La légende des crânes hurleurs

Pour de nombreuses civilisations, le crâne est le siège de l’âge. Les guerriers avaient coutume de conserver les crânes de leurs ennemis et les Vikings fêtaient leur victoire en buvant dans le crâne de leurs ennemies. En sorcellerie, les crânes jouent un rôle important dans les rites de magie noire. Mais lorsqu’un crâne refuse de mourir, il hurle. Et parfois certains crânes refusent de se taire.

 

 

Les crânes dans les croyances

 

Crâne rituel à l’effigie de Baphomet

 

Pour beaucoup de peuples primitifs, le crâne faisait l’objet d’une terreur superstitieuse, car ils y voyaient le siège de l’âge. Faut dire qu’un crâne humain est très moche et peut faire peur.

Les guerriers conservaient les crânes de leurs ennemis comme autant de trophées qu’ils exhibaient en signe de leur puissance.

Les Vikings buvaient dans les crânes de leurs adversaires tués lors d’une bataille pour hériter de la force des trépassés.

Les sorciers démoniaques utilisent des crânes pour leurs rituels de magie noire.

Donc, le crâne représente tout un symbole. Mais quand il se met à hurler, c’est qu’il se passe quelque chose.

Voici quelques histoires de crânes hurleurs, de crânes qui refusent de se taire.

 

Les crânes hurleurs d’Anne Chattox

 

La pendaison des sorcières

 

Un célèbre procès a eu lieu au sujet des crânes hurleurs, procès qui fut intenté en 1612 à Anne Chattox. Cette dernière était la chef de tout un groupe de sorcières qui officiaient au Lancashire.

Anne Chattox fut accusée de sorcellerie. On l’accusait d’avoir déterré trois crânes dans un cimetière catholique pour s’en servir lors de rituels démoniaques. Et effectivement, il a été retrouvé chez elle trois crânes et ces crânes hurlaient d’avoir été réveillés.

Pour cela, elle fut exécutée par pendaison.

 

Le crâne hurleur d’Anne Griffiths

 

Le crâne d’Anne Griffiths au manoir Agnès Hall Burton.

 

Nous sommes au XVIIe siècle. Une jeune fille, Anne Griffiths, vivait heureuse au manoir Burton Agnès Hall. Ce château est célèbre, car c’est là qu’habitera plus tard la reine Élizabeth I.

Donc, Anne Griffiths fut attaquée et sauvagement battue par des voleurs. Au moment de mourir, elle demanda que sa tête soit détachée de son corps et ensevelie au manoir qu’elle aimait tant.


Son vœu ne fut pas respecté, car personne ne voulut la décapiter. Anne Griffiths fut enterrée au cimetière du village.

Peu de temps après les funérailles, des gémissements sont entendus dans le manoir, des bruits étranges et sinistres. Les portes se mettent à claquer seules.

Alors, on déterre le crâne d’Anne Griffiths et on le place au manoir. Depuis, le château retrouva son calme.

 

Le crâne hurleur de Bettiscombe Manor

 

Portrait de Sir John Frederick Pinney et le crâne de l’esclave

 

Bettiscome Manor, dans le Dorset, Angleterre, le fief de la famille Pinney. Ce manoir est aussi connu sous le nom de ‟La Maison du crâne criard » à cause d’une légende ancienne et troublante.  

Cette légende affirme que ce crâne qui hurle est celui d’un esclave de Nevis, une île des Caraïbes.  

Pour l’histoire, le maître des lieux, Sir John Frederick Pinney, qui habitait le manoir au début du XIXe siècle, avait un esclave noir venant des Caraïbes, un fidèle serviteur, qui le suivait partout.

Cet esclave a contracté la tuberculose et, alors qu’il était mourant, il demanda que son corps soit enterré à Nevis, sinon il reviendra hanter le château et ne trouvera pas le repos.

À sa mort, John Frederick Pinney a refusé de payer une fortune pour rapatrier le corps auprès des siens et a préféré enterrer son esclave au cimetière du village.

Après ces funérailles, tout le village fut frappé par des malheurs divers et des plaintes et des gémissements se faisaient entendre du cimetière.

Des troubles furent signalés dans le manoir de Bettiscombe, des fenêtres et des portes qui claquent seules, des pleurs, des cris… Alors, le corps de l’esclave a été exhumé. Mais le processus de décomposition avait fait son œuvre et l’on ne retrouva que le crâne du pauvre homme. Ce crâne fut apporté au manoir, où il cessa ses hurlements.  

Ainsi, la dernière volonté de l’esclave fut respectée et le crâne cessa de crier.

Après des recherches, les Pinney ont découvert que toute cette histoire n’était qu’une légende issue de l’imagination débordante d’un antiquaire, J.S Udal. En effet, il y avait au manoir un crâne découvert dans un tombeau celtique qui se trouvait derrière la bâtisse. Ce crâne fut transporté au manoir. Cela se passa entre les années 1690 et 1694 et ce crâne fut considéré comme un talisman.

En 1897, le juge et antiquaire Udal visita l’île de Nevis en Jamaïque et entendit parler d’un esclave qui était parti avec son maître en Angleterre. À son retour, Udal s’imagina que le crâne appartenait à cet esclave et écrivit même un article sur son compte, dans le journal local.

Par la suite, ce crâne a été examiné par un spécialiste qui découvrit qu’il appartenait à une petite fille décédée il y a de cela 2000 ans.

 

Donc, chers lecteurs, superstitions ou véritables phénomènes de hantise ? Il faut dire que ces histoires sont très étranges et même si elles ne sont pas ou plus vérifiables, elles font froid dans le dos. On peut noter que, la plupart du temps, ces crânes hurlent lorsque la dernière volonté du mourant n’est pas respectée et que si l’on rectifie le tir, tout cesse. Moralité : il faut toujours respecter la dernière volonté d’un mort au risque de le voir revenir d’outre-tombe pour vous hanter…

Marie D’ange

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1 commentaire sur “La légende des crânes hurleurs

  1. Blog avec des articles très intéressant.

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