L’Enfer de Tomino, le poème meurtrier

Direction le Japon pour cette étonnante légende urbaine d’un poème qui a la réputation de tuer tous ceux qui le lisent. Ce poème porte le doux nom de l’Enfer de Tomino. Quand je dis doux, c’est de l’humour, car rien que le nom du poème fait frissonner. Découvrons à présent son contenu.




 

La légende du poème qui tue

 

C’est Yomota Inuhiko qui écrivit ce poème dans un recueil, « Le Cœur est comme une roche qui roule ».

Ce poème fut aussi publié dans une collection de poèmes publiée par Saizo Yaso en 1919.

On dit que celui qui le lit en meurt. On ne sait pas comment est née cette rumeur, mais les Japonais sont persuadés que celui qui lit cette prose à haute voix est victime d’un terrible accident. C’est en quelque sorte une malédiction qui guette les imprudents, ceux qui malgré la légende, veulent défier les esprits et récitent à haute voix les paroles de cette poésie.

Cette histoire n’est pas sans rappeler celle de la chanson du suicide, Gloomy Sunday. Vous savez cette chanson dépressive qui est reconnue pour avoir causé de nombreux suicides. J’en parlerai dans un prochain article.

Avant cela, découvrons les paroles de ce poème réputé tuer tous ceux qui le lisent à haute voix. Donc, chers lecteurs, lisez-le dans votre tête…

 

 

 

L’Enfer de Tomino

 

Ce poème a été traduit par David Bowles qui nous a donné une traduction anglophone de la version japonaise.

« Sa sœur ainée vomit du sang, sa petite sœur vomit du feu,

Et Tomino vomit des joyaux.

Tomino plonge seul au fond du Puits des Âmes

Enveloppé de ténèbres, où nulle fleur n’éclot.

Ne serait-ce pas sa grande sœur

Que l’on bat à coups de fouet ?

Comme tout ce vermillon est préoccupant !

Les coups pleuvent mais le jonc jamais ne rompt.

La longe route sombre des Neuf Sources

L’entraîne en direction du Manoir des Ombres.

Le doux mouton d’or ! Le gai rossignol !

Je me demande ce qu’il a mis dans son cartable

En prévision de son périple souterrain.

Le printemps est arrivé dans les bois et les vallées,

Et même jusqu’aux sept vallées de l’Obscur Labyrinthe.

Le rossignol dans la cage ! Le mouton dans le fourgon !

Que de larmes dans tes yeux, petit Tomino !

Chante, beau rossignol ! Vers le bois sous la pluie,

Hurle comme te manque ta petite sœur.

L’échos de tes pleurs résonnera à travers l’Enfer,

La Pivoine des Renards te dévoilera ses atours.

Et le voyage conduit inexorablement Tomino

Par-delà sept Monts et sept Vallons Infernaux.

Pour lui souhaiter la bienvenue dans ce dernier Séjour,

Les aiguilles qui tapissent le Mont des Couteaux,

Et déchiquètent la chair en menus lambeaux,

Tracent la route du tout petit Tomino. »

 

 

 

Interprétation

 

Saijo Yaso

Je l’avoue, chers lecteurs, ce poème est triste à en mourir.

Il traite de la damnation d’un jeune garçon, Tomino, qui aurait commis des actes indescriptibles et qui les paye pour l’éternité en étant condamné à vivre les tourments de l’enfer.

Saijo Yaso, celui qui a repris ce poème, était un professeur d’université qui a vécu en France pendant un certain temps. Il a même fait des études à la Sorbonne et son travail a été influencé par les poètes français.

Ces œuvres sont mélancoliques, glauques et remplies de symboles étranges et de jeux de mots qui peuvent être très troublants, comme ce poème d’ailleurs.

L’Enfer de Tomino fait référence à la souffrance que ce jeune garçon fait subir aux autres. On comprend que Tomino mérite bien ce châtiment, qu’il a fait du mal aux autres pour s’enrichir, que Tomino est un être vil.

« Puits des Âmes », « Manoirs des Ombres », « Obscur Labyrinthe », « Vallons Infernaux »… tous ces termes font référence à l’enfer bouddhiste où les âmes sont emprisonnées pour l’éternité. Il y a cinq péchés horribles qui peuvent enfermer une âme en enfer.

À la lecture du poème, on comprend que les deux sœurs de Tomino ont beaucoup souffert, peut-être à cause de Tomino. D’ailleurs, le mouton et le rossignol sont une représentation des deux sœurs.

Il semblerait que l’auteur du poème l’ait écrit à la suite de la mort de sa sœur ou de son père et y ait mis des symboles forts pour montrer sa détresse émotionnelle, en comparant la culpabilité de son survivant à un voyage en enfer.

Bref, de ce poème glaçant et glauque est née une légende urbaine qui dit qu’il ne faut jamais le lire à haute voix sous peine d’une catastrophe. Est-ce que ce fait a été vérifié ? Je ne le sais pas, mais ce n’est pas moi qui le vérifierai.

 

 

Marie d’Ange

 

 

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