Saint Paul de la Croix

Il n’est pas rare que ceux qui vouent leur vie à Dieu soient persécutés par le Malin. Pourquoi ? Pour éprouver leur foi. Car rien n’arrive sans le consentement de Dieu. Ce fut le cas de Padre Pio, d’Anneliese Michel, du pape Jean-Paul II… et bien sûr de Saint Paul de la Croix. Voici son histoire, car je pense qu’il est important de montrer que les miracles existent.

 

 

La naissance de Saint Paul de la Croix

 

Portrait de Saint Paul de la Croix

 

De son vrai nom, Paul-François Danei est né le 3 janvier 1694 à Ovada (Italie). Il était le fils de Luchino Danei, commerçant et d’Anna-Maria Massari. Aîné d’une famille de 16 enfants, dont six survivront après l’enfance, il fut élevé dans la foi et la piété. La famille connut une pauvreté parfois éprouvante, mais toujours acceptée avec résignation dans la foi chrétienne.

On raconte que la nuit de sa naissance, alors qu’il venait au monde, la chambre s’éclaira d’une manière extraordinaire… Certainement le signe qu’un saint était né !

En 1965 naquit le second fils, Jean-Baptiste Danei, qui fut, durant toute sa vie, le compagnon fidèle de Paul-François.

Très tôt, Paul-François sut qu’il était voué au Christ. Il eut des visions, fut persécuté par le Malin… mais ne baissa jamais les bras. Il fut éprouvé tout au long de sa vie. Il fonda la congrégation de la Passion de Jésus-Christ après une vision, congrégation aujourd’hui appelée les Passionistes.

 

 

 

Le combat de Saint-Paul de la Croix

 

Saint Paul de la Croix a enseigné l’amour de la Sainte Passion.

 

Un jour, alors qu’il était un jeune adolescent et qu’il jouait avec son frère près de la rivière Tanaro, on raconte que les deux jeunes étaient tombés à l’eau et qu’ils manquèrent de se noyer lorsque, tout à coup, apparut une très belle dame très gracieuse, qui leur donna la main, les délivra des eaux tumultueuses et les sauva. Ce fut le premier miracle. Paul-François s’empressa de remercier la Sainte-Vierge et de la louer.

Paul-François enfant et son frère Jean-Baptiste aimaient construire de petits autels et se prosterner devant une petite statuette représentant Jésus.

Très jeune déjà, Paul-François Danei mena une vie austère orientée vers la prière et l’oraison, entraînant son frère Jean-Baptiste à le suivre dans cette vie pénitente. Ils méditaient souvent aux souffrances vécues par Jésus-Christ sur la croix.

Paul-François était doué d’une intelligence remarquable, un don qu’il disait envoyé de Dieu. Il fit ses études à Crémolino sous la conduite d’un prêtre vénérable.

Il quitta sa famille très jeune pour s’occuper du service des malades dans l’hospice de Saint Gallican. Rapidement, il fonda une petite société de jeunes gens à qui il enseigna comment s’adresser à Dieu avec des oraisons.

Son entourage le considérait comme un saint, car Paul-François avait cette capacité à mettre à profit l’autorité naturelle que le Seigneur lui donnait sur les autres, afin de les exhorter du péché et de vivre en communion avec la nature et les hommes.

On dit que Dieu, pour l’aider, lui confia plusieurs charismes, dont celui de pénétration des consciences. Il fit la preuve de ce charisme à plusieurs reprises en découvrant au fond des cœurs les péchés. Lorsque des pécheurs se présentaient à lui, il ressentait une puanteur terrible qui était pour lui l’indice de la laideur de l’âme de ces derniers. Alors, il éprouvait le besoin de les aider et révélait, aux uns et aux autres, les fautes commises, en secret et en tête à tête, afin qu’ils puissent les expier en se confessant.

 


Les visions et miracles de Saint Paul de la Croix

 

La Passion du Christ.

 

Durant l’été 1713, Paul-François reçut une grande illumination spirituelle qui le décida de se vouer totalement à Dieu. Il avait à peine 19 ans, et se résolut à mener une vie simple et humble. Il fut humilié publiquement par le curé de sa paroisse, mais Paul-François continua à mener une vie pieuse.

Son oncle, qui était prêtre, se mit en tête de le marier à une jeune fille de bonne famille. Cette alliance retirerait sa famille de la pauvreté. Paul-François refusa et pria. L’oncle tomba malade et mourut, lui laissant tous ses biens. Paul-François renonça à cet héritage.

À la même époque, la République de Venise cherchait à lever une armée pour combattre les Turcs. Paul-François s’enrôla, mais il reçut une vision qui lui fit comprendre que le Seigneur le voulait ailleurs. Il quitta donc l’armée et reprit sa vie de sacrifices.

Dieu lui fit connaître, à plusieurs reprise le genre de vie à laquelle Il le destinait. Plusieurs fois, il lui fit voir une tunique noire, mais sans lui donner d’explications à ce mystère.

Un jour, enfin, le Seigneur lui révéla ce secret. Voici ce que Paul-François raconta :

« Moi, Paul-François, pauvre et indigne pécheur, et le dernier des serviteurs des pauvres de Jésus-Christ, environ deux ans après que l’infinie bonté de Dieu m’eut appelé à la pénitence, passant vers le soir par la rivière de Gênes, je vis une petite église située sur une montagne au-dessus de Sestri, et appelée la sainte Madone du Gazzo, et en la voyant, j’éprouvai un désir sensible de me fixer dans cette solitude ; mais obligé par devoir de charité d’assister mes parents, je ne pus jamais en venir à l’exécution, et je dus me contenter de le garder dans mon cœur. Quelque temps après (je ne me souviens plus au juste ni du mois ni du jour), j’eus une nouvelle inspiration, mais beaucoup plus forte de me retirer dans la solitude ; et ces inspirations, le Bon Dieu me les donnait avec une grande consolation intérieure.

Dans ce même temps, la pensée me vint de prendre pour vêtement une tunique noire de gros drap fait de la laine la plus commune du pays, de marcher nu-pieds, de vivre dans la plus grande pauvreté, en un mot, de mener avec la grâce de Dieu une vie pénitente. Cette pensée ne me quitta plus ; un attrait toujours plus puissant me portait à me retirer, non plus auprès de la petite église dont j’ai parlé, mais en n’importe en quelle solitude, et cela pour suivre les invitations amoureuses de mon Dieu dont l’infinie bonté m’appelait à quitter le monde. Mais comme je ne pouvais donner suite à cette pieuse inspiration, parce que j’étais nécessaire à ma famille, c’est-à-dire à mon père, à ma mère et à mes frères, je tenais toujours ma vocation secrète, excepté que j’en conférais avec mon père spirituel.

 

Je ne savais pas ce que Dieu voulait de moi ; c’est pourquoi je ne songeais à autre chose qu’à me dégager des embarras domestiques pour pouvoir me retirer ensuite. Mais le Souverain Bien qui, dans sa bonté infinie, avait d’autres vues sur ce misérable ver de terre, ne permit jamais que j’eusse ma liberté en ce temps-là. Quand j’étais sur le point de me dégager entièrement, il s’élevait de nouvelles difficultés ; elles ne faisaient qu’augmenter mes désirs.

 

Quelquefois, il me vint aussi la pensée de réunir des compagnons pour vivre en communauté et promouvoir la crainte de Dieu dans les âmes : c’était là mon plus ardent désir ; mais pour ce projet de réunir des compagnons, je n’en tenais pas compte, et cependant il restait fixé au fond de mon cœur.

 

En somme, pour ne pas m’étendre davantage, je dirai combien de temps durèrent ces désirs et ces inspirations, jusqu’à ce que je reçusse la nouvelle lumière dont je vais parler. Je ne saurais le dire précisément, parce que je n’en ai pas tenu note ; je dirai du plus au moins : deux ans et demi environ.

 

L’été dernier, je ne sais à quelle époque, car je ne me souviens ni du mois ni du jour, ne l’ayant pas écrit, je sais seulement que c’était le moment de la moisson ; un jour de la semaine, je fis la sainte communion dans l’église des capucins de Castellazzo, et je me rappelle que j’entrai alors dans un profond recueillement. Après cela, je partis pour retourner à la maison et je marchais par les rues, aussi recueilli que dans l’oraison. Quand je fus au coin de la rue voisine de la maison, je fus élevé en Dieu avec un recueillement très profond, un oubli de toutes choses et une très grande suavité intérieure, et dans ce moment, je me vis, en esprit, revêtu de noir jusqu’à terre avec une croix blanche sur la poitrine ; sous la croix, je portais écrit le saint nom de Jésus eu lettres blanches. Dans ce même instant je m’entendis adresser ces propres paroles : “Ceci est un signe pour marquer combien doit être pur et sans tache le cœur qui doit porter écrit le Très Saint Nom de Jésus.”

 

Cette vue et ces paroles me firent répandre des larmes, et puis je m’arrêtai. À peu de temps de là, je vis en esprit qu’on me présentait la sainte tunique avec le nom sacré de Jésus et la croix toute blanche ; la tunique toutefois était noire, et je l’embrassai dans l’allégresse de mon cœur.

Le lecteur saura que lorsque je me vis présenter la sainte tunique, je ne vis point de forme corporelle, comme par exemple, la figure d’un homme ; pour cela, non ; mais je le vis en Dieu ; l’âme en effet connaît que c’est Dieu, parce que lui-même le lui fait comprendre par les mouvements intérieurs du cœur et par les lumières qu’il répand dans l’esprit, mais d’une manière si sublime qu’il est très difficile de l’expliquer. Ce que l’âme entend alors est quelque chose de si grand qu’on ne saurait le dire ni l’écrire. Pour être mieux compris, je dirai que c’est là une sorte de vision spirituelle, comme Dieu a daigné m’accorder plusieurs fois dans sa bonté, lorsqu’il a voulu m’envoyer quelque épreuve particulière.

 

Pendant que j’étais en oraison, je vis un fouet entre les mains de Dieu, et ce fouet avait des cordes comme les disciplines. Au-dessus était écrit ce mot : “Amour” ; dans le même instant, le Seigneur m’éleva à une très haute contemplation : mon âme comprit que Dieu voulait la flageller, mais par amour. Elle s’élançait avec vitesse vers ce fouet pour l’embrasser et le baiser en esprit.

 

Dans le fait, chaque fois que Dieu a daigné m’accorder cette vision, il ne tardait pas à m’arriver quelque tribulation très sensible, et je savais d’une manière certaine qu’il en serait ainsi, parce que Dieu m’en donnait l’intelligence infuse.

 

J’écris ces choses pour m’expliquer et pour dire d’après l’intelligence que Dieu me donne, que je tiens ce que je vois en esprit, par la lumière sublime de la foi, pour plus assuré que si je le voyais des yeux du corps : ceux-ci pourraient me séduire par quelque fantôme ; au contraire, dans ce que je vois en esprit, je ne vois aucun danger d’erreur, en raison de l’intelligence que Dieu me donne, et cela d’autant plus que je m’en réfère au jugement de mes supérieurs, me soumettant aux décisions que le Saint-Esprit leur inspirera.

 

Ainsi, quand j’ai dit que j’avais “vu” dans les mains de Dieu, je ne veux pas dire que j’ai vu, je veux dire seulement que l’âme sent d’une manière très relevée qu’elle se trouve dans Celui qui est immense, et c’est ce qui m’est arrivé à propos de la sainte tunique. Qu’on sache en outre que depuis qu’il a plu à Dieu de me retirer des exercices de la méditation qui consiste à discourir sur les mystères, en passant d’un point à un autre, je n’ai plus de formes imaginaires. »

Voici un récit des plus surprenant et tellement beau !

Après cela, Jean-François ressentit le désir de réunir des compagnons afin de fonder, avec l’approbation de l’Église, une congrégation qu’il baptisa « Les pauvres de Jésus ». Il disait que Dieu avait imprimé dans son esprit les règles qui devaient être observées par cette congrégation.

En fait les règles étaient simples : pauvreté, ferveur de l’oraison, détachement de toutes les créatures, travailler à la destruction du péché, aider les autres, être humble.

Le 22 novembre 1720, Paul-François revêtit l’habit de pénitence des ermites, un vêtement noir. Le même qu’il avait vu dans ses visions. Il commença alors une retraite de 40 jours dans une pièce de l’église de Saint-Charles à Castellazzo Bormida. Cette pièce était humide, petite, dépourvue de toute commodité. Le vêtement était une tunique très rude, faite avec de la toile commune, qui lui irrita la jambe. Paul-François ne mangea que du pain durant ces quarante jours et ne but que de l’eau. Il souffrait, mais trouva du réconfort dans la prière.

Durant ces quarante jours, il rédigea un journal spirituel, dans lequel on peut découvrir combien Paul-François avait souffert de faim et de froid. Il priait beaucoup et rédigea la règle de sa future congrégation. Il disait que les paroles lui étaient dictées par le Saint-Esprit.

 

 

 

Les assauts du démon

 

Citation de Saint Paul de la Croix

 

Paul-François était constamment assailli par le démon qui le tentait.

Lors de sa retraite de quarante jours, le démon se fit très violent, tellement que son corps et son cœur souffraient de convulsions douloureuses. Mais, Paul-François ne douta jamais. Heureusement, le Seigneur lui envoyait parfois des visions pour l’aider, ce qui l’encourageait à poursuivre sa vocation.

Un soir d’octobre 1770, le pape ayant appelé le père Paul, ce dernier subit une attaque violente des démons. Le père Paul ne sut comment se défendre. Il était déjà affaibli par la maladie et son âge. Il eût voulu se retirer dans son intérieur et embrasser Dieu, mais il éprouva un grand abandon intérieur et des désolations d’esprits très douloureuses. Le matin suivant, on le trouva tellement abattu et épuisé, qu’il ne put se rendre auprès du pape ni célébrer la messe.

Paul restera près de huit jours dans cet abattement, auquel se joignait un dégoût pour les aliments et un jeûne forcé. Saint Paul de la Croix savait d’où provenait ce mal : des démons.

Le mal s’aggrava malgré les soins des médecins. Paul le savait. Il avait eu une vision dans laquelle le Seigneur lui avait demandé de se préparer à une grande épreuve, qui ne serait cependant pas mortelle. Et en effet, sa santé s’améliora rapidement.

Paul de la Croix réalisait aussi des miracles.

Paul de la Croix, ainsi que Jean-Baptiste, se rendaient dans toutes les villes d’Italie pour évangéliser. Des foules considérables les accueillaient et les conversions étaient nombreuses, même parmi les malfaiteurs et les bandits.

Parfois des miracles accompagnaient les prédications de Paul. Un jour, alors que la grêle se mit à tomber, Paul fit le signe de la Croix avec le crucifix, et la grêle, qui tombait avec force, laissa le raisin intact. Aucune vigne de fut à déplorer.

Une grande famine s’abattit sur l’Italie. L’épreuve fut terrible et dura quatre ans. Les passionistes donnèrent aux pauvres le peu de nourriture qu’ils avaient. Beaucoup tombèrent malades.

Paul fit de nombreux miracles pour que les siens ne mourussent pas de faim : multiplication du blé au fond d’un sac, présentation d’un vieil homme se présentant à la porte de la retraite de Vetralla avec deux mules, l’une chargée de pain, l’autre d’huile. Quand les mules furent déchargées, l’attelage disparut sans laisser de traces dans la neige…

 

 

 

Les débuts de la congrégation

 

L’emblème des Passionnistes

 

Après sa retraite, Paul-François se retira dans un petit ermitage proche d’une église dédiée à Saint Étienne. Jean-Baptiste, son frère, vint le rejoindre le 28 octobre 1721. Leur vie fut extrêmement pauvre et pénitente. Mais le Seigneur leur accorda de nombreuses consolations spirituelles.

Paul-François n’était toujours pas prêtre, mais l’évêque lui ordonna de faire le catéchisme aux adultes. Il était préparé à cette mission et s’en acquitta avec beaucoup de grâce. Il parvint à sauver les pécheurs du Malin.

Bientôt des missions furent organisées aux environs de Castellazzon et le zèle des deux frères s’amplifiait. Ils visitaient les malades, consolaient les malheureux, réconciliaient ceux qui se battaient et les familles… Paul parlait de Dieu avec tant d’efficacité que les cœurs s’ouvraient.

Dans une vision, Paul sentit qu’il devait aller à Rome pour présenter au pape ses projets. Le voyage ne fut pas sans repos, et Paul fut contraint à la quarantaine où il vécut de quelques morceaux de pain qu’on lui donnait par charité. Et pendant ce temps, il instruisait et catéchisait les gens qui l’entouraient.

La quarantaine terminée, il prit la route de Rome où il se jeta aux pieds du pape Innocent XIII. Il demanda audience, mais elle fut rejetée avec mépris par un des serviteurs du palais pontifical. Alors, il s’en retourna au mont Argentario d’où il écrivit une lettre à ses proches avec ces conseils.

  • Observer avec grande exactitude la sainte loi du Seigneur.
  • Avoir une crainte filiale pour ce Dieu aimable qui nous a créés et rachetés.
  • Aimer ce tendre Père d’un amour très ardent, et avoir pour lui la plus tendre et la plus respectueuse confiance.
  • Fréquenter les sacrements, c’est-à-dire la communion et la confession.
  • Être dévot envers le Saint-Sacrement, aller à l’église et visiter avec grande piété l’autel de la Sainte Vierge.
  • Ne pas passer un jour sans faire une demi-heure ou au moins un quart d’heure d’oraisons mentales sur la douloureuse Passion du Sauveur.
  • Avoir une tendre dévotion aux douleurs de Marie, à sa sainte et immaculée Conception, aux Anges gardiens, aux saints et surtout aux saints Apôtres.
  • Faire fréquemment des actes de repentir de ses péchés et d’amour de Dieu. Aimez-vous les uns les autres.

C’est à cette époque que Paul-François sera appelé Paul de la Croix.

Sur le mont Argentario, Paul vivait en ermite, avec son frère. Il couchait souvent à même la terre et Jean-Baptiste sur une planche. Tous deux se reposaient peu, car ils se levaient à minuit pour réciter les oraisons jusqu’à 3 h du matin, puis le matin de bonne heure, Paul se levait à nouveau pour se remettre à la prière.

Leur silence était continuel afin d’entendre la voix de Dieu. Ils s’employaient à enseigner et à expliquer la doctrine chrétienne afin d’aider leur prochain.

Les deux frères ne restèrent pas longtemps sur le mont Argentario. En effet, l’évêque de Gaète les engagea à venir dans sa ville et leur accorda la permission de se retirer dans un ermitage voisin de la plage où ils reprirent leur vie austère.

Puis, en 1724, l’évêque de Troia, Monseigneur Cavalieri, voulut les avoir dans son diocèse. Les deux frères arrivèrent donc à Troia. Là, l’évêque leur demanda de prêcher sur les places publiques et dans les rues de la ville et il encouragea Paul à poursuivre sa sainte entreprise. L’évêque disait que cela était l’œuvre de Dieu.

Puis, il leur fit des lettres de recommandation pour le Vatican afin d’être vu par le pape. Il donna ces lettres à plusieurs cardinaux.

Ce fut en 1725 que Paul put voir le pape et le 21 mai 1725, dans l’église de la Navicella, Paul reçut oralement du pape Benoît XIII la permission de réunir des compagnons.

Puis Paul et Jean-Baptiste furent ordonnés prêtres. Ainsi, ils purent poursuivre la mission vers laquelle le Seigneur les appelait, tout en continuant de s’occuper des infirmes. Ils étudièrent la doctrine chrétienne et les saintes Écritures.

En mars 1728, Paul et Jean-Baptiste organisent une mission paroissiale à Talamone. De nombreuses personnes se rendent à l’ermitage pour se confesser et recevoir des conseils spirituels. Et ce n’est que vers 1730 que leur vie de missionnaires commence. Puis naît un projet de construction d’une retraite, une maison de communauté des Passionistes. En 1730, elle réunira sept personnes qui vivront pauvrement et pieusement. On jeûnait tous les jours, sauf les jours de fête et chacun avait revêtu la tunique noire.

Bientôt il fallut construire une église. La Sainte Vierge apparut à Paul et lui désigna l’endroit favorable à cette construction, près de la ville d’Orbetello. Les travaux commencèrent, mais furent interrompus en raison de la guerre avec les Espagnols. Paul y voyait là l’œuvre des démons.

Enfin, le 14 septembre 1737, la première Retraite de la congrégation des Passionistes fut inaugurée et cette église, l’église de la Sainte Croix, fut bénie par le vicaire d’Orbetello. Et c’est en 1738 que Paul et Jean-Baptiste obtinrent le titre de Missionnaires Apostoliques pour toute l’Italie.

Le 11 juin 1741, les six premiers passionistes émirent les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Chacun choisit son nom religieux. Jean-Baptiste sera désormais Jean-Baptiste de Saint-Michel archange.

Bientôt de nouveaux compagnons arrivèrent et de nouvelles fondations virent le jour, à Vetralla, à Soriano…

Mais, cette congrégation subit, au cours de son développement, de nombreuses persécutions.

Malgré cela, et quelques procès, la renommée des retraites se répandit. À présent, il y en avait dans toute l’Italie.

Un jour, Paul de la Croix réalisa un vrai miracle : tout le monde put boire du vin dans un vase qui était vide et les demandes de fondations se multiplièrent, à Toscannella, à Ceprano, à Paillano, à Argentario, à Corneto, sur le Mont Cavi.

À la mort de Paul de la Croix, il y avait 12 Retraites établies.

 

 

 

La mort de Saint Paul de la Croix

 

Paul de la Croix canonisé

 

L’état de santé de Jean-Baptiste devint de plus en plus précaire. Exténué de travaux et de pénitence, vivant dans une peine constante en raison des désordres qui régnaient à l’époque dans le christianisme, Paul fut dévoré par son zèle et mourut le 30 août 1765.

La douleur du père Paul fut immense. Il perdait son plus fidèle compagnon et ami. Il perdait son frère.

Mais, il continua son combat. L’heure était venue de fonder un monastère pour des religieuses. Paul de la Croix eut une révélation qui lui fit connaître la volonté divine quant à l’édification de ce monastère et ses règles, qui furent approuvées par le pape Clément XIV. Ces règles prescrivaient que les religieuses travaillent chacune dans sa cellule, se tenant constamment en présence de Dieu. C’étaient des religieuses de la Passion qui devaient avoir à cœur la dévotion à la Passion de Jésus-Christ ainsi qu’aux souffrances de la Sainte Vierge.

Clément XIV approuva la constitution du nouvel Institut le 3 septembre 1770.

La mort de son frère, Jean-Baptiste, avait été une dure épreuve pour Paul. Mais son cœur était serein et il se tournait constamment vers Dieu. Malgré son affliction, il continuait à se consoler et encourager les autres.

Dès 1766, il sentait que sa vie sur terre était proche. Il voulut, alors, revoir tous ses frères passionistes et leur porter une dernière bénédiction. Et il put voir que sa congrégation croissait et fructifiait.

En 1775, Paul de la Croix s’affaiblissait de plus en plus. Il fut incapable de manger et ses souffrances étaient continuelles. Cet état dura quatre mois entiers, mais jamais son courage ne fut abattu. Il continua à veiller à la congrégation et passait des journées entières dans la prière.

Le 30 août 1775, il communia en présence de toute la communauté et livra son Testament Spirituel :

« Avant toute autre chose, dit le vénérable Père, je vous recommande instamment la charité fraternelle : aimez-vous les uns les autres d’une charité sincère. Tel est l’avis que Jésus-Christ laissa à ses disciples : “In hoc cognoscent omnes, quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem.” Je rappelle aux pères, surtout au premier consulteur, qu’ils aient soin de conserver dans la congrégation l’esprit d’oraison, l’esprit de retraite, l’esprit de pauvreté. Si cet esprit se conserve, la congrégation brillera comme un soleil en présence de Dieu et devant les nations, et pour toute l’éternité. »

Puis, il entra dans une paix de plus en plus profonde.

Juste avant de mourir, Jésus-Christ, la Vierge Marie, Saint Paul, Saint-Luc, saint-pierre d’Alcantara, son frère et d’autres frères de la congrégation décédés apparurent pour l’assister à son heureux passage. Et Saint Paul de la Croix leur faisait des signes. Ce fut le 18 octobre 1775 que Paul de la Croix décéda, à l’âge de 81 ans. Au moment de sa mort, son visage resplendissait.

Paul de la Croix fut canonisé le 29 juin 1867 par le pape Pie IX.

 

 

Voilà, chers lecteurs, les grandes parties de la vie d’un homme pieux, qui s’est consacré aux autres sans jamais se plaindre, sans jamais rien demander en retour. Je tenais à vous le présenter, car il existe des hommes (et des femmes) qui font preuve d’une telle piété aujourd’hui encore. C’est grâce à des personnes comme cela que nous avons parfois le droit à des miracles et que nous pouvons dire que le bonheur existe et que ce bonheur n’est pas le fait d’avoir de l’argent, une belle maison, une voiture de sport, mais simplement voir le sourire d’un enfant que l’on aide, d’un mendiant à qui l’on donne à manger, d’un ami à qui l’on tend la main…

 

Marie d’Ange

 

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