Babadook, dook, dook

Mister Babadook est un film australien à petit budget, mais à grand stress émotionnel !  C’est un film terrible qui nous montre combien nos démons intérieurs peuvent nous conduire à la folie. Ce film nous montre les mécanismes de la folie qui prennent place dans nos peurs profondes. Et c’est cet aspect là qui est intéressant à analyser pour comprendre combien nos peurs peuvent être dévastatrices pour notre santé mentale.

Quelques généralités

Film australien

Sortie : 30 juillet 2014 en France

               17 janvier 2014 aux États-Unis

               22 mai 2014 en Australie

Réalisateur et scénario : Jennifer Kent

Musique : Jed Kurzel

Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en France.

 

Casting

Essie Davis dans le rôle d’Amelia

Noah Wiseman dans le rôle de Samuel

David Henshall dans le rôle de Robbie

Hayley McElhinney dans le rôle de Claire

 

Synopsis

Amélia est une jeune veuve qui élève seule son fils de 6 ans. Elle ne peut faire le deuil de son mari, décédé alors qu’il l’amenait à l’hôpital pour son accouchement, dans un accident de voiture. Elle a du mal à gérer sa vie, sa tristesse et n’arrive pas à aimer son enfant qui est difficile et très angoissé. Un jour, elle découvre un livre, Mister Babadook, qui va effrayer son fils. Mais, petit à petit, elle va se rendre compte que Mister Babadook est bien réel et qu’il s’attaque aussi à elle.

Récompenses et nominations

Mister Babadook  a reçu pas moins de 4 nominations au Festival International du film fantastique de Gérardmer 2014 (prix du jury, prix du jury jeune, prix du public et prix de la critique).

Au Festival du film de Catalogne 2014, Essie Davis reçoit le prix de la meilleure actrice.

Jennifer Kent reçoit le prix du meilleur premier film par le New York Film Critics Circle Awards 2014.

Le film entier reçoit le prix du meilleur film indépendant international au British Independent Film Awards 2014.

Mister Babadook reçoit le score maximal de 100% de critiques positives sur Rotten Tomatoes.

Tout cela pour vous dire que ce film est vraiment bon, d’autant plus lorsque l’on sait que c’est un film à petit budget, que c’est le premier film de Jennifer Kent et qu’il a entièrement été financé grâce au crowfunding ! Une réelle performance !

 

Décryptage de Mister Babadook

Mister Babadook a été écrit et réalisé par Jennifer Kent. Elle est partie d’une idée vague, une sensation diffuse, qui ont mûri avec le temps. Jennifer Kent a construit son histoire autour d’une personne qui souffre et qui n’arrive pas à affronter sa souffrance. Son personnage, qui est une veuve et une mère célibataire, va refouler ses sentiments, va les enfouir, jusqu’à sombrer dans la folie. Mister Babadook n’est pas un film d’horreur, mais un film psychologique qui nous montre les rouages de la mise en place de la folie. Pour un premier film, c’est un film réussit.

Mister Babadook est présenté comme une sorte de croquemitaine un peu spécial, croquemitaine construit par l’imaginaire malade de l’héroïne. Mister Babadook n’est pas un démon à proprement parler, il est plutôt un démon intérieur qui personnalise nos souffrances refoulées, notre haine, notre tristesse. Et lorsque l’on ne fait pas face à ses souffrances, à ses douleurs, à ses peurs, on finit par sombrer dans la folie pure.

Amélia a perdu son mari il y 6 ans, dans un accident de voiture, le même jour où elle donne vie à Samuel. Elle ne s’est jamais remise de cette perte. Elle n’a jamais fait son deuil. Elle se contente de vivre avec sa souffrance, ou plutôt de survivre avec elle. Elle n’arrive pas à aimer son enfant. Et petit à petit, avec la découverte du livre, son fils va devenir encore plus terrible et elle va complètement sombrer dans la folie.

L’ambiance du film est glauque. La plupart des scènes principales se passent à l’intérieur d’une maison délabrée. Les personnages sont sombres. Samuel est un petit garçon au visage livide, étrange. Pourtant, il n’y a pas de véritables effets spéciaux. Malgré cela, l’atmosphère est pesante, étrange.

On voit Amélia se métamorphoser au fil du temps, devenir un cadavre à force de ne pas dormir. Elle sera submergée par sa propre souffrance.

Mais Amélia est aussi une mère courage, qui au final va affronter sa peur et réussir à l’apprivoiser. On comprend cela à la fin du film, avec la scène étrange où elle part nourrir Babadook qui est enfermé dans la cave. On comprend que l’on ne peut faire disparaître sa souffrance, mais qu’en l’affrontant, on arrive à l’apaiser et à vivre.

On peut aussi souligner la performance des acteurs, notamment celle d’Essie Davis vraiment remarquable dans ce film et celle du petit Noah Wiseman qui réussit l’exploit de nous faire peur et de nous attendrir en même temps.

Le thème du film

Pour moi, le thème du film s’articule autour des sentiments refoulés qui petit à petit finiront par nous détruire. Cette mère de famille seule, a perdu son mari et n’arrive pas à faire son deuil, se replie totalement sur elle-même. Elle n’affronte pas les évènements, jusqu’au moment où elle comprend qu’elle doit les affronter pour survivre.

Ici, on n’est pas devant un démon, mais devant ses propres peurs. C’est un film psychologique. Qui n’a jamais ressenti la peur, au point d’être paralysé. On vit avec, mais on n’avance pas. Pour avancer, il faut affronter sa peur.

La réalisatrice nous plonge dans le quotidien de cette famille monoparentale à la vie trop lisse qui dissimule un poids énorme dans leur cœur. Le petit garçon souffre de ne pas être aimé, la mère souffre de ne pas aimer son enfant et d’avoir perdu l’amour de sa vie. C’est un combat des sentiments.

Si on regarde le film d’un peu plus près, on peut même dire qu’il n’y a rien de surnaturel. La mère sombre dans la folie, entend des voix, voit un Babadook qui est la personnification de ses souffrances. Elle devient l’esclave de cette souffrance, sombre dans la folie et voue une haine monstrueuse envers son fils, tellement qu’elle voudra le tuer.

Ce qui va la sauver, c’est l’amour de son fils.

Mais, si j’analyse ce film de cette manière, sans y mettre un grain de paranormal, en pensant simplement qu’Amélia doit combattre son démon intérieur, je ne sais pas quoi faire du fameux livre de Babadook. Ce livre atterrit là comme par magie et c’est lui le déclencheur de tout.

Puis, je me souviens qu’avant d’être une aide-soignante, Amélia était un écrivain. Elle écrivait des livres pour enfants. C’est un détail important. En effet, grâce à ce détail, on comprend qu’Amélia, dans sa folie, a écrit ce livre où elle a personnifié son démon. Amélia détruit ce livre, mais dans son délire, va le reconstruire.  Et tout devient clair, même la fin du film.

Mister Babadook est un film qui nous montre combien nos souffrances internes peuvent faire jaillir à un monstre, monstre que l’on créé de toute pièce, monstre qui n’est pas réel, mais qui l’est pour celui qui souffre. Babadook est la personnification de la maladie mentale. Ce film est intéressant, car il monstre qu’avant de se pencher sur le surnaturel, il faut d’abord guérir l’esprit. Nous avons tous un démon intérieur qui peut nous faire sombrer dans la folie, un démon intérieur que l’on doit combattre, qui nous ronge. Cela peut être une idée de vengeance, un remord, un acte manqué… et tout cela est refoulé et peut revenir à la surface d’une manière très sombre.

 

Marie d’Ange

Pour aller plus loin

 https://journal-d-une-demonologue.fr/boutiquedemariedange

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