Saint Jacques de Compostelle

Saint Jacques nous le connaissons grâce au pèlerinage de Compostelle. Apôtre de Jésus, il est le saint patron des voyageurs et des pèlerins, patron des pharmaciens et des merciers. Saint Jacques est l’un des apôtres les plus importants de la chrétienté. Qui était-il ?

Qui était saint Jacques de Compostelle

Saint Jacques de Compostelle est aussi appelé saint Jacques le Majeur pour le différencier de saint Jacques le Mineur, l’autre apôtre du Christ, fils d’Alphée.

Saint Jacques de Compostelle s’appelait Yaakov ou Jacob Bar-Zebdi, mais nous le connaissons plus facilement sous les noms de Jacques fils de Zébébée, saint Jacques le Majeur ou Santiago en Espagne.

Saint Jacques était le frère de saint Jean, apôtre aussi du Christ à qui l’on doit, entre autre, le Livre de l’Apocalypse. Jacques et Jean étaient les fils de Zébédée. D’après certains récits, Zébédée était le frère de Joseph. Donc, Jésus et Jacques étaient cousins. Et nous pouvons aussi dire que Jésus et Jean étaient cousins. Jacques était aussi appelé « le juste », car on disait qu’il ressemblait beaucoup physiquement à Jésus, tellement qu’on aurait pu croire à des frères jumeaux.

D’après les récits chrétiens, il serait né vers l’an 5 av. J.-C. et était le frère aîné de Jean, apôtre lui aussi. L’évangile selon saint Marc nous dit que Jésus avait surnommé les deux frères « boanergués », ce qui signifie « fils du tonnerre »). Jacques et Jean étaient pêcheurs et c’est lorsqu’ils pêchaient sur le lac de Génésareth qu’ils furent appelés par Jésus pour le suivre. Ils font partie des premiers disciples. 

Jacques est mentionné dans les évènements les plus importants racontés par les Évangiles. Il a été témoin de la Transfiguration de Jésus, évènement qui nous montre la nature divine du Seigneur. Il a aussi participé à la prière du jardin des Oliviers avec Pierre et Jean (son frère).

Après la crucifixion du Christ et sa résurrection, Jacques faisait partie du groupe à qui Jésus s’est montré lors de l’épisode de la pêche miraculeuse sur le lac Tibériade.

Les Actes des Apôtres nous décrivent comment Jacques a reçu l’Esprit saint sous la forme de langues de feu lors de la fête de la Pentecôte, vers l’an 33. C’est à partir de ce moment là que Jacques prendra son bâton et qu’il parcourra les chemins pour évangéliser l’occident.

 

 

Un saint très important en Espagne

Nous ne savons pas avec exactitude comment saint Jacques est arrivé en Espagne, les périples rencontrés durant le voyage, ni qui l’accompagnait.

D’après les récits chrétiens et les traditions (certains ont fait de ces récits une légende, un mythe et pensent que Jacques n’est jamais arrivé en Espagne), saint Jacques le Majeur a traversé la Méditerranée en bateau pour prêcher le christianisme dans la Romaine Hispanie et la péninsule Ibérique. Il aurait longé les côtes portugaises, s’arrêtant dans les villes pour prêcher et aurait débarqué en Galice pour s’y arrêter. D’après d’autres récits, il serait arrivé en Galice en suivant la vallée de l’Hèbre depuis la Méditerranée en traversant à pied les Pics de l’Europe.

Arrivé en Espagne, saint Jacques s’est entouré de sept disciples, qui ont voyagé à Rome et qui ont été ordonnés évêques par saint Pierre, lui-même premier pape.

Dans un récit d’un ancien manuscrit du XIIIe siècle, on y découvre que Jacques, basé à Caesaraugusta (l’actuelle Saragosse), était découragé, car il n’obtenait pas de résultats. Peu de personnes l’écoutaient et il peinait à se faire entendre. Alors la Vierge Marie lui serait apparue autour d’un pilier de marbre et lui aurait redonné du courage. Les gens commencèrent à venir vers les lui et il put les convertir. Pour remercier la Vierge, il a fait construire une chapelle autour du pilier de marbre où la Vierge lui est apparue, sur les rives de l’Hèbre. Cette chapelle a été agrandie au fil du temps et est devenue, aujourd’hui, une magnifique basilique, la grande basilique de la Vierge du Pilier, où se trouve encore le fameux pilier de marbre. Pour l’anecdote, le prénom féminin Pilar est un prénom très répandu en Espagne et provient de cet évènement.

Autre anecdote : au moment où Jacques voit la Vierge sur le pilier de marbre, elle n’est pas morte. Marie est toujours vivante, mais sentant sa mort approcher, elle demande à son fils Jésus, qui lui apparaît, de revoir tous les disciples. Comme ces derniers sont tous dispersés, Jésus lui accorde la grâce de pouvoir apparaître devant eux. D’où l’apparition de Marie devant Jacques le Majeur.

Les historiens situent la présence des premières communautés chrétiennes en Espagne autour du 2e et 3e siècle. Mais, selon la tradition chrétienne, ce développement fut très rapide grâce à saint Jacques, qui, une fois sa mission accomplie, serait rentré à Jérusalem en laissant ses sept disciples sur place pour continuer le travail. Pourquoi a-t-il fait cela ? Il voulait revoir une dernière fois Marie encore en vie pour la remercier de vive voix.

Revenu sur ses terres natales, saint Jacques continua de prêcher. Selon les Actes des Apôtres (12 : 1-3), il est arrêté vers l’an 44 sur l’ordre d’Agrippa Ier, roi de Judée, est tué par décapitation. Il devient alors l’un des premiers martyrs chrétiens.

Pendant ce temps, ses disciples, Athanase et Théodore, arrivent à voler le corps de leur maître et le font traverser la Méditerranée sur un mystérieux bateau en pierre jusqu’au Cap Finistère pour l’enterrer à l’actuelle Saint-Jacques de Compostelle, la capitale de la Galice.

 

 

Le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle

 

La cathédrale Saint-Jacques de Compostelle

 

Saint Jacques fut donc décapité sous l’ordre d’Agrippa Ier et son corps fut ramené par barque en Espagne par ses deux disciples, Athanase et Théodore. On raconte que durant ce voyage, la barque fut poussée par le vent et vint s’échouer au fond d’un estuaire de Galice, endroit où naîtra par la suite la ville d’Iria Flavia rebaptisée El Padron aujourd’hui. Ses disciples enterrèrent le corps de saint Jacques à l’intérieur des terres de la Galice, un lieu qui verrait naître plus tard la ville de Saint Jacques de Compostelle, haut lieu de pèlerinage chrétien.

Au début du 9e siècle, en 813, un ermite du nom de Pelayo signale des apparitions surnaturelles à Compostelle et en alerte l’évêque d’Iria Flavia, Théodomire, qui prend les choses très au sérieux. Guidé par une étoile vers une montagne inhabitée, il voit des lumières et entend le chant des anges. Plusieurs habitants de la paroisse ont les mêmes visions. Là, l’évêque découvre un mausolée et à l’intérieur de ce mausolée, un corps décapité tenant sa tête sous le bras. Aussitôt, l’évêque reconnaît le corps de saint Jacques. Deux autres corps sont trouvés et l’on pense à Athanase et Théodore, les deux disciples de saint Jacques qui ont emmené le corps de leur maître jusqu’en Galice. Très vite, l’évêque en informe le roi Alphonse et Charlemagne. Une église est aussitôt construite autour des tombes, église qui sera reconstruite plusieurs fois pour devenir la basilique Saint-Jacques de Compostelle que l’on connaît aujourd’hui. En effet, la deuxième église construite sur les lieux, plus belle et plus grande que la première, sera détruite par les musulmans.

Le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle est l’un des trois grands pèlerinages de la chrétienté, avec ceux de Rome et de Jérusalem. Ce pèlerinage est le symbole de la résistance contre l’invasion musulmane.

On semble avoir un peu zappé cet épisode historique aujourd’hui, mais oui, saint Jacques est le symbole de la reconquête sur l’Islam qui voulait imposer son idéologie en Espagne au 9e siècle. En effet, un long conflit qui a duré près de 800 ans a traversé l’Espagne. En 711, après l’arrivée des armées maures, l’Espagne devient le théâtre de l’affrontement entre chrétiens et musulmans. Dès 718, les souverains chrétiens amorcent lentement ce que l’on appelle historiquement la Reconquista, à partir du royaume des Asturies et qui finira par l’élimination complète de l’islam en terre ibérique et par l’expulsion finale des Morisques en 1609. Lors des batailles, les chrétiens criaient “Santiago” dès qu’ils devaient donner l’assaut, alors que les musulmans criaient “Muhammad”. Voilà pourquoi saint Jacques est devenu le symbole de cette reconquête chrétienne.

La Reconquista est une période cruciale de l’histoire espagnole. Durant cette période, les rois chrétiens s’unissent pour faire face à l’ennemi, appuyés par l’Église et la cathédrale Saint-Jacques de Compostelle devient un formidable moyen de communication et de rencontre pour les royaumes catholiques du nord de l’Espagne et pour l’Église. Il a fallu attendre le Moyen Âge pour que le tombeau de Jacques devienne un lieu de pèlerinage.

Le chemin de Saint Jacques de Compostelle a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en 1993. En 1998 l’UNESCO a inscrit au Patrimoine mondial soixante-neuf monuments jalonnant les chemins de Saint-Jacques en France et sept tronçons du chemin du Puy.

Saint Jacques le Majeur est fêté le 25 juillet. Ce saint est prié pour protéger les pèlerins et ceux qui entament un voyage. Il s’invoque aussi pour se protéger des rhumatismes.

 

Marie d’Ange

 

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