Léviathan, le démon de l’envie

Tour à tour monstre du chaos primitif, monstre marin, terrifiant démon, Grand Amiral de l’enfer, grand menteur, poisson immense… Léviathan est l’un des démons qui ont fait couler beaucoup d’encre. Léviathan est aussi l’un des 7 démons des péchés capitaux. Son terrain de chasse : l’envie. Beaucoup de mythes et de légendes gravitent autour de ce démon féroce.

 

 

À l’origine, Léviathan était le dragon céleste qui avait avalé la Lune et le Soleil et qui provoquait les éclipses. Il représentait les Eaux Primordiales du Chaos.

La Bible parle de Léviathan comme d’un monstre marin. Le nom même de Léviathan évoque le monstre du chaos primitif des Phéniciens. Il est souvent identifié à la Bête de l’Apocalypse.

Dans le livre de Job, c’est un monstre colossal, un dragon ou un serpent, qui peut provoquer des cataclysmes et anéantir le monde. D’ailleurs, on retrouve cette forme dans la mythologie nordique où Léviathan prend le nom de Ragnarök, fils du dieu Loki, et est un serpent gigantesque.

La Torah fait mention d’un poisson immense et monstrueux, capable d’avaler une baleine entière et qui serait destiné au repas du Messie.

Les rabbins l’estiment androgyne, dont la forme mâle serait Samaël et la forme femelle Lilith. Il sera servi, toujours d’après la tradition rabbinique, comme nourriture, avec Béhémot, au banquet des Bienheureux, car l’Éternel a mis de côté cette créature gigantesque pour nourrir les survivants de la fin du monde.

Pour Johannes Wierus (grand démonologiste de la Renaissance, défenseur des sorcières et précurseur de la psychiatrie. On lui doit le manuscrit « Pseudomonarchia daemonum » où il dresse une liste hiérarchisée des démons), Léviathan est un Grand Amiral de l’enfer et aussi un grand menteur. Léviathan apprend aux hommes à mentir et à s’imposer en société. Et lorsqu’il possède un homme, il se montre tenace, coriace et est très difficile à exorciser. Léviathan est le démon qui se cache derrière celui qui commet le péché de l’envie.

La démonologie a fait de lui un Grand Amiral de l’Empire Infernal et de nombreux démonologistes le surnomment le Grand Menteur.

Au Moyen-âge, on représentait Léviathan sous la forme d’une gueule ouverte qui avale les âmes. Ainsi, il personnifiait l’entrée des Enfers. Souvent, on le dessinait sous la forme d’un gigantesque serpent des mers.

Ce démon préside aux déplacements, aux voyages, aux déménagements et à l’instabilité. Il aurait enseigné 70 langues différentes. D’ailleurs, les sorciers l’invoquent pour les apprendre. Léviathan enseigne aussi le mensonge, la duperie et la tromperie. Il est invoqué pour briller en société et « duper son monde ».

Lorsqu’il apparaît, il le fait sous la forme d’un immense poisson mesurant plus de 10 km de long ! Entre ses nageoires repose l’axe centre qui supporte la Terre. Il peut aussi prendre la forme d’un énorme serpent ou d’un dragon aquatique crachant du feu.

À travers son image, Léviathan représente plusieurs symboles :

–             Chez les croyants, il est celui que l’on ne doit pas bousculer. Et si l’on provoque la colère de Dieu, il peut, alors, abattre le chaos sur terre grâce à la force destructrice du Léviathan. Dans cette symbolique où Dieu contrôle la mer et les monstres, la mer est notre inconscient et les monstres sont les forces destructrices qui le remplissent. Et pour les contrôler, il faut l’aide de Dieu.

–             Chez Thomas Hobbes, le Léviathan est un monstre obscur (le gouvernement) qui prétend nous protéger en sacrifiant notre liberté et en nous imposant des lois.

–             Le Léviathan est aussi la bête qui, lorsqu’elle bouge, provoque les vagues, voire les Tsunamis. C’est l’image que l’on donne à quelqu’un de puissant qui a le pouvoir de vie ou de mort, ou du grand chef d’entreprise qui, s’il prend les mauvaises décisions, met au chômage ses employés.

 

Au fil des siècles, le nom de Léviathan a été repris pour désigner quelque chose de colossal et de monstrueux. Par exemple, Thomas Hobbes dans son livre « Léviathan », prend cette bête pour désigner l’État. Il dit que la Démocratie est une association tacite entre citoyens gouvernés par des forces sociales.

Victor Hugo dans « Les Misérables » décrit les égouts de Paris sous le nom de l’intestin de Léviathan.

Julien Green, dans son roman « Léviathan » publié en 1929, représente par Léviathan le « mal » caché dans ces personnages.

Dans « Atlantide », le long-métrage de Disney, Léviathan est le gardien de la cité engloutie. Ce monstre est en fait un gigantesque robot.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Beaucoup d’auteurs se sont inspirés de l’image de ce monstre dans leurs histoires. Mais pas seulement, puisqu’on le retrouve dans les jeux vidéo (Final Fantasy, Tales of Monkey Island, The Legend of Zelda, Gears of War…), où il incarne, le plus souvent, un monstre marin.  

Léviathan est aussi le nom d’un album du groupe Mastodon, le nom d’un ex-lutteur de la WWE, le nom d’un gigantesque télescope…

Monstre marin évoqué dans la Bible, démon du péché de l’envie, Grand Amiral de l’enfer… Léviathan désigne, de nos jours, un monstre, une force colossale, capable de provoquer un cataclysme, au sens figuré comme au sens propre. C’est lui qui peut engendrer la fin du monde, qui peut bousculer la géographie rien qu’en bougeant. En démonologie, Léviathan est avant tout un démon puissant, qui ne cherche que la destruction et qui instille le péché de l’envie chez ses proies.

 

Je parle de ce démon dans le recueil de nouvelles horrifiques « Les 7+1 Péchés Infernaux« .

 

Marie d’Ange

À prier : saint Barthélemy, l’archange Raphaël, saint Jacques de Compostelle, saint Martin

 

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