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Sinister, le film qui revisite la possession démoniaque




Sinister est un film d’épouvante/horreur avec un scénario simple et efficace, une ambiance lourde et stressante, une musique angoissante… bref tout y est pour nous faire peur. Si bien, que j’ai décidé de vous en parler dans ce billet, afin de lever le voile sur ce fameux démon Bagul qui apparaît dans ce film.

 

Généralités

Dates de sortie : 5 octobre 2012 aux États-Unis

                              Le 7 novembre 2012 en France

                              Le 14 novembre 2012 en Belgique

Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salle.

Durée : 1 h 50

Genre : épouvante-horreur, thriller

Nationalité : Américaine et Britannique

Producteur : Jason Blum

Réalisateur : Scott Derrickson

Scénario : Scott Derrickson et C Robert Cargill

Musique : Christopher Young

Budget : 3 millions de dollars

Box-office mondial : 87 702 460 dollars, dont 48 086 903 dollars aux États-Unis et 414 741 entrées en France.

 

Casting

Ethan Hawke dans le rôle d’Ellison Oswalt

Juliet Rylance dans le rôle de Tracy Oswalt

Fred Thompson dans le rôle du shérif

James Ransone dans le rôle du shérif adjoint

Claire Foley dans le rôle d’Ashley

 

Synopsis

 

Ellison Oswalt est un auteur de romans policiers qui s’inspire de faits réels pour écrire ses histoires. Il est en recherche d’une nouvelle histoire qui pourrait transformer son roman en best-seller. C’est pourquoi il emménage, avec sa femme et ses deux enfants, dans une maison où les anciens propriétaires ont été retrouvés pendus et où un enfant du couple a mystérieusement disparu. La police n’a jamais pu expliquer ce suicide collectif ni retrouver l’enfant. Ellison découvre, dans le grenier, des bobines de film 8 mm ainsi qu’une visionneuse. Les films contiennent les meurtres d’autres familles, tous tués dans d’atroces circonstances. Très vite, Ellison va enquêter sur ces meurtres et sera la proie d’une entité surnaturelle qui menace de plus en plus sa famille.

 

Quelques anecdotes

 

  • En France, la programmation du film devait se faire une semaine après la programmation de Paranormal Activity 4. Mais, après des débordements survenus pendant le visionnage de Paranormal Activity 4 (pillage de confiseries, insultes aux caissiers, urines sur les fauteuils…), Sinister a été déprogrammé de 40 salles de cinéma, dont la salle de Mantes-la-Joly et de Montat Aire dans l’Oise. En effet, comme le producteur de Paranormal Activity 4, qui n’est autre que Jason Blum, est aussi le producteur de Sinister, on a jugé qu’il était préférable de le déprogrammer pour éviter ce genre de débordements. Après un appel au calme de Jason Blum sur sa page Facebook, le film a enfin pu sortir en France. Ces incidents montrent à quel point la France se détériore, la France est rongée de l’intérieur, il faut le dire et je le dis ! Pour une poignée de racailles, on déprogramme un film !
  • Le tournage du film Sinister s’est déroulé dans une bonne ambiance et dans la bonne humeur. Cette ambiance décontractée ne se voit pas à l’écran, tant le film est lourd, l’ambiance pesante et glauque, la tension au maximum.
  • Scott Derrickson avait déjà réalisé le film L’Exorcisme d’Émily Rose en 2005 et Hellraiser 5 : Inferno en 2000.
  • Sinister emploie la technique du « found footage », c’est-à-dire un genre qui est très usité ces derniers temps dans les films d’horreur. Cette technique consiste à mettre en scène un évènement terrifiant à travers la caméra d’un personnage, ce qui amène à croire que l’évènement est bien réel. On retrouve le « found footage » dans Cannibal Holocaust ou encore dans REC ou Paranormal Activity.
  • Malgré un petit budget de 3 millions de dollars (tout est relatif et aux États-Unis, 3 millions de dollars représentent un film à petit budget), le film Sinister a rapporté plus de 77 millions de dollars. Fier de ce succès, le producteur Jason Blum réitérera l’exploit en annonçant un Sinister 2 qui sera sur les écrans en 2015. Pour Sinister 2, toute l’équipe du premier volet sera de retour, à l’exception de Derrickson, qui se contentera d’écrire le scénario aux côtés de C Robert Cargill.
  • Le film est produit par Jason Blum qui est connu pour ses films à petit budget, mais qui rapportent gros. En effet, il est le producteur de Paranormal Activity et Insidious. Jason Blum est devenu le producteur à la mode de ce genre de film.

 

Mon avis

 

Ceci est mon avis et n’engage que moi. Je sais que certains ont trouvé le film Sinister nul et soporifique, mais moi je l’ai trouvé tout simplement génial.

L’ambiance est glauque et prenante. Le scénario est génial, même si l’on sait d’avance comment le film va se terminer. La musique nous glace le sang. L’histoire de cette entité qui hante à travers des films super 8 mm est bien trouvée.

Cependant, je dois émettre quelques bémols. On a un arrière-goût de réchauffé, avec un écrivain qui tente de réécrire un best-seller et qui sombre dans l’alcoolisme et la paranoïa. L’histoire traîne un peu en longueur et la fin est bâclée. L’intrigue policière en trame de fond est excellente, même si elle demeure un peu trop prévisible.

Derrickon a voulu nous faire sursauter à grand renfort de spectres d’enfants, avec des yeux entourés d’un maquillage noir plus que douteux qui ne réussissent pas vraiment à nous faire peur, mais plutôt à discréditer le film et le savoir-faire du cinéaste. On a quelques sursauts notamment provoqués par la musique qui devient de plus en plus forte, mais rien de bien méchant.

Ce long-métrage permet, aussi, quelques réflexions intéressantes sur notre vie actuelle, avec une notion de vanité en arrière-plan, avec cet écrivain qui va sombrer dans la paranoïa et qui, pour sa gloire personnelle, va perdre sa famille et la vie. Cet écrivain, que l’on va détester, se sert des malheurs des autres pour sa propre gloire. Il est normal qu’il soit puni non ? Mais pas au détriment de sa famille.

Sinister est l’un des rares films, mis à part peut-être Conjuring : Les dossiers Warren, à m’avoir donné la chair de poule ces dernières années. Le réalisateur prend tout son temps pour établir son ambiance et c’est tant mieux. Les images extrêmement glauques des films 8 mm renforcent cette idée d’ambiance lourde, ainsi que la bande-son qui est excellente. Le film prend aux tripes et nous tient en haleine. Le film joue avec les nerfs des spectateurs, notamment en immisçant des scènes très intimistes d’Ellison Oswalt, admirablement joué par Ethan Hawke, qui ne font que renforcer le malaise. Et comme je l’ai dit au début, ce n’est qu’à la fin que ça coince, avec des fantômes d’enfants morts trop exposés et au maquillage old scholl et la fin qui est d’une bêtise impardonnable.

Mais malgré cela, je recommande ce film à tous les mordus du genre horrifique, à tous ceux qui aiment se faire peur. C’est un film qui donne un autre aperçu de ce que peut être la possession démoniaque, car être possédé par un démon ne signifie pas toujours dire des injures à outrance, se tordre dans des postures improbables, vomir un liquide vert… C’est aussi être poursuivi par un démon qui veut nous nuire et qui nous conduira, inévitablement, à la souffrance et à la mort.

 

Et Bagul ?

 

Venons-en à ce démon que l’on voit dans le film sous les traits d’une figure sombre à la bouche cousue. L’image de Bagul dans le film fait penser à celle de Boogeyman.

Et pour répondre à la question, le démon Bagul n’existe pas.

Le signe de Bagul, retrouvé dans les films 8 mm, est un signe inventé de toutes pièces, ainsi que son histoire. Dans le film, on nous dit que Bagul est un démon mineur de l’époque babylonienne qui est tombé dans l’oubli. C’est un dévoreur d’enfants. Il mange les âmes des enfants qu’il capture. Il utilise différents stratagèmes pour manipuler et attirer les enfants dans son monde.

Autrefois, on lui vouait un culte qui consistait à lui sacrifier un enfant en mangeant la chair de l’enfant sacrifié. Dès les premières images du film, on sait d’avance que Bagul va conduire toute la famille Oswalt à la mort. Ce démon possède la particularité de voyager dans notre monde à travers les images.

On pourrait apparenter Bagul à Lilith, une démone dévoreuse d’enfants. Bagul ressemble aussi à Abyzou, un démon femelle qui a été souvent blâmé pour ses fausses couches et qui se venge en dévorant les enfants des femmes fertiles.

Donc, non Bagul est un démon inventé de toute pièce pour nous faire peur et qui n’est pas répertorié dans les listes des démonologues. D’ailleurs, son image dérange.

 

Je dirai, pour conclure, que le film Sinister reste un bon film, malgré une fin un peu bâclée et des scènes enfantines. En tant que démonologue, je ne devrai pas vous pousser à regarder des films d’horreur. C’est l’opinion de certains et je ne la partage pas. En effet, il faut voir le Mal pour y croire. Et le fait d’y croire est déjà un grand pas en avant. Y croire c’est rechercher les moyens de le combattre. La plus grande force du démon est de nous faire croire qu’il n’existe pas, c’est ce qui lui permet d’œuvrer sans être dérangé, sans qu’on le combatte.

Marie d’Ange

Pour aller plus loin




3 réflexions au sujet de « Sinister, le film qui revisite la possession démoniaque »

  1. tout à fait d’accord!!!!! dès les premières images en super 8 j’étais pris dedans. Contrairement à 70% des films du genre actuels (lequels n’ont aucune originalité. ex : la dame en noir !!!!)

    tout le long du film J’AI FLIPPE MA RACE!!!!!! toute la subtilité du film est dans cette ambiance quasi palpable. autant dans le premier que le deuxième volet.

    cordialement

  2. C’est Boogeyman et non pas Boogie Man héhéhé… remarquez, ça deviendrait tout de suite moins flippant, si le croque mitaine chantait du « boogie »!

    1. Bonjour,
      Merci d’avoir signalé cette erreur, que je vais rectifier aussitôt.

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