Sainte Lucie, gardienne de la lumière

 

La fête de la sainte Lucie est une fête très populaire en Suède et en Norvège où le 13 décembre, qui marque la nuit la plus longue de l’année, on déguste des petits gâteaux au coin du feu et où des enfants marchent dans les rues avec des bougies sur la tête afin de marquer l’espoir qui se renouvelle dans un soleil rayonnant. Sainte Lucie était vierge et martyre en Sicile. Découvrons son histoire.

 

Le culte de sainte Lucie de Syracuse

Sainte Lucie est née en l’an 283 à Syracuse (Sicile) et morte en 305 à Syracuse. Vierge et martyre, elle est victime de la persécution de Dioclétien (empereur romain qui régna de 284 à 305). Son nom fait référence à la lumière, mais sainte Lucie a passé toute sa vie dans l’ombre.

Le culte de sainte Lucie fut très populaire dès les premiers siècles où il s’étendit jusqu’en Scandinavie, en particulier en Suède où la fête païenne de la lumière et des mauvais esprits qui luttent contre elle a été remplacée par la fête de Sainte-Lucie.

En Suède, on célèbre la nuit la plus longue de l’année (13 décembre) où l’on attend la lumière du jour. Ceci représente l’image que nous connaissons lorsque nous doutons de notre foi, les longues heures d’ombre que nous connaissons lorsque nous n’avons plus la foi ou lorsque le doute nous assaille. Alors, sainte Lucie nous montre la lumière.

Sainte Lucie était une très belle femme qui voua sa vie à Dieu. Très croyante, elle se rendit en pèlerinage à Catane sur le tombeau de sainte Agathe pour demander la guérison de sa mère. Plus tard, elle refusa les avances d’un homme, qui, en colère de s’être fait éconduit, la livra à l’empereur.

Sainte Lucie mourut en martyre. Elle fut enfermée, sous les ordres de l’empereur Dioclétien, dans un lieu de prostitution où elle sut résister à toutes les avances des hommes. Alors, elle fut attelée à deux bœufs pour être écartelée vivante. Mais les bœufs ne voulurent pas bouger. Alors, on l’a mise sur le bûcher, mais les flammes s’éloignèrent d’elle, ne voulurent pas la toucher.

On disait de sainte Lucie qu’elle allait aider les pauvres la nuit, à l’aide d’une lampe. Elle se déplaçait la nuit avec cette lampe afin de redonner espoir aux pauvres.

Les reliques de sainte Lucie se trouvent à Venise, dans l’église Sain Geremia. Quelques fragments ont été apportés à Syracuse.

Son culte est aussi très présent à Metz. Il s’est développé après qu’une partie de ses reliques fut rapportée en l’église Saint-Vincent.

 

 

L’histoire de sainte Lucie

Reliques de sainte Lucie dans l’église San Geremia de Venise

 

Nous connaissons la vie de sainte Lucie d’après les sources officielles reconnues par l’Église, notamment le « Bréviaire » et le « Martyrologe romain ». Il existe d’autres sources, comme les écrits de Dom Ruinart, François-Philippe Mésenguy, Claude-Pierre Goujet…

Lucie vivait avec sa mère Eutychie à Syracuse. Très tôt, elle fut appelée par le Christ et par sainte Agathe. Devant la maladie de sa mère, sainte Lucie décida de la conduire devant le tombeau de sainte Agathe, qui se trouvait à Catane, pour demander sa guérison. La nuit suivante, sainte Agathe lui apparut et lui dit : « Vierge Lucie, ma sœur, pourquoi viens-tu me demander ce que tu pourras bientôt accorder toi-même à ta mère ? Comme j’ai été établie gardienne de la ville de Catane, tu seras établie gardienne de la ville de Syracuse. »

Le lendemain de cette apparition, Eutychie recouvra la santé. Ce fut un véritable miracle. Cela faisait plus de quatre ans qu’elle souffrait et qu’aucun remède n’avait pu la soulager. Pour remercier sainte Agathe, Lucie demanda à sa mère l’autorisation de distribuer aux pauvres l’héritage de son père. Eutychie lui accorda cette demande et mère et fille partirent à la rencontre des pauvres de la ville de Syracuse et distribuèrent toute leur maigre fortune, tout ce qu’elles possédaient. Il fallait faire attention de ne pas éveiller les soupçons des romains, qui en ce temps, réprimait les chrétiens. C’est lors d’une de ces escapades que Lucie avoua à sa mère son vœu de virginité perpétuelle afin de s’unir avec le Christ.

Sauf que Eutychie avait déjà promis sa fille à un jeune homme de la ville. Ce dernier, lorsqu’il apprit que sa fiancée avait fait vœu de chasteté et qu’elle distribuait toute sa fortune aux pauvres, entra dans une vive colère. En effet, il convoitait cette fortune. Alors, il dénonça la jeune fille au consul Pascasius, un homme qui détestait particulièrement les chrétiens. En ce temps-là, la persécution de Dioclétien faisait rage et ce fut avec joie que l’on arrêta Lucie pour la mener devant les juges.

Là, elle fut sommée de renoncer à sa foi chrétienne. Mais Lucie refusa et tint tête aux juges. Ces derniers lui demandèrent de se prosterner devant les dieux romains. Mais Lucie tint bon et, même sous la menace, de se prosterna pas. Alors, on lui fit subir des tortures, mais là encore, elle ne céda pas. On l’attela à deux bœufs pour l’écarteler, mais les bœufs refusèrent de bouger. Le préfet Pascasius, exaspéré, pensa que Lucie était une sorcière qui avait jeté un sort aux membres du tribunal. Alors, il ordonna de traîner Lucie dans un lupanar afin de la faire violer par des débauchés. Mais le Saint-Esprit intervint une nouvelle fois et rendit le corps de la jeune fille parfaitement immobile et intransportable. Un attelage de mille bœufs et mille hommes ne purent la déplacer.

Hors de lui, Pascasius ordonna qu’on lui enduise le corps de poix, de résine et d’huile bouillantes et qu’on la hissât sur un bûcher. Mais les flammes ne la touchèrent pas et sainte Lucie continua à chanter des louanges au Seigneur. Alors, on lui enfonça une épée dans la gorge pour la faire taire. Mais elle ne mourut pas de suite de ce coup. Elle attendra qu’un prêtre se rende auprès d’elle pour lui donner la dernière communion. Alors, elle s’éteignit en paix.

D’autres sources précisent qu’on lui aurait arraché les yeux, ou qu’elle se les aurait arrachés elle-même en réponse aux menaces de son fiancé qui voulait la dénoncer. À la suite de quoi, la Vierge Marie lui aurait apporté des yeux encore plus beaux que ceux d’origine. C’est pour cela que sainte Lucie est fréquemment invoquée pour la guérison des maladies oculaires et qu’elle est représentée, sur les iconographies, portant ses yeux sur un plateau ou dans une coupe. D’autres la prient pour guérir les maux de gorge (en réponse au fait qu’elle a reçu un coup d’épée dans la gorge). En effet, on la représente aussi avec une épée dans la gorge.

Il est dit, aussi, que lorsque l’on enfonça l’épée dans sa gorge, Lucie ne s’arrêta pas de parler. Elle annonça même la paix de l’Église, la mort de Maximien et la fin du royaume de Dioclétien. Et alors que Lucie parlait, les ministres romains saisirent Pascasius et le menèrent devant César. En effet, on l’avait dénoncé auprès de César d’avoir pillé toute la province pour son profit.

Arrivé à Rome, Pascasius fut jugé par le Sénat et condamné à la peine capitale.

Quant à sainte Lucie, elle fut ensevelie à l’endroit même où elle avait rendu l’âme. On battit une église pour abriter son corps.

 

 

Une fête très populaire en Suède

Sainte Lucie fêtée en Suède

 

En Suède et en Norvège, sainte Lucie est priée le 13 décembre. Tous les matins du 13 décembre, chaque famille, entreprise, école ou ville choisit une Lucie parmi les jeunes filles. Cette dernière est vêtue d’une longue robe blanche et coiffée d’une couronne de bougies. Elle a pour mission d’apporter sur un plateau du café, des brioches et du safran aux habitants, ou à sa famille, ou à ses collègues de travail…

Il arrive aussi que la Lucie choisie apporte un vin épicé, le fameux Glögg.

Dans chaque famille, au matin du 13 décembre, les enfants (garçons ou filles) se rassemblent autour du lit des parents. La plus jeune des filles s’avance tout illuminée d’une couronne de bougies, portant un plateau sur lequel se trouve le petit-déjeuner des parents. On trouve, sur ce plateau, du café, des brioches au safran, des gâteaux au gingembre en forme d’étoile, de pantin ou de cœur. Ce sont les fameux Lussbulllar. Alors, les enfants se mettent à chanter des chants traditionnels.

Dans les rues, la sainte Lucie choisie est accompagnée de ses demoiselles et garçons d’honneur, eux aussi vêtus de blanc. Tous chantent des chansons traditionnelles. C’est souvent la plus jeune fille de cette procession qui est choisie pour incarner le personnage de Lucie. Les filles portent une longue robe blanche ceinturée de rouge et les garçons portent des chapeaux terminés par des étoiles dorées, pour symboliser les rois mages. Seule la Lucie porte sur sa tête une couronne de bougies.

À Stocklom, par exemple, on peut voir une grande procession lors de la Sainte Lucie. Et dans tous les villages et écoles de Suède, on élit une sainte Lucie et le soir, tous les enfants défilent derrière Lucie en chantant le traditionnel « Sankta Lucia ». Toute la journée, il y a des défilés et même des concours de Lucie.

En Hongrie, la Sainte Lucie est le jour de la bénédiction des moissons. Les enfants étendent de la paille sur le pas de la porte de leur demeure et s’agenouillent pour former des vœux de bonheur.

Pourquoi une telle fête ? On sait que Lucie apportait de la nourriture la nuit aux pauvres pour ne pas se faire voir des Romains. À l’époque où elle vécut, les chrétiens étaient persécutés. Pour se repérer dans la nuit, Lucie portait sur sa tête une couronne de bougies pour éclairer son chemin, ce qui lui laissait les mains libres pour porter la nourriture.

C’est en référence à cette image que les jeunes filles suédoises portent sur leur tête une couronne de bougies et font une procession dans les villes et villages pour fêter celle qui donne la lumière, donc sainte Lucie.

Sainte Lucie fut fêtée dès le Moyen Âge en Scandinavie. On ne sait pas comment la légende de sainte Lucie est arrivée jusqu’en Suède, mais l’on peut penser que ce pays marqué par l’avancée de la nuit ait facilement adopté cette fête.

Puisse ces traditions ne jamais disparaître.

 

Sainte Lucie

Son nom vient du latin qui signifie la lumière. Sainte Lucie est fêtée le 13 décembre. Elle est la patronne de la ville de Syracuse, patronne des aveugles et la gardienne de la lumière.

On la prie pour nous aider à retrouver la foi, contre toutes les maladies oculaires ou de la gorge. Elle est aussi la sainte patronne des électriciens et, forcément, des ophtalmologues. Comme sainte Lucie a prié pour la guérison de sa mère souffrant d’hémorragies, on peut aussi la prier lorsque l’on souffre de ce mal.

 

Marie d’Ange

 

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