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Le luciférisme, satanisme ou philosophie ?

Il est très difficile de cerner ce qu’est le luciférisme, car le luciférisme est abstrait et il y a autant de courants lucifériques qu’il y a de lucifériens. En effet, le luciférisme ne connaît pas de dogmes, de choses imposées. Certains le considèrent comme une religion, d’autres comme une philosophie. Pour ma part, je considère le luciférisme comme une branche du satanisme, car je le rappelle, Lucifer et Satan sont une même et unique entité. Mais, j’ai voulu en savoir plus le sujet.



 

 

Définition du luciférisme

Statue « Le Génie du Mal » du belge Guillaume Geffs, installée en 1848 dan sla charte de la cathédrale Saint-Paul.

 

Le luciférisme est une notion abstraite, considérée tantôt comme une religion avec ses rites et croyances imposés, tantôt comme une philosophie, une façon de vivre, un peu comme le satanisme de LaVeyen. Pour d’autres encore, ce sera un mélange des deux.

Dans le luciférisme, Lucifer peut être considéré comme un Dieu, comme un égrégore, comme une religion, rien n’est imposé. C’est ce que l’on retrouve dans le satanisme LaVeyen qui se définit comme étant une philosophie prônant l’ego et l’adoration de Satan. Et comme Lucifer est Satan, les deux courants se rejoignent. Il est faux de dire que l’on adore Lucifer et non Satan puisqu’en adorant Lucifer on adore Satan. Les deux entités n’en font qu’une, Satan est Lucifer et Lucifer est Satan. Lucifer était le premier archange créé par Dieu, qui se rebella et qui fut chassé. En se rebellant, on l’appela l’Adversaire, donc Satan.

Le luciférien considère Lucifer comme « Le porteur de lumière », une image symbolique de la connaissance, de l’illumination et de l’indépendance. Et ils se trompent fortement… On sait que certaines branches du luciférisme sont assez noires et flirtent volontiers avec le satanisme. D’ailleurs, le luciférisme c’est du satanisme déguisé. Certaines branches s’adonnent à des rites extrêmes et utilisent des ossements humains, de la chair humaine, du sang humain durant leurs rituels.

Le luciférisme est un courant littéraire peu connu, obscur, qui, contrairement au satanisme classique et au satanisme LaVeyen, ne se base sur aucun texte de référence. Ainsi, le luciférien est libre de pratiquer sa croyance comme il l’entend. Le luciférisme est un courant de pensée diffus et imprécis qui introduit Lucifer comme un « ange » de lumière, un symbole de connaissance se rebellant contre l’autorité.

 

 

La naissance du Luciférisme

 

Symbole luciférien

 

Le luciférisme est né d’une tradition littéraire cherchant à s’affranchir des conventions d’une société perçue comme oppressante. Encore une fois, on rejoint la pensée du satanisme Laveyen et celle du satanisme classique qui prônent la liberté individuelle et le rejet de la société.

L’un des plus importants précurseurs du luciférisme est John Milton et son œuvre poétique « Le Paradis Perdu ». Cette œuvre raconte la tentation qui mena Ève à manger le fruit de l’arbre de la connaissance, ce qui a provoqué la chute de l’Homme. Dans cette histoire, Milton met en scène Satan et le place au rang de héros. « Le Paradis Perdu » dresse le portrait de Dieu justifiant ses actes. Le poème décrit aussi la création de l’univers, de la terre et de l’humanité et explique l’origine du péché, de la mort et du Mal Absolu c’est-à-dire de Satan. Il aborde aussi des idées politiques de tyrannie, de liberté et de justice. Milton donne ses idées théologiques sur la prédestination, le libre arbitre et le salut. Enfin, Milton a été très influencé par la Bible, en particulier la Genèse, le livre de Job, les psaumes, le Nouveau Testament. Son œuvre a inspiré le mouvement romantique du début du XIXe siècle.

Le mythe populaire du docteur Faust et son pacte avec le Diable (représenté par Méphistophélès) ont aussi influencé le luciférisme. Dans cette œuvre, le docteur Faust signe un pacte avec le Diable afin d’obtenir des secrets alchimiques, ésotériques ou magiques. Cette version donnera le ton au romantisme allemand qu’est Goethe.

William Blake (1757-1827, artiste peintre anglais, graveur et poète préromantique) est le dernier précurseur du luciférisme et c’est lui qui inaugurera l’époque des Romantiques. William Blake a écrit de nombreuses œuvres poétiques d’inspiration chrétienne, mais très éloignées du dogme de l’Église. William Blake a écrit de nombreux poèmes, mais c’est celui intitulé « Le Mariage du Ciel et de l’Enfer » qui aura une influence sur le luciférisme. Ce poème aborde la réconciliation entre le bien et le mal et ouvre la voie au thème de la rédemption de Satan. D’où Lucifer qui se morfond et qui veut se faire pardonner en faisant le bien. C’est une des notions primordiales chez les lucifériens : Lucifer, donc Satan, est un ange du bien et souhaite se faire pardonner. Nous savons que tout ceci n’est que pure ineptie.

Dans ce courant d’idée, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont vu naître des auteurs exprimant leurs sentiments, leurs souffrances à travers leurs écrits. Le plus souvent, il s’agissait d’amour porté à une femme qui ne peut ou ne veut répondre de façon favorable aux avances ou de leurs états d’âme en choisissant des thématiques religieuses. Certains de ces auteurs, citons Lord Byron, Percy Shelley ou Hölderlin, se sont sentis comme Prométhée cruellement condamné par Zeus à un tourment éternel parce qu’il a apporté le feu (la lumière) aux hommes ou comme Satan/Lucifer rejeté de tous, car ayant apporté la connaissance aux hommes dans l’épisode biblique de la pomme d’Ève. D’ailleurs cette confusion entre Prométhée et Satan/Lucifer s’opère naturellement au fil des œuvres de ces auteurs. « Frankenstein » ou « Le Prométhée moderne » de Mary Shelley paru en 1818 ou encore « Les Fleurs du mal » de Charles Baudelaire paru en 1857, des œuvres où l’on voit clairement une pensée apparaître, une pensée désignée comme le « satanisme prométhéen » et qui désigne une exaltation du mal au sens philosophique du mal. Dans mon livre « L’influence de Satan dans l’histoire de l’humanité », j’aurais pu parler de l’influence de Satan sur ces auteurs. Cependant, cette pensée tombera vite dans l’oubli, car elle apparaîtra trop intellectuelle à cause de l’effervescence des idées politiques qui étoufferont cette pensée, notamment par l’apparition du socialisme, du marxisme.

D’un point de vue littéraire, c’est Victor Hugo qui ira le plus loin dans le thème du luciférisme, notamment dans son œuvre « La Fin de Satan », un poème épique inachevé et publié de manière posthume en 1886. Dans cette épopée, Victor Hugo se pose la question de la rédemption finale du mal, incarné par la prise de la Bastille. L’œuvre donnera le point final de cette tradition littéraire abordant le thème du mal porteur de lumière, du mal prométhéen nécessaire à l’homme pour son épanouissement. Victor Hugo abordera cette thématique, mais d’une manière moins évidente, à travers le personnage de Jean Valjean dans « Les Misérables ».

Durant la deuxième moitié du XIXe siècle et du XXe siècle, le luciférisme ne s’exprimera quasiment plus à travers des œuvres littéraires ou philosophiques. Face à l’influence politique de la pensée socialiste et l’influence intellectuelle des loges maçonniques, le luciférisme n’arrive plus à s’exprimer en Europe ou aux États-Unis. En Russie, on le retrouve notamment dans les œuvres de Dostoïevski ou Soljenitsyne.

Cependant, certains vont reprendre les idées romantiques et les adapter à un courant ésotérique naissant. C’est le cas, notamment, d’Aleister Crowley (1875-1947, écrivain, poète, occultiste, tarologue et astrologue anglais) connu aussi sous le nom de Maître Therion, Frater Perdurabo ou The Great Beast 666.

Cependant, le luciférisme a quasiment disparu à partir de la fondation de l’Église de Satan en 1966 par Anton Lavey. Ce qui est normal, puisque le satanisme Laveyen ressemble au luciférisme dans ses idées. La parution de la Bible Satanique, qui ressemble au « Livre de la Loi » de Crowley focalise l’attention des médias qui y voient la résurgence d’un satanisme médiéval. Le satanisme Laveyen a pour principe de renverser les symboles liturgiques chrétiens et de procéder à des parodies rituelles, des messes noires mêlant le sexe et la magie.

 

 

Lucifer ou Satan

 

Pendentif sceau de Lucifer

 

Le sataniste ou le luciférien dira que ce sont Satan et Lucifer qui permettent de faire la différenciation entre les deux courants. Or, Satan et Lucifer sont une même et unique entité. Par conséquent, le satanisme et le luciférisme sont une unique et même chose.

Le luciférien dira que Lucifer représente le nom angélique de Satan, ou que Satan est le nom démoniaque de Lucifer. Et je suis d’accord avec lui ! Donc, adorer Satan c’est adorer Lucifer et vice versa.

Le nom Lucifer n’apparaît pas dans la tradition hébraïque et dans l’Ancien Testament. Un seul passage se rapporte à un être ou un « astre brillant » associé au roi de Babylone et non à Satan. En revanche, Lucifer apparaît au début du christianisme et désigne Jésus-Christ lui-même. C’était une hérésie qui fut vite rétablie en associant Lucifer au Diable. Et le Diable, c’est Satan !

Virgile (70 av. J.-C/ 19 av.J.-C., poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l’empereur Auguste) associe Lucifer à la planète Vénus. Pour le poète, Lucifer est un dieu mineur annonciateur de l’aube. Ce n’est pas un personnage associé au diable biblique, mais un personnage de type prométhéen apportant un savoir, une connaissance à l’humain.

Et c’est de là que vient toute la difficulté d’étudier le luciférisme, puisque dans le satanisme, Satan est employé comme celui qui apporte la connaissance. On retrouve cette figure surtout chez les romantiques et leurs héritiers. Donc, on voit bien que le luciférisme est bien une branche du satanisme. C’est une forme de satanisme déguisé.

 

 

Les principes du Luciférisme

 

Pentagramme satanique. On y retrouve le symbole luciférien.

 

Il est très difficile de définir la démarche luciférienne et d’établir précisément ses principes. Notons, cependant, quelques thèmes récurrents :

  • La célébration de la connaissance et du savoir qui permettent une meilleure compréhension du monde. Ceci est symbolisé par l’image de la lumière repoussant les ténèbres.
  • L’affranchissement de l’homme des dogmes religieux définis par les autorités religieuses.
  • La solidarité entre les hommes face à l’esclavage ou à l’arbitraire. Le luciférisme implique une égalité absolue entre les hommes, qui collaborent vers un même but. Sur le plan politique, le luciférisme peut aller jusqu’à prôner un certain anarchisme, l’idée de désobéissance civile.

 

Le luciférien dira qu’il appelle à la réflexion et à la tolérance dans une démarche philosophique personnelle. Ce qui ne colle pas avec l’idée d’anarchisme et de désobéissance civile.

Le luciférisme est une notion floue que chaque luciférien peut interpréter à sa guise. Certains considèrent le luciférisme comme une religion et place Lucifer au rang de divinité qu’ils adorent comme un ange de lumière. Pour eux, Lucifer doit libérer les hommes de la servitude de son Créateur.

D’autres placent Lucifer comme roi des Enfers, dominant même Satan. Comme Satan et Lucifer sont une même et unique entité, l’un ne peut dominer l’autre. Cette pensée de Lucifer dominant Satan semble découler de la définition donnée par Collin de Plancy dans son « Dictionnaire Infernal ». En effet, Collin de Plancy nous dit : « Lucifer, nom de l’esprit qui préside à l’orient, selon l’opinion des magiciens. Lucifer était invoqué le lundi, dans un cercle au milieu duquel était son nom. Il se contentait d’une souris pour prix de ses complaisances. On le prend souvent pour le roi des enfers, et, selon quelques démonomanes, il est supérieur à Satan. On dit qu’il est parfois facétieux, et qu’un de ses tours est de retirer les balais sur lesquels les sorcières vont au sabbat et de leur en donner sur les épaules ; ce que les sorcières de Moira, en Suède, ont attesté en 1672. Les mêmes sorcières ont affirmé qu’elles avaient vu au sabbat le même Lucifer en habit gris, avec des bas bleus et des culottes rouges, ornées de rubans. Lucifer commande aux Européens et aux Asiatiques. Il apparaît sous la forme et la figure du plus bel enfant. Quand il est en colère, il a le visage enflammé, mais cependant rien de monstrueux. C’est, selon quelques démonographes, le grand justicier des enfers. »

Personnellement, je ne suis pas d’accord avec la définition de Collin de Plancy et cela sur plusieurs points que j’ai évoqué précédemment.

D’autres encore parlent d’un luciférisme orthodoxe, qui est un mouvement différent du satanisme pur et dur, qui confond Lucifer et Satan. Dans ce mouvement, Satan est le souverain des enfers et l’adversaire de Dieu, et Lucifer est l’archange déchu qui fait figure de Prométhée. Ce courant tend à disparaître, ses adeptes se tournent vers la Wicca dans un courant qui joue sur la dualité Lucifer/Lilith. Juste pour l’information, ce courant regroupe très peu d’adeptes et a été la cible d’enquêtes parlementaires en France. Les adeptes de cette forme de Wicca reconnaissent Dieu comme étant le Créateur de toutes choses. Dieu règne dans le ciel, mais ils estiment que cette création est imparfaite et voit ce Dieu judéo-chrétien comme un tyran intransigeant qui dicte sa volonté sans laisser de liberté aux hommes. Satan est vu comme la puissance destructrice, l’adversaire de Dieu et celui qui règne aux enfers. Lucifer est le plus bel archange créé par Dieu, mais qui s’est rebellé contre son créateur. De ce fait, il vient aider les hommes à se libérer de l’oppression de Dieu en leur donnant la connaissance.

 

 

Je terminerai cet article en disant que satanisme ou luciférisme, pour moi, cela revient au même. Étant donné que Satan et Lucifer sont une même entité, adorer l’un c’est adorer l’autre. Le satanisme prône le rejet total et violent des traditions hébraïques, chrétiennes et islamiques, alors que le luciférisme veut se montrer plus doux en rejetant simplement ces dogmes et en dénonçant les dérives de ces religions. Mais au final, le résultat est le même, puisque les deux courants tendent vers un même but, qui est l’anéantissement de l’humanité. Encore une fois, le diable peut prendre plusieurs visages pour mieux nous manipuler et nous berner.

 

 

Marie d’Ange

 

Pour aller plus loin


 

 

 



 

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Satan et Lucifer dans l’histoire de l’humanité

J’adore l’histoire et avec la sortie du livre « L’influence du démon dans l’histoire de l’humanité », je n’ai pas résisté à écrire cet article qui retrace l’histoire de Lucifer et Satan dans l’histoire de l’humanité. Comment étaient perçues ces entités ? Comment cette perception a-t-elle évolué au fil du temps ?




 

Un bref rappel

 

LLucifer et Satan, un seul même être.

 

Dans l’article « Lucifer et Satan, deux noms indissociables », j’expliquais que Lucifer et Satan étaient un seul démon. Revenons sur cette définition : dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges créés, le premier. Il était le chef de la milice céleste et détenait la connaissance. D’où son surnom d’ange des lumières. Mais, Lucifer se révolta contre son Créateur, car il voulait être au centre de la Création. Il n’avait pas saisi que Jésus-Christ était au centre de cette Création. Il le comprendra plus tard, lorsque Jésus-Christ le terrassera sur la Croix.

Lucifer entraîna dans sa révolte d’autres anges et archanges. L’archange Michel combattit contre lui et le chassa du paradis. Lucifer, vaincu, se réfugia aux enfers avec toute sa horde d’anges déchus. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie en hébreu, l’adversaire. Donc, Satan est l’adversaire de Dieu. Avant Lucifer, ange rayonnant, aujourd’hui Satan l’adversaire. Lucifer est, par conséquent, le nom angélique de Satan et Satan le nom démoniaque de Lucifer.

Satan est le diable et a on lui a attribué beaucoup de noms et surnom, comme le Malin, le prince du mensonge, le Mal Absolu, le Serpent, le Grand Séducteur, le Roi des Enfers, le Tentateur, le Maître des Enfers… Parfois même, on l’a confondu avec Léviathan, Asmodée, Bélial, Belzébuth…

On trouve beaucoup d’occurrences du diable et de Satan dans la Bible, mais le nom de Lucifer n’apparaît pas dans les Saintes-Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion.

Je me permets de vous donner quelques définitions bibliques du Diable :

 

Ézéchiel 28, 13-18

« Tu étais en Éden, le jardin de Dieu ; tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de chrysolithe, d’onyx, de jaspe, de saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé.

Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; je t’avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; tu marchais au milieu des pierres étincelantes. Tu as été intègre dans tes voies, depuis le jour où tu fus créé jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi.

Par la grandeur de ton commerce, tu as été rempli de violence, et tu as péché ; je te précipite de la montagne de Dieu, et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres étincelantes. Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté, tu as corrompu ta sagesse par ton éclat ; je te jette par terre, je te livre en spectacle aux rois. Par la multitude de tes iniquités, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi un feu qui te dévore. »

Dans ce passage du Premier Testament, on comprend que l’on parle de Lucifer, celui qui a été couvert de diamants, le protecteur, mais qui, à cause de son orgueil, s’est rebellé, devenant l’adversaire et a été jeté en enfer.

 

Apocalypse 12, 7 – 9

« Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

Quel merveilleux passage ! Ici, on nous décrit le combat de l’archange Michel contre Satan. Remarquez que l’on nomme Satan « le dragon » et que ce dernier est précipité sur terre.

 

 

 

Que dit la Bible

 

Le combat entre le bien et le mal est avant tout un combat spirituel.

 

Dans l’Ancien Testament, le mot « satan » ne désigne pas une personne définie, mais plutôt quelqu’un qui se pose en adversaire de quelqu’un d’autre. Le satan désigne aussi celui qui exerce au tribunal le rôle d’accusateur, comme nous pouvons le constater dans ce psaume où un homme faussement accusé demande à Dieu de punir ceux qui lui ont causé du tort : « Tel soit, de par le Seigneur, le salaire de mes accusateurs (mes satans) qui profèrent le mal contre moi. […] Qu’ils soient vêtus d’infamie, ceux qui m’accusent, enveloppés de leur honte comme d’un manteau ! » (Ps 109,20 .29).

Il faut attendre le livre de Job et le livre de Zacharie pour que Satan apparaisse comme un être surnaturel doté de pouvoirs. D’ailleurs, il est intéressant de constater que le Premier Testament fait preuve de beaucoup de sobriété dans la présentation de Satan, afin d’éviter de tomber dans les pièges d’un dualisme qui existait chez les peuples environnants. Ce dualisme consisterait à faire de Satan un être divin, égal à Dieu et représentant les forces du mal. Or, on préfère parler de Satan comme d’un ange de la cour céleste qui joue le rôle de l’accusateur dans les tribunaux. Il serait donc Lucifer œuvrant pour faire respecter la justice sur terre. Mais, on distingue déjà dans le livre de Job une volonté hostile contre l’homme et sa justice et l’on remarque que Satan s’oppose à Dieu : « il ne croit pas à l’amour désintéressé » (Jb 1,9) ; « sans être un “tentateur”, il s’attend à ce que Job succombe ; secrètement, il le désire, et l’on sent qu’il s’en réjouirait » (col. 1196).

La Bible pose la question de l’origine du mal dans le livre de la Genèse. Depuis que l’homme existe, le mal existe. Il prend des formes très diversifiées. Dans la Genèse, le mal apparaît sous la forme d’un serpent tentateur, dont l’habileté et la connaissance dépassent celles de l’être humain. Plus tard, ce serpent prendra le nom du diable, celui qui, selon le mot grec diabolos, « se jette en travers du chemin que l’homme parcourt sur terre » (Sg 2,23). Le diable séduit l’être humain, l’incite à renier Dieu, le tente, l’éloigne de la lumière de Dieu. Ainsi, le diable se comporte comme un adversaire de Dieu qui a pour but de noircir les âmes des hommes.

Le salut consiste à libérer les êtres humains de cette emprise diabolique, par la prière, la repentance, la piété… Et ce fut le dessein de Jésus-Christ : libérer les hommes de l’emprise de Satan. En effet, les Évangiles présentent la vie publique de Jésus, qui commence par la tentation dans le désert, comme un combat contre Satan. Dans le désert, Jésus affronte son Adversaire face à face et le terrasse. Puis, Il le combat dans la vie des êtres humains, en montrant comment le chasser des démoniaques (ceux qui sont possédés), mais aussi en redonnant la foi aux pécheurs et à tous ceux qui s’opposent à Lui. Jésus-Christ a changé l’histoire de l’humanité d’une manière extraordinaire ! Cette lutte acharnée entre le Christ et Satan sera à son paroxysme au moment de la Passion où le Christ vaincra les péchés du monde et la mort par la seule force de l’amour et de l’obéissance à la volonté de Dieu. Jésus-Christ a vaincu Satan au pied de la Croix. Il a sauvé l’humanité et nous a délivré un message formidable, qui est celui de chasser le démon en son nom. C’est ce que réalisent les exorcistes et c’est ce que chacun devrait faire pour ne pas être tenter par le démon, pour ne pas subir ses assauts.

Les hommes sont confrontés tous les jours à Satan l’Adversaire qui tentera toujours et sans relâche d’arracher la semence de la Parole dans le cœur des hommes. Satan demande à l’homme de renier sa condition de Fils de Dieu, comme il l’a fait avec Jésus dans le désert. Jésus-Christ nous a montré comment le repousser. À nous d’invoquer son nom pour avoir la force de le combattre. La seule arme que nous avons contre Satan, comme nous l’a enseigné Jésus, est l’amour de Dieu et de son prochain.

 

 

 

L’histoire de Satan et de Lucifer

 

Illustration de Gustave Doré

 

Les premiers chrétiens, dont les apôtres, ont propagé la Parole du Christ. Pendant les premiers siècles du christianisme, les chrétiens appelaient Jésus Lucifer, c’est-à-dire le porteur de lumière. Et en ce sens, ils avaient raison, Jésus apportait la lumière divine, mais il ne pouvait pas être Lucifer, puisque Lucifer est le premier archange créé par Dieu et celui qui s’est rebellé devenant ainsi l’Adversaire.

Ce n’est qu’à partir du Moyen-Âge, que Lucifer désignera un démon.

On a vu, dans le livre de la Genèse, que Satan est appelé le Serpent ou le Tentateur. Les noms Satan et Lucifer n’apparaissent à aucun moment.

Dans le livre d’Isaïe, on trouve ce passage :

« Oh ! Quelle chute as-tu faite du haut des Cieux, Astre du matin, fils de l’Aurore ! … Toi qui disais dans ton cœur :

“J’escaladerai les Cieux, j’y érigerai mon trône et je siégerai sur le Mont des Assemblées…

Je serai l’égal du Très-Haut ! …»

Et te voilà précipité dans le sépulcre, dans les profondeurs de l’abîme. » (Is 14, 12 – 15)

Origène fut le premier à considérer que ce passage parle de Lucifer (l’Astre du matin) et de sa chute dans les profondeurs de l’abîme par orgueil, pour avoir voulu être l’égal de Dieu. Et c’est cette déchéance qui a permis à Lucifer de devenir Satan, l’Accusateur, le Serpent, le Tentateur, le Malin… donc le Diable.

Tertulien, saint Cyprien, saint Ambroise (les premiers grands exorcistes) ont approuvé ce point de vue. Ainsi, le Diable est entré dans la théologie et donc dans la Genèse après les premiers textes chrétiens, c’est-à-dire les Évangiles, en se basant d’un texte hébraïque.

Les commentateurs des textes bibliques modernes admettent que le texte d’Isaïe est le plus ancien témoignage de la chute de l’Archange Lucifer, le porteur de Lumière, vers les Ténèbres de l’Abîme. D’autres exégètes ont vu dans ce texte la prédiction de la chute de Babylone et de son dernier roi. À chacun donc sa traduction. Pour ma part, j’adhère à la première.

Les premiers chrétiens étaient des exorcistes et chassaient le démon devant eux comme Jésus-Christ leur avait enseigné. Puis, l’Église a nommé les prêtres-exorcistes réglementant ainsi les exorcismes. Le diable était chassé. Il n’y avait pas de diabolisation. Les païens demandaient de l’aide aux chrétiens qui se montraient charitables. Il n’y avait pas de persécution.

Mais, Satan, à force de tentations, a réussi le prodige de renverser la situation. Cela s’est mis en place doucement au Moyen-Âge pour arriver à nos jours à ne plus croire au diable, à l’athéisme en masse… Aujourd’hui, ce sont les chrétiens qui demandent de l’aide aux païens (mages, sorciers…) et non l’inverse, car ils ne trouvent plus de réconfort auprès de l’Église.

Le véritable triomphe du Diable est intervenu au Moyen-Âge. C’est à cette époque qu’est posé le dogme de son existence. Son existence est érigée au rang de la Vérité révélée. Ce dogme de la foi catholique affirme que suite à sa déchéance, Lucifer, l’Ange de la Lumière, est devenu Satan, le Prince des Ténèbres, donc le Diable.

Ce dogme intervient à une période particulièrement trouble, obscurantiste, marquée par de nombreuses catastrophes (épidémies, famines, guerres, massacres, mouvements climatiques). Ces catastrophes sont souvent présentées comme l’œuvre du Diable. C’est aussi à la même période que l’on commence à tout diaboliser et que l’on voit le Diable partout. Mais on ne diabolise pas dans le but de délivrer, mais plutôt pour persécuter, comme ce fut le cas pour l’inquisition.

Puis, la théologie va se diviser en une théodicée, avec d’un côté, l’étude de Dieu et de l’autre côté, la démonologie avec l’étude du Diable. Je pense que cela fut une grosse erreur, puisque l’un ne va pas sans l’autre et vice versa. Il faut une grande connaissance dans les textes bibliques pour comprendre la démonologie, comme il faut une connaissance en démonologie pour comprendre les textes bibliques et chasser le démon.

Petit à petit, les mentalités vont évoluer et devenir laïques. Pendant les réformes luthériennes, le monde, déjà devenu laïc, est en pleine crise religieuse. Les grandes confessions (catholiques, protestantes…) se battent pour essayer de convaincre les chrétiens de les suivre. Les protestants et les catholiques jouent à enchérir le Diable et définissent de plus en plus nettement le démon comme un être capable d’intervenir dans tous les actes de l’existence. Ils en font trop. Ils valorisent même l’idée, apparue à la fin du Moyen-Âge, de la sorcellerie. Les démonologues se mettent à dresser des portraits horribles sur ces femmes qui s’adonnent à Satan lors d’orgies interminables, de longues copulations avec des boucs… Le Sabbat est décrit précisément comme un culte tenu secret où se réunissent des adeptes du démon pour faire le plus de mal possible autour d’eux. C’est la transcription de fantasmes à propos d’une secte démoniaque, d’humains qui ont abandonné la foi chrétienne et qui se réunissent dans des lieux secrets pour pratiquer un culte particulier, le SABBAT, et pour faire le plus de mal possible autour d’eux. Et c’est ainsi que l’on arrive aux épisodes des chasses aux sorcières… À force de tout diaboliser, on trouve le Diable partout ! Satan a donc réussi son pari de diffuser une idée de haine dans le monde, de plonger l’humanité dans la folie, de faire perpétrer des massacres violents. Il a toujours été présent tout au long de l’histoire de l’humanité. On peut sentir très nettement sa présence au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors du génocide du Rwanda… c’est-à-dire dès qu’il y a une augmentation des péchés en masse.

Les premières représentations du démon sont apparues au XIe siècle, avec les premières représentations des exorcistes. Pour le dessiner, on a utilisé l’image de Pan, une ancienne divinité païenne. Ainsi, le Diable a pris l’apparence d’un bouc, avec tout son attirail, les sabots, les cornes, la mauvaise odeur…

On pourrait croire que les chrétiens ont l’exclusivité du Diable. Il n’en est rien. Le Diable n’est pas une spécialité chrétienne. Il existe dans les autres religions sous différents noms. Il est Mâra qui tenta Bouddha, il est Belzébuth ou Baalzebub chez les Philistins, il est Ham Shatan chez les Hébreux, il est Ahriman, la divinité du Mal chez les Perses, il est Iblis qui refusa de se prosterner devant Allah dans le Coran, il est Lilith, la première femme d’Adam dans le Talmud…

En fait, le Diable est tout cela à la fois. C’est toujours le même ! Il s’adapte aux croyances, aux mentalités et c’est ainsi qu’il arrive à s’immiscer dans l’histoire de l’humanité et à provoquer des guerres, des catastrophes, à faire naître la haine… D’ailleurs, on peut s’apercevoir que tous ces diables ont des traits communs : ils symbolisent ou personnifient tous le mal, ils s’opposent tous à Dieu ou à une autre divinité. D’ailleurs, les termes que l’on emploie pour le personnifier sont clairs. Satan est le séducteur, le tentateur, le menteur, le malfaisant, le mauvais, le malin, l’accusateur, l’adversaire, l’ennemi… C’est lui la Bête de l’Apocalypse. C’est lui notre seul ennemi, celui qui peut prendre plusieurs visages pour mieux nous tromper.

 

 

Marie d’Ange

 

 

Pour aller plus loin




 

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Des servantes pour Lucifer




Encore une histoire de possession démoniaque issue des Dossiers Warren et se passant aux États-Unis dans les années soixante. Rappelez-vous : Ed et Lorraine Warren sont les célèbres enquêteurs du paranormal, les chasseurs de démons dont les affaires ont inspiré le film Conjuring : Les dossiers Warren. L’histoire que je vous présente aujourd’hui est tirée d’une enquête d’Ed Warren. Voici l’étrange histoire de deux jeunes filles possédées après avoir touché aux sciences occultes.

 

La conférence

 

Photographie issue du film Conjuring : Les meilleurs dossiers Warren

 

Ed et Lorraine Warren donnaient régulièrement des conférences sur la démonologie où ils relataient leurs enquêtes. Dans le film Conjuring : Les dossiers Warren, on les voit donner une de ces conférences.

Durant l’une de ces conférences, alors qu’ils sont dans un collège (attention, nous sommes dans un collège aux États-Unis, ce qui n’a rien à voir avec les collèges en France. Aux États-Unis, les collégiens sont plus âgés que ceux de chez nous) et que la salle est comble, Lorraine Warren sent une présence maléfique autour d’elle, sans pouvoir la distinguer ni pouvoir construire une image précise de cette impression. La séance de questions débute et une fois finit, les plus curieux peuvent se lever et venir saluer le couple.

Un jeune étudiant s’avance vers Ed et entame la conversation avec le démonologue. Près de lui se tient une jeune fille qui, pour une raison inconnue, bouillonne de rage. Lorraine ressent cette colère et prend à part son mari pour lui faire savoir ce qu’elle perçoit. Ed, voyant sa femme bouleversée, lui explique pourquoi le jeune homme est venu lui parler et pourquoi il a besoin de son aide. Ce qu’il allait lui révéler est pour le moins curieux.

 

Jimmy et Kendra

 

Lorraine et Edward Warren

 

Jimmy c’est le jeune étudiant qui est venu parler à Ed lors de cette fameuse conférence. Kendra, c’est sa petite amie qui l’a accompagné ou plutôt qu’il a forcée à le suivre. En effet, Jimmy la soupçonne d’être sous l’influence de forces occultes et c’est pourquoi il veut en parler avec Ed. Il lui avoue que la jeune femme est souvent prise de colères terribles. Lors de ces accès de rage, son visage se transforme, sa voix change et Jimmy a l’impression de se tenir en face d’une autre personne que Kendra. 

Très vite, Ed soupçonne une possession démoniaque. D’ailleurs, alors qu’Ed revient vers Jimmy, Kendra, folle de rage, se jette sur Lorraine et tente de l’étrangler. Cet incident effraye non seulement Lorraine, mais aussi les personnes qui se sont rassemblées près des deux conférenciers. Très vite, on maîtrise Kendra. Ed, devant la violence des faits, prend congé et demande à Jimmy de le suivre pour discuter plus calmement, sans la présence de Lorraine, qui est très secouée.

Ed Warren emmène Jimmy et Kendra en coulisse, loin des regards. Kendra est encore sous l’emprise d’une force démoniaque. Elle respire fort, les traits de son visage sont transformés (petit à petit, ils prennent l’apparence d’un loup), sa voix est rauque, glaciale, inhumaine. Au bout de quelques minutes, Kendra semble reprendre ses esprits. Elle se radoucit. Ed lui raconte, alors, ce qu’il vient de se passer. Kendra est sous le choc. Elle a vaguement conscience de son état, mais, après une crise violente, elle perd la mémoire. La jeune fille se met à pleurer et pense qu’elle est en train de devenir folle. Gentiment, Ed lui explique qu’elle est sous l’emprise d’une entité démoniaque. Mais, avant toute chose, avant de demander un exorcisme, il faut savoir pourquoi elle est possédée.

 

Les révélations de Kendra

 

Kendra sait pourquoi elle est possédée, elle sait pourquoi une entité démoniaque la poursuit. Et surtout, elle sait que tout ce qui lui arrive est de sa faute. Elle se confie alors à Edward Warren.

Lorsqu’elle avait fait la connaissance de Jimmy, elle l’avait tout de suite trouvé très séduisant. Les deux jeunes gens ont commencé à se voir, mais Jimmy n’était pas attiré par sa prétendante et avait fini par ignorer totalement ses avances. Kendra, qui était issue d’un milieu aisé et qui n’avait pas l’habitude qu’on lui refuse quoi que ce soit, mit tout en œuvre pour le séduire. Elle lui envoya de l’argent, lui écrivit de belles lettres enflammées… mais rien à faire. Jimmy ne voulait pas d’elle, un point c’est tout.

Alors, Kendra avait fait ce qu’il ne faut justement pas faire : elle s’était acheté un livre de magie noire pour se livrer à un rituel obscur. Eh oui ! Tous les moyens sont bons pour se faire aimer par celui que l’on désire. Le rituel choisi pour rendre fou d’amour Jimmy était un très ancien rite que même les plus grands magiciens hésitent à pratiquer, tant il est dangereux.

Là, vous vous dîtes que vous aimeriez connaître le titre de ce livre de magie et le nom de ce rituel. Je n’ai pas cette information, car les Warren, les jugeant trop dangereux, n’ont jamais voulu les divulguer au grand public. Et même si j’avais ces informations, je les garderai pour moi pour la même raison que les Warren les ont gardées pour eux.

Kendra a suivi à la lettre toutes les indications du livre. Elle s’est acheté une mantille de dentelle noire, qu’elle avait portée comme un voile de mariée funeste, la faisant tenir sur sa tête par une couronne de cornes de chèvres. Ensuite, elle a prononcé ses vœux, renier son baptême chrétien et renoncer à Dieu. Puis, elle a juré allégeance à Satan et lui a offert le sang d’un animal en sacrifice.

Un mois après, Jimmy lui téléphone et lui rend même visite. Kendra est aux anges. Mais cela ne va pas durer. En effet, en faisant son rituel, elle a attiré un esprit démoniaque qui ne va plus la lâcher et qui va prendre possession de son corps.

Devant l’urgence de la situation, Ed comprend qu’il n’y a plus de temps à perdre. Il faut pratiquer un exorcisme sur Kendra et cela le plus rapidement possible. En effet, le démon pouvait pousser Kendra au suicide. Elle perdrait alors son âme et rejoindrait l’enfer à tout jamais. Quant au pauvre Jimmy, il comprend qu’il vient d’être manipulé et commence à ressentir du dégoût pour Kendra.

 

Ed se met au travail

 

Diane, divinité de la chasse

 

Tout de suite après cet entretien, Ed sort prévenir Lorraine et raccompagne Kendra chez elle. Il y passe toute la nuit, car il ne veut pas la laisser seule. Jimmy lui tient compagnie. Ce soir-là, Kendra a dormi avec les lumières allumées et rien de particulier ne s’est passé.

Dès le lendemain, Ed téléphone à un exorciste protestant, un ami en qui il a une très grande confiance. Normalement, en matière d’exorcisme, ce sont les prêtres catholiques les plus compétents. Mais, la pratique du Rituel romain leur demande une grande préparation, ils doivent jeûner et prier pendant trois jours. Or, Edward Warren ne veut pas attendre tout ce temps.

Une heure plus tard, deux pasteurs protestants arrivent chez Kendra. Le démonologue leur explique la situation puis appelle Kendra. Il lui place, discrètement, un crucifix derrière la tête. Si Kendra réagit, la possession démoniaque est prouvée. Là, Kendra devient folle de rage, se met à crier, vocifère comme une bête. Elle veut qu’on lui enlève le crucifix et dit que ça lui brûle.

Il n’y a plus de doute : Kendra est sous l’emprise d’une force démoniaque. Alors, le pasteur le somme de s’identifier. L’entité qui possède Kendra va répondre : « Je suis un serviteur de Diane. »

En démonologie, Diane est un esprit d’oppression sexuelle, connu aussi sous le nom de la déesse de la chasse sous la mythologie. Malgré tous les efforts des deux pasteurs et d’Edward, l’entité refuse d’en dire plus. Devant les signes évidents de possession démoniaque, le pasteur, sans aucune autre preuve, décide de commencer le rituel d’exorcisme. La séance a duré plus d’une heure durant laquelle Kendra criait, hurlait, se débattait. L’entité ne voulait pas lâcher Kendra qu’il considérait comme sienne. Au bout d’une heure d’une bataille acharnée, le démon quitte le corps de la jeune femme, mais promet de revenir.

 

Quand l’entité maléfique revient

 

Le musée de l’Occulte

 

Après cet exorcisme, Kendra est délivrée. Elle n’est plus sous l’emprise mal. Elle remet à Ed son voile noir en dentelle, sa couronne de cornes de chèvres, le grimoire et la coupe qui avait contenu le sang de l’animal donné à Satan. Ed rapporte tout cet attirail de sorcellerie chez lui et les met en sécurité dans le Musée de l’Occulte. 

Mais, très vite, il s’aperçoit que l’entité le suit. Plus précisément, l’entité suit les objets de sorcellerie. En effet, dès qu’il rentre chez lui et qu’il les dépose dans son bureau, la pièce se refroidit d’un coup. Au-dessus du voile et des cornes, il voit une forme sombre de la taille d’un homme s’élever et flotter dans les airs. Pour arrêter le phénomène, Ed asperge ces objets d’eau bénite. L’exorcisme avait chassé l’entité du corps de Kendra, mais l’entité, au lieu d’être refoulée dans les ténèbres, s’est attachée aux objets.

Le lendemain, le démonologue reçoit un appel téléphonique d’un certain Robert Goldstrom qui dit vouloir le voir de toute urgence. C’est pour sa fille qui semble être attirée par la sorcellerie et qui pratique des rituels de magie noire. La fille en question s’appelle Denise. C’est une jeune fille curieuse, qui dès le jeune âge, a été attirée par l’occulte. Denise, au lieu de jouer à la poupée, préférait passer son temps à lire des grimoires de magie noire. Et avec l’âge, les choses n’ont fait que s’empirer. En effet, Denise avait commencé à pratiquer des rituels, devenant de plus en plus hostile à l’Église. Et petit à petit, Denise a commencé à faire peur à son entourage. Elle fixait les gens qui ressentaient alors une terreur. Même la propre mère de Denise ne voulait plus rester seule avec sa fille, tant cette dernière la terrorisait. Et Denise possédait des pouvoirs surnaturels. Un jour, elle avait fait stopper une voiture qui roulait sur l’autoroute en la regardant fixement et en marmonnant des mots incompréhensibles.

Mais ces derniers jours, les choses se sont empirées. Denise présente plusieurs personnalités qui s’expriment à tour de rôle à travers sa bouche. Certaines sont masculines, d’autres féminines et d’autres encore très menaçantes. Robert Goldstrom a peur, pour lui, pour sa femme et pour sa fille. Denise a été vue par plusieurs psychiatres, mais aucun d’eux n’a su dire de quel mal elle souffrait. Un psychiatre avait même conseillé à la famille de voir un prêtre. Ce qu’a fait Robert. Et le prêtre qu’il a vu refuse de voir Denise avant qu’Ed Warren ne la voie et donne son avis. Un rendez-vous est fixé pour le samedi suivant.

Cette nuit-là, l’esprit se manifeste une nouvelle fois dans le Musée de l’Occulte et Ed asperge une nouvelle fois les objets d’eau bénite. Le lendemain, les Warren se rendent en Pennsylvanie et dans l’Ohio et ne reviennent chez eux que le vendredi soir.

 

Denise Goldstrom

Comme convenu, le samedi, Robert Goldstrom arrive chez les Warren. Il est accompagné de sa fille Denise, âgée de 19 ans. Denise est une jeune fille grande, mince, brune, aux yeux bleus très perçants. Ed lui dit bonjour et veut lui serrer la main. Mais Denise a un mouvement de recul. La jeune femme semble épier les moindres gestes du démonologue. Ed invite Robert et Denise à le suivre dans son bureau, où il allume son magnétophone pour démarrer son enquête. Alors, Robert Goldstrom lui raconte à nouveau son histoire, ou plutôt l’histoire de sa fille. Pendant ce temps, Denise garde le silence et scrute Ed avec méfiance.

Quand Robert a terminé, Ed se tourne vers Denise et la questionne. Et le dialogue qui s’installe entre eux est plutôt surréaliste. Denise dit qu’elle est plus vieille que ce que l’on pense, qu’elle peut être qui elle veut, qu’elle est elle-même, puis devient insultante. Durant tout l’interrogatoire, Denise n’a pas cessé de fixer Edward Warren. Mais ce dernier lui fait bien comprendre qu’il est très fort et qu’elle n’arrivera pas à l’intimider. Ce qui désoriente totalement Denise, qui détourne enfin son regard. Soudain, elle voit le voile de dentelle noire. Brusquement, avant qu’Ed puisse réagir, elle se lève et s’en saisit. Denise serre le voile contre sa poitrine et soudain, ses traits se transforment en ceux d’une créature immonde et abjecte. Un démon a pris possession de son corps. Ed s’empare, alors, de deux flacons, l’un contenant de l’eau et l’autre de l’eau bénite, s’éloigne de Denise qui se met à rire d’un rire guttural et diabolique.

Le plus important pour le démonologue est d’entretenir la conversation. Donc, tout simplement, il lui demande pourquoi elle rit autant. Denise répond parce qu’elle sait qui il est et qu’ils se sont déjà rencontrés. S’installe alors un autre dialogue surréaliste. L’entité qui possède le corps de Denise dit souffrir, dit que le noir est sa couleur, que le noir est la couleur de la mort, dit adoré Diane et Lucifer. Ed lui pose le flacon d’eau dans les mains. L’entité dit ne pas aimer l’humidité, préférer la graisse humaine et boire du sang. Alors, Ed lui dit qu’il a de l’eau bénite pour elle. L’entité se met à pleurer et à parler de l’enfer et du paradis, disant même qu’Ed est entre les deux. L’entité dit aimer la paix, mais dit ne pas aimer Ed et se met à hurler. Ed veut en savoir plus et dit savoir pourquoi l’entité ne l’aime pas : tout simplement parce qu’il lui a volé Kendra. Puis il lui demande de dévoiler son nom. Le démon répond qu’il est un favori de Lucifer. Puis menace Edward Warren en lui disant qu’il prendra à nouveau possession de Kendra dès qu’elle aura bu du sang. Donc bientôt.

Alors, Ed l’asperge d’eau bénite et le somme de quitter le corps de Denise, au nom de Jésus-Christ. Le démon vocifère, hurle, se contorsionne. Ed fait le signe de la croix et somme le démon de fuir. Soudain, Denise se met à miauler, à aboyer, à hululer, à gémir, à hennir… puis redevient normale. L’entité a quitté son corps. Alors, Ed comprend que Denise est un récipient ouvert à la possession, elle est un moyen de communication entre les démons et les humains. Denise est une sorcière naturelle qui est née avec la connaissance des pratiques occultes. Denise est un instrument du diable, son porte-parole, une sorte de mage noire, une réincarnation d’une sorcière maléfique. Et Ed croyait en la réincarnation (ce qui est, chers lecteurs, contraire aux croyances chrétiennes).

Au cours des mois suivants, Ed rencontra Denis trois fois, mais ne parvint pas à la sauver. Il donna une lettre de recommandation pour les ecclésiastiques, disant que Denise avait besoin de conseils religieux. Sinon, elle était vouée aux forces occultes.

Après cette histoire avec Denise, plus aucun démon sortant des objets de sorcellerie de Kendra ne vint importuner les Warren

Par contre une semaine après l’exorcisme, Jimmy téléphona à Edward. Kendra avait bu du sang, comme l’avait annoncé le démon par la bouche de Denise. Par cet acte, l’entité démoniaque avait à nouveau pris possession de son corps. Ed dû repartir voir Kendra et affronter le démon par un nouvel exorcisme. D’après les sources connues, Kendra n’a plus jamais pratiqué de rites de sorcellerie ni bu du sang. Sa mantille en dentelle, sa couronne de cornes de chèvres, son livre de sorcellerie et sa coupe se trouvent toujours enfermés et exposés au Musée de l’Occulte dans la demeure des Warren.

On ne sait pas ce qu’il advint de Denise, si elle a pu être sauvée… ou pas…

Source : Selon le livre de Gérald Brittle « The Demonologist: The Extraordinary Career of Ed and Lorraine Warren. »

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 

 





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Lucifer et Satan, deux noms indissociables

Toutes les religions, tous les peuples, toutes les croyances parlent de Lucifer ou de Satan. D’ailleurs, au fil des croyances et des époques, Satan revêt plusieurs noms, dont  le Diable, l’Antique Serpent, Grand Dragon ou encore Père du mensonge tandis que Lucifer est le porteur de la lumière. Qu’ont-ils en commun ?

 

 

 

Lucifer ou Satan ?

 

Représentation de Lucifer

 

Lucifer est un nom propre qui signifie « Porteur de Lumière ». À l’origine, c’était le nom que les Romains donnaient à l’étoile du matin, autrement dit Venus. C’est aussi un personnage de la mythologie grecque et romaine, dieu de la connaissance et de la Lumière.

Dans la tradition chrétienne, Lucifer était le plus beau des anges, le premier des anges créé par Dieu. Chef de la milice céleste, il détenait la connaissance et la Lumière. Mais c’est lui qui se révolta contre son Créateur qui, pour le punir, le chassa du paradis. Il échoua en enfer entraînant dans sa chute tous les anges qui avaient combattu avec lui. C’est ainsi qu’il prit le nom de Satan, qui signifie, en hébreu, l’adversaire. En effet, le terme de satan n’est pas un nom propre, mais bien un nom commun qui désigne un adversaire ou celui qui s’oppose.

Donc Lucifer et Satan seraient une seule et unique entité. D’abord ange donc Lucifer, puis ange déchu devenant Satan. C’est sa chute qui lui fit perdre son nom premier. Lucifer est donc le nom angélique de Satan ou encore Satan est le nom démoniaque de Lucifer.

Par contre, ce qui est étonnant, c’est que l’on trouve dans les différents écrits littéraires ou bibliques différentes occurrences du nom Satan. Il est appelé tour à tour Léviathan, Asmodée, Grand Séducteur, Roi des Ténèbres, Baalbérith, le Serpent, le Tentateur, le Malin, le Maître des Enfers, le Diable, Bélial, Belzébuth… Mais le nom de Lucifer n’existe pas dans les Saintes Écritures. Serait-ce encore un tour de passe-passe du Malin pour semer le trouble et la confusion ?

 

 

Satan dans le dogme catholique

 

Représentation de Satan

 

Satan est l’adversaire de Dieu, celui qui s’est rebellé contre lui. C’est lui qui a tenté David et l’a incité à dénombrer les enfants d’Israël. C’est lui qui tenta Ève, à l’aide de Lilith, dans le jardin d’Eden. Dans le Nouveau Testament, c’est encore lui qui tente Jésus-Christ lorsqu’il jeûne pendant 40 jours dans le désert et qui prend possession de Judas Iscariote pour le pousser à trahir Jésus.

Dans la religion catholique, Satan est le Mal Absolu, celui qui le premier s’est révolté contre Dieu, perdant ainsi son rang d’ange. Il devient alors un ange démoniaque, hirsute. Ses cheveux sont des serpents. Il porte les marques de la foudre divine qu’il dissimule sous ses ailes noires. Satan règne sur les Ténèbres et les Enfers. Il tient un rouleau de parchemin dans une main et dans l’autre une plume de fer avec laquelle il écrit son plan pour évincer Dieu.

D’ailleurs, Satan n’a qu’un but, celui de prendre le commandement du paradis. Pour cela, il détourne l’homme de son Créateur en usant et en abusant de son pouvoir ordinaire qui est la tentation. Ainsi, il fait commettre des péchés. Mais Satan détient la connaissance, il est rusé et menteur. Il détient l’art de manipuler.

Son influence peut très vite devenir malsaine, surtout si l’homme se laisse aller à l’orgueil, à l’égoïsme et est avide de pouvoir. Satan possède la faculté de changer d’apparence pour mieux séduire. Habituellement, il est représenté sous forme d’un monstre, mi-homme mi-bouc.

Dans la plupart des religions et des dogmes, Satan représente la perversion et le mauvais chez l’homme. Il serait aussi le symbole de l’exaltation imaginative qui pousse l’homme à faire du mal ou à se faire du mal et à effectuer des actes qui peuvent le conduire à sa perte. Il ne faut pas oublier qu’il déteste l’homme et qu’il ne peut atteindre Dieu qu’à travers lui.

Satan peut-être chassé par Jésus-Christ qu’il craint. En effet, Jésus, par son sacrifice sur la Croix, l’a battu. De plus, Jésus a su résister à la tentation.

Satan est le premier démon antagoniste de Dieu. Il est traditionnellement associé à Belzébuth ou Baal-Zébuth ou encore le dieu Baal dans les Évangiles et à Méphistophélès au Moyen Âge, alors que ce sont des personnages distincts, des anges déchus qui ont suivi Satan dans sa chute.

 

 

Quelques petites coïncidences et le chiffre 666

 

 

Parlons d’abord du chiffre 666. Pourquoi ce chiffre représente-t-il la bête ? Aux États-Unis, par exemple, le chiffre 666 inscrit sur un simple CD peut suffire à le faire interdire de la vente. Eh oui, le chiffre 666 fait peur. D’ailleurs, la phobie de ce chiffre porte un nom, l’hexakosioihexekontahexaphobie. Pour comprendre d’où vient ce chiffre, il faut remonter à la Bible et plus précisément à l’Apocalypse selon saint Jean. Au chapitre 13 verset 18 il est écrit : « Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’hommes, et son nombre est six cent soixante-six. »

Ce qui n’est pas précisé dans la Bible, c’est que ce chiffre est la somme des valeurs numériques liées aux lettres. La langue de Jésus était l’araméen, mais la Bible a été rédigée en grec, avec quelques formes syntaxiques empruntées de l’hébreu. Et chaque lettre, grecque ou hébraïque, a une valeur numérique, dont le chiffre d’un nom est le total de ses lettres. Donc le chiffre de Satan est 666. C’est aussi le chiffre de César-Néron en grec.

De tout temps, les hommes sont fascinés et attirés par ces deux personnages Lucifer et Satan, qui n’en forment qu’un d’ailleurs. On retrouve Lucifer dans le prénom Lucie, sans pour autant que lui soit attribué une quelconque connotation négative. D’ailleurs, la fête de la Sainte-Lucie est le 13 décembre sur le calendrier romain. Ce jour, dans les anciens calendriers,  a été rapporté comme le jour de la nuit la plus longue. Maintenant, on sait que c’est au solstice d’hiver, mais avant ce n’était pas le cas.

D’ailleurs, à propos du 13 décembre, il faut savoir que l’élection de George W. Bush a été validée deux fois un 13 décembre, en 2000 et 2004. On pouvait croire ce personnage habité par Lucifer (donc Satan) tant ses propos étaient troublants. On l’a souvent entendu dire des phrases du genre « La lumière luit dans les ténèbres » ou « Cet espoir illumine encore notre route. » Des discours très illuministes vous ne trouvez pas ?

Parlons de la statue de la Liberté, cette immense statue qui a été offerte par les Français aux Américains et qui est le symbole d’un pays libre. En fait, la statue de la Liberté fait beaucoup penser aux influences lucifériennes, dans le sens où elle porte la lumière et que sa couronne est le symbole d’un rayonnement stellaire qui irradie sur les sept continents. Eh oui, Lucifer est partout.

Chez les Hollandais, le mot allumette se traduit par « lucifer » dans le sens où elle donne la lumière.

 

 

Satanisme ou Luciférisme ?

 

La Bible Satanique d’Anton LaVey

 

Le satanisme au sens théiste peut être considéré comme du « catholicisme inversé ». C’est un courant religieux dans lequel Satan est vénéré comme un dieu suprême ainsi que tous les anges déchus, donc les démons. Le sataniste croit en l’existence de Satan qu’il considère comme Lucifer, le Porteur de Lumière. Il l’honore, le vénère et pratique des rituels.

Le satanisme au sens théiste se distingue du satanisme Laveyen qui est avant tout une philosophie de vie. Il repose sur une croyance de l’ego et de l’individualisme dont le but est d’abord de croire en soi-même. Il a été créé par Anton Lavey, qui est d’ailleurs l’auteur de la « Bible Satanique » et fondateur de l’Église de Satan, qui prône la totale liberté des hommes de ne pas suivre les dogmes religieux et de ne vénérer aucune divinité. En fait, ici l’homme est son propre Dieu.

Le luciférisme est un courant littéraire encore mal connu et dont les contours restent flous, qui ne se base sur aucun texte de référence. Le personnage principal est Lucifer, un ange de lumière qui symbolise la connaissance. Ce courant prône la rébellion contre n’importe quelle forme d’autorité. Les lucifériens cherchent, avant tout, à s’affranchir de toutes les conventions sociales autant morales, religieuses ou même politiques.

Satan et Lucifer étant une même et unique entité, les satanistes et les lucifériens prient et honorent le « Prince de ce monde » comme l’appelait Jésus-Christ. Donc, ces deux courants sont tous deux dangereux. Et là je vois déjà les lucifériens crier au scandale ! Sauf, qu’il faut appeler un chat un chat et parfois remettre l’église au milieu du village. Je ne fais pas du politiquement correct, j’annonce ce que je croie être des vérités. N’en déplaise à certains…

 

Pour résumer, chacun honore, croit ou rejette Satan à sa manière. Certains le prennent pour un dieu, d’autres ont en peur. D’autres font appel à lui pour avoir la connaissance alors que certains rejettent son existence. Que l’on soit l’un ou l’autre, il faut tout de même se dire que le mal existe, à travers les guerres, les génocides, les meurtres, les déviances sexuelles, la cupidité… Est-ce l’œuvre de Satan ou de l’homme lui-même ? À vous de me répondre.

 

Marie d’Ange

 

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