce détail rehaussait la valeur de cette acquisition. Et l’intérieur du coffre n’était pas vide. En effet, Kevin y découvrit un penny de 1928, un autre de 1925, une petite coupe à vin dont la forme rappelait celle d’un calice et un chandelier aux pieds en forme de poulpe. Sur le fond de la boîte, il y avait une stèle en granit sur lequel était gravé le mot Shalom et derrière cette stèle se trouvaient deux mèches de cheveux, l’une blonde, l’autre brune. Ces détails ne troublèrent pas Kevin.

Kevin employait une vendeuse, Jane Howerton. Ce jour-là, il laissa la jeune femme seule à la boutique et sortit faire des courses. La boîte à dibbouk se trouvait toujours ouverte à la cave. Après son départ, et comme il n’y avait pas de clients dans la boutique, Jane descendit à la cave pour faire du rangement. Au sous-sol, elle sentit comme une présence qui l’observait. Pourtant, elle avait l’habitude de travailler dans ce sous-sol et jamais elle n’avait ressenti une telle impression. La jeune femme décida de retourner à la boutique. Elle éteignit la lumière et commença à grimper les escaliers lorsqu’elle entendit un bruit suspect. Elle redescendit les escaliers. Elle pensait que quelqu’un se cachait au sous-sol. Soudain, les néons s’allumèrent d’eux-mêmes et une chaise bascula en avant seule.

Effrayée, Jane grimpa à la boutique et téléphona à Kevin. Et alors qu’elle attendait qu’il lui réponde, quelqu’un en bas était en train de casser tous les objets entreposés à la cave. Au téléphone, Kevin lui ordonna d’appeler la police, mais au même moment où il prononçait ces mots, son téléphone portable s’éteignit. Kevin laissa son caddie plein de courses au milieu du magasin et se précipita à la boutique.

Lorsqu’il arriva, Jane n’y était plus. Kevin alla au sous-sol et fut accueilli par une odeur épouvantable. Des morceaux de verre jonchaient le sol. Il comprit que les néons au plafond avaient explosé. Muni d’une lampe torche, il examina la cave. Soudain, le rayon de lumière éclaira un visage. Kevin sursauta. C’était Jane, qui se tenait debout dans le noir, pleurant. Kevin la réconforta et reprit ses recherches. Il voulait trouver celui qui avait cassé ses objets.

La cave ne comportait qu’une seule porte, donc le malfaiteur devait encore s’y trouver. Or, Kevin ne trouva personne et suspecta sa vendeuse d’avoir pété un plomb et tout cassé. Il la renvoya.

Le lendemain, Ida, la mère de Kévin, fêtait son anniversaire. C’était le 28 octobre 2001. Comme cadeau, Kevin lui offrit la boîte à dibbouk (quelle idée ! Là encore, ce geste est incompréhensible ! On se croirait dans un roman écrit par un mauvais auteur !)Il trouvait le cadeau original et pensait que cela ferait plaisir à sa mère. Il l’emballa et l’offrit donc à sa mère qui ouvrit le paquet. La vieille dame était habituée à recevoir des cadeaux excentriques de la part de son fils.

Lorsqu’elle découvrit la boîte, elle ressentit un sentiment étrange de malaise, comme si la boîte la scrutait, l’observait. Ida caressa le bois, fit glisser ses doigts sur les symboles hébreux au dos de l’objet, appuya sur les portes, sur le petit tiroir. Et soudain, elle s’effondra. Ce qu’elle avait senti sortant de cette boîte était le mal à l’état pur. Ida sentit qu’elle allait mourir. Kevin ne put rien faire pour sauver sa mère. Il voyait sa mère qui pleurait et qui était incapable de bouger, qui fixait la boîte. Il voyait le masque de frayeur qui s’était dessiné sur son visage. Il voyait qu’elle essayait de communiquer avec lui pour le mettre en garde contre cette boîte, sans parvenir à faire sortir le moindre son de sa bouche.

Kevin appela les urgences et sa mère fut transportée à l’hôpital. Là, les médecins diagnostiquèrent un accident vasculaire cérébral, ce qui expliquait qu’elle ne pouvait plus parler ni bouger. Kevin ne fit pas le rapprochement entre son cadeau et l’état de sa mère. Plus tard, Ida lui fit comprendre, en écrivant dans un carnet, qu’elle avait détesté ce cadeau. Alors, Kevin donna le petit coffret à sa sœur qui le garda une semaine chez elle avant de rendre expliquant que les portes s’ouvraient sans cesse.

Kevin examina la boîte. Le mécanisme d’ouverture des portes fonctionnait bien. Il offrit la boîte à son frère et à sa femme qui la gardèrent trois jours avant de la rendre prétextant qu’elle sentait fort l’urine de chat. Kevin en fit alors cadeau à sa petite amie qui lui demanda de la vendre deux jours plus tard. Là encore, l’histoire est incompréhensible, car Kevin a acheté la boîte pour la vendre dans sa boutique. Pourquoi cherche-t-il a tout prix à la vendre ? 

Alors, l’antiquaire se résolut à la vendre et mit la boîte à dibbouk dans une vitrine de son magasin.

À l’origine c’est bien pour cela qu’il l’avait acheté non ? Et puis, chers lecteurs, réfléchissons un instant : Kevin a offert la boîte à sa mère qui a fait un accident vasculaire cérébral, puis à sa soeur, puis à son frère. Pourquoi a-t-il cherché à la donner ? Ne l’avait-il pas acheté pour la vendre ? On peut penser que ces détails de l’histoire ont été ajouté pour faire monter la pression, pour susciter la peur. On se croirait vraiment dans un romain !

Le même jour, un couple de personnes âgées l’achetèrent. Kevin était soulagé de s’en débarrasser (pourquoi ? Pourtant, on nous avait dit qu’il ne croyait pas à ces histoires de dibbouk). Mais, trois jours plus tard, alors qu’il ouvrait le magasin, il découvrit la boîte posée devant la porte de la boutique avec un petit mot : « Cette boîte est porteuse d’une étrange obscurité ».

Kevin décida de rapporter la boîte chez lui et de la ranger dans la remise. Il voulait s’en débarrasser. Notre antiquaire commença alors à faire des cauchemars la nuit. Il comprit que la petite boîte était maudite. Kevin appela tous ceux qui avaient possédé la boîte. Ils étaient unanimes : eux aussi avaient faits d’horribles cauchemars.

Une semaine plus tard, une ombre se matérialisa dans sa chambre. Une nuit, l’alarme du détecteur de fumée le réveilla brusquement. Et lorsqu’il inspecta la maison, il constata que rien ne brûlait. Par contre, une horrible puanteur avait envahi toutes les pièces de la maison. Il devait se débarrasser de la boîte. Il la prit et l’enterra dans le jardin. Puis, il fit des recherches sur internet. Il voulait détruire cette boîte, mais ne savait pas comment s’y prendre. Il s’endormit devant son ordinaire et plongea dans un cauchemar. Il se réveilla trempé de sueurs et vit une ombre se glisser derrière lui dans le couloir. Il eut très peur et décida de vendre le coffret sur eBay en prenant bien soin de dire que c’était une boîte à Dibbouk hantée. Il espérait ainsi attirer des personnes s’intéressant à l’occulte et sachant quoi faire de cette boîte.

Finalement, ce fut un certain Sam qui remporta les enchères sur eBay et Kevin fut soulagé de s’en débarrasser. Lorsque ce dernier vit l’annonce sur eBay, il était étudiant. Son colocataire, Brian Grubbs, avait repéré cette annonce et lui avait expliqué que son propriétaire actuel souffrait d’horribles cauchemars depuis qu’il avait la boîte. Brian pensa que cette annonce était une grosse farce et l’oublia.

Trois semaines plus tard, Brian rentrait chez lui lorsqu’il fut assailli par une horrible odeur d’urine de chat en ouvrant la porte du salon. Et dans le salon, plusieurs objets avaient été cassés. Brian pensa qu’un chat s’était introduit chez lui. Il alla chercher un balai dans la cuisine lorsqu’il découvrit que la boîte à dibbouk de l’annonce s’y trouvait, sur la table. Il ne comprit pas pourquoi Sam l’avait achetée.

Lorsque ce dernier rentra, Brian lui demanda pourquoi il avait acheté cette boîte hantée. Sam le rassura en lui disant qu’il allait dormir avec la boîte et qu’il n’y avait rien à craindre. En effet, Sam dormit bien avec la boîte pendant plus d’une semaine sans que rien se passe. Alors, les deux étudiants, convaincus que la boîte était inoffensive, la posèrent au centre de la table basse du salon lorsqu’ils recevaient des amis à la maison et racontaient que cette boîte était maudite. L’objet les rendit populaires. Parfois, ils s’amusaient à l’ouvrir, ce qui rendait certains de leurs amis mal à l’aise. Puis, les choses étranges commencèrent à se produire. Les lumières dans la maison vacillaient souvent et tous les objets électriques tombaient en panne. Et voilà ! En mentant à leurs amis, en racontant que cette boîte contenait un démon, Sam et Brian ont véritablement attirés un démon ! 

Un matin, Sam se réveilla et se mit à avoir un comportement bizarre. Ses yeux étaient injectés de sang et il s’enfermait dans le mutisme. Il ne riait plus, ne voulait plus sortir. Puis, l’appartement fut envahi d’une nuée de cafards qui s’infiltraient partout, dans les chambres, le salon, la cuisine, la salle de bains… Ils rampaient partout, sur le lavabo, les miroirs, la cuvette des toilettes…

Sam s’isolait de plus en plus. Il devint morose, broyait du noir. Brian remarqua qu’il perdait ses cheveux.

Depuis qu’il avait acheté la boîte hantée, Sam écrivait tous les jours ses observations sur son blog. Jason Haxton, un conservateur du musée médical de l’université, s’intéressait beaucoup à ce blog et surtout, il était fasciné par l’objet.

Enfin, après que Kevin l’a convaincu de le faire, Sam remit la boîte en vente sur eBay en signalant qu’elle était hantée et que lui-même était victime d’une série d’évènements paranormaux. Il ajouta que depuis qu’il était en possession de cette boîte, rien n’allait plus dans sa vie et qu’il perdait ses cheveux alors qu’il n’était âgé que de 20 ans. Il raconta les mauvaises odeurs, les cafards, les appareils électroniques en panne…

En quelques jours, les enchères montèrent jusqu’à 50 dollars. Ce fut Jason Haxton qui les gagna et qui acheta la boîte à dibbouk le 9 février 2003 pour la somme de 280 dollars. Lorsqu’il reçut le paquet, il était excité, mais savait qu’il fallait se montrer prudent. Il examina la boîte sous une lampe à ultraviolets. La lumière montrait de petites tâches de cire, comme si une bougie avait coulé sur les portes. Jason pensa que la boîte avait peut-être servi à des rituels. Il inspecta l’intérieur, mis des gants et ouvrit les portes. Rien ne se passa et Jason ne découvrit rien de particulier.

Quelques jours plus tard, tous les ordinateurs du musée tombèrent en panne. Puis les ampoules explosèrent l’une après l’autre. Et la situation empira. Les employés tombèrent malades et furent victimes de malaises. Tous disaient que cela venait de la boîte. Jason l’emporta donc chez lui et la première nuit, il fit d’horribles cauchemars.

Le lendemain matin, en se regardant dans le miroir, il s’aperçut que ses yeux étaient injectés de sang.

Quelques jours plus tard, son fils l’appela et lui montra une ombre noire qui flottait dans sa chambre. Jason prit son fils dans ses bras et resta un moment silencieux à observer cette apparition qui ressemblait à des flammes noires.

Jason s’inquiétait. Il cherchait des causes scientifiques à ce qu’il venait de vivre sans en trouver.

Les mois suivants, la boîte à dibbouk devint célèbre et un journal local juif lui consacra un article entier en exposant tous les maux qu’elle avait créés à ses propriétaires. Des scénaristes, des écrivains, des documentaires demandèrent à Jason de voir la fameuse boîte maudite. Des rabbins, des juifs orthodoxes, des intellectuels hébreux le contactèrent afin de percer le mystère de la boîte. Jason, harcelé, changea de numéro de téléphone, d’adresse mail et ouvrit un site internet pour parler de la boîte afin de satisfaire la curiosité de tous.

Jason reçut beaucoup d’emails via son site internet provenant de personnes se plaignant de maux de tête et d’autres souffrances après avoir vu des images de la boîte (autosuggestion ?). Une personne lui offrit de l’argent afin de récupérer toutes les photographies publiées, car il pensait que toutes les personnes qui visitaient son site et qui les voyaient pouvaient être hantées par l’entité qui se trouvait dans la boîte.

Jason contacta des historiens afin de connaître l’histoire de cette boîte à Dibbouk et la mythologie qui s’en rapportait. D’après eux, les objets contenus dans la boîte, les mèches de cheveux et les pennies étaient des fétiches appartenant à une famille juive. Mais ils ne purent expliquer pourquoi cette boîte particulièrement était habitée.

Tout ce dont Jason était sûr c’était que depuis qu’il possédait la boîte, il était affecté par des problèmes de santé qui le fatiguait. Il en vint à croire qu’il y avait quelque chose de mauvais à l’intérieur de la boîte, quelque chose qu’il avait fait sortir en l’ouvrant.

Alors, Jason porta la boîte dans sa maison de campagne et l’enferma à la cave, voulant ainsi l’isoler et s’en éloigner. Puis, il rentra chez lui et prit un bain afin de se laver de toutes attaches avec le coffre. Mais, il s’endormit dans son bain et faillit se noyer. Lorsqu’il se réveilla, il vomit une espèce de mucus vert. Soudain sa femme entra dans la salle de bains, en panique. Elle lui montra son poignet : il était couvert de pustules sanglantes. Jason comprit que les ennuis n’étaient pas finis. Il devait neutraliser la boîte, l’entité qui se trouvait à l’intérieur.

Il téléphona à Kevin Mannis, le premier propriétaire connu de la boîte. Ce dernier raccrocha lorsqu’il comprit que Jason lui demandait de reprendre la boîte. Jason retéléphona et lui expliqua qu’il fallait trouver un moyen d’éradiquer la chose qui était à l’intérieur de la boîte, mais que pour cela, il fallait trouver le premier propriétaire.

Kevin se rendit donc à l’adresse de la maison où il avait acheté la boîte. La jeune femme qui l’avait mis en garde lui ouvrit la porte et Jason lui demanda des renseignements concernant la boîte maudite. Cette dernière ne voulut rien entendre et le renvoya. En regagnant sa voiture, il fut apostrophé par une vieille dame qui lui dit qu’elle savait pourquoi il était là. Elle lui expliqua qu’elle était cousine avec la dame à qui avait appartenu la boîte et qu’avant la Seconde Guerre mondiale, les deux femmes habitaient la Pologne. Dans ce temps, le spiritisme était à la mode. Tout le monde organisait des séances et espérait entrer en contact avec des entités.

Elle et sa cousine utilisaient, comme planche Ouija, une nappe sur laquelle elles avaient brodé les lettres de l’alphabet et utilisaient un pendentif qui leur servait de pendule. Et lorsqu’elles posaient des questions, le pendentif oscillait sur la nappe et se posait sur les lettres. Mais au cours d’une séance, elles étaient entrées en contact avec un esprit d’un genre différent, un esprit qui leur demandait leur aide afin de le faire sortir de l’enfer. Alors, les deux femmes surent qu’elles parlaient avec un dibbouk. Elles firent un rituel pour le neutraliser et l’enfermèrent dans une boîte. Et Kevin, en ouvrant la boîte, avait libéré l’entité. Et voilà comment cet objet s’est retrouvé hanté ! Les deux sœurs appelaient les esprits, et il n’est pas surprenant qu’un jour, un esprit en fasse ses victimes. Et donc, l’objet a servi pour un rituel magique, il est donc chargé négativement. 

Kevin raconta cette histoire à Jason qui contacta alors des rabbins. Et après de longues prières, les rabbins parvinrent à sceller une nouvelle fois la boîte. Jason l’emporta et la cacha dans un endroit secret. Puis il écrivit un livre « The Dibbouk Box » pour parler de son expérience.

 

 

Si l’on se réfère à cette histoire, on peut se dire que les boîtes à dibbouk existent et qu’elles sont très dangereuses. Il ne s’agit pas d’une légende que les vieilles dames raconteraient au coin du feu pour faire peur aux enfants. Mais si l’on y regarde de plus près, ce n’est pas la boîte elle même qui est en cause, mais les pratiques magiques qui ont servi à appeler un démon. Comme il est mentionné dans l’histoire, le spiritisme était à la mode. Combien d’entités maléfiques ont été ainsi libérées ? Combien d’objets ont été ainsi maléficiés ? On ne le sait pas. Toute cette histoire nous montre, encore une fois, qu’il n’est jamais bon de vouloir communiquer avec les morts, que toutes ces croyances concernant la communication avec les défunts sont vaines et dangereuses, et que toutes les magies appartiennent à Satan. Le combat est spirituel. Courage, persévérance, bienveillance. 

 

Marie d’Ange

 

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