Satan dans l’histoire de l’humanité

Il bon de se plonger dans l’histoire pour comprendre certains faits évidents. En étudiant l’histoire de l’humanité tout entière, on peut s’apercevoir que le Diable y tient une place prépondérante. De tout temps, dans tous les peuples, toutes les civilisations, la notion du bien et du mal est présente. Avant même la venue de Jésus, on pratiquait des rituels de délivrance pour ceux touchés par le mal. Les preuves de l’existence d’un Mal Absolu, du Diable, sont légion. Retraçons le parcours de Satan, du Diable, dans l’histoire de l’humanité afin d’y voir son influence sur les hommes et de donner un début d’explication sur le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui, un monde régi par le Mal Absolu.

 

 

Les origines de l’homme

 

Adam, Eve et le Serpent dans le Jardin d’Éden.

 

Si nous ouvrons la Bible au Livre de la Genèse qui rapporte la création de l’Homme, on fait mention du Serpent Tentateur qui va tenter Ève dans le jardin d’Éden. Ce Serpent Tentateur on ne lui donne pas encore de nom précis, mais l’on devine qu’il s’agit du Diable. Le nom de Satan ne figure pas dans ces écrits, mais le Diable, le Serpent Tentateur, celui qui a précipité Adam et Ève hors du jardin d’Éden, est lui bien présent. Et il a joué un rôle essentiel dans l’histoire de ces deux premiers humains. En tentant Ève, en faisant naître en elle le péché de gourmandise et le péché de luxure, il est arrivé à la faire désobéir au seul commandement imposé par le Créateur.

Plus tard, ce même Serpent Tentateur poussera Caïn, le fils aîné d’Adam et Ève, à tuer son frère Abel, devenant ainsi le premier meurtrier de l’humanité. Ce meurtre aux sources de l’humanité porte une symbolique très forte. D’après le récit biblique, Caïn est paysan et son frère Abel est berger. Les deux frères apportent chacun une offrande à Dieu ; Caïn offre des fruits de la terre, tandis qu’Abel offre des premiers-nés de son troupeau de moutons. Dieu préfère l’offrande d’Abel, mais il perçoit la colère et la tristesse de Caïn. Il lui commande de dominer le péché qui le ronge. Mais Caïn, jaloux, ne peut dominer sa rage. C’est ainsi qu’il tue Abel et est condamné à errer sur la terre.

Dans la tradition chrétienne, Abel est une victime de haute valeur symbolique, le juste persécuté. Caïn, par son meurtre, révèle la haine qui habite le cœur de l’homme, il est le mauvais qui hait le juste. En ce sens, il est « possédé » du démon, car c’est le démon qui a fait naître la jalousie dans son cœur et qui l’a poussé à commettre ce meurtre. Mais Caïn n’a pas su résister à la tentation et le Diable a gagné. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui : le juste est persécuté par la haine des mauvais et les mauvais sont loués.

 

Penchons-nous sur ce verset du « Livre d’Isaïe » (XIV, 12n15) :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! Toi qui disais dans ton cœur : “J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées… Je serai l’égal du Très haut !… » Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. »

Origène (185 – 253, le Père de l’exégèse biblique et l’un des Pères de l’Église), considère, dans son ouvrage « De principiis », que ce passage atteste que Lucifer, l’Astre du matin, est tombé dans l’Abîme (les enfers) après avoir voulu être l’égal de Dieu. Cette déchéance lui a valu de devenir Satan, l’Adversaire, l’Accusateur, le Tentateur… donc le Diable.

Tertulien (150 – 220, théologien, écrivain), Saint Cyprien (200 – 258, évêque de Carthage, Père de l’Église), Saint Ambroise (340 – 397, évêque de Milan, l’un des quatre Pères de l’Église d’Occident) et d’autres encore ont accrédité cette thèse. Ainsi, Lucifer, avant archange céleste, est devenu Satan, le Diable, après sa chute. On peut aussi noter que le Diable n’est entré dans la théologie et donc dans la Genèse que postérieurement aux premiers textes à proprement parler chrétiens (les Évangiles) sur la base de l’interprétation d’un texte hébraïque).

Les théologiens modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la Chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme ; c’est pourquoi je pense comme eux : Lucifer et Satan sont une seule et unique entité. J’explique ce point de vue dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables » que je vous invite à lire.

Bien sûr, d’autres théologiens n’ont vu que dans le texte d’Isaïe que la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. Pour ces auteurs, il n’y a aucune référence au Diable dans ces écrits.

Par la suite, l’existence du Diable est clairement attestée par les Évangiles où l’on peut lire de nombreux passages de Jésus chassant le démon devant lui ; d’ailleurs, Jésus est le premier exorciste. Il nous a légué le pouvoir de chasser le démon devant nous, de lui résister et par sa mort sur la Croix, il a vaincu Satan.

Je ne vais pas entrer dans les détails de cette histoire, car je pense que nous la connaissons, même si, aujourd’hui, de nombreux prêtres nient l’existence du Diable. C’est une pure hérésie. Et en faisant cela, ils ne tiennent pas compte des Évangiles qui sont très explicites à ce sujet.

 

 

Le Moyen-Âge et le triomphe du Diable

 

La Chute de Lucifer, illustration de Gustave Doré pour « Le Paradis Perdu » de Milton.

 

Jusqu’au Moyen-Âge, les chrétiens ont chassé le démon et respectaient les Évangiles. Le Moyen-Âge marque une période très noire de l’histoire de l’Église.

Le Diable marque un grand triomphe sur les hommes au Moyen-Âge. C’est à cette époque que son existence est posée par un dogme de la foi catholique et que son existence est érigée au rang de Vérité révélée, ce qui va engendrer une diabolisation de tout. On verra alors le Diable dans tout, il sera partout et les gens seront persécutés au lieu d’être exorcisés ou guidés.

Ce dogme posé affirme que Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable, après sa déchéance. Ce dogme intervient à une période particulièrement obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes, épidémies, guerres, massacres, famines…, catastrophes qui sont d’ailleurs souvent présentées comme l’œuvre du Diable.

C’est à ce moment que la théologie va se diviser en une théodicée, avec l’étude de Dieu d’un côté et l’étude du Diable, la démonologie, de l’autre côté. Ce qui va empirer la situation, puisque l’on ne peut étudier le Diable sans comprendre l’œuvre de Dieu et vice versa.

Au temps des grandes réformes de Luther, au moment où le monde laïque est en pleine crise religieuse, les grandes confessions se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. C’est ainsi que protestants comme catholiques se mettent à surenchérir sur le Diable et à définir de plus en plus nettement le démon comme étant capable d’intervenir à peu près dans tous les actes de l’existence. En faisant cela, ils valorisent les pouvoirs de Satan et notamment la sorcellerie. Et c’est comme cela que nous sommes arrivés à l’époque monstrueuse de la chasse aux sorcières. C’est tout simplement la transcription de fantasmes à propos d’une secte démoniaque, de groupes d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne pour vouer un culte à Satan, que l’on appelle le Sabbat afin de faire le plus de mal possible autour d’eux. L’idée même d’exorciser, d’aider son prochain a disparu. Seule l’idée de persécuter celui que l’on croit être un sorcier est vivace.

On peut alors dire que le Diable a triomphé, puisqu’il a réussi déstabiliser l’Église, à la pousser à commettre des actes abjects, inhumains, contraires aux Évangiles. Et cette manie de tout diaboliser a conduit à l’athéisme en masse. Là encore, c’est le Diable qui triomphe, car aujourd’hui, au lieu de le repousser, on ne croit plus en lui et ce faisant, on lui laisse toute la possibilité d’agir à sa guise. Dans ce monde où l’on ne croit plus en rien, nous n’avons plus les armes pour nous défendre contre lui. Pire encore, nous nous complaisons à l’écouter sans le savoir et nous faisons le mal autour de nous.

 

 

Satan, le démon aux multiples noms

 

Représentation du dieu Pan.

 

Le démon a été représenté de façon précise à partir du XIe siècle. C’est à cette époque que l’on se met à le dessiner sur des fresques et qu’on le représente avec une tête de bouc, sabots, mauvaise odeur, toison velue… Cette image a été inspirée de celle du dieu Pan.

Il faut préciser que les chrétiens n’ont pas l’exclusivité du Diable. En effet, il existe aussi dans les autres religions. Ainsi, il est Mâra qui tenta le Bouddha, Belzébuth (Baal Zebub) chez les Philistins, Ham Shatan chez les Hébreux, Ahriman, le dieu du Mal chez les Perses, Iblis, celui qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

C’est pourquoi l’on peut dire que Satan est le Diable est que ce dernier possède plusieurs noms.

Des traits communs caractérisent tous ces diables. Tous symbolisent ou personnifient le Mal Absolu. Esprit ou ange déchu, opposé à la divinité, le Diable est un être nocturne, de feu, qui règne en Enfer. Il vient sur Terre pour tenter les hommes, pour les éloigner du bien et parfois pour s’emparer de leur corps (la possession démoniaque). D’ailleurs, les termes employés pour qualifier le Diable révèlent clairement ce qu’il personnifie : le Séducteur, le Tentateur, le Menteur, le Malfaisant, le Malin, l’Accusateur, l’Adversaire, l’Ennemi, le Prince des Ténèbres… et enfin, la Bête de l’Apocalypse.

Selon les pays ou les provinces, le Diable est aussi appelé la Bête, le Grand Nègre, le Cavalier noir, Magistelus, l’Homme noir, l’Autre, le Grippi, le Harpi, le Grand Bicquiou, Cornic, l’Homme aux ongles de fer, l’Homme roux, le Gars aux pieds de cheval, le Peû, Chouse, Cheuchevieille, Georgon, Vieux Pôl, Ricouquet, Bigette, le Joli Garçon, Compère Misloret…

 

 

L’exorcisme

 

La démonologie présente Satan comme le chef des anges rebelles vaincus par les anges fidèles conduits par l’archange Michel, ils ont été chassés du Ciel et condamnés à l’Enfer. Mais, ces anges déchus gardent la capacité de revenir sur Terre afin de nuire à l’homme en les portant au mal par la tentation.

L’exorcisme est le moyen de repousser le Diable, de libérer l’Homme de sa persécution. L’exorcisme est un rite liturgique, des prières qui font appel à sa foi personnelle en Jésus-Christ afin de repousser le démon.

Au XXIe siècle, il n’existe pas de prêtres-exorcistes en Allemagne, car l’épiscopat allemand a décidé de ne pas en nommer. Ainsi, en Allemagne, on ne repousse pas le démon, on préfère une stratégie plus pastorale qui consiste à annoncer Jésus-Christ plutôt que de s’occuper du Diable. Au Portugal, c’est le même cas, il n’y a aucun prêtre-exorciste, mais pour des raisons différentes. Je pense qu’il y a eu trop d’abus et que l’épiscopat portugais est frileux à nommer des prêtres-exorcistes.

En France, chaque diocèse a un prêtre-exorciste. Le nombre d’exorcistes en France a beaucoup augmenté ces derniers temps afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses. Ces prêtres reçoivent indifféremment des chrétiens, des croyants d’autres religions, des athées… En ce sens, ils respectent les Saintes Écritures qui sont formelles sur ce point : il faut aider son prochain, peu importe sa croyance ou sa nationalité.

Les premiers chrétiens ont beaucoup exorcisé autour d’eux, afin de sauver leur semblable et les païens des griffes du démon. L’exorcisme était un acte de pure charité et tous ceux qui croyaient et invoquaient Jésus-Christ pouvaient exorciser.

Si les premiers papes se sont peu engagés sur cette doctrine, le courant s’est inversé avec Jean III au VIe siècle avec le Concile de Braga qui a condamné ceux qui refusaient de croire aux démons. Plus tard, le Concile de Latran IV (1215) et le Concile de Trente ont seulement confirmé que le démon a entraîné et entraîne l’homme à pécher.

Plus proche de nous, au XXe siècle, Paul VI a défini le Diable comme un être purement spirituel à l’orgueil qui incite l’homme à se vouloir semblable à Dieu, sa pire ruse consistant à faire croire qu’il n’existe pas. Et cela est bien vrai ! Aujourd’hui, on ne croit plus au Diable et donc, on ne dispose plus d’outils pour lutter contre lui. Ainsi, il peut agir à sa guise et entraîner l’humanité dans la désolation, avec les guerres, les massacres, les péchés en masse, les personnes qui s’enrichissent, l’argent au centre de tout, la prostitution, la luxure…

La démonologie établit que, dans la Bible, les anges sont les messagers et les ministres de Dieu et que dès leur création, puisqu’ils ont été créés libres, ils eurent le choix entre le bien et le mal. Parmi ces anges, certains choisirent le mal en s’éloignant de Dieu ou en voulant être son égal. Satan, Belzébuth, Asmodée, Bélial… sont des anges déchus, des anges des ténèbres.

Parmi les anges qui restèrent fidèles à Dieu, citons Michel, qui vainquit Lucifer, donc Satan, Raphaël qui protégea le jeune Tobie d’Asmodée et Gabriel qui annonça à Marie qu’elle sera la mère du fils de Dieu.

Les démonologues, en étudiant les récits bibliques, vont établir la preuve que le Diable apparaît dans de nombreux passages.

De nombreux théologiens nient l’existence du démon et interprète Satan comme un mythe ou un symbole du mal en général. À ces messieurs, j’aimerais simplement leur dire de relire l’enseignement du Catéchisme de l’Église Catholique, de relire les Évangiles. D’ailleurs, la première prière chrétienne, le « Notre Père », ne dit-elle pas à la fin « mais délivre-nous du mal » ? Par mal, entendez Satan, le Malin et non le mal en général. Cette prière est un exorcisme.

Le pape Paul VI nous dit à propos du Diable :

« Satan est un agent pervers et de perversion… ce n’est pas seulement un démon, mais une terrible pluralité. Donc, Satan est une personne, et même une pluralité de personnes ; il comprend tous les anges qui, ayant refusé d’obéir à Dieu, sont devenus des démons, c’est-à-dire des rebelles et maudits. À l’appui de cette doctrine de l’Église, il est opportun de rechercher dans la Bible quelques passages d’où émerge que l’existence de Satan est clairement révélée dans l’Écriture ; en outre, on peut comprendre que parler du démon signifie parler indirectement du Christ, puisque la Bible affirme que Jésus est le Sauveur venu nous libérer du pouvoir du Malin. Satan est libre, intelligent et doté d’esprit d’initiative. »

 

 

Chers amis, je terminerai cet article en vous disant que les démons sont tout autour de nous, ils nous tentent sans cesse, ils nous poussent à commettre le mal, à la jalousie, à l’orgueil… Nous sommes libres de l’écouter ou de le refuser. À nous de faire le bon choix, même si, à notre époque, il est plus facile de faire le mal que le bien, mais que l’on tire beaucoup plus de bonheur en faisant le bien que le mal. Cela, de nombreuses personnes ne l’ont pas encore compris ; peut-être le comprendront-elles un jour…

 

 

Marie d’Ange

 

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