Le mythe des vampires

Depuis la nuit des temps, le mythe du vampire fait peur en même temps qu’il fascine. Le vampire est une créature légendaire qui a fait beaucoup parler d’elle depuis les époques les plus anciennes jusqu’à nos jours. Le vampire a terrorisé bon nombre de villageois de l’antiquité au Moyen Âge et continue à hanter quelques personnes. Les légendes concernant ces morts-vivants ont inspiré de nombreux auteurs. Et encore aujourd’hui, on retrouve les vampires dans des séries télévisées, au cinéma… et ils ne cessent de fasciner et d’attirer. Mais qui sont-ils ? D’où vient le mythe ? Qui sont les fans du vampirisme ?

 

 

 

Qu’est-ce qu’un vampire ?

 

Un vampire est une créature légendaire qui tire ses principales caractéristiques des différents folklores et superstitions qui ont traversé les années. Selon les continents, les pays, les croyances et les cultures, le vampire est décrit d’une manière différente.

Il sera, au fil des décennies, tour à tour un esprit, un démon, un revenant, un possédé, l’appeleur, le frappeur, le visiteur, l’infâme, le nonicidé, le cauchemar, l’étrangleur, le mâcheur… Autant dire que sa description varie fortement d’un pays à l’autre et évolue au cours d’une époque à l’autre. D’une manière générale, un vampire est un mort-vivant qui tire sa force vitale en buvant du sang des vivants ce qui lui permet de ne pas vieillir. Le jour, il dort dans un cercueil placé de préférence dans un cimetière (c’est son territoire). Dès la nuit tombée, il se réveille pour chasser. Il possède des canines pointues qui lui permettent de mordre ses victimes au niveau du cou pour les vider de leur sang. Le vampire n’a aucun reflet dans un miroir et l’on peut le confondre de cette manière. Il est vulnérable à la lumière du soleil qui peut même le tuer. Mais ce dernier point n’est pas universel, puisque certains auteurs le dépeignent comme un être pouvant vivre le jour en communauté.

Dans certaines légendes, lorsque la créature est dans son cercueil, elle mastique les linges enterrés avec lui ou pratique l’automastication, c’est-à-dire qu’elle mâche sa propre chair. Dans d’autres légendes, le vampire se nourrit aussi de chairs et d’excréments humains. Dans le folklore populaire, il est décrit comme un être gonflé à la peau violacée, à cause du sang qu’il consomme. Au repos, dans son cercueil, il peut suinter du sang par le nez bouche. Mais à l’inverse, dans la littérature et au cinéma, on le dépeint comme un être blafard, pâle. Par exemple, le personnage de Dracula de Bram Stoker est d’abord un vieillard qui rajeunit au fil de ses repas de sang.

 

La chauve-souris vampire

 

De plus, le vampire est doté d’un certain nombre de facultés qui le rendent fort. Il est capable d’hypnotiser ses victimes, il possède le don de séduction, il peut lire dans les pensées, il jouit d’une force extraordinaire, il est extrêmement rapide, il est doté d’une excellente vision nocturne et, enfin, il peut se changer en animal, notamment en loup (légende roumaine, car dans ce pays le loup est considéré comme un passeur d’âmes) et en chauve-souris. Il faut savoir qu’en Chine, le pelage d’un chat peut abriter un vampire et que dans les Balkans, un vampire peut se métamorphoser en papillon. Le vampire devient de plus en plus puissant avec l’expérience et peut résister à l’eau bénite par exemple.

Pour s’en protéger, différentes méthodes ont été rapportées au fil des mythes et des peuples. On dit que les objets apotropaïques, crucifix, eau bénite, servent à conjurer le mauvais sort et détournent les influences maléfiques. De même, ils ne peuvent pas marcher sur un sol consacré, comme celui d’un temple ou d’une église, ou traverser de l’eau courante. Ils ne peuvent pénétrer dans une habitation sans y être invités. Les vampires seraient aussi indisposés par l’odeur de l’ail. En Europe, pour s’en protéger, on garnissait sa demeure de branches de rosier, d’aubépines, de verveines. En Amérique du Sud, ce sont les branches d’Aloe Vera. En Chine, pour se protéger des vampires, on disposait de sacs de riz sur son chemin, car la légende veut que dès qu’un vampire croise un sac de riz, il ne peut s’empêcher de compter tous les grains de riz. Il est obligé de compter tous les grains de riz jusqu’au dernier. Et si son travail n’est pas terminé au lever du jour, il brûle sur place par les rayons du soleil.

Par définition, un vampire est un mort-vivant. On ne peut, donc, pas le tuer puisqu’il est déjà mort. Par contre, on peut donner à son âme le repos éternel à l’aide de pratiques spéciales, comme lui enfoncer un pieu dans le cœur ou un clou dans la tête, le démembrer, le brûler…

 

La panoplie du chasseur de vampires

 

Le plus souvent, on pratiquait la décapitation de l’individu incriminé, surtout en Allemagne et dans le pays slaves, où la tête était placée entre les jambes du mort. En Europe, on coupait les tendons des genoux du mort pour l’empêcher de se lever ou l’on plaçait dans la tombe des graines de pavot ou de millet ou un sac de sable. En effet, on croyait que le vampire était obligé de compter toutes les graines dès qu’il voyait un sac de pavot, de millet ou de riz. Ce qui l’occupait une bonne partie de la nuit. Il a été rapporté des rituels consistant à clouer la tête, le corps ou les vêtements du cadavre pour l’empêcher de se lever la nuit. Les gitans pensaient que leur transpercer le cœur avec une barre en métal et placer dans les yeux, les oreilles et entre les doigts des morceaux de fer ou d’aubépines était la meilleure méthode pour empêcher un mort de devenir un vampire. En Roumanie, l’exécution d’un vampire ou « la grande réparation » comme on l’appelait, devait se faire aux premières lueurs de l’aube. Un pieu devait être planté dans le cœur en une seule fois, faute de quoi le vampire pouvait ressusciter.

 

 

La légende du vampire

 

Les anciennes traditions mythologiques faisaient déjà référence à des créatures mortes-vivantes assoiffées de sang. La plupart du temps, les vampires sont des démons ou des revenants « en corps », par opposition aux revenants immatériels, qui visitent les proches pour boire leur sang. Les divinités anciennes buvaient déjà le sang des humains pour se régénérer. Comme la déesse indienne Kàli qui se nourrissait du sang des offrandes. Même la Bible comporte des références au vampirisme.

Dans l’Antiquité, toutes personnes qui n’avaient pas été inhumées sous terre, qui s’étaient suicidées ou qui avaient été excommuniées pouvaient revenir d’entre les morts pour hanter les vivants. Dans la mythologie polonaise, on parle de Latawiec, une créature capable de sucer le sang des femmes qu’elle photo séduit. Dans la mythologie roumaine, on parle de Nosferatu, qui est un enfant mort-né issu d’un couple illégitime. Dans l’Égypte Antique, le dieu Baal et la divinité aztèque Tezcatli se voyaient offrir, en sacrifice, de jeunes filles et des enfants.

 

Lilith, reine des succubes et des vampires

 

Dans l’ancienne Babylonie et en Assyrie, Lilith était une déesse qui se nourrissait du sang des humains pour rester jeune. Le mythe est repris par la démonologie hébraïque et Lilith passe pour une démone capable de sucer le sang des nouveau-nés et des hommes qu’elle séduit. Dans la Grèce Antique, on parlait d’Empusa, fille de la déesse Hecate qui se nourrissait du sang des personnes endormies. Dans la Rome Antique, on parlait de Lamia ou de Stryges, qui sont devenues, par la suite, des démones, Lamia étant une goulde nécrophage, la reine des succubes, qui dévorent les fœtus et effrayent les enfants, les Stryges étant des démones ailées et munies de serre. D’ailleurs, la Lamia s’apparente aux Lamies qui sont des vampires qui ondulent comme des serpents et qui ont des pieds de cheval et des yeux de dragons.

Au Moyen Âge, toutes les victimes de la rage, du choléra, de la peste… étaient considérées comme vampires. De même, un étranger débarquant au village, claudiquant ou ne parlant pas correctement ou ne savant pas compter ou ayant une denture de fer… bref tout individu suspect était considéré comme étant un vampire. Selon la croyance slave, après la mort, l’âme persiste sur Terre pendant 40 jours avant de pouvoir rejoindre l’au-delà. Lorsqu’un Slave perdait un proche, il laissait toujours une fenêtre ou une porte de sa maison ouverte afin que l’âme du défunt puisse trouver son chemin. En effet, si l’âme ne pouvait rejoindre l’au-delà, elle était capable de réintégrer son corps et de faire du mal aux vivants. C’est pour cela que des rites précis permettent d’éviter cela. Mais, certaines morts violentes, la mort d’enfants non baptisés, d’un meurtrier ou d’un sorcier, sont considérés comme des cas où l’âme ne veut se détacher de son corps et revient hanter les vivants.

Au XVe siècle, avec l’épidémie de la peste qui a sévi dans l’Europe de l’Est, la peur des vampires est revenue. Quiconque paraissait suspect était tué. En 1484, le pape Innocent VIII reconnaît officiellement l’existence des morts vivants et de la démonologie.

Mais deux personnages ont contribué largement au mythe du vampire :

  • Vlad Tepes Dracul, dit l’Empaleur, prince de Valachie au XVe siècle, membre de l’Ordre du Dragon et chrétien orthodoxe. La légende raconte qu’il aurait empalé plus de 20 000 soldats turcs et qu’il dînait au milieu des morts. C’est ce personnage qui a inspiré Bram Stoker pour son roman « Dracula ».
Vlad l’Empaleur

 

  • Elysabeth Bathory, surnommée la comtesse sanguinaire. Au XVIe siècle, Elysabeth Bathory est une aristocrate hongroise qui aurait torturé et tué de nombreuses jeunes filles à son service. On raconte qu’elle se baignait dans leur sang pour acquérir la jeunesse éternelle. On sait aujourd’hui que cela n’a pas fonctionné !

Dernièrement, j’ai lu que le premier vampire n’est autre que Judas Iscariote, le disciple de Jésus qui l’a trahi pour quelques piécettes. Nous savons que Judas était possédé par le démon. Jésus n’a pas pu le délivrer, car Judas ne le voulait pas. On ne peut délivrer une personne qui ne veut pas l’être. Nous savons aussi que Judas, lorsqu’il a compris les conséquences de son acte, s’est donné la mort en se pendant à un arbre. Judas, rongé par la culpabilité, a été malmené par le démon. Cependant, ce dernier, en échange de son âme, lui a donné la possibilité de revenir en tant que mort-vivant, pour se venger de tous ceux qui l’avaient rejeté. Judas, par son suicide, est donc devenu un damné d’un genre particulier, puisque le démon lui a donné le pouvoir de revenir à la vie. En contrepartie, Judas ne pouvait plus « vivre » le jour et devait se nourrir de sang. C’est donc le premier vampire.

Par contre, celui qui a donné vie à la légende du vampire est bien Vlad Dracul, l’Empaleur.

 

 

Le mythe de la transformation en vampire

 

D’un folklore à l’autre, on ne se transforme pas en vampire de la même manière.

Dans les traditions slaves et chinoises, un corps mort enjambé par un animal, et particulièrement par un chien ou un chat, peut se transformer en vampire et devenir un mort-vivant. De même, si une blessure n’est pas désinfectée à l’eau bouillante, le blessé peut devenir un vampire. Dans le folklore russe, le vampire est un sorcier mort revenu ou une personne qui s’est rebellée contre l’Église orthodoxe, bref un maudit.

Dans la culture populaire, être un vampire est une malédiction. Ensuite, il peut transmettre « cette maladie » en mordant à son tour. Car celui qui est mordu par un vampire le devient après de longues et douloureuses transformations.

 

 

De nos jours

 

Encore aujourd’hui, le mythe du vampire n’a pas disparu. Il est, d’ailleurs, plus que jamais présent. Il n’y a qu’à se référer aux séries à succès, comme « Vampire Diaries », « Buffy contre les vampires », « Angel », « Supernaturel », « Blood Ties »… et les sagas au cinéma qui ont rencontré un énorme succès, comme « Blade », « Underworld » et « Twilight ». À Paris, proche de la Porte des Lilas, le musée des Vampires ne désemplit pas. Même la presse parle des vampires ! Comme en 1970, où la presse locale anglaise a évoqué la rumeur selon laquelle un vampire hanterait le cimetière d’Highgate à Londres. Rumeur qui a attiré de nombreux chasseurs de vampires et de fantômes.

Il existe aussi de sociétés secrètes, des clans, qui continuent à faire perdurer le mythe des vampires. On parlera surtout des gothiques qui sont fascinés par le vampirisme et qui se réunissent pour boire du sang. Il existe, même, des sociétés anti-vampires qui traquent les morts-vivants ainsi que des centres de recherche consacrés au vampirisme (un centre aurait même mis au point un vaccin anti-vampire) un peu partout dans le monde. Aux États-Unis, par exemple, il y aurait une cinquantaine de clubs, fans de vampires et environ 750 personnes qui se prennent pour des vampires et qui ne vivent que la nuit. On se souviendra aussi, en février 2004, d’une histoire qui a fait trembler toute la Roumanie. Un homme, Toma Petre, soupçonné de vampirisme. On l’aurait sorti de son cercueil pour le découper et l’incinérer.

Les affaires de tueurs en série buveurs de sang sont nombreuses en criminologie. En effet, il a été rapporté de nombreux cas de personnes qui tuent pour boire le sang des victimes. Au Brésil, par exemple, en 2005, les autorités ont arrêté un homme qu’ils avaient surnommé « Corumba le Vampire ». Cet homme a fait six victimes, des femmes qu’il égorgeait pour boire leur sang. Pour sa défense, l’homme a prétendu agir sous les ordres d’un démon.

Heureusement que les scientifiques donnent quelques explications au phénomène du vampirisme. Des maladies telles que la rage, la porphyrie, la tuberculose… pouvaient laisser croire à un phénomène surnaturel. Le malade se mettait à dépérir, à cracher du sang, à agir d’une façon étrange, la peau devenant rouge ou soudain blême… Donc, de nombreuses personnes, qui n’étaient que malades, étaient prises pour des vampires.

La psychiatrie a aussi beaucoup évolué. Avec la découverte d’une pathologie rare, le « vampirisme clinique », aussi appelée le syndrome de Renfield, de nombreux comportements qui pouvaient être pris pour du vampirisme sont expliqués. En effet, le malade ne peut s’empêcher d’ingérer du sang humain ou d’animal. C’est une pratique déviante, qui peut être associée à la nécrophagie ou la nécrophilie. Les patients peuvent aussi être victimes d’hallucinations, tout comme un schizophrène.

 

 

Alors mythe ou réalité ? Le vampire existe-t-il vraiment ? Certains diront que oui, d’autres que non. Il y a des personnes qui se disent être des « vampires psy », c’est-à-dire qu’ils arrivent à aspirer la force vitale d’autres individus. Mais pour ceux qui y croient, sachez que le vampire, bien qu’immortel, n’est pas invincible. Il est peut-être discret et fort, mais pas forcément beau et intelligent. Les Inconnus, dans leur chanson « Rap-Tout », pensaient que les vrais vampires sont les hommes politiques qui nous sucent tout notre pognon ! C’est pas faux ! En démonologie, un vampire est avant tout un damné condamné à se nourrir de sang.

 

 

Marie d’Ange

 

Sources : maxisciences.com, nouvelobs.com

 

Pour aller plus loin

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4 commentaires sur “Le mythe des vampires

  1. J’ai adoré ! j’ai été captivée jusqu’à la fin. merci du mal que tu t’es donné ! 😊😁

    1. Merci à toi de me lire

  2. J’ai adoré ce que j’ai lu j’ai lu jusqu’au bout et franchement je me suis beaucoup amusée un grand merci à l’auteur

    1. Un grand merci à vous de me lire !

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