L’Exorciste : Au Commencement

En anglais Exorcist : The Beginning est la prélogie du film « L’Exorciste » de William Friedkin sorti en 1973, oeuvre qui a fait ressurgir la peur du Diable. Après le succès du 1er volet, le flop du 2e et la discrétion du 3e volet, on attendait beaucoup de « L’Exorciste : Au Commencement ». Enfin, on allait savoir pourquoi le démon Pazuzu s’en prend à Regan et pourquoi il veut se venger du père Lankaster Merrin.

 

Petit rappel

La saga L’Exorciste se compose de 5 films, le quatrième, qui est le sujet de ce billet, est une prélogie du premier. Avant ce film, un autre antépisode intitulé « Dominion : Prequel to The Exorcist » a été tourné par le réalisateur Paul Schrader. Mais ce projet fut rejeté en bloc par les producteurs qui ne le trouvèrent pas assez commercial. Donc, officiellement, ce film ne fait pas partie de la saga.

  • L’Exorciste, réalisé par William Friedkin et sorti en 1973
  • L’Exorciste 2 : L’Hérétique, réalisé John Boorman et sorti en 1977
  • L’Exorciste 3 : la suite, réalisé par William Peter Blatty et sorti en 1990
  • L’Exorciste : Au Commencement, réalisé par Renny Harlin et sorti en 2004
  • Dominion : Prequel to The Exorcist réalisé par Paul Schrader et sorti en DVD en 2005.

 

Synopsis

Quelques années après la Seconde Guerre mondiale, le père Lankester Merrin a renoncé à sa profession de foi. Hanté et traumatisé par les souvenirs des atrocités commises par les nazis, il décide de quitter sa Hollande natale et se rend en pèlerinage en Afrique. Il espère que ce voyage lui redonnera foi aux humains et en Dieu. Il est alors interpellé par un collectionneur qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. En effet, une église a été découverte ensevelie sous terre. Cette église est intacte. Mais, fait étrange, ce monument est enseveli sous terre et date de plusieurs siècles avant l’arrivée du christianisme dans cette région de l’Afrique. Le Vatican donne au père Merrin la mission de découvrir une relique. Accompagné d’un jeune prêtre, le père Merrin y découvrira un temple dédié à une entité diabolique, Pazuzu. Le démon, tenu prisonnier sous terre par des rituels, attend d’être délivré afin de répandre à nouveau le sang et la mort.

 

 

L’exorciste : Au Commencement

  • Réalisation : Renny Harlin
  • Scénario : Alexi Hawley, William Wisher et Caleb Jarr d’après le roman de William Peter Blaty
  • Durée : 116 minutes
  • Musique : Trevor Rabin
  • Budget : 40 000 000 Dollars
  • Box-office France : 336 896 entrées
  • Sortie : le 20 août 2004 aux États-Unis et le 17 novembre 2004 en France
  • Film interdit en salles au moins de 12 ans.

 

 

Distribution

  • Stellan Skarsgard, le père Lankester Merrin
  • Isabella Scorupco, Sarah
  • James D’Arcy, le père Francis
  • Remy Sweeny, Joseph
  • Andrew French, Chuma
  • Alan Ford, Jefferies

 

 

Récompenses et nominations

Le film a été nominé au Razzie Awards 2005 pour le pire réalisateur et le pire remake ou suite ou prélogie.

 

 

Autour du film

C’est normalement le réalisateur John Frankenheimer qui avait été choisi pour réaliser ce film. Or, celui-ci refusa de le diriger juste un mois avant sa mort.

Pour que l’on se remette dans les conditions du tournage du film, il faut savoir que le scénario a été tourné une première fois par Paul Schrader. Mais les producteurs rejetèrent en bloc ce film. En effet, ils pensaient que l’approche « thriller psychologique » ne trouverait pas son public. Donc le scénario a été réécrit rapidement. Certains rôles ont été ajoutés et d’autres ont disparu. Et pour tourner le projet une seconde fois, le studio fit appel à Renny Harlin. Il faut dire que l’on attend beaucoup de ce réalisateur à qui l’on doit « Cliffhanger » avec Sylvester Stallone, « 58 minutes pour vivre » avec Bruce Willis et bien d’autres films d’action musclés. Renny Harlin fera de son mieux pour mettre, dans le film, plus de sang et d’horreur, mais n’y parviendra jamais totalement. Surtout que pour le réalisateur, ce sont ses premiers pas dans le genre horreur. Presque 90% des scènes ont été refilmées.

Gary J. Tunnidiffe et son équipe ont été chargés de concevoir les maquillages et de fabriquer les divers objets spéciaux et les créatures menaçantes, comme les deux hyènes censées faire peur. Le réalisateur voulait que le maquillage et les expressions physiques de la possession démoniaque ressemblent à ceux de Linda Blair. Car, les deux possédées sont habitées par la même force. Il fallait que le public s’y retrouve.

Le talentueux Vittorio Storora, d’ailleurs lauréat de l’Oscar de la meilleure photo pour « Apocalypse Now », de « Reds » et de « Le dernier Empereur » a joué un rôle capital dans la réalisation de « L’Exorciste : Au Commencement ». On lui doit quelques bons moments, quelques ambiances terrifiantes et des jeux d’ombres profondes tout à fait prenantes.

L’intégralité du film a été tournée dans les studios Cinnecitta à Rome, ce qui a demandé un travail spectaculaire aux équipes chargées de la décoration. Il a fallu recréer des paysages d’Afrique, des Pays-Bas et du Caire. Il faut noter que beaucoup de tableaux ont dû être changés pour la deuxième version.

Lors du renvoi de Paul Schrader, le casting fut revisité. Certains membres de l’équipe qui avait participé au tournage du premier projet furent renvoyés et remplacés par d’autres. Tout a été fait d’une manière précipitée pour accélérer la sortie du film qui avait déjà pris du retard.

Devant le flop de la sortie au cinéma, on autorisa Paul Schrader à diffuser son oeuvre dans de petites salles.

 

 

Ce que l’on pense du film

Cette prélogie était très attendue par tous ceux qui avaient frémi d’horreur devant « L’Exorciste ». Après le flop du deuxième et la timidité du 3e, le public voulait voir des scènes fabuleusement horrifiques et un démon encore plus démoniaque. Mais surtout, on voulait en savoir plus sur la première rencontre du père Merrin avec le démon Pazuzu.

Comme je l’explique dans mes billets consacrés au film « L’Exorciste » et au démon Pazuzu, on comprend dans le premier volet que le démon attend une nouvelle confrontation avec le père Merrin. Mais on ne sait pas pourquoi. Cette prélogie a le mérite de répondre à cette question. En effet, 25 ans auparavant, le père Merrin doit combattre cet esprit démoniaque. Il le vaincra, mais Pazuzu est alors épris de vengeance. Il prendra possession du corps de la jeune Regan  pour affronter à nouveau Merrin. Tout cela a été suggéré par le roman de William Peter Blatty.

Pour les curieux qui se sont renseignés sur la nature même du démon, si l’on ne regarde que « L’Exorciste », on ne comprend pas pourquoi un démon tel que Pazuzu s’en prend à une enfant. Sa nature ambivalente et ses capacités démoniaques ne collent pas au scénario. Et pourtant, avec la prélogie, on peut se dire que tout est une histoire de vengeance. C’est comme pour « L’Exorciste 3 », où Pazuzu est enfermé dans un corps mourant, l’entité démoniaque rumine sa défaite.

Pourtant, le film n’a pas eu le succès escompté. Il faut dire que le budget, déjà petit et bien entamé par le tournage du premier projet, était très limité. D’où un tournage rapide et une préparation précipitée. Eh oui, les financiers ont voulu que le retour sur investissement soit le plus court possible. On fait sauter des éléments capitaux, comme un jeune possédé joué par Billy Crawford et l’on rajoute des personnages, comme celui de Sarah une jeune médecin qui va devenir la possédée.

Dans la première moitié du film, le réalisateur échoue à mettre en place une ambiance oppressante. Le film se traîne et l’on a le droit à des séquences absurdes, comme celle du père Merrin déguisé en croisé et déambulant au milieu de cadavres cloués sur des croix inversées. Ou comme celle du guide de l’église ensevelie qui ressemble davantage à un poivrot et à un obsédé sexuel qu’à un guide.

De plus, les scénaristes ont voulu mettre un peu de suspens en laissant croire que c’est le jeune Joseph le possédé pour que l’histoire connaisse un véritable rebondissement. Concrètement, le possédé n’est pas celui que l’on croit. C’est celui que l’on ne suspecte pas. Comme Sarah. Du coup, elle apparaît sous les traits du démon, les yeux jaunes, vociférante, marchant au plafond telle une araignée et pouvant envoyer le père Merrin valser au fond de l’église d’une simple pichenette. Là c’est ok et l’on se dit qu’un simple « Notre Père » ne le fera pas fuir. Normalement, le public doit être surpris de ce revirement de situation. Eh bien pas du tout. Grâce à une faute de la communication, qui a fait paraître des photos du film où l’on voit très bien que c’est une femme qui est possédée et que la seule femme présente dans le film c’est Sarah. Merci la communication de ruiner le film et de nous dévoiler le plus important.

Certaines scènes de la prélogie sont bien tournées. Même si le film démarre lentement, la fin est bonne. On s’attend à un grand exorcisme, avec des psaumes hurlés à tout va. Mais on aura le droit à une apparition divine. En effet, toujours torturé par sa foi, le père Merrin peine à exorciser Sarah. Le démon prend facilement le dessus. Mais il retrouve sa foi ce qui lui permet de repousser le démon. Celui-ci n’est pas vaincu totalement puisqu’il reviendra se venger.

Après avoir vu « L’Exorciste », le public attend avec impatience le duel entre l’entité démoniaque et l’homme de foi. Celui-ci sera court, mais intense. Et enfin, on comprend le premier le premier volet de la saga.

 

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 

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